Page:Zola - Vérité.djvu/60

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qu’il hésitait peut-être encore à prendre. Puis, comme le père Crabot continuait son chemin, il aperçut à son tour Marc, le reconnut pour l’avoir vu chez Mme Duparque, où il daignait entrer parfois, le salua d’un grand coup de chapeau. Il fallut bien que le jeune homme, planté au bord du trottoir, lui rendît sa politesse ; et il le regarda s’éloigner, emplir la rue du vol de sa soutane, au milieu de Maillebois, très honoré, flatté et conquis.

Lentement, Marc reprit sa marche, se dirigeant vers l’école. Ses réflexions avaient changé, elles s’assombrissaient de nouveau, comme s’il rentrait dans un milieu contaminé, peu à peu empoisonné et devenu hostile. Les maisons ne lui semblaient pas être les mêmes que la veille, les gens surtout prenaient d’autres figures. Et, quand il entra chez Simon, il fut tout surpris de le trouver tranquillement en famille, occupé à ranger des papiers. Rachel était assise devant la fenêtre, les deux enfants jouaient dans un coin. Sans la profonde tristesse qui pesait sur eux, on aurait dit que rien d’inaccoutumé ne s’était passé dans la maison.

Simon, pourtant, s’avança, lui serra les deux mains avec une émotion vive, en sentant ce qu’il y avait d’amical et de dévoué dans sa visite. Et, tout de suite, il fut question de la perquisition du matin.

— La police est venue ? demanda Marc.

— Oui, c’est bien naturel, je m’y attendais. Naturellement, elle n’a rien trouvé, elle est repartie les mains vides.

Marc retint un geste d’étonnement. Que lui avait-on dit ? Pourquoi ce bruit de trouvailles accablantes, entre autres de modèles d’écriture tout semblable au modèle ramassé dans la chambre du crime ? On mentait donc.

— Et, tu vois, continua Simon, je remets un peu d’ordre parmi mes papiers, qu’ils ont bouleversés. Quelle