Poème liminaire au Discours de la momie, de la licorne, des venins et de la peste

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Poème liminaire au Discours de la momie, de la licorne, des venins et de la peste
Buon, 1582 (p. 31).

SONNET.



PAré croit fermement que cil qui fait traffique
De Licorne & Mumie, & tels autres fatras,
S’il sçavoit bien que c’est, il n’en feroit un pas,
Et se garderoit bien d’en remplir sa boutique.

Moins encor’voudroit il, comme bon politique,
Abuser ses voisins, qui en font si grand cas,
Que si un leur amy tombe du haut en bas,
Soudain ils ont recours à la Mumie unique.

Et s’ils sentent en l’air quelque malignité,
La Licorne est en bruit, nonobstant sa cherté :
Tant le peuple est aisé à tromper & séduire.

Voila pourquoi Paré met ce Livre en avant,
Pour exciter quelqu’un, qui sera plus sçavant,
S’il en sçait plus ou mieux, à le vouloir escrire.