Poésies de Catulle/5

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Traduction par Charles Héguin de Guerle.
Panckoucke, 1837 (p. 9).
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À Lesbie

Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en bien le compte, qu’ignoré des jaloux comme de nous-mêmes un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.

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