Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
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- Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
- À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois
- Mon poignard nu, je l'offre aux mains de ma déesse,
- Et lâchant mes soupirs en ma tremblante voix,
- Ces mots coupés je presse :
- " Belle, pour étancher les flambeaux de ton ire,
- Prends ce fer en tes mains pour m'en ouvrir le sein,
- Puis mon cœur haletant hors de son lieu retire,
- Et le pressant tout chaud, étouffe en l'autre main
- Sa vie et son martyre.
- Ah dieu ! si pour la fin de ton ire ennemie
- Ta main l'ensevelit, un sépulcre si beau
- Sera le paradis de son âme ravie,
- Le fera vivre heureux au milieu du tombeau
- D'une plus belle vie ! "
- Mais elle fait sécher de fièvre continue
- Ma vie en languissant, et ne veut toutefois,
- De peur d'avoir pitié de celui qu'elle tue,
- Rougir de mon sang chaud l'ivoire de ses doigts,
- Et en troubler sa vue.