Prière secrète
Mon Dieu ! toi qui sais tout, oh ! ne m’ordonne pas
D’atteindre aux sombres jours de la froide vieillesse ;
De voir mon corps s’user, et tomber pièce à pièce,
Et la destruction me gagner pas à pas ;
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- D’être un morne objet d’épouvante,
- Ou qu’on suit d’un regard moqueur ;
- D’assister enfin, moi vivante,
- Aux funérailles de mon cœur !
- D’être un morne objet d’épouvante,
Grâce ! ne permet pas, mon Dieu ! que je survive
-
- A l’espérance fugitive,
- Aux illusions, mon trésor.
- A l’espérance fugitive,
Grâce ! qu’avant la nuit mes paupières soient closes,
-
- Tandis que le sourire encor
- Effleurera mes lèvres roses !
- Tandis que le sourire encor
Je ne veux point peser ma vie au poids des ans ;
La mesurer au cours des heures prolongées ;
Je veux seulement, Dieu des âmes affligées,
Après tant de désirs et de rêves cuisants,
Connaître ce bonheur, qu’un vague espoir devine ;
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- Voir s’épanouir un seul jour,
- Voir s’épanouir un seul jour,
Dans toute sa beauté, la fraîche fleur divine
-
- De la jeunesse et de l’amour !
Je veux, un seul été, m’enivrer de délice
-
- Dans la coupe mortelle ; … il faut
- Dans la coupe mortelle ; … il faut
Que mon rêve céleste ici-bas s’accomplisse…
Et puis, mon Créateur, rappelle-moi, là-haut,
Où, parmi les soleils, tes magnifiques sables,
Je serai, si tes bras ne me font pas défaut,
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- Un des esprits impérissables !…
- Un des esprits impérissables !…
Là-haut, où, quand les temps comme un torrent ont fui,
L’éternité s’allonge, à soi-même pareille ;
Où, — prodige adorable ! — on ne devient pas vieille.
Où le plaisir n’est point le père de l’ennui ;
Là-haut, où rien ne se passe, où rien n’est infidèle ;
Où les félicités, les amours n’ont point d’aile,
Où demain ne doit plus menacer aujourd’hui.