INTRODUCTION
INTRODUCTION
C’est sur ces cinq points que portent les présentes propositions. Elles ne visent pas seulement l’
orthographe du
vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.
Ces rectifications sont modérées dans leur teneur et dans leur étendue.
En résumé :
– mots
empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple
: un
imprésario, des
imprésarios)
;
Ces propositions sont présentées sous forme, d’une part, de règles d’application générales et de modifications de graphies particulières destinées aux usagers et aux enseignants, et, d’autre part, sous forme de recommandations à l’usage des
lexicographes et des créateurs de
néologismes.
I.– ANALYSES
I.– ANALYSES
I.1. Le trait d’union
1. Le trait d’union
Le
trait d’union a des emplois divers et importants en français
:
Lorsque le
mot composé contient un élément savant (c’est-à-dire qui n’est pas un mot autonome
:
narco-,
poly-, etc.), il est généralement soudé (
exemple :
narcothérapie) ou, moins souvent, il prend le trait d’union (
exemple :
narco-dollar). Si tous les éléments sont savants, la soudure est obligatoire (
exemple :
narcolepsie). Dans l’ensemble, il est de plus en plus net qu’on a affaire à un seul mot, quand on va de l’expression figée au composé doté de trait d’union et au mot soudé.
Dans une suite de mots devenue mot composé, le trait d’union apparaît d’ordinaire :
c) lorsque l’un des éléments a vieilli et n’est plus compris (
exemples : un
rez-de-chaussée, un
croc-en-jambe, à
vau-l’eau). L’agglutination ou soudure implique d’ordinaire que l’on n’analyse plus les éléments qui constituent le composé dans des mots de formation ancienne (
exemples :
vinaigre,
pissenlit,
chienlit,
portefeuille,
passeport,
marchepied,
hautbois,
plafond), etc.
;
On remarque de très nombreuses hésitations dans l’usage du trait d’union et des divergences entre les dictionnaires, ce qui justifie qu’on s’applique à clarifier la question, ce mode de construction étant très productif. On améliorera donc l’usage du trait d’union en appliquant plus systématiquement les principes que l’on vient de dégager, soit à l’utilisation de ce signe, soit à sa suppression par agglutination ou soudure des mots composés. (
Voir Graphies
1,
2,
3 ; Recommandations
1,
2.)
I.2. Les marques du nombre
2. Les marques du nombre
Bien que le mot composé ne soit pas une simple suite de mots, les grammairiens de naguère ont essayé de maintenir les règles de variation comme s’il s’agissait de mots autonomes, notamment :
De même que
mille-feuille ou
millefeuille (les deux graphies sont en usage) ne désigne pas
mille (ou
beaucoup de)
feuilles, mais un
gâteau, et ne prend donc pas d’
s au singulier, de même le
ramasse-miettes ne se réfère pas à des miettes à ramasser, ni à l’
acte de les ramasser, mais à un
objet unique. Dans un mot de ce type, le premier élément n’est plus un
verbe (il ne se conjugue pas)
; l’ensemble ne constitue donc pas une
phrase (décrivant un
acte), mais un
nom composé. Il ne devrait donc pas prendre au singulier la marque du pluriel. À ce nom doit s’appliquer la règle générale d’accord en nombre des
noms : pas de marque au
singulier,
s ou
x final au
pluriel. (
Voir Règle
2.)
I.3. Le tréma et les accents
3. Le tréma et les accents
I.3.1. Le tréma
3.1. Le tréma
Le
tréma interdit qu’on prononce deux lettres en un seul son (
exemple :
lait mais
naïf). Il ne pose pas de problème quand il surmonte une voyelle prononcée (
exemple :
maïs), mais déroute dans les cas où il surmonte une voyelle muette (
exemple :
aiguë)
: il est souhaitable que ces anomalies soient supprimées. De même l’emploi de ce signe doit être étendu aux cas où il permettra d’éviter des prononciations fautives (
exemples :
gageure,
arguer). (
Voir Graphies
4,
5.)
I.3.2. L’accent grave ou aigu sur le e
3.2. L’accent grave ou aigu sur le e
L’
accent aigu placé sur la lettre
e a pour fonction de marquer la prononciation comme «
e fermé », l’
accent grave comme «
e ouvert ». Il est nécessaire de rappeler ici les deux règles fondamentales qui régissent la quasi-totalité des cas
:
I.3.2.1. Première règle : la lettre e reçoit l’accent aigu
Première règle :
Cette règle ne connaît que les exceptions suivantes :
– l’
s final du mot n’empêche pas que l’on accentue la lettre
e (non muette) qui précède
:
accès,
progrès (avec
s non prononcé),
aloès,
herpès (avec
s prononcé), etc.
;
I.3.2.2. Deuxième règle : la lettre e reçoit l’accent grave
Deuxième règle :
La lettre
e ne prend l’
accent grave que si elle est précédée d’une autre lettre et suivie d’une syllabe qui comporte un
e muet. D’où les alternances
:
aérer, il
aère ;
collège,
collégien ;
célèbre,
célébrer ;
fidèle,
fidélité ;
règlement,
régulier ;
oxygène,
oxygéner, etc. Dans les mots
échelon,
élever, etc., la lettre
e n’est pas précédée d’une autre lettre.
L’application de ces régularités ne souffre qu’un petit nombre d’anomalies (
exemples : un
événement, je
considérerai,
puissé-je, etc.), qu’il convient de réduire. (
Voir Règle
3, Graphies
6,
7, Recommandation
3.)
I.3.3. L’accent circonflexe
3.3. L’accent circonflexe
L’
accent circonflexe représente une importante difficulté de l’orthographe du français, et même l’usage des personnes instruites est loin d’être satisfaisant à cet égard.
L’emploi incohérent et arbitraire de cet accent empêche tout enseignement systématique ou historique. Les justifications
étymologiques ou historiques ne s’appliquent pas toujours
: par exemple, la disparition d’un
s n’empêche pas que l’on écrive
votre,
notre,
mouche,
moite,
chaque,
coteau,
moutarde,
coutume,
mépris, etc., et à l’inverse, dans
extrême par exemple, on ne peut lui trouver aucune justification. Il n’est pas constant à l’intérieur d’une même famille
:
jeûner,
déjeuner ;
côte,
coteau ;
grâce,
gracieux ;
mêler,
mélange ;
icône,
iconoclaste, ni même dans la conjugaison de certains verbes (
être,
êtes,
était,
étant). De sorte que des mots dont l’histoire est tout à fait parallèle sont traités différemment
:
mû, mais
su,
tu,
vu, etc.
;
plaît, mais
tait.
L’usage du circonflexe pour noter une prononciation est loin d’être cohérent
:
bateau,
château ;
noirâtre,
pédiatre ;
zone,
clone,
aumône ;
atome,
monôme. Sur la voyelle
e, le circonflexe n’indique pas, dans une
élocution normale, une valeur différente de celle de l’accent grave (ou aigu dans quelques cas)
: comparer il
mêle, il
harcèle ;
même,
thème ;
chrême,
crème ;
trêve,
grève ;
prêt,
secret ;
vêtir,
vétille. Si certains locuteurs ont le sentiment d’une différence phonétique entre
a et
â,
o et
ô,
è ou
é et
ê, ces oppositions n’ont pas de réalité sur les voyelles
i et
u (comparer
cime,
abîme ;
haine,
chaîne ;
voûte,
route,
croûte ;
huche,
bûche ;
bout,
moût, etc.). L’accent circonflexe, enfin, ne marque le
timbre ou la durée des
voyelles que dans une minorité des mots où il apparaît, et seulement en syllabe accentuée (
tonique)
; les distinctions concernées sont elles-mêmes en voie de disparition rapide.
Certes, le circonflexe paraît à certains inséparable de l’image visuelle de quelques mots et suscite même des investissements affectifs (mais aucun
adulte, rappelons-le, ne sera tenu de renoncer à l’utiliser).
Dès lors, si le maintien du circonflexe peut se justifier dans certains cas, il ne convient pas d’en rester à la situation actuelle
: l’amélioration de la graphie à ce sujet passe donc par une réduction du nombre de cas où le circonflexe est utilisé. (
Voir Règle
4 ; Recommandation
4.)
I.4. Les verbes en -eler et -eter
4. Les verbes en -eler et -eter
Il existe deux procédés pour noter le «
e ouvert
», soit le
redoublement de la
consonne qui suit le
e (
exemple :
ruisselle)
; soit le
e accent grave, suivi d’une consonne simple (
exemple :
harcèle).
Mais, quant au choix entre ces deux procédés, l’
usage ne s’est pas fixé, jusqu’à l’heure actuelle
: parmi les verbes concernés, il y en a peu sur lesquels tous les dictionnaires sont d’accord. La graphie avec
è présente l’avantage de ramener tous ces verbes au modèle de conjugaison de
mener (il
mène, elle
mènera).
On mettra fin sur ce point aux hésitations, en appliquant une règle simple. (
Voir Règle
5.)
I.5. Le participe passé des verbes en emplois pronominaux
5. Le participe passé des verbes en emplois pronominaux
Les règles actuelles sont parfois d’une application difficile et donnent lieu à des fautes, même chez les meilleurs écrivains.
Cependant, il est apparu aux experts que ce problème d’
orthographe grammaticale ne pouvait être résolu en même temps que les autres difficultés abordées. D’abord il ne s’agit pas d’une question purement orthographique, car elle touche à la
syntaxe et même à la
prononciation. Ensuite il est impossible de modifier la règle dans les
participes de verbes en emplois
pronominaux sans modifier aussi les règles concernant les emplois non pronominaux
: on ne peut séparer les uns des autres, et c’est l’ensemble qu’il faudrait retoucher. Il ne sera donc fait qu’une proposition, permettant de simplifier un point très embarrassant
: le
participe passé de
laisser suivi d’un
infinitif, dont l’
accord est pour le moins incertain dans l’usage. (
Voir Règle
6.)
I.6. Les mots empruntés
6. Les mots empruntés
Traditionnellement, les
mots d’emprunt s’intègrent à la graphie du français après quelque temps. Certains, malgré leur ancienneté en français, n’ont pas encore subi cette évolution.
I.6.1. Singulier et pluriel
6.1. Singulier et pluriel
On renforcera l’intégration des
mots empruntés en leur appliquant les règles du
pluriel du français, ce qui implique dans certains cas la fixation d’une forme de
singulier.
I.6.2. Traitement graphique
6.2. Traitement graphique
Le processus d’intégration des
mots empruntés conduit à la régularisation de leur graphie, conformément aux règles générales du français. Cela implique qu’ils perdent certains signes distinctifs «
exotique », et qu’ils entrent dans les régularités de la graphie française. On tiendra compte cependant du fait que certaines graphies étrangères,
anglaises en particulier, sont devenues familières à la majorité des utilisateurs du français.
I.7. Les anomalies
7. Les anomalies
Les
anomalies sont des graphies non conformes aux règles générales de l’écriture du français (
comme ign dans
oignon) ou à la cohérence d’une série précise. On peut classer celles qui ont été examinées en deux catégories
:
I.7.1. Séries désaccordées
7.1. Séries désaccordées
Certaines graphies heurtent à la fois l’
étymologie et le sentiment de la langue de chacun, et chargent inutilement l’orthographe de bizarreries ce qui n’est ni esthétique, ni logique, ni commode. Conformément à la réflexion déjà menée par l’
Académie sur cette question, ces points de détail seront rectifiés. (
Voir Graphies
10,
11,
12,
13 ; Recommandation
6.)
I.7.2. Dérivés formés sur les noms qui se terminent par -on et -an
7.2. Dérivés formés sur les noms qui se terminent par
-on et
-an
La formation de ces dérivés s’est faite et se fait soit en doublant le
n final du
radical, soit en le gardant simple. L’usage, y compris celui des
dictionnaires, connaît beaucoup de difficultés et de
contradictions, qu’il serait utile de réduire.
Sur les noms en
-an (une cinquantaine de radicaux), le
n simple est largement
prédominant dans l’usage actuel. Un cinquième des radicaux seulement redouble le
n (pour seulement un quart environ de leurs dérivés).
Sur les noms en
-on (plus de 400 radicaux, et trois fois plus de dérivés), la situation actuelle est plus complexe. On peut relever de très nombreux cas d’hésitation, à la fois dans l’usage et dans les dictionnaires. Selon qu’est utilisé tel ou tel suffixe, il peut exister une tendance prépondérante soit au
n simple, soit au
n double. On s’appuiera sur ces tendances quand elles existent pour introduire plus de régularité. (
Voir Recommandation
10.)
II.– RÈGLES
II.– RÈGLES
II.1. Trait d’union
II.2. Singulier et pluriel des noms composés comportant un trait d’union
2.
Singulier et pluriel des noms composés comportant un trait d’union : les
noms composés d’un
verbe et d’un
nom suivent la règle des mots simples, et prennent la marque du pluriel seulement quand ils sont au
pluriel, cette marque est portée sur le second élément.
II.3. Accent grave
3.
Accent grave : conformément aux régularités décrites plus haut (Analyse
3.2.)
:
II.3.a) Dans les futurs et conditionnels des verbes sur le modèle de semer
II.3.b) Dans les inversions interrogatives
II.4. Accent circonflexe
4. Accent circonflexe
Si l’
accent circonflexe placé sur les lettres
a,
o et
e peut indiquer utilement des distinctions de timbre (
mâtin et
matin ;
côte et
cote ;
vôtre et
votre ; etc.), placé sur
i et
u il est d’une utilité nettement plus restreinte (
voûte et
doute par exemple ne se distinguent dans la prononciation que par la première consonne). Dans quelques terminaisons verbales (
passé simple, etc.), il indique des distinctions morphologiques nécessaires. Sur les autres mots, il ne donne généralement aucune indication, excepté pour de rares distinctions de formes
homographes.
En conséquence, on conserve l’
accent circonflexe sur
a,
e, et
o, mais sur
i et sur
u il n’est plus obligatoire, excepté dans les cas suivants
:
II.4.a) Dans la conjugaison, où il marque une terminaison
a) Dans la conjugaison, où il marque une terminaison :
Au
passé simple (première et deuxième personnes du pluriel)
:
Exemples :
II.4.b) Dans les mots où il apporte une distinction de sens utile
b) Dans les mots où il apporte une distinction de sens utile :
Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme. (
Voir Analyse
3.3 ; Recommandation
4.)
Remarques :
– cette mesure entraîne la rectification de certaines anomalies étymologiques, en établissant des régularités. On écrit désormais
mu (comme déjà
su,
tu,
vu,
lu),
plait (comme déjà
tait,
fait),
piqure,
surpiqure (comme déjà
morsure)
traine,
traitre, et leurs dérivés (comme déjà
gaine,
haine,
faine), et
ambigument,
assidument,
congrument,
continument,
crument,
dument,
goulument,
incongrument,
indument,
nument (comme déjà
absolument,
éperdument,
ingénument,
résolument)
;
II.5. Verbes en -eler et -eter
5. Verbes en -eler et -eter :
On ne fait exception que pour
appeler (et
rappeler) et
jeter (et les verbes de sa famille), dont les formes sont les mieux stabilisées dans l’usage.
Les noms en
-ement dérivés de ces verbes suivront la même orthographe
:
amoncèlement,
bossèlement,
chancèlement,
cisèlement,
cliquètement,
craquèlement,
craquètement,
cuvèlement,
dénivèlement,
ensorcèlement,
étincèlement,
grommèlement,
martèlement,
morcèlement,
musèlement,
nivèlement,
ruissèlement,
volètement. (
Voir Analyse
4.)
II.6. Participe passé
6.
Participe passé : le
participe passé de
laisser suivi d’un infinitif est rendu invariable
: il joue en effet devant l’infinitif un rôle d’auxiliaire analogue à celui de
faire, qui est toujours invariable dans ce cas (avec l’auxiliaire
avoir comme en emploi
pronominal [3]).
Le participe passé de
laisser suivi d’un
infinitif est donc invariable dans tous les cas, même quand il est employé avec l’auxiliaire avoir et même quand l’objet est placé avant le verbe. (
Voir Analyse
5.)
Exemples :
Elle
s’est laissé mourir (comme déjà elle s’est
fait maigrir)
;
Elle s’est laissé séduire (comme déjà elle s’est fait féliciter) ;
Je les ai laissé partir (comme déjà je les ai fait partir) ;
La maison qu’elle a laissé saccager (comme déjà la maison qu’elle a fait repeindre).
II.7. Singulier et pluriel des mots empruntés
Cependant, comme il est normal en français, les mots terminés par
s,
x et
z restent invariables (
exemples : un
boss, des
boss ; un
kibboutz, des
kibboutz ; un
box, des
box).
Tableau résumé des règles
Tableau résumé des règles
NR
|
ANCIENNE
ORTHOGRAPHE |
NOUVELLE
ORTHOGRAPHE |
| 1 |
vingt-trois, cent trois. |
vingt-trois, cent-trois. |
| 2 |
un cure-dents.
des cure-ongle.
un cache-flamme(s).
des cache-flamme(s). |
un cure-dent.
des cure-ongles.
un cache-flamme.
des cache-flammes. |
| 3 a |
je céderai, j’allégerais. |
je cèderai, j’allègerais. |
| 3 b |
puissé-je, aimé-je. |
puissè-je, aimè-je. |
| 4 |
il plaît, il se tait.
la route, la voûte. |
il plait, il se tait.
la route, la voute. |
| 5 |
il ruisselle, il amoncelle. |
il ruissèle, il amoncèle. |
| 6 |
elle s’est laissée aller.
elle s’est laissé appeler. |
elle s’est laissé aller.
elle s’est laissé appeler. |
| 7 |
des jazzmen, des lieder. |
des jazzmans, des lieds. |
III.– GRAPHIES PARTICULIÈRES FIXÉES OU MODIFIÉES
III.– GRAPHIES PARTICULIÈRES FIXÉES OU MODIFIÉES
Ces listes, restreintes, sont limitatives.
Il s’agit en général de mots dont la graphie est irrégulière ou variable
; on la rectifie, ou bien l’on retient la variante qui permet de créer les plus larges régularités. Certains de ces mots sont déjà donnés par un ou plusieurs
dictionnaires usuels avec la graphie indiquée ici
: dans ce cas, c’est une harmonisation des dictionnaires qui est proposée.
III.1. Mots composés : avec un élément verbal
Les mots de cette liste, ainsi que ceux de la
liste B ci-après (éléments nominaux et divers), sont en général des mots anciens dont les composants ne correspondent plus au
lexique ou à la
syntaxe actuels (
chaussetrappe)
; y figurent aussi des radicaux
onomatopéiques ou de formation expressive (
piquenique,
passepasse), des mots comportant des dérivés (
tirebouchonner), certains mots dont le pluriel était difficile (un
brisetout, dont le pluriel devient des
brisetouts, comme un
faitout, des
faitouts, déjà usité), et quelques composés sur
porte-, dont la série compte plusieurs soudures déjà en usage (
portefaix,
portefeuille, etc.). Il était exclu de modifier d’un coup plusieurs milliers de mots composés, l’usage pourra le faire progressivement. (
Voir Analyse
1 ; Recommandations
1,
2.)
Liste A
Liste A
III.2. Mots composés : avec des élément nominaux et adjectivaux
2. Mots composés : on écrit
soudés également les noms de la liste suivante, composés d’éléments
nominaux et
adjectivaux (
Voir Analyse
1 ; Recommandations
1,
2.)
Liste B
Liste B
III.3. Onomatopées
3. Onomatopées : on écrit
soudés les
onomatopées et mots expressifs (de formations diverses) de la liste suivante (
Voir Analyse
1 ; Recommandations
1,
2.)
Liste C
Liste C
III.4. Tréma : déplacé sur la voyelle qui doit être prononcée
4. Tréma : dans les mots suivants, on place le
tréma sur la voyelle qui doit être prononcée
:
aigüe (et dérivés, comme
suraigüe, etc.),
ambigüe,
exigüe,
contigüe,
ambigüité,
exigüité,
contigüité,
cigüe. Ces mots appliquent ainsi la règle générale
: le tréma indique qu’une lettre (
u) doit être prononcée (comme voyelle ou comme
semi-voyelle) séparément de la lettre précédente (
g). (
Voir Analyse
3.1.)
III.5. Tréma : ajouté aux mots où une suite -gu- ou -geu- conduit à des prononciations défectueuses
III.6. Accents : ajoutés aux mots où il avait été omis, ou dont la prononciation a changé
6. Accents : on munit d’un
accent les mots de la liste suivante où il avait été omis, ou dont la prononciation a changé. (
Voir Analyse
3.2 ; Règle
3 ; Recommandation
3.)
Liste D
Liste D
III.7. Accents : modifiés sur les mots oubliés pour se conformer à la règle générale d’accentuation
7. Accents : l’
accent est modifié sur les mots de la liste suivante qui avaient échappé à la régularisation entreprise par l’
Académie française aux XVIII
e et XIX
e siècles, et qui se conforment ainsi à la règle générale d’accentuation. (
Voir Analyse
3.2 ; Règle
3 ; Recommandation
3.)
Liste E
Liste E
III.8. Mots composés empruntés
8. Mots composés empruntés : on écrit
soudés les mots de la liste suivante, composés d’origine
latine ou étrangère, bien implantés dans l’usage et qui n’ont pas valeur de citation. (
Voir Analyse
6 ; Règle
7 ; Recommandations
4,
5,
7,
8,
9.)
Liste F
Liste F
Liste F.1. Mots d’origine latine
Mots d’origine latine
(employés comme noms — exemple
: un
apriori)
Liste F.2. Mots d’origine étrangère
Mots d’origine étrangère
III.9. Accentuation des mots empruntés
9. Accentuation des mots empruntés : on munit d’
accents les mots de la liste suivante, empruntés à la
langue latine ou à d’autres langues, lorsqu’ils n’ont pas valeur de citation. (
Voir Analyse
6 ; Règle
7 ; Recommandations
4,
5,
7,
8,
9.)
Liste G
Liste G
Liste G.1. Mots d’origine latine
Mots d’origine latine
Liste G.2. Mots empruntés à d’autres langues
Mots empruntés à d’autres langues
III.10. Anomalies : rectifications proposées par l’Académie française et quelques autres de même type
10. Anomalies : des rectifications proposées par l’
Académie (en 1975) sont reprises, et sont complétées par quelques rectifications de même type. (
Voir Analyse
7.)
Liste H
Liste H
sorgo (au lieu de
sorgho, graphie d’origine étrangère).
Notes :
(c) À rapprocher de
cil. Rectification d’une ancienne erreur d’
étymologie.
(d)
Cea est une ancienne graphie rendue inutile par l’emploi de la
cédille.
(e) La suite
cz est exceptionnelle en français.
Exéma comme
examen.
(g) Des trois graphies de ce mot, celle-ci est la plus conforme aux règles et la moins ambiguë.
(j) Des sept graphies qu’on trouve actuellement, celle-ci est la plus conforme aux règles et la moins ambiguë.
(k) À rapprocher de
vent ; rectification d’une ancienne erreur d’
étymologie.
III.11. Anomalies : noms anciennement en -illier
III.12. Anomalies : mots en -ole écrits avec un seul l
12. Anomalies : on écrit avec un seul
l (comme
bestiole,
camisole,
profiterole, etc.) les noms suivants
:
barcarole,
corole,
fumerole,
girole,
grole,
guibole,
mariole, et les mots moins fréquents
:
bouterole,
lignerole,
muserole,
rousserole,
tavaïole,
trole. Cette terminaison se trouve ainsi régularisée, à l’exception de
folle,
molle, de
colle et de ses composés. (
Voir Analyse
7.)
III.13. Anomalies : suppression de la consonne double après un e muet
Liste des graphies rectifiées
Liste des graphies rectifiées
IV.– RECOMMANDATIONS AUX LEXICOGRAPHES ET CRÉATEURS DE NÉOLOGISMES
IV.– RECOMMANDATIONS AUX LEXICOGRAPHES ET CRÉATEURS DE NÉOLOGISMES
Les recommandations qui suivent ont pour but d’orienter l’activité des lexicographes et créateurs de
néologismes de façon à améliorer l’harmonie et la cohérence de leurs travaux.
Elles ne sont pas destinées dans un premier temps à l’utilisateur, particulier ou professionnel, ni à l’enseignement.
IV.1. Trait d’union : noms composés employés métaphoriquement
IV.2. Mots composés : extension de la soudure
2.
Mots composés : quant à l’
agglutination, on poursuivra l’action de l’
Académie française, en recourant à la
soudure dans les cas où le mot est bien ancré dans l’usage et senti comme une seule unité lexicale. Cependant, on évitera les soudures mettant en présence deux lettres qui risqueraient de susciter des prononciations défectueuses ou des difficultés de lecture
(1). (
Voir Analyse
1.)
L’extension de la
soudure pourra concerner les cas suivants
:
a) Des noms composés sur la base d’un élément verbal suivi d’une forme nominale ou de
tout (voir plus haut,
liste A, les exemples dès maintenant proposés à l’usage général).
Exemples :
contrechant (comme
contrechamp),
à contrecourant (comme
à contresens),
contrecourbe (comme
contrechâssis),
contrefeu (comme
contrefaçon),
contrespionnage (comme
contrescarpe),
contrappel (comme
contrordre),
entraide (comme
entracte),
entreligne (comme
entrecôte),
s’entrenuire (comme
s’entrechoquer),
s’entredévorer (comme
s’entremanger), etc.
d) Des noms composés d’éléments
nominaux et
adjectivaux devenus peu analysables aujourd’hui. Voir plus haut,
liste B, les exemples dès maintenant proposés à l’usage général.
e) Des mots composés à partir d’
onomatopées ou similaires sur le modèle de la
liste C (voir plus haut).
f) Des noms composés d’origine
latine ou étrangère, bien implantés dans l’usage, employés sans valeur de
citation. Voir plus haut,
liste F, les exemples dès maintenant proposés à l’usage général.
g) Les nombreux composés sur éléments «
savants
» (en particulier en
o). On écrira donc par exemple
:
aéroclub,
agroalimentaire,
ampèreheure,
audiovisuel,
autovaccin,
cardiovasculaire,
cinéclub,
macroéconomie,
minichaîne,
monoatomique,
néogothique,
pneumohémorragie,
psychomoteur,
radioactif,
rhinopharyngite,
téléimprimeur,
vidéocassette, etc.
IV.3. Accentuation des mots empruntés : mots intégrés au français
3.
Accentuation des mots empruntés : on mettra un accent sur des mots empruntés au
latin ou à d’autres langues intégrés au français (exemples
:
artéfact,
braséro), sauf s’ils gardent un caractère de citation (
exemple : un
requiem). Voir plus haut,
liste G, les exemples dès maintenant proposés à l’usage général. Certains de ces mots sont déjà accentués dans des
dictionnaires. (
Voir Analyse
3.2 et
6 ; Règle
3 ; Graphies
6,
7.)
IV.4. Accentuation des mots empruntés et des néologismes : l’accent circonflexe
IV.5. Singulier et pluriel des noms empruntés
5.
Singulier et pluriel des noms empruntés : on fixera le singulier et le pluriel des mots empruntés conformément à la règle 7 ci-dessus. (
Voir Analyse
6 ; Règle
7 ; Graphies
8,
9.)
IV.6. Anomalies : verbes en -otter ou -oter et dérivés
6.
Anomalies : on mettra fin aux hésitations concernant la terminaison
-otter ou
-oter, en écrivant en
-otter les
verbes formés sur une base en
-otte (comme
botter sur
botte) et en
-oter les verbes formés sur une base en
-ot (comme
garroter sur
garrot,
greloter sur
grelot) ou ceux qui comportent le suffixe verbal
-oter (
exemples :
baisoter,
frisoter,
cachoter,
dansoter,
mangeoter, comme
clignoter,
crachoter,
toussoter, etc.). Dans les cas où l’hésitation est possible, on ne modifiera pas la graphie (
exemples :
calotter sur
calotte ou sur
calot,
flotter sur
flotte ou sur
flot, etc.), mais, en cas de diversité dans l’usage, on fixera la graphie sous la forme
-oter. (
Voir Analyse
7, Graphies
10,
11,
12,
13.)
IV.7. Emprunts : francisation de la graphie
7.
Emprunts : on
francisera dans toute la mesure du possible les mots empruntés en les adaptant à l’alphabet et à la graphie du français. Cela conduit à éviter les signes étrangers (
diacritiques ou non) n’appartenant pas à notre alphabet (par exemple,
å), qui subsisteront dans les noms propres seulement. D’autre part, des combinaisons inutiles en français seront supprimées
:
volapük deviendra
volapuk,
muesli deviendra
musli (déjà usité),
nirvâna s’écrira
nirvana, le
ö pourra, selon la prononciation en français, être remplacé par
o (
maelström deviendra
maelstrom, déjà usité) ou
oe (
angström deviendra
angstroem,
[7] déjà usité,
röstis deviendra
roestis,
[7] déjà usité). Bien que les emplois de
gl italien et
ñ,
ll espagnols soient déjà familiers, on acceptera des graphies comme
taliatelle (
tagliatelle),
paélia (
paella),
lianos (
llanos),
canyon qui évitent une lecture défectueuse. (
Voir Analyse
6 ; Graphies
8,
9.)
IV.8. Emprunts : graphies multiples
IV.9. Emprunts : le suffixe nominal -er des anglicismes
9.
Emprunts : le suffixe nominal
-er des
anglicismes se prononce tantôt comme dans
mer (
exemples :
docker,
révolver,
starter) et plus souvent comme dans notre suffixe
-eur (
exemple :
leader,
speaker)
; parfois deux prononciations coexistent (
exemples :
cutter,
pull-over,
scooter). Lorsque la prononciation du
-er (final) est celle de
-eur, on préférera ce suffixe (
exemple :
debatter devient
débatteur). La finale en
-eur sera de règle lorsqu’il existe un verbe de même forme à côté du nom (
exemples :
squatteur, verbe
squatter ;
kidnappeur, verbe
kidnapper, etc.). (
Voir Analyse
6 ; Graphies
8,
9.)
IV.10. Néologie : mots nouveaux dérivées de noms en -an ou -on
10.
Néologie : dans l’écriture de mots nouveaux dérivés de noms en
-an, le
n simple sera préféré dans tous les cas
; dans l’écriture de mots nouveaux dérivés de noms en
-on, le
n simple sera préféré avec les terminaisons suffixales commençant par
i,
o et
a. On écrira donc par exemple
:
-onite,
-onologie,
-onaire,
-onalisme, etc. (
Voir Analyse
7.)
Remarque générale
Remarque générale. Il est recommandé aux
lexicographes, au-delà des
rectifications présentées dans ce rapport et sur leur modèle, de privilégier, en cas de concurrence entre plusieurs formes dans l’usage, la forme la plus simple
: forme sans
circonflexe, forme
agglutinée, forme en
n simple, graphie
francisée, pluriel régulier, etc.
V.– Tableau synoptique des correspondances entre analyses, règles, graphies et recommandations
TABLEAU SYNOPTIQUE DES CORRESPONDANCES
entre analyses, règles, graphies et recommandations |
| Analyses |
Règles |
Graphies |
Recomman-
dations |
| 1 |
1 |
1, 2, 3 |
1, 2 |
| 2 |
2 |
|
|
3.1
3.2
3.3 |
3
4 |
4, 5
6, 7
|
3, 4
|
| 4 |
5 |
|
|
| 5 |
6 |
|
|
| 6 |
7 |
8, 9 |
4, 5, 7, 8, 9 |
| 7 |
|
10, 11, 12, 13 |
6, 10 |
1 Il y a risque de prononciation défectueuse quand deux lettres successives peuvent être lues comme une seule unité graphique, comme les lettres
o et
i,
a et
i,
o et
u,
a et
u. Exemples
:
génito-urinaire,
extra-utérin. Pour résoudre la difficulté, la
terminologie scientifique préfère parfois le
tréma au
trait d’union (
radioïsotope, sur le modèle de
coïncidence). Toutefois l’Académie a estimé qu’on pouvait conserver le trait d’union en cas de contact entre deux voyelles (
contre-attaque, ou
contrattaque avec
élision comme dans
contrordre). De même elle a jugé utile le recours éventuel au trait d’union dans les mots formés de plus de deux composants, fréquents dans le vocabulaire scientifique. Par ailleurs, on rappelle que le
s placé entre deux voyelles du fait de la composition se prononce sourd
:
pilosébacé,
sacrosaint.
Ces notes ne figurent pas dans le rapport officiel, mais sont classées ici.