Annales des origines I
Les cinq empereurs
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史記卷一
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Mémoires historiques – Chapitre I
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| 黃帝者,少典之子,姓公孫,名曰軒轅。生而神靈,弱而能言,幼而徇齊,長而敦敏,成而聰明。軒轅之時,神農氏世衰。諸侯相侵伐,暴虐百姓,而神農氏弗能征。於是軒轅乃慣用干戈,以征不享,諸侯咸來賓從。而蚩尤最為暴,莫能伐。炎帝欲侵陵諸侯,諸侯咸歸軒轅。軒轅乃修德振兵,治五氣,五種,撫萬民,度四方,教熊羆貔貅貙虎,以與炎帝戰於阪泉之野。三戰,然後得其志。蚩尤作亂,不用帝命。於是黃帝乃徵師諸侯,與蚩尤戰於涿鹿之野,遂禽殺蚩尤。而諸侯咸尊軒轅為天子,代神農氏,是為黃帝。天下有不順者,黃帝從而征之,平者去之,披山通道,未嘗甯居。 |
[ 102 Huangdi 103 (黄帝) était fils de Shaodian 104 (少典)]. Son nom de famille était Gongsun 105 (公孫) ; son nom personnel [était Xianyuan 106 (軒轅). Dès sa naissance il eut une puissance surnaturelle ; dès sa tendre enfance107 il sut parler ; dès sa jeunesse, sa vertu s’exerça partout avec promptitude ; adolescent, il fut bon et perspicace ; homme fait108, il eut une intelligence ouverte.] Au temps de Xianyuan, les descendants de Shennong 109 (神農) s’étaient pervertis ; les seigneurs se prenaient des territoires les uns aux autres et se battaient ; ils opprimaient les cent familles. Or Shennong ne pouvait les réduire110. Alors Xianyuan s’exerça au maniement du bouclier et de la lance afin de soumettre ceux qui ne rendaient pas hommage à la cour ; les seigneurs vinrent tous avec respect et obéissance. Cependant Chiyou 111 (蚩尤) était le plus terrible et restait invincible. Yandi (炎帝) voulut empiéter sur les droits des seigneurs ; les seigneurs se réfugièrent tous auprès de Xianyuan. Xianyuan alors fit appel à toute son énergie et leva des soldats ; [ 112 il se rendit maître des cinq influences113 ; il mit en terre les cinq semences114 ; il fit du bien aux dix mille tribus et gouverna les quatre côtés. Il dressa des ours, des léopards, des panthères, des lynx et des tigres115 et il s’en servit lors de la bataille qu’il livra à Yandi 116 dans la campagne de Banquan 117 (阪泉). Il soutint trois combats et finit par avoir gain de cause.] Chiyou fit des troubles ; il n’obéit pas aux ordres impériaux. Alors Huangdi appela aux armes les seigneurs et livra bataille à Chiyou dans la campagne de Zhuolu 118 (涿鹿). Il s’empara donc de Chiyou et le mit à mort. Puis les seigneurs élevèrent tous Xianyuan au rang de Fils du ciel ; il remplaça Shennong ; ce fut Huangdi. Ceux qui dans le monde ne se soumirent pas à lui, Huangdi les poursuivit et les dompta ; ceux qui se tinrent calmes, il les laissa aller. Il fit des percées dans les montagnes ; il ouvrit des routes. Il n’avait pas un moment pour se reposer en paix. |
| 東至於海,登丸山,及岱宗。西至於空桐,登雞頭。南至於江,登熊、湘。北逐葷粥,合符釜山,而邑于涿鹿之阿。遷徙往來無常處,以師兵為營衛。官名皆以雲命,為雲師。置左右大監,監于萬國。萬國和,而鬼神山川封禪與為多焉。獲寶鼎,迎日推筴。舉風後、力牧、常先、大鴻以治民。順天地之紀,幽明之占,死生之說,存亡之難。時播百穀草木,淳化鳥獸蟲蛾,旁羅日月星辰水波土石金玉,勞勤心力耳目,節用水火材物。有土德之瑞,故號黃帝。 |
À l’est, il alla jusqu’à la mer ; il monta sur la montagne Wan 119 (丸山) et sur le Daizong 120 (岱宗). À l’ouest, il alla jusqu’au mont Kongtong 121 (空桐) et monta sur le Jitou (雞頭)122. Au sud, il alla jusqu’au Jiang (江)123 et gravit les monts Xiong (熊) et Xiang (湘). Au nord, il repoussa les Xunyu 124 (葷粥). Il vérifia les insignes sur la montagne Fu 125 (釜山). Puis il s’établit au pied du Zhuolu 126. Il se déplaçait çà et là et n’avait pas de résidence fixe127 ; ses soldats formaient un campement pour le protéger. Quant aux noms de fonctions, il se servit des nuées et appela nuées ses officiers128. Il institua les grands surintendants de gauche et de droite pour surveiller les dix mille tribus. Les dix mille tribus vécurent en paix. Puis les (sacrifices aux) génies et aux dieux, aux montagnes et aux fleuves, et les cérémonies feng et shan furent multipliés par lui. Il entra en possession du trépied précieux ; il compta d’avance les jours en faisant des supputations au moyen de l’achillée129. Il leva en dignité Feng Hou (風後), Li Mu (力牧), Chang Xian (常先) et Da Hong (大鴻) et les chargea de gouverner le peuple130. [ 131 Il se conforma aux nombres du ciel et de la terre, aux explications de la vie et de la mort, aux raisons subtiles du calme et du trouble132. Aux époques voulues il planta les cent espèces de céréales, d’herbes et d’arbres. Il favorisa le développement des oiseaux, des quadrupèdes, des insectes et des reptiles. Il établit partout l’ordre pour le soleil, la lune, les étoiles, les syzygies de conjonction133, pour les flots de la mer, pour la terre, les pierres, les métaux et le jade. Il n’épargna aucune peine à son cœur, à sa force, à ses oreilles et à ses yeux. Il régla l’usage de l’eau, du feu134, du bois et de toutes choses.] Il eut l’heureux présage de la vertu de la terre ; c’est pourquoi son surnom fut Huangdi 135. |
| 黃帝二十五子,其得姓者十四人。 |
Huangdi eut vingt-cinq fils ; ceux qui eurent des noms de clans furent au nombre de quatorze. |
| 黃帝居軒轅之丘,而娶於西陵之女,是為嫘祖。嫘祖為黃帝正妃,生二子,其後皆有天下:其一曰玄囂,是為青陽,青陽降居江水;其二曰昌意,降居若水。昌意娶蜀山氏女,曰昌僕,生高陽,高陽有聖德焉。黃帝崩,葬橋山。其孫昌意之子高陽立,是為帝顓頊也。 |
[ 137 Huangdi demeura sur la colline de Xianyuan 138 ; il se maria avec une femme de Xiling 139 (西陵) qui n’est autre que Leizu 140 (嫘祖). Leizu fut première entre les femmes de Huangdi 141.] Elle enfanta deux fils ; les descendants de tous deux possédèrent l’empire142. L’un d’eux s’appelait Xuanxiao (玄嚣) ; il n’est autre que Qingyang (青阳) ; Qingyang alla s’établir sur les bords de la rivière Jiang 143. Le second fils s’appelait Changyi (昌意) ; [il alla s’établir sur les bords de la rivière Ruo 144 (若). Changyi épousa une femme des montagnes de Shu (蜀山) qui s’appelait Chang Pu 145 (昌仆)] et qui enfanta Gaoyang (高阳). Gaoyang eut une vertu sainte. Huangdi mourut et fut enterré sur la montagne Qiao 146 (桥山). Son petit-fils, Gaoyang, qui était le fils de Changyi, prit le pouvoir. Ce fut l’empereur Zhuanxu. |
| 帝顓頊高陽者,黃帝之孫而昌意之子也。靜淵以有謀,疏通而知事;養材以任地,載時以象天,依鬼神以制義,治氣以教化,絜誠以祭祀。北至於幽陵,南至於交阯,西至於流沙,東至於蟠木。動靜之物,大小之神,日月所照,莫不砥屬。 |
L’empereur Zhuanxu, qui n’est autre que Gaoyang, [ 147 était petit-fils de Huangdi et fils de Changyi. Il était calme et profond dans ses desseins. Son intelligence était claire et étendue et il comprenait tout. Il cultivait les plantes de la manière qui convient à la terre. Il agissait suivant les saisons pour se conformer au ciel. Il s’appuyait sur les mânes et les dieux pour fixer la justice148. Il dirigeait les influences afin d’apprendre aux êtres à se perfectionner. Il accomplissait les sacrifices avec pureté et sincérité.] Au nord, il alla jusqu’à Youling 149 (幽陵) ; au sud, il alla jusqu’au Jiaozhi 150 (交阯) ; à l’ouest, il alla jusqu’au Liusha 151 (流沙) ; à l’est, il alla jusqu’au Panmu 152 (蟠木). Les êtres en mouvement et ceux qui sont en repos, les dieux, petits et grands, les choses qu’éclairent le soleil et la lune, tout, sans exception, fut calme et docile. |
| 帝顓頊生子曰窮蟬。顓頊崩,而玄囂之孫高辛立,是為帝嚳。 |
L’empereur Zhuanxu engendra un fils qui s’appela Qiongshan 153 (窮蟬). Zhuanxu mourut154. Alors le petit-fils de Xuanxiao, Gaoxin (高辛), prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Ku (嚳). |
| 帝嚳高辛者,黃帝之曾孫也。高辛父曰蟜極,蟜極父曰玄囂,玄囂父曰黃帝。自玄囂與蟜極皆不得在位,至高辛即帝位。高辛於顓頊為族子。 |
Gaoxin, qui fut l’empereur Ku 155, était arrière-petit-fils de Huangdi. Son père s’appelait Jiaoji (蟜極) ; le père de Jiaoji s’appelait Xuanxiao ; le père de Xuanxiao s’appelait Huangdi. Xuanxiao, puis Jiaoji, n’eurent ni l’un ni l’autre l’empire. Mais Gaoxin obtint la dignité impériale156. Gaoxin était neveu157 de Zhuanxu. |
| 高辛生而神靈,自言其名。普施利物,不於其身。聰以知遠,明以察微。順天之義,知民之急。仁而威,惠而信,脩身而天下服。取地之財而節用之,撫教萬民而利誨之,曆日月而迎送之,明鬼神而敬事之。其色鬱鬱,其德嶷嶷。其動也時,其服也士。帝嚳溉執中而遍天下,日月所照,風雨所至,莫不從服。 |
Dès sa naissance 158 Gaoxin fut divin et merveilleux ; il dit lui-même quel était son nom. Sa libéralité universelle favorisait tous les êtres. Il ne pensait pas à lui-même. Il avait l’ouïe fine et connaissait les choses éloignées ; il avait la vue perçante et discernait les moindres détails. il se conformait à l’ordre établi par le ciel. Il savait quels étaient les besoins du peuple. Il était bon et cependant majestueux, bienveillant et cependant digne de confiance. Il s’appliquait à bien se conduire et l’empire lui obéissait. Il recueillait les productions de la terre et en usait avec mesure. Il gouvernait et instruisait les dix mille tribus ; il leur était utile et leur donnait des conseils. Il observait le soleil et la lune pour les recevoir et les accompagner159. Il comprenait les mânes et les dieux160 et les servait avec respect. Son air était très imposant ; sa vertu était fort haute ; Il agissait aux temps opportuns ; son habillement était celui des fonctionnaires.] L’empereur Ku était ferme et juste et il embrassait le monde entier. [ 161Tout ce qu’éclairent le soleil et la lune, tout ce qu’atteignent le vent et la pluie, se soumit à lui sans exception.] |
| 帝嚳娶陳鋒氏女,生放勳。娶娵訾氏女,生摯。帝嚳崩,而摯代立。帝摯立,不善,而弟放勳立,是為帝堯。 |
L’empereur Ku épousa une femme de Chenfeng 162 (陳鋒). Elle mit au monde Fangxun 163 (放勳). L’empereur Ku épousa une femme de Juzi (娵訾) ; elle enfanta Zhi 164 (摯). L’empereur Ku165 mourut et l’empereur Zhi prit le pouvoir à sa place ; il ne fut pas bon ; il mourut. Son frère cadet, Fangxun, prit alors le pouvoir ; ce fut l’empereur Yao 166 (堯). |
| 帝堯者,放勳。其仁如天,其知如神。就之如日,望之如雲。富而不驕,貴而不舒。黃收純衣,彤車乘白馬。能明馴德,以親九族。九族既睦,便章百姓。百姓昭明,合和萬國。 |
Celui qui fut l’empereur Yao n’est autre que Fangxun. [ 167 Sa bonté fut comme celle du ciel ; son savoir fut comme celui d’un dieu. De près, il apparaissait comme le soleil ; de loin, comme une nuée168. Quoique puissant, il n’était pas arrogant ; quoique élevé en dignité, il n’était pas méprisant. Il portait un bonnet169 jaune et un vêtement d’une seule couleur. Son char était rouge ; il montait sur un cheval blanc.]
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| 乃命羲、和,敬順昊天,數法日月星辰,敬授民時。分命羲仲,居鬱夷,曰暘穀。敬道日出,便程東作。日中,星鳥,以殷中春。其民析,鳥獸字微。申命羲叔,居南交。便程南為,敬致。日永,星火,以正中夏。其民因,鳥獸希革。申命和仲,居西土,曰昧穀。敬道日入,便程西成。夜中,星虛,以正中秋。其民夷易,鳥獸毛毨。申命和叔;居北方,曰幽都。便在伏物。日短,星昴,以正中冬。其民燠,鳥獸氄毛。歲三百六十六日,以閏月正四時。信飭百官,眾功皆興。 |
Puis il ordonna à Xi (羲) et à He 176 (和) d’observer avec attention le ciel majestueux et d’appliquer les méthodes du calcul au soleil, à la lune, aux constellations et aux syzygies de conjonction, puis d’indiquer avec soin au peuple les saisons. Il ordonna spécialement au cadet des Xi de demeurer chez les Yuyi 177 (鬱夷), dans le lieu appelé Vallée du Soleil levant, pour y suivre avec attention le lever du soleil et déterminer et promulguer partout ce qu’il faut faire au printemps178. Le jour moyen179 et les constellations Niao 180 (星鳥) servent à fixer le milieu du printemps. Le peuple alors se disperse181 ; les oiseaux et les bêtes nourrissent ou sont petits182. Il ordonna en outre au plus jeune des Xi de demeurer à Nanjiao 183 (南交) pour déterminer et promulguer les occupations de l’été184 et avec soin les faire parvenir à leur but185. Le jour le plus long186 et les constellations Huo (星火) servent à fixer le milieu de l’été. La population alors187 continue (à se disperser) ; (les plumes et les poils) des oiseaux et des bêtes deviennent rares et changent188. Il ordonna en outre au cadet des He de demeurer dans le territoire de l’ouest, au lieu appelé Vallée de l’Obscurité, pour suivre avec attention le coucher du soleil et déterminer et promulguer ce qui s’achève en automne. La nuit moyenne189 et la constellation Xu 190 (星虛) servent à fixer le milieu de l’automne. La population a une vie calme et paisible. Les oiseaux et les bêtes se couvrent de plumes et de poils renouvelés191. Il ordonna en outre au plus jeune des He de demeurer dans la région du nord, au lieu appelé la Résidence sombre, pour déterminer et surveiller le moment où les êtres se cachent192. Le jour le plus court et la constellation Mao 193 (星昴), servent à fixer le milieu de l’hiver. La population se tient alors au chaud194 ; les plumes et les poils des oiseaux et des bêtes s’épaississent. L’année a trois cent soixante-six jours ; par le moyen du mois intercalaire195 on détermine196 les quatre saisons. En conformité avec cela on ordonne les cent fonctions et tous les travaux sont florissants197. |
| 堯曰:「誰可順此事?」放齊曰:「嗣子丹硃開明。」堯曰:「籲!頑凶,不用。」堯又曰:「誰可者?」讙兜曰:「共工旁聚布功,可用。」堯曰:「共工善言,其用僻,似恭漫天,不可。」堯又曰:「嗟,四岳,湯湯洪水滔天,浩浩懷山襄陵,下民其憂,有能使治者?」皆曰鯀可。堯曰:「鯀負命毀族,不可。」嶽曰:「異哉,試不可用而已。」堯於是聽嶽用鯀。九歲,功用不成。 |
Yao dit : |
| 堯曰:「嗟!四嶽:朕在位七十載,汝能庸命,踐朕位?」岳應曰:「鄙德忝帝位。」堯曰:「悉舉貴戚及疏遠隱匿者。」眾皆言於堯曰:「有矜在民間,曰虞舜。」堯曰:「然,朕聞之。其何如?」嶽曰:「盲者子。父頑,母嚚,弟傲,能和以孝,烝烝治,不至奸。」堯曰:「吾其試哉。」於是堯妻之二女,觀其德於二女。舜飭下二女於媯汭,如婦禮。堯善之,乃使舜慎和五典,五典能從。乃遍入百官,百官時序。賓於四門,四門穆穆,諸侯遠方賓客皆敬。堯使舜入山林川澤,暴風雷雨,舜行不迷。堯以為聖,召舜曰:「女謀事至而言可績,三年矣。女登帝位。」舜讓於德不懌。正月上日,舜受終於文祖。文祖者,堯大祖也。 |
Yao dit : Alors Yao lui donna en mariage ses deux filles208, pour observer quelle était sa vertu dans la manière dont il se comporterait envers ses deux filles. Shun, dans les lieux qu’arrosent les rivières Gui (媯) et Rui 209 (汭), dirigea et rendit humbles ces deux femmes210, en sorte qu’elles observèrent les rites des épouses211.] Yao trouva cela fort bien ; il chargea donc ensuite 'Shun [ 212 de mettre avec soin l’ordre dans les cinq règles et les cinq règles213 purent être observées. Puis il (Shun) fut investi de toutes les cent fonctions214 et les cent fonctions eurent leur rang en leur temps. — Il reçut les hôtes aux quatre portes ; ceux qui venaient aux quatre portes215 étaient pénétrés de respect.] Les seigneurs et les étrangers qui arrivaient de loin pour être reçus étaient attentifs à leurs devoirs. Yao envoya Shun [ 216 dans la forêt de la montagne]217, parmi les cours d’eau et les marais ; [il y eut un vent violent, du tonnerre et de la pluie,] mais Shun poursuivit sa route [sans se laisser troubler218.] Yao estima cette conduite sage ; il manda Shun et lui dit : Shun s’excusa en alléguant son peu de mérite et ne se réjouit pas220. Le premier jour du premier mois, Shun reçut l’abdication (de Yao) dans le (temple de) Wenzu (文祖).] Wenzu était l’aïeul à la cinquième génération de Yao 221. |
| 於是帝堯老,命舜攝行天子之政,以觀天命。舜乃在璿璣玉衡,以齊七政。遂類于上帝,禋于六宗,望於山川,辯於群神。揖五瑞,擇吉月日,見四岳諸牧,班瑞。歲二月,東巡狩,至於岱宗,祡,望秩於山川。遂見東方君長,合時月正日,同律度量衡,脩五禮五玉三帛二生一死為摯,如五器,卒乃複。五月,南巡狩;八月,西巡狩;十一月,北巡狩:皆如初。歸,至於祖禰廟,用特牛禮。五歲一巡狩,群後四朝。遍告以言,明試以功,車服以庸。肇十有二州,決川。象以典刑,流宥五刑,鞭作官刑,撲作教刑,金作贖刑。眚災過,赦;怙終賊,刑。欽哉,欽哉,惟刑之靜哉! |
Alors l’empereur Yao étant vieux chargea Shun de le suppléer dans l’exercice du gouvernement qui appartient au Fils du ciel, afin de voir quel était le décret du ciel222. [ 223 Shun observa donc le mécanisme de l’évolution et la balance de jade pour vérifier l’accord entre les sept gouvernements224. Aussitôt après il fit le sacrifice lei (類) à l’Empereur d’en haut225, le sacrifice yin (禋) aux six Vénérables226, le sacrifice wang 227(望) aux montagnes et aux cours d’eau et rendit hommage à tous les dieux228. — Il recueillit les cinq insignes229 ; il choisit un mois et un jour fastes pour donner audience aux (chefs des) quatre montagnes et aux pasteurs (des peuples)230, et leur distribua les insignes. Le deuxième mois de l’année, il parcourut les fiefs231 dans l’est ; arrivé au Daizong, il alluma un bûcher ; il fit le sacrifice wang aux montagnes et aux cours d’eau suivant l’ordre fixé232. Puis il donna audience aux chefs de la contrée orientale. Il mit l’accord dans les saisons et dans les mois et rectifia les jours ; il rendit uniformes les tubes musicaux233 et les mesures de longueur, de capacité et de poids ; il restaura les cinq rites234 ; les cinq (insignes de) jade235, les trois pièces de soie236, les deux animaux vivants et l’animal mort237 lui furent apportés en offrande ; quant aux cinq instruments238, lorsque tout fut fini il les rendit. Le cinquième mois239, il parcourut les fiefs dans le sud. Le huitième mois, il parcourut les fiefs dans l’ouest. Le onzième mois, il parcourut les fiefs dans le nord. Toutes (ces inspections) furent comme la première. À son retour, il se rendit aux temples de son grand-père et de son père défunt240, et fit le sacrifice rituel d’un taureau. En cinq ans il y avait une inspection des fiefs et quatre réceptions des chefs à la cour241. Ils faisaient des rapports complets par leurs paroles ; ils étaient clairement contrôlés par leurs œuvres ; ils recevaient des chars et des vêtements pour leurs mérites. Il institua douze provinces242. Il rectifia les cours d’eau. Il fit des images243 pour les châtiments légaux. « On bannit244 ceux qui sont dignes d’une mitigation de peine245 ; il y a les cinq châtiments ; le fouet constitue le châtiment des magistrats ; la verge constitue le châtiment des instructeurs246 ; l’amende constitue le châtiment des fautes rachetables247. Ceux qui pèchent par inadvertance, on leur pardonne ; ceux qui sont endurcis et persistants dans le crime, on leur inflige les châtiments. Soyez sur vos gardes ! soyez sur vos gardes ! c’est par les châtiments qu’on établit le calme. »] |
| 讙兜進言共工,堯曰不可而試之工師,共工果淫辟。四岳舉鯀治鴻水,堯以為不可,嶽彊請試之,試之而無功,故百姓不便。三苗在江淮、荊州數為亂。於是舜歸而言於帝,請流共工於幽陵,以變北狄;放驩兜於崇山,以變南蠻;遷三苗於三危,以變西戎;殛鯀於羽山,以變東夷:四罪而天下鹹服。 |
Xuandou 248 recommanda Gonggong. Yao dit : Les (chefs des) quatre montagnes proposèrent Gun pour refréner les eaux débordées ; Yao considérait que c’était impossible ; sur l’instante prière des (chefs des quatre) montagnes, il le mit à l’essai ; or il n’eut aucun succès et c’est pourquoi les cent familles ne furent pas à leur aise. Sanmiao 249 (三苗) suscita souvent des troubles dans la province de Jing, entre le Jiang et le Huai (淮). Alors Shun revint et parla à l’empereur ; il demanda qu’on [ 250 exilât Gonggong sur la colline You 251 (幽陵) pour réformer252 les Di (狄) du nord, qu’on bannît Xuandou sur la montagne Chong 253 (崇山) pour réformer les Man (蠻) du sud, qu’on transférât Sanmiao à Sanwei 254 (三危) pour réformer les Rong (戎) de l’ouest, qu’on laissât périr Gun sur la montagne Yu 255 (羽山) pour réformer les Yi (夷) de l’est. Après ces quatre condamnations256, il y eut une soumission générale dans l’empire.] |
| 堯立七十年得舜,二十年而老,令舜攝行天子之政,薦之於天。堯辟位凡二十八年而崩。百姓悲哀,如喪父母。三年,四方莫舉樂,以思堯。堯知子丹硃之不肖,不足授天下,於是乃權授舜。授舜,則天下得其利而丹硃病;授丹硃,則天下病而丹硃得其利。堯曰「終不以天下之病而利一人」,而卒授舜以天下。堯崩,三年之喪畢,舜讓辟丹硃於南河之南。諸侯朝覲者不之丹硃而之舜,獄訟者不之丹硃而之舜,謳歌者不謳歌丹硃而謳歌舜。舜曰「天也」,夫而後之中國踐天子位焉,是為帝舜。 |
Yao était au pouvoir depuis soixante-dix ans quand il trouva Shun ; au bout de vingt ans ; étant vieux, il ordonna à Shun d’exercer à sa place le gouvernement du Fils du ciel ; il le présenta au Ciel. [ 257 Yao mourut vingt-huit ans en tout258 après avoir renoncé au pouvoir. Les cent familles s’affligèrent comme si elles avaient été en deuil d’un père ou d’une mère ; pendant trois ans on ne fit aucune musique en aucun lieu,] car on pensait à Yao. Yao savait que son fils Danzhu 259 était dégénéré et n’était pas digne qu’on lui remît l’empire ; c’est pourquoi donc, tenant compte des circonstances260, il le donna à Shun. En le donnant à Shun, l’empire y trouvait son avantage et c’était un mal pour Danzhu ; en le donnant à Danzhu c’était un mal pour l’empire et Danzhu y trouvait son avantage ; Yao dit : Ainsi en définitive il donna l’empire à Shun. [ 261 Après la mort de Yao, quand le deuil de trois ans fut terminé, Shun quitta le pouvoir et le céda à Danzhu au sud du Nanhe 262 (南河). Les seigneurs qui venaient rendre hommage n’allèrent pas auprès de Danzhu mais allèrent auprès de Shun ; ceux qui étaient condamnés à la prison ou avaient des procès n’allèrent pas auprès de Danzhu mais allèrent auprès de Shun ; ceux qui récitaient et chantaient ne célébrèrent pas Danzhu mais célébrèrent Shun. Shun dit : Alors il revint à la capitale263 et prit la dignité de Fils du ciel.] Ce fut l’empereur Shun. |
| 虞舜者,名曰重華。重華父曰瞽叟,瞽叟父曰橋牛,橋牛父曰句望,句望父曰敬康,敬康父曰窮蟬,窮蟬父曰帝顓頊,顓頊父曰昌意:以至舜七世矣。自從窮蟬以至帝舜,皆微為庶人。 |
Yu Shun avait pour nom personnel Chonghua 264 (重華). Le père de Chonghua s’appelait Gusou (瞽叟) ; le père de Gusou s’appelait Qiaoniu 265 (橋牛) ; le père de Qiaoniu s’appelait Gouwang (句望) ; le père de Gouwang s’appelait Jingkang (敬康) ; le père de Jingkang s’appelait Qiongshan; le père de Qiongshan s’appelait l’empereur Zhuanxu ; le père de Zhuanxu s’appelait Changyi ; jusqu’à Shun il y eut sept générations266. À partir de Qiongshan jusqu’à l’empereur Shun, tous furent sans importance et furent des hommes du commun peuple. |
| 舜父瞽叟盲,而舜母死,瞽叟更娶妻而生象,象傲。瞽叟愛後妻子,常欲殺舜,舜避逃;及有小過,則受罪。順事父及後母與弟,日以篤謹,匪有解。 |
Le père de Shun, Gusou, était aveugle ; la mère de Shun étant morte267, il prit une autre femme qui enfanta Xiang. Xiang était arrogant. Gusou aimait le fils de sa seconde femme et cherchait sans cesse à faire périr Shun ; Shun lui échappa, mais lorsqu’il commettait quelque faute légère il se soumettait au châtiment. Il servait scrupuleusement son père et sa marâtre ainsi que son frère cadet ; chaque jour il se montrait sincère et attentif et jamais il ne se relâchait. |
| 舜,冀州之人也。舜耕曆山,漁雷澤,陶河濱,作什器於壽丘,就時於負夏。舜父瞽叟頑,母嚚,弟象傲,皆欲殺舜。舜順適不失子道,兄弟孝慈。欲殺,不可得;即求,嘗在側。 |
Shun était un homme de la province de Ji 268 (冀州). Shun laboura sur la montagne Li 269 (曆山) ; il pêcha dans l’étang de Lei (雷澤) ; il façonna des vases d’argile au bord du Fleuve ; il fabriqua diverses sortes d’ustensiles à Shouqiu 270 (壽丘) ; il profita du moment favorable pour aller à Fuxia 271 (負夏). Le père de Shun, Gusou, était pervers ; sa mère était trompeuse ; son frère cadet, Xiang (象), était insolent, Tous désiraient tuer Shun ; Shun était docile, et il ne lui arriva jamais de manquer à la conduite que doit avoir un fils, ni à l’amour fraternel. Quoiqu’ils voulussent le tuer, ils ne purent y arriver ; quand ils cherchaient à l’essayer, ils (frappaient) à côté. |
| 舜年二十以孝聞。三十而帝堯問可用者,四岳咸薦虞舜,曰可。於是堯乃以二女妻舜以觀其內,使九男與處以觀其外。舜居媯汭,內行彌謹。堯二女不敢以貴驕事舜親戚,甚有婦道。堯九男皆益篤。舜耕曆山,曆山之人皆讓畔;漁雷澤,雷澤上人皆讓居;陶河濱,河濱器皆不苦窳。一年而所居成聚,二年成邑,三年成都。堯乃賜舜絺衣,與琴,為築倉廩,予牛羊。瞽叟尚複欲殺之,使舜上塗廩,瞽叟從下縱火焚廩。舜乃以兩笠自扞而下,去,得不死。後瞽叟又使舜穿井,舜穿井為匿空旁出。舜既入深,瞽叟與象共下土實井,舜從匿空出,去。瞽叟、象喜,以舜為已死。象曰「本謀者象。」象與其父母分,於是曰:「舜妻堯二女,與琴,象取之。牛羊倉廩予父母。」象乃止舜宮居,鼓其琴。舜往見之。象鄂不懌,曰:「我思舜正郁陶!」舜曰:「然,爾其庶矣!」舜複事瞽叟愛弟彌謹。於是堯乃試舜五典百官,皆治。 |
Quand Shun eut vingt ans, il fut renommé pour sa piété filiale ; quand il eut trente ans, l’empereur Yao demanda qui il pourrait employer et les (chefs des) quatre montagnes lui proposèrent tous Yu Shun ; alors Yao donna ses deux filles en mariage à Shun pour voir quelle était sa conduite à l’intérieur ; il envoya ses neuf fils demeurer avec lui pour voir quelle était sa conduite à l’extérieur. Shun s’établit dans les lieux qu’arrosent les rivières Gui et Rui ; dans sa conduite privée il agit en tout avec attention ; les deux filles de Yao n’osèrent pas se targuer de leur noblesse pour être insolentes272 ; elles servirent les parents de Shun et observèrent strictement les devoirs des épouses ; les neuf fils de Yao redoublèrent tous de vertu. Shun laboura sur la montagne Li 273 : les gens de la montagne Li se firent tous des concessions sur les limites de leurs champs ; il pêcha dans l’étang de Lei : les gens qui étaient sur les rives de l’étang de Lei se firent tous des concessions sur les places de leurs habitations ; il façonna des vases d’argile au bord du Fleuve : les ustensiles fabriqués au bord du Fleuve furent tous sans défauts. Au bout d’un an, dans l’endroit où il habitait, il se formait un village ; au bout de deux ans, il se formait un bourg ; au bout de trois ans, il se formait une ville274. Yao alors gratifia Shun d’un vêtement de toile fine et d’un luth ; il lui fit construire un magasin et un grenier ; il lui donna des bœufs et des moutons275. Cependant Gusou voulut encore le tuer ; il fit monter Shun sur le grenier pour le crépir ; d’en bas, Gusou mit le feu au grenier pour l’incendier ; Shun alors se servit de deux grands chapeaux de jonc pour protéger sa descente276 ; il s’échappa et put ne pas périr. Ensuite Gusou envoya derechef Shun creuser un puits ; Shun, en creusant le puits, ménagea un orifice secret qui était une issue latérale. Quand Shun fut entré au fond, Gusou et Xiang jetèrent ensemble de la terre et remplirent le puits ; Shun sortit par l’orifice secret et s’échappa. Gusou et Xiang se réjouirent, pensant que Shun était mort. Xiang dit : Shun recommença à servir Gusou et à aimer son frère cadet et fut sans cesse plein d’égards pour eux. Alors Yao mit Shun à l’essai dans les cinq règles et les cent fonctions279 ; tout cela fut bien dirigé. |
| 昔高陽氏有才子八人,世得其利,謂之「八愷」。高辛氏有才子八人,世謂之「八元」。此十六族者,世濟其美,不隕其名。至於堯,堯未能舉。舜舉八愷,使主後土,以揆百事,莫不時序。舉八元,使布五教于四方,父義,母慈,兄友,弟恭,子孝,內平外成。 |
[ 280 Autrefois Gaoyang 281 eut huit fils capables ; les hommes jouirent de leurs bienfaits et les appelèrent les huit Satisfaisants. Gaoxin 282 eut huit fils capables : les hommes les appelèrent les huit Excellents. Ces seize familles de génération en génération perfectionnèrent leurs qualités et ne laissèrent pas tomber leur réputation. Lorsque arriva le temps de Yao, Yao ne put point encore les mettre en charge. Shun mit en charge les huit Satisfaisants et les fit présider à la terre souveraine283, afin de déterminer les cent occupations ; il n’y eut rien qui n’eût son temps et son rang. Il mit en charge les huit Excellents et leur fit répandre les cinq enseignements284 dans les quatre directions : les pères furent justes ; les mères furent aimantes ; les frères aînés furent bienveillants ; les frères cadets furent respectueux ; les fils furent pieux ; à l’intérieur, ce fut le calme ; à l’extérieur, la perfection. |
| 昔帝鴻氏有不才子,掩義隱賊,好行兇慝,天下謂之渾沌。少昚氏有不才子,毀信惡忠,崇飾惡言,天下謂之窮奇。顓頊氏有不才子,不可教訓,不知話言,天下謂之檮杌。此三族世憂之。至於堯,堯未能去。縉雲氏有不才子,貪于飲食,冒於貨賄,天下謂之饕餮。天下惡之,比之三凶。舜賓於四門,乃流四凶族,遷於四裔,以禦螭魅,於是四門辟,言毋凶人也。 |
Autrefois l’empereur Hong (鴻)285 eut un fils incapable ; il faisait disparaître la justice ; il était dissimulé et scélérat ; il se plaisait à se livrer aux pires vices ; le monde l’appelait Chaos286. Shaohao (少昊) eut un fils incapable ; il détruisait la bonne foi et haïssait la sincérité ; il appréciait les discours artificieux et méchants ; le monde l’appelait Vaurien-trompeur287. Zhuanxu eut un fils incapable ; il ne pouvait rien apprendre et ne comprenait pas ce qu’on lui disait ; le monde l’appelait Soliveau288. De génération en génération on souffrait de ces trois familles ; lorsque arriva le temps de Yao, Yao ne put encore s’en débarrasser. Jinyun 289 (縉雲) eut un fils incapable ; il avait la passion de la boisson et de la bonne chère ; il était avide de richesse ; le monde l’appelait Glouton ; le monde l’avait en horreur et le mettait sur le même pied que les trois criminels290. Shun, allant recevoir les hôtes aux quatre portes, exila les quatre familles criminelles et les bannit aux quatre frontières, afin de soumettre à la règle les démons291.] Alors les quatre portes furent ouvertes et on annonça qu’il n’y avait plus de criminels. |
| 舜入於大麓,烈風雷雨不迷,堯乃知舜之足授天下。堯老,使舜攝行天子政,巡狩。舜得舉用事二十年,而堯使攝政。攝政八年而堯崩。三年喪畢,讓丹硃,天下歸舜。而禹、皋陶、契、後稷、伯夷、夔、龍、倕、益、彭祖自堯時而皆舉用,未有分職。於是舜乃至於文祖,謀于四嶽,辟四門,明通四方耳目,命十二牧論帝德,行厚德,遠佞人,則蠻夷率服。舜謂四嶽曰:「有能奮庸美堯之事者,使居官相事?」皆曰:「伯禹為司空,可美帝功。」舜曰:「嗟,然!禹,汝平水土,維是勉哉。」禹拜稽首,讓於稷、契與皋陶。舜曰:「然,往矣。」舜曰:「棄,黎民始饑,汝後稷播時百穀。」舜曰:「契,百姓不親,五品不馴,汝為司徒,而敬敷五教,在寬。」舜曰:「皋陶,蠻夷猾夏,寇賊奸軌,汝作士,五刑有服,五服三就;五流有度,五度三居:維明能信。」舜曰:「誰能馴予工?」皆曰垂可。於是以垂為共工。舜曰:「誰能馴予上下草木鳥獸?」皆曰益可。於是以益為朕虞。益拜稽首,讓于諸臣硃虎、熊羆。舜曰:「往矣,汝諧。」遂以硃虎、熊羆為佐。舜曰:「嗟!四嶽,有能典朕三禮?」皆曰伯夷可。舜曰:「嗟!伯夷,以汝為秩宗,夙夜維敬,直哉維靜絜。」伯夷讓夔、龍。舜曰:「然。以夔為典樂,教 子,直而溫,寬而栗,剛而毋虐,簡而毋傲;詩言意,歌長言,聲依永,律和聲,八音能諧,毋相奪倫,神人以和。」夔曰:「於!予擊石拊石,百獸率舞。」舜曰:「龍,朕畏忌讒說殄偽,振驚朕眾,命汝為納言,夙夜出入朕命,惟信。」舜曰:「嗟!女二十有二人,敬哉,惟時相天事。」三歲一考功,三考絀陟,遠近眾功鹹興。分北三苗。 |
Shun 292 entra dans une grande forêt sur la montagne ; il y eut un vent violent, du tonnerre, et de la pluie ; il n’en fut pas troublé. Yao reconnut alors que Shun était digne qu’il lui donnât l’empire. Yao étant vieux chargea Shun d’exercer à sa place le gouvernement qui appartient au Fils du ciel et de parcourir les fiefs. Vingt ans après que Shun eut été mis en charge et eut administré les affaires, Yao le chargea de gouverner à sa place. Il gouverna à sa place pendant huit ans et c’est alors que Yao mourut. Lorsque le deuil de trois ans fut terminé, il céda le pouvoir à Danzhu. Le monde se réfugia auprès de Shun. Or Yu 293 (禹), Gaoyao 294 (皋陶), Xie 295 (契), Houji 296 (後稷), Boyi 297 (伯夷), Kui (夔), Long (龍), Chui 298 (倕), Yi 299 (益), Pengzu (彭祖) avaient tous été, dès le temps de Yao, promus à des emplois, mais on n’avait pas encore distingué les attributions des fonctions. Alors [ 300 Shun se rendit au (temple de) Wenzu 301. Il tint conseil avec les (chefs des) quatre montagnes pour ouvrir les quatre portes302 et percevoir par les oreilles et par les yeux tout ce qui se passait dans les quatre directions. Il ordonna aux douze pasteurs303] de prendre pour règle la vertu de l’empereur304, de pratiquer [la vertu réelle, d’éloigner les hommes artificieux. Alors les barbares Man et Yi se soumirent à l’envi. Shun parla en ces termes aux (chefs des) quatre montagnes : Alors (Yi) prit pour assistants Zhu, Hu, Xiong et Pi 321. [Shun dit : Il nomma Kui intendant de la musique pour qu’il enseignât aux enfants des princes325 à être inflexibles mais avec douceur, indulgents mais avec énergie, fermes mais sans rigueur, indifférents aux détails mais sans arrogance. La poésie fut l’expression de la pensée ; le chant prolongea cette expression ; les notes résultèrent de ces modulations ; les tubes sonores furent d’accord avec les notes ; les huit instruments de musique purent être en harmonie et n’empiétèrent pas sur les domaines les uns des autres. L’accord fut établi par là entre les dieux et les hommes326. Kui dit : Shun dit : Shun dit : Tous les trois ans il y avait un examen des mérites331 ; au bout de trois examens, on faisait des dégradations et des promotions, des renvois et des nominations. Toutes les tâches furent bien exécutées. On divisa et on repoussa les Sanmiao 332.] |
| 此二十二人咸成厥功:皋陶為大理,平,民各伏得其實;伯夷主禮,上下鹹讓;垂主工師,百工致功;益主虞,山澤辟;棄主稷,百穀時茂;契主司徒,百姓親和;龍主賓客,遠人至;十二牧行而九州莫敢辟違;唯禹之功為大,披九山,通九澤,決九河,定九州,各以其職來貢,不失厥宜。方五千里,至於荒服。南撫交阯、北發,西戎、析枝、渠廋、氐、羌,北山戎、發、息慎,東長、鳥夷,四海之內咸戴帝舜之功。於是禹乃興九招之樂,致異物,鳳皇來翔。天下明德皆自虞帝始。 |
Ces vingt-deux hommes accomplirent tous leur tâche. Gaoyao étant chef de la justice, on eut la paix ; dans le peuple, chacun fut soumis et obtint ce qu’il méritait. Boyi présidant aux rites, tous les hommes, du haut en bas (de l’échelle sociale), se firent des concessions. Chui étant directeur des travaux, les cent travailleurs firent tous leurs efforts. Yi étant intendant des eaux et forêts, les montagnes et les marais furent ouverts (à la culture). Qi étant préposé aux grains, les cent céréales furent abondantes en la saison voulue. Xie étant directeur des multitudes, les cent familles vécurent dans l’amitié et dans l’harmonie. Long étant préposé aux hôtes, les hommes des pays lointains arrivèrent. Les douze pasteurs étant chargés de l’administration, personne dans les neuf provinces n’osa leur désobéir333. Mais, c’est Yu dont le mérite fut le plus grand334 ; il ouvrit les neuf montagnes ; il constitua les neuf lacs ; il dirigea le cours des neuf fleuves ; il détermina les neuf provinces ; chacune d’elles vint apporter un tribut suivant ce qu’elle devait et n’y trouva aucun désavantage. Sur un espace de cinq mille li carrés, (Shun) parvint jusqu’au domaine des terres incultes335 ; au sud, il soumit Jiaozhi (交阯) et Beifa (北發) ; à l’ouest, les Rong (戎), Xizhi (析枝), Qusou (渠廋), les Diqiang (氐羌) ; au nord les Rong des montagnes, Fa (發) et Xishen (息慎) ; à l’est, les barbares Chang (長) et Niao 336 (鳥). À l’intérieur des quatre mers, tout le monde fut reconnaissant à l’empereur Shun de ses actions méritoires. Alors Yu mit en honneur la musique des neuf reprises337 ; il fit accourir les êtres étranges338 ; le phénix mâle et le phénix femelle vinrent en volant339. Les vertus éclatantes dans l’empire commencèrent toutes au temps de l’empereur Shun 340. |
| 舜年二十以孝聞,年三十堯舉之,年五十攝行天子事,年五十八堯崩,年六十一代堯踐帝位。踐帝位三十九年,南巡狩,崩於蒼梧之野。葬於江南九疑,是為零陵。舜之踐帝位,載天子旗,往朝父瞽叟,夔夔唯謹,如子道。封弟象為諸侯。舜子商均亦不肖,舜乃豫薦禹於天。十七年而崩。三年喪畢,禹亦乃讓舜子,如舜讓堯子。諸侯歸之,然後禹踐天子位。堯子丹硃,舜子商均,皆有疆土,以奉先祀。服其服,禮樂如之。以客見天子,天子弗臣,示不敢專也。 |
À l’âge de vingt ans, Shun fut renommé pour sa piété filiale ; quand il eut trente ans, Yao le mit en charge ; quand il eut cinquante ans, il exerça par procuration le gouvernement qui appartient au Fils du ciel ; quand il eut cinquante-huit ans, Yao mourut ; quand il eut soixante-un ans341, il remplaça Yao et prit la dignité impériale. Trente-neuf ans342 après avoir pris la dignité impériale, il alla dans le sud inspecter les fiefs ; il mourut dans la campagne de Cangwu (蒼梧) et fut enterré sur (la montagne) Jiuyi 343 (九疑), au sud du Jiang ; c’est le lieu appelé la sépulture Ling 344 (零陵). Quand Shun eut assumé la dignité impériale, il prit avec lui l’étendard de Fils du ciel et alla rendre hommage à son père Gusou ; il fut plein de déférence et se montra très respectueux, observant la conduite qui convient à un fils. Il donna un fief à son frère cadet, Xiang, et le nomma seigneur345. Le fils de Shun, Shangjun (商均), lui aussi346, était indigne ; c’est pourquoi (Shun) présenta d’avance Yu au Ciel347 ; dix-sept ans après, il mourut. Quand le deuil de trois ans fut terminé, Yu, lui aussi, se retira devant le fils de Shun, comme Shun s’était retiré devant le fils de Yao ; les seigneurs se réunirent autour de lui et c’est après cela que Yu prit la dignité impériale. Le fils de Yao, Danzhu, et le fils de Shun, Shangjun, eurent tous deux un domaine déterminé pour y accomplir les sacrifices à leurs ancêtres348 ; ils portaient leurs vêtements ; leurs rites et leur musique étaient conservés dans leur intégrité ; lorsqu’ils rendaient visite au Fils du ciel, c’était en qualité d’hôtes349 ; le Fils du ciel ne les traitait pas en sujets, montrant ainsi qu’il ne se permettait pas d’agir de sa propre autorité350. |
| 自黃帝至舜、禹,皆同姓而異其國號,以章明德。故黃帝為有熊,帝顓頊為高陽,帝嚳為高辛,帝堯為陶唐,帝舜為有虞。帝禹為夏後而別氏,姓姒氏。契為商,姓子氏。棄為周,姓姬氏。 |
Depuis Huangdi jusqu’à Shun et Yu, tous (les empereurs) eurent le même nom de famille ; mais ils se distinguèrent par les noms de leurs principautés, afin de mettre en lumière leur illustre vertu351. Ainsi, Huangdi fut Youxiong 352 (有熊) ; l’empereur Zhuanxu fut Gaoyang ; l’empereur Ku fut Gaoxin ; l’empereur Yao fut Taotang (陶唐) ; l’empereur Shun fut Youyu 353 (有虞) ; l’empereur Yu fut Xiahou 354 (夏後), mais il eut un autre nom de famille qui fut Si (姒) ; Xie fut Shang (商) et eut pour nom de famille Zi (子) ; Qi fut Zhou (周) et eut pour nom de famille Ji 355 (姬). |
| 太史公曰:學者多稱五帝,尚矣。然尚書獨載堯以來;而百家言黃帝,其文不雅馴,薦紳先生難言之。孔子所傳宰予問五帝德及帝系姓,儒者或不傳。餘嘗西至空桐,北過涿鹿,東漸於海,南浮江淮矣,至長老皆各往往稱黃帝、堯、舜之處,風教固殊焉,總之不離古文者近是。予觀春秋、國語,其發明五帝德、帝系姓章矣,顧弟弗深考,其所表見皆不虛。書缺有間矣,其軼乃時時見於他說。非好學深思,心知其意,固難為淺見寡聞道也。餘並論次,擇其言尤雅者,故著為本紀書首。 |
Le duc grand astrologue dit : Ceux qui ont étudié disent pour la plupart que les cinq empereurs sont la haute antiquité356. Or le Shangshu (尚書) ne traite que de Yao et de ceux qui vinrent après lui ; d’autre part, les écrivains divers357 qui ont parlé de Huangdi font des récits qui ne sont pas exacts ; les maîtres officiels358 répugnent à en parler. Ce qui nous vient de Kongzi (孔子), à savoir les « Questions de Zai Yu (宰予) sur les vertus des cinq empereurs » et la « Suite des familles des empereurs »359, certains lettrés ne l’enseignent point. Pour moi, j’ai été à l’ouest jusqu’au Kongtong 360 ; au nord, j’ai passé le Zhuolu ; à l’est, je me suis avancé jusqu’à la mer ; au sud, j’ai navigué sur le Jiang et sur le Huai 361 ; lorsque je m’adressais aux notables et aux vieillards, tous, pris chacun à part, me parlaient communément des localités où se trouvèrent Huangdi, Yao et Shun ; leurs traditions et leurs notions étaient certes fort diverses ; d’une manière générale celles qui ne s’écartent pas des anciens textes sont les plus proches de la vérité. J’ai examiné le Chunqiu (春秋) et le Guoyu 362 (國語) ; ils font voir clairement que « les Vertus des cinq empereurs » et la « Suite des familles des empereurs » sont (des textes) canoniques. En réfléchissant, à moins que l’examen auquel on se livre ne soit pas approfondi, on reconnaîtra que tout ce qu’ils exposent n’est point vide de sens. Le Shu (jing) est incomplet et a des lacunes ; mais ce qu’il omet peut se trouver parfois dans d’autres récits. Si un homme de forte instruction n’y pense pas profondément et si son intelligence ne comprend pas leurs idées363, il sera certes difficile que ce soit raconté par des gens aux vues superficielles et aux connaissances bornées. J’ai mis l’ordre dans tout cela ; j’ai choisi ce qu’il y avait de plus exact dans ces dires et c’est ainsi que j’ai composé les Annales fondamentales qui ouvrent mon livre. |
101. Les cinq empereurs correspondant aux cinq éléments sont, dans le système de Sima Qian : Huangdi (terre) ; Zhuanxu (bois) ; Ku (métal) ; Yao (feu) ; Shun (eau).
102. Dadaili (大戴禮) : Chap. VII, Wu di (五帝).
103. Huangdi signifie l’empereur jaune ; le jaune est en effet la couleur qui correspond à l’élément terre. — On verra plus loin dans ce même chapitre que Huangdi est appelé quelquefois l’empereur Hong et quelquefois Youxiong shi.
104. Shaodian est donné par Sima Zhen comme étant aussi le père de Yandi Shennong. Si l’on s’en tient au texte du Guoyu cité dans la note 00.141, Shennong et Huangdi seraient donc frères. Mais, d’après Sima Zhen, Shennong et Huangdi sont distants l’un de l’autre de cinq cents années environ ; il faut donc admettre que Shaodian n’est pas le nom d’un homme, mais celui d’un État dont les princes engendrèrent à des époques très différentes Shennong puis Huangdi ; Sima Zhen confirme son dire en citant une phrase des Annales principales des Qin (Mém. hist., ch. V, p. 1 v°) d’après laquelle un ancêtre des Qin aurait épousé une fille de Shaodian ; comme cet ancêtre des Qin vivait longtemps après Huangdi, le Shaodian dont il est ici question ne peut donc être que le nom d’un État. — En réalité l’hypothèse de Sima Zhen n’est qu’un expédient subtil pour concilier les incohérences des anciennes légendes.
105. Sima Qian dit que le nom de clan de Huangdi était Gongsun ; mais nous avons fait remarquer que cet auteur méconnaît l’antique distinction des noms de clan et des noms de famille (cf. note 00.103). Gongsun n’est pas un nom de clan, mais un nom de famille ; le nom de clan de Huangdi était, d’après Huangfu Mi, Ji (姬).
106. Le Tongjian gangmu (通鑒綱目) (qian bian, chap. a, p. 10 r°) dit :
« Une concubine du prince du royaume de Shaodian, nommée Fubao, fut émue en voyant la lueur d’un éclair entourer la Grande Ourse et conçut ; elle enfanta l’empereur sur la colline de Xianyuan ; c’est pourquoi son nom personnel fut Xianyuan.
— D’après le Tongjian jilan (通鑒輯覽) (ch. I, p. 5 r°), Xianyuan se trouvait dans la sous-préfecture actuelle de Xinzheng, préfecture de Kaifeng, province de Henan : D’après le Shuijingzhu (水經注) (chap. XVII, p. 10 v°), Xianyuan était le nom d’une gorge de montagne dans la préfecture secondaire de Qin, province de Gansu. — Une autre interprétation que rapporte le Lülizhi (律曆志), du Qian Hanshu (前漢書) (chap. XXI b, p. 15 r°) considère Xianyuan comme un surnom qui fut donné à Huangdi parce qu’il inventa les vêtements longs (yuan) et le chapeau en forme de char (xian). — Cf. le P. L. Gaillard, Croix et swastika, p. 264-268.
107. On appelle [弱], proprement : faible, tendre, l’enfant qui n’a pas encore soixante-dix jours.
108. Lorsque l’homme prend à vingt ans le bonnet viril, on l’appelle homme fait.
109. Shennong ou Yandi est le dernier des trois souverains d’après Sima Zhen. Voyez plus haut, p. 12 et suiv.
110. Ce passage donne à entendre que Sima Qian, d’accord avec le Guoyu (cf. n. 00.141), considère Shennong et Huangdi comme contemporains. Shennong, frère de Xianyuan, était empereur ; ses parents et ses enfants qui étaient des seigneurs n’obéissaient pas à ses ordres ; Xianyuan se chargea de les ramener au devoir. Plus tard cependant, Shennong fut injuste envers les seigneurs ; alors Xianyuan le combattit, lui enleva le pouvoir et devint lui-même empereur sous le nom de Huangdi.
111. Dans les Rites de Dai l’aîné, au chapitre de l’Emploi des soldats (Dadaili, section 75), on lit que « Chiyou fut un ambitieux sorti du peuple. » Ce texte a une certaine autorité aux yeux des critiques chinois parce que le chapitre d’où il est extrait fut, dit-on, écrit par Confucius pour répondre aux questions du duc Ai de Lu. Cependant, d’après le texte de Sima Qian, il semble que Chiyou n’était pas un homme vulgaire, mais un seigneur. — Zhang Shoujie (張守節), citant un livre intitulé Longyu Hetu, dit :
On voit dans cette légende que le premier écrit sur l’art de la guerre passe pour avoir été communiqué d’une manière surnaturelle à Huangdi.
112. Dadaili : Chap. VII, Wu di de (五帝德).
113. Les cinq influences sont celles des cinq éléments primordiaux.
114. D’après Zheng Xuan (鄭玄) les cinq semences sont celles des cinq céréales, à savoir : le millet glutineux (Panicum miliaceum), le millet commun (Panicum miliaceum, autre variété), une sorte de haricot (Soja hispida), le blé et l’orge, le riz (cf. Breischneider, Botanicon sinicum, n° 335).
115. Ce passage rappelle les beaux vers où Lucrèce nous représente les anciens cherchant à employer dans les combats des animaux furieux (De natur rerum, chant V, vers 1307 et suiv.)
Le fonctionnaire qui, à la cour des anciens souverains chinois, avait la charge de ces animaux de combat, s’appelait le Fu Bushi, c’est-à-dire celui qui soumet ceux qui ne sont pas soumis. Il est mentionné dans le Zhouli chap. XXVIII et XXX, trad. Biot, t. II, p. 147 et 209). — Il n’y a pas lieu de prendre en considération l’explication trop ingénieuse de Zhang Shoujie d’après qui ces noms de bêtes féroces étaient les appellations que Huangdi donnait à ses soldats pour effrayer l’ennemi (cf. aujourd’hui encore les soldats appelés tigres).
116. Les Rites de Dai l’aîné écrivent « l’empereur rouge » au lieu de Yandi. Ce souverain régnait en effet par la vertu du feu, élément auquel correspond la couleur rouge.
117. Banquan, c’est-à-dire la source de la montagne Ban, se trouvait à peu de distance (1 li suivant les uns, 5 li suivant les autres) de Zhuolu qui fut la capitale de Huangdi. Zhuolu était situé au sud de la préfecture secondaire de Baoan, préfecture de Xianhua, province de Zhili. Baoan se trouve en dehors de la première grande muraille au bord d’un des cours d’eau dont la réunion constitue le Yongdinghe.
— La bataille que Huangdi livra dans la plaine de Banquan était célèbre avant le temps de Sima Qian car il y est fait allusion dans le Zuozhuan (cité dans le Tongjian jilan, chap. I, p. 5 r°) ; ainsi, quoique le Shujing et le Shijing' ne fassent pas mention de Huangdi, les légendes relatives à ce souverain sont anciennes.
118. Voyez la note précédente.
119. La montagne Wan était située dans la sous-préfecture actuelle de Linkui, préfecture de Qingzhou, province de Shandong. D’après la géographie Guodizhi', elle s’appelait aussi la montagne Dan, et donnait naissance à la rivière Dan.
120. Le Daizong est la cime orientale du Taishan, dans la préfecture secondaire de Taian, province de Shandong.
121. Il existe deux montagnes appelées Kongtong dans la province de Gansu ; l’une est située à l’est de cette provinee, dans la préfecture de Pingliang ; l’autre est située beaucoup plus à l’ouest, dans la préfecture secondaire de Su non loin de la célèbre passe appelée Jiayuguan. Toutes deux passent pour avoir reçu la visite de Huangdi. Parmi les légendes taoïstes qui se sont accumulées autour du nom de Huangdi, il en est une d’après laquelle ce souverain aurait reçu du sage Guangchengzi les enseignements taoïstes sur la montagne Kongtong : on lira le récit de l’entrevue de Huangdi et de Guangchengzi dans quelques belles pages de Zhuangzi' (chap. XI ; cf. trad. Legge, Sacred Books of the East, t. XXXIX, p. 297-300 ; [trad. Wieger, Les pères ... Tch11C]).
122. . Le mont Jitou, dont le nom signifie tête de coq, paraît être une des cimes du massif appelé Kongtong ; c’est du mont Jitou que sort la rivière Jing mentionnée dans le Tribut de Yu (voyez plus loin Annales fondamentales des Xia).
123. Le Jiang est le Yangzi Jiang.
— Plusieurs montagnes en Chine portent le nom de Xiong ou Xionger (proprement : oreilles d’ours). D’après les indications que nous donne le Guodizhi', celle dont il est ici question devrait se trouver à l’est de la préfecture secondaire de Shang, province de Shanxi. Mais le contexte semble cependant indiquer que cette montagne devait se trouver beaucoup plus dans le sud.
— Quant à la montagne Xiang, elle était dans la sous-préfecture actuelle de Baling, préfecture de Yozhou, province de Hunan ; une devait donc être située sur la rive orientale du lac Dongting.
124. Les Xunyu étaient les nomades qui habitaient les plaines de la Mongolie actuelle. D’après Sima Zhen, on les appelait, au temps de Yao et de Shun, les Rong des montagnes ou les Xunyu ; au temps des Xia, les Shunwei (au début du CXe chapitre des Mémoires historiques, Shunwei est donné par Sima Qian comme le premier ancêtre des Xiongnu) ; au temps des Yin, leur pays était désigné sous le nom de Guifang ; au temps des Zhou, on les appelait les Xianyun ; au temps des Han, les Xiongnu.
— Ces nomades étaient sans doute connus des Chinois sous le nom de celle de leurs tribus qui avait la suprématie et lorsque cette suprématie passait d’une tribu à une autre, le nom par lequel on les désignait tous changeait aussi.
125. La montagne Fu était située dans le voisinage immédiat de Zhuolu (cf. n. 117).
— La vérification des insignes consistait à réclamer à tous les vassaux la tablette qui leur conférait l’investiture et à constater que cette tablette se raccordait exactement avec une autre dont elle n’était qu’un morceau détaché. On verra plus loin que l’empereur Yu passe pour avoir pris une mesure analogue à l’égard des seigneurs.
— S’il faut en croire un passage du Tongmingji de Guo Xian (auteur du 1er siècle de notre ère ; son opuscule est réimprimé dans le Hanwei Congshu, mais je n’ai pas pu y trouver le texte que cite ici Sima Zhen), on devrait donner à cette phrase un tout autre sens : la montagne Fu serait une montagne merveilleuse située dans la mer orientale ; elle émettait une vapeur qui changeait de couleur suivant le souverain qui était appelé à régner ; elle était rouge pour Yao qui régnait par la vertu du feu ; elle était jaune pour Huangdi. La phrase de Sima Qian signifierait donc que Huangdi se rendit sur la montagne Fu afin de vérifier que la vapeur magique était bien de la couleur correspondant à l’élément terre.
126. Cf. n. 117. Zhuolu est ici le nom d’une montagne.
127. Cette phrase semble témoigner d’un ancien État nomade.
128. Cf. n. 00.118.
129. L’achillée est la plante dont les tiges servent à la divination. Il est assez difficile de voir quelle relation il y avait entre le trépied et l’achillée qui sont toujours mentionnés simultanément dans les légendes de Huangdi. Sur les travaux attribués à Huangdi relativement au calendrier, voyez dans le Traité sur les cérémonies feng et shan, les discours tenus par Gongsun Jing à l’empereur Wu (cf. ma première trad. de ce traité, p. 66). — Une tradition rapportée par le Shi Ben dit :
« Huangdi, ayant reçu l’achillée magique, ordonna à Danao de faire le cycle sexagénaire, et à Rongcheng à de dresser le calendrier.
130. Les noms de Feng Hou et de Li Mu ont donné lieu à une légende que Huangfu Mi rapporte dans son Diwang Shiji : Huangdi aurait vu en rêve un grand vent qui balayait toute la poussière, puis un homme qui tenait un arc énorme et gardait des brebis ; il en conclut que le ciel lui désignait ainsi les noms de ceux qu’il devait prendre pour conseillers ; en effet vent se dit feng — et poussière se dit keou ; en retranchant de ce dernier caractère la clef qui se trouve à gauche, on obtient exactement le nom de Feng Hou ; d’autre part, l’arc énorme suggère l’idée de force, li, et le fait de garder les moutons suggère l’idée de berger, mu ; on obtient ainsi le nom de Li Mu. Huangdi n’eut pas de cesse qu’il n’eût trouvé deux hommes répondant à ces noms.
— Nous ne savons rien sur Chang Xian ; quant à Dahong, le Traité sur les cérémonies feng et shan nous apprend que c’était le surnom d’un certain Guiyuju (cf. ma première trad. de ce traité, p. 68).
S’il fallait indiquer l’origine de ces légendes, nous ferions volontiers l’hypothèse qu’elles ont dû naître du désir d’expliquer les titres de certains ouvrages d’une haute antiquité que la croyance populaire rat tachait au cycle littéraire de Huangdi. Ainsi, dans le XXXe chapitre du livre des Han antérieurs, nous voyons cités les treize chapitres du Fenghou, les quinze chapitres du Limu, les trois chapitres du Guiyuju. Le sens de ces titres étant perdu, on imagina d’y voir des noms propres et, pour rendre compte du rapport qui existait entre ces livres et Huangdi, on crut que ces noms propres désignaient des officiers de ce souverain.
131. Dadaili : Chap. VII, Wu di de.
132. La terre et le ciel, l’obscur et le clair, la mort et la vie, le trouble et le calme sont des séries de termes antithétiques qui dérivent de la grande opposition primitive des principes yin et yang.
133. Le mot chen désigne les syzygies de conjonction. Les syzygies de conjonction ont une grande importance dans le calendrier chinois, car elles sont prises comme point de départ dans le calcul des lunaisons. Le premier jour de la lunaison est le jour de la syzygie de conjonction.
134. Il indiqua les lieux où il fallait construire des digues et ceux où il fallait laisser s’échapper l’eau des fleuves ; il détermina les endroits qu’on devait défricher par le feu et ceux où on devait s’en abstenir. Tel est le sens que Zhang Shoujie voit dans la phrase : « Il régla l’usage de l’eau et du feu. »
135. Ce présage fut l’apparition d’un dragon de couleur jaune ; nous avons vu que le nom de Huangdi signifie l’empereur jaune.
136. Le Guoyu (chap. X, p. 10 r°) dit aussi :
« Huangdi eut vingt-cinq fils qui fondèrent des familles ; ceux qui eurent des noms de clans furent au nombre de quatorze répartis entre douze clans qui sont ceux de Ji (姬), You (酉), Qi' (祁)', Ji (己), Teng (滕), Zhen (葴), Ren (任), Xun (荀), Xi (僖), Ji (姞), Jian (儇), Yi (衣).
Mais il est assez malaisé d’établir, d’après le Guoyu, quels sont les quatre fils qui n’ont que deux noms de clans ; en effet le Guoyu dit d’une part que Qingyang (celui qui fut empereur sous le nom de Shaohao) et Yiku eurent tous deux pour nom de clan Ji, et d’autre part il dit que ce même Qingyang et Canglin eurent tous deux pour nom de clan Ji. Ces deux assertions sont contradictoires. Sima Zhen suppose que dans la seconde il faut remplacer Qingyang par Xuanxiao (le grand-père de l’empereur Ku), et dire que Xuanxiao et Canglin eurent tous deux pour nom de famille Ki. Il est vrai que l’explication de Sima Zhen n’est admissible que si l’on accepte, comme lui, la théorie de Huangfu Mi suivant laquelle Xuanxiao et Qingyang sont deux personnages différents ; d’après Sima Qian, ces deux noms s’appliquent à un seul et même homme, comme on va le lire quelques lignes plus bas.
137. Dadaili : Chap. VII, Di 'Xi.
138. Cf. n. 106.
139. Zhang Shoujie : Xiling est le nom d’un royaume.
140. Leizu passe pour avoir enseigné au peuple l’art d’élever les vers à soie. On remarquera que Sima Qian omet les légendes qui rapportent l’invention de tous les arts à l’époque de Huangdi.
141. D’après Sima Zhen, Huangdi, pour imiter les quatre étoiles appelées les Concubines impériales, prit quatre femmes. Huangfu Mi donne leurs noms :
Cette tradition diffère de celle qui est adoptée par Sima Qian, puisque celui-ci nous dit que Leizu enfanta Changyi et Qingyang. Elle diffère aussi de celle du Guoyu suivant lequel Yiku et Canglin sont deux personnages différents, et de celle de Ban Ku qui, dans le chapitre Kujin renbiao du livre des Han antérieurs, dit que Tongyu enfanta Yiku et que Momu'' enfanta Canglin.
142. On verra plus loin que Changyi fut le père de l’empereur Zhuanxu et que Qingyang fut le grand-père de l’empereur Ku. — D’après Huangfu Mi, Qingyang exerça lui-même le pouvoir souverain et fut appelé l’empereur Shaohao (cf. n. 00.102). Mais Sima Qian ne parle pas de cet empereur dans le premier chapitre de son histoire, quoiqu’il en rappelle le nom dans divers autres endroits (cf. Traité sur les sacrifices feng et shan).
143. Sima Zhen, se fondant sur un passage du Shuijing, pense que la rivière Jiang n’est autre que la rivière Lujiang, cours d’eau qui se trouve dans la province de Sichuan.
D’après Zhang Shoujie, la rivière Jiang arrosait l’ancien État de Jiang qui était situé dans la préfecture secondaire de Yu, province de Henan.
144. Le Shuijing zhushi (ch. XXXVI, p. 4 r°) rapporte la même légende. D’après la description que le Shuijing donne de la rivière Ruo, ce cours d’eau aurait passé par la préfecture de Ningyuan, province de Sichuan ; or la rivière qui arrose cette ville se réunit plus au sud, dans le territoire de la préfecture secondaire de Huili, au Yangzi ; mais on sait que les géographes chinois regardent la rivière Min, comme étant le cours principal du Yangzi ; c’est ce qui explique pourquoi le Shuijing considère comme faisant aussi partie de la rivière Jo toute la section du fleuve appelé encore Yangzi par les géographes européens, entre la préfecture secondaire de Huili et la préfecture de Xuzhou.
— Changyi, fils de Huangdi, est tenu pour le premier ancêtre des princes de Shu.
145. Dans d’autres textes, cette femme est appelée Niuchu.
146. Huangfu Mi dit que Huangdi mourut à l’âge de cent onze ans, après avoir régné cent ans. C’est aussi la durée que les chronologies vulgaires assignent au règne de Huangdi. D’après les indications que donne la géographie Guodizhi', la tombe de Huangdi serait située dans la sous-préfecture actuelle de Zhenning, préfecture de Kingyang, province de Gansu.
— Zhenning se trouve sur un petit affluent de gauche de la rivière Wei. — D’après un autre texte, la montagne Qiao serait située plus au nord-est, dans la sous-préfecture de Anding, préfecture de Yan’an, province de Shanxi.
147. Dadaili : Chap. VII, Wu di de.
148. La traduction que nous donnons de cette phrase est conforme au commentaire de Sima Zhen.
— D’après Zhang Shoujie, l’expression Gui shen désignerait, non les âmes des morts, mais les dieux des montagnes et des cours d’eau.
149. Zhang Shoujie : c’est l’arrondissement de You. — L’arrondissement qui portait ce nom à l’époque des Tang se trouvait au sud-est de 'Beijing.
150. Le Jiaozhi correspond au Tonkin actuel.
— Le nom de Jiaozhi est écrit parfois [交止] ; avec cette dernière orthographe, il signifie « doigts du pied croisés ». D’après un auteur annamite cité par M. des Michels (Du sens des mots « Giaoshi » dans le Recueil de textes et de trad. pub. par l’École des langues orientales en 1889, p. 293-297),
« le gros doigt du pied chez les Giaoshi était largement écarté. Lorsqu’ils se tenaient debout en rapprochant leurs deux pieds l’un contre l’autre, les deux orteils se croisaient.
Cette fable est répétée à satiété par les commentateurs chinois. Mais M. des Michels fait remarquer avec raison que les Annamites ne présentent point cette particularité physiologique ; il revient donc à la première orthographe et explique Jiaozhi comme signifiant « le point où les zones frontières des deux pays se joignent ». Cependant on pourra objecter que, si le sens de Jiaozhi est si simple, il est bien surprenant que les Chinois eux-mêmes ne l’aient pas aperçu et qu’ils aient eu recours, pour expliquer cette expression, à la légende des orteils écartés. C’est pourquoi certains auteurs ont pensé que Jiaozhi n’avait aucun sens et n’était qu’une transcription phonétique d’un nom indigène dont on pourrait peut-être retrouver la trace dans la Cattigara de Ptolémée et dans le nom de Kesho qui désignait récemment encore Hanoï (Richthofen, China, t. I, p. 510, n. 2).
— Pour ma part, considérant que le Jiaozhi est appelé Nanjiao = le Jiao du sud, dans le Shujing, je serais disposé à voir dans le mot Jiao seul une transcription phonétique et à prendre le mot Zhi dans son sens ordinaire de « pays au pied d’une montagne » ; ainsi le Tonkin serait appelé soit le Jiao du sud, soit le pays de Jiao qui est au pied des montagnes.
— On remarquera que les limites de l’empire de Zhuanxu sont portées beaucoup plus au sud que celles de l’empire de Huangdi (cf. p. 29 et 30) ; il est évident d’ailleurs que la légende ne repose ici sur aucun fondement réel.
151. Le Liusha ou « sables mouvants » est le nom que prend le désert de Gobi en dehors de la passe appelée Jiayuguan.
152. Le Haiwaijing (partie du Shanhaijing), cité par Pei Yin, dit :
« Dans la mer orientale on trouve une montagne qui s’appelle Dusuo. Sur cette montagne est un grand pêcher (l’arbre Panmu dont il est ici parlé) qui a trois mille li de circonférence. Au nord-est est une porte qui s’appelle la porte des génies ; c’est là que se rassemblent les dix mille génies. L’empereur du ciel en a confié la garde aux hommes divins ; l’un de ceux-ci s’appelle Yujie ; ils passent en revue et gouvernent les dix mille génies. Si un génie fait du mal aux hommes, ils l’enchaînent avec des liens de roseau, tirent sur lui avec des arcs faits en bois de pêcher et le jettent en pâture au tigre.
— Yujie a pour compagnon Tuyu. Ces deux personnages sont considérés aujourd’hui comme les divinités protectrices des portes (cf. China Review, vol. IX, p. 20 ; de Groot, Les fêtes annuelles à Emoui, trad. française, p. 597 et suiv.).
153. Le Shiben appelle ce personnage Qiongshi ; dans le système chronologique de Sima Qian, ce fut l’ancêtre de l’empereur Shun.
154. Huangfu Mi dit que Zhuanxu mourut à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, après avoir régné soixante-dix-huit années. — On montre la tombe de Zhuanxu au nord-est de la sous-préfecture de Hua, préfecture de Weihui, province de Henan (Tongjian jilan, ch. I, p. 12 r°).
155. D’après Zhang Yan, Gaoyang et Gaoxin sont les noms des localités où fleurirent les empereurs Zhuanxu et Ku. — La ville de Gaoyang était située dans la sous-préfecture de Qi , préfecture de Kaifeng, province de Henan ; le village de Gaoxin se trouve dans la sous-préfecture de Shangqiu, préfecture de Guide, province de Henan (Tongjian jilan, ch. I, p. 11 r° et 12 r°).
— D’après Huangfu Mi, le nom personnel de l’empereur Ku était Qun.
156. Huangfu Mi : Il établit sa capitale à Bo.
— Cette ville passe aussi pour avoir été la capitale de Tang, fondateur de la dynastie des Yin ; c’est aujourd’hui la ville de Yanshi, préfecture de Henan, province de Henan.
157. Le mot « neveu » ne rend pas exactement l’expression chinoise. Gaoxin était, à parler exactement, le fils du cousin germain de Zhuanxu.
158. Dadaili : Chap. VII, Wu di de.
159. C’est-à-dire qu’il établit un calendrier pour prévoir l’apparition et la disparition du soleil et de la lune.
160. Zhang Shoujie : les esprits du ciel s’appellent shen : les esprits des hommes s’appellent Gui. — Les puissances surnaturelles que vénérait l’empereur Ku étaient donc les dieux célestes et les génies ou âmes des morts.
161. Dadaili : Chap. VII, Wu di de.
162. Le Shiben (Dixibian, ch. IV dans l’édition du Zhangshi Congshu, p. 7 v°) dit :
163. Zhang Shoujie : Le nom de Fangxun signifie : (celui qui sait) imiter la gloire (de ses ancêtres). — La plupart des commentateurs admettent que ce fut le nom personnel de Yao.
164. L’empereur Zhi n’a trouvé place dans aucun système chronologique ; on voit que Sima Qian le mentionne mais sans le compter au nombre des cinq empereurs ; il en est de même du Tongjian gangmu et du Tongjian jilan qui lui attribuent neuf ans de règne, mais ne le font pas rentrer dans leur liste de souverains ; enfin le Zhushu jinian identifie Zhi avec Shaohao et le place immédiatement après Huangdi ; mais ces Annales n’assignent aucune durée au règne de ce souverain et par conséquent leur série de cinq empereurs reste identique au fond à celle de Sima Qian.