Soir religieux (III)
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- Des villages plaintifs et des champs reposés,
- Voici que s'exhalait, dans la paix vespérale,
- Un soupir doucement triste comme le râle
- D'une vierge qui meurt pâle, les yeux baissés,
- Le cœur en joie et tout au ciel déjà tendante.
- Les vents étaient tombés. Seule encor remuait,
- Là-bas, vers le couchant, dans l'air vide et muet,
- Une cloche d'église à d'autres répondante
- Et qui sonnait, sous sa mante de bronze noir,
- Comme pour un départ funéraire d'escortes,
- Vers des lointains perdus et des régions mortes,
- La souffrance du monde éparse au fond du soir.
- C'était un croisement de voix pauvres et lentes,
- Si triste et deuillant qu'à l'entendre monter,
- Un oiseau quelque part se remit à chanter,
- Très faiblement, parmi les ramilles dolentes,
- Et que les blés, calmant peu à peu leur reflux,
- S'aplanirent - tandis que les forêts songeuses
- Regardaient s'en aller les routes voyageuses,
- A travers les terreaux, vers les doux angelus.