Soir religieux (V)
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- Un silence souffrant pénètre au cœur des choses,
- Les bruits ne remuent plus qu'affaiblis par le soir,
- Et les ombres, quittant les couchants grandioses,
- Descendent, en froc gris, dans les vallons s'asseoir.
- Un grand chemin désert, sans bois et sans chaumières,
- A travers les carrés de seigle et de sainfoin,
- Prolonge en son milieu ses deux noires ornières
- Qui s'en vont et s'en vont infiniment au loin.
- Dans un marais rêveur, où stagne une eau brunie,
- Un dernier rais se pose au sommet des roseaux ;
- Un cri grêle et navré, qui pleure une agonie,
- Sort d'un taillis de saule où nichent des oiseaux ;
- Et voici l'angelus, dont la voix tranquillise
- La douleur qui s'épand sur ce mourant décor,
- Tandis que les grands bras des vieux clochers d'église
- Tendent leur croix de fer par-dessus les champs d'or.