Son nom
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- Le parfum d'un lys pur, l'éclat d'une auréole,
- La dernière rumeur du jour,
- La plainte d'un ami qui s'afflige et console,
- L'adieu mystérieux de l'heure qui s'envole,
- Le doux bruit d'un baiser d'amour,
- L'écharpe aux sept couleurs que l'orage en la nue
- Laisse, comme un trophée, au soleil triomphant,
- L'accent inespéré d'une voix reconnue,
- Le vœu le plus secret d'une vierge ingénue,
- Le premier rêve d'un enfant,
- Le chant d'un chœur lointain, le soupir qu'à l'aurore
- Rendait le fabuleux Memnon,
- Le murmure d'un son qui tremble et s'évapore…
- Tout ce que la pensée a de plus doux encore,
- O lyre ! est moins doux que son nom !
- Prononce-le tout bas, ainsi qu'une prière,
- Mais que dans tous nos chants il résonne à la fois !
- Qu'il soit du temple obscur la secrète lumière !
- Qu'il soit le mot sacré qu'au fond du sanctuaire
- Redit toujours la même voie !
- O mes amis ! avant qu'en paroles de flamme,
- Ma muse, égarant son essor,
- Ose aux noms profanés qu'un vain orgueil proclame,
- Mêler ce chaste nom, que l'amour dans mon âme
- A caché, comme un saint trésor,
- Il faudra que le chant de mes hymnes fidèles
- Soit comme un de ces chants qu'on écoute à genoux
- Et que l'air soit ému de leurs voix solennelles,
- Comme si, secouant ses invisibles ailes,
- Un ange passait près de nous !