Sonnet (Stances et Poèmes, VI)

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Œuvres de Sully Prudhomme
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d. (Poésies 1865-1866 : Stances & Poèmes, p. 184).
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En ce moment, peut-être, un fils de l’Italie
Maudit l’égalité d’un firmament trop pur ;
Il désire la France, où la femme est jolie,
Où le vol du nuage égayé un tiède azur.

Et moi, je suis en France et je songe à Tibur ;
Je hais nos jours troublés, le bruit de notre vie ;
La femme est belle à Rome, et je me meurs d’envie
De fuir nos froids soleils et notre ciel obscur.

Ainsi vont se croisant les vains soupirs des hommes.
Nous nous plaindrons toujours de la place où nous sommes,
Nos pieds ont leur patrie et nos rêves la leur.

La jeune fantaisie est féconde en merveilles,
Mais où l’on doit aimer les peines sont pareilles :
On quitte son pays, on emporte son cœur.

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