Sonnet bouts-rimés

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Théophile GautierPoésies libertines

Sonnet bouts-rimés



Amis, si vous voulez que je trouve un condor,
M’envoyer de Neuilly jusque dans Eckenfoerde
C’est vouloir à coup sûr que ma peine se perde
Car je ne l’aurais pas, même pour son poids d’or.

Je n’entendis jamais la musique de Spohr,
Et comme à Waterloo Cambronne, je dis « merde »
Tout aussi carrément à Spohr qu’à Monteverde,
Et je m’en vais fumer ma pipe sur le port.

Je regarde la mer qui bouillonne et fait rage,
Rêveur, et ruminant au fond de mon cerveau
Le plan de quelque histoire à dénouement nouveau.

Cependant aux marins échappés du naufrage
Des filles, les bras nus et découvrant leurs seins,
Présentent les tarifs de leurs charmes malsains.


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