Sonnet de la petite chérie

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Aux éditions Rieder, 1939 (pp. 124-125).
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SONNET DE LA PETITE CHÉRIE


Ma petite chérie est en tous points exquise.
Je n’imagine rien qui puisse en approcher.
Sa bouche, en s’y posant, ferait vivre un rocher,
Ses yeux dégèleraient la plus âpre banquise.

Elle parle, et voilà l’humanité conquise…
Mais ce n’est rien encore, il faut la voir marcher.
Elle marche, et la Grâce alors va se coucher ;
Qu’elle aille se coucher, ou s’asseoir, à sa guise !


Le galbe de son corps, ai-je besoin, Messieurs,
De vous dire qu’il n’en est rien d’autre, sous les cieux,
Qu’à Vénus elle-même elle en pourrait revendre ?…

Enfin, je ne sais pas, ô mes lecteurs dévots,
Si je me fais ici suffisamment comprendre :
Auprès d’Elle toutes les femmes sont des veaux.

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