Stances (Ronsard)
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- J'ay varié ma vie en devidant la trame
- Que Clothon me filoit entre malade et sain,
- Maintenant la santé se logeoit en mon sein,
- Tantost la maladie extreme fleau de l'ame.
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- La goutte ja vieillard me bourrela les veines,
- Les muscles et les nerfs, execrable douleur,
- Montrant en cent façons par cent diverses peines
- Que l'homme n'est sinon le subject de malheur.
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- L'un meurt en son printemps, l'autre attend la vieillesse,
- Le trespas est tout un, les accidens divers :
- Le vray tresor de l'homme est la verte jeunesse,
- Le reste de nos ans ne sont que des hivers.
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- Pour long temps conserver telle richesse entiere
- Ne force ta nature, ains ensuy la raison,
- Fuy l'amour et le vin, des vices la matiere,
- Grand loyer t'en demeure en la vieille saison.
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- La jeunesse des Dieux aux hommes n'est donnee
- Pour gouspiller sa fleur, ainsi qu'on void fanir
- La rose par le chauld, ainsi mal gouvernee
- La jeunesse s'enfuit sans jamais revenir.
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