Sur un songe
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Georges de Scudéry
- Ô prodige étonnant et difficile à croire,
- Enfin je vois Philis, sans haine, et sans orgueil ;
- Après un long combat, j'emporte la victoire,
- Et l'on voit mon triomphe, au bord de mon cercueil.
- Ses yeux tout rayonnants de splendeur et de gloire,
- Comme un faible nuage ont dissipé mon deuil ;
- De l'orage passé, j'ai perdu la mémoire,
- Et j'ai trouvé le port, où je crus un écueil.
- D'un regard favorable et tout rempli de charmes,
- Cet astre de mes jours vient essuyer mes larmes,
- Et de cette douceur je suis émerveillé :
- Sa froideur se réchauffe à l'ardeur de ma flamme ;
- Elle m'offre son cœur, en recevant mon âme ;
- Mais hélas c'est un songe, et l'on m'a réveillé.