Traduction des Fables de Faërne
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[modifier] Le Corbeau et le Renard (III, 15)
- Sur le haut d’un chêne, un Corbeau
- Tenait dans son bec un fromage ;
- Quel est ce merveilleux Oiseau
- Que je vois sur ce branchage ?
- Dit un Renard : qu’il est grand, qu’il est beau
- Rien n’approche de son plumage ;
- Aux moindres rayons du soleil,
- Il prend mille couleurs d’un éclat sans pareil.
- Aimable Oiseau je vous salue ;
- Si vous charmez l’ouïe aussi bien que la vue,
- Je vous tiens le plus beau des habitants de l’air,
- Sans même en excepter l’oiseau de Jupiter.
- L’Oiseau pipé fit son ramage,
- Et laissa tomber son fromage.
- Corbeau, dit aussitôt le Renard qui le prit,
- Vous avez tout hors de l’esprit.
- Louer en face est une lâche ruse
- Et pour s’y laisser prendre il faut être bien buse.