Traité de dynamique/Épitre
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Monseigneur,
L'accueil favorable que les Savans ont déja fait à ce fruit de mes travaux, m'a inspiré le désir & la confiance de Vous l'offrir. Je souhaiterois l'avoir rendu digne de la postérité, pour faire parvenir jusqu'à elle le seul témoignage que je puisse vous donner de mon attachement & de ma reconnoissance. De toutes les vérités contenues dans cet Ouvrage, la plus précieuse pour moi est l'expression d'un sentiment si noble & si juste. Moins j'ai cherché les bienfaiteurs, moins je dois oublier ceux qui ont voulu être les miens, & les graces dont Sa Majesté m'a honoré, toujours présents à mon coeur, me rapelleront sans cesse ce que je dois au Ministre qui me les a obtenues. Puissent, Monseigneur, les Sciences & les Lettres, fideles à conserver le souvenir de ceux qui les ont aimées, célébrer d'une maniere digne de la France & de Vous tant d'établissemens glorieux à Votre Ministère, qui laisseront à Vos successeurs l'honneur de les faire fleurir! Puissiez-Vous goûter en paix dans votre retraite la consolation que procure la vie privée, de ne point voir de trop près les malheurs des hommes! Tels sont, Monseigneur, les voeux d'un Citoyen à qui Votre prospérité sera toujours chere, & qui se trouve pour la premiere fois à plaindre de la médiocrité de son état, par le désir qu'il auroit de donner plus d'éclat à son hommage. Je suis avec un profond respect,
MONSEIGNEUR,
Votre très-humble & très-obéissant Serviteur D'ALEMBERT.