Trois Essais sur la théorie sexuelle

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Trois Essais sur la théorie sexuelle
1905




« Devant le fait que les penchants pervers étaient largement répandus, l’idée s’imposa à nous que la prédisposition aux perversions était la prédisposition originelle et universelle de la pulsion sexuelle humaine, à partir de laquelle le comportement sexuel normal se développait au cours de la maturation sous l’effet de modifications organiques et d’inhibitions psychiques. Nous espérions dégager la prédisposition originelle dans l’enfance ; parmi les forces qui délimitent l’orientation de la pulsion sexuelle, nous avons mis en évidence la pudeur, le dégoût, la compassion et les constructions sociales de la morale et de l’autorité. C’est ainsi que nous avons été amenés à voir dans chaque déviation fixée de la vie sexuelle normale une part d’inhibition du développement et d’infantilisme. »
S. F.
 


I - LES ABERRATIONS SEXUELLES

1. Déviations par rapport à l’objet sexuel
A. l’inversion
B. Immatures sexuels et animaux pris comme objets sexuels

2. Déviations par rapport au but sexuel
A. Transgressions anatomiques
B. Fixation de buts sexuels préliminaires

3. Généralités concernant l’ensemble des perversions
4. La pulsion sexuelle chez les névrosés
5. Pulsions partielles et zones érogènes
6. Explication de l’apparente prédominance de la sexualité perverse dans les psychonévroses
7. Note sur l’infantilisme de la sexualité
 

 

 


     

    II - LA SEXUALITE INFANTILE

    1. La période de latence sexuelle de l’enfance et ses interruptions
    2. Les manifestations de la sexualité infantile
    3. Le but sexuel de la sexualité infantile
    4. Les manifestations sexuelles masturbatoires
    5. Les recherches sexuelles infantiles
    6. Phases de développement de l’organisation sexuelle
    7. Sources de la sexualité infantile

    III - LES METAPORPHOSES DE LA PUBERTE

    1. Le primat des zones génitales et le plaisir préliminaire
    2. Le problème de l’excitation sexuelle
    3. La théorie de la libido
    4. Différenciation de l’homme et de la femme
    5. La découverte de l’objet

    RECAPITULATION
     

    [..................................................]


         J’accepterai volontiers toute remarque au sujet d'une inexactitude quelconque concernant les écrits,
    et serai enchanté de recevoir par e-mail des résumés d’œuvres de la part de personnes désireuses d’enrichir dicopsy.

   
 
 

 

 

 

 

 

 

 

I - LES ABERRATIONS SEXUELLES

1. Déviations par rapport à l’objet sexuel
A. l’inversion

? Comportement des invertis
- invertis absolus
- invertis amphigènes
- invertis occasionnels

? Interprétation de l’inversion
La première conception de l’inversion a consisté à l’interpréter comme un signe inné de dégénérescence nerveuse.

? Explication de l’inversion
Ni l’hypothèse, selon laquelle l’inversion est innée, ni l’autre, selon laquelle elle est acquise, n’expliquent la nature de l’inversion.

? Recours à la bisexualité
... Il était tentant de transférer cette conception au domaine psychique et de comprendre l’inversion dans ses variantes comme l’expression d’un hermaphrodisme psychique. Mais aucune coïncidence régulière entre l’inversion et les signes psychiques et somatiques de l’hermaphrodisme.
... L’hermaphrodisme psychique gagnerait en consistance si l’inversion de l’objet sexuel était au moins accompagnée d’un inversement parallèle des autres propriétés psychiques, des pulsions et des traits de caractère, conforme à l’évolution caractéristique de l’autre sexe. Malheureusement, on ne peut s’attendre à rencontrer avec quelque régularité cette inversion du caractère que chez les femmes inverties ; chez les hommes, la virilité psychique la plus complète est compatible avec l’inversion.
... Quoi qu’il en soit, deux idées se dégagent de ces discussions : que nous devons tenir compte également d’une prédisposition bisexuelle dans l’inversion, bien que nous ne sachions pas, au-delà de la conformation anatomique, en quoi cette prédisposition consiste ; et qu’il s’agit là de troubles qui touchent la pulsion sexuelle dans son développement.

? Objet sexuel des invertis
... Il ne fait pas de doute qu’un grand nombre d’invertis masculins ont conservé le caractère psychique de la virilité, qu’ils présentent relativement peu de caractères secondaires de l’autre sexe et recherchent en fait dans leur objet sexuel des traits psychiques féminins. S’il en était autrement, on ne comprendrait pas pourquoi les prostitués masculins qui s’offrent aux invertis, copient les femmes...

? But sexuel des invertis
Chez les femmes invertis, comme chez les hommes invertis, les buts sexuels sont variés. Le but sexuel ne peut en aucun cas être désigné de façon uniforme.

? Conclusion
L’expérience des cas considérés comme anormaux nous apprend qu’il existe dans ces cas une soudure entre pulsion sexuelle et objet sexuel, que nous risquons de ne pas voir en raison de l’uniformité de la conformation normale semble porter en elle l’objet. Nous sommes ainsi mis en demeure de relâcher dans nos pensées les liens entre pulsion et objet. Il est probable que la pulsion sexuelle est d’abord indépendante de son objet et que ce ne sont pas davantage les attraits de ce dernier qui déterminent son apparition.

B. Immatures sexuels et animaux pris comme objets sexuels

... Pour des motifs esthétiques, on aimerait pouvoir imputer cette aberration aux malades mentaux, de même que d’autres aberrations graves de la pulsion sexuelle mais cela n’est pas possible...

2. Déviations par rapport au but sexuel
A. Transgressions anatomiques

? Surestimation de l’objet sexuel
L’estimation psychique à laquelle est désiré de la pulsion sexuelle ne se limite que dans les cas les plus rare à ses parties génitales, mais couvre généralement la totalité de son corps, et elle a tendance à englober toutes les sensations qui émanent de l’objet sexuel.

? Usage sexuel des muqueuses des lèvres et de la bouche
... C’est le dégoût qui marque ce but sexuel du sceau de la perversion
? Usage sexuel de l’orifice anal
... C’est le dégoût qui marque ce but sexuel du sceau de la perversion

? Importance des autres régions du corps
? Substitut impropre de l’objet sexuel – Fétichisme
... Cas dans lesquels l’objet sexuel doit répondre à une condition fétichiste pour que le but sexuel soit atteint (telle couleur de cheveux, tel habillement, ou même tels défauts physiques)

B. Fixation de buts sexuels préliminaires

? Apparition de nouveaux objectifs
Toutes les condition externes et internes qui entravent ou éloignent la réalisation du but sexuel normal (impuissance, danger de l’acte sexuel) soutiennent la tendance à s’arrêter aux actes préparatoires.

? Toucher et regarder
 Une certaine quantité d’attouchements est indispensable, tout au moins à l’être humain, pour atteindre le but sexuel normal.
En revanche, le plaisir scopique devient une perversion :
- lorsqu’il se limite exclusivement aux parties génitales
- lorsqu’il est associé au dépassement du dégoût (voyeurs : spectateurs des fonctions excrémentielles)
- lorsqu’il refoule le but sexuel normal, au lieu de le préparer. Ce dernier cas est très répandu chez les exhibitionnistes qui montrent leurs parties génitales afin de pouvoir contempler en retour les parties génitales d’autrui.

? Sadisme et masochisme
... Le sadisme correspondrait alors à une composante agressive de la pulsion sexuelle devenue autonome, hypertrophiée et propulsée par déplacement en position principale.
... L’analyse clinique de cas extrêmes de perversion masochiste met en évidence la collaboration d’un grand nombre de facteurs qui exagèrent et fixent l’attitude sexuelle passive originelle (complexe de castration, sentiment de culpabilité).
... Mais la particularité la plus frappante de cette perversion réside dans le fait que sa forme active et sa forme passive se rencontrent régulièrement de façon conjointe chez la même personne.
 

3. Généralités concernant l’ensemble des perversions
? Variation et maladie
Les médecins...ont eu d’abord tendance, tout comme dans le cas de l’inversion, à les considérer comme des signes de maladie ou de dégénérescence.


         

    ? Le facteur psychique dans les perversions
    L’étude des perversions nous a révélé que la pulsion sexuelle doit lutter contre certaines forces psychiques qui agissent en tant que résistances, parmi lesquelles la pudeur et le dégoût ont émergé avec le plus de netteté. Il est permis de supposer que ces forces participent à la relégation de la pulsion à l’intérieur des limites estimées normales, et, si elles se sont développées plus tôt dans l’individu, avant que la pulsion sexuelle n’ait acquis toute sa vigueur, alors ce sont probablement elles qui auront tracé la voie de son développement.
    Nous avons remarqué ensuite que certaines des perversions examinées ne peuvent être comprises que si l’on admet la convergence des plusieurs motifs. Si elles sont accessibles à l’analyse – à la composition -, il faut qu’elles aient la nature d’un assemblage. Ceci nous indique que la pulsion sexuelle elle-même n’est peut-être pas faite d’une seule pièce, mais qu’elle est assemblée à partir de composantes qui se détachent à nouveau d’elle dans les perversions.

    4. La pulsion sexuelle chez les névrosés

    ? La psychanalyse
    ...Les symptômes sont, ainsi que je l’ai déclaré ailleurs, l’activité sexuelle du malade.
    ... Ces formations de pensées, maintenues, par conséquent, en l’état de l’inconscient, aspirent à une expression proportionnelle à leur valeur d’affect, à une décharge, et la trouvent dans le cas de l’hystérie par le biais du processus de la conversion en phénomènes somatiques – par le biais, précisément, des symptômes hystériques.

    ? Résultats de la psychanalyse
    ... Les symptômes représentent le substitut de tendances qui puisent leur force à la source de la pulsion sexuelle.

    ... Le caractère hystérique dénote : une part de refoulement sexuel qui dépasse la mesure normale ; un accroissement des résistances à la pulsion sexuelle que nous connaissons bien, désormais, sous les noms de pudeur, de dégoût et de morale ; une fuite quasi instinctive devant les préoccupations intellectuelles concernant les problèmes sexuels, laquelle a pour conséquence, dans les cas prononcés, d’entretenir une totale ignorance sexuelle même après que la maturité sexuelle a été atteinte.

    ... Chez une personne disposée à l’hystérie, le facteur déclenchant de la maladie se présente lorsque, en raison de la progression de sa propre maturation ou sous l’effet de circonstance extérieures, elle se trouve sérieusement confrontée aux exigences réelles de la sexualité. Entre la poussée de la pulsion et la résistance opposée par le refus de la sexualité, la maladie s’offre alors comme une issue, qui ne règle pas le conflit, mais qui cherche à y échapper en transformant les tendances libidinales en symptômes.

    ? Névrose et perversion
    ... Les symptômes se forment donc en partie aux dépens d’une sexualité anormale ; la névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion.

    ? Pulsions partielles et zones érogènes
    ... Parmi les psychonévroses, l’importance des zones érogènes comme appareils génitaux secondaires et comme substituts des parties génitales apparaît le plus nettement dans l’hystérie, ce qui ne permet toutefois pas d’affirmer qu’elle soit moindre dans les autres formes d’affection. Elle y est seulement plus difficile à reconnaître, car dans ces cas (névrose obsessionnelle, paranoïa) la formation de symptômes s’accomplit dans les régions de l’appareil psychique qui sont plus éloignées des différents centres du contrôle corporel. Dans la névrose obsessionnelle, c’est l’importance des impulsions qui créent de nouveaux buts sexuels et qui paraissent indépendantes des zones érogènes, qui est la plus frappante. Néanmoins, dans le plaisir de regarder-et-de-s’exhiber, l’oeil correspond à une zone érogène, tandis que, dans le cas de composantes de la pulsion sexuelle comme la douleur et la cruauté, c’est la peau qui tient ce rôle.

    ? Explication de l’apparente prédominance de la sexualité perverse dans les psychonévroses
    ... Il est bien possible, après tout, que la prédisposition constitutionnelle de ces malades implique, en dehors d’un degré excessif de refoulement sexuel et de l’intensité démesurée de leur pulsion sexuelle, un penchant inhabituel à la perversion au sens le plus large du terme.
    ... Chez la plupart des psychonévrosés, la maladie ne se déclare qu’après la puberté, en raison des exigences de la vie sexuelle normale. C’est avant tout contre cette dernière que se dirige le refoulement. Ou bien la maladie survient plus tard, lorsque la satisfaction par la voie normale est refusée à la libido. Dans les deux cas, la libido se comporte comme un fleuve dont le lit principal est obstrué.
    ... Le fait est qu’il nous faut raccorder le refoulement sexuel, en tant que facteur interne, à ces facteurs externe qui, comme la restriction de la liberté, l’inaccessibilité de l’objet sexuel normal, les dangers de l’acte sexuel normal, etc. Font naître des perversions chez des individus qui, sans cela, seraient peut-être restés normaux.

    ? Note sur l’infantilisme de la sexualité
    ... Nous sommes à présent en mesure de conclure qu’il y a en effet quelque chose d’inné à la base des perversions, mais quelque chose que tout les hommes ont en partage et qui, en tant que prédisposition, est susceptible de varier dans son intensité et attend d’être mis en relief par les influences de l’existence.
    ... Puisque la formule selon laquelle les névrosés sont restés à l’état infantile de leur sexualité ou ont été ramenés à cet état commence à se dessiner dans notre esprit, notre intérêt se tournera vers la vie sexuelle de l’enfant et nous aurons à coeur de suivre le jeu des influences qui gouvernent le procès évolutif de la sexualité infantile jusqu’à son aboutissement sous forme de perversion, de névrose ou de vie sexuelle normale.
II – LA SEXUALITE INFANTILE
 

? Négligence de l’infantile
C’est un élément de la conception populaire de la pulsion sexuelle que de croire que celle-ci est absente durant l’enfance et ne s’éveille qu’au cours de la période de la vie désignée par le terme de puberté.

? Amnésie infantile
J’entends par là la singulière amnésie qui dissimule à la plupart des hommes les six ou huit premières années de leur enfance.
>Il ne peut donc en aucun cas s’agir d’une réelle disparition des impressions d’enfance, mais d’une amnésie analogue à celle que nous observons chez les névrosés.> refoulement.
>La sexualité des psychonévrosés a conservé sa situation enfantine ou y a été ramenée.
>Sans amnésie infantile, il n’y aurait pas d’amnésie hystérique.

? La période de latence sexuelle de l’enfance et ses interruptions
Période de la vie sexuelle infantile de l’âge de 5 ans à la préadolescence, au cours de laquelle les acquis de la sexualité infantile sombrent normalement dans le refoulement.

1. Les inhibitions sexuelles
Au cours de la période de latence s’édifient les forces psychiques qui se dresseront plus tard comme des obstacles sur la voie de la pulsion sexuelle et qui telle de réelles digues…
>L’éducation contribue l’édification de ces digues, mais
>En réalité, cette évolution est organiquement déterminée, héréditairement fixée.

2. Formation réactionnelle et sublimation
L’énergie est – intégralement ou en majeure partie – détournée de l’usage sexuel et employée à d’autres fins = sublimation.

3. Interruption de la période de latence
« De temps à autre, on assiste à la percée d’un fragment de manifestation sexuelle qui s’est soustrait à la sublimation ; ou bien il subsiste une activité sexuelle tout au long de la période de latence jusqu’à l’irruption multipliée de la pulsion sexuelle à la puberté. Rq : Les éducateurs de l’époque pensent qu’il s’agit de vices à tort.

? Les manifestations de la sexualité infantile

1. Le suçotement
Apparaît déjà chez le nourrisson et peut se poursuivre jusqu’à la maturité. Finalité alimentaire exclue> Plaisir. Une pulsion d’agrippement apparaît à l’occasion. Beaucoup d’enfants passent par cette voie du suçotement à la masturbation.

2. L’auto-érotisme
Il est important de souligner que la pulsion n’est pas dirigée vers d’autres personnes ; elle se satisfait dans le corps propre de l’individu.

>Tous les enfants ne suçotent pas. Il s’agit pour certains d’une préférence marquée pour la zone labiale. Ils développent par la suite un penchant pour les baisers, ou si ce sont des hommes, auront un sérieux motif pour boire et pour fumer. Mais qu’intervienne le refoulement, et ils ressentiront du dégoût pour la nourriture et produiront des vomissements hystériques.

« Un grand nombre de mes patientes affectées de troubles de l’alimentation, de globus hystérique, de sensations d’étranglement et de vomissements ont été d’énergiques suçoteuses durant leur enfance ».

S.F distingue trois caractères essentiels d’une manifestation sexuelle infantile.
1. L’étayage
Modalité d’intrication des pulsions sexuelles aux pulsions d’autoconservation.
La notion d’étayage intervient aussi dans le choix d’objet
2. Autoérotisme
3. Zone érogène

? Le but sexuel de la sexualité infantile

1. Caractère des zones érogènes
L’enfant qui suçote va à la découverte de son corps et se choisit quelque endroit pour se livrer à la succion voluptueuse, qui, par a force de l’habitude, deviendra ensuite son endroit favori.
>Une capacité de déplacement réapparaît plus tard dans la symptomatologie de l’hystérie. dans cette névrose, le refoulement touche dans la très grande majorité des cas les zones génitales proprement dites, et celles-ci défèrent leur stimulabilité aux autres zones érogènes, habituellement dédaignées dans la vie adulte, qui se comportent alors tout à fait comme des parties génitales.

2. But sexuel infantile
Le but sexuel de la pulsion infantile consiste à provoquer la satisfaction par la stimulation appropriée de la zone érogène qui a été choisie.

? Les manifestations sexuelles masturbatoires

1. Activité de la zone anal
>Les troubles intestinaux, si fréquents au cours des années d’enfance, veillent à ce que cette zone ne manque pas d’excitations intenses.

>La rétention des masses fécales répond initialement à l’intention d’en user comme d’une stimulation quasi masturbatoire de la zone anale ou de s’en servir dans la relation avec la personne qui prend soin de l’enfant, est au demeurant une des racines de la constipation si fréquente chez les névropathes. Toute la signification de la zone anale se reflète enfin dans le fait que l’on ne trouve que peu de névrosés qui n’aient pas leurs pratiques scatologique particulières, leurs cérémonies.

2. Activité des zones génitales
« Il est inévitable que la sensation de plaisir que cet endroit du corps est capable de procurer se fasse déjà sentir chez le nourrisson et éveille le besoin de sa répétition. (lavages, frictions de la toilette et certaines excitations accidentelles (telles que les migrations des parasites intestinaux chez la fille)
 SF distingue 3 phases de la masturbation infantile.
 Phase 1>Le temps de l’allaitement
 Phase 2>Floraison de l’activité sexuelle (vers la quatrième année)
 Phase 3>Onanisme de la puberté.

3. La seconde phase de la masturbation infantile
« On constate que cette période sexuelle est oubliée et que les souvenirs conscients qui en témoignent sont déplacés>amnésie infantile.

4. Retour de la masturbation du nourrisson
Soit sous forme de chatouillement, soit sous forme de pollution. En cette période, la plupart des maladies attribuées à la vessie sont des troubles sexuels.
>Influence de la séduction qui peut être le fait d’adultes ou bien d’autres enfants. Freud parle d’occasions accidentelles externe.

5. Prédisposition perverse polymorphe
Sous l’influence de la séduction, l’enfant peut devenir pervers polymorphe.
A cet égard l’enfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la même prédisposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle-ci peut rester à peu près normale sexuellement, mais, sous la conduite d’un habile séducteur, elle prendra goût à toutes les perversions et en maintiendra l’usage dans son activité sexuelle. Dans son activité professionnelle, la prostituée met à profit la même prédisposition polymorphe et, par conséquent, infantile…

6. Pulsions partielles
Au demeurant, l’influence de la séduction ne nous aide pas à lever le voile sur les débuts de la pulsion sexuelle.
>Telles sont les pulsions, apparaissant de façon relativement indépendante par rapport aux zones érogènes, du plaisir de regarder et de montrer.
»un plaisir incontestable à dénuder son corps en mettant en évidence les parties génitales.
Sous l’influence de la séduction, la perversion scopique peut prendre une grande implortance pour la vie sexuelle de l’enfant.
>Intérêt des petits enfants pour les parties génitales de leurs compagnons de jeu.
»Ces enfants deviennent des voyeurs, d’ardents spectateurs de l’évacuation d’urine ou de matière fécales.
 

 


     

    Le caractère infantile est en général facilement porté à la cruauté, car l’obstacle qui arrête la pulsion d’emprise devant la douleur de l’autre : la capacité de compatir, se forme relativement tard. SF suppose que la motion cruelle provient de la pulsion d’emprise.
    « Les enfants qui se distinguent par leur cruauté particulière envers les animaux et envers leurs camarades, éveillent généralement à juste titre le soupçon d’une activité sexuelle intensive et prématurée… ».

    La stimulation douloureuse de l’épiderme «fessé » >pulsion passive de cruauté.

    ? Les recherches sexuelles infantiles

    1. La pulsion de savoir
    De la troisième année à la cinquième année, >pulsion de savoir ou pulsion de chercheur. Son action correspond d’une part à un aspect sublimé de l’emprise, et d’autre part, elle travaille avec l’énergie du plaisir scopique.

    2. L’énigme du sphinx
    D’où viennent les enfants ? car l’enfant est songeur (l’arrivée d’un nouvel enfant peut l’angoisser). Cette énigme est aussi celle que pose le Sphinx et Thèbes.

    3. Complexe de castration et envie de pénis
    Freud dit que l’hypothèse d’un même organe génital (viril) chez tous les êtres humains est la première des théories sexuelles infantiles.

    Complexe de castration : Il est difficile pour le petit garçon reconnaître (ou de réaliser) qu’il soit possible que les filles n’aient pas de pénis. Il fait alors un complexe de castration.

    Envie de pénis : Les filles au contraire le réalisent parfaitement et n’acceptent pas la différence. Elle succombe donc à l’envie de pénis. Elles se sentent lésées.

    4. Théorie de la naissance
    « on obtient des enfants en mangeant quelque chose de précis ».
    « Les enfants sont mis au monde par l’intestin , évacués par les selles ».

    5. Conception sadique du rapport sexuel
    Le petit enfant est encore incapable de comprendre. Il considère l’acte sexuel comme une sorte de mauvais traitement ou de violence. En outre, les enfants se préoccupent beaucoup de savoir en quoi peut consister le rapport sexuel.

    6. L’échec typique des recherches sexuelles enfantines
    Les efforts des chercheurs restent malgré tout régulièrement infructueux et s’achèvent sur un renoncement qui entraîne souvent une dégradation durable de la pulsion de savoir.

    ? Phases de développement de l’organisation sexuelle

    1. Organisation prégénitales
    « Nous appellerons prégénitales les organisations de la vie sexuelle dans lesquelles les zones génitales n’ont pas encore pris leur rôle prédominant.
    >Une première organisation sexuelle prégénitale de ce genre est l’organisation ORALE. Ou canniblique. Ici l’activité sexuelle n’est pas encore séparée de l’ingestion d’aliments. Le but sexuel réside dans l’incorporation de l’objet.
    >Une deuxième phase prégénitale est celle de l’organisation SADIQUE-ANALE. Ici l’opposition entre deux pôles qui se retrouve partout dans la vie sexuelle est déjà développée, cependant, ils ne méritent pas encore les noms de masculin et de féminin, mais doivent être désignés comme « actif et passif »

    2. Ambivalence
    Cette forme d’organisation peut se maintenir toute la vie.
    L’ensemble des aspirations sexuelles se dirige vers une seule personne, dans laquelle elles cherchent à atteindre leurs buts.

    3. Choix d’objet en deux temps
    2 vagues.
    1>entre 2 et 5 ans, elle se caractérise par la nature infantile de ses buts sexuels.
    2>la puberté. Détermine la confirmation définitive de la vie sexuelle.
    Le choix d’objet de la puberté doit renoncer aux objets infantiles et prendre un nouveau départ en tant que courant sensuel.

    ? Sources de la sexualité infantile

    1. Excitations mécaniques
    Production d’excitation sexuelle au moyen de secousses mécaniques rythmiques imprimées au corps.
    Nous trouvons ainsi une preuve du plaisir engendré par certains ébranlements mécaniques du corps dans le fait que les enfants aiment tant les jeux de mouvement passif, comme lorsqu’on les balance.
    S.F dit que le caractère plaisant des sensations de mouvement fait que les petits garçons veulent souvent devenir conducteur de train, et que si après cela, le refoulement s’y ajoute, ces mêmes personnes réagiront par un état nauséeux au bercement ou au balancement, seront terriblement épuisées par voyage en chemin de fer ou seront sujettes à des accès d’angoisse pendant le trajet.

    2. Activité musculaire
    Une activité musculaire énergique est pour l’enfant un besoin dont la satisfaction lui procure un plaisir extraordinaire.
    Le fait est qu’un bon nombre de personnes rapportent qu’elles ont éprouvé les premiers signes d’excitation dans leurs parties génitales au cours d’empoignades ou de luttes avec leurs compagnons de jeu.

    3. Processus affectifs
    Les excitations liées à l’effroi empiètent sur la sexualité. > Chez l’écolier, la peur d’être interrogé, la tension d’un devoir difficile à résoudre peuvent déterminer l’irruption de manifestations sexuelles. L’enfant peut alors se toucher, ou l’on observe un phénomène de pollution.

    4. Travail intellectuel
    La tension intellectuelle en général entraîne chez de nombreux adolescents et adultes une excitation sexuelle.

    5. Variété des constitutions sexuelles
    Sources indirectes de l’excitation sexuelle qui délivrent en effet des affluents chez tous les individus, mais qui ne sont pas de force égale.

    6. Voies d’influence réciproque
    Toutes les voies de communication, qui, en partant d’autres fonctions, mènent à la sexualité, doivent également être praticable en sens inverse. Si, par exemple, l’occupation commune de la zone labiale par les deux fonctions est la raison pour laquelle l’ingestion d’aliments engendre une satisfaction sexuelle, le même facteur nous permet aussi de comprendre les troubles de l’alimentation qui s’installent lorsque les fonctions érogènes de la zone commune sont perturbées.

    Egalement, puisque nous savons que la concentration de l’attention est susceptible de provoquer une excitation sexuelle, nous pouvons aisément supposer qu’en agissant sur la même voie, mais en sens inverse, l’état d’excitation sexuelle influe sur la disponibilité de l’attention.
III – LES METAMORPHOSES DE LA PUBERTE
 

1. Le primat des zones génitales et le plaisir préliminaire
... Cet appareil doit être mis en action par des stimulations... Ces trois voies aboutissent à un même état que l’on désigne comme « excitation sexuelle »... Celui d’une mise en condition, d’une préparation à l’acte sexuel. (L’érection du membre viril, la lubrification du vagin)

? La tension sexuelle
... Cet attouchement provoque à lui seul un sentiment de plaisir, mais, en même temps, il est plus que tout autre propre à éveiller l’excitation sexuelle, laquelle réclame un supplément de plaisir. Comment le plaisir ressenti peut-il engendrer le besoin d’un plus grand plaisir ? Voilà justement le problème.

? Mécanisme du plaisir préliminaire
... Il ne me semble pas injustifié de fixer par une dénomination cette différence de nature entre le plaisir engendré par l’excitation des zones érogènes et celui qui accompagne l’évacuation des matière sexuelles. Le premier peut être légitimement désigné comme « plaisir préliminaire », par opposition au « plaisir terminal »... La formule de la nouvelle fonction des zones érogènes pourrait dès lors être énoncée ainsi : elles sont destinées à rendre possible, grâce au plaisir préliminaire qui, comme dans la vie infantile, peut en être tiré, la production du plaisir plus grand de la satisfaction.

? Dangers du plaisir préliminaire
Si le plaisir est trop grand, il peut prendre la place du but sexuel normal... Tel est, en fait, le mécanisme de nombreuse perversions qui consistent en un arrêt aux actes préparatoires du processus sexuel.

2. Le problème de l’excitation sexuelle

? Rôle des matières sexuelles
... La décharge des matières sexuelles mettrait fin à l’excitation sexuelle... L’accumulation des matières sexuelles créerait et entretiendrait la tension sexuelle.

? Importance des parties sexuelles internes
Mais l’excitation sexuelle peut être indépendante de la production des matières sexuelles. Ex : les castrats mâle conservent leur libido.

? Théorie chimique
... Nous sommes dès lors en droit de croire que la partie interstitielle des glandes génitales sécrète des substances chimiques particulières qui, recueillies dans la circulation sanguine, font que certaines parties du système nerveux central se chargent de tension sexuelle, sur le modèle de cas analogues que nous connaissons où l’introduction d’autres toxines étrangères au corps donne lieu à la transposition d’une stimulation toxique en stimulation organique spécifique.

3. La théorie de la libido

... Nous nous formons par conséquent la représentation d’un quantum de libido, dont nous appelons le représentant psychique : « libido du moi », et dont la production, l’augmentation ou la diminution, la distribution et le déplacement devraient nous offrir les moyens d’expliquer les phénomènes psychosexuels observés.
... La libido narcissique ou libido du moi nous apparaît comme le grand réservoir d’où sont envoyés les investissements d’objet et dans lequel ils sont à nouveau retirés ; et l’investissement libidinal narcissique du moi comme l’état originel réalisé dans la première enfance, que les émissions ultérieurs de la libido ne font que masquer et qui au fond subsiste derrière elles.
Le but d’une théorie libidinale des troubles névrotiques et psychotiques devrait être d’exprimer tous les phénomènes observés et les processus inférés en termes d’économie libidinale. Il est facile à deviner que les destins de la libido du moi se verront attribuer à cette occasion une importance majeure, surtout lorsqu’il s’agira d’expliquer les troubles psychotiques plus profonds.

4. Différenciation de l’homme et de la femme

On sait que ce n’est qu’à la puberté que s’établit la séparation tranchée des caractères masculin et féminin... L’activité autoérotique (des enfants) est la même pour les deux sexes et, en raison de cette concordance, la possibilité d’une différence des sexes, telle que celle qui se met en place après la puberté, est supprimée pour la durée de l’enfance... Il est même possible de soutenir que la libido est de nature masculine...

? Zones directrices chez l’homme et chez la femme
...Lorsque la stimulabilité érogène a été transférée avec succès du clitoris à l’orifice vaginal, la femme a changé sa zone directrice contre celle qui régit son activité sexuelle ultérieure, alors que l’homme a conservé la sienne depuis l’enfance. Dans cet échange de zone érogènes directrices, de même que dans la vague de refoulement de la puberté qui, pour ainsi dire, met à l’écart la virilité infantile, résident les conditions principales de la disposition de la femme aux névroses, en particulier à l’hystérie. Ces conditions sont donc liées intimement à l’essence de la féminité.

 

 


     

    5. La découverte de l’objet

    ? Objet sexuel de la période d’allaitement
    ... La mère serait probablement effrayée si on lui expliquait qu’avec toutes ses marques de tendresse elle éveille la pulsion sexuelle de son enfant et prépare son intensité future.
    ... Un excès de tendresse parentale sera assurément nuisible en hâtant la maturation sexuelle, et aussi parce qu’il « gâtera » l’enfant, le rendra incapable dans sa vie future de se passer provisoirement d’amour.

    ? Angoisse infantile
    ... L’angoisse des enfants n’est rien d’autre à l’origine que l’expression du fait que la personne aimée leur manque ; de ce fait, ils abordent chaque étranger avec angoisse... seuls les enfants dont la pulsion sexuelle est excessive ou prématurément développée ont un penchant à l’anxiété. L’enfant se comporte à cet égard comme l’adulte en transformant sa libido en angoisse dès lors qu’il est incapable de la mener la satisfaction ; et en revanche, l’adulte devenu névrosé en raison d’une libido insatisfaite, se conduira dans son angoisse comme un enfant, se mettra à éprouver de la crainte dès qu’il sera seul.
    ... Le fait que l’angoisse névrotique naît de la libido, qu’elle est le produit de la transformation de cette dernière et que, par conséquent, elle est à la libido à peu près ce que le vinaigre est au vin, est un des résultats les plus importants de la recherche psychanalytique.

    ? Barrière contre l’inceste
    ... Mais l’ajournement de la maturation sexuelle aura permis de gagner le temps nécessaire pour ériger, à côté des autres inhibitions sexuelles, la barrière contre l’inceste et se pénétrer des préceptes moraux qui excluent expressément du choix d’objet...
    ...il y a des personnes qui n’ont jamais surmonté l’autorité des parents et qui ne leur ont pas retiré la tendresse qu'ils leur vouaient, sinon de manière très imparfaite. Il s’agit pour la plupart de filles, qui, à la joie de leurs parents, persistent bien au-delà de la puberté dans un amour filial absolu ; et c’est là qu’il devient très instructif de constater, une fois que ces filles sont mariées, qu’il leur manque la capacité de donner à leurs maris ce qui leur est dû. Elle deviennent des épouses froides et restent sexuellement anesthésiques.

    Plus on se rapproche des troubles profonds du développement psychosexuel, plus la signification du choix d’objet incestueux apparaît de façon impossible à méconnaître. Chez les psychonévrosés, par suite du refus de la sexualité, un grandes partie ou la totalité de l’activité psychosexuelle déployée pour la découverte de l’objet reste dans l’inconscient. Chez les filles qui ont un besoin excessif de tendresse et une horreur tout aussi grande des exigences réelles de la vie sexuelle, cela aboutit à la tentation irrésistible, d’une part, de réaliser dans leur existence l’idéal de l’amour asexuel et, d’autre part, de dissimuler leur libido derrière une tendresse qu’elles puissent exprimer sans se faire de reproches, en même temps qu’elles conservent, leur vie durant, leur penchant infantile, ravivé à la puberté, pour leur parents ou leurs frères et soeurs.

    ? Effet ultérieur du choix d’objet infantile
    Même celui qui a réussi à éviter la fixation incestueuse de sa libido n’échappe pas totalement à son influence.
    ... Si les relations de l’enfant avec ses parents ont une telle importance pour le choix futur de l’objet sexuel, on comprend facilement que toute perturbation de ces relations de l’enfance ait les conséquences les plus graves sur la vie sexuelle après la maturité ; même la jalousie des amants ne manque jamais d’avoir une racine infantile. Les querelles entre les parents eux-mêmes, leur mariage malheureux déterminent chez leurs enfants la prédisposition la plus grave à des troubles du développement sexuel ou à des affections névrotiques.

    ? Prévention de l’inversion
    En premier lieu, l’inhibition autoritaire qui vient de la société...
    On peut admettre en suite, pour l’homme, que les souvenirs d’enfance relatifs à la tendresse de la mère et d’autres personnes de sexe féminin auxquelles il fut confié enfant, contribuent énergiquement à orienter son choix vers la femme, tandis que l’intimidation sexuelle précoce subie de la part du père et le fait d’être en concurrence avec lui le détournent de son propre sexe.
    ... L’éducation des garçons par des personnes de sexe masculin, ainsi que la moindre participation personnelle des mères aux soins de leurs enfants, permettent de comprendre un peu mieux la fréquence de l’inversion dans la noblesse actuelle.

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