Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants
La bibliothèque libre.
Victor Hugo — Les Contemplations
Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants
Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants
- Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants
- Passer, gonflant ses voiles,
- Un rapide navire enveloppé de vents,
- De vagues et d'étoiles ;
- Et j'entendis, penché sur l'abîme des cieux
- Que l'autre abîme touche,
- Me parler à l'oreille une voix dont mes yeux
- Ne voyaient pas la bouche :
- - Poëte, tu fais bien ! Poëte au triste front,
- Tu rêves près des ondes,
- Et tu tires des mers bien des choses qui sont
- Sous les vagues profondes !
- La mer, c'est le Seigneur, que, misère ou bonheur,
- Tout destin montre et nomme ;
- Le vent, c'est le Seigneur ; l'astre, c'est le Seigneur ;
- Le navire, c'est l'homme. -
-
- Juin 1839.

