Vas unguentatum
La bibliothèque libre.
- Admire la brèche moirée
- Et le ton rose-blanc qu'y met
- La trace encor de mon entrée
- Au paradis de Mahomet.
- Vois, avec un plaisir d'artiste,
- Ô mon vieux regard fatigué
- D'ordinaire à bon droit si triste,
- Ce spectacle opulent et gai,
- Dans un mol écrin de peluche
- Noire aux reflets de cuivre roux
- Qui serpente comme une ruche,
- D'un bijou, le dieu des bijoux,
- Palpitant de sève et de vie
- Et vers l'extase de l'amant
- Essorant la senteur ravie,
- On dirait, à chaque élément.
- Surtout contemple, et puis respire,
- Et finalement baise encor
- Et toujours la gemme en délire,
- Le rubis qui rit, fleur du for
- Intérieur, tout petit frère
- Epris de l'autre et le baisant
- Aussi souvent qu'il le peut faire,
- Comme lui soufflant à présent...
- Mais repose-toi, car tu flambes.
- Aussi, lui, comment s'apaiser,
- Cuisses et ventre, seins et jambes
- Qui ne cessez de l'embraser ?
- Hélas ! voici que son ivresse
- Me gagne et s'en vient embrasser
- Toute ma chair qui se redresse...
- Allons, c'est à recommencer !