Voici le printemps
LE PRINTEMPS
Vous avez beau dire et faire
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- Voici le Printemps !
- Voici le Printemps !
Vous pouvez dans l’atmosphère
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- Mordre à pleines dents.
- Mordre à pleines dents.
« Le printemps — tu vas me dire —
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- À quoi le sens-tu ? »
- À quoi le sens-tu ? »
À quoi ? Voyons, tu veux rire,
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- Ô fleur de vertu !
Mais… à l’air que l’on respire…
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- À je ne sais quoi
- À je ne sais quoi
Qui vous turbule et chavire,
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- Vous tient sous sa loi ;
- Vous tient sous sa loi ;
Agite jusques aux arbres
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- Enfin ravivés
- Enfin ravivés
Et fait palpiter les marbres,
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- Aussi les pavés ;
- Aussi les pavés ;
À cette haleine subtile
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- Qui souffle à la fois
- Qui souffle à la fois
Sur la campagne et la ville,
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- Les monts et les bois…
- Les monts et les bois…
Aux roses qui se souviennent
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- De leur introït,
- De leur introït,
Aux oiseaux qui nous reviennent
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- Et qui font : pi ouitt…
- Et qui font : pi ouitt…
À l’eau qui court moins frigide…
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- Aux sveltes jets d’eau
- Aux sveltes jets d’eau
Dardant leurs pistils rigides
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- Qui faisaient dodo.
- Qui faisaient dodo.
Voire, même à cette pluie
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- Qui point ne dépleut,
- Qui point ne dépleut,
À ce vilain temps de truie
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- Vraiment scandaleux…
Après tout, tant mieux qu’il pleuve,
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- La pluie en Avril
- La pluie en Avril
Précipite comme un fleuve
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- Le vin en baril.
- Le vin en baril.
Je vois le Printemps encore
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- Aux agissements
- Aux agissements
De la plus humble pécore,
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- Aux cœurs plus cléments…
- Aux cœurs plus cléments…
Mignonne, sois équitable :
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- Te semble-t-il pas
- Te semble-t-il pas
Que le monde est plus affable ?
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- Et qu’à chaque pas
- Et qu’à chaque pas
Malgré ces jours prosaïques,
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- Tu culbutes sur
- Tu culbutes sur
Des êtres plus héroïques ?
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- C’est le Printemps, sûr !
- C’est le Printemps, sûr !
Déjà le poète muse
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- Prêt à nous raser
- Prêt à nous raser
Sur sa guitare, et sa Muse
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- Lui donne un baiser.
- Lui donne un baiser.
Toi, ma petite folie,
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- Pourquoi le nier ?
- Pourquoi le nier ?
Tu es cent fois plus jolie
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- Que l’hiver dernier.
Quant à moi, poire tapée,
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- Je le dis tout bas,
- Je le dis tout bas,
C’est mon oreille coupée,
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- Ne la vois-tu pas
- Ne la vois-tu pas
Qui non seulement repousse
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- Mais — grâce au Printemps —
- Mais — grâce au Printemps —
Grandir chaque jour d’un pouce :
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- C’est inquiétant !…
- C’est inquiétant !…