Voyage aux Indes orientales et à la Chine T2 L5 chap2

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§. II.
DES OISEAUX.

Je suivrai, dans les descriptions des Oiseaux que je vais donner, les principes de M. Brisson, le plus moderne des Auteurs qui ont traité des caractères distinctifs des Oiseaux. Son Ornithologie est d’ailleurs la plus complette, la plus exacte & la plus étendue qui ait été publiée ; je changerai seulement dans les ordres qu’il a établis, les genres du coq & des perdrix, que je placerai avant celui des pigeons, cet ordre paroissant plus naturel.

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Le Coq & la Poule sauvages.

Quoique l’espèce du Coq & de la Poule domestiques soit très-anciennement connue, que les variétés en soient très-nombreuses, qu’on les trouve dans la plupart des pays de l’ancien continent, & dans beaucoup de contrées du nouveau monde, il n’en est pas moins vrai que nous ignorons encore quelle terre a la première donné naissance à ces oiseaux, & les nourrit encore aujourd’hui dans l’état de liberté. Ce qu’on trouve à cet égard dans les Auteurs qui ont écrit sur l’Histoire Naturelle & dans les Voyageurs, est plein d'incertitude, n’offre pas les détails & les preuves nécéssaires & ne suffit pas pour qu’on puisse s’y arrêter. [ page ]Dampier (a[1]) parle des Coqs sauvages qu’il dit avoir vus aux îles de Pulo-Condor, à Timor & à San-Yago : ces Coqs, suivant son rapport, sont de la grosseur de nos corneilles, & leur chant semblable à celui de nos coqs de basse-cour, est seulement plus aigu. Mais Dampier n’avoit pas fait une étude particulière de l’Histoire Naturelle, il n’a pas donné de l'oiseau qu’il a observé, une description détaillée ; on ne peut d’après ce qu’il en dit, le comparer avec le Coq domestique, & juger de l’identité ou de la différence de leur espéce.

Gemelli Careri dit avoir apperçu des Coqs sauvages aux Philippines ; Mérolla prétend en avoir vu dans le royaume de Congo ; M. de Sonini qui a voyagé à la Guiane a, dit-il, entendu dans les forêts de cette vaste contrée, un chant semblable à celui de nos Coqs ; il a vu de loin les oiseaux qui le font entendre, il leur a trouvé de la ressemblance avec nos coqs, & il leur a apperçu une crête charnue sur la tête, & deux appendices aussi charnues sous la partie inférieure du bec vers sa base ; mais il n’a vu ces oiseaux que de loin, il n’a pu avoir en sa possession aucun individu de leur espéce ; il n’en a donc jugé que d’une manière absolument conjecturale : cependant cette observation seroit d’autant plus intéressante, que les premiers Auteurs qui ont écrit sur l’Amérique, s’accordent à assurer qu’il n’y avoit point de Coqs dans ce vaste continent, avant sa découverte. Coréal avance comme certain, que les poules ont été apportées au Brésil par les Espagnols, & il donne de cette assertion une preuve bien forte ; c’est que les Brasiliens eurent [ page ]d'abord horreur de la chair des poules, ôc qu'ils regardèrent les œufs comme un poifon. Cependant la plupart des oiiâaux font les mêmes au Bréfil ôc à la Guianne, ôc il neft guère probable que les poules renfermées dans cette dernière con¬ trée, ne fe fuiïent pas répandues dans le Bréfil où elles auroient été connues des habkans. Ainfi les Coqs dont parle M. de Sonini, ne font pas de Fefpèce de cet oifeau, ou ils tirent leur origine des Coqs domeftiques qui y ont été tranfportés, & font devenus fauvages dans la fuite.

L'obfervation de M. de Sonini ne peut donc, ainfi que celles de ceux qui Font précédé, fixer nos idées fur le pays d'où le Coq & la Poule tirent leur origine. Serai-je à cet égard plus heureux que tous les autres voyageurs ? Les oifeaux mâles ôc femelles que j'ai rapportés de FInde, que j'ai trouvé libres ôc fauvages dans les forêts, font-ils en effet, Fun un Coq ôc l'au¬ tre une Poule, ôc ces oifeaux doivent-ils être regardés comme la touche primitive du Coq ôc de la Poule domeftiques ? C'efl par la defcription exaâe de ces oifeaux, par leur comparaifon détaillée avec ceux auxquels je les "ai jugé femblables, & dont je les ai cru la touche primitive, que je dois fatisfaire à cette double queftion. IP s'agit d'abord de décider fi les oifeaux dont j'entreprens la defcription, font lun un Coq & l'autre une Poule.

Suivant M. Briffon, les caraâères du Coq font devoir quatre doigts dénués de membranes, trois devant, un derrière, tous féparés environ jutqu'a leur origine.

Les jambes couvertes de plumes jufqu'au talon, le bec en cône courbé.

Deux membranes charnues, longitudinales, pendantes sous la gorge. [ page ]Une crête membraneuse sur le front.

A ces caractères principaux, M. Brisson ajoute que le Coq & la Poule portent la queue droite ; je dirois plutôt verticale & un peu inclinée en arrière, expression qui donneroit, ce me semble une idée plus exacte de la position de la partie dont il s'agit. Le même Auteur ajoute que la queue est composée de quatorze plumes, dont sept sont inclinées d'un côté, & sept de l'autre de façon qu'elles forment ensemble un angle très-aigu : cette direction des plumes de la queue, remarque M. Brisson est particulière aux oifeaux de ce genre, & ne convient à aucun autre oiseau connu. Enfin les ailes du Coq & de la Poule sont courtes & ne passent pas l'origine de la queue : les mâles ont à chaque pied un ergot qui devient quelquefois très-long.

Suivant M. Linné, qui ne donne pas des caractères aussi détaillés que M. Brisson, ceux des gallinacés en général sont:

Rostrum-Conico-incurvum : maxillâ superiore imbricatâ : & en particulier par rapport au Coq :

Frons cristâ membranaceâ longitudinali.

Criftœ pakarium membralfacece, binœ longitudinales.

On peut ajouter aux caractères que je viens de rapporter d'après MM. Brinbn & Linné, plufieurs obfervarions citées par M. de Buffon, telles que les fùivantes : les deux plumes du milieu de la queue font beaucoup plus longues que les autres dans le Coq, ôc fe recourbent en arc. Les plumes du col & du croupion font longues ôc étroites.

En fe rappellant les caractères indiqués par les Auteurs les plus célèbres, comme diftmâifs du Coq & de la Poule 'ôc les cherchant furies oifeaux qui nous occupent, on les y trouve [ page ]tous réunis, & leur genre est par conséquent determiné : il est vrai que la Poule n’a ni crête sur le front, ni appendices membraneuses sous le bec ; mais j’examinerai en la décrivant en particulier, si c’est une raison de ne la pas regarder comme une véritable Poule.

Après l’examen & la recherche des caractères génériques, si l’on continue d’observer en détail ces deux oiseaux , on trouvera au Coq, de même qu’à la Poule, 1° que leurs aîles ne s’étendent pas au-delà de l’origine de la queue ; 2° que leurs pieds sont conformés de la même manière que dans ces oiseaux domestiques, 3° que dans le Coq les deux plumes du milieu sont plus longues que les autres, & se recourbent en arc ; 4° que les plumes du col & du croupion sont longues & étroites.

On ne peut donc douter que ces deux oiseaux ne soient un Coq & une Poule, puisqu’ils en réunissent les caractères distinctifs, tant ceux qui peuvent être regardés comme particuliers & propres à ce genre, que ceux qui lui conviennent plus généralement ; mais cette première question étant résolue, le Coq & la Poule que je viens de reconnoître pour tels, doivent-ils être regardés comme la touche primitive de cette famille, & peut-on assurer que les variétés du Coq & de la Poule domestiques tirent d’eux leur origine ?

Avant que de répondre à cette seconde question, je ferai la description détaillée des deux oiseaux, afin que la comparaison de leurs différentes parties avec celles du Coq & de la Poule domestiques, & des variétés de cette espéce, concoure à la solution de la question.

Le Coq a de l’extrémité supérieure du bec à celle de la queue abaissée & étendue, deux pieds quatre pouces.

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[ page ]Son bec a quinze lignes de l’extrémité supérieure à l’angle

Pl. XCIV.

qu’il forme en s’ouvrant, & un pouce du même angle à la pointe de la partie inférieure.

La jambe a cinq pouces de longueur mesurée du genou à l’extrémité de l’ongle du milieu ; ce doigt en comprenant l'ongle, est de deux pouces cinq lignes de long, l’ergot d'un pouce quatre lignes.

La grosseur du corps, que je ne peux déterminer au juste, & qui varie dans les différens individus, est d’un tiers environ moindre que dans le Coq domestique commun.

Le bec est formé en cône, courbé à son extrémité supérieure ; il est de couleur de corne, & parfaitement semblable en tous points au bec du Coq commun.

Le dessus de la tête est orné d’une crête déprimée sur les côtés, applade, feftonnée ou découpée à fa partie fupérieure ; elle prend ton origine à la bafe du bec, & s agrandit en fe portant en arrière ; elle adhère à la partie fupérieure du crâne, & flotte en arrière au-defius de Focciput quelle déborde, fa forme eft à-peu-près celle dune faulx renverfée; elle eft d'un rouge vif dans ranimai vivant.

Aux deux côtés de la partie inférieure du bec sont placées deux appendices membraneufes de la même couleur que la crête, dune forme à-peu-près triangulaire, & telles qu'on en voit aux mêmes endroits dans le Coq commun.

Les joues, les côtés & le deffous de la gorge font nues & dégarnies de plumes, ainfi quune ligne longitudinale fur le sommet de la tête, entre la crête & l'œil. Ces parties nues sont d'un rouge pâle ou de couleur de chair dans l’oiseau vivant. [ page ]De chaque coté de la tête, au-dessous de l’œil, est une tâche de couleur de perle, de la grandeur & de la forme de l’ongle du petit doigt humain : elle est formée par des plumes courtes pressées à côté les unes des autres, dont les barbes sont désunies, & se portent latéralement de devant en arrière, & couvrent le méatauditif.

Les jambes font, comme dans le Coq commun, dégarnies de plumes jufqu’au genou, couvertes d'écailles, d'une couleur grisâtre terne, les ongles & l’ergot font noirâtres, l'ergot eft formé en cône aiongé, de fubftance cornée, terminé en pointe aiguë, & placé de façon que faifànt angle avec la jambe, il se dirige vers le haut de sa base à sa pointe.

Les plumes du sommet de la tête, celles du col par devant & fur les côtés, sont longues & étroites ; elles deviennent plus longues, félon qu'elles font placées plus bas. Lorfque le col eft plié & dans l’êtat naturel, elles sont flottantes sur le dos & sur l’origine des aîles.

Ces plumes font applaties ; leurs barbes font douées au toucher, désunies, d’égale longueur de chaque côté.

Le tuyau est gros, très-exprimé & sensible à la vue dans la longueur de la plume, jusqu’à quelques lignes de son extrémité, ce qui fait que chaque plume paroît rayée longitudinalement à son centre ; à l’origine, cette raie est grise, au milieu elle est noire, & un peu avant l’extrémité de la queue, elle devient blanche.

Ces différentes nuances du tuyau dans sa longueur, se retrouvent sur les barbes, mais différemment disposées.

A l’origine de la plume jusqu'au tiers de sa longueur environ, les barbes sont d’un gris sale blanchâtre. [ page ]Au milieu de la plume, à l'endroit où le tuyau eft noir, les barbes le font auiïi du côté du tuyau, ôc leur bord ou limbe eft blanchâtre. Elles font colorées de même au-defïbus ôc laté¬ ralement: à la portion du tuyau qui eft blanche. Mais ce qui mérite une attention plus particulière , c'eft que chaque plume eft terminée par un épanouiflement oblong , arrondi fur tes bords, qui forme à Fextrémité de chaque plume une tache oblongue, luttante, blanchâtre ou de couleur de perle en plus grande partie , ôc d'un jaune roux , brillant à fa pointe : cet appendice a Fafpea , le poli , le brillant ôc le toucher d'une lame cartilagineufe très-mince ^cependant fi on Fexamme attentivement, en foulevant la plume ôc re¬ gardant en -face du jour, on voit que cet appendice eft bordé dans ton contour par une frange compofée de Fextrémité des barbes de la plume, & quil neréfulte que de 1 union de ces barbes, plus intime qu'elle n'a coutume de Fêçre dans les plu¬ mes ordinaires. Cette conformation eft la même que celle d'appendices pareilles à quelques plumes de Faîle dans le Jafeur de Bohême, j*ai trouvé de femblables appendices aux plumes du col du pigeon Hollandais de Hle de France, que je décris ci-après. Le deflbus de ces plumes que je viens de décrire, ne diffère du denus que par des nuances moins fortes. - Les plumes qui couvrent le dos jufqu'aux couvertures de la queue, font longues & étroites ; leur plus grande largeur eft vers le milieu de leur longueur; elles vont enfuite en fe rétréciffant de chaque côté , & fe terminent en pointe arrondie. Leurs barbes défuntes d'abord, & formant duvet à l'origine du tuyau , fe réuniffent vers la moitié de fa

[ page ]longueur, & s’engrènent les unes dans les autres, à la manière ordinaire. Ces plumes sont traversées dans leur longueur par une raie longitudinale blanche, cette raie est accompagnée de chaque côté d'une raie noire, bordée d’un limbe blanchâtre ; très-étroit, le duvet de ces mêmes plumes est d’un gris sale.

Les plumes qui couvrent le bas du col en-devant, le haut de la poitrine, les côtés & les cuisses sont formées & colorées comme les plumes du dos, avec ces deux différences que les plumes de la cuisse sont proportionnellement plus larges & moins longues, & celles des côtés plus larges. Il faut encore remarquer que celles qui répondent à la pointe du sternum de l’un & l’autre côté, sont rousses dans le dernier tiers de leur longueur, & qu’on retrouve sur ces plumes ce lustre & cette apparence d’un cartilage mince que j’ai observé à l’extrémité des plumes du col.

Les plumes qui couvrent l’extrémité du ventre & celles du dessous de la queue, ne sont qu’un duvet semblable à celui que portent les Coqs communs aux mêmes parties; ce duvet dans le Coq sauvage est mêlé de blanc, de noir & de gris terne.

Les aîles se terminent à l’origine de la queue. Les grandes plumes sont d’un noir terne & n’offrent rien de particulier dans leur conformation. Celles qui couvrent le pli de l’aîle ou les petites couvertures, sont longues, étroites, rayées & colorées comme les plumes du dos, mais plus petites dans toutes leurs dimensions.

Les grandes couvertures des aîles sont longues & étroites , roides & lustrées à leur extrémité, qui est fortement teinte d’un roux glacé de marron. Ces plumes sont disposées de façon que se couvrant en partie les unes les autres, elles ne laissent apper [ page ]que la portion de la plume qui est rousse; celle qui est cachée, eftrayée de blanc dans son milieu, de noir fur les côtés, & accompagnée à ton origine dun duvet grisâtre.

Les couleurs & la difpofition des grandes & des petites cou¬ vertures de l'aile, la font paroître vers ton pli, rayée de noir & de blanc, & couverte au-deffous de l'endroit où elle s'attache au corps dune plaque rounè, luftrée, glacée de marron. Il faut noter encore que les grandes couvertures des aîles font comme ftriées tranfverfalement.

Les couvertures de la queue font longues, flottantes, d'un violet foncé, chatoyantes & donnant des reflets comme l'acier bruni; ces plumes ou plutôt leurs barbes, forment à leur origine un duvet très-doux au toucher, Enfin la queue eft compofée de quatorze plumes féparées en deux portions inclinées lune vers l'autre, formant un angle aigu. Les deux plumes du milieu plus longues que les autres forment un arc, dont la convexité eft tournée du côté du corps de l'oiseau.

Si après avoir décrit le Coq sauvâge, je le compare au Coq domestique, je trouverai entre eux une conformité exacte dans les parties dont les Naturalistes ont tiré les caractères génériques de cet oiseau. Mais comme j'ai traité cet objet au commencement de cet article, & qu'on en peut juger d'aprèslâ defcnption que je viens de faire, fans m'arrêter davantage à comparer le Coq sauvâge & le Coq domestique relativement aux pâmes caracléristiques de leur genre , je vais enayer de les comparer dans des parties qui, quoique moins intéressantes, peuvent concourir à faire reconnoître l'identité ou la difparité defpèce. Les parties dégarnies de plumes, tant fur [ page ]le sommet de la tête que sur ses côtés & sous la gorge, sont proportionnellement plus étendues dans le Coq fauvage que dans le Coq de basse-cour ou le Coq villageois ; c'est sur-tout celui-ci que je prendrai pour sujet de comparaison, parce que vivant plus en liberté, il est probable que ton espéce est moins altérée. Les mêmes parties qui sont nues dans le Coq sauvage, le sont aussi dans le Coq de basse-cour, elles le sont encore dans plusieurs races ou variétés, telles que celles du Coq nain ou Anglais , du Coq à plumes de soie, &c. On retrouve donc dans le Coq de basse-cour & dans plusieurs races, la même disposition par rapport à la nudité des parties de la tête qui s'observe dans le Coq sauvage ; la plus grande étendue de ces parties dans ce dernier, ne paroît qu'une différence très- légère, & qui n'en indique pas une fuffifante pour ifoler cette efpéce.

Les plumes courtes, roides, à barbes désunies, réfléchies de bas en haut, qui couvre le méatauditif & forment de chaque côté de la tête du Coq fauvage une tache à-peu-près ovale , grisâtre ou de couleur de perle, se retrouvent dans le Coq de basse-cour, ont la même structure, sont disposées de même, & forment une semblable tache de chaque côté. Ces plumes, dont la structure, la disposition, sont plus importantes que celles des autres plumes, parce que celles-ci influent sur une organe très-intéressant, offrent dans toutes les races le même méchanisme, & se retrouvent dans toutes les variétés, avec cette différence seule, que dans quelques races elles sont cachées sous d'autres plumes qui les couvrent, en débordant les parties voisines.

Les plumes du col sont longues, étroites, lustrées & flot [ page ]tantes dans toutes les races ; mais ces plumes semblent au premier aspect offrir quelque chose de particulier dans le Coq sauvage ; je veux parler de l’appendice presque cartilagineux qui termine ces plumes. Cependant si l’on examine les choses de près, on reconnoît aisément que cette apparence carrilagineuse, n’est due dans le Coq sauvage qu’au rapprochement, à l’union intime & au collement des barbes à leur extrémité, on observe d’ailleurs dans le Coq de basse-cour & dans toutes les races quelque chose de très-analogue, & l’on voit qu’au même endroit la plume est plus serrée , plus lustrée, qu’il n’y a de différence que dans une adhésion plus grande des barbes les unes avec les autres ; cette différence qui avoit d’abord paru frappante, s’évanouit donc par un examen ultérieur, & devient au contraire un trait de ressemblance & un sujet de rapprochement.

La même différence fe préfente à Fégard des grandes couvertures des aîles, & l'examen attentif nous conduit au même résultat, & au même rapprochement ; on en trouve même un frappant en faisant cet examen entre le Coq fauvage & celui de basse-cour ou de village, car la couleur ordinaire des grandes couvertures des aîles dans ce dernier, est d’un roux glacé de marron, qui est aussi la couleur des mêmes plumes dans le Coq sauvage, & ces plumes forment sur les aîles dans les deux races que nous comparons, une large plaque de même couleur, & les plumes qui la composent sont conformées à-peu-près d’égale manière.

Quant à la ressemblance entre les couvertures du dessus & du dessous de la queue, & les plumes dont la queue est composée, elle est si parfaite entre le Coq sauvage & celui de basse- [ page ]cour, qu’on n’apperçoit pas à cet égard la plus légère différence entre ces deux oiseaux. On trouve donc entre eux une parfaite ressemblance dans les parties caractéristiques du genre, & l’on en trouve encore une très-frappante dans la disposition & la structure même des plumes, preuves bien fortes de l’identité des espèces.

Quant aux nuances du plumage, je ne m’arrêterai point à les comparer, puisque l’on fait que variables à l’infini par l’influence des climats, par l’âge & les différentes circonstances de la vie, elles sont absolument insuffisantes pour servir à distinguer & faire reconnoître les oiseaux.

Après avoir décrit le Coq sauvage, & l’avoir comparé avec celui de basse-cour, tant aux parties caractéristiques du genre, qu’à la conformation & à la disposition des plumes, je décrirai la Poule.

Pl. XCV.

Elle est d’un tiers plus petite que son mâle ; cette différence dans la grandeur est à-peu-près la même dans toutes les races entre la Poule & le Coq.

La Poule fauvage, ainsi que son mâle, a tous les caractères propres à ce genre d’oiseau, à un seul près qui lui manque, c’est la crête & les appendices membraneuses sous le bec. Cette différence, je l’avoue, paroît forte ; mais suffit-elle pour établir une distinction réelle ? je crois qu’on sera peu porté à le penser, lorsqu’on fera attention qu’il y a à cet égard les plus étonnantes variétés entre toutes les races, & même entre les individus d’une même race. En effet, il y a des races de Coqs & de Poules, telles que les huppées, dans lesquelles le mâle & la femelle n’ont ni crête ni appendices sous le bec : dans d’autres races,telle que celle du Coq de basse-cour, le mâle a

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[ page ]quelquefois une crête & des appendices d'une excessive grandeur, tandis que ses femelles ont ces parties charnue, mal prononcées. Ces différences n’en établissent cependant point à nos yeux entre les races & les individus, parce que nous sommes bien convaincus & bien certains de leur identité. La même différence doit-elle nous porter à en établir entre la Poule sauvage & la Poule domestique, parfaitement semblables d'ailleurs ? Toute difficulté seroit levée, si, comme des personnes dignes de foi, & qui vivent à la campagne, me l’ont assuré, il y a des Poules villageoises absolument privées de crête & d’appendices; ce que je n’ose assurer, ne 1’ayant pu vérifier moi-même : mais ces Poules villageoises sont au moins celles qui ont en général une crête & des appendices plus petites ; par ce trait même , qui paroissoit d’abord différentiel, elles se rapprochent davantage de la Poule sauvage.

Le dessus de la tête, le commencement du col en-arrière sont couverts de plumes courtes, étroites, grisâtres. Les joues & le dessous de la gorge, sont blanchâtres , & ces parties nues dans le Coq, sont couvertes dans la Poule de plumes très-petites & peu nombreuses.

Les plumes du col en-arrière sont brunâtres , rayées longitudinalement dans leur milieu de roux blanc.

Les plumes du col en-devant, celles qui couvrent le sternum, & le ventre, sont brunes, rayées longitudinalement de blanc sale dans leur milieu.

Les plumes qui couvrent les côtés ou les flancs sont grises.

Celles du dos sont d'un brun clair teintées de gris, & le tuyau forme dans la longueur de ces plumes, une raie longitudinale très-étroite, d'un roux lavé. Les petites & les gran [ page ]des couvertures des aîles, offrent les mêmes couleurs & la même raie.

Les grandes plumes de l'aile sont noirâtres du côté interne, brunâtres & pointillées de gris du côté externe.

Les plumes de la queue font grisâtres.

Enfin les jambes & les doigts sont couverts d'écailles grifes. On voit à la place où est l'ergot dans le mâle, un bouton peu saillant.

Il est aisé de remarquer d'après la description que je viens de faire, que les couleurs de la Poule sauvage sont celles qui font les plus ordinaires & les plus communes sur le plumage de la Poule de basse-cour.

Ainsi je crois avoir suffisamment prouvé que ces deux oiseaux sont du même genre que le Coq & la Poule domestiues, les traits de ressemblance dans la fabrique, la disposition & le coloris même du plumage, observé entre le Coq sauvage & celui de basse-cour, le villageois sur-tout ; la conformité de coloris entre le plumage de la Poule sauvage & celui de la Poule villageoise, la petitesse de la crête et des appendices membraneuses de celle-ci, l'absence de ces parties dans la Poule sauvage, offrent des rapprochemens & des traits de ressemblance bien frappans. Si à cette ressemblance entre le Coq & la Poule fauvage & les mêmes oiseaux domestiques, on ajoute la nécessité d'une souche primitive, passée de l'état de liberté à celui de domesticité, l'ignorance où l'on a été jusqu'à présent sur l'espéce qui constitue cette souche primitive, les recherches infructueuses des Voyageurs qui ont parcourus toutes les autres contrées, & le lieu où cette espèce a été rencontrée, je crois qu'il paroîtra très-probable que le Coq & la Poule sauvages trouvés libres dans les forêts de l'Inde, sont la touche primitive de toutes les races & variétés de ces oiseaux [ page ]si anciennement connus, si altérés, si changés par le laps de tems, par l'influence des climats, par la différence de la nourriture, & sur-tout par une esclavage dont la durée remonte aux siècles les plus reculés.

Mon opinion est encore appuyée sur cette croyance, que l'Inde a été la première terre habitée ; que c'est aux Indes que les hommes établis par la fuite dans des climats moins heureux, sont venus anciennement chercher les connoissances dont ils avoient besoin ; car, ou les peuples de l'Inde dans leurs premières émigrations ont transporté avec eux un oiseau si utile, ou les Voyageurs l'ont par la suite rapporté de ce climat dans celui qu'ils habitoient.

Je sais que des Savans dont le sentiment est d'un grand poids, ne conviennent pas aujourd'hui de l'antériorité de l'Inde, comme berceau des hommes & de leurs connoissances. Mais même en admettant leur opinion, les révolutions sur lesquelles ils se fondent sont si anciennes, que par rapport à nous, il n'en est pas moins vrai que l'Inde est la partie de l'ancien continent la plus heureusement située, celle qui par cette raifon a dû être la plus anciennement peuplée, & d'où les habitans des autres contrées ont tiré la plus grande partie de leurs connoiffances, & même des productions qui leur sont utiles. Ainsi l'histoire du Coq & de la Poule sauvages, s'il est en effet probable qu'ils soient la souche primitive du Coq & de la Poule domestiques, se trouve en quelque sorte liée à l'histoire des hommes, de leurs émigrations, de leurs voyages, & ce point d'Histoire Naturelle d'un oiseau, jette quelque jour sur l'Histoire Civile de 1'homme, comme l'Histoire Civile de l'homme en répand sur ce point d'Histoire Naturelle. [ page ]

Je finirai en observant que les Indiens nourrissent deux races de Coq & de Poule : l'une est purement domestique, & n'est pour ces peuples, qui ne mangent de la chair d'aucun animal, qu'un objet de commerce ou d'amusement & de curiosité ; l'autre est esclave & sert pour les combats de Coqs, genre de spectacle fort en usage aux Indes.

La première race est semblable à celle de nos Coqs & Poules domestiques, & se perpétue par les individus qui se renouvellent & se succédent.

La seconde race est celle du Coq & de la Poule sauvages, que les Indiens entretiennent & renouvellent en tirant les individus des forêts où ils font nés.

Cette observation ajoutée aux faits que j'ai rapportés, confirme les conséquences que j'ai tirées de ces mêmes faits ; elle prouve que dans l'Inde même, la domesticité amollit & énerve le Coq fauvage & produit dans son plumage & dans celui de sa femelle, les différences que nous avons remarquées entre le Coq & la Poule sauvage, & le Coq & la poule de nos basses-cours : cette observation est donc une dernière & forte preuve que les oiseaux que je viens de décrire, sont la souche primitive du Coq & de la Poule domestiques. La souche de cette première variété étant une fois connue, il est aisé de sentir comment les circonftances variées à l'infini par rapport â un animal si prodigieusement multiplié & transporté en des climats si différens, ont occasionné les races & les variétés que nous connoissons dans cette espéce.

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La Gélinote des Indes.

Pl XCVI.

Cet oiseau est de la grosseur de la Gelinote des Pyrénées ;

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[ page ]son front est blanc avec une bande noire circulaire qui s’étend des deux côtés jusqu’à la racine du bec, le derrière de la tête eft roufsâtre, & fur chaque plume il y a une bande longinn dmale noire; le col eft d’un gris terreux roufsâtre; les plumes de la poitrine font mordorées & terminées par une bande tranf- verfale blanche; les fuivantes font grifes jufqu’à la moitié, & noires dans le refte de leur longueur: les plumes du dos, du croupion & delà queue, les petites des aîles font d’un roux )aunatre, coupées par des bandes tranfvèrfales demi-circulaires qui font noires; les moins longues des grandes plumes des aîles sont d'un gris terreux jufqu’à la moitié; le refté eft comnoféde quatre bandes tranfvèrfales, la première eft noire, la féconde -blanche, la troifiéme noire, & la quatrième ou extrémité de la plume est d'un jaune roussâtre ; les plus longues plumes des ailes sont d'un noir brunâtre, les aîles en-dessous sont grifes • le ventre eft d’un gris terreux, coupé par des bandes tranfver’ taies noires ; le bec eft Jaunâtre ; les pieds font bruns Cet oifeau fe trouve à la côte de Coromandel, où ont ap¬ pelle Caille de lu Chine.

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La Perdrix de Pondichéry.

Elle est de la grosseur de la Perdrix grife d’Europe; le deffus de la rête eft d’un gris terreux roufsâtre, les plumes qui entourent a bafe du bec , font jaunâtres ; la gorge eft de la même couleur; les dernières plumes de la gorge font termi¬ nes dç noir; le haut du col en-arrière- eft grisâtre, onde par des raies tranfverfeles noires, le bas, &le dos font roux, <L vertes de bandes blanches ondulées ; la poitrine eft d’un roux [ page ]beaucoup plus clair, avec des bandes noires tranfverfales ondulées ; le ventre eu blanc, coupé par des bandes tranfverfales noires demi-circulaires, fur les côtés du ventre il y a des taches mordoré ; les petites plumes des aîles font dun rouge mordoré, coudées par des bandes tranfverfales d'un blanc roufsâtre ; leur tuyau eft de la même couleur, les plus longues font d'un gris terreux très-foncé : le Croupion eft gris, avec des bandes tranfverfales dun blanc fale; ces bandes font bordées de chaque coté de lignes noires; les plumes moyennes ou intermédiaires, ou du milieu de la queue, font rouffes, variées dune infinité de petites lignes brunes en zig-zag, très-près les unes des autres, ce qui rend la queue comme moirée; il y a fur chaque plume quatre bandes tranfverfales d'un blanc terne jaunâtre ; ces bandes font bordées du côté de l'extrémité de la queue, dune ligne noire : les plumes latérales font dun brun mordoré, coupées tranfverfalement par des bandes noires fur leur côté intérieur feulement, le bec eft noirâtre, l'iris & les pieds sont rouges. Le mâle a un ergot très fort. Cet oiseau se trouve à la côte de Coromandel.

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Le Francolin de l’Ile de France.

CET oiseau est de la grosseur d’une forte perdrix rouge ; le dessus de la tête est d’un jaune roussâtre mais les plumes du sommet sont noires , bordées de roux : de chaque côté de la

Pl XCVII.

tête, il y a deux raies longitudinales qui commencent à la base de la partie supérieure du bec; l’une passe vers l’œil, l’entoure & se prolonge un peu au-delà de l’œil, l'autre plus bas suit le même contour & se termine en rejoignant presque la première :

Planche 97

[ page ]l’espace entre ces deux bandes est blanc; la gorge est blanche ; les plumes du col en-arrière sont blanches, avec une bande longitudinale noire plus large à son extrémité; les plumes du bas du col & celles de la poitrine sont noires, & ont sur leur bord six taches blanches; celles du ventre sont de la même couleur, mais les taches sont plus grandes & de couleur roussâtre. Les cuines sont d’un roux clair, coupées par des bandes transversales noires; les plumes du dos sont mordorées, mais celles qui tombent sur les aîles sont noirâtres dans le milieu , & ont des taches irrégulières d'un blanc roux ; les petites plumes des ailes sont noires avec des taches rondes d’un blanc roussâtre ; les grandes plumes des aîles sont aussi noires, mais elles sont transversalement** rayées de blanc ; les aîles en-dessous sont grises. Le croupion & les premières plumes de la queue, sont d’un roux clair, traversé de bandes noires ; les latérales sont entièrement d’un nor brunâtre : le bec est noir ; les pieds sont d'un roux clair. Le mâle a un ergot très-fort.

Cet oiseau est naturel à l’île de Madagascar, d’où il a été porté à l’île de France : il perche ; son chant approche de celui de la Pintade, ce qui lui a fait donner par les habitans de cette colonie, le nom de Perdrix Pintadée.

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La Perdrix de Gingi.

Elle est moins grosse que la Perdrix grise d’Europe ; le dessus de la tête est d’un brun foncé : il naît de l’angle supérieur du bec une ligne blanche longitudinale qui passe au-dessus de l’œil, & s’étend presque jusque derrière la tête ; chaque plume qui forme cette ligne, a une tache ou raie longitudinale noire ; [ page ]la gorge est d’un roux clair, le col & les joues sont de la même couleur, mais sur chaque plume il y a une tache ou raie longitudinale noire. Sur le haut de la poitrine, il y a une tache noire séparée d’une autre, qui est marron, par une bande blanche demi-circulaire ; le dos est d’un gris terreux roussâtre ; les petites plumes qui recouvrent les aîles sont marron, lavées sur leur bord extérieur & à leur extrémité d’un gris terreux roussâtre ; sur chaque plume, près de leur extrémité, il y a une tache noire presque ronde ; les plumes qui suivent ou les moyennes, sont aussi marron, mais elles sont lavées à leur extrémité, & du côté extérieur, de jaune terne; sur chaque plume il y a une tache noire arrondie du côté de l’extrémité de la plume ; les moins longues des grandes plumes des aîles sont d’un marron plus clair, lavées de jaune à leur extrémité ; sur chaque plume il y a près de leur extrémité une petite tache noire presque ronde ; les plus grandes sont d’un brun noirâtre : le croupion & la queue font d’un gris terreux-roussâtre, & sur chaque plume il y a une tache noire faite comme une larme : le ventre est blanc, & sur chaque plume il y a deux bandes longitudinales d’un marron clair ; les pieds sont d’un jaune roussâtre ; le bec est noir.

La femelle est un peu moins forte que le mâle, & absolument différente pour le plumage ; le dessus de la tête, le col en-arrière est d’un gris terreux ; la gorge & le col en-devant eft d’un brun foncé ; sur le haut de la poitrine il y a une large tache grise ; les plumes qui la forment sont coupées transversalement par des lignes noires ondulées ; les côtés du ventre sont marron ; le ventre est d’un roux clair : sur les premières plumes du côté de la poitrine, il y a une tache noire ronde, [ page ]& sur les autres il y a une tache de la même couleur, faite en croissant ; les petites plumes des aîles sont jusqu’aux trois quarts d’un gris terreux, coupées transversalement par des lignes noires ondulées ; leur extrémité est d’un marron foncé, ce qui forme une tache presque ronde de cette couleur sur l’extrémité des plumes : il y a sur chaque plume, dans l'endroit où commence cette tache marron, deux taches blanches, une sur le bord extérieur, & l’autre sur le bord intérieur ; les moins longues des grandes plumes des aîles sont d’un gris terreux, lavé d’un roux clair du côté intérieur jusqu’aux trois quarts, & d’un roux foncé jusque près de leur extrémité, qui est bordée de jaune roussâtre. Sur le côté extérieur, près de l’extrémité de chaque plume, il y a une tache ronde d’un jaune roussâtre ; mais sur la première plume ou la moins longue, cette tache est circonscrite dans une ligne circulaire de la même couleur. Les plumes du croupion & de la queue sont grises, lavées de roux & coupées transversalement par des lignes noires ondulées : les pieds sont d’un gris terreux, le bec est noir, & l’iris jaune.

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La Perdrix Rouge de Madagascar.

Elle est de la même grosseur que la précédente ; tout son corps est d’un rouge brun terne : le dessus de la tête & le derrière du col sont feulement un peu plus foncés & lavés de brun ; le bec est jaune, l’iris & les pieds sont d’un beau rouge ; le mâle a deux ergots à chaque pied.

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La grande Caille de Madagascar.

Elle est du double plus grande que la Caille d'Europe ; [ page ]le dessus de la tête, le col en arrière & le dos, sont d’un roux brunâtre; les plumes, sur le sommet de la tête, ont une ligne d’un blanc jaunâtre, qui en forme une autre blanchâtre derrière la tête; cette ligne se termine un peu au-delà du milieu du col, parce qu’alors elle se confond avec les plumes du bas du col,

Pl. XCVIII.

qui ont, ainsi que celles du dos, une ligne d’un blanc jaunâtre : mais ces dernières sont coupées par des bandes transversales noires. Sur les joues, il y a deux raies longitudinales blanches, étroites, qui descendent jusqu’au bas du col : entre ces deux raies, il y en a une grise qui se prolonge jusque sur la poitrine; elle est d’un gris foncé vers la tête, la gorge est noire ; i1 y a sur le haut de la poitrine, une large tache de couleur marron ; la poitrine & le ventre sont noirs ; & sur chaque plume, il y a une tache blanche ronde plus large que haute. Les plumes du côté du ventre sont longues & étroites & cachent entiérement celles du ventre & des cuisses, elles sont de couleur marron, & ont sur le tuyau une bande longitudinale d’un blanc jaunâtre : de chaque côté de cette bande, il y a une ligne noire. Les petites plumes qui recouvrent les aîles sont roussâtres, & ont une ligne d’un blanc jaunâtre dans le milieu, elles sont aussi coupées transversalement par des bandes noires indéterminées, les plumes qui suivent, ou les moyennes, sont roussâtres, lavées de noir, elles ont de même une ligne blanche longitudinale dans le milieu ; mais elles sont de plus transversées par des lignes d’un blanc jaunâtre : les moins longues des grandes plumes des aîles sont noires; elles ont une ligne blanche sur le tuyau, sont marquées par des bandes jaunâtres, & bordées à leur extrémité par une bande de la même couleur : les plus longues enfin sont d’un brun terreux. La

Planche 98

[ page ]queue est noire, avec des lignes transversales d’un blanc jaunâtre, le tuyau de chaque plume est de la même couleur, les pieds sont roussâtres, le bec est noir, & l’iris d'un jaune terne.

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La grande Caille de la Chine.

Elle est un peu moins grosse que la précédente ; les plumes du sommet de la tête sont d’un gris terreux, coupées par des bandes transversales qui sont noires ; leur tuyau est blanc ; la joue est d’un roux clair : il naît de l’angle supérieur du bec une ligne blanche longitudinale qui passe au-dessus de l'œil, & s'étend presque jusqu’au derrière de la tête. Les plumes du col, du dos & du croupion sont longues & étroites ; elles sont d’un gris terreux très-clair, semées de bandes noires transversale, & sur 1e milieu de chaque plume, il y a une bande blanchâtre assez large par le haut, & qui se termine en pointe du côté de l’extrémité de la plume. Les plumes du croupion sont beaucoup plus longues que la queue, & la couvrent entièrement les aîles sont brunâtres; mais sur les côtés extérieurs de chaque plume, il y a de larges taches noires & rondes. Le ventre est roussâtre ; les plumes en sont longues & étroites, & il y a de même une bande blanchâtre sur chaque plume ; mais il n’y a sur les côtés des plumes que quelques taches noires. Le bec est noir & 1’iris rouge ; les pieds sont jaunes.

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La Caille Brune de Madagascar.

Elle est de la grosseur de la Caille d'Europe ; le dessus de la tête, le haut du col en arrière sont couverts de plumes [ page ]noires & de plumes roufTes; les noires font en plus grand nombre. La gorge est d'un gris terreux clair 5 les plumes du bas du col, de la poitrine & du ventre , sont de la même couleur, & elles ont deux bandes noires circonscrites qui suivent le contour de la plume : les plumes du dos, du croupion, de la queue, les petites des aîles & les moins longues des grandes, sont aussi d'un gris terreux clair, coupées par des bandes transversales qui sont noires; les plus grandes plumes des aîles sont brunes, l'iris est jaune ; le bec & les pieds sont noirs.

[modifier] La petite Caille de Gingi.

Elle est d'un tiers à-peu-près moins grosse que la Caille d'Europe; la tête est noire & le fommet d'un jaune roussâtre : à l'angle supérieur du bec, il naît une raie longitudinale de la même couleur, qui, étant coupée par l'œil, se prolonge presque jusque derrière la tête. La gorge est blanche, terminée par une raie noire, le col en-devant, la poitrine & le ventre sont d'un jaune rougeâtre : sur le milieu de chaque plume, il y a une bande noire longitudinale un peu plus large par le bas ; cette bande est bordée sur ses deux côtés d'une autre bande blanche. Sur la poitrine, il y a une bande noire inégale dans sa largeur, & qui se prolonge en zig-zag depuis la gorge jusque sur le ventre ; le col en-arrière est roussâtre ; sur chaque plume, il y a une bande longitudinale jaunâtre : cette bande est bordée de noir sur les côtés ; les plumes du dos, du croupion & les petites plumes des aîles sont d'un roux presque marron : sur chaque plume, il y a une bande longitudinale assez large, de

Planche 99

[ page ]couleur jaunâtre, & elles ſont coupées tranſverſalement par de petites lignes de la même couleur : ces petites lignes ſont bordées de noir ; les grandes plumes des aîles ſont brunes ; les petites des aîles en-deſſous ſont blanches, & les grandes ſont griſes.

La femelle eſt de la même groſſeur : les couleurs ſont les mêmes dans toute la partie ſupérieure, & moins brillantes dans la partie inſérieure. La gorge eſt blanche, terminée par une raie noire, le col en-devant eſt d’un jaune rougeâtre : ſur le milieu de chaque plume, il y a une bande longitudinale blanche, & ſur les côtés, deux petites taches noires rondes. Le ventre eſt auſſi d’un jaune rougeâtre ; ſur le milieu de chaque plume, il y a une bande longitudinale blanche aſſez large, & ſur les côtés ces mêmes plumes ſont coupées par des bandes tranſverſales qui ſont noires.

Ces oiſeaux ſe trouvent à la côte de Coromandel.

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Le petit Paon de Malacca.

Cet oiſeau eſt d’un tiers moins gros que le faiſan d’Europe : la tête & le col ſont d’un brun foncé, la gorge eſt grisâtre ; les yeux ſont entourés d’une peau nue de couleur jaunâtre orpin. Les plumes du bas du col en-avant, celles de la poitrine

Pl. XCIX.

& du ventre ſont d’un gris terreux, coupées par des bandes tranſverſales noires ondulées & ſerrées très-près les unes des autres, le tuyau de ces plumes eſt blanc, les petites plumes des ailes, les plus externes des grandes & celles du dos, ſont d’un gris jaunâtre clair, ſemées de bandes, tranſverſales noires ondulées : ſur chaque plume, il y a près de leur extré [ page ]mité une tache d’un bleu brillant qui, à un certain aſpect, donne un reſlet verd & or ; les plus longues plumes des ailes ſont brunes ; la queue eſt à deux étages, & d’un gris terreux clair : ſur chaque plume du premier rang, c’eſt-à-dire, ſur les plus courtes, il y a un peu avant leur extrémité, une tache d’un bleu brillant changeant en verdâtre & or, pareille à l’œil qui ſe trouve ſur les plumes de la queue du Paon ; ſur les plus longues, il y a deux de ces taches accolées l’une contre l’autre, l’iris eſt jaune, & les pieds ſont noirs.

Le mâle a deux ergots très-ſorts au pied droit & trois au pied gauche, dont deux ſe touchent à leur baſe.

Cet oiſeau paroît être le même que celui d’Edward, Planche lxvii , de Briſſon, Tom. I, pag. 291, & celui que M. de Buffon, décrit ſous le nom d’Eperonnier : cependant il en diffère un peu par les couleurs & pour la groſſeur. Comme ces Naturaliſtes n’ont écrit que d’après des deſſins, j’ai cru devoir donner une deſcription exacte ſaite ſur l’oiſeau même; je l’ai placé dans le genre des Paons, parce qu’il en a les caractères & les habitudes : le double éperon qu’il a à chaque pied, n’eſt pas un caractère pour en ſaire un genre particulier ; j’ai trouvé ce même caractère, comme on l’a vu ci-devant, dans la Perdrix rouge de Madagaſcar.

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Le Rouloul de Malacca.

Cet oiſeau paroît avoir quelque rapport avec le Faiſan ; il en diſſère cependant comme on le verra dans ſa deſcription, par des caractères eſſentiels qui doivent en ſaire un genre particulier. Il eſt de la taille du Ramier d’Europe, & a pour carctères génériques les doigts ſéparés, les jambes couvertes de

Pl. C.

Planche 100

[ page ]plumes juſqu au talon, quatre doigts, trois ſont dirigés en< avant, & un en-arrière; ce dernier n’eſt qu’un moignon & n’a point d ongle , le bec en cône courbé, la queue courte & honſontale.

La tête & le col ſont noirs, derrière la tête il y a une huppe d’un rouge mordoré, les plumes qui la compoſent ſont généralement toutes dures & roides, & les barbes ne ſont pas unies les unes aux autres comme dans les plumes ordinaires : cette huppe eſt un peu couchée en en-bas, & dirigée de façon qu’il ſemble que l’oiſeau ne peut la lever. Sur le front, il y a ſix crins noirs très-longs qui forment une autre huppe que l’oiſeau peut lever & baiſſer à volonté, l’eſpace entre ces deux huppes eſt blanc, & ſorme une bande tranſverſale ſur le ſommet de la tête ; le tour des yeux eſt garni de petites plumes roides qui ſont blanches : la poitrine & le ventre ſont d’un beau violet foncé, les petites plumes qui recouvrent les ailes ſont brunes ; celles qui ſuivent ou les moyennes, ainſi que les moins longues des grandes, ſont d’un blanc rouſsâtre, ſemées de lignes tranſverſales noires ondulées ; les plus grandes ſont d’un jaune rouſsâtre, coupées tranſverſalement par des lignes noires ondulées ; les petites plumes des ailes en-deſſous ſont brunes, les grandes ſont griſes, le dos, le croupion & la queue ſont d’un verd foncé, la partie ſupérieure du bec eſt noire ; l’inférieure eſt jaune à ſa racine, & noire dans le reſte de ſa longueur ; l’iris & les pieds ſont jaunes.

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Le Pigeon Hollandais.

Cet oiſeau a quelque rapport pour les couleurs au Founingo [ page ]de M. de Buffon (a[2]), & au Pigeon ramier bleu de Madagaſcar de Briſſon (b[3]) ; mais il en diffère par la grandeur & la qualité des plumes du col.

       Pl. CI.Il eſt beaucoup plus grand que le Ramier d’Europe; les plumes de la tête, du col & de la poitrine ſont longues, étroites, & ſe terminent en pointe: ces plumes ſont conformées d’une manière aſſez extraordinaire ; elles ont le poli, le brillant & le toucher d’une lame cartilagineuſe & je n’ai pu, à l’aide de la louppe, diſtinguer ſi ces lames étoient formées par la réunion intime des barbes ; mais il eſt à préſumer qu’elles ont la même conformation que les appendices qui ſe trouvent à quelques plumes de l’aile dans le Jaſeur de Bohême, & aux lames cartilagineuſes du Coq ſauvage des Indes. l’œil eſt entouré d’une peau nue d’un rouge ſoncé, le dos, les ailes & le ventre ſont d’un bleu foncé, le croupion & la queue d’un rouge de carmin très-vif, le bec & l’iris ſont de la même couleur, & les pieds ſont noirs.

Cet oiſeau ſe trouve à l’île de France ; on prétend que ſa chair eſt un poiſon.

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La Tourterelle griſe de la Chine.

       Pl. CII.Elle eſt de la groſſeur de la Tourterelle blanche qu’on voit en France dans les Volières & chez les Oiſeleurs ; le deſſus de la tête eſt de couleur griſe & le derrière d’un gris vineux foncé: le tour des yeux eſt garni de petites plumes blanches ;

Planche 101

Planche 102

[ page ]le col en-devant, la poitrine & le ventre ſont d’un gris vineux rougeâtre très-clair ; les plumes du col en arrière ont la forme d’un cœur renverſé ; elles ſont noires, & ſur les deux côtés il y a une tache ronde d’un beau blanc ; les petites plumes des ailes, le dos & le croupion ſont d’un brun terreux, les grandes plumes des ailes ſont noires ; les premières plumes de la queue ſont brunes, celles de deſſous ſont noires juſqu’à la moitié, & blanches dans le reſte de leur longueur ; les recouvremens de la queue en-deſſous ſont d’un gris rougeâtre très-clair ; le bec eſt noir ; l’iris eſt rouge ; les pieds ſont jaunes.

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La Tourterelle brune de la Chine.

Elle eſt de la taille de la précédente ; la tête, le col, la poitrine & le dos ſont d’un gris terreux brunâtre, la gorge eſt plus claire ; de chaque côté ſur le col, il y a quelques plumes noires dont les extrémités ſont d’un gris cendré clair, les petites plumes des ailes ſont brunes, terminées par une bande d’un jaune d’orpin ; quelques unes de ces mêmes petites plumes ſur les bords de l’aile ſont d’un gris cendré clair : les grandes ſont brunes ; le croupion & la queue ſont d’un gris cendré foncé ; le ventre & les cuiſſes ſont d’un gris vineux : les recouvremens de la queue en-deſſous ſont d’un gris cendré clair ; le bec, l’iris & les pieds ſont rouges.


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La petite Tourterelle de Quéda.

Elle eſt un peu plus groſſe que le moineau franc, & beaucoup plus alongée ; le front & la gorge ſont d’un gris cendré [ page ]clair ; le derrière de la tête eſt d’un gris terreux foncé ; les plumes du col en arrière ſont de la même couleur, coupées par des lignes tranſverſales qui ſont noires, les plumes du dos, du croupion, & les petites des ailes ſont d’un gris cendré clair, terminées par une bande noire : les côtés du col ſont blancs, avec des lignes tranſverſales noires très-rapprochées ; la poitrine & le ventre ſont d’un gris vineux clair ; ſur les côtés du ventre, les plumes ſont traverſées de lignes noires ondulées ; les grandes plumes des ailes ſont brunes; les ailes en-deſſus ſont rouſsâtres, mais les petites ſont ſemées de bandes tranſverſales noires ondulées ; les premières plumes de la queue ſont brunes, celles de deſſous ou les latérales ſont brunes juſqu’aux trois quarts, et blanches dans le reſte de leur longueur ; les cuiſſes & les recouvremens de la queue en-deſſous ſont blancs ; le bec eſt noir, lavé de jaune à ſa racine & à ſon extrémité ; l’iris & les pieds ſont de couleur jaune d’orpin.

Cette Tourterelle eſt très-jolie ;ſa chair eſt très-délicate : on en a tranſporté quelques-unes a l’île de france, où elles ont beaucoup multiplié.

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La grande Tourterelle de la Chine.

Elle eſt de la taille du Pigeon Ramier d’Europe ; la tête eſt griſe ; le col en-devant, le ventre & les cuiſſes ſont d’un gris vineux clair ; le col en arrière & le dos ſont d’un violet pourpre ſoncé; les plumes qui couvrent les côtés du col, ont la ſorme d’un cœur renverſé ; elles ſont noires terminées par une bande d’un gris vineux : les petites plumes des ailes ſont d’un mordoré ſoncé, les grandes ſont d’un noir terreux. Le [ page ]croupion eſt d’un gris lilas, les premières plumes de la queue ſont d’un noir terreux ; celles de deſſous ou les latérales ſont d’un gris noir juſqu’à la moitié, & blanches dans le reſte de leur longueur ; les recouvremens de la queue en-deſſous ſont blancs ; le bec eſt jaunâtre ; l’iris eſt rouge, & les pieds ſont bruns.


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La Tourterelle du Cap de Bonne-E∫pérance.

Elle eſt de la même groſſeur que la précédente; la tête eſt d’un gris cendré clair ; l’œil eſt entouré d’une peau nue de couleur rouge qui eſt circonſcrite dans une ligne blanche ; les plumes du col ſont longues, étroites, & paroiſſent n’avoir pas de tuyau ; elles ſont d’un gris vineux. Les petites plumes des ailes ſont de la même couleur : ſur chaque plume, il y a une tache blanche triangulaire ; les grandes plumes des ailes & la queue ſont noires ; le ventre, les cuiſſes & les recouvremens de la queue en-deſſous, ſont d’un gris cendré clair ; le bec eſt noir ; l’iris & les pieds ſont rouges.

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La Tourterelle de Surate.

Elle eſt de la taille de la Tourterelle de la Chine ; la tête & le col en-devant ſont d’un gris vineux ; la poitrine, le ventre & les cuiſſes ſont de la même couleur , mais beaucoup plus clair ; les plumes du haut du col en-arrière ſont noires, terminées par une bande blanche ; celles qui ſuivent ou celles du bas du col ſont auſſi noires, mais elles ſont terminées par une bande rouſſe ; les petites plumes des ailes ſont d’un gris cendré clair, ſur chaque plume, il y a une bande longitudinale noire [ page ]qui a la même direction que le tuyau de la plume ; cette bande s’évaſe un peu vers ton extrémité : les grandes plumes des ailes ſont noires; le dos, le croupion &la queue ſont d’un gris terreux ſoncé; les couvertures de la queue en-deſſous ſont blanches, le bec eſt noir; l’iris & les pieds ſont rouges.


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’’La Tourterelle griſe de Surate.’’

Elle eſt un peu moins groſſe que les précédentes ; la tête eſt d’un gris vineux rouſsâtre ; les plumes du col en-devant ſont noîres depuis le commencement juſqu’aux deux tiers, & rouſsâtres dans le reſte de leur longueur ; le col en arrière & le dos ſont d’un gris terreux ; les petites plumes des ailés ſont d’un gris cendré, les grandes ſont noires; les premières plumes de la queue ſont d’un gris terreux, les latérales ſont noires juſqu’à la moitié, & d’un gris blanc dans le reſte de leur longueur : le ventre, les cuiſſes & les couvertures de la queue en-deſſous ſont blancs ; le bec eſt noir; l’iris & les pieds ſont rouges.

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’’La Tourterelle de la côte de Malabar.’’

Elle eſt de la taille de la Tourterelle a collier ; la_tête eſt d’un gris cendré clair; le col & la poitrine ſont; d’un gris vineux clair ; le dos & les ailes ſont d’un gris cendré clair. Sur les plumes moyennes de l’aîle, c’eſt-à-dire, ſur celles qui ſont les plusvoiſmes des grandes, il y a quelques taches noires-ovales; les premières plumes de la queue ſont griſes, les latérales ſont noires juſqu’aux deux tiers, & blanches dans le reſte de leur

Planche 103

[ page ]longueur ; le ventre eſt blanc ; le bec, l’iris & les pieds ſont rouges.

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L’Autour gris à ventre rayé de Madaga∫car.

Tous les caractères de cet oiſeau indiquent qu’il appartient au genre de l’Epervier ; la courbure du bec commence à ſa baſe, les pieds ſont longs & grêles, les doigts ſont ſorts & les ongles crochus. Il eſt de la taille du Faiſan d’Europe ; le deſſus de la tête, le col, le dos, ſont d’un gris cendré clair, l’œil        Pl. CIII. eſt entouré. d’une peau nue de couleur jaune, & qui s’étend depuis la racine du bec preſque juſque derrière la tête ;les petites couvertures des ailes ſont d’un gris cendré clair, les ſuivantes ou les moyennes ſont de la même couleur ; mais ſur chaque plume il y a une tache preſque ronde couleur noire : les moins longues des grandes plumes des ailes du côté extérieur ſont cendrées juſqu’à la moidé,& du côté intérieur elles ſont blanches de même juſqu’à la moitié, & coupées par des bandes obliques ; elles ſont noires dans le reſte de leur longueur, & bordées de blanc à leur extrémité ; les grandes plumes des ailes ſont blanches juſqu’au tiers, traverſées obliquement de bandes noires; elles ſont noires dans le reſte de leur longueur, les petites plumes des ailes en-deſſous ſont blanches, traverſées de bandes noires; les plumes de la poitrine, du ventre, des cuiſſes & du croupion ſont blanches, coupées par des lignes tranſverſales noires demi-circulaires ; la queue eſt noire : ſur le milieu, il y a une bande blanche tranſverſale ſemée de petites lignes noires, le bec eſt noir; l’iris & les pieds ſont jaunes.

On l’appelle à Madagaſcar l’Aigle rayée. [ page ]

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Le Faucon à collier des Indes.

Cet oiſeau a un pied quatre pouces depuis le bec juſqu’au bout de la queue, les ailes ont treize pouces, les pieds, quatre pouces de hauteur. La tête, la gorge, le col en arrière & le dos ſont noirs, la poitrine, le ventre & les cuiſſes ſont blancs ; les premières petites plumes des ailes ſont blanches ; les ſuivantes ſont noires : les moyennes, ainſi que les moins longues des grandes, ſont d’un gris cendré argenté ; les plus grandes ſont noires ; le croupion eſt blanc, la queue eſt d’un gris argenté clair, le bec eſt noir ; l’iris & les pieds ſont d’un jaune rouſsâtre.

La ſemelle eſt un peu tmoins groſſe que le mâle, ſa couleur dominante eſt le gris argenté ; il y a trois taches noires rondes ſur les petites plumes des ailes, & trois autres ſur les côtés extérieurs des moins longues des grandes ; les grandes plumes des ailes ſont noires ; les côtés du ventre, les cuiſſes & les couvertures de la queue en-deſſous ſont blancs : ſur le milieu de chaque plume, il y a une bande longitudinale d’un roux mordoré , le bec eſt noir, l’iris & les pieds ſont d’un jaune rouſsâtre.

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Le Vautour royal de Pondichéry.

Cet oiſeau a le bec court, très-crochu, la baſe du bec couverte d’une peau nue, les narines découvertes, quatre doigts        Pl. CIV. ſéparés juſquà leur origine, trois devant, un derrière ; les pieds courts & ſorts, les ongles crochus, la tête & le col nuds,

Planche 104

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[ page ]& en partie couverts d’un petit duvet, le ſront plat, la tête très-groſſe ſur le col, il y a une membrane ſort mince, dénuée de plumes, de couleur rouge qui commence au-deſſous des oreilles, s’élargie en s’arrondiſſant dans le milieu, & s’étend juſqu’au bas du col.

C’eſt un des plus grands oiſeaux de l’Inde , il eſt de la taille de nos plus ſortes oies. La tête, le col & la poitrine ſont couleur de chair ; le derrière de la tête & l’eſpace entre les narines & les yeux, ſont garnis d’un petit duvet couleur de chair : le col en-devant & la poitrine ſont auſſi garnis de diſtance en diſtance de petites plumes ſines de la même couleur, placées par petits paquets. Le dos, le ventre, les ailes & la queue ſont noir ; l’iris est rouge ; le bec eſt noir & les pieds ſont jaunes.


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Le grand Vautour des Indes.

Cet oiſeau eſr un peu moins gros que le précédent : la tête, le col & la poitrine ſont nuds, d’une couleur rouſsâtre, la tête eſt couverte d’un petit duvet ſéparé qui reſſemble à du poil ; le col        Pl. CV. eſt très-long pour le corps ; il eſt garni de diſtance en diſtance de plumes très-fines, placées par petits paquets. Les plumes de la poitrine ſont courtes, rudes & reſſemblent à un poil raz ; celles du bas du col en-arrière ſont longues, étroites, terminées en pointe, & d’un roux preſque mordoré ; les petites plumes des ailes, celles du dos & du croupion ſont couleur de terre d’ombre, terminées par une bande d’une couleur beaucoup plus claire : les grandes plumes des ailes & la queue ſont noires ; l’iris eſt rouge ; le bec & les pieds ſont noirs.

Ces oiſeaux ſont très-voraces ; ils habitent pendant le jour [ page ]les bords de la mer, pour prendre les poiſſons morts que les vagues jettent ſur le rivage ; ils vivent généralement de pourriture & déterrent les cadavres ; ils ont le vol lourd, quoiqu’ils aient l’aile forte.

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Le Vautour de Gingi.

Si on n’avoit égard qu’au caractère du bec, on ne pourroit placer cet oiſeau dans le genre des Vautours; mais ſi ſon bec reſſemble abſolument à celui du Dinde, il a tous les autres caractère du Vautour ; les narines ſont découvertes, la baſe du bec eſt couverte d’une peau nue ; l’eſpace qui eſt entre les narines & les yeux eſt garni d’un petit duvet qui reſſemble à du poil.

Il eſt de la taille d’un Dinde ; le ſront, les joues & la gorge ſont nuds : ils ſont, ainſi que la baſe du bec, d’une couleur de chair un peu rougeâtre. Les plumes du derrière de la tête & du col ſont longues, étroites & de couleur blanche ; les petites plumes des ailes, le dos, le ventre & la queue ſont de la même couleur, les grandes plumes des ailes ſont noires ; l’iris eſt rouge ; le bec & les pieds ſont grisâtres.

Cet oiſeau ſe trouve à la côte de Coromandel, où les habitans n’ayant eu égard qu’à la ſorme de ton bec, lui ont donné le nom de Dinde ſauvage.

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La petite Buze criarde.

Cet oiſeau a le bec court, crochu, convexe en-deſſus & large à ſa baſe, ſa courbure commençant dès ton origine, les [ page ]plumes de la baſe du bec dirigées en avant, les jambes courtes, les pieds forts, les ailes preſqu’auſſi longues que la queue ; l’œil eſt entouré d’une peau nue de couleur rouge ; la paupière ſoutient un cercle de poils ou crins durs qui ſorment de véritables cils.

Il eſt de la taille du Pigeon ramier ; le deſſus de la tête, le derrière du col, le dos, le croupion, les plumes de la queue en-deſſus ſont d’un gris cendré; les petites plumes des ailes ſont noires, les ſuivantes ou les moyennes ſont d’un gris cendré clair, les plus grandes ſont d’un noir grisâtre ; la gorge, la poitrine, le ventre & les couvertures de la queue en-deſſous ſont blancs ; l’iris & les pieds ſont jaunes ; les ongles ſont noirs, longs & crochus ; l’ongle du doigt du milieu s’élargit en-dedans en lame avancée très-coupante.

Cet oiſeau ſe trouve à la côte de Coromandel ; il ſe tient dans les champs de riz, où il y a quantité de petites grenouilles : on l’approche difficilement ; du plus loin qu’il apperçoit quelqu’un, il crie à pluſieurs repriſes avant de s’envoler ; ces cris réitérés lui ont ſait donner le nom de Criard.


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Le Hibou de la Chine.

Il eſt de la taille du Hibou d’Europe ; le deſſus de la tête, le col en-arrière, le dos, le croupion, la queue & les petites plumes des ailes ſont d’un brun rouſsâtre, ſemées de petites lignes noires ondulées ; les grandes plumes des ailes ſont de cette même couleur ; mais outre qu’elles ſont ſemées comme les petites, de lignes noires ondulées, on y remarque dans les premières ou les moins longues, quatre bandes tranſverſales d’un [ page ]roux plus clair, & fur les côtés extérieurs des plus longues, des taches d’un blanc roufsâtre ; les plumes du front font blanches ; la tête en-devant & la gorge font d’un roux clair, mais fur chaque plume de la gorge il y a une bande noire longitudinale très-fine à fa naiffance, & qui s’élargit à fon extrémité ; la poitrine, le ventre & les cuiffes font d’un roux plus foncé, avec une bande noire longitudinale, & coupée tranfverfalement par d’autres bandes blanches ; le bec & les pieds font noirs.


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Le petit Hibou de la côte de Coromandel.

Il eft un tiers moins gros que le précédent, la tête, le col en-arrière, le dos, les petites plumes des ailes & le croupion font d’un gris roufsâtre avec des taches d’un blanc roufsâtre fur le bord extérieur de chaque plume ; ces taches font plus petites fur la tête & le col ; les moins longues des grandes plumes des ailes font de la même couleur ; elles font coupées par des bandes tranfverfales d’un blanc roufsâtre, & terminées par une bande rougeâtre, les plus grandes font un peu plus foncées, avec des taches rondes d’un blanc roufsâtre fur leur bord extérieur ; la queue eft de la même couleur, traverfée par trois bandes d’un blanc roufsâtre, les joues font blanches ; le col en-devant, la poitrine, le ventre, les cuiffes & les couvertures de la queue en-deffous, font rougeâtres, coupées par des bandes tranfverfales noires demi-circulaires ; les pieds font rougeâtres & garnis de plumes jufqu’au bout des doigts, le bec eft noir, & l’iris jaune.


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La Pie rou∫∫e de la Chine.

Cet oifeau a tous les caractères de la Pie, fon bec eft fort,

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[ page ]en cône alongé & un peu courbé, les plumes de la baſe du bec dirigées en avant ; il a quatre doigts à chaque pied, trois dirigés en-avant & un en-arrière, les doigts forts, les ongles crochus, dix plumes à la queue qui eſt auſſi longue que le corps & par étage , les deux premières beaucoup plus longues que les latérales.

Cette Pie eſt de la taille du Merle d’Europe ; la tête eſt brune, le col eſt de la même couleur, mais beaucoup plus        Pl. CVI. clair, la poitrine & le ventre ſont d’un blanc rouſsâtre ; le dos & le croupion ſont d’un roux jaunâtre ; les petites plumes des ailes ſont d’un roux terreux, les ſuivantes ou les moyennes ſont d’un gris clair ; les moins longues des grandes ſont griſes du côté extérieur, & brunes du côté intérieur, les plus grandes ſont en entier, d’un noir brunâtre ; les deux premières plumes de la queue ou les plus longues ſont griſes, terminées par une bande tranſverſale brune, les latérales ſont griſes juſqu’à la moitié, brunes dans le reſte de leur longueur, & terminées par une bande tranſverſale blanche, l’iris eſt d’un jaune rouſsâtre, le bec & les piedsiſbnt noirs.

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La Pie de Macao.

Elle eſt d’un tiers moins groſſe que notre Pie d’Europe ; le front eſt noir, le ſommet de la tête eſt d’un gris cendré ; le col & la poitrine ſont d’un gris terreux ; le ventre & les cuiſſes ſont de la même couleur, mais plus claire ; le dos & les petites couvertures des ailes ſont rouſſes, les premières des grandes ou les moins longues ſont d’un noir éclatant & ont un reſlet verd, les plus grandes ſont noires, ſur les quatre plus [ page ]longues il y a deux taches blanches, une intérieurement, & l’autre extérieurement, ce qui laiſſe appercevoir une tache blanche, lorſque les ailes ſont ſermées ; le croupion eſt d’un gris cendré, la queue eſt noire; les couvertures de la queue en-deſſous ſont rouſſes, l’iris eſt jaunâtre ; le bec & les pieds ſont noirs.

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Le petit Geay de la Chine.

Cet oiſeau a tous les caractères du Geay, quoiqu’il n’ait pas le brillant des couleurs ordinaires dans cette eſpéce. Son bec eſt droit, long, comprimé ſur les côtés ; les plumes de la baſe du bec ſont dirigées en-avant & couvrent les narines. Il a les pieds forts, les ongles crochus, propres à ſaiſir de petits oiſeaux, dix plumes à la queue, les deux premières plus longues que les latérales.

Il eſt d’un tiers moins gros que le Geay d’Europe ; la tête en-devant & la gorge ſont noires, le front eſt blanc, le deſſus        Pl. CVII.de la tête & le col ſont d’un gris cendré foncé ; les joues ſont blanches ; le dos, le croupion & les petites plumes des ailes ſont d’un gris terreux ; la poitrine & le ventre ſont de la même couleur mais plus claire ; les grandes plumes des ailes & la queue ſont brunes ; l’iris eſt d’un jaune rouſsâtre ; le bec & les pieds ſont noirs.

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Le Merle bleu de la Chine.

       Pl. CVIII.Il eſt de la taille du Merle d’Europe ; tout l’oiſeau eſt d’un bleu violet changeant ; les plumes de la tête, du col, de la poitrine, & les petites couvertures des ailes ſont terminées par une bande d’un bleu violet chatoyant, qui a l’éclat & le

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[ page ]poli d’un métal : parmi les petites plumes des ailes, deux ſont terminées par une bande blanche ; les plumes des cuiſſes ſont blanches du côté intérieur, & d’un bleu foncé du côté extérieur ; l’iris eſt rouge : le bec & les pieds ſont noirs.

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Le petit Merle huppé des Indes.

Cet oiſeau eſt de la taille de notre Bec-ſigue d’Europe ; la        Pl. CIX. tête eſt noire, les plumes du ſommet ſont longues ; étroites , & ſorment une huppe que l’oiſeau peut lever à volonté ; lorſque cette huppe eſt relevée, elle forme une courbure du côté du bec ; le derrière du col, le dos, le croupion, les ailes & les premières plumes de la queue ſont d’un gris terre d’ombre ; les plumes de la queue en-deſſous ſont d’un gris clair terminées par une bande transverſale de chaque côté au-deſſous des yeux, il y a une tache d’un beau rouge de carmin, les joues & la gorge ſont blanches ; entre la gorge & la poitrine, il y a une bande d’un gris terre d’ombre ; le ventre eſt blanc ; les couvertures de la queue en-deſſous ſont d’un rouge de carmin ; l’iris eſt couleur d’or ; le bée & les pieds ſont noirs.

Cet oiſeau ſe trouve aux côtes de Malabar & de Coromandel & au Bengale ; à la côte de Coromandel, on l’appelle Boulboul.

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Le Martin Brame.

Cet oiſeau eſt du genre des Merles, il eſt un peu plus gros que le moineau franc; les plumes de la tête ſont très-longues, étroites, de couleur noire, & ſorment une huppe que l’oiſeau peut lever à ſa volonté ; celles de la gorge, du col, de la [ page ]poitrine & du ventre, ſont auſſi longues & étroites, elles ſont d’un jaune rouſsâtre & marquées par une ligne longitudinale blanche ; le dos, le croupion & les petites plumes des ailes ſont gris, les grandes plumes des ailes & la queue ſont noires, les couvertures de la queue en-deſſous ſont blanches, le bec eſt noir depuis la racine juſqu’à la moitié, & jaune dans le reſte de ſa longueur ; l’iris eſt bleu ; les pieds & les ongles ſont jaunes.

Cet oiſeau ſe trouve aux côtes de Malabar & de Coromandel, où on l’appelle Martin-Brame, parce qu’il habite les tours des Pagodes.

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La Bréve de Malacca.

Cet oiſeau a tous les caraaères du Merle, dont il diffère cependant par la longueur de ſes pieds, & par la queue beaucoup plus courte au contraire de celle des Merles. Il eſt de la groſſeur du Merle d’Europe, la tête & le col en-arrière        Pl. CX.juſqu’à la moitié ſont noirs ; à l’angle supérieur du bec, il naît une large bande longitudinale verdâtre qui ſe prolonge preſque juſque derrière la tête ; deſſous cette bande, il y en a une autre très-étroite dun bleu de ciel très-clair, qui ſe prolonge depuis l’œil en ſormant l’arc juſque derrière le col ; la gorge eſt blanche ; le bas du col & le dos ſont verds ; les petites plumes des ailes ſont d’un bleu de ciel brillant ; les moyennes ainſi que les moins longues des grandes ſont vertes, les ſuivantes ſont noires du côté intérieur, & vertes du côté extérieur, elles ſont terminées par une tache blanche ; les plus grandes ſont noires, terminées par une tache griſe ; ſur ces dernières, il y a

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[ page ]une bande tranſverſale blanche, ce qui forme une tache de cette couleur ſur le bord des ailes lorſqu’elles ſont étendues ſur le corps, le croupion eſt bleu de ciel ; les plumes de la queue ſont noires juſqu’à la moitié, & d’un verd ſoncé bleuâtre dans le reſte de leur longueur ; la poitrine & le ventre ſont d’un roux clair ; les couvertures de la queue en-deſſous ſont d’un rouge de carmin ; l’iris eſt de la même couleur ; le bec eſt rouſsâtre, les pieds ſont jaunes.

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La Bréve de la côte de Malabar

Cet oiſeau diffère peu du précédent ; la tête & le col en-arrière ſont noirs ; à l’angle ſupérieur du bec il naît une large bande rouſsâtre qui ſe prolonge juſque derrière la tête ; la gorge eſt blanche, la poitrine eſt d’un roux clair ; le ventre, les cuiſſes & les couvertures de la queue en-deſſous ſont rouge ; le dos et d’un verd foncé terne ; les petites plumes des ailes ſont d’un bleu de ciel chatoyant, elles ont l’éclat & le poli d’un métal les moins longues des grandes plumes des ailes ſont noires du côté intérieur, & d’un verd bleuâtre du côté extérieur, les plus grandes ſont noires ; ſur ces dernières, il y a une bande transverſale blanche aſſez large, ce qui forme une tache de cette couleur ſur le bord des ailes lorſqu’elles ſont étendues ſur le corps ; le croupion eſt du même bleu que les petites plumes des ailes ; les plumes de la queue ſont noires juſqu’à la moitié, & d’un verd ſoncé dans le reſte de leur longueur, l’iris eſt rouge ; le bec eſt rouſsâtre ; les pieds ſont jaunes.

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Le Merle Dominiquain de la Chine.

Cet oiſeau eſt moins gros que le Merle d’Europe ; les [ page ]plumes de la tête & du col ſont longues, étroites & de couleur blanche, celles du col en-arrière ſont de même, longues & étroites, mais elles ſont dun gris cendré ſoncé; le dos, le croupion, la poitrine & le ventre ſont d’un gris cendré clair