Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« L’hyver ameine il la mordante froidure »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 33).
XVII.


L’hyver ameine il la mordante froidure
En ses mois ordonnez ? il faut estre en froideur.
L'Esté renflamme-il sa chaleureuse ardeur ?
Il faut du chaud bruslant endurer la pointure :

L'air est-il corrompu de pestilente ordure ?
Il faut tomber malade, & pallir de douleur,
Et du feu & de l'eau l'humeur & la chaleur
Nous encoffrent souvent dedans la sepulture :

Quelque fois nous treuvons un farouche animal,
Voire souvente-fois sous souffrons plus de mal
D'un homme envenimé, que d'un Tigre implacable,

Au fort de tant de maus encor refusons nous
Le secours de la Parque, autant facile & dous
Aus hommes vertueus, qu'au meschans dommageable.