Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« L’un plaint de ses enfans l’inopiné trespas »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 50).

LII.


L'un plaint de ses enfans l'inopiné trespas,
L'autre leur àge long, l'ung plaint sa femme morte,
L'autre que la mort blesme encore ne l'emporte
Au vaisseau de Charon sous les ombres la bas

L'un d'avoir en la Cour trop avancé le pas
Se lamente, & se deut, l'autre se desconforte
De battre si long tems au marteau de la porte
Et que pour y rentrer on ne luy ouvre pas :

Bref le monde est comblé de tant d'aspre martire,
Remplis de tant de maus, que pour les bien d'escrire
Il nous faudrait un monde aussi grand comme il est :

La seule mort nous peut arracher des tempestes
De tant d'advsersitez, mais nous sommes si bestes
Que le port de nos maus encore nous deplait.