Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« Le tems ne bouge point et jamais ne repose »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 344).

CCCLXXXVII.


Le tems ne bouge point & jamais ne repose,
La vie instable fuit & ne chemine pas
Fortune escrime & bat sans remuer les bras
Le monde nous despesche & n’en scavons la cause

L’amis avec l’amis se trompe à levre close,
La chair sans le sentir consomme nos esbas
Languissant sans secours le ceur chet au trespas
Et la nuit à nos yeus effroyable s’oppose

La memoire de nous comme neige deffaut,
Nostre gloire se passe & la mort nous assaut
Entrant en la maison sans buquer a la porte.

Il n’est pas ordonné que nous vivions tousjours
Incontinant fanit le plus verd de nos jours
Par l’hyver rigoureus que la viellesse apporte.