« Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ? »

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II


— Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ?
Te fallait-il de l’or pour te plaire à la vie ?
Quoi ! d’un pareil regret ton âme poursuivie
Sous la pourpre et la soie espérait moins souffrir !


— Non ; la pourpre et la soie auraient pu me couvrir
Sans prendre à leur réseau ma vanité ravie ;
Par de meilleurs zéphyrs ma jeunesse servie,
Loin d’un soleil pompeux, aurait aimé fleurir.

Il ne m’aurait fallu, sur un coin de la terre,
Qu’un loisir innocent, un chaume solitaire ;
Les trésors de l’étude à côté d’un ami ;

Et, vers l’heure où le jour fuit sous l’ombre naissante,
Une main pour répondre à ma main frémissante,
Un sein où me pencher, les yeux clos à demi.