« Un jour, hélas ! un jour »

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

AnonymeLe Pèlerin passionné

Un jour, hélas ! un jour…
William Shakespeare1

Traduit par François-Victor Hugo


Un jour, hélas ! un jour, l’amour, dont le mois est toujours mai, découvrit une fleur ravissante, se jouant dans l’air voluptueux.

Entre ses pétales veloutées, le vent invisible se frayait un passage ; si bien que l’amoureux, languissant à mourir, se prit à envier l’haleine du ciel :

« Zéphyr, dit-il, tu peux souffler à pleines joues ; zéphyr, que ne puis-je triompher comme toi !… Mais, hélas ! rose, ma main a juré de ne jamais te cueillir à ton épine ! Serment, hélas ! bien peu fait pour la jeunesse, si prompte à cueillir les douces choses.

» Si je me parjure pour toi, ne m’en fais pas un crime. Près de toi Jupiter jurerait que Junon n’est qu’une Éthiopienne, et, pour toi se faisant mortel, il nierait être Jupiter. »


1. Dans Peines d’amour perdues, ce poème est récité par Dumain, Acte IV, sc. iii.