À Lamartine, hommage poétique à l’occasion de l’inauguration de sa statue à Mâcon, le 18 août 1878.

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Gabriel Monavon Le Temps, 20 août 1878

À Lamartine, hommage poétique à l’occasion de l’inauguration de sa statue à Mâcon, le 18 août 1878.

Extrait de l’article du journal Le Temps[1]


Le cortège officiel arrive à une heure. La marche est ouverte par la fanfare de Lyon, celles de Châlon et de Mâcon. Viennent ensuite le préfet, le maire, le général commandant la division, le général de Gallifet et les employés des diverses administrations. À une heure et demie, le préfet déclare la séance ouverte. M. Mounet-Sully s’avance sur la plate-forme de la tribune d’honneur et donne lecture d’un sonnet qui, sur cent dix pièces proposées au concours, a obtenu le prix ; comme on n’a pas abusé de la poésie dans cette fête littéraire, j’ai cru devoir me procurer le texte de cette pièce de vers qui a été fort applaudie. L’auteur est M. Gabriel Monavon, de Grenoble:

Dépouille désormais l’appareil funéraire.
Toi dont l’âme et la lyre ont régné parmi nous,
Poète aux chants divins dont le front noble et doux
D’un long reflet d’amour s’environne et s’éclaire.

Sors vivant aujourd’hui des plis de ton suaire,
Pour être salué par un peuple à genoux,
Qui t’appelle au triomphe et se montre jaloux
De consacrer ton nom comme en un sanctuaire.

Sous le laurier superbe et l’éclatant rayon,
Entre la Rêverie et l’Inspiration,
Apparais comme un dieu dégagé de ses voiles;

Et, conduisant Elvire, astre et fleur de beauté,
Viens au seuil radieux de l’immortalité
Ceindre le nimbe d’or et le bandeau d’étoiles !

  1. Le titre du poème n’est pas indiqué dans le journal.