100%.png

À saint Bernard, sur la traduction de ses « Épîtres », par le R. P. dom Gabriel de Sainte-Geme

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Poésies diverses, Texte établi par Charles Marty-Laveaux10 (p. 122-123).

XXXV

À Saint Bernard,
Sur la traduction de ses Épîtres,
Par le R. P. dom Gabriel de Sainte-Geme.
Sonnet.

Ce sonnet, signé Corneille, se trouve en tête d’un volume intitulé : « les Lettres de sainct Bernard, premier abbé de Clervaux, docteur de l’Église ; traduites par le R. P. Dom Gabriel de sainct Malachie[1], Religieux Fueillent de l’Ordre de Cisteaux. Dédiées à Monseigneur le Mareschal de l’Hospital, » à Paris, chez Gaspar Meturas, M.DC.XLIX, in-4o. L’Achevé d’imprimer est du 23 août. On trouve d’abord dans ce volume neuf feuillets non chiffrés, puis huit pages numérotées, et c’est au recto du premier feuillet d’une nouvelle série non chiffrée que figure le sonnet de Corneille. Il est réuni ici pour la première fois aux Œuvres de Corneille. M. Paul Lacroix l’a inséré dans le no du 15 août 1863 du Bulletin du bouquiniste, d’après une copie qui lui a été adressée de Dôle et qui ne contenait point le titre de la pièce. Il pensait que les bibliothèques publiques de Paris ne possédaient point l’ouvrage de dom Gabriel ; nous en avons trouvé, à la Bibliothèque impériale, un exemplaire qui porte le chiffre d’inventaire C2043.


Du cloître et de la cour précieuse clarté,
Mais du cloître sans tache, et d’une cour sans crimes,
Aussi ferme soutien des ordres légitimes
Qu’implacable ennemi de la fausse équité ;
 

Toi qui jusqu’à nos rois portas la vérité, 5
Qui n’eus dans leurs conseils que de justes maximes,
Et fis, par un conseil rentré dans les abîmes[2],
Dans les raisons d’État régner la sainteté :

Aujourd’hui que la France, entendant tes oracles,
Voit tous ses cœurs charmés par de si grands miracles, 10
Fais-en suivre l’exemple à toute heure, en tout lieu ;

Et rendant à nos jours ce qu’aux tiens on admire,
Une seconde fois accorde en cet empire
La sagesse du monde avec celle de Dieu.


  1. L’auteur de ce livre est, comme on l’a vu, nommé dom Gabriel de Sainte-Geme par ceux qui s’adressent à lui ; mais il se nomme toujours lui-même, soit sur le titre, soit en signant la dédicace, Gabriel de Saint-Malachie, qui est probablement son nom de religion.
  2. C’est-à-dire par un conseil, une sagesse, qui a disparu de ce monde, qui est rentré dans les saints abîmes, les saintes profondeurs d’où il était sorti.