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Œuvres complètes d’Alexis de Tocqueville, Lévy/Discours prononcé à la séance publique annuelle des cinq Académies

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DISCOURS

PRONONCÉ A LA SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DES CINQ ACADÉMIES, LE 3 MAI 1847, AU NOM DE L’INSTITUT, DONT M. DE TOCQUEVILLE ÉTAIT PRÉSIDENTe siècle Messieurs,

Les sciences, les arts et les lettres ont entre eux des rapports si naturels et si nécessaires, qu’on peut dire qu’ils ne sauraient se développer séparément. On les voit d’ordinaire grandir ensemble, et ce n’est guère qu’en s’appuyant les uns sur les autres qu’ils peuvent marcher.

Cette fraternité et cette solidarité des différentes facultés humaines, quoique vaguement senties et de tout temps soupçonnées, n’étaient ni reconnues ni constatées. Les sciences, les lettres et les arts s’aidaient sans doute mutuellement, mais comme à leur insu ; ils se donnaient la main sans se voir.

C’est la Révolution française, messieurs, qui, en cette matière comme en beaucoup d’autres, a eu le mérite singulier, sinon de créer, au moins de produire et de Page:Tocqueville - Œuvres complètes, édition 1866, volume 9.djvu/43 Page:Tocqueville - Œuvres complètes, édition 1866, volume 9.djvu/44