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Œuvres poétiques de Chénier/Moland, 1889/Notes et fragments pour les élégies orientales

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Œuvres poétiques, Texte établi par Louis MolandGarnierVolume 1 (p. 311-312).


XCIII[1]

NOTES ET FRAGMENTS

POUR LES ÉLÉGIES ORIENTALES.


Il faut employer cette fable orientale du rossignol amoureux de la rose, à laquelle les poètes persans font de si fréquentes allusions. Il faut imaginer quelque chose pour en rendre raison dans le goût des Métamorphoses d’Ovide ; mais il ne faudrait point que cela fût commun. Peut-être dans les auteurs traduits du persan par Jones ou autre, je trouverai quelque idée.


As-tu vu cette belle ?… qui a telle et telle grâce ?… Je suis le rossignol amant de cette rose.

Megnouu et Leilek… Gemil et Shauba qui faisait des vers comme Saiiho.[2]




Peindre une belle Orientale avec sa chaussure de perles.



 
Où sont ces grands tombeaux qui devaient à jamais
D’une épouse fidèle attester les regrets ?
L’herbe couvre Corinthe, Argos, Sparte, Mycènes ;
La faux coupe le chaume aux champs où fut Athène.
Ilion, de ces Dieux qui bâtirent tes tours
Contre le fils d’Achille implore le secours.
Et toi qui, subjuguant l’un et l’autre Neptune,
De Rome si longtemps balança la fortune,
De tes murs aujourd’hui, de tes fameux remparts
On cherche vainement les cadavres épars.
Et vous, fiers monuments des arts et du génie,
Que la main d’une femme éleva sur l’Asie,
Prodigieuse enceinte où l’Euphrate étonné
Vit de ses flots vaincus le cours emprisonné,
Murs de bitume enduits, dont les vastes racines
Semblaient de l’univers attendre les ruines,
Temples, marbres, métaux, qu’êtes-vous devenus ?
Votre nom plus heureux, grâce aux chantres célèbres,
De la nuit envieuse a percé les ténèbres.


FIN DU PREMIER VOLUME.

  1. Éd. G. de Chénier. Le titre a été ajouté par nous.
  2. V. la Bibliothèque orientale de d’Herbelot.