A l’Auteur de la Symphonie alpestre

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Gabriel Monavon Extrait de : L'Entr'acte lyonnais, Journal des théâtres et des salons, 8 novembre 1868

A l'Auteur de la Symphonie alpestre


Lamartine a chanté le lac au frais rivage,
Aux flots berçant Elvire avec des bruits charmants.
Ses vers mélodieux trouveront d'âge en âge
Des échos immortels dans le cœur des amants.

Byron, livrant sa voile à la vague qui gronde,
O farouche Océan ! célébrait ta grandeur ;
Contemplait, au miroir agité de ton onde,
Tes abîmes béants, moins profonds que ton cœur...

Ossian remplissait, à la voix des orages,
De ses puissants accords la grotte de Fingal.
Et, peuplant de héros le palais des nuages,
Consacrait aux guerriers son rythme triomphal.

Toi, prêtre des hauts lieux ! aigle au grand vol ! poète !
Tu chantes les sommets perdus dans le ciel bleu,
Les Alpes ! ces géants dont le sublime faîte,
Escalier de cristal, s'élève jusqu'à Dieu !...

Ainsi lac, mer, nuée, ont leur voix poétique ;
Toi, tu prêtes aux monts un accent solennel....
Mais la foi te pénètre et ta harpe biblique
Mêle aux hymnes du Pinde un écho du Carmel.