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Agar dans le désert

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ESSAIS DRAMATIQUES.





AGAR
DANS LE DÉSERT,


SCÈNE LYRIQUE,


composé en 1806.

PERSONNAGES

AGAR.

ISMAËL.

L’ANGE.


La scène est dans le désert de Bersabée.

AGAR
DANS LE DÉSERT.


AGAR ET ISMAËL.


Agar.

Ismaël, cher enfant, laisse-moi te porter dans 
mes bras, je t’en prie : le sable est si brûlant,
 et tes pieds fatigués peuvent à peine te soutenir.


Ismaël.

Non, non, ma mère, je puis marcher encore :
 cependant, si tu le permets, nous nous repo
serons tous les deux quelques instans.


Agar.

Hélas ! mon fils, si nous attendons ici la nuit,
 seuls, sans secours, égarés dans le désert aride, 
que deviendrons-nous demain ?


Ismaël.

Nous continuerons notre route, après avoir pris, ce soir, quelque nourriture.


Agar, à part.

Quelque nourriture ! Hélas ! le pauvre enfant
 ne sait pas que notre provision est épuisée. 
Comment le lui dire ? et que faire, néanmoins, 
s’il ne peut plus marcher ?


Ismaël.

Ma mère, viens t’asseoir à côté de moi ; cela me rendra des forces. (Agar s’assied sur un rocher à côté
 de son enfant.) Dis-moi, ma mère, pourquoi avons-
nous quitté la maison de mon père ? on y étoit
 si bien, l’air y étoit si frais sous les palmiers !


Agar.

Ismaël, ta mère n’étoit qu’une pauvre es
clave que ton père Abraham avoit emmenée
 d’Égypte. Quand la superbe Sara, son épouse,
 obtint du ciel un fils, notre présence à tous 
les deux lui devint importune ; elle demanda 
notre exil, et ton père y a consenti.


Ismaël.

Quoi, mon père ! et savoit-il combien le dé
sert est brûlant, comme on y est seul, comme
 on y souffre ?


Agar.

Il croyoit, mon enfant, que nous aurions la force de le traverser plus vite, car il est bon,
 Abraham : je ne murmure point contre lui ; mais Sara, la barbare Sara, que d’outrages
 j’en ai reçus !


Ismaël.

Son fils Isaac aussi m’a cruellement traité : 
 je le chérissois pourtant depuis qu’il est né ; je
 jouois avec lui, tout petit qu’il étoit ; j’allois 
chercher ce qui lui plaisoit pour le réjouir
, et le cruel, quand je l’appelais mon frère, 
m’appeloit son esclave. Ma mère, pourquoi
 Sara, pourquoi son fils ne nous aiment-ils pas ? 
Toi surtout, ma mère, toi, qui pourroit te 
haïr ! D’où vient donc que nous sommes ici ?


Agar.

Mon enfant, je t’ai dit tout ce que je savois. 
Supportons notre sort avec courage. (Elle se lève.) 
Essaie encore de faire quelques pas. Peut-être 
trouverons-nous plus loin de l’ombre, quel
ques fruits, une source rafraîchissante.


Ismaël.

Ma mère, je ne vois rien que du sable, et 
ce soleil est si ardent ! Ah ! si je le priois de se 
voiler pour nous. (Il se jette à genoux.) Soleil !…


Agar.

Mon enfant, que fais-tu ? c’est Dieu qu’il
 faut prier ; c’est lui qui a créé le soleil ; c’est 
lui qui est notre père.


Ismaël.

Notre père ! et nous traitera-t-il mieux
 qu’Abraham ?


Agar.

Oui, mon enfant. Il n’a ni foiblesse, ni 
crainte : il est souverainement bon, parce qu’il 
est tout-puissant il a pitié de l’homme, et 
l’homme souvent n’a pas pitié de son semblable ; la Divinité s’attendrit, et la créature
 est inflexible. Dieu, qui est là haut, nous voit
 et nous entend.


Ismaël.

Nous ne sommes donc pas seuls ici, ma
 mère ; ah ! tant mieux. Écoute, si tu veux que
 je marche encore, donne-moi quelques gouttes 
d’eau.


Agar.

Mon enfant, il ne nous en reste que bien 
peu, et je te la réservois pour ce soir.


Ismaël.

Et toi, ma mère !


Agar.

Je n’en ai pas besoin.


Ismaël.

Oh ! si cela est ainsi, donne-m’en quelques
 gouttes ; la soif me dévore.


Agar.

Et tu ne me le disois pas !


Ismaël.

Ma mère, je voulois que toute l’eau fût pour 
 toi.


Agar.

Cher enfant ! tiens. (Elle lui donne à boire.)


Ismaël.

Ah ! je te remercie. Je suis bien mieux ; partons. — Si je pouvois te distraire en route par 
ces contes que je te faisois le soir chez mon 
père, et qui te plaisoient tant ! Une fois, je m’en 
souviens, je te racontois comment une brebis, 
la brebis d’Abel, cherchoit partout son maître, 
qui avoit disparu ; elle ne savoit plus où trou
ver sa nourriture ; l’eau… (Il soupire.) l’eau lui 
manquoit aussi. Ma mère, alors j’étois si enfant, 
 que l’histoire de cette pauvre brebis ne me fai
soit pas beaucoup de peine ; mais à présent, je 
sais ce que c’est que souffrir ; je pleure de tout : 
 la voix me manque.


Agar.

Mon enfant, le temps de nos plaisir est 
passé. Tâchons seulement de continuer notre route.


Ismaël.

Et cet instrument, ce sistre dont je com
mençois à bien jouer, l’as-tu apporté avec
 toi ?


Agar.

Mon fils, je ne pouvois porter que du pain 
et de l’eau. (à part.) Hélas ! et je n’en ai point eu 
assez.


Ismaël.

Tu as raison, ma mère ; pardon : mais tout
 triste que je suis, il y a des momens où je vou
drais redevenir gai comme autrefois : je l’es
saie, et je ne puis. Allons, je pars. (Il passe le premier.) 
Suis-moi.


Agar.

Ô mon Dieu ! protégez Ismaël ! Si je fus trop
 fière de vos dons dans les jours de ma prospé
rité, si je méprisai l’âge avancé de Sara, si je me complus avec orgueil dans ma force et dans ma jeunesse, punissez-moi ; mais épargnez ce pauvre enfant, le plus simple, le plus doux, le plus innocent de tous les êtres ; faites-lui res
pirer cet air suave, cet air bienfaisant que vous accordez ; en Égypte, aux habitans de ma pa
trie. Ce ciel brûlant, ce ciel d’airain n’est pas l’image de votre bonté paternelle.


Ismaël, revenant sur ses pas.

Ah ! ma mère, qu’ai-je vu ?


Agar.

Qu’as-tu donc, mon enfant ? ô ciel ! d’où
 vient que tu es si pâle ?


Ismaël.

Ah ! je ne peux plus me soutenir. J’ai peur.


Agar.

Mon enfant, parle donc. Comment puis-je te rassurer, si j’ignore la cause de ton effroi ?


Ismaël.

Je viens de voir un homme étendu sur le sable : il tenoit encore dans ses dents sa main à demi dévorée par lui-même ; il ne remuoit plus, et cependant il ne dormoit pas : il étoit comme ce vieillard que je vis porter dans la tombe l’année dernière, il étoit…


Agar.

Mort, mon fils : eh bien !…


Ismaël.

Mais, ma mère, cela ne se peut pas ; il n’étoit pas vieux ; viens le voir.


Agar.

À quoi bon, mon fils, puisque je ne peux plus le secourir ?


Ismaël.

Ma mère, il était de ton âge. Comment donc a-t-il pu mourir ?


Agar.

Mon fils, on peut succomber à tous les pas du voyage.


Ismaël.

Ainsi donc, si comme à cet infortuné la nourriture nous manquoit, toi… moi….


Agar.

Oui, mon fils.


Ismaël.

Et tu pleures, tu crois donc… Ma mère, si je dois mourir, embrasse-moi, et laisse-moi dormir sur ton sein.


Agar.

Cher enfant, tu ne peux donc plus marcher ?


Ismaël.

Je ne le puis si je n’ai dormi quelques heures ; mes paupières s’apesantissent. À mon réveil, tu me donneras encore de cette eau : nous la partagerons ensemble.


Agar.

Quel sommeil, quelle pâleur ! Ô mon Dieu ! 
ne souffrez pas que son charmant visage soit défiguré ! le reconnoîtrois-je dans le ciel s’il n’avoit plus ces traits enchanteurs que j’ai contemplés tant de fois ? — Il se fioit si bien à moi ! il est parti si gai de la maison de son père ! Ma mère, disoit-il, allons-nous cueillir quelques fruits dans les bois ? allons-nous attraper cet oiseau de mille couleurs que tu m’as promis l’autre jour ?… et je le menois dans le désert. Cher enfant ! pardonne si je t’ai caché notre sort ; ce n’étoit point pour te tromper, c’étoit pour retarder l’instant de la douleur. Hélas ! n’est-ce pas ainsi que l’homme lui-même est attiré par la destinée ? Il avance sans crainte, il croit voir devant lui l’horizon immense et riant de la vie, et par degrés les nuages l’enveloppent, l’espérance l’abandonne, 
et quand la mort l’atteint, il a déjà tant souffert, qu’elle est presque la bienvenue. Mais toi, mon enfant, faudra-t-il que tuu perdes si tôt le jour ! Non, je te retiendrai ; non, je ferai passer ma vie dans tes veines. Ah ! que dis-je ? impuissante créature que je suis, je puis mourir à tes pieds, et c’est tout. Sables arides qui m’environnez, désert silencieux, 
 effroi de la solitude, vous pénétrez jusqu’au fond de mon cœur. Ô mon fils ! tu dors sans crainte auprès de moi, tu crois que je puis te protéger toujours, et tu ne sais pas que je suis sans défense contre la nature, enfant comme toi devant elle, et moins digne que toi de l’attendrir.


Ismaël, rêvant.

Ah ! des orangers, des fruits désàltérans, de l’eau, ma mère… ce soleil…


Agar.

Il rêve, et pendant son sommeil l’ardeur des rayons le consume ; je veux essayer de l’en garantir avec mon voile. (Elle détache son voile.) Parure des jours de fêtes, don que me fit Abraham quand il m’aimoit, quand il m’appeloit son Agar, servirez-vous encore à son fils ! (En voulant tendre son voile sur la tête d’Ismaël elle fait un faux pas, et renverse le vase qui contenoit sa provision d’eau.) Dieu puissant ! ah ! L’eau, l’eau qui devoit sauver mon fils, elle est renversée, il n’en reste plus une goutte. C’est moi qui ai tué mon fils. Ô terre impitoyable, 
entr’ouvre-toi.


Ismaël.

Ma mère… j’entends ses cris, où est-elle ? ah ! ma mère, tu es couchée à terre comme l’infortuné que je viens de voir.


Agar.

Ismaël, Ismaël !


Ismaël.

Ah ! je t’entends, tu parles ; viens vers moi, je n’ai plus de force pour marcher, jusqu’à ce que tu m’aies donné un peu de cette eau.


Agar.

De l’eau, de l’eau, je n’en ai plus !


Ismaël.

Tu as donc tout bu, ma mère ? eh bien !…


Agar.

Cruel ! moi, j’en aurois pris une goutte ! tu n’as pu le croire. Regarde, j’ai voulu attacher ce voile pour garantir ta tête des rayons du soleil, et dans ce moment le génie de la perfide Sara, celui qui nous poursuit dans le désert, a brisé ta dernière ressource ; il n’en est plus. — Ismaël, si tu me crois coupable, ne sois point arrêté par le respect filial ; maudis ta mère, elle est à tes pieds : maudis-la, puisque son inutile amour n’a pu ni te protéger, ni te conserver la vie. Peut-être ainsi tu me soulagerois de la dévorante pitié que je ressens pour toi.


Ismaël.

Ma mère, que dis-tu ? je t’aime… mais une goutte d’eau pourrait seule me rendre à la vie. — Que vois-je à l’horizon ! ne sommes-nous pas près de la mer ?


Agar.

Hélas ! mon enfant, ce sont les vapeurs qui s’élèvent de la terre brûlante, et que tes yeux fascinés prennent de loin pour des ondes.


Ismaël.

Oh ! tu te trompes, j’en suis sûr : il y a de l’eau là bas, là bas : conduis-moi vers cette image qui m’attire, elle me rafraîchira.


Agar.

Des déserts de sable nous en séparent, et nos pieds s’enfonceront dans l’aride poussière.


Ismaël.

Ma mère, d’où vient que je ne te vois plus ? est-ce que le ciel se couvre de nuages ? va-t-il tomber de la pluie qui nous désaltérera ?


Agar.

Non, mon enfant, le ciel est en feu.


Ismaël.

Cependant j’ai si froid…


Agar.

Tu as froid ? ah ! mon enfant, mon enfant !


Ismaël.

Ma mère, de l’eau, de l’eau… Adieu. (Il tombe sans connoissance.)


Agar.

Il est évanoui, il va mourir ; je ne puis lui donner aucun secours ; le ciel et la terre m’en refusent. Le voyageur du désert ne portera-t-il point ses pas dans ces lieux ? — Non, non, aucun être vivant ne sauroit y subsister : les oiseaux, les insectes mêmes ont quitté cette horrible solitude ; il n’y a ici qu’un fils et sa mère, et le Tout-Puissant les y abandonne. Ah ! Dieu, ai-je mérité une telle douleur ? quel est le crime qui ne seroit pas trop puni par les maux que j’endure ? Je considère ma vie : sans doute elle fut pleine de faiblesses. L’amour m’aveugla, la vanité me séduisit. Je voulus plaire et régner ; mais au fond de mon cœur, votre image, ô mon Dieu ! ne fut jamais effacée. Je vous adorai daus tout ce qui est beau sur la terre, dans tout ce qui est inconnu dans le ciel. Jamais le malheur ne m’a trouvée insensible ; je n’aurois jamais refusé à personne la pitié que j’implore en ce moment. Dieu tout-puissant, telle que j’étois enfin, vous m’avez trouvée digne d’être mère, vous m’avez accordé cette gloire et ce bonheur. La tendresse que j’éprouve pour cet enfant ne ressemble-t-elle pas à votre amour pour la créature, et les cris d’une mère ne retentissent-ils pas dans le ciel ? Rendez mon fils à la vie, que j’entende sa voix, que ses bras innocens me pressent encore, que ses regards si doux s’attachent encore sur moi ! Ô Dieu ! tout ce charme de l’enfance, toute cette, passion de mère vient de vous. Ah ! que le vent de la tombe ne souffle pas si tôt sur Ismaël, qu’il ne me soit pas si tôt enlevé. Mon Dieu ! laissez-le-moi jusqu’à ce que je meure. Ah ! le fils ne doit pas précéder la mère dans le cercueil… Rocher dont il jaillissoit peut-être jadis une source salutaire, que ton aspect est sauvage ! Immobile nature, je suis seule avec toi… Ai-je entendu quelque bruit ? non, non, personne ne m’a répondu. Il y avoit, tout à l’heure, une voix, d’enfant qui me disoit : ma mère ! Mais cette voix-là, je ne l’entendrai plus. Je ne suis plus mère. Mon fils, mon unique ami ! du moins je te suivrai bientôt, je souffre aussi comme toi ; cette, soif qui t’a dévoré me consume : cette mort qui plane sur ta tête, elle étend aussi sur moi ses ailes noires. Bienfaitsante mort, tu sais qu’on ne peut survivre à ce qu’on aime ! Ô terre ! mon unique asile ; poussière des morts, tu ne frémis pas de pitié pour les vivans. N’importe, il faut bien que tu me reçoives. Oui, mon Dieu, vous m’exaucez, vous ne me rendez pas mou fils, mais vous me rappelez à vous ; je succombe, le terme de mes jours approche… Ô ma 
 patrie ! Égypte, fertile Égypte, est-ce toi que je vais revoir ? les souvenirs de l’enfance se 
renouvellent seuls pour moi, et les peines de la vie disparoissent J’aperçois les bords du Nil ; l’air est rafraîchi par ses flots ; il n’y a plus de chaleur : d’où vient que je la redoutois tant, la chaleur ? C’étoit le froid qu’il falloit craindre, c’est le froid qui est mortel ; il vient glacer mes veines. Je frissonne, je tremble ; c’en est fait. (Elle l’évanonit.)

(Une musique céleste se fait entendre.)

Agar.

Ah ! quels sons enchanteurs ! Suis-je déjà passée dans une autre vie ? est-ce ici le Paradis ? Non, je n’y vois point mon fils.

(La musique continue ; un ange apparoît derrière un nuage.)


L’ange.

Agar, Agar !


Agar.

Quels accens ! quelle voix !


L’ange.

Agar, pourquoi t’affliges-tu ? l’Éternel a entendu les pleurs de ton enfant.


Agar.

Mon enfant est-il déjà dans le ciel ? Est-ce lui qui m’appelle ? a-t-il redemandé sa mère, et le Tout-Puissant me fait-il ouvrir, à cause de lui, les parvis célestes ?


L’ange.

(Il frappe un rocher de la palme qu’il tient à la main, et en fait jaillir une source.)

Agar ! regarde.


Agar.

De l’eau, de l’eau ! et mon fils n’en aurait pas ; non, je n’en veux point. Non, j’aime mieux mourir !


L’ange.

Agar, les bienfaits de l’Éternel sont sans bornes ; il fait naître la source dans les déserts, comme l’espérance au fond des cœurs flétris par l’infortune. Remplis ta coupe, Agar, et va la porter à ton fils.


Agar.

Dieu, seroit-il possible ?


L’ange.

Ismaël, Ismaël ! le Tout-Puissant te rappelle à la vie.


Ismaël.

Ah, ma mère !


Agar.

Ah, mon enfant !


Ismaël.

Quel bien tu me fais ! sans toi j’allois mourir, et je ne t’aurois plus revue.


Agar.

Mon enfant, ce n’est pas moi, c’est l’envoyé du ciel qui a fait jaillir cette source du rocher : c’est lui qui a ranimé ta vie défaillante. Ah, divin messager ! pardonne ; j’ai d’abord serré mon fils contre mon cœur ; j’ai joui de tes bienfaits avant de t’en remercier. (Elle se met à genoux avec son enfant.)


L’ange.

Agar, lève-toi, prends ton fils par la main, et suis-moi, je serai ton guide. Agar, Ismaël sera la tige d’un grand peuple, souverain de ces déserts de l’Arabie où tu périssois avec lui. Ce peuple n’habitera point les villes, il ne possédera que son arc et ses flèches, il se défendra contre les hommes et contre les bêtes de proie, et n’obéira qu’au ciel d’où je suis descendu pour te sauver. Reçois, ô femme, la leçon du bonheur, après avoir éprouvé celle de l’infortune ; élève ton fils dans la crainte et dans l’amour du Très-Haut ; et quand la vieillesse épuisera tes forces, Ismaël n’oubliera pas qu’il doit la vie à tes larmes ; et sa main guerrière soutiendra tes pas chancelans.


FIN D’AGAR DANS LE DÉSERT.