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Analyse du Kandjour/Mdo/04

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Csoma de Körös
Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 236-238).
VOLUME IV. — (Nga)

Dans ce volume de 444 feuillets, il y a cinq traités séparés ou Sûtras ; mais ils sont tous de peu d’importance et aucun n’est de nature à exciter la curiosité littéraire.

1. Le premier a pour titre sanskrit : Arya « Kuçalu mûla paridhara » nâma mahâyâna-sûtra. Tib. Hphags-pa « dge-vahi-va-yongs-sa hdzin-pa » jes bya-va-theg-pa-chen pohi mdo འཔགས་པ་དགེ་བའི་རྩ་བ་ཡོངས་སུ་འཛིན་པ་ཞེས་བྱ་བ་ཐེག་པ་ཆེན་པོའི་མདོ : « Compréhension de racines (ou éléments) de vertu », vénérable Sûtra de grand Véhicule.

Il fut prononcé par BcoM-ldAN-hoAS (Çâkya) dans un parc voisin de Râjagṛha (appelé en tibétain Hod-mahi-ts’al, etc., Sk. Venuvanam, « bois de bambous ». Il y a une longue énumération de ses disciples arrivant de tous côtés et de leurs salutations. Le sujet est un enseignement moral et métaphysique. L’ensemble est incohérent, abstrait, mélangé ; aussi n’en peut-on rien dire avec précision. Les organes, les sens, les opérations de l’esprit et le vide (Çûnyatâ) sont les lieux communs de ce Sûtra aussi bien que des suivants. Çâkya s’intéresse fréquemment à Çâradvatihibu (un de ses principaux disciples) qui lui demande à plusieurs reprises d’expliquer la signification de tel et tel terme ou phrase. Ce Sûtra occupe les folios 1-346. Il est divisé en dix-huit portions artificielles (Bam-po) et quinze chapitres. Il a été

1 traduit par le Pandit indien I’ha-ina-varma et par Ye-çes-sde, corrigé et arrangé depuis par Prajnâ-varma, Jnâna-garbha et Ye-çes-sde.

2. Le second Sûtra de ce volume (folio 346-421), intitulé en sanskrit Arya-sangghâtî-sûtra dharma paryâya, tib. Hphags-pa-zung-gi-mdohi chos kyi-rnam-grangs, འཕགས་པ་ཟུང་གི་མདོའི་ཆོས་ཀྱི་རྣམ་གྲངས​, « recueil d’énumérations de plusieurs choses relatives à la religion ou à la doctrine morale », fut prononcé par Çâkya sur le mont Gṛdhrakuṭa (tib. Bya-ṛgod-phung-po) près Râjâgṛha, où étaient rassemblés trente-deux mille prêtres, parmi lesquels ses principaux disciples Kun-çes Kondinya, Maungalyana, Çârihibu, Hod-srung-chen-po, etc, beaucoup de Bodhisattvas, de Devas et de Nâgas, pour présenter leurs respects à Bcom-ldan-hdas. Sujet : un Bodhisattva appelé en tib. Kun-tu-dpah-va prie Çâkya de les instruire de telle sorte que, en entendant sa leçon, les vieux puissent être purifiés des souillures de leurs œuvres et les jeunes s’évertuer désormais pour exceller dans la vertu. Déférant à cette demande, il les instruit en discourant avec ce Bodhisattva et deux autres, en prose et en vers.

Ce Sûtra a été traduit par les Pandits indiens Jina-mitra et Dâna-Çila, et l’interprète tibétain Ye-çes-sde.

3. Le troisième Sûtra de ce volume (folios 421-438) a pour titre sanskrit :

Aryâcintya prabhâsa nirdeça-nâma dharma paryâya. Tib. : Hphags-pa (Khyehu) snang-va-bsam-gyis-mi-khyab-pas-bstan-pa-jes-bya-va-chos-khyi-rnam-grangs. འཕགས་པ་ (ཁེའུ) སྣང་བ་བསམ་གྱིས་མི་ཁྱབ་པས་བསྟན་པ་ཤེས་བྱ་བ་ཆོས་ཀྱི་རྣམ་གྲངས​. Instruction par (l’enfant) ; inconcevable lumière, c’est-à-dire énumération de plusieurs matières appartenant à l’enseignement religieux.

Il fut prononcé à Mñan-yod (Sk. Çrâvasti en Kocala). Les orateurs sont Çâkya et un petit enfant qui l’interpelle par le nom de Gautama. Auditeurs : mille deux cent cinquante Gelongs ou prêtres et cinq cents Bodhisattvas. Sujet : l’histoire de cet enfant ; comment il fut trouvé seul dans une maison vide et solitaire. Conversation de Çâkya avec lui (en vers). Lieux communs moraux et spéculatifs. L’âme (ou le Ego et Meum). Çûnyatâ ou la vacuité, le vide. Les ornements d’un Bodhisattva sont ses bonnes qualités et perfections. Traduit par Surenda-bodhi et Ye-çes-sde.

4. Le quatrième Sûtra de ce volume (folios 438-441) est intitulé Arya-Tathâgata-nâma Buddha-xetra-gunokta-dharma-paryâya. Tib. Hpags-pa-de-bjin-gçegs-pa-rnams-kyi-jing-gi-yon-tan-brjod-pahi chos-kyi rnam-grangs. འཕགས་པ་དེ་བཞིན་གཤེགས་པ་རྣམས་ཀྱི་ཞིང་གི་ཡོན་ཏན་བརྗོད་པའི་ཆོས་ཀྱི་རྣམ་གྲངས​. « Énumération de choses ou de matières religieuses relatives aux qualités ou perfections de la province de Buddha des vénérables Tathâgatas. » Un des Bodhisattvas, s’adressant aux autres par des exclamations, leur dit les noms de plusieurs provinces de Buddha en ajoutant toujours que dans chaque nouvelle province un jour est égal à un Kalpa de la précédente. Telle est la substance de cet ouvrage.

Le suivant qui occupe quatre feuilles et ne porte que le titre tibétain de Dkyil hkhor-brgyad-pa[1], དཀྱིལ་འཁོར་བརྒྱད་པ, « les huit cercles » (ou Mandalas), se réduit à peu près à cette déclaration que quiconque aspire à la prospérité ou au bonheur doit décrire ces huit cercles.

  1. Le titre sanscrit serait : aṣṭamandalaka qui est l’intitulé du texte II de Mdo, vol. XXII.