Anarchos malfaiteurs
anarchos malfaiteurs

Ah ! nom de dieu, ça y est.
Les jean-foutre de la gouvernance et leurs larbins, les enjuponnés poursuivent les camaros arrêtés.
Y se sont bien tâtés avant, foutre ! Et puis y se sont dit qu’ils pouvaient risquer le paquet, mille tonnerres.
À force de fouiner dans leur merdaillerie salope qu’ils appellent le Code, ils ont déniché trois trucs pas cochons.
Les articles 265, 266, 267 qui bafouillent des histoires à dormir debout sur les soi-disant malfaiteurs et leurs associations ;
Oui, foutre, paraît que les bons bougres d’anarchos sont des salopiauds organisés en bande contre les gens et les propriétés.
J’en rigole presque, nom de dieu !
Si y avait pas une douzaine de riches fieux que les enjuponnés vont emmerder ferme, on n’aurait qu’à se tordre.
Voyez-vous ça, les aminches, les anarchos en bande avec des chefs et des commandants.
C’est tout au long dans leur Code, nom de dieu.
Est-ce qu’y a pas tout dans leur saloperie de bouquin cochon.
Ça fait rien : autrefois on reprochait aux bons bougres de gueuler ferme contre toute autorité ou organisation.
Aujourd’hui on les fout dedans sous prétexte qu’ils sont organisés.
Faudrait s’entendre, nom de dieu.
Turellement les anarchos n’aiment pas les proprios et quand y pourront foutre le grappin sur leurs cambuses, y a pas de pet qu’ils reniflent.
Mais, foutre, pour avoir ces chouettes idées dans la caboche, c’est pas la peine d’être organisés, nom de dieu.
D’abord on ne s’organise que pour exploiter, mille tonnerres.
Et c’est les exploiteurs que nous voulons foutre à cul, nom de dieu !
Mais quand on est jugeur, on raisonne pas, et quand on est foireux on essaye de cacher sa merde.
C’est ce que font les salopiauds.
Ils ont une telle chiasse, qu’y veulent faire les malins,
Comme les loupiots qui ont le trac et qui gueulent dans la nuit pour se foutre du courage dans le ventre.
C’est la peur qui fait marcher tous ces charognards de l’injustice, nom de dieu. Y se sont dit tout doucement :
Foutre, si on les relâche tous ; y vont grogner ces gas-là, car y sont à cran. Et puis, les jean-foutre de bourgeois vont gueuler que nous foirons. Et y sont capables d'ne plus nous foutre de galette. Faut pas ça, nom de dieu.
Alors dans le tas, ils ont choisi un peu au hasard, parce que c'est plus rigolo.
D'abord ils ont pris mon fiston Pouget pour m'emmerder.
Y va rien endever, le vieux Peinard, qu'ils pensaient les charognes. On va te le garder, ton mioche, et puisqu'il est chouette, ton loupiot, on va le foutre malfaiteur, c'est une profession rupine, nom de dieu.
Les couillons !
Comme si il ne s'en foutait pas, le camaro, d'être appelé malfaiteur par les chands de justice !
Après, ils ont tapé dans le tas, Brunet, un copain du rabot, Morin, un chouette petit bougre, depuis deux mois au ballon pour deux francs cinquante, Robichou, un camaro que je connaissais pas, Colliard un bon bougre de la terrasse, les Ferrière qu'avaient gueulé contre les galonnards à Saint-Denis, Louiche, un riche coup de gueule en réunion, Paoli un camaro macaroni, et Calamy, un socialo qui venait à l'Anarchie.
Peut-être bien que la liste n'est pas close, car on sait jamais avec ces nom de dieu de vaches en jupon, mille tonnerres !
Puisqu'ils ont découvert ces trois couillonnades sur les associations, j'espère, nom de dieu, qu'après les avoir essayé sur les Anarchos, y vont pas manquer de les employer sur les coquins associés de la haute, nom de dieu.
Y en a des tas des associations de malfaiteurs, mille bombes,
Malfaiteurs, les charognards de tous les Aquariums qui se foutent des ceintures officielles autour du cul, et la galette volée au populo dans la poche ; Malfaiteurs, tous les bandits enjuponnés, bonheurs de papier timbré, grignoteurs de saloperies ministérielles, procureuses de bagne et de guillotine ; Malfaiteurs, tous les journaleux vendus et pourris, salopiauds qui engueulent les bons bougres, ou les livrent à la roussée, pour venir toucher le pognon de la police ; Malfaiteurs, les socialos à la manque qui organisent des tas de salopises pour exploiter le populo et se faire envoyer dans quelque aquarium à vingt-cinq balles par jour.
J'en finirai pas, nom de dieu, si je devais les énumérer toutes les bandes de salopiauds misérables.
Mais y a pas de pet qu'on y touche, à ces frérots-là, nom de dieu.
C'est-y pas eux qui font vivre les enjuponnés, qui leur foutent l'encensoir sur la gueule, qui leur graissent la patte, tous les jours, mille tonnerres.
Ça fait pitié de voir tant de salopises, et si on n'était pas sur que ça va bientôt finir.
Et que le moment approche où on les réunira tous dans le même sac.
On s'en ferait sauter le caisson, pour sûr.
Mais faut pas se décourager, nom de dieu !
Derniers tuyaux :
Au dernier moment, nom de dieu, j'apprends que les charognes de l'injustice ont relâché les camaros Louiche, Ferrière ainé et Pernin.
Ça les a assez emmerdé, mille tonnerres !
Aussi, pour se rattraper voilà qu'ils bouclent de nouveau Béala et sa compagne pour les envoyer à Montbrison avec le copain Ravachol.
Si c'est pas révoltant, nom de dieu !