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Année des dames/2/13 octobre

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Crevot, libraire (2p. 145-147).

13 octobre. — Mlle DE L’ESPINASSE.

» Je n’ai point connu (dit Laharpe), de femme qui eût plus d’esprit naturel, moins d’envie de le montrer, et plus de talens pour faire valoir celui des autres. Elle mettait tout le monde à sa place et chacun était content de la sienne Avec un grand usage du monde, elle avait l’espèce de politesse la plus aimable, celle qui a le ton de l’intérêt. Ce ton lui était facile. Son âme, singulièrement aimante, attirait tout ce qui avait en ce genre des rapports avec elle. Aussi personne n’a jamais eu autant d’amis et chacun d’eux en était aimé comme s’il eût été seul à l’être. On n’a jamais eu plus d’activité et plus de plaisir à obliger. » Tel est le portrait que font tous les contemporains de Mlle de l’Espinasse. Elle avait été élevée dans un couvent de province, sans connaître sa famille, elle fut appelée à Paris par Mme Dudeffant, qui, vieille et aveugle, voulu l’avoir auprès d’elle, pour rendre sa maison plus agréable. Mademoiselle de l’Espinasse avait une figure intéressante un esprit cultivé et sans prétention. Elle s’acquit bientôt l’estime et la confiance de tous les hommes de mérite qui fréquentaient la maison de Mme Dudeffant. Le roi lui ayant accordé une pension, mademoiselle de l’Espinasse prit une maison et rassembla chez elle la société la mieux choisie. C’était presque un titre de considération d’y être reçu, parce qu’on y trouvait tous les hommes célèbres que Paris possédait alors. La santé de mademoiselle de l’Espinasse était faible ; elle mourut ou plutôt elle s’éteignit le 13 octobre 1776.