Aller au contenu

Année des dames/2/7 août

La bibliothèque libre.
Crevot, libraire (2p. 52-54).

7 août. — Mme BOURDIC-VIOT.

Marie-Anne-Henriette Payan de l’Étang, née à Dresde en 1746, mariée à treize ans, et veuve à seize du marquis d’Antremont, épousa en secondes noces le Baron de Bourdic, auprès de qui elle coula des jours paisibles. Douée d’une imagination vive, et d’un grand amour pour l’étude, elle apprit le latin, l’anglais, l’allemand, l’italien ; elle cultiva les muses et les beaux-arts, et se fit connaître avantageusement sous les trois noms d’Antremont, de Bourdic, et de Bourdic-Viot. Ses poésies lui ouvrirent les portes de l’académie de Nîmes ; elle prononça, pour son discours de réception, un éloge de Montaigne, son auteur favori. Cet éloge où Montaigne est bien apprécié, sera long-temps la meilleure apologie de l’auteur des Essais. Mais c’est sur-tout dans ses poésies que Mme Bourdic-Viot, s’est fait une gloire durable. On peut citer son Ode au silence, son petit poëme de l’Été, sa romance de la Fauvette, etc., comme des modèles sous le rapport du style, de l’esprit, du sentiment et des grâces. Bonne, modeste, enjouée, Mme Bourdic-Viot fit les délices des sociétés de Paris. — Avec une taille élégante, elle n’était pas jolie. Voici le portrait qu’elle a fait d’elle-même : « J’ai le front étroit, de très-petits yeux, assez expressifs, lorsqu’un sentiment agréable agite mon ame ; la face aplatie, les joues arrondies, la bouche assez gracieuse, le teint blanc, mais marqué de petite vérole. Sous cette enveloppe, la nature a placé un cœur droit et sensible ; j’ai beaucoup d’égalité dans l’humeur, mais beaucoup de variété dans tout ce qui s’appelle goût. Avec la candeur d’un enfant, j’ai rarement de l’esprit, quelquefois de l’imagination…… » — Cette muse fut enlevée à la France, le 7 août 1802.