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Anthologie japonaise ; poésies anciennes et modernes/Hyakou-nin-is-syou/Le rocher de la haute mer

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LE ROCHER DE LA HAUTE MER





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Wa-ga sode-va siho-hi-ni mihenu oki-no isi-no,
Hito koso sirane kavaku ma-mo nasi[1].


La manche de mon vêtement (inondé de tes larmes), semblable au rocher de la pleine mer qui n’apparaît pas même à la basse marée,

Il n’est personne qui puisse voir une place où elle se soit séchée[2].

Extrait du Sen-zaï-siû. L’auteur, Sanu-ki, ne cesse point de pleurer son amant, de telle sorte que la manche de son vêtement est complétement inondée de ses larmes. Par « rocher qui n’apparaît pas même à la basse marée », on fait entendre que la passion qui dévore le poëte est concentrée dans son cœur et ignorée du monde.

Sanu-ki, dame de la cour de Ni-deô-no In, soixante-dix-huitième empereur du Japon (1159 à 1165 de notre ère), était fille de Gen-zan-mi Yori-masa.

  1. Hyakŭ-nin-is-syu, pièce xcii ; Hito-yo gatari, vol. VIII, fo 23 ; Si-ka-zen-yô, p. 24.
  2. Le poëte hindoustani Wali a dit : « Le pan de ma robe est trempé des larmes de mes yeux. » (Garcin de Tassy, Œuvres de Wali, p. 9.)