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𝕬𝖗𝖈𝖍𝖎𝖛𝖊𝖘 𝖉𝖊𝖘 𝕬𝖗𝖙𝖘, 𝖉𝖊𝖘 𝕾𝖈𝖎𝖊𝖓𝖈𝖊𝖘 𝖊𝖙 𝖉𝖊𝖘 𝕷𝖊𝖙𝖙𝖗𝖊𝖘 [1].
Deux tableaux de Jean Van Eyck. — C’est dans le testament d’Anselme Adornes, daté de 10 février 1470 (n. st.), qu’il est fait mention de ces tableaux. « Je donne, — dit-il, — à chacune de mes filles, Marguerite et Louise, toutes deux religieuses, l’une au couvent des chartreuses (près de Bruges), et l’autre à Saint-Trond, un petit tableau, représentant saint François, dû au pinceau de Jean Van Eyck, et j’ordonne que sur les volets soient peints, avec grand soin, mon portrait et celui de ma femme. »
Anselme Adornes, chevalier, seigneur de Corthuy, Ronsele, Ghendbrugge, etc., remplit diverses fonctions importantes dans le magistrat de Bruges, et fit plusieurs voyages par ordre de Philippe le Bon, en qualité d’ambassadeur de ce prince, auprès du roi d’Ecosse entre autres, auquel il déclare dans son testament que la nouvelle de sa mort soit annoncée par lettre. Jacques II lui avait accordé le titre de conseiller. C’est en Ecosse qu’Anselme Adornes périt de mort violente, le 25 janvier 1483 (n. st.). Il avait légué son meilleur saphir à l’évêque écossais de Saint-André, qui lui avait promis d’adopter un de ses enfants, et fit don dans l’acte de ses dernières volontés de 1470 d’une verrière à ses armes, pour être placée dans la chapelle de Sainte-Catherine au couvent des chartreux-lez-Perth, en Écosse. Anselme Adornes avait épousé Marguerite Van der Banck, qui mourut le 51 mars 1463 (n. st.). Ils sont enterrés dans l’église de Jérusalem, à Bruges, sous une belle tombe sur laquelle ils sont représentés l’un et l’autre avec leurs quartiers. On n’est pas d’accord sur les noms des fondateurs de cette église, qui furent, d’après quelques auteurs, les frères Jacques et Pierre Adornes, père d’Anselme. Celui-ci dit dans son testament qu’il posa la première pierre de l’édifice, dont M. Schayes reporte la fondation à l’an 1430 environ[2]. Cependant, à l’époque où Anselme Adornes dictait ses dernières volontés, l’église de Jérusalem ne ressemblait point au monument qui existe encore aujourd’hui, car il déclare qu’il n’y choisit sa sépulture que pour autant que l’église soit améliorée (verbetert worde), et qu’il a lui-même l’intention d’y faire faire des changements. L’église n’était pas encore achevée à l’époque de la mort de Jacques Adornes, qui date du 22 avril 1465, car celui-ci fut enterré à l’église Saint-Michel-lez-Bruges, et Pierre, son frère, qui vivait encore en 1446, git au couvent des jacobins, dans la même ville. Outre la tombe d’Anselme et de sa femme, l’église de Jérusalem est encore ornée de six vitraux représentant les ancêtres des fondateurs et leurs descendants, et de deux autres petits monuments funéraires. Tous sont reproduits dans l’ouvrage publié par Mr J. Gailliard et intitulé : Recherches sur l’église de Jérusalem à Bruges; Bruges, 1843. Plusieurs de ses vitraux sont très-probablement dus à la générosité d’Anselme. Dans un livre qui a paru récemment sur ce personnage et sur le voyage qu’il fit en Palestine, on trouve un autre renseignement artistique[3] : il y est dit que Jean Van Memmelinghe peignit, en 1499, le portrait d’Agnès Adornes, fille d’Arnould et petite-fille d’Anselme.
Afin de retrouver les tableaux de Jean Van Eyck, sur lesquels nous appelons l’attention des connaisseurs, nous donnons ici les écussons d’Anselme Adornes et de Marguerite Van der Bank, car si les portraits ont été exécutés comme le recommandait le testament, il est hors de doute qu’ils sont accompagnés de leurs armoiries, selon l’usage général de l’époque.

« Item, zo kieze ic myne sepulture by mervrauwe Margriete Van der Banc, mynder liever ghezelnede, op dat zu voor my versteet ende blyft zoe naer my weduwe, daert huer ende mynen oudsten zone ende testamentarissen best dyncken zal, hemlieden biddende dat by alzo dat Jerusalem verbetert worde, of in hope zy van verbeteren daer onze sepulture lievere te kiezene dan eldere, mids dat ’t voorschreven Jerusalem ghefondeirt es by mynen voorders, ende ic zelve den eersten steen gheleit hebbe van den fondamente ende in meeninghe ben ’t zelve te verbeteren. »
« Item, zo gheve ic elcken van myn lieve dochters, die beghenen zyn, te wetene Margriete, t’saertrucsinnen, ende Lowyse, Sint-Truden, een tavereele, daerinne dat sinte Franssen in portrature van meester Jans handt Van Heyck ghemaect staet, ende dat men in de duerkins die dezelve tavereelkins belaucken doe maken myn personage ende mervrauwe alzo wel als men mach, te dien hende dat wy van hemlieden ende andere devote persoonen moghen ghedocht zyn, ende daertoe elcken ic gheve om haerlieder wille mede te doen. »
Bosch (Jérôme, Joemen, Joen)[4]. — En 1842, Mr Immerzeel publia le 1er volume de son ouvrage intitulé : De levens en werken der kunstschilders, etc. A l’article qu’il consacre à Jérôme Bosch, t. Ier, p. 77, il donne la date de la mort de ce peintre d’après une note extraite de la confrérie dite Illustre Lieve-Vrouwe broederschap, à Bois-le-Duc, et qui est ainsi conçue : Ao 1518. Hieronymus Agnen, alias Bosch, insignis pictor. Depuis lors et grâce au livre de Mr A. Michiels, Histoire de la peinture flamande, dont le t. II[5] parut en 1845, le nom de J. Agnen, dit Bosch, fut accepté comme étant celui de l’artiste créateur du genre trivial ou burlesque dans les Pays-Bas. Ensuite vinrent le Dictionnaire des peintres, de Mr Siret (1848)[6], le Catalogue du Musée d’Anvers, de Mr De Laet (1849)[7], etc., qui tous reproduisirent la version, et qui aidèrent à sa propagande en France[8], en Italie[9] et en Allemagne[10].
Dans un registre des Archives du déparlement du Nord, à Lille, qui porte le no F. 190 de la chambre des comptes[11], se trouve consigné le passage suivant, lequel relate un payement fait par ordre de Philippe le Beau au mois de septembre 1504 :
« A Jéronimus Van Aeken, dit Bosch, paintre, demourant au Bois-le-Duc, la somme de xxxvj livres, à bon compte sur ce qu’il pourroit estre deu sur ung grant tableau de paincture, de ix pieds de hault et xj pietz de long, où doit estre le Jugement de Dieu, assavoir paradis et enfer, que Monseigneur lui avoit ordonné faire pour son très-noble plaisir. »
En lisant ce passage, qui ne laisse aucun doute sur l’individualité de l’artiste dont nous parlons, nous cherchâmes à le concilier avec la note découverte par Mr Immerzeel, et nous conclûmes qu’il y avait là une faute de lecture. Nous nous adressâmes à Mr Van Zuylen, commis archiviste aux Archives de la ville de Bois-le-Duc, pour le prier de vérifier la mention du décès de Jérôme Bosch. Sa réponse fut conforme à nos prévisions. Voici le passage tel qu’il se trouve dans le registre[12] qui a pour titre : Nomina decanorum et prepositorum (1318 à 1638).
« Obitus fratrum : Ao 1516. Hieronimus Aquen, als Bosch, insignis pictor. »
Tous les noms qui sont inscrits dans ce registre ont cependant été publiés avec exactitude dans un recueil imprimé à Bois-le-Duc en 1841[13], et par conséquent antérieurement à l’apparition du livre de Mr Immerzeel.
Une autre indication que nous a envoyée Mr Van Zuylen, et qui est extraite d’un volume intitulé : Register der namen ende wapenen der heeren beeëdigde broeders soo geestelyke als wereltlyke van de Illustre Lieve-Vrouwe broederschap, confirme et le nom de Van Aeken et la date de 1516. Au fo 76 on trouve le contour d’un écusson dont le champ est vide avec ces mots au-dessous : Hieronimus Aquens. alias Bosch seer vermaerd schilder. Obiit 1516[14]. Enfin le nom de Jérôme Van Aken (sic) se rencontre encore dans un compte de la confrérie de 1498-99.
L’erreur de Mr Immerzeel est donc évidente, et il est constaté que l’artiste qui a été connu jusqu’en 1842 sous le nom de Jérôme Bos, Bosch ou Bosche, s’appelait Van Aeken, et qu’il est mort en 1516, au lieu de 1518. Cette différence de deux années est peu de chose, nous le reconnaissons volontiers; mais une fausse date est souvent l’origine de diverses suppositions et par conséquent d’erreurs nouvelles. On voit en outre par les expressions des notes que nous avons rapportées, que la réputation du peintre était fort appréciée de ses concitoyens et qu’ils en tiraient vanité.
Plusieurs autres renseignements que nous devons également à l’obligeance de Mr Van Zuylen, nous font rejeter entièrement l’opinion d’un séjour prolongé de l’artiste en Espagne[15], où existaient au XVIe siècle[16], et où existent encore un assez grand nombre de ses meilleurs tableaux[17]. Des documents établissent que J. Bosch était déjà connu comme peintre et qu’il vivait à Bois-le-Duc en 1488[18]; il n’a pas quitté cette ville jusqu’à sa mort, puisqu’on le retrouve mentionné dans des comptes de 1493-1494[19], 1498-1499[20], 1504[21], 1508-1509[22] et 1512. A cette dernière date il dessine pour la confrérie le patron d’une croix qui lui est payé 20 sous[23].
Pour nous assurer si Jérôme Van Aeken n’était pas un étranger, nous avons fait des recherches dans les comptes des sous-écoutètes de Bois-le-Duc, aux Archives du royaume, où sont inscrits annuellement les noms des personnes qui ont obtenu le droit de bourgeoisie. L’absence du sien dans ces listes est une preuve qu’il est natif de cette ville, dont il a pris le nom pour signer ses œuvres. On lit dans un de ces comptes[24] qu’un certain Laurent Van Aken fut reçu bourgeois à Bois-le-Duc en 1468. Nous croyons inutile de relever ici une des mille erreurs commises par Mr Viardot, qui classe Jérôme Bosch parmi les peintres de Westphalie[25].
Nous avons vainement recherché quels élaient les documents sur lesquels les auteurs qui se sont occupés de l’histoire des arts s’appuyaient pour déterminer la date de la naissance de ce célèbre peintre. Descamps[26], qui a accumulé et inventé tant d’erreurs, la fixe à l’année 1450. D’autres écrivains en grand nombre la reportent à 1470[27] : nous les croyons plus voisins de la vérité. Huber et Rost[28], Mr Heller[29] et Mr Ch. Le Blanc[30] vont même jusqu’à la rejeter à 1498. Van Mander[31], Campo Weyerman[32], etc., ne se prononcent point. Quoiqu’il en soit, Bosch n’a pu peindre ni en 1450[33], ni en 1522, comme l’ont avancé les estimables auteurs de l’excellent Catalogue du Musée d’Anvers[34], d’après une gravure dans laquelle ils veulent reconnaître le sujet d’un tableau que possède cet établissement et qui est signé : Jherommus Bosch[35]. La date de cette gravure avait cependant déjà été signalée comme fausse par Mr Immerzeel.
Jérôme Van Aeken, dit Bosch, a gravé sur bois. Heinecken[36], Mr Nagler[37] et d’autres écrivains lui ont aussi attribué des gravures sur cuivre. Ces dernières sont toutes d’Alard du Hameel, contemporain du peintre. Les auteurs qui ont décrit ou cité les gravures de celui-ci n’ont connu aucune particularité de sa vie. L’une de ces planches représentant un tabernacle, a fait croire qu’il était orfèvre; c’est ainsi que le qualifie Zani[38]. Du Hameel fut un architecte très-distingué, qui ne s’occupait de graver, tantôt d’après ses propres dessins, tantôt d’après ceux de son concitoyen Jérôme Van Aeken, que dans ses moments de loisir. C’est lui qui fut chargé de la direction des travaux de la magnifique église de Saint-Jean, à Bois-le-Duc, une des plus belles des Pays-Bas, depuis 1478 et peut-être antérieurement à cette date, jusque vers 1495, époque pendant laquelle fut achevé le transept méridional et commencé la construction du vaisseau de l’édifice[39]. Du Hameel est qualifié dans les documents de maître des ouvrages ou de maître de la loge[40]. On sait que tous les architectes du XVe et même un grand nombre de ceux du XVIe exercèrent le métier de maçon ou de tailleur de pierres : du Hameel était à la fois l’un et l’autre[41]. Son nom n’est pas celui d’une famille de Bois-le-Duc : il n’y acquit point le droit de bourgeoisie. On peut donc le considérer comme un étranger qui est allé s’établir dans cette ville. Il avait épousé Marguerite Van Auweninge, qui décéda en 1484, et dont la pierre tumulaire se voit encore aujourd’hui enchâssée dans une muraille à l’intérieur de l’église de Saint-Jean, avec son effigie et une inscription[42]. Alard du Hameel est mort entre les années 1503 et 1509[43]. C’est ce méme artiste qui traça les plans et les dessins de la chapelle de la confrérie de Notre-Dame dite Illustre Lieve-Vrouwe broederschap, adossée au chœur de l’église de Saint-Jean, et dont les travaux s’exécutèrent sous la direction particulière de l’architecte Jean Heyns, son beau-frère, lequel mourut en 1515[44]. Jérôme Van Aeken fit, en 1493 ou 1494, pour cette même association dont il faisait aussi partie, les patrons de plusieurs vitraux qui furent peints par les verriers Guillaume Lombard et Henri Buekinck ou Bucken[45].
Les gravures d’Alard du Hameel sont d’une excessive rareté et se vendent à des prix élevés. Bartsch[46] en a décrit six, Mr Nagler[47] et Mr Ch. Le Blanc[48] sept, et Mr J. Renouvier[49] lui en attribue une huitième, qui existe au cabinet de Dresde. Sur plusieurs d’entre elles on lit le mot Bosche[50] ou Shertogenbosche, formes flamandes de Bois-le-Duc. Les unes sont signées du nom de l’artiste, d’autres d’un monogramme, formé de la lettre A, accompagnée d’un de ces signes étranges[51] que l’on retrouve sur les pierres des édifices du moyen-âge ou qui sont joints à des signatures de maçons, d’architectes, de tailleurs de pierres, etc. C’est la présence du mot Bosche sur quelques planches d’Alard du Hameel qui a porté certains auteurs à croire qu’elles étaient dues au burin de Jérôme Van Aeken, dit Bosch[52]. Les gravures en taille-douce, faites d’après les tableaux de ce dernier, ont été éditées par Jérôme Cock, les Galle et Paul de la Houwe.
Du Hameel est allé s’établir à Louvain en 1495[53] : c’est vers cette époque qu’il faul placer la mort de Mathieu de Layens, l’archilecle de l’hôtel-de-ville de cette cité[54]. Du Hameel a quitté Bois-le-Duc pour succéder à ce grand artiste dans la direction des travaux de la ville de Louvain, et il fut effectivement nommé stadmeester le 25 juin 1495, aux appointements annuels de 12 1/2 florins. Il travailla aussi à l’église de Saint-Pierre, à Louvain, alors en construction[55]. La date de ce départ prouve que les gravures d’Alard du Hameel qui portent le nom de Bosche ou Shertogenbosche ont été exécutées dans le temps que leur auteur habitait cette ville. A cette même époque il existait un imprimeur à Bois-le-Duc, appelé Gérard Leempt, de Nimègue : il y travailla de 1484 jusqu’en 1490. C’est très-probablement à ses presses que Jérôme Bosch et Alard du Hameel eurent recours pour tirer les épreuves de leurs gravures. Après Gérard Leempt on ne rencontre plus d’imprimeur à Bois-le-Duc qu’en 1511[56].
Le nombre de tableaux sortis du pinceau de Jérôme Bosch, dont la touche et la manière ont un cachet si étrange, est très-considérable. Au XVIe siècle, c’était non-seulement dans le précieux cabinet de Marguerite d’Autriche, à Malines[57], que l’on pouvait admirer toute l’habilité et la richesse d’imagination que l’arliste savait mettre dans ses tentations de saint Antoine, sujet qu’il a traité un grand nombre de fois, mais encore dans les hôtels des principaux seigneurs de sa cour. Tous à l’envi de la gouvernante des Pays-Bas, dont l’amour pour les arts était si puissant qu’à elle seule elle eût suffi pour leur donner l’impulsion dont ils avaient besoin afin de soutenir et de grandir la réputation des artistes des Pays-Bas; tous à l’envi, disons-nous, se plaisaient à enrichir leurs salons des productions des peintres, des sculpteurs, des tapissiers les plus en renom. L’exemple des princes a toujours été d’une grande influence en matière de luxe. C’est là une de ces vérités incontestables et dont les preuves sont abondantes dans l’histoire de toutes les nations. Nous citerons, parmi les seigneurs du XVIe siècle qui possédaient des tableaux de J. Bosch, Guillaume le Taciturne, prince d’Orange, dans son hôtel, à Bruxelles (V. § 30), et Jean de Casembroot, seigneur de Backerseele, dans la demeure duquel se trouvait le sujet des Trois Mages, avec les armoiries des Bronkhorst et Bosschuyse sur les volets[58], tableaux qui furent, ainsi que nous l’avons dit (§ 30), saisis et confisqués au profit de Philippe II en 1568. Plus tard, en 1594 et 1595, l’archiduc Ernest achète un tableau du même artiste, représentant le Christ en croix et les limbes au-dessous, qu’il paie plus de 100 fl., et un autre pour la moitié de cette somme[59].
Malgré la découverte du vrai nom de l’artiste dont nous venons de nous occuper, nous ferons observer néanmoins qu’il faut lui conserver le nom de Jérôme Bosch, sous lequel il était connu de ses contemporains, car c’est ainsi que le désigne l’inventaire des objets d’art de Marguerite d’Autriche, qui fut dressé en 1516.
Rubens estimait beaucoup le talent plein d’originalité de Jérôme Bosch, puisque le catalogue des œuvres d’art de la veuve du grand peintre renseigne trois tableaux dus à son pinceau, et un autre peint et composé dans sa manière : « la Tentation de saint Antoine; — deux peintures estant des testes des grandes figures faisant des grimazes, la grandeur du demy portraict, — et une peinture représentant ung bancquet de nopce à la façon de Jéronimus Bos[60]. »
Ce sont autant de tableaux de J. Bosch, à ajouter à la liste qu’à publiée Mr A. Michiels, liste dressée sans méthode et sans critique. En voici encore d’autres :
On voyait autrefois dans l’église Saint-Jean l’Evangéliste de Bois-le-Duc, plusieurs tableaux de Jérôme Bosch : la Création du monde, l’histoire d’Abigaël, un épisode de l’histoire de Salomon, et l’Adoration des Trois Rois[61]. Quelques jours après le premier bris des images qui eut lieu à Bois-le-Duc, le 22 août 1566, ce dernier fut descendu et porté à l’hôtel-de-ville pour y être mis en lieu de sûreté, comme le prouve la note suivante :
« Item, 2a septembris, Henrick Henricxsone ende eenen anderen arbeyder, dat zy het taeffereel van de drie coningen, de dooren van Ons Lieve-Vrouwe altaere, ’t boort van den affneminge van der cruys op Gualter stairs graft hangende, vuyt Sint-Jans kercke op ’t raethuys gedragen hebben[62]. »
A la fin du siècle dernier, le 1er avril 1794, fut vendu publiquement à Bruxelles le cabinet du chanoine Wauters, dans lequel se trouvaient deux petits tableaux attribués à Jérôme Bosch, et représentant la Tentation de saint Antoine[63]. L’un fut acheté 2 florins et l’autre 4 flor. 15 sous. Il est nécessaire d’ajouter ici que l’on attribue à ce peintre tous les sujets de diableries en général, quelque mauvais qu’ils soient.
Un autre tableau de Jérôme Bosch existe au Musée de Rouen, auquel il fut donné en 1819 par Mr de Caze : il représente l’Arrivée d’un sorcier au sabbat[64].
Van Kessel (Barthélemi, Bertel, Bertelen), — peintre, à Louvain, est cité en 1507 comme créancier d’un prêtre nommé Arnould Boom, qui fut condamné pour crime de sodomie, une première fois, en 1504, à un emprisonnement, et la seconde, à être brûlé vif, ce qui fut exécuté en 1507 par la main du bourreau de Malines. Ses meubles furent confisqués et vendus publiquement[65]. Parmi eux se trouvaient quatre représentations de la Sainte Vierge en tapisserie, en peinture et en sculpture, désignées comme suit :
« D’beelde van Onser-Liever-Vrouwen, in een bert, metter naillen ghewracht : x s. gr.
» Een beelde van Onser-Liever-Vrouwen, in een berdeken gemaelt : ij s. vj d. gr.
» Een albasten beelde van Onser-Liever-Vrouwen : v s. gr.
» Een tavereel van Ons-Heeren ende Liever-Vrouwen aensichte, dat constelie van pointeratueren gemaict was, want ’t principael ende d’beste van den voirschreven anderen stueken was, soe heeft den meyer (van Loeven) dat gelaten voere d’alre hoighste datter voere geboden was, meesteren Janne Van Binckem, licenciaet ende advokaet postulerende in den raide van Brabant, te wetene voere xxiiij gouden philippus guldenen. »
Mr Van Even, archiviste de Louvain, a publié dans la revue intitulée : De dietsche warande[66], quelques renseignements sur Barthélemi Van Kessel, qui était clerc de l’église de Saint-Jean depuis l’année 1495, charge pour ainsi dire héréditaire dans sa famille. Il vivait encore en 1535.
Van Nevele (Lucas), — peintre, à Bruxelles, cité en 1552, fit partie du magistrat de cette ville en 1565[67].
« A Lucas Van Nevele, painctre, demourant à Bruxelles, ix livres x solz, pour avoir pourtraict aucunes effigies de quelque Franchois espies, dont n’est besoing d’autre déclaration[68]. »
Kerreman (Balthazar), — peintre, à Anvers. Voici un document qui le concerne, et qui date du mois de mars 1563 (n. st.).
« Baltazar Kerreman, painctre de son stil, et à présent prisonnier en la ville d’Anvers, chargé de s’estre trouvé en conventicles et secrètes assemblés d’aucuns sectaires calvinistes, et d’avoir souffert par iceulx baptiser deux de ses enffans, l’ung en septembre et l’aultre en febvrier ès années (xvc)lix et lx, dont il est très-repentant sur sa très-humble requeste, pour grâce et miséricorde Sa Majesté a demandé les advis des marcgrave d’Anvers, inquisiteurs de la foy à Louvain et de ceulx du conseil de Brabant; et d’aultant qu’il appert de la vraye répentance dudict suppliant et qu’il ait suivy la doctrine desdicts calvinistes, et esté en conventicles plus par povreté et misère que autrement, et qu’il a dénuncé aucuns principaulx sectaires, il leur a semblé que Sadicte Majesté luy pourroit bien donner sa grâce, en faisant deue abjuration et avec pénitence salutaire, auquel advis se conforment ceulx du privé conseil, moïennant intérinement par-devant ledict conseil en Brabant[69]. »
Van Heymessen (Jean et Pierre). — La pièce que nous publions ici est l’acte de légitimitation, daté du mois de novembre 1579, de Jean Van Heymessen, fils illégitime de Pierre Van Heymessem, tous deux peintres à Anvers, et bourgeois de cette ville. Son père était mort à celte époque : il avait alors vingt-quatre ans.« Philips, etc. Doen te wetene, allen tegenwoirdigen ende toecomende, dat wy ontfangen hebben die oitmoedige supplicatie van Peeter Van Heymessem, schildere, vrye-geselle, oudt xxiiij jaeren, inhoudende hoedat wylen Jan Van Heymessem, oock schilder ende poirter onser stadt van Antwerpen, des suppliants vader, gehouwt wesende met eene Barbara de Fevre, desen suppliant heeft gewonnen ende geprocreert aen eene jonghe dochtere oft dienstmeysken genoempt Betteken, ombegrepen huers toenaems, nu eest zoe dat de voirschreven suppliants vader ende moeder deser werelt zyn overleden, wesende die suppliant noch zeer jonck in der vuegen dat hy zyne voirschreve moeder nauwelyck gekent en heeft, is ooek warachtich dat hy suppliant van den voerschreven zynen vader ende moeder noyt yet en heeft geprouffiteert, ende en is oyck nyet anders verwachtende dan ’t ghene hy met zynen zueren arbeyt ende industrie sal mogen prospereren, ende want die voerschreven suppliant die hem metten voerschreven zynder ambachte ende anderssins eerlyck is yeverende ende groote affectie ende begeerte heeft onder ons ende onse protectie te blyven woenen, hem beduchtende is dat als hy tot huwelycken state soude begeren te commen, hem die voerschreven bastardye duerinne grootelyck soude geraken te obsteren om eenige contracten het waere huwelycxe voorweerden, testamente ende anderssins, valide te moegen passeren, nopende zynen geconquesteerde goeden, etc. Gegeven in onser stadt van Antwerpen, in de maent van november, in ’t jaer Ons Heeren duysent vyff hondert lxxix[70]. »
Lampsonius (Dominique). — On sait que cet artiste, natif de Bruges, fut successivement secrétaire intime de trois évêques de Liège. Il acheta à Anvers, en 1587, un livre d’art d’Albert Dürer, pour Ernest de Bavière, au prix de 54 florins de Brabant. C’est probablement grâce à ses conseils que le prélat favorisa les arts dans ses états pendant tout le cours de son règne.
« Solvi, 21 aprilis 1587, Dominico Lampsonius, pro libro picturarum Alberti le Dure, ad opus sue Celsitudinis, empto Antverpie[71]. »
Une lettre publiée dans le Carteggio inedito d’artisti, par Mr Gaye[72], prouve que Dominique Lampsonius était en correspondance avec Tiziano Vecelli; elle est datée de Liége, le 13 mars 1567. Il y est question des gravures exécutées d’après ce célèbre artiste par Corneille Cort, et qui ont fait l’admiration de l’évêque Gérard de Groisbeck et de Lampsonius. Cette missive est intéressante à plus d’un titre, et notre compatriote s’y plaint des embarras que la situation politique du pays lui donne. Les événements, dit-il, ont empêché le prélat son maître, d’écrire lui-même à Tiziano pour lui témoigner le plaisir qu’il avait eu à examiner les gravures de Cort. Ajoutons ici que la Bibliothèque royale de Bruxelles possède[73] un exemplaire de la première édition (Florence, 1550) de l’ouvrage de Vasari, qui a appartenu à D. Lampsonius, et que ce peintre poëte a enrichi de vers latins en l’honneur de l’artiste italien. Nous les croyons inédits, et c’est ce qui nous engage à les publier.
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Macte animis, macte insigni pictate Georgi, Excolere, et luci reddere cura fuit. |
Van Cocxie (Raphaël). — Van Veen (Gilbert) (Voy. § 36). — Les notes qui suivent concernent Raphaël Van Cocxie, fils de Michel, et Gilbert Van Veen, peintres qui habitaient Bruxelles à la fin du XVIe siècle, et dont le talent semble avoir été grandement apprécié par Albert et Isabelle. Le dernier était le frère cadet d’Othon Venius, avec lequel on l’a souvent confondu. Mr Nagler le dit né à Leyden, en 1558[74].
En 1596, Raphaël Van Cocxie fait les portraits de Philippe II, d’Elisabeth de France et d’Anne-Marie d’Autriche, femme de ce roi, de l’infante Isabelle, sa fille. Gilbert Van Veen peint, la même année, le portrait en pied du cardinal Albert. Ces cinq tableaux étaient destinés à Frédéric-Guillaume de Saxe, administrateur de l’électorat. Deux autres, les portraits de Catherine d’Autriche, reine de Portugal, et de Marie Tudor, reine d’Angleterre, furent encore envoyés à ce prince. l’année suivante : ils étaient dus aux pinceaux des mêmes artistes. Au mois d’octobre 1601, Gilbert Van Veen reçoit une somme de 500 livres de Flandre, à compte sur les portraits des archiducs, que ceux-ci lui avaient commandés pour être donnés par eux à Charles-Philippe de Croy, marquis d’Havré, chef des finances. En août 1603, on lui paye 150 livres « pour affaires secretz concernans grandement le service de Leurs Altèzes »[75]. Un an plus tard. Van Veen était occupé, toujours pour le compte des archiducs, aux portraits de Philippe III, roi d’Espagne, et de Marguerite d’Autriche, son épouse, dont ils gratifièrent aussi le marquis d’Havré, et à deux autres portraits d’Albert et d’Isabelle, que ces princes ont fait offrir à Jacques Ier, alors nouvellement élu roi d’Angleterre et d’Ecosse. Mr Nagler attribue ces tableaux à Othon Venius[76]. Nous relèverons ici une autre erreur de cet écrivain. Il dit que ce dernier artiste occupa les fonctions d’intendant des monnaies : c’est Gilles Van Veen qui occupa cette charge.
(Octobre 1596). « A Raphaël Cocxie et Gisbrecht Van Veen, painctres, iijc xxxij livres x solz, par lettres patentes d’Anvers du xxvj aoust xvc iiijxx xvj, assçavoir ijc liiij livres x solz audict Raphaël Coxie, sicomme les ijc livres pour quatres painctures qu’il avoit faict à l’ordonnance de Sa Majesté, des représentacions de la personne d’icelle, de feues les bonnes compaignes dames Isabelle et Anne-Marie, filles de France et d’Austriche, et de sa fille dame Isabella-Claira-Eugénia, l’infante d’Espaigne; item, l livres pour ses toilles, et iiij livres x solz pour la casse de bois pour transporter icelles painctures; item, lxxviij livres à Gisbrecht Van Veen, pour avoir pourtraict la personne de monseigneur le cardinal, à sa grandeur, comprins iij livres pour sa custode de fer blancq, avecq le baston sur lequel ladicte paincture estoit enrollée et encloze : lesquelles painctures avoient esté envoyées en la ville de Namur, à messire Joost-Henrich Van Witzleben, visconte de Upperguin, du conseil du duc Frédericq-Guillaume de Saxen, pour les présenter de la part de Sa Majesté[77]. »
« A Raphaël Coxie et Gisbrecht Van Veen, painctres à Bruxelles, la somme de clij livres x solz, par lettres patentes datées de Bruxelles, le xvij aoust xvc iiijxx xvij, pour deux painctures qu’il avoit faict à l’ordonnance de Sa Majesté, des représentations de feues les roynes de Portugal et d’Angleterre, y comprins l’achapt de toilles, et pour la casse de bois pour transporter icelles painctures vers le ducq Frédericq-Guillame de Saxen, administrateur de l’électoriat, pour les luy présenter de la part de Sa Majesté[78]. »
(Octobre 1601). « A Ghysbrecht Van Veen, painctre, vc livres, entantmoins de ce que luy seroit deu pour les pourtraitz des personnes de Leurs Allèzes, qu’il avoit faict à leurs ordonnances, pour faire présenter à messire Charles-Pililippes de Croy, marquiz de Havrech[79]. »
« A Ghysbrecht Van Veen, viijc iij livres, par lettres patentes datées de Bruges, le xviij aoust xvjc iiij, dont vc xxxvj livres pour ij painctures des pourtraictz des roy et royne d’Espaigne, desquelles Leurs Altèzes avoient faict présent au marquis de Havrech, chef des finances; item, vijc l livres pour ij aultres grands portraits de Leurs Altèzes, envoyés au roy d’Angleterre en xvjc iij[80]. »
Claes, Claessens ou Claeyssens (Gilles). — La Galerie d’Artistes brugeois, par Mr O. Delepierre, p. 43, et la Biographie des hommes remarquables de la Flandre occidentale, t. Ier, p. 71, consacrent quelques lignes à un peintre du nom de Gilles Claessens ou Claeyssens, fils de Pierre, mort en 1605 et enterré dans l’église de Saint-Léonard, à Bruges, et qui fut peintre d’Alexandre Farnese, duc de Parme, et des archiducs Albert et Isabelle. Nous avons trouvé dans un compte de la recette générale des finances de 1607[81], une note relative à un petit portrait de l’infante, peint à l’huile par un certain Gilles Claes ou Claessens, de Bruges, avec le plus grand soin, et qui fut enfermé dans une superbe cassette d’or, garnie de diamants. Ce bijou fut remis à Pierre Pecquius, ambassadeur des archiducs près de Henri IV, pour être offert à la fille aînée de ce prince, dont l’infante était la marraine. Il s’agit évidemment dans cette note du même artiste, et la date de sa mort n’est par conséquent pas exacte.
« Item, xjc viij livres x solz, pour une cassette d’or de forme ovale, garnie parmi la chaisnette de lviij diamants de différente sorte et grandeurs et d’une grande perle, servant la même casette à un petit pourtraict de la sérénissime infante, peint en huille sur une carte par maistre Gilles Claes, paintre de Bruges; item, cxx livres pour la façon de laditte cassette, et xxij livres payez audict Gilles Claes, pour avoir painct à l’huile le susdit pourtrait de la sérénissime infante; ensemble une custode couverte de cuir d’or, pour mectre et enserrer icelle cassette d’or, etc., le tout a esté mis par le garde-joyaulx, par charge expresse de Leurs Allèzes, ès mains de Pierre Peckius, ayant pour leurs affaires vers le roy très-chrétien de France, pour estre au nom et de la part de la sérénissime infante, présenté à la fille aisnée dudit roy que laditte sérénissime infante avoit levé du fond de baptesme. »
Cobergher (Wenceslas). — (Voy. § 41). — Dans une lettre écrite par Joachim d’Enzenhear, garde-joyaux des archiducs Albert et Isabelle au secrétaire Prats, et datée du 8 octobre 1610, il lui dit d’envoyer un ordre pour que Wenceslas Cobergher puisse toucher la somme de 425 florins, prix de trois tableaux religieux, qu’il a peints et qui ont été expédiés en Espagne. En 1618, ce célèbre artiste reçoit 360 livres pour deux autres tableaux, la Naissance de Jésus et la Visitation de sainte Elisabeth, destinés à l’hermitage de Marimont, et 20 livres pour un saint Hubert en habits pontificaux[82], qui fut placé dans la chapelle de Tervueren. La même année, W. Cobergher obtint, par lettres patentes du 9 avril, un octroi pour pouvoir seul exploiter aux Pays-Bas, la fabrication de la potasse. Ce privilége fut renouvelé, pour lui et ses héritiers, par lettres patentes du 9 septembre 1627.
« Senor, Su Alteza me ha mandado que diga á Vuestra Merced, de su parte que V. M. manda hazer una órden sobre my y Van der Stegen para que pagemos 170 phelipes, que hazen 425 florines, à Venceslao Couwebergher, pintor y ingeniero de las obras de Sus Altezas serenissimas, por tres pinturas de devocion que él ha hecho hazer para servicio de Su Alteza, por el dicho precio, las quales dichas tres pinturas ha embiado Su Alteza à Espana, y, despues de hecho la órden, V. M. me haga merced de embiarselo á my para darlo á la parte y V. M. me haga merced de accordarse tambien de nuestras schorres, para que puediessemos acabar antes que Su Alteza se parte á Mariemont, que creo que sera bien presto para la otra semana. Y con esso guarde Nuestro-Senor á V. M., con darle toda aquella salud y contento que puede y V. M. dessea, cuyas manos beso muchas vezes. De palacio, á 8 de ottubre 1610. Soy muy cierto serbidor de V. M.
« A Wenssel Cobberguer, architecte de Leurs Altèzes, la somme de vijc xlviij livres, de xl gros, qui deue lui estoit, assavoir: iijc lx livres pour la paincture de la Nativité de Nostre Saulveur Jésus et la Visitation de madame saincte Élisabeth, au tableau mis en la chapelle ou hermitage proche de Marimont; item, xx livres pour aultre paincture de sainct Hubert, mise à la chappelle de Tervueren; et les restans iijc lxiij par lui païé au menuisier qui avoit livré les tableaux, aussy pour la dorure, etc.[84]. »
« Albert et Isabel, etc. Receu avons l’humble supplication de nostre chier et bien amé Wencislaus de Coeberger, nostre architecte genéral, contenant que passez tantost trois ans, il at trouvé des œuvriers sachant faire potasse utile au savon, bleu, lintures et choses semblables, et à mesme temps il nous supplia qu’il nous pleuist luy accorder de grâce espécialle et en béné- fice des services actuelz qu’il nous rend journellement qu’à l’exclusion de touts aultres, luy et ses hoirs et ayans cause pourroyent faire faire ladicte potasse ès pays de nostre obéyssance, sur quoy ayant esté prins l’advis tant des officiers fiscaulx de nostre conseil ordonné en Brabant que ceulx de nostre conseil de Flandres et des magistratz de noz villes de Bruxelles et Anvers, il y seroit passé beaucoup de temps, et cependant ledict suppliant auroit retenu lesdicts ouvriers à grandz fraiz et despens; en considération de quoy y nous a de rechiefz très-humblement supplié qu’il nous pleust luy accorder et à sesdicts hoirs et ayans cause ledict octroy pour le terme de vingt ans. Scavoir faisons, etc. Donné en nostre ville de Bruxelles, le ixe jour d’apvril l’an de grâce mil six cens dix-huyt[85]. »
Dans le numéro du mois d’octobre 1857, du Journal de la Société centrale d’agriculture de Belgique, Mr Bortier a publié un article intitulé : Dessèchement des moëres par Cobergher en 1622. Cet article est accompagné du portrait de l’artiste, d’après la belle eau-forte de Van Dyck, et de deux plans, gravés sur pierre, représentant les moeres avant et après le dessèchement. On sait que les moeres étaient un marais pestilentiel, situé entre Furnes et Bergues-Saint-Winoc. La notice de Mr Bortier trace l’historique du dessèchement jusqu’en 1857.
Flémalle (Bertholet). — Voici une note qui prouve le goût que ce grand artiste avait pour la musique, et qu’il occupait comme musicien quelque emploi à la cathédrale de Saint-Lambert, à Liége, où ses biographes disent qu’il avait été admis très-jeune parmi les enfants de chœur[86].
(24 octobre 1652). « Messeigneurs (les chanoines) ayant appris que le seigneur Bartholet Flémale laisseroit pour quelques raisons de se retrouver à la musicque en leur église, ont commandé à leur secrétaire del Rée, de luy dire que s’il veult s’y retrouver, qu’il leur serat fort aggréable, avec espoir de quelque avancement et promotion[87]. » Tableau attribué a Rubens. — Nous lisons dans l’histoire de Bruxelles que les magnifiques bâtiments qui avaient été élevés pour les chartreux sur les hauteurs de Scheut, furent pillés et détruits en 1580. On voit encore aujourd’hui la chapelle du couvent. C’est à la suite de cet événement que ces religieux s’établirent à Bruxelles dans la rue qui a retenu leur nom. Leur église, qui renfermait beaucoup de richesses artistiques, fut commencée en 1594 et consacrée en 1607. Entre autres tableaux précieux, on admirait un Christ mort sur les genoux de sa Mère, par G. de Crayer, et une Sainte Famille, par Jean Van Memmelinghe, envoyés à Vienne après la suppression de l’ordre, en 1783[88]. La pièce capitale était une Assomption de la Sainte-Vierge, attribuée à Rubens, et qui ornait le maître-autel. Sanderus[89], Mensaert[90], Descamps[91], Michel[92] et autres auteurs[93], en parlent comme d’un tableau du plus grand mérite. « Cette petite pièce, » dit le dernier écrivain, « mérite l’attention particulière des amateurs ; elle est d’une composition très-riche, doctement grouppée, la distribution des lumières parfaite, les têtes fines et le coloris de la dernière fraîcheur ; l’estampe est du burin de Witdouck. »
Entraînés dans d’énormes dépenses par la construction de nouveaux bâtiments en 1772, les chartreux se virent dans la nécessité de vendre cette œuvre d’art pour couvrir une partie des frais[94]. François Pauwels, maître brasseur de Bruxelles, qui possédait une belle collection de tableaux, s’en rendit acquéreur pour la somme de 1,000 ducats ou de 6,000 florins, argent courant. L’achat fut conclu le 30 décembre 1773, à la condition que Pauwels en ferait faire une copie pour remplacer le vide du maître-aulel. Le 5 juin 1774, le peintre J. Crokaert reçut 600 florins pour la copie et pour avoir retouché et nettoyé l’original.
La copie de Crokaert n’est pas la seule qui ait été faite de ce tableau. Vers 1755, J. Dansaert, directeur de l’académie de Bruxelles, en fit une copie, de grandeur naturelle, et une réduction. Verhaegen en a également fait une copie qui doit exister dans quelque musée ou dans quelque édifice à Paris.
Boucher, premier peintre de Louis XV, avait offert pour l’original une somme de 14,000 florins courant de Brabant, et quelques années après Tassaert, artiste qu’il était au service du même roi, proposa de l’acquérir au prix de 12,000 florins et une copie. Mais à cette époque les chartreux ne se souciaient pas de se défaire de leur tableau[95].
Après la mort de F. Pauwels, sa collection fut vendue ; l’Assomption attribuée à Rubens, passa à sa fille Marie-Thérèse, qui avait épousé François T’Kint, brasseur, à Bruxelles[96]. En 1820, celui-ci donna le tableau à l’église de Sainte-Catherine, sa paroisse, à la condition cependant qu’il se réservait pour lui et pour ses héritiers le droit de le réclamer, dans le cas où l’église viendrait à être supprimée ou ne servirait plus au culte catholique. Le conseil de fabrique fit mettre le tableau à la place restée vide qu’avait occupée le chef-d’œuvre de G. de Crayer : le Martyre des quatre Couronnés (Voy. § 8).[97] L’Assomption de la Sainte-Vierge n’est pas de Rubens, mais de quelqu’un de ses élèves, qui avait assez saisi sa manière. Il a pu, comme tant d’autres, être peint dans l’atelier et sous les yeux de l’immortel artiste, et Rubens y a peut-être donné çà et là quelques coups de pinceau qui ont suffi pour induire en erreur tous ceux qui l’ont vu au siècle dernier.
Le Martyre des quatre Couronnés avait été enlevé par les Français et envoyé à Paris avec une autre pièce de mérite du même peintre, représentant l’Ascension au ciel de Sainte-Catherine. Celui-ci fut rapporté par les alliés à la demande du roi Guillaume : le tableau avait été rentoilé à Paris ; il fut replacé dans l’église au maître-autel le 15 novembre 1816.
Les autres tableaux qui ornaient l’église de Sainte-Calherine, avaient été rendus sur la pétition du curé Van den Weyngaert, par arrêté du préfet du département de la Dyle, du 19 prairial an IX (8 juin 1801) ; ces tableaux étaient à cette époque au Musée de Bruxelles. « Considérant, » dit le préfet dans l’arrêté, « que les tableaux désignés dans la pétition, ne sont pas assez précieux pour mériter d’être conservés au Musseum. » Les tableaux restitués alors étaient au nombre de quinze, parmi lesquels on remarque Sainte Anne apparaissant à des naufragés, par Corneille Schut[98].
Van Diest (Jean-Baptiste), — peintre de la cour, réclama en 1702, une somme de 60 écus, comme prix d’un portrait de Philippe V, roi d’Espagne, qu’il avait livré avec le cadre, par ordre de l’électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière, pour le conseil royal[99]. En 1730, le magistrat de Bruxelles voulut lui faire payer les droits sur les quatre espèces de consommation, malgré son titre de peintre de la cour ; Van Diest s’adressa au conseil privé, qui lui donna gain de cause[100]. C’est à lui qu’était confiée la peinture des décors et armoiries qui servaient lors de la célébration des obsèques d’éminents personnages dans la chapelle du palais de Bruxelles[101]. Peinture sur porcelaine. — Au mois d’août 1788, Dominique-Joseph Ris, natif de Bruxelles, présenta requête au conseil du gouvernement général[102], pour obtenir la permission de fonder en cette ville, avec son associé J. Bar, artiste, un établissement pour peindre et dorer la porcelaine à l’instar de celle de Sèvres. Il s’y vante de pouvoir fournir la première qualité de porcelaine, tant sous le rapport de la solidité, de la peinture, de la dorure, etc., à un tiers meilleur marché que les autres manufactures des Pays-Bas.
- ↑ Suite. V. Messager des Sciences historiques, année 1854, pp. 247, 361 et 141; année 1855, pp. 109 et 389; année 1856, p. 177, et année 1858, p. 78.
- ↑ Histoire de l’Architecture en Belgique, t. II, p. 192 (édit. en deux vol.).
- ↑ E. de la Coste, Anselme Adorne, p. 312; Bruxelles, 1855.
- ↑ Une partie de cette notice a paru dans les Bulletins de l’Académie, 2e série, t. IV, no 5.
- ↑ P. 383.
- ↑ P. 91.
- ↑ P. 47.
- ↑ Court, Catalogue des tableaux du Musée de Rouen; 1855; p. 153; — J. Renouvier, Des types et des manières des maîtres graveurs, etc.; Montpellier, 1858; XVIe siècle, p. 144.
- ↑ Vasari, Le vite de’ più eccelenti pittori, etc.; éd. de Florence; t. XIII (1857), p. 151, note 3.
- ↑ Heller, Praktisches Handbuch für Kupferstichsammler; 1850, p. 78; — R. Weigel, Catalogue de la collection de gravures d’E.-P. Otto; Leipsig, 1852; p. 1.
- ↑ Fo ijc xxx vo.
- ↑ Les registres de la confrérie nommée l’Illustre Lieve-Vrouwe broederschap, appartiennent a la sociéte dite : Het provinciaal genootschap van kunsten en wetenschappen in Noord-Braband, à Bois-le-Duc.
- ↑ Hermans, Mengelwerk over de provincie Noord-Braband, IIe partie, p. 139.
- ↑ Hermans, loc. cit., p. 129.
- ↑ P. de Madrazo, Catalogo de los cuadros del real museo de pintura, etc.; Madrid, 1845; p. 93; — Siret, loc. cit.; — Catalogue des tableaux du Musée de Rouen, loc. cit.
- ↑ J. de Siguença, Historia de la órden de San Gerónimo; Madrid, 1605, t. III, p. 837 à 841.
- ↑ P. de Madrazo, loc. cit. Consultez Ponz, Viaje de España; Madrid, 1776; passim, et Céan Bermudez, Dictionnario historico de las bellas artes en España, t. Ier, p. 172.
- ↑ « Item, ter ierster vergaderingen tot Jeronimus, die scilder, voer xxiiij pont runtvees, ’t pont : eene Phllippus penninck; item, voer iiij loet genybers, ij loet pepers, 1/2 loet soffraens : v st.; item, voer wortelen, ij st.; item, den weert een mengele wyns, etc. » (Compte de la confrérie citée de 1488-1489).
- ↑ Voy. plus loin.
- ↑ « Item, ter vter vergadering, doe men den swaen att tot Wouters Van der Rullen daer Jheronimus Van Aken, scilder, dat laken lede, behalve den swaen gecomen en gescenckt van den rentmeester van wegen ons genedige heer; daertoe noch gecocht tegen Rutger Van Erpe eene andere swaen voir viij stuvers, ende den knecht die de swaen bracht voer zyn drincgelt, ij 1/2 st. » (Compte de la confrérie citée de 1498-1499.)
- ↑ Registre no F. 190 cité.
- ↑ « In de yersten tot Wouters Van der Rullen, by een deel gezwoeren brueders, omme Jheromme ende meester Jan Heyns, te willigen ende raet te nemen omme Onser-Lieve-Vrouwen taefel le stofferen, etc. » (Compte de la confrérie citée de 1508-1509.)
- ↑ « Jeronimo die maelder, want hy ’t patroen van den cruse heeft gemaeckt : xx st. »
- ↑ Registre no 13005, 18o.
- ↑ Les Musées d’Espagne; Paris, 1852; p. 79; — Les Musées d’Allemagne; Paris, 1852; p. 320.
- ↑ La vie des peintres, éd. de 1753; t. 1er, p. 19; — Alexandre, Catalogue de tableaux vendus à Bruxelles, de 1773 à 1803, p. 61, roproduit cette date, et fixe la mort de l’artiste à l’année 1512.
- ↑ Immerzeel, loc. cit.
- ↑ Manuel des amateurs de l’art; 1801; I. V, p. 69.
- ↑ Loc. cit.
- ↑ Manuel de l’amateur d’estampes, t. Ier p. 468.
- ↑ Het leven der schilders.
- ↑ De levens-beschryvingen der nederlandsche konst-schilders.
- ↑ Annotation manuscrite d’une gravure de la collection de la Bibliotlièque royale de Bruxelles.
- ↑ 1857; no 41, p. 42. — Zani, Enciclopedia delle belle arti, t. IV, 1re partie, p. 214, est tombé dans la même erreur.
- ↑ Voy. le fac-similé de la signature à la fin des deux éditions du catalogue (1849 et 1857).
- ↑ Dictionnaire des artistes, etc., t. III, p. 184.
- ↑ Neues allgemeines Kunstler-Lexicon; Munich, 1837; t. II, p. 63.
- ↑ Loc. cit., t. X, 1re partie, p. 314.
- ↑ Hermans, Geschiedenis over den bouw der Sint-Janskerk te ’s Hertogenbosch; La Haye, 1853; p. 13.
- ↑ Ibidem.
- ↑ Ibidem, p. 18; — Dans les comptes de la ville de Louvain de 1501, fo 47, aux Archives communales, on lit : « Meester Alart de Hamel, der stadt werckman steenhouwer. » Cette note nous a été communiquée par notre ami Mr E. Van Even.
- ↑ Ibidem, p. 19.
- ↑ Mr Van Even nous a écrit qu’il était pour la dernière fois question de lui dans un compte de 1503, et que Mathieu Keldermans le remplace en 1504, en qualité de maître des ouvrages de la ville de Louvain. Voici en outre une note extraite d’un compte de la confrérie citée de 1509-1510 : « Van den testamente ende vuyterste wille wylen meesters Alarts du Hamel, doen hy leefde lodze-meester in den Bosch, vj gulden, die men neemen sal van den somme van xxij gulden xv stuivers, die wylen Jan Heym, doen leefde onderschouth in den Bosch, hem sculdich was gebleven van huwelicxsche vorwarde. »
- ↑ Hermans, loc. cit., p. 13 et 14.
- ↑ « Willem Lombard, glaesmalder : iij orten stuivers voer een Gots-penninck hem gegeven by den proesten, doe zy met hem over quamen van een nyeuwen ghelaese dat hy maken sal nae den patroen dat Joen, die maelder, hem soude maken, ’t welk staen soude in onser nyeuwe capelle.
Joemen, den maelder, geschenken ij 1/2 st., tot dyen dat hy denselven Willem Lombart soude willen te wege helpen dat ’t voirschreven gelas recht wael wesen gemaeckt.
Voer een paer alder slaeplakens daer Joen, de maelder, op soude maken een patroen van een glaes, ’t welck Willem Lombart zouden maecken in die Thoeren-straet : xx st.
Willem Lombart, op ’t voorschreven glas : xxx st., die van den bruederscappe gebeurt hat van eene doodtschuld van eenre gehieten Margeriette Dierickx Van den Hoevel, etc.
Meester Henricken Bucken, ad computum ende op afcortinge ende in betalinge van den gelaese by hem aengenomen te maken, dewelcke staen sal in ons nye choer : ij houde carolus guldens, ’t stuck op ix st. gerekent.
Meester Henricken Buekinck, glaesmeester, noch in betalinge en afcortinge van den gelas aen hem verdinckt, ’t welk staen sal in ons nyeuwe choer : vj Vuytrechts gulden, ’t stuck tot xxvij st. gerekent, ende zynen knecht iij st. te verdrincke. » (Compte de la de confrérie citée de 1493-1494.)
- ↑ Le peintre graveur, t. VI, p. 354.
- ↑ Loc. cit., t. V, p. 529.
- ↑ Loc. cit., t. II, p. 340.
- ↑ Loc. cit., p. 145.
- ↑ Bartsch a cru que les planches où se trouve ce mot, ont été copiées d’après Jérôme Bosch.
- ↑ Bartsch, loc. cit., t. XXI, monogramme 5 et 111; — Brulliot, Dictionnaire des monogrammes; Munich, 1832; 1re partie, no 2.
- ↑ A. Michiels, loc. cit., t. II, p. 402. Mr Ch. Le Blanc attribue à Jérôme Bosch trois gravures (nos 5, 6 et 9), qu’il restitue ailleurs à Alard du Hameel (nos 2, 5 et 6).
- ↑ « Item, aengesien dat meester Alart du Hamel, meester van den loedzen, hem vertrocken was, van vele diensten der bruederscap by hem gedaen zynde, hier voertyts te weete zekeren wercken dair hy nyet aff en is geloent, want die voirschreven meester Allart nu met zyne swager Jan Heyns, oick overzien heeft den wendelsteen in ons choir staende dair ons orgelen aen staen sullen, en dieselve van hier meter woene treckt tot Loeve, hem geschenckt, by rade van sommige bruederen, een hoeslake van xxx stuivers. » (Compte de la confrérie citée de 1495-1496.)
- ↑ Van Evexn, Les artistes de l’hôtel-de-ville de Louvain; Louvain, 1852.
- ↑ Van Even, Louvain monumental.
- ↑ Dans le compte de la confrérie dite Illustre Lieve-Vrouwe Broederschap, de 1498-1499, on voit qu’à défaut d’imprimeur à Bois-le-Duc, elle fut obligée de faire imprimer à Zwolle; le compte de 1505-1506 prouve qu’elle s’adressa à cette époque à un imprimeur d’Anvers. Il existe à la Bibliothèque royale de La Haye un volume sorti, en 1511, des presses de Laurent Hayen, établi à Bois-le-Duc. Ces renseignements nous ont été communiqués par Mr Cuypers-Van Velthoven.
- ↑ « Un moyen tableau de sainct Anthoine qui n’a couverture ni feullet, qui est de Jhéronimus Bosch, et a esté donné à Madame par Jhoane, femme de chambre de madame Lyonor. » (Le Glay, Correspondance de l’empereur Maximilien Ier et de Marguerite d’Autriche, t. II, p. 480; — Cabinet de l’amateur et de l’antiquaire, t. Ier, p. 216; Paris, 1842.)
- ↑ « Inventoire des biens-meubles et ustensilz de mesnaige, trouvez le xiiije jour d’apvril l’an mil cincq cens soixante-sept, avant Pasques, en la maison du sieur de Backersele, Jehan de Kasenbroot, située en ceste ville de Bruxelles, près la porte de Couwenberghe, par Jehan de la Rea, à ce commis par Son Excellence, » dans le registre no 595 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
- ↑ Bulletins de la commission royale d’histoire, 1re série, t. XIII, p. 115 et 119.
- ↑ Collection de manuscrits, fonds de Pape, aux Archives du royaume. Nous publierons plus loin l’inventaire des tableaux ayant appartenu à la veuve de Rubens.
- ↑ Oudenhoven, Geschiedenis der stadt ’s Hertogenbossche; 1670; p. 25; — Gramaye, Taxandria, p. 6.
- ↑ Compte de la ville de Bois-le-Duc de 1565-1566, aux Archives communales.
- ↑ Alexandre, loc. cit.
- ↑ Court, loc. cit.
- ↑ Voy. sur cette affaire les registres de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, no 12659, compte de 1502-1504, fo xviij vo, — et no 12660, compte de 1507, fo j ro, xj ro, xv ro, xviij vo à xx vo, xxij ro, et ibidem, compte de 1508, fo xiiij vo.
- ↑ 4e année, p. 28 et 35; Amsterdam, 1858.
- ↑ A. Henne et A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. II, p. 538.
- ↑ Registre no F. 231 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
- ↑ Archives de l’audience, liasses, aux Archives du royaume.
- ↑ Registre no 649, fo 187 vo, de la chambre des comptes, aux Archives du rovaume.
- ↑ Compte de la recette générale de 1586-1587, fo 234 vo, dans les archives de la chambre des finances, aux Archives de l’État, à Liège.
- ↑ Florence, 1840; t. III, p. 242.
- ↑ Fonds Van Hulthem, no 22345.
- ↑ Neues algemeine Kunstler-Lexicon, etc., t. XIX, p. 568.
- ↑ Registre no F. 286, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
- ↑ Loc. cit., p. 566.
- ↑ Registre no F. 279 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
- ↑ Registre no F. 281, ibidem.
- ↑ Registre no F. 284, ibidem.
- ↑ Registre no F. 287, ibidem.
- ↑ Registre no F. 289 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
- ↑ Voy. A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. III, p. 388.
- ↑ Archives de l’audience, liasse no 386 20, aux Archives du royaume.
- ↑ Acquits des comptes de la recette générale des finances, ibidem.
- ↑ Registre no 144, fo xxxvij vo, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume. L’octroi du 9 septembre 1627 est transcrit au fo ijc xxiiij ro.
- ↑ De Becdelièvre-Hamal, Biographie liégeoise, t. II, p. 264.
- ↑ Protocole des directeurs de 1649 à 1653, dans les archives de la cathédrale de Saint-Lambert (secrétariat), aux Archives de l’État, à Liège.
- ↑ A. Henne et A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. III, p. 495-497.
- ↑ Chorographia sacra Brabantiæ; 1727 ; t. II, p. 338.
- ↑ Le peintre amateur et curieux, t. Ier, p. 110.
- ↑ Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant, éd. de 1769, p. 72.
- ↑ Histoire de la vie de P.-P. Rubens ; Bruxelles ; 1771, p. 70.
- ↑ Description de la ville de Bruxelles ; 1743, in-8o, p. 136.
- ↑ A. Henne et A. Wauters, loc. cit., t. III, p. 498.
- ↑ Ces notes sont extraites du Registrum pastorale Guilielmi Van den Neese, où elles ont été consignées par le curé Klerens. Ce volume repose dans les archives de l’église de Sainte-Catherine, à Bruxelles.
- ↑ La vente de la collection de Fr. Pauwels eut lieu à Bruxelles le 22 août 1803. Parmi les tableaux les plus dignes d’attention qui en faisaient partie, il faut citer (no 1) : l’Annonce aux Bergers, par N. Berchem, vendu 3,266 florins ; (no 129), Un palais, par Thiéri Van Delen, avec les figures de Ph. Wauwerman, vendu 830 flor. 13 sous, et (no 98) la Guérison du Paralytique, par Van Dyck, vendu 11,666 flor. (Voy. Catalogue de tableaux vendus à Bruxelles depuis l’année 1773 jusqu’à 1803.)
- ↑ On lit dans le Catalogue de tableaux vendus à Bruxelles, cité, article Rubens, p. 242, que ce même tableau fut adjugé au prix de 4,666 florins.
- ↑ Voy. pour la description des tableaux qui ornent aujourd’hui l’église de Sainte-Catherine, l’Histoire de Bruxelles citée, t. III, p. 186.
- ↑ Archives du conseil privé, aux Archives du royaume.
- ↑ Registre no 261, fo 176 ro, de la secrétairerie d’État, ibidem.
- ↑ « A Jean-Baptiste Van Diest, pour et à quoy portent les armoiries qu’il a peint à l’occasion des funérailles faites à la cour pour feue la princesse de Sulzbach et autres : jc lxxx livres. » (Registre no 27522 de la chambre des comptes, compte de 1728, fo 36 vo, ibidem).
« A lui, pour avoir travaillé et peint au saint sépulchre et pour les armoiries du mausolée pour les funérailles de feue S. A. S. le duc de Lorraine, faites à à la cour : iijc viij livres. » (Ibid., compte de 1729, fo 44 ro.)
« A lui, pour avoir peint les armoiries qui ont servi aux exèques de feue l’électeur de Bavière, et autres ouvrages qu’il a faits : ijc xvij livres x sols ix deniers. » (Ibid., compte de 1730, fo 49 ro.)
« A lui, pour les armes qu’il a peint pour les funérailles de la princesse de Brunswick, de l’électrice de Bavière et quelques figures aïant servi au saint sépulchre dans la chapelle royale : iijc vj livres x sous. » (Registre n° 27523, compte de 1731, fo 50 vo, ibidem.)
« A lui, pour les armoiries qu’il a fait et livré pour les exèques du prince de Sulsbach : jc vj livres. » (Ibid., compte de 1733, fo 70 vo.)
« A lui, pour les armoiries qu’il a livrées à l’occasion des exèques faites pour feu le duc de Modène : xc livres. » (Registre no 27524, compte de 1737, fo 66 ro, ibidem.)
« A lui, pour ouvrages faits tant pour les exèques du prince Sobieski, que pour le sépulchre de la chapelle royale : cxj livres. » (Ibidem, fo 66 vo.)
« A lui, pour les armoiries qu’il a fait pour les funérailles de la reine douairière d’Espagne : cxxix livres iiij sous. » (Ibid., compte de 1740, fo 107 vo.)
« A lui, pour ouvrages faits à l’occasion des funérailles de S. M. Impériale Catholique, vijc lxv livres. » (Ibid., fo 122 vo.) - ↑ Archives du conseil royal, aux Archives du royaume.