100%.png

Association de Demi-Vierges Vol.II/III

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

(Le Nismois)
(2p. --63).

Bannière de début de chapitre



III


Simone se taisait et restait rêveuse. Balbyne, intéressée au récit, lui demanda :

— Tu es heureuse, encore, au souvenir !

— Oui, heureuse, plus qu’heureuse, j’en éprouve le contre-coup, je m’humecte.

— Oh, Simone, Simone, tous les plaisirs sont bons, pourquoi les priekeuses n’éprouveraient-elles pas entr’elles, lorsque la surexcitation est extrême.

— Enfant, rien ne l’empêche, mais il vaut bien mieux se réserver pour les hommes.

— Même, quand ils ne sont pas là, comme à présent, où tu mouilles et où la sensation serait bien plus douce, partagée avec une amie.

— Avec toi, Balbyne ! Mignonne, tu me ferais minettes ?

— Veux-tu ?

— Achevons mon histoire, qui doit se terminer par des indications qui te serviront pour ton initiation. Une priekeuse peut goûter le plaisir comme elle l’entend, elle doit surtout ne le refuser à personne, par cela même qu’on doit le lui donner à sa réquisition. Tu n’as pas été élevée comme moi par l’abbé Tisse, tu aimes encore Claire Harling, tu es plus difficile à guérir des plaisirs saphite que d’autres ; d’ailleurs ce plaisir a son attrait, nous y reviendrons. Je repars. Un verre de Malaga à notre santé et continue à m’écouter. Tu comprends bien que Tisse, préférant toujours la dernière qu’il s’assurait, l’empire de cette dernière durait un temps plus ou moins long, mais finissait par être remplacé par celui d’une autre. Le mien se prolongea une quinzaine de jours après lesquels je passai dans ce qu’on appelait la catégorie des mères. Certes, si après nous avoir initiées à toutes les ivresses sensuelles, qui n’attaquaient pas la virginité, il nous eût successivement abandonnées, une heure aurait sonné où la colère dominant nos esprits, nous l’eussions accablé de malédictions et nous nous fussions peut-être jetées les unes sur les autres. Tisse avait trop d’esprit pour s’exposer à de pareilles extrémités. Son feu se ralentissant, à mesure que grandissait devant ses yeux un nouvel astre, il travaillait les sentiments de sa préférée pour l’amener à comprendre que la jalousie était une sottise, que le plaisir ne portait tort qu’à ceux qui voulaient tout pour eux, et qu’il fallait être aussi bien accueillante pour un autre prêtre qu’on l’avait été pour lui. Alors, une après-midi, on était mandé dans son salon réservé et il vous présentait à un jeune abbé, avec lequel il vous laissait, et qui vous contentait en son lieu et place. J’échus ainsi à l’abbé Béron, gentil garçon de trente à trente-cinq ans, qui paracheva mon éducation. L’abbé Tisse demeurait notre grand maître, mais il nous confiait à des coadjuteurs. La méthode de l’abbé Béron n’était pas celle de l’abbé Tisse. Avec lui, il fallait le déshabillage complet. Oh, il s’en vivait de belles aux Bleuets ! Nus, on s’étendait sur le tapis et on se caressait mutuellement, dans une pose qu’on désigne sous le nom de soixante-neuf. De plus, quelquefois l’abbé rêvait une partie carrée et elle s’emmanchait sans difficulté. Les désirs de Tisse et de ses amis étaient des ordres. Il y avait un moine, le frère Hilaire, qui se trouvait toujours dans le couvent, lorsqu’on le faisait demander. L’abbé Tisse accordant deux élèves à son ami Béron, au bout de quelques instants, on voyait poindre Hilaire, et là, je me rencontrai souvent avec ton ancienne amie Stéphanie de Marinois. Je l’eus toujours comme partenaire. Oh, ces séances, ce qu’elles nous plaisaient et que de rires dans les exercices voluptueux ! Frère Hilaire n’engendrait pas la mélancolie et, de plus, nourrissait tellement d’idées cochonnes que, dès son arrivée, l’abbé Béron lui abandonnait la direction de la partie. Je le vois encore avec sa grosse face, ses yeux rieurs, ses lèvres lippues, son cou de taureau, faire tourbillonner la corde qui lui servait de ceinture et, au milieu de grimaces, sous lesquelles nous nous tordions, de rire, je l’entends s’écrier :

— Ah bien, poulettes, ah bien, chérinettes, ou est ici pour goûter les extatiques ivresses qui préparent l’âme aux béates félicités des femmes de notre divin Seigneur. Eh, eh, elles sont chaque fois plus jolinettes, les brebinettes ! Vite, vite, quittez vos robes et vos jupes, montrez vos pantalons, que la fête commence, mes tourlounettes et en avant la musique, la queunette sent déjà votre bobinette, voyez voyez la queunette.

Il soulevait la robe et nous apercevions son gros machin, tout rouge et tout raide ! Ah, quel machin, ma chère, tellement dur qu’il nous défiait de le faire baisser en l’attrapant avec les mains, et ce à quoi nous réussissions avec peine, je l’avoue. En voilà un qui a joliment bien fait de se mettre moine ! Penser qu’un machin pareil vous enfoncerait les cuisses, en se mariant, il y avait de quoi hérisser les cheveux sur la tête.

À dire vrai, si on écoutait son défi, sans être en petit pantalon, il vous obligeait à pirouetter, roulait les yeux et continuait :

— De quoi, de quoi qu’on se mêle, les pichonettes, on ne touche ça que le cul tout nu et une main sur le bouton, ou, brisquette de sort, ça mord, mord, mord.

En pantalon, la farce se déroulait. Assis sur un fauteuil, sa robe de moine troussée, il nous plaçait face à face entre ses jambes et disait :

— L’abbé, voici des petitettes bien sages. Elles vont nous montrer le cul et on leur fera pomponette, après qu’elles auront baisé mon arrosoir. Allons, toi, l’aînée, la Simonette, à genoux et la bouche sur la binochette. Une, deux, ça y est, ouvre bien la bouche, virginette, et fourre-toi ça dedans avec componction. Là, ça y est, une, deux, aspire, tire, serre le gland, trois, quatre, la bouche grande ouverte, essaye d’avaler tout le morceau. Bien, bien, des dispositions merveilleuses, la Simonette ! À toi, Phaninette, tourne-toi, et étale ton cul, qu’on juge s’il est toujours blanc. Ah, ça ne fait rien, qu’il touche la tête de ta camarade, elle les aime les fesses des autres filles ! Pas vrai, ma mignonne, t’avais une bonne amie et vous vous en mangeottiez de ces feuilletées de roses ! L’aumônier est passé par là, bonsoir ! Il a eu raison. Une chosette de fille est pour les hommes et on jouit bien mieux, n’est-ce pas. Baisse la tête que j’essuie ta salive au cul de Phaninette : toi, ma minette, élargis-moi ta fente, ça y est, bon, bon, sens-tu si elle a mouillé, cette cochonnette ; ton cul est inondé. L’abbé, je vous la cède, c’est le moment de la claquer.

L’abbé Béron prenait Stéphanie par un bras, l’attirait vers un canapé, sur lequel il s’installait ; il l’étendait par dessus ses genoux, le cul nu sous ses yeux, entre les pans de la culotte, et il la fouettait à petits coups, égarant de temps en temps la main entre ses cuisses, vers son bouton.

Moi, je suçais le frère Hilaire, qui se renversait de plus en plus sur le dos, me découvrant tout son gros ventre, et je farfouillais dans ses poils, je reniflais sa forte odeur de bouc et je jouissais. Je t’assure, mon adorée, que ma conviction est bien qu’il n’y a nulle sensation comparable à celle-là, et que nos plaisirs entre amies sont bien pâles à côté.

L’abbé Tisse ne nous trompa pas sur la qualité du plaisir.

Si tu avais considéré de près ces grosses boules qui pendaient sous son machin, si tu avais contemplé ce machin qui se durcissait comme du fer, si tu avais admiré cette massue, que jamais je n’eusse cru possible d’entrer dans ma petite bouche, si tu avais examiné cette puissante assise de fesses se développant grandiosement à mesure qu’il se reculait sur son fauteuil, tu m’aurais imitée et tu te fusses enragée à tout dévorer de caresses.

Et cependant, il ne s’oubliait pas, il guettait le moment où le cul de Stéphanie rougissait sous les claques de l’abbé, où elle se trémoussait sur ses genoux en des mouvements convulsifs de chatte en chaleur, pour me saisir par une oreille et dire :

— Debout, colombinette, apporte la fente de ton cul, nous allons faire feu pour le récompenser et adoucir la raideur de ce joyeux sire en te caressant les fesses, comme la main de l’abbé caresse celles de ton amie. Ça y est-il ? Oui, découvre bien, écarte la chemisette, et les chairs bien dehors, et attention à la manœuvre, elle ne sera pas longue, tu as très bien travaillé de la bouche. Sens-tu bien le bout, dis ?

— Oui, oui, murmurais-je, il tient mes fesses ouvertes.

— Bon, très bon, deux calottes et ça marchera.

Deux calottes ! Ah ben oui ! Il prenait dans ses doigts le machin appuyé contre le trou de mon cul et, tout serré entre mes pauvres fesses, il le frottait rapidement et vigoureusement et, tout à coup, je chancelais sur mes jambes, un jet bouillant grimpait jusqu’à mes reins, je vacillais de droite et de gauche sous les mouvements du machin qu’il avait lâché pour me tenir les fesses à pleines mains ; quand le jus s’arrêtait de couler, il m’attirait sur ses cuisses, promenait ses gros doigts sur mon ventre, les glissait entre mes jambes et disait, dans un éclat de rire :

— Tu as joui, tu as pissé aussi, répète-le moi.

— J’ai joui, j’ai pissé aussi.

— Et tu aimes bien la pine du frère Hilaire ?

— Et j’aime bien la pine du frère Hilaire.

Oh, nos progrès marchaient à ravir au couvent des Bleuets !

L’abbé Béton apportait alors dans ses bras Stéphanie, qu’il plaçait à cheval sur les genoux du frère Hilaire. Elle était comme inconsciente, tant il l’avait surexcitée par ses fessées. On approchait une chaise, le dossier tourné vers elle, comme elle tournait le dos au frère, il lui dénouait le pantalon et lui retirait, sans qu’elle quittât ses genoux ; il lui épinglait la chemise sur les épaules, la courbait sur la chaise et, avec son machin, il la frappait sur le cul, les reins, la soulevant et la mettant entre ses cuisses ; elle envoyait les bras par derrière, se tordait dans le plaisir ; il lui chatouillait le bouton, la replaçait contre le dossier de la chaise qu’elle avait abandonné, et peu à peu elle se dressait debout, lui allongeait des coups de culs contre le ventre, grimpait sur son fauteuil et lui appliquait les fesses sur le visage ; il la secouait de ses grands coups de langue, elle appuyait le pied sur son machin et il l’attrapait par les jambes ; entre ses mollets, sur les bas, on voyait courir le gros machin, qui gagnait les genoux et, tout à coup, elle s’accroupissait, presque malgré elle, pour être toute éclaboussée de jus, plus encore que moi, car, sur ses bas, ses jambes, sa chemise, il en coulait des gouttes.

L’abbé Béron qui, pendant ce temps, m’avait fait mettre toute nue pour me peloter à l’aise, en suivant ce spectacle, me poussait alors sur Stéphanie, me commandait de lécher cette ondée, afin d’en effacer les traces, et j’obéissais, l’avalant avec furie ; profitant de notre affolement, il nous fourrait son machin contre les chairs, tantôt à l’une, tantôt à l’autre, n’importe où, et, à son tour, comme j’étais sur les genoux, il m’inondait sur les épaules.

De telles séances nous livraient à ces prêtres, éteignaient en notre âme toute pensée de sotte révolte et, petit à petit, tantôt reprises par l’abbé Tisse, éprouvant un renouveau à notre endroit, tantôt présentées à d’autres ecclésiastiques, nous n’avions plus que la terreur du moment où nous quitterions le couvent et serions privées de ces félicités.

Nous en parlions à notre aumônier, au confessionnal, et, habilement, il nous sevrait de voluptés, pour nous accoutumer, disait-il, à la privation qui nous attendait.

Ce sevrage nous excitait davantage. Nous souffrions beaucoup, nous nous désolions, et il finissait par nous prendre en pitié, nous rendait les bonheurs dont nous ne pouvions plus nous passer, étudiant avec nous comment, hors du couvent, on s’arrangerait pour continuer d’aussi agréables exercices.

Dans ces conversations, il s’informait des habitudes de nos parents, de leur plus ou moins grande fréquentation des églises et des ecclésiastiques, de la paroisse dont nous dépendions et des prêtres qui la desservaient.

Muni de ces renseignements, il alla les visiter, lia connaissance avec eux, sous prétexte de recommander ses pénitentes, et il en rencontra qu’il put mettre sans danger au courant de ce qu’il en était, afin qu’ils nous servissent le plaisir tout en respectant notre virginité, lorsque nous ne serions plus pensionnaires au couvent des Bleuets.

C’est ainsi que naquit l’idée d’une association de demi-vierges, d’une société de priekage.

Quelques-uns de ces prêtres, les plus robustes en général, étant peu fortunés, il fut convenu qu’on verserait des petits subsides, sous couleur de favoriser leurs aumônes.

L’utile se joignit à l’agréable. Que nous importait de donner un peu de cet argent, dont on remplissait nos porte-monnaie ?

Les aînées, qui nous précédèrent dans cette voie, acceptèrent avec plaisir cette combinaison ; nous suivîmes leur exemple.

L’abbé Tisse eut bientôt sous la main un certain nombre de prêtres et de jeunes filles, sur lesquelles il conserva de l’autorité, et qui devinrent le noyau de la société secrète dont il prit l’initiative. Tu comprends si nous accueillîmes avec enthousiasme ses révélations à ce sujet.

Bien avant notre sortie du couvent, nous étions affiliées.

Je terminai donc mes études dans la plus douce tranquillité d’âme, et j’entrai dans ma famille déjà inscrite comme membre fondatrice de l’association. Es-tu satisfaite de cette histoire, ma mignonne, et as-tu quelques questions à me poser ; parle, je suis toute à toi pour t’enseigner ce que tu ignores.

— Ah, si j’avais su, je serais restée au couvent ! En connais-je beaucoup, de celles qui en font partie ?

— Dam, je ne sais trop ! En trois ans, il s’est produit de nombreux changements au couvent et, à part quelques anciennes, je n’ai pas à l’esprit celles qui s’y trouvaient de ton temps et celles qui ne s’y trouvaient pas encore.

— Stéphanie de Marinois ?

— Elle n’est pas des nôtres. Tu sais qu’elle est mariée, et la clause est formelle : « Pour les femmes : Ne sont admises, ni les veuves, ni les femmes mariées ; seules, les jeunes ou vieilles filles, de quatorze à soixante ans, sont reçues, à la condition d’être de familles honorables et aisées, sauf pour les institutrices et gouvernantes, lesquelles ont à produire les meilleures références de moralité, de vertu et de piété. De plus, toute personne désirant entrer dans l’association doit être présentée par un parent mâle, qui répond d’elle comme discrétion et moralité. » À ce propos, quel est ton parrain ?

— Il n’en a pas encore été question.

— Tu en es donc tout à fait au début. Tu n’es pas allée au Cercle ?

— Non, et j’ignore ce que c’est. J’ai vu l’abbé Tisse, qui m’a envoyée à mademoiselle de la Garinière. J’ai été instruite et conduite par ma gouvernante, miss Blettown.

— Eh bien, mais, tu as ton parrain tout trouvé, le général de Mondino.

— Oui, oui, en effet.

— Vous avez prieketé déjà ?

— À peine effleuré, nous irons au bois demain.

— Cela tombe à merveille ! Je suis sûre qu’il te conduira à un pied-à-terre qu’il a à Suresnes.

— Tu y es allée ?

— Je te crois ! Et j’ai cela de commun avec un grand nombre de nos priekeuses. Le général aime les fruits nouveaux et, comme il flatte la vanité, on est toujours disposée en sa faveur. Donc, tu iras à son pied-à-terre. Il vous faudra… une petite heure de douces manœuvres. Je vous attendrai dans l’allée des acacias, où je me promènerai avec le groom ; on me laisse sortir seule à cheval, suivie par lui. Ton oncle, que tu préviendras, s’arrangera pour nous procurer notre liberté de l’après-midi, et je le conduirai au Cercle. Est-ce dit ?

— Oui ! Tu m’as parlé de l’admission des femmes ; quand elles se marient, après avoir appartenu à l’Association, elles en connaissent les insignes.

— On les change chaque année, et quelquefois même dans le courant d’une année, pour empêcher qu’elles les sachent.

— Et les hommes ?

— Ne sont admis que les hommes occupant une position sérieuse, pour laquelle ils sont astreints à une moralité exemplaire : les prêtres, les avocats, les magistrats, les médecins ; de préférence des gens mariés et âgés d’au moins quarante ans, tous dans une situation aisée, à l’exception des ecclésiastiques, qu’on accepte d’office, sans fortune, et à n’importe quel âge.

— Tout à la moralité, dans l’Association, dit Balbyne, en riant ; mais tu avoueras, chérie, que les Messieurs sérieux et d’âge ne sont pas pour nous détourner de remarquer combien nous sommes belles, combien…

— Vraiment, Balbyne, tu as envie de moi ?

— Oui, montre.

— Tu as vu hier.

— Je verrai avec plus de bonheur en t’encensant.

— Minettes ou feuilles de roses ?

— D’abord minettes, et ensuite…

— Gourmande ! Tu es tout plein jolie, avec ta tête entre mes cuisses et ta petite langue qui sort si finement. Hé là, hé là, tu as la bonne école, ma coquinette, comme se fût exprimé le frère Hilaire.

Les soupirs des deux jeunes filles s’unirent dans le plaisir, et la visite de Balbyne prit fin après ces exquises caresses.