Bepred Breizad/Breiz-Izell
— Dis-moi, connais-tu le pays — où sur le rocher s’élève le chêne ; — où le barde chante sur le seuil de sa porte, — où sur le rivage bruit la mer ? —
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell. — Sur le monde quand je jette un regard, — nulle part je n’en vois un autre, — qui réclame une aussi grande louange. —
— Dis-moi, connais-tu le pays, — où l’on trouve encore ensemble — la parole de Dieu et la foi en vigueur, — et la loyauté et la droiture dans le cœur de l’homme ? —
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell. — Je voudrais, comme l’épervier, — avoir deux ailes, pour m’envoler, — vers la mère qui là me mit au monde. —
— Dis-moi, connais-tu le pays, — où nul ne tremble devant la mort, — où l’on vit dans le respect de son Dieu, — et aussi de la loi de son pays ? −
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell ; — et pour loin que j’en sois aujourd’hui, — aux lieux où est resté mon cœur, — mon esprit s’envole, comme la colombe.
— Dis-moi, connais-tu le pays, — où, comme les fleurs dans les champs, — on voit les jeunes filles, — aux Pardons, joyeuses et belles ? —
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell. — Ramier bleu, qui voles — à tire-d’ailes du côté de mon pays, dis, ô ramier, — le bonjour à ma douce Môna. —
— Dis-moi, connais-tu le pays, − où l’on aime toujours les anciennes coutumes, — où l’on prie encore dans les églises, — et dans les cimetières sur les tombes ? —
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell. — Ô nuage, poussé par le vent, — descendez un peu jusqu’à terre, — et emportez-moi jusqu’à mon pays ! —
— Dis-moi, connais-tu le pays, — où l’on chante
de vieux gwerz et des sônes, — le soir, au coin du
foyer, — en souvenir des exploits des ancêtres ? —
— Oui, ce pays-là c’est Breiz-Izell. — C’est là que je voudrais aller mourir, — et être enterré un jour, — parmi ceux de mon pays, dans leur cimetière ! −
— Celui qui fit ce sône, — est un soldat, triste de cœur, — et qui mourra de regret du pays, — s’il n’est bientôt de retour en Breiz. —