Bepred Breizad/Sone
J’ai trois pommes rouges, trois petites pommes, — et elles sont si jolies ! — Et celui qui m’aimera, sur-le-champ, — je lui donnerai mes trois pommes. —
Mes pommes sont si luisantes ! — rien qu’à les voir, l’eau — en vient à la bouche aux jolis garçons, — et tous meurent d’envie (de les posséder). —
Gabriel Rosmad et Laouik Guillou, — voudraient bien avoir mes pommes, — mais l’un d’eux est tailleur, — et l’autre pâtre ! —
Tout le monde dit que je suis jolie, — et la beauté vaut de l’argent : — je prétends avoir un fils — de bonne maison, et riche. —
Un jour que j’étais à laver sur l’étang, — un petit oiseau dit au-dessus de ma tête : — « Vos pommes se flétriront, la belle enfant, — donnez-les vite à Laouik ! » —
Adieu à mes trois petites pommes, — si luisantes, si rouges et si gentilles ! — Je vais sur-le-champ les porter à Laouik ; — c’est celui-là qui mangera mes pommes ! —
J’ai trois pommes rouges, trois petites pommes, — et elles sont si jolies ! — Et celui qui m’aimera, sur-le-champ, — je lui donnerai mes trois pommes ! —