Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850/I

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H Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 J


INFERNET (Louis-Antoine-Cyprien)[modifier]

Parent de Masséna, naquit en 1757 à Nice. Il avait été corsaire avant d’entrer dans la marine de l’État, et lorsque, le 15 pluviôse an XII, il fut nommé membre de la Légion-d’Honneur, il était parvenu au grade de capitaine de vaisseau.

Fait officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, il commandait à Trafalgar le vaisseau l’Intrépide, et, dans cette journée, « il se plaça, disent les auteurs des Victoires et Conquêtes, au rang des marins français dont les noms furent à jamais célèbres. »

En effet, l’Intrépide combattant 2, 3, 4 et jusqu’à 5 vaisseaux ennemis à la fois, fut entièrement démâté, perdit plus de la moitié de son équipage, et néanmoins, Infernet, quoique entouré de sept vaisseaux anglais, attendit pour se rendre que l’Intrépide fût près de couler sous ses pieds.

Conduit en Angleterre, et bientôt après échangé, il fut, avec le capitaine Lucas, présenté à l’Empereur à Saint-Cloud. « Si tous mes vaisseaux, leur dit-il, s’étaient conduits comme ceux que vous commandiez, la victoire n’aurait pas été incertaine. Je vous ai nommés commandeurs de la Légion-d’Honneur. » Ces deux braves avaient préféré cette récompense au grade de contre-amiral.

Chevalier de Saint-Louis le 18 août 1814, Infernet est mort à Toulon le 15 mai 1815.


ISMERT (Pierre), baron[modifier]

naquit le 30 mai 1768 à Tetting (Moselle). Il entra au service de France dans le régiment suisse de Salis-Sarnade le 3 octobre 1783 et passa le 14 juillet 1789 dans la garde nationale parisienne soldée.

Nommé lieutenant de cuirassiers dans la légion de cavalerie germanique le 4 septembre 1792, il fit les deux campagnes de Dumouriez dans le Nord, et devint capitaine au même corps le 12 mai 1793.

Envoyé en Vendée au commencement de l’an II, il reçut un coup de feu dans le visage en poursuivant les insurgés à Châlons le 15 prairial.

Le 1er frimaire an III, il entra au 11e régiment de hussards par suite du licenciement de sa légion, se rendit en l’an IV à l’armée du Rhin, en Helvétie en l’an VI, et en Italie, avec Schérer, en l’an VII.

Blessé de deux coups de feu le 6 germinal de cette dernière année, le 9 prairial an VIII, sur la route de Plaisance à Parme, il soutint, avec 200 hussards, un combat d’une heure et demie contre un bataillon de 800 Autrichiens appuyé par 2 pièces d’artillerie.

Le 25 du même mois, à la bataille de Marengo, ayant marché avec sa troupe contre l’ennemi retranché entre l’Emme et l’Orba, il s’empara trois fois d’une batterie de 6 pièces de canon que la supériorité numérique des Autrichiens ne lui permit pas de conserver. Alors, obligé de repasser l’Emme, il se joignit au reste d’un bataillon de la 43e qui, comme lui, se trouvait coupé, et, prenant la tète avec ses hussards, il se fit jour à travers les escadrons ennemis jusqu’à la hauteur de San-Carlo, dont il se rendit maître.

Incorporé au 2e régiment de carabiniers à sa rentrée d’Italie en France, le 14 thermidor an IX, et compris comme membre dé la Légion-d’Honneur dans la promotion du 25 prairial an XII, il fit avec la réserve de cavalerie les campagnes d’Autriche, de Prusse et de Pologne, se trouva aux batailles d’Ulm, d’Austerlitz, d’Iéna et d’Eylau, et fut nommé colonel à la suite le 8 mai 1807.

Titulaire de ce grade au 2e régiment de dragons le 14 du même mois, il entra en Espagne en 1808, avec le 1er corps d’armée, et, le 25 mars, à la tête de son régiment, il chargea et dispersa complètement 10.000 insurgés qui coupaient la retraite à la 1re demi-brigade de dragons.

Créé officier de la Légion-d’Honneur le 4 octobre 1808, il se trouva, le 13 janvier 1809, à la bataille d’Uclès, où son régiment, engagé contre un régiment ennemi, en tua les trois quarts et fit le reste prisonnier.

Le 28 mars suivant, à la bataille de Medelin, l’armée française était en retraite, et 4.000 fantassins et 3 régiments de cavalerie menaçaient le flanc de la division allemande, de sorte que le général Leval se trouvait dans l’impossibilité d’opérer son mouvement, quand Ismert, se précipitant au milieu de la colonne ennemie, la renversa ; puis tournant ses dragons sur les 3 régiments de cavalerie, les mit dans une déroute complète. Cette division changea bientôt de ce côté la retraite en une victoire, et contribua puissamment au succès général de la bataille, à laquelle il eut son cheval tué et reçut lui-même une forte contusion dans la poitrine.

Blessé de nouveau à la bataille de Talaveira de la Reina par un éclat d’obus au pied droit, il fut nommé baron de l’Empire dans la campagne suivante et doté d’une rente de 4.000 francs sur la Westphalie.

Dans les premiers jours de janvier 1812, la colonne expéditionnaire envoyée devant Tariffa était réduite à la dernière extrémité par les pluies torrentielles qui la privaient de toutes communications ; Ismert, apprenant sa malheureuse situation, fit prendre des vivres à son régiment, et s’engageant au milieu des ruisseaux débordés qu’il fallait à chaque instant franchir à la nage, il parvint, après une marche périlleuse de trois jours, à porter des subsistances à nos malheureux soldats prêts à mourir de faim.

Promu général de brigade le 8 février 1813, il prit part, le 21 juin, à la bataille de Vittoria, et obtint au mois de décembre la décoration de chevalier de l’ordre de la Couronne de Fer, à la sollicitation du duc de Dalmatie qui, dans tous ses rapports, faisait le plus grand éloge de sa bravoure.

Nommé au commandement du département des Landes le 25 mars 1814, et chevalier de Saint-Louis le 5 octobre suivant, il fut momentanément rappelé le 20 mars et replacé à Mont-de-Marsan le 23 mai.

Mis à la retraite le 1er octobre de la même année, le général Ismert est mort à Avengosse (Landes) le 29 septembre 1826.

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