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Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850/Q

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QUANTIN (Pierre)[modifier]

Né à Fervaque, près Lisieux (Calvados), le 19 juin 1759. Il servait avant la Révolution dans l’artillerie de marine, qu’il abandonna pour celle de terre. Il lut nommé, en 1792, capitaine des canonniers du 3e bataillon du Calvados. Beaucoup d’instruction dans son arme qui, à cette époque, rendait la France supérieure à toutes les autres nations, un grand dévouement à la République, une activité de tous les instants, le firent rapidement acquérir les grades supérieurs.

En 1795, il avait déjà obtenu celui de général de division. Il fut employé sous les ordres du général Hédouville, chef d’état-major général de l’armée des côtes de Brest ; sous les ordres du général Hoche, dans les guerres de la Vendée.

Ses principes furent ceux de ces deux illustres généraux : éviter autant que possible de répandre le sang français, employer sans cesse la persuasion pour ramener des esprits égarés, et ne sévir avec rigueur que comme nécessité absolue et pour intimider par des exemples de sévérité. Il partagea les travaux du général Hédouville et mérita une part des éloges qu’on donna au noble pacificateur de la Vendée, pour la manière dont il s’était acquitté de cette mission difficile. Ce pauvre pays lui dut, nonseulement la paix, mais oublia encore un instant les désastres de cette guerre cruelle sous son administration sage et éclairée.

Le général Quantin quitta cette contrée en 1797 pour aller prendre le commandement de la 9e division à Nîmes ; un an après, il passa dans la 8e et se rendit à Aix, qui en était le chef-lieu.

La majorité des citoyens s’abstenaient de se présenter aux élections primaires : chez les uns, c’était le dégoût d’assister à ces assemblées, où s’élevaient toujours de vives discussions qui dégénéraient en actes de violence, où fort souvent les suffrages étaient disputés à coups de poings ; chez les autres, c’était indifférence, ou conviction de l’inutilité de ces élections que le pouvoir exécutif cassait à volonté.

Le général Quantin adressa à ce sujet, au nom du Directoire, une proclamation par laquelle il engageait les habitants de la province à se rendre exactement à ces assemblées et à y concourir de leur vote. Les choses qui y furent faites ne plurent cependant point au Directoire qui annula, cette année encore, les opérations électorales, malgré les plus scrupuleuses observations des décisions réglementaires.

En l’an X, le général Quantin fut appelé à faire partie de l’expédition de Saint-Domingue, commandée par le général Leclerc. Il revint en France en l’an XI, après la mort du général en chef.

En l’an XII, il obtint la croix de la Légion-d’Honneur et fut nommé commandeur le 25 prairial de la même année. L’Empereur lui confia le commandement de Belle-Isle-en-Mer, qu’il conserva plusieurs années, et où il fit exécuter des travaux qui ont rendu ce port à peu près inexpugnable. Une disgrâce, dont les causes n’ont jamais été bien éclaircies, lui fit retirer ce commandement ; il demanda et obtint sa retraite en 1811.

QUESNEL (François - Jean - Baptiste), baron de[modifier]

né à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) le 18 janvier 1765, entra au 25e régiment d’infanterie le 18 juillet 1782.

Caporal le 18 septembre 1783, sergent le 10 octobre 1784, fourrier le 7 juillet 1786, sergent-major le 12 septembre 1789, sous-lieutenant le 15 septembre 1791, lieutenant et capitaine de grenadiers les 19 avril et 1er mai 1792, adjudant-général chef de bataillon le 15 mai 1793, adjudant-général chef de brigade le 30 septembre 1793, et général de brigade le 6 nivôse an II, il fit les campagnes de 1792 à l’an III aux armées du Nord et des Pyrénées-Orientales.

Lors de la suppression de cette dernière armée, Quesnel passa à celle des côtes de l’Océan, et le général en chef le plaça dans l’arrondissement de la Manche.

Le 18 fructidor an VI, le commissaire du Directoire près l’administration centrale de ce département l’ayant dénoncé pour ses liaisons avec des personnes dont les sentiments antirépublicains étaient connus, le ministre de la guerre demanda des renseignements aux représentants du peuple composant la députation de ce département ; tous s’accordèrent à justifier que cet officier général avait rendu les plus grands services dans la poursuite des Chouans et la pacification de la Vendée ; mais quelques-uns déclarèrent que son mariage avec une ci-devant noble lui ayant donné l’occasion de fréquenter des sociétés qui n’avaient pas la confiance des patriotes, il avait attiré sur lui le soupçon de n’être pas républicain et de favoriser les partisans du système qui existait avant le 18 fructidor. Ils témoignèrent même le désir de le voir conserver en activité, et, pour son intérêt personnel ainsi que pour la tranquillité du département, ils demandèrent son changement. Le général Lemoine, de son côté, écrivit en faveur du général Quesnel ; il certifia qu’il avait toujours vu servir cet officier avec honneur et distinction à l’armée des Pyrénées-Orientales et à celle des côtes de l’Océan, où, par son énergie et son patriotisme, il était parvenu à pacifier l’arrondissement de la Manche qui lui était confié. Le général Augereau écrivit également au Directoire pour lui demander la conservation du général Quesnel.

Le Directoire, d’après tous ces renseignements, qui lui parurent satisfaisants, décida que le général Quesnel serait employé dans une autre division, et le ministre de la guerre lui donna, en conséquence, l’ordre de passer dans la 13e division militaire.

Mis en traitement de réforme le 23 floréal an VI, il reprit de l’activité à l’armée d’Italie le 17 pluviôse an VIII.

Quesnel fit les guerres d’Italie jusqu’à l’an VIII, et fut blessé d’un coup de biscaïen qui lui fractura l’avant-bras gauche à la bataille de Bassignant, le 23 floréal an VII. Il ne crut pas devoir quitter l’armée à cette époque ; mais les douleurs qu’il éprouva le forcèrent à demander un congé de convalescence, que le Directoire lui accorda le 15 frimaire de l’année suivante.

Employé dans la République cisalpine le 12 prairial an IX, et en prairial an XI, près le corps de troupes à Faënza, Quesnel passa ensuite à l’armée de Naples.

Nommé membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, commandant de l’Ordre le 25 prairial, et général de division le 12 pluviôse an XIII, il alla prendre un commandement à l’armée du Nord le 2 frimaire an XIV.

Disponible à la suppression de cette armée le 1er février 1806, il commanda la 9e division militaire le 7 juin suivant. Il passa à l’armée de Portugal vers la fin de 1807, s’y distingua, et fut nommé gouverneur d’Oporto et de la province d’Entre-Duero-e-Minho, avec le commandement de toutes les troupes espagnoles qui s’y trouvaient.

Fait prisonnier de guerre par les Anglais en 1808, et transféré à la Corogne, Quesnel se vit délivré par les Français qui s’emparèrent de cette ville le 16 janvier 1809. Ayant reçu l’ordre le 11 juillet de se rendre au quartier général, il partit pour Nimègue, et prit le 7 février 1810 le commandement des brigades de cavalerie légère. Le 3 mai suivant, il commanda la 11e division militaire.

Employé à l’armée de Catalogne, division de Puycerda, le 13 février 1811, il marcha avec ses troupes, le 3 mai, pour investir le fort de Figuières dont les miquelets s’étaient emparés. Le général Quesnel se fit remarquer dans les divers combats qui se livrèrent en avant de ce fort contre le général espagnol Campo-Verde, et reçut le titre de baron de l’Empire. Le 27 mai 1813, employé au corps d’observation de l’Adige, il enleva avec sa division, le 6 septembre, le château de Feistritz, où l’ennemi, qui s’était retranché, perdit 500 hommes tués ou blessés et autant de prisonniers. Le 15 novembre suivant, il se distingua de nouveau et contribua puissamment à la déroute des Autrichiens à Caldiero.

Quesnel revint à l’armée d’Italie, et assista à la bataille du Mincio le 8 février 1814 ; cette journée fit le plus grand honneur aux talents et à l’intrépidité de ce général et lui mérita les éloges du vice-roi.

À la rentrée des Bourbons, Louis XVIII le créa chevalier de Saint-Louis et grand officier de la Légion-d’Honneur. Le 4 septembre 1815, cet officier général obtint sa retraite.

Voici ce qu’on lit dans la Biographie Boisjolin sur la mort mystérieuse du général Quesnel.

« En avril 1819, il disparut tout à coup, et son corps fut retrouvé dans la Seine. On ne peut attribuer cet événement au suicide ; le général Quesnel, officier plein d’honneur et jouissant de l’estime de l’armée, n’avait aucun motif pour se donner la mort, et rien n’annonçait en lui, le matin de ce jour, ce funeste projet. On assura que, passant fort tard sur le pont des Arts, à Paris, il avait été saisi et jeté dans la rivière par des personnes qui, lui ayant fait des confidences relativement à la politique, en craignaient la révélation. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’on trouva sur lui sa montre, son épingle et les bijoux qu’il portait habituellement. »

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Nord.


QUIOT (Joachim - Jérôme), baron[modifier]

né à Alixan (Drôme), en février 1776, fils de parents honorés dans le tiers état. Quiot avait à peine seize ans lorsqu’il partit pour l’armée des Alpes comme simple grenadier au 3e bataillon de volontaires de la Drôme, où Victor, depuis maréchal, était instructeur. Successivement caporal et sergent-major, il fut élu capitaine en 1793, fit ses premières armes au siège da Toulon, et passa ensuite à l’armée des Pyrénées-Orientales, où on lui confia le commandement d’un bataillon de chasseurs formé de l’élite des corps et constamment exposés aux avant-postes. Il assista aux prises de Collioure, du fort Saint-Elme et de Figuières, à la bataille de Boulon et au siège de Rosés, qui termina la guerre des Pyrénées.

Envoyé en Italie après la paix de Bâle, Quiot y retrouva Victor, son ancien camarade, qui, devenu général, le prit auprès de lui comme aide-de-camp. À Rivoli, conduisant 300 hommes de la 18e demi-brigade, il enleva une des positions les plus difficiles et eut le bras traversé par une balle. À la bataille de la Favorite, il fit mettre bas les armes à 200 Autrichiens du corps de Provera, et eut le même jour son cheval tué en conduisant un bataillon de la terrible 57e à l’attaque du château. Nommé chef de bataillon sur le champ de bataille de Vérone, le 26 mars 1799, Quiot se trouva aux journées de la Trébia et de Fassano qui nous firent perdre momentanément l’Italie. Il y rentra l’année suivante avec l’armée de réserve, et eut le commandement de la colonne de gauche de la division Victor qui tourna le village de Marengo la veille de la bataille.

Membre de la Légion-d’Honneur à la création, Quiot passa auprès du maréchal Lannes, combattit à Ulm, à Hollabrûnn, à Austerlitz, et fut nommé le 27 décembre 1805 colonel du 100e régiment de ligne, à la tête duquel il fut blessé à Iéna, en enlevant le village de Wierzen-Hellingen où s’appuyait l’aile gauche des Prussiens. Ce nouveau fait d’armes lui mérita la décoration d’officier de la Légion-d’Honneur.

Après la paix de Tilsitt, le colonel Quiot suivit le 5e corps en Espagne, et obtint le titre de baron de l’Empire après le second siège de Saragosse.

En Andalousie, en 1810, lors du passage de la Sierra-Moréna, il attaqua la division espagnole du général Lascy, retranchée dans le défilé de Spena-Perros, la battit complètement, lui fit 800 prisonniers et s’empara des drapeaux des régiments des gardes espagnoles et de Jaen. Au siège de Badajoz, étant major de tranchée, il repoussa deux sorties de la garnison et reçut dans la seconde un coup de biscaïen à la tête.

Après la bataille de la Gébora, où il mérita les éloges du maréchal duc de Dalmatie, il vint au siège de Campo-Mayor dont il fut nommé gouverneur ; les brèches de la place n’étaient pas encore réparées, lorsqu’il apprit que 15.000 Anglo-Hanovriens, venant de Lisbonne sous la conduite de Beresford, n’étaient plus qu’à trois lieues. En quelques instants toute la division Latour-Maubourg, prévenue par lui et réunie devant la ville, put commencer son mouvement de retraite sur Badajoz. Pendant ce temps, Quiot, après avoir formé son régiment en trois bataillons carrés, soutenait les charges de la cavalerie ennemie opérées dans une plaine large de quatre lieues, sous la protection de six pièces d’artillerie légère. Ce mouvement rétrograde, effectué avec le plus grand succès par trois faibles bataillons devant une armée, valut au colonel Quiot un témoignage particulier de la satisfaction du duc de Trévise, qui obtint pour lui de l’Empereur le grade de général de brigade le 19 mai 1811. Le 100e régiment lui offrit une épée d’honneur comme gage d’attachement et de reconnaissance.

Employé dans son nouveau grade avec le 3e corps en Espagne, il marcha contre le général Ballesteros, le battit à la bataille d’Albuera, y fut atteint d’un coup de baïonnette à la cuisse gauche ; le battit ensuite à l’embouchure de la Guadiana et le força d’aller chercher par mer un refuge à Cadix.

Le général Quiot revenu en France pour prendre quelque repos, rentra en ligne dans les rangs du 1er corps après la rupture de l’armistice de 1813. À Kùlm, le 30 août, chargé d’attaquer le corps prussien de Kleist, il avait déjà culbuté la lre ligne ennemie, fait 2.000 prisonniers et enlevé quatre pièces de canon, lorsqu’une fausse direction donnée aux troupes chargées de le soutenir, compromit toute sa brigade, dont la moitié fut bientôt mise hors de combat. Blessé lui-même dangereusement à l’épaule et fait prisonnier de guerre, il fut conduit en Bohême et de là en Hongrie, d’où il ne revint qu’après la paix de 1814.

À sa rentrée en France, il obtint successivement la croix de Saint-Louis, le commandement du département de la Drôme et la croix de commandeur. Au retour de Napoléon, il sollicita sa mise en disponibilité ; mais au bruit d’une coalition contre la France, il reprit du service dans le 1er corps de l’armée du Nord et fit la campagne de Waterloo. Dans les premières années de la Restauration, il commanda les subdivisions de la Drôme et de l’Isère. Élevé à la dignité de grand officier de la Légion-d’Honneur, le 17 août 1822, et nomme lieutenant-général le 30 juillet 1823, il obtint la pension de retraite en mai 1831. Retiré dans sa terre du Passage, département de l’Isère, il fut pendant plusieurs sessions membre du conseil général. Il est mort à La Balme, près Grenoble, le 12 janvier 1850. Le nom du général Quiot est inscrit sur le côté Sud de l’arc de triomphe de l’Étoile.

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