Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BERGHES, Maximilien DE

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BERGHES (Maximilien DE), premier archevêque de Cambrai, né vers 1512 et mort subitement à Berg-op-Zoom, le 27 août 1570. C’est par erreur que l’historien du Cambrésis, Le Carpentier, désigne comme son père Jean VI de Berghes, gouverneur de Luxembourg et de Namur ; il était le deuxième fils de Dismas de Berghes, conseiller au conseil privé, mort en mission à Barcelone en 1514. Dismas lui-même était bâtard de Jean V aux grosses lèvres, et par conséquent frère naturel de Jean VI (voir l’article Henri de Berghes). Doyen de Saint-Gommaire, à Lierre, Maximilien fut appelé à l’évêché de Cambrai, le 10 septembre 1556, par le chapitre cathédral de cette ville, grâce à l’influence toute-puissante du cardinal de Granvelle ; il avait pour compétiteur Robert de Brederode. Le pape Paul IV ne voulant pas reconnaître le droit du chapitre, refusa de confirmer l’élu ; la preuve de ce fait est fournie par un diplôme de l’empereur Ferdinand adressé à Maximilien de Berghes, pour lui conférer l’administration temporelle du diocèse ; l’empereur y désapprouve formellement l’attitude du pontife romain, comme portant atteinte aux concordats intervenus entre le saint-siége et la nation germanique. Paul IV finit par céder en 1559 ; le 21 octobre de cette année, Maximilien prit solennellement possession de son siége.

Aussi bien les circonstances étaient changées. Philippe II d’Espagne avait envoyé à Rome François Sonnius, pour y négocier l’affaire des nouveaux évêchés (voir l’article Robert de Berghes). La bulle du 12 mai 1559, due aux instances de cet ambassadeur, avait, entre autres, érigé Cambrai en archevêché. Les églises de Tournai, d’Arras et de Saint-Omer étaient détachées de l’archidiocèse de Reims, et celle de Namur du diocèse de Liége, pour former autant d’évêchés suffragants de la nouvelle métropole. Cambrai cessait donc aussi de dépendre de Reims, ce qui, par parenthèse, avait une raison d’être, le Rémois faisant partie du territoire français. Mais l’archevêque dépossédé ne l’entendit pas ainsi. En vain Pie IV confirma, le 6 janvier 1560, la bulle de son prédécesseur : le cardinal Charles de Lorraine protesta hautement, se plaignit de n’avoir pas été consulté, et invita les prélats de Cambrai, de Tournai et d’Arras à un concile provincial. Ils répondirent que le pape les avait dégagés. Le cardinal insista, se répandit en plaintes amères contre Philippe II, qui avait agi à l’insu même du roi de France, invoqua les saints Canons et les conciles de Nicée, d’Éphèse et de Chalcédoine, enfin déclara qu’il ne pouvait s’exposer au reproche de paraître indifférent au démembrement de son diocèse, promettant au surplus toute indulgence pour les brebis qui rentreraient au bercail. Ce furent peines perdues. Un appel direct au pape n’eut pas plus de succès. Sous Louis XIV, le 14 février 1678, l’archevêque de Reims, Charles-Maurice Le Tellier, revint encore sur cette affaire, et tâcha d’obtenir au moins le rétablissement de la juridiction ecclésiastique sur les villes récemment annexées à la France ; mais il ne réussit pas davantage. Un mémoire adressé au roi en 1695 n’aboutit qu’a faire attribuer à l’église de Reims, pour toute compensation, les revenus de la mense abbatiale de Saint-Thierry.

Maximilien fit une seconde entrée à Cambrai, comme archevêque, le 22 mars (selon d’autres le 22 mai) 1562. Sa promotion ne date-t-elle que de cette époque, ou sa position vis-à-vis de Charles de Lorraine l’empêcha-t-elle de prendre plus tôt le titre qui lui revenait en vertu du nouvel ordre de choses ? Dans l’acte d’institution du collége de chanoines, fondé en 1562, à Gheel, en Campine, il est simplement qualifié d’èvêque et comte de Cambrai. Quoiqu’il en soit, il prit, à partir de cette année, le rôle de métropolitain. En 1565[1], il convoqua un concile provincial pour promulguer les actes du concile de Trente et remédier aux abus qui s’étaient glissés dans les églises belges placées sous sa direction spirituelle. Les résolutions de cette assemblée ont été publiées plusieurs fois, entre autres à Anvers (Sylvius, 1566) et dans le Recueil des conciles du P. Labbe, t. XII. En 1657, de retour de la Diète d’Augsbourg, où il était allé défendre, devant les princes de l’Empire, les intérêts du Cambrésis, il présida une seconde assemblée ecclésiastique, dont les actes ont été également imprimés (Bruxelles, M. Hamont). Il célébra le mariage d’Alexandre Farnèse avec Marie de Portugal, en 1565 ; plus tard, il fut chargé de conduire en Espagne Anne d’Autriche, fiancée de Philippe II. En 1570, étant à Berg-op-Zoom, il succomba à une attaque d’apoplexie foudroyante. Son corps fut transporté à Cambrai et inhumé dans la cathédrale. Maximilien laissa dans son diocèse les meilleurs souvenirs : le chroniqueur Gelic dit qu’on l’appelait communément l’ornement des prélats, et ne trouve pas assez d’expressions pour exalter ses mérites.

Guillaume de Berghes, quatrième archevêque de Cambrai (1601-25 avril 1609), appartenait à la branche de Grimberghe (voir Henri de Berghes). Il était chanoine de Liége et avait été promu à l’évêché d’Anvers en 1597. Gazœus (Gazet) fait un grand éloge de son savoir et de sa prudence,

Alphonse Le Roy.

Le Carpentier, Hist. de Cambrai, t. I, 2e partie, p. 414 et p. 418. — Gallia Christiana, t. III, col. 52-55 et 56-57. — Foppens, Bibl. Belgica, t. II, p. 881. — Goethals, Dict. généal., au mot Glymes.


  1. D’après son épithaphe ; en 1563, selon la Gallia Christiana.