Biographie nationale de Belgique/Tome 3/CAMBERLYN, Jean-Baptiste-Guillaume

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CAMBERLYN, Jean-Baptiste-Guillaume



CAMBERLYN (Jean-Baptiste-Guillaume), connu sous le nom de chevalier Camberlyn d’Amougies, poëte latin, né à Gand, en 1772, mort le 15 vril 1833. Après avoir fait ses études en droit à l’université de Louvain, il entra dans la magistrature et devint juge au tribunal de première instance de sa ville natale. Le roi Guillaume le nomma membre de l’ordre équestre de la Flandre orientale.

Les journaux, surtout ceux publiés en Hollande, ont fait le plus grand éloge de la versification du chevalier Camberlyn d’Amougies; aujourd’hui, on la trouverait, sans doute, trop mythologique. Quoiqu’il en soit, elle a valu une réputation et plusieurs distinctions honorifiques à son auteur, qui fut nommé successivement chevalier de la Légion d’honneur, du Lion Belgique et commandeur de l’ordre du Phénix de Hohenhole. Le chevalier Camberlyn était déjà d’un âge mûr quand il commença à versifier. Sa première poésie latine date de 1815. Il offrit à Louis XVIII, lors du séjour de ce monarque à Gand, pendant les Cent-Jours, un manifeste en dactyles et spondées. Les succès du poëte latin attirèrent bientôt l’attention de la société royale des beaux-arts et de littérature de Gand, qui s’empressa de l’admettre dans son sein, et l’appela aux honneurs de la vice-présidence. Ses vers, insérés successivement dans les Annales Belgiques, imprimées à Gand, furent tirés a part, tantôt in-4°, tantôt in-8°, et quelquefois ornés de figures. Ils ont été recueillis sous le titre de Miscellanea, Gand, 1828, vol. in-8° de 252 pages, avec des notes en français et beaucoup de variantes. Ce volume, qui n’a jamais été mis dans le commerce, est devenu rare. On y distingue les poèmes suivants, qui ont un certain intérêt historique : 1° In cædem Egmondi. — 2° Ars costeriana. Il va sans dire que le poëte favorise les prétentions de la ville de Harlem. — 3° Eyckii immortali genio. C’est une apologie des célèbres frères Van Eyck. — 4° Buckelingii genio. Consacré à l’art d’encaquer le hareng, découvert par Beuckels. — 5° Wilhelmo Germaniæ inferioris Regi desiderato. Ce morceau, inséré dans les Miscellanea, est différent de celui publié à Gand, en 1817, in-4°. Indépendamment de ses poésies latines, Camberlyn, qui était un chaleureux défenseur de la légitimité, publia sous le voile de l’anonyme une série de manifestes et de proclamations, prétenduement émanées de princes ou de grands personnages, et dirigées contre Napoléon. Deux cahiers contenant ces bizarres élucubrations politiques, qui sont empreintes d’une grande violence et d’une certaine éloquence empruntée à l’horreur du despotisme, ont été imprimés; le second, le seul que nous ayons pu nous procurer, ne porte ni date ni nom d’imprimeur.

On attribue également à notre auteur un Mémoire imprimé à Gand, chez A.-B. Steven, in-4°, de 18 pages. Ce mémoire est adressé au roi Guillaume pour la noblesse de la Flandre orientale, afin d’obtenir le rétablissement des principaux droits et priviléges dont elle jouissait avant la révolution de 1789. Cette pièce, réimprimée à Bruxelles, en 1817, par P.-J. de Mat, provoqua une réponse de Dotrenge, intitulée : « Opinion sur la rédaction de trois aricles de la loi fondamentale; » la proposition de l’auteur du Mémoire y est rudement traitée. Ce factum a été parfois attribué à J.-J. Raepsaet.

Aug. Vander Meersch.

Michaud, Biographie universelle. — Biographie universelle, publiée par Ode. — Vanderhaege, Bibliographie gantoise. — Renseignements particuliers.