Bouillet - Atlas universel d'histoire et géographie, 1865/Tables Temps modernes

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TEMPS MODERNES

DE LA PRISE DE CONSTANTINOPLE JUSQU'A NOS JOURS.

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Seconde partie du XVe siècle après Jésus-Christ.

Progrès de l'autorité monarchique en France sous Louis XI. — Expédition de Charles VIII en Italie. — En Angleterre, rivalité sanglante des maisons d'York et de Lancastre, connue sous le nom de Guerre des deux Roses. — Avénemenf de la maison des Tudors avec Henri VII. — Réunion de la Castille et de l'Aragon par le mariage de Ferdinand d'Aragon avec Isabelle de Castille. — Chute de Grenade; fin de la domination des Maures en Espagne. — Découverte de l'Amérique par le Génois Christophe Colomb. — Découverte du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance par le Portugais Vasco de Gama. — Mariage de Maximilien d'Autriche avec Marie, fille de Charles le Téméraire, qui transporte dans la maison d'Autriche les vastes Etats de Bourgogne et des Pays-Bas. — Ivan III affranchit la Russie de la domination des Tartares. — État florissant des lettres et des arts en Italie, surtout à Florence, sous la domination éclairée et généreuse des Médicis. — Renaissance des études grecques et latines.

Ap. J.-C.

1454. Le duc d'York s'empare, en Angleterre, de la direction des affaires et se fait donner, par le Parlement, le titre de « protecteur. »

Procès en réhabilitation de la mémoire de Jeanne d'Arc.

Casimir IV, roi de Pologne, soutient les Prussiens contre les chevaliers Teutons. Ceux-ci perdent la Nouvelle-Marche, au delà de l'Oder, qui se place sous la protection de l'électeur de Brandebourg. Le pape Nicolas V, qui préparait une croisade contre les Turcs, essaye de rétablir la paix en Italie. Il engage tous les États à envoyer des ambassadeurs à Rome, mais les négociations traînant en longueur, les Vénitiens concluent à Lodi, avec Sforza, un arrangement particulier, auquel accèdent successivement les autres États italiens.

1455. Le comte d'Armagnac, accusé d'entretenir des relations avec les Anglais, perd son comté et s'enfuit en Aragon. — Démêlés entre Charles VII el le Dauphin.

Bataille de Saint-Albans, à l'O. de Londres, dans laquelle Henri VI, roi d'Angleterre, est fait prisonnier par le duc d'York, qui recouvre l'autorité

Ap. J.-C.


qu'il avait un moment perdue et se fait déclarer de nouveau protecteur du royaume.

1456. Belle défense de Belgrade par Huniade contre Mahomet II (juillet-août). — Mort de Jean Huniade (10 sept.).

Le dauphin Louis se retire auprès du duc de Bourgogne.

Premier traité d'alliance entre le Danemark et la France.

La guerre recommence entre don Carlos et son père Jean II, en Navarre. Don Carlos est battu à Estella, au S.-O. de Pampelune, et forcé de se retirer en France.

1457. Charles VIII Canutson est chassé par les Suédois qui reconnaissent Christian I, roi de Danemark et de Norvège. L'union des trois royaumes est ainsi rétablie pour quelque temps.

Publication du fameux psautier de Mayence par Faust et Schiffer. C'est le premier livre qui porte une date imprimée.

Frà Mauro, religieux de l'ordre des Camalaules et du monastère de Saint-Michel de Murano près de Venise, dresse une mappemonde, ou sont consignées les découvertes de Marco Polo et celles des Portugais. 214 CHRONOLOGIE. — TABLES. A.p. J.-C. 1458. Le duc d'Aiençon,. convaincu de relations avec les Anglais, est condamné à mort; Charles VII commue sa peine en une détention perpétuelle dans la tour de Loches. Ladislas, roi de Hongrie et de Bohême, meurt à l'âge de 18 ans, sans enfant. Mathias Corvin, 2 e fils de Jean Huniade , est proclamé roi de Hon- grie. Podiebrad, régent depuis 1439, devient roi de Bohême. Mort d'Alphonse V le Magnanime, roi d'Aragon. Son frère Jean II, roi ae Navarre, lui succède dans les royaumes d'Aragon, de Valence, des îles Baléares et de la Sicile; son fils naturel, Ferdi- nand, règne à Naples. Conquêtes de Mahomet II dans la Morée; il prend Corinthe et Athènes. 1459. ^Eneas Sylvius Piccolomini, qui a succédé à Calixte II sous le nom de Pie II, convoque à Mantoue une assemblée pour décider une croisade contre les Turcs. — Jean de Calabre, fils de René d'Anjou, et gouverneur de Gênes depuis 14 58, essaye d'enlever le royaume de Naples à Ferdi- nand d'Aragon, que soutient le pape. L"ordre Teutonique cède l'Esthonie aux cheva- valiers de Livonie pour prix des secours qu'il en a reçus contre les Prussiens et les Polonais. A la mort du duc Adolphe , son oncle maternel et dernier mâle des comtes de Holstein de la maison de Schauenbourg , Christian I réunit au Danemark, avec le consentement des Etats du pays, le duché de Slesvig et le comté de Hols- tein. 1460. Henri VI d'Angleterre est battu à Northamp- ton par le duc d'York, et fait prisonnier; le par- lement décide au détriment du prince de Galles que le duc d'York lui succédera. — Victoire de Marguerite d'Anjou, femme d'Henri VI, à Wake- field, sur le duc d'York qui périt dans le combat. Mort de l'infant don Henri, qui avait imprimé une vigoureuse impulsion aux voyages de décou- vertes sur la côte d'Afrique. Lutte des Angevins et des Aragonais dans le royaume de Naples. — Victoire de Jean d'Anjou, duc de Calabre et de Lorraine, surFerdinand d'A- ragon à Sarno. 1461. Charles VII, qui croit que son fils veut l'em- poisonner, se laisse mourir de faim. — Louis XI, accompagné par le duc de Bourgogne, est sacré à Reims. Son entrée à Paris. Il change toute l'ad- ministration; il pardonne au duc d'Alençon et au comte d'Armagnac. — Nombreux soulèvements à cause des impôts; punition de la ville de Reims. — L'évèque d'Arras sollicite Louis XI, au nom de Pie II, d'abolir la pragmatique sanction. Louis XI écrit au pape une lettre, dans laquelle il s'engage à la révoquer. Remontrances du parlement, qui est autorisé à la faire exécuter, excepté cependant en ce qui regardait les réserves et les grâces ex- pectatives. Marguerite d'Anjou, victorieuse du comte de Warwick à Saint-Albans, est défaite le 29 mars à Towton par Edouard IV, fils de Richard, duc d'York, qui dépouille du trône Henri VI et est reconnu roi d'Angleterre par le parlement. Mahomet II détruit l'empire grec deTrébizonde, fondé et occupé par des princes de la famille des Comnènes depuis 1204. Les Navarrais, les Catalans et les Aragonais se soulèvent en faveur de don Carlos contre son père Jean IL Mort de don Carlos. 1462. Mathias, roi de Hongrie, fait la conquête de presque toute l'Autriche sur Frédéric III, qui voulait s'opposer à son couronnement comme roi de Hongrie; il le force à la paix. Jean II, roi de Navarre et d'Aragon, fait empri- sonner Blanche, sœur et héritière de don Carlos, Ap. J.-C. et conclut avec son gendre, le comte de Foix, un accord par lequel celui-ci lui laissait la jouissance du royaume de Navarre, à condition qu'après sa mort il passerait à la maison de Foix. — Louis XI, moyennant la cession du Roussillon et de la Cer- dagne, aide Jean II à se maintenir, malgré les Na- varrais, que soutient le roi de Castille. Le navigateur portugais Pedro de Cintra, ayant atteint la côte de Guinée, donne à une montagne le nom de Sierra-Leone , et se dirige au sud, jus- qu'au cap Mesurado. Jean dAnjou est défait à Troia, dans la Capita- nate , par Scanderberg, qui combattait pour le roi de Naples, Ferdinand. Charles VII établit un parlement royal à Bor- deaux pour les pays de Guyenne arrachés nagucres à la domination anglaise. Mort de Wasili III. Son fils Ivan III lui succède au trône de Russie. Mahomet II s'empare de l'île de Lesbos pat- trahison. L'imprimerie sort de Mayence pour se répandre dans les autres contrées de l'Europe , lors de la prise de cette ville par l'archevêque Adolphe. 1463. Henri VT ? roi d'Angleterre, est fait prisonnier pour la 3 e fois et enfermé pour 7 ans à la Tour de Londres. — Aventures de Marguerite d'Anjou, errant avec le prince de Galles. Elle passe dans les Pays-Bas, puis dans le Barrois, chez son père. Entrevue de Louis XI et du roi de Castille, Henri IV, sur la Bidassoa. Henri renonce à toutes ses prétentions sur la Navarre et la Catalogne, et obtient la ville d'Estella. avec son territoire , que lui cède Jean II. — Entrevue de Louis XI et de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, de qui il ra- chète les villes de la Somme. Mathias Corvin reprend sur les Turcs une partie de la Russie. 1464. Jean de Calabre évacue le royaume de Naples. — Gènes se soumet au duc de Milan, François Sforza. — Mort de Côme de Médicis, à l'âge° de 75 ans. Son fils Pierre hérite de son influence à Florence. La noblesse de Castille soutient l'archevêque de Tolède, le fougueux Carillo d'Acunha, et son ne- veu, le marquis de Villena, contre Henri IV, qui est contraint de reconnaître son frère Alphonse pour son successeur et de désavouer sa fille Jeanne. Charles Canutson, rappelé par les paysans, re- monte sur le trône de Suède. En France, établissement des postes, mais seu- lement pour le service du roi, sous la direction du grand maître des coureurs de France. 1465. Mécontentement général causé en France par le gouvernement de Louis XL Révolte organisée par les princes dont îe comte de Charolais, fils du duc de Bourgogne, se déclare le chef. Ligue du Bien public. Bataille indécise de Montlhéry (16 juillet). Paris reste fidèle à Louis XL — Trai- tés de Conflans avec le comte de Charolais et de Saint-Maur avec les autres princes. Par le pre- mier, Louis XI abandonnait, sauf rachat, les villes de la Somme, et sans restriction les comtés de Guines, de Boulogne, de Péronne et de Montdi- dier. Par le second, il cédait à son frère la Nor mandie en apanage. Edouard IV, roi d'Angleterre, épouse Elisabeth de Woodwille, veuve d'un partisan des Lan- castre. Charles Canutson est de nouveau détrôné en Suède. Déposition d'Henri IV, roi de Castille, dans la plaine d'Avila, par les grands, qui placent sur le trône son frère Alphonse. 1466. Louis XI reprend la Normandie à son frère.

TEMPS MODERNES. 215 Ap. J.-C, Prise et sac de Dinant, sur la Meuse, parle comte de Charolais. Mort de François Sforza; son fils Galéas est couronné à Milan. Traité de Thorn entre le roi de Pologne Casi- mir IV et l'ordre Teutonique. Cession par l'Ordre de la Prusse occidentale, obligation de l'hommage pour la partie orientale qui lui reste. Le grand- maître transfère sa résidence de Marienbourg à Kœnigsberg. — Admission dans les diètes polo- naises des nonces terrestres ou députés de chaque palatinat. 1467. Mort de Philippe le Bon, duc de Bourgogne: son fils, Charles le Téméraire, lui succède. Sou- lèvement de Gand. Victoire du duc de Bourgogne sur les Liégeois, à Bruestein. Ordonnance par laquelle Louis XI déclare les offices inamovibles (21 octobre). — 2 e ligue for- mée contre Louis XI par le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne, à laquelle accèdent le frère de Louis XI, le duc d'Alençon, Pierre de Beaujeu, frère du duc de Bourbon. Mort de Scanderberg à Lissa, en Dalmatie, à l'âge de 73 ans. — Mathias Corvin enlève aux Turcs la Moldavie et la Valachie. 1468. Louis XI convoque à Tours les États géné- raux, qui déclarent la Normandie inséparable du domaine de la couronne, fixent l'apanage de Charles de France à 60000 livres de rentes, et of- frent leur aide pour réduire le duc de Bretagne. — Louis XI contraint le duc de Bretagne à signer le traité d'Ancenis, par lequel il renonce à l'al- liance du duc de Bourgogne. — 'Entrevue de Louis XI avec Charles le Téméraire, à Péronne. — Le soulèvement des Liégeois, contremandé trop tard, livre le roi de France à son ennemi, qui lui impose un traité désastreux, Louis XI est obligé de céder à son frère, en échange de la Normandie, la Champagne et la Brie. — Sac de Liège, auquel Louis XI est forcé d'assister. En Castille, mort d'Alphonse, frère d'Henri IV. Isabelle, sœur d'Alphonse, refuse la couronne qui lui est offerte par les rebelles, mais obtient d'Henri IV la reconnaissance de ses droits au trône . Charles Canutson remonte une 3 e fois sur le trône de Suède. Mathias Corvin, poussé par le pape et l'em- pereur, attaque Podiebrad de Bohême, qui pro- tège les hussites. Ussum-Hassan, vainqueur des Turcomans du Mouton noir, fonde dans la Perse la dynastie des Turcomans du Mouton blanc. 1469. Louis XI donne à son frère, Charles de France , le duché de Guyenne, en échange de la Champagne et de la Brie. — Fondation de l'ordre de chevalerie de Saint-Michel, dont le serment engage les sei- gneurs envers le roi. — Le cardinal de La Balue, accusé de correspondre avec le duc de Bourgogne, est enfermé dans une cage de fer. , Le comte de Warwick, mécontent de ce que Edouard IV avait rompu le mariage qu'il négociait pour ce prince avec la sœur de la reine de France , fait alliance avec le duc de Clarence, frère du roi. Mariage de Ferdinand d'Aragon avec Isabelle de Castille. Mathias Corvin entre en Moravie et se fait pro- clamer roi de Bohême. Podiebrad lui oppose VvTadislas, fils de Casimir, roi de Pologne, qu'il désigne pour son successeur. 1470. Le duc de Clarence et le comte de Warwick, défaits à Stamford, cherchent un refuge en France. Réconciliation ménagée entre Marguerite d'Anjou et Warwick par Louis XI qui engage ce dernier à repasser en Angleterre. — Edouard IV se retire en Hollande. Rétablissement de Henri VI. Ap. j.-c. Louis XI convoque à Tours' une assemblée de notables qui le dégage du traité de Péronne. — Etablissement aux environs de Tours de plan- tations de mûriers et de fabriques d'étoffes de soie. Mort de Charles Canutson, roi de Suède. Son neveu Stenon-Sture I, ou l'Ancien, lui succède avec le titre d'administrateur. Insurrection de Novogorod réprimée par Ivan III. Conquête de l'île de Négrepont sur les Véni- tiens par Mahomet IL 1471. Guerre entre Louis XI et le duc de Bourgogne, que suspend bientôt une trêve de trois mois con- clue à Amiens. Le duc de Bourgogne fournit en secret des se- cours à Edouard IV qui passe en Angleterre. Edouard IV marche sur Londres. Défaite et mort de Warwick à la bataille de Barnet. — Défaite de Marguerite d'Anjou à Tewkesbury ; sa capti- vité; meurtre de son mari et de son fils; le parti de la Rose blanche succombe en Angleterre. 3 e ligue formée contre Louis XI par le duc de Bourgogne, le duc de Bretagne, le duc de Guyenne, le duc de Lorraine, le comte d'Arma- gnac, le comte de Foix, le roi d'Angleterre, Edouard IV, et le roi d'Aragon, Jean II. Mort de Georges Podiebrad, roi de Bohême. Wadislas, fils de Casimir IV, roi de Pologne, est reconnu dans la Bohême proprement dite, mais la Moravie et la Silésie se donnent à Mathias Corvin. Diète de Ratisbonne pour pourvoir, à la défense de la chrétienté. Indolence de l'empereur Frédé- ric III. ' Christian I, roi de Danemark, débarque en Suède, mais ayant été vaincu à la bataille de Brunkeberg, longtemps célèbre dans les chants populaires des paysans suédois, il renonce à toutes ses prétentions sur ce royaume. Jacques de Lusignan, bâtard de Jean III, der- nier descendant mâle de Gui de LusignaD, se ménage l'appui des Vénitiens contre les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et les Génois en épou- sant Catherine Cornaro, fille d'un patricien de Venise. Alphonse V, roi de Portugal, mérite le surnom d'Africain en conquérant sur les Maures Arzile et Tanger. 1472. Le duc de Guyenne, qui sollicitait la main de la fille du duc de Bourgogne, meurt à Bor- deaux, peut-être empoisonné. Louis XI occupe la Guyenne. — La guerre recommence entre Louis XI et le duc de Bourgogne. — Belle défense de Beauvais par Jeanne Hachette. — Trêve signée par Louis XI avec le duc de Bretagne, et quelque temps après à Senlis avec le duc de Bourgogne. Pillage et incendie de Smyrne par les Véni- tiens. — Le pacha de Bosnie pénètre jusqu'à 3 milles d'Udine dans le Frioul. Les Portugais franchissent la Ligne et forment des établissements dans les îles du Prince, de Saint-Thomas et d'Annobon. — Prise de Barcelone et réduction de la Catalogne par Jean II d'Ara- gon, qui reprend alors le Roussillon qu'il avait engagé à Louis XI. 1473. Louis XI fait jeter en prison le duc d'Alençon et prend possession de son duché. — Il fait assié- ger JeanV, comte d'Armagnac, dans Lectoure et le fait tuer malgré la capitulation. — Soulève- ment du Roussillon: massacre des Français. — Nouveau traité entre Louis XI et Jean II, qui s'en- gage à rendre le Roussillon et la Cerdagne, s'il ne peut dans l'espace d'un an rembourser l'argent qu'il devait. — René II de Lorraine fait alliance avec Louis XL — Mariage des deux filles de 216 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-c. Louis XI avec Pierre de Beaujeu et Louis d'Or- léans. Charles le Téméraire achète la Gueldre et le comté de Zutphen. — Son entrevue à Trêves avec l'empereur Frédéric III, qui lui refuse le titre de roi et de vicaire de l'Empire. Mort de Jacques de Lusignan. — Réduction de l'île de Chypre en province vénitienne. 1474. Tyrannie de Hagenbach, gouverneur de Char- les le Téméraire dans le landgraviat d'Alsace. — Il est pris, jugé et décapité dans Brisach; le land- graviat d'Alsace, enlevé à la Bourgogne, retourne à la maison d'Autriche. Alliance perpétuelle, ligue offensive et défensive, conclue par Louis XI avec les 8 cantons suisses, qui bientôt après déclarent la guerre au duc de Bourgogne. — Guerre entre Charles le Téméraire et l'empereur Frédéric III qui lui a refusé le titre de roi. — Louis XI enlève l'Anjou au vieux roi René. — Charles le Téméraire forme contre Louis XI une 4 e ligue, dans laquelle entrent le roi d'Angleterre, le roi d'Aragon, le duc de Bretagne. Une ordonnance, en date du 2 septembre, déclare que les arrêts du parlement de Paris se- ront exécutoires dans les ressorts des parlements de Toulouse et de Bordeaux. — Première expé- rience de l'extraction de la pierre sur un condamné à mort, auquel Louis XI accorde sa grâce et une récompense. Mort d'Henri IV. roi de Castille. Avènement de sa sœur Isabelle, a l'âge de 23 ans. L'empereur Frédéric III érige le Holstein en duché d'empire, en faveur de Christian I er , roi de Danemark. 1475. Prise de Perpignan par les troupes de Louis XL — Pendant que Charles le Téméraire était oc- cupé au siège de la petite ville de Neuss, près de Cologne, contre les troupes de Frédéric III, Edouard IV débarque à Calais : n'étant pas appuyé , comme il l'espérait, par les Bourguignons, ce prince traite à Pecquigny avec Louis XI qui s'en- gage à payer à Edouard IV 75 000 écus pour les frais de l'expédition, une pension annuelle de pareille somme, et rachète Marguerite d'Anjou pour 50 000 écus. — Traité de Soleure entre Louis XF et le duc de Bourgogne qui abandonne au roi le connétable de Saint-Pol accusé de trahir également ces deux princes. — Exécution de Saint- Pol, en place de grève (décembre). Charles le Téméraire fait la conquête de la Lorraine et réduit le jeune duc René II de Vau- demont à prendre la fuite. Soulèvement des nobles de Castille, sous la con- duite de l'archevêque de Tolède et de son neveu, le marquis de Villena, en faveur de Jeanne, fille de Henri IV. Ils s'appuient sur l'oncle de Jeanne, Alphonse V, roi de Portugal. 2" révolte de Novogorod contre Ivan IV, qui lui enlève ses privilèges républicains. 1476. Charles le Téméraire envahit la Suisse. Il est battu à Granson. — Louis XI profite de la victoire des Suisses pour contraindre à la soumission la maison d'Anjou dont tous les princes lui font cession de leurs droits. — Il fait arrêter le duc de Nemours. — Nouvelle défaite de Charles le Téméraire par les Suisses à Morat. — Le duc René recouvre la Lorraine. — Charles le Témé- raire met le siège devant Nancy. Bataille de Toro dans laquelle Ferdinand le Catholique défait Alphonse, roi de Portugal, qui lui disputait la Castille comme fiancé de Jeanne, fille de Henri IV. Galéas Sforza, duc de Milan, est assassiné. Son fils Jean Galéas, âgé de 8 ans, reconnu duc de Milan, est défendu contre l'ambition de ses frères par le ministre Simonetta. Ap. J.-C. Mahomet II enlève Caffa aux Génois, qui per- dent ainsi la clef du commerce de la mer Noire et de la mer d'Azof. La grammaire de Lascaris, imprimée cette an- née à Milan, est le premier ouvrage où le grec soit régulièrement imprimé, mais il est encore défectueux. 1477. Charles le Téméraire est défait et tué sous les murs de Nancy par le duc de Lorraine, René de Vaudemont (5 janvier). — Louis XI occupe le du- ché de Bourgogne et établit un parlement à Di- jon. — Mariage de Maximilien d'Autriche avec Marie de Bourgogne. — Jacques d'Armagnac , duc de Nemours et comte de la Marche, coupable d'avoir trempé dans les complots du duc de Bour- gogne, du duc de Bretagne et de Saint-Pol, est décapité aux halles. Stenon Sture fonde l'université d'Up?al. Le nord de l'Italie est ravagé jusqu'à la Piave par les Turcs. 1478. Edouard IV, roi d'Angleterre, fait condamner à mort le duc de Clarence par le parlement, et le fait, dit-on, noyer dans une tonne de mal- voisie. Conspiration formée à Florence par les Pazzi , l'archevêque de Pise François Salviati, le neveu du pape Jérôme Riario, seigneur d'Imola en Ro- magne, contre les frères Laurent et Julien de Médicis. Julien périt assassiné dans la cathédrale, laissant un fils qui sera pape en 1523. Supplice des conjurés. — Le pape Sixte IV déclare la guerre aux Florentins; il est soutenu par Ferdinand, roi de Naples. Traité d'Olmutz entre Mathias Corvin, roi de Hongrie, et Ladislas, roi de Bohême. Il fut con- venu que chacun des concurrents porterait le titre de roi de Bohême, que le royaume appar- tiendrait à Ladislas avec les droits d'électeur; que Mathias aurait les 3 provinces incorporées à la Bohême, savoir: la Lusace, la Moravie et la Silésie, lesquelles reviendraient à Ladislas si Ma- thias mourait le premier (en effet, Mathias mou- rut sans enfants en 1490 et Ladislas reprit les 3 provinces). Christian I er , roi de Danemark, fonde l'univer- sité de Copenhague. Réunion de la Poméranie en un seul duché sous Bogislas le Grand. Mahomet II s'empare de Croïa, mais échoue devant Scutari. 1479. Louis XI occupe la Franche-Comté. — Ba- taille de Guinegatte, qui demeure indécise entre l'armée de Maximilien d'Autriche et de Louis XI. Mort de Jean II, roi de Navarre et d'Aragon. Son fils Ferdinand, l'époux d'Isabelle, lui succède dans les Etats d'Aragon, des îles Baléares, de Sardaigne et de Sicile; Léonore, sa fille, mariée au comte de Foix, règne en Navarre; cette prin- cesse étant morte peu après, la Navarre passe à son petit-fils François Phœbus. Fin de la guerre entre la Castille et le Portugal; Alphonse de Portugal renonce au titre de roi de Castille, et dona Jeanne, abandonnée, se retire dans un couvent de Coïmbre. Les Florentins sont défaits au Poggio Impé- riale par le fils de Ferdinand de Naples, Al- phonse, duc de Calabre. Traité de paix entre Mahomet II et les Vénitiens, qui lui abandonnent Scutari. 1480. Le tribunal de l'Inquisition est régulièrement organisé à Séville. Il reçoit alors le nom de Saint- Office. Le premier grand inquisiteur général sera le cardinal Torquemada. Les Turcs occupent Otrante. Effroi de l'Europe. — Belle défense de Rhodes contre les Turcs, par le maître de l'ordre, Pierre d'Aubusson. TEMPS MODERNES. 217 Ap. J.-C. A Milan, Ludovic le More chasse les tuteurs du jeune duc, son neveu, fait décapiter le ministre Simonetta et éloigne la mère du duc, Bonne de Savoie. 1481. Mort de Charles du Maine, neveu et succes- seur de René d'Anjou. Il laisse par un testament, dont Louis XI avait ménagé de longue main les dispositions, tous ses domaines à la couronne (du- ché de Bar, le Maine, l'Anjou, la Provence avec ses prétentions au royaume de Naples). — Louis XI prend 6 000 Suisses à son service et leur accorde de grands privilèges. Accession des cantons de Fribourg et de So- leure à la ligue helvétique. Jacques III, roi d'Ecosse, poussé par Louis XI, déclare la guerre à l'Angleterre. Jean II succède en Danemark à son frère Christian I er ; la Norvège le reconnaîtra en 1483, mais il sera forcé de céder à Frédéric, son frère, le Slesvig et le Holstein pour apanage. Les Ottomans sont forcés par les forces réunies de Sixte IV et du roi de Naples d'abandonner Otrante. — Mort de Mahomet II. Rivalité de ses deux fils, Bajazet et Zizim. Le second est vaincu et se retire en Egypte. 1482. Traité d'Ar'ras entre Maximilien d'Autriche et Louis XI. L'Artois et la Franche-Comté sont pro- mis pour dot de Marguerite, fille de Marie, si elle épouse le Dauphin. Guerre entre Frédéric III et Mathias Corvin. Charlotte, fille unique de Jean III de Lusignan, dépouillée par son frère naturel du trône de Chypre depuis 1464, cède ses droits sur Chypre, Jérusalem et l'Arménie au duc de Savoie, son beau-ffère, pour lui et ses successeurs. — Ligue formée par le duc de Ferrare, Naples, Milan, Mantoue, Florence et les Bentivoglio de Bologne contre Venise et Jérôme Riario, seigneur d'Imola et de Forli, neveu de Sixte IV. Riario voulait s'agrandir et Venise maintenir ses prétentions exclusives au monopole du sel qui provenait des lagunes. Jean II, roi de Portugal, fait construire une forteresse et une église auprès du port de Mina, sur la côte de Guinée. Vers la même époque, 2 médecins du roi, Rodrigue et Joseph, assistés de Martin Behaim de Nuremberg, dressent des tables de la déclinaison du soleil et trouvent le moyen d'appliquer l'astrolabe aux observations nautiques. Le grand maître Pierre d'Aubusson fait passer en France le prince Zizim, frère et rival de Ba- jazet II. 1483. Mort d'Edouard IV, roi d'Angleterre. L'aîné de ses deux fils, Edouard V, âgé de 13 ans, est pro- clamé, mais non couronné roi. Richard, duc de Glocester, frère d'Edouard IV, se fait nommer protecteur du royaume; peu après, il se fait pro- clamer roi sous le nom de Richard III, et fait pé- rir Edouard V et son frère. Mort de Louis XI, au château de Plessis-les- Tours. Son fils Charles VIII, âgé de 13 ans, lui succède sous la tutelle de sa sœur Anne, mariée au frère du duc de Bourbon, le sire de Beaujeu. Jean II, roi de Danemark et de Norvège, par- vient à conclure avec les États de Suède une con- vention qui rétablissait l'ancienne union, mais les efforts et la puissance de Stenon-Sture en retar- dent l'effet jusqu'en 1497. Sixte IV excommunie ies Vénitiens qui ont re- fusé sa médiation dans l'affaire de Ferrare. Naissance de Luther à Eisleben, en Saxe. 1484. Etats généraux de Tours pour constituer la régence. Ils obtiennent la diminution de la taille qui est réduite de 4 700 000 livres à 1 200 000 li- Ap. J.-C vres, avec 300000 livres pour droit de joyeux avènement. Ces Etats développèrent des vues utiles sur la rédaction des coutumes, le grand conseil, l'inamovibilité des juges, le commerce, etc. Mais la rivalité des ordres permit à Anne de dis- soudre l'assemblée et de constituer un conseil de gouvernement tout entier à sa discrétion. Le Génois Christophe Colomb, après avoir sou- mis inutilement ses projets à Gênes et au Portu- gal, s'adresse à Ferdinand et à Isabelle. Cession de Céphalonie au sultan par les Véni- tiens. Fin de la guerre entre le duc de Ferrare et les Vénitiens, qui gardent Rovigo et toute la Polé- sine. Premier voyage du Portugais Diego Cano jus- qu'à l'embouchure du Zaïre. 1485. Mathias Corvin s'empare de Vienne, qu'il con- serve jusqu'à sa mort en 1490. Le Gallois Henri Tudor, comte de Richemont, arrière-petit-fils par sa mère de Jean de Gaunt , duc de Lan castre, défait et tue à Bosworth, dans le comté de Leicester, Richard III (22 août). Fin de la dynastie d'îfork. Henri VII Tudor est re- connu et couronné roi (13 oct.). Mariage d'Ivan III avec Sophie Paléologue. Le prince russe espérait par cette union s'assurer des droits sur le trône impérial de Constantino- ple. Il prend pour armoiries l'aigle noir à deux têtes. Second voyage du Portugais Diego Cano, qui s'avance jusqu'au cap Nègre, 22° de latitude. 1486. Mariage d'Henri VII avec Elisabeth, fille d'Edouard IV. — Lambert Simnel, fils d'un bou- langer, se fait passer pour le fils du duc de Cla- rence; il est pris et enfermé à la Tour. Le duc d'Orléans organise contre la régente la guerre folle. Il est appuyé par les ducs de Bour- bon et de Bretagne, ainsi que par Henri VII et Maximilien. Il échoue et est contraint de signer l'accommodement de Beaugency. Jean-Alphonse dAveiro découvre le Bénin et en apporte le piment, déjà connu, sous le nom de graine du Paradis, des Italiens qui le tiraient du nord de l'Afrique où des caravanes l'apportaient de Guinée. — Barthélémy Diaz, chevalier de la maison de Jean II, part pour explorer la côte d'Afrique au S. du Congo (fin d'août). Jeté à l'E. par une tempête, il double le cap des Tempêtes sans s'en apercevoir, le reconnaît à son retour, en détermine avec soin la position et arrive à Lis- bonne en décembre 1487. Le roi Jean II change le nom de cap des Tempêtes en celui de cap de Bonne-Espérance. 1487. Les Florentins reprennent la ville de Sarzane sur les Génois, qui se placent de nouveau sous la domination des Sforza de Milan. Une nouvelle ligue féodale réunit contre Anne de Beaujeu toute la haute aristocratie, qui s'ap- puie encore sur Maximilien. Alphonse de Païva et Pierre de Covillam sont envoyés par Jean II à Alexandrie pour recueillir des renseignements sur un prétendu prince chré- tien, le prêtre Jean, qui restait, dit-on, en Afrique, et aussi sur le passage aux Indes par les conti- nents de l'Afrique et de l'Asie. Ils partent de Lis- bonne avec une carte empruntée à Calsadilla, évêque de Viseo, sur laquelle l'Afrique était bor- née au sud par une mer navigable. Ils se séparent au port arabe d'Aden. Païva fut assassiné en Abyssinie. Covillam visita Calicut, Cananor, Goa_ dans l'Inde, et Sofala en Afrique, où il recueillit' les premiers renseignements précis sur l'île de la Lune (Madagascar). Il adressa alors à Jean II des renseignements qui le déterminèrent dès 1490 a faire les préparatifs d'une expédition pour casser 218 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. aux Indes en doublant le cap de Bonne-Espé- rance. 1488. Jacques 111, roi d'Ecosse, est défait à Ban- nockbum par les nobles révoltés et périt assassiné dans la déroute. Son fils Jacques IV lui succède à l'âge de 15 ans. La Trémouille bat et prend le duc d'Orléans à Saint-Aubin-du-Cormier en Bretagne. Le duc de Bretagne, par le traité de Sablé, s'engage à ne pas marier sa fille Anne sans le consentement du roi. — Mort de François II, duc de Bretagne. — Soulèvements de Bruges et de Gand contre Maxi- milien d'Autriche. 1489. Catherine Cornaro fait donation aux Véni- tiens du royaume de Chypre. Henri VII, roi d'Angleterre, et Ferdinand le Catholique envoient dès secours à Anne de Bre- tagne. 1490. A Florence, prédications du dominicain Jé- rôme Savonarole, qui appelle Charles VIII de France pour punir les crimes de l'Italie. Ludovic le More demande à tenir Gènes comme un fief de la couronne de France et en est in- vesti à cette condition. Maximilien d'Autriche épouse Anne de Breta- gne par procureur. 1491. Ferdinand le Catholique et Isabelle mettent le siège devant Grenade, que défend Boahdil, dernier prince de la dynastie des Nasérides. Trois armées françaises occupent la Bretagne. La duchesse, assiégée dans Bennes, est obligée d'épouser Charles VIII. Le contrat réserve l'indé- pendance de la Bretagne et oblige la duchesse à n'épouser que le successeur du roi ou le plus proche héritier du trône. 1492. Charles VIII achète la paix d'Henri VIII d'An- gleterre en s'engageant à lui payer 745 000 écus d'or. En Angleterre, apparition d'un nouveau pré- tendant, Perkin Warbeek, fils d'un juif de Tournai, qui se fait passer pour le second fils d'Edouard IV. Prise de Grenade par Ferdinand le Catholique. Fin de la domination des Maures en Espagne. — Expulsion des Juifs de l'Espagne. — Après huit ans de sollicitations, Christophe Colomb signe de- vant Grenade avec Ferdinand et Isabelle un traité qui le créait vice-roi de toutes les terres qu'il dé- couvrirait. Il part de Palos, le 3 août, avec 3 pe- tits navires, et aborde le 12 octobre à Guanaham, une des Lucayes ou Bahama, qu'il appelle San Salvador. Il découvre Cuba et Haïti, qn'il appelle Hispaniola. A Florence, mort de Laurent le Magnifique, sur- nommé le Père des Muses.— Mort d'Innocent VIII. Avènement d'Alexandre VI, Borgia. 1493. Mort de l'empereur Frédéric III. Avènement de Maximilien d'Autriche. Retour de Christophe Colomb, qui est reçu à Barcelone par Ferdinand et Isabelle (15 avril). — Une bulle du pape Alexandre VI fait donation à Ferdinand le Catholique de tous les pays décou- verts et à découvrir vers l'occident et le midi, en tirant une ligne imaginaire d'un pôle à l'autre, à une distance de ;00 lieues à l'O. des Acores et du cap Vert.— Second voyage de Christophe Colomb (27 sept.). Découverte de plusieurs îles Antilles, Saint-Dominique, Marie-Galante, Sainte-Marie-de- Guadeloupe, Mont-Serrat, Sainte-Marie-la-Rotonde, Sainte-Marie-Antique, Saint-Christophe, Saint- Jean-de-Porto-Rico (du 3 au 22 nov.). Charles VIII, qui médite la conquête du ro- yaume de Naples, restitue à Ferdinand le Catholique le Roussillon et la Cerdagne par le traité de Barcelone, et à Maximilien d'Autriche l'Artois et la Franche-Comté par le traité de Senlis. Ap. J.-C. 1494. L'empereur Maximilien épouse la nièce de Ludovic le More ; il l'investit du duché de Milan qui appartient au jeune Jean Galéas. Traité de Tordesillas entre le roi de Portugal et Ferdinand le Catholique par lequel la ligne de démarcation à l'O. du cap Vert est reculée de 270 lieues. Expédition de Charles VIÏI en Italie. — Mort de Jean Galéas-Marie, duc de Milan. Ludovic le More lui succède. — Soulèvement des Florentins qui chassent Pierre de Médicis. — Entrée solen- nelle de Charles VIII à Rome (31 déc). 1495. Dîète de "Worms qui établit une chambre impériale chargée de décider dans tousles débats civils entre les Etats d'empire, et de juger les causes criminelles liées au maintien de la paix. Traité entre Charles VIII et Alexandre VI, qui lui livre empoisonné le frère du sultan Bajazet. Zizim, le prétendant à l'empire d'Orient. — Charles VIII dissipe à San Germano les troupes de Ferdinand H et entre à Naples en triompha- teur. — Ligue contre Charles VIII conclue à Venise entre les Vénitiens, le pape, l'empereur, Ferdinand le Catholique et Ludovic le More. — Charles VIII quitte Naples et bat l'armée de la ligue à Fornoue, près de Plaisance. A Venise, les Aides impriment le première édi- tion grecque des œuvres d'Aristote. 1496. Mariage de Philippe le Beau, fils de Maxi- milien et de Marie de Bourgogne, avec Jeanne la Folle, tille de Ferdinand et d'Isabelle. La victoire de d'Aubigny à Séminara sur les Espagnols, celle de Précy à Eboli sur les Napo- litains sont sans résultat. Montpensier capitule dans Atella et d'Aubigny évacue le royaume de Naples. Henri VII envoie les Vénitiens Jean et Sébas- tien Cabota la recherche d'un passage aux Indes parle N. 0. Barthélémy, frère de Christophe Colomb, jette dans l'île d'Haïti les fondements de la ville de Saint-Domingue. 1497. Jean I er , roi de Danemark et de Norvège, occupe Stockholm et fait reconnaître pour son successeur en Suède son fils aîné, Christian, déjà accepté dans les deux autres royaumes. Le Florentin Amerigo Vespucci avec une flotte espagnole côtoie le nouveau continent , après avoir visité le golfe de Paria et l'île Sainte- Marguerite. Charles VIII donne une nouvelle organisation au grand conseil, qui est rendu sédentaire à Pa- ris. Ce tribunal, composé de 17 membres et pré- sidé par le chancelier en l'absence du roi , ne s'oc- cupait dans le principe que des procès évoqués par ordonnance royale et des questions de règle- ment de juges, mais peu à peu ses attributions s'étendirent et embrassèrent tous les procès en matières bénéficiales. — Nouvelle ordonnance pour la rédaction des coutumes. 1498. 3 e voyage de Christophe Colomb. Il reconnaît l'île de la Trinité, une des îles sous le Vent, et visite la côte de terre ferme depuis Paria jusqu'au cap de la Vêla. Mort de Charles VIII. Fin de la branche des ■ Valois directs. Avènement de Louis XII, de la branche des Valois Orléans. Il répudie la fille de Louis XI pour épouser Anne de Bretagne. A Florence . Savonarole subit le supplice du feu sur la place publique. Le Portugais Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance, visite la côte orientale d'Afrique et aborde à Calicut, sur la côte indienne de Malabar. 1499. Paix de Bâle qui met fin à une guerre en- gagée entre les Suisses et l'empereur. Ap. J.-C.

L’échiquier de Rouen est transformé en parlement de Normandie.

Louis XII, qui songeait à faire valoir sur le Milanais les droits qu’il tenait de son aïeule Valentine Visconti, se concilie les Vénitiens en leur promettant Crémone et la Ghiara d’Adda. — lre conquête du Milanais par les Français. — Gênes se place sous la domination de Louis XII.

Guerre entre les Vénitiens et les Turcs que Ludovic le More avait excités à ravager le Frioul vénitien.

1500. Diète d’Augsbourg qui partage l’Allemagne en 6 cercles, dans chacun desquels devait être institué un corps chargé de maintenir la paix publique.

François de Bovadilla, commissaiie du gouvernement espagnol à Hispaniola, fait arrêter Christophe Colomb et l’envoie en Espagne avec ses deux frères chargés de chaînes.

Le gouvernement despotique de Trivulce, gouverneur du Milanais, provoque un soulèvement ; retour de Ludovic le More. — Louis XII envoie dans le Milanais une nombreuse armée sous la conduite de la Trémouille. Les Suisses qui étaient au service de Ludovic refusent de combattre ceux de l’armée française. Ludovic est fait prisonnier ; il mourra au château de Loches en 1510. — Louis XII abandonne Pi se aux Florentins et fournit des troupes au pape et à son fils César Borgia pour conquérir la Romagne. — Traité de Grenade entre Louis XII et Ferdinand le Catholique pour le partage du royaume de Naples.

Le Portugais Âlvarès Cabrai est poussé par la tempête sur la côte du Brésil. — Le Portugais Corte-Real reconnaît Terre-Neuve, le bassin du fleuve Saint-Laurent et la terre de Labrador.

XVIe siècle après Jésus-Christ.

(siècle de léon x.)

Rivalité de François Ier et de Charles-Quint. — Règne brillant de Soliman II. — La Réforme (Luther, Calvin, Henri VIII). — Traité de Cateau-Cambrésis qui termine la lutte entre la France et la maison d’Autriche. — Guerres de religion en France. — Edit de Nantes. — Paix de Vervins qui met fin à la guerre entre la France et l’Espagne. — Commencement de la dynastie des Rourbons avec Henri IV. — Grandeur de l’Espagne sous Charles V et Philippe II. — Exploits de Fernand Cortez au Mexique, de François Pizarre au Pérou. — Création de l’ordre des jésuites. — Règne d’Elisabeth en Angleterre, de Marie Stuart en Ecosse. — Etablissement définitif de la religion anglicane. — Concile général de Trente. — Règne de Gustave Wasa en Suède, d’Ivan IV en Russie. — Insurrection des Pays-Bas contre Philippe II ; Guillaume de Nassau. — Renaissance dans les différents pays de l’Europe des lettres, des sciences et des arts.

1501. Conquête du royaume de Naples par les Français et les Espagnols réunis. — Le roi Frédéric se rend et est conduit en France. — Partage de son royaume entre Ferdinand et Louis XII. — Dispute entre le duc de Nemours et Gonzalve de Cordoue sur le sens du traité de Grenade. — Le pape Alexandre VI accorde l’investiture du duché de Romagne à son fils César Borgia.

Louis XII établit le parlement d’Àix pour la Provence.

L’empereur Maximilien crée pour ses Etats héréditaires un conseil permanent, le conseil aulique, qui devait plus tard être investi de prérogatives immenses, et d’une juridiction tantôt rivale, tantôt même exclusive de celle de la Chambre impériale.

Création à Venise du tribunal des trois inquisiteurs d’Etat.


Ap. J.-C.

Réunion de Bàle et de Schaffhouse à la ligue helvétique.

Amérigo Vespucci,au service du Portugal, reconnaît les cotes du Brésil jusqu’à celles de Patagonie. — Découverte de l’île de Sainte-Hélène par les Portugais.

Fin de la guerre entre les Turcs et les Vénitiens qui obtiennent d’avoir un consul à Constantinople.

Restauration de la secte d’Ali en Perse par Ismaël Sophi, qui détruit l’empire des Turcomans du Mouton Noir.

1502. Irritation croissante entre les Français et les Espagnols dans le royaume de Naples. Premières hostilités entre Gonzalve de Cordoue et le duc de Nemours. — Entrevue de César Borgia et de Louis XII à Milan. — Négociations de César Borgia avec Machiavel, secrétaire de la république de Florence. Il attire ses ennemis à Sinigaglia et les fait massacrer.

4e voyage de Christophe Colomb. Il découvre l’île Martinique.

1503. Mariage de Marguerite, fille de Henri VII, roi, d’Angleterre, avec Jacques IV Stuart, roi d’Ecosse.

Perfide traité de Lyon qui donne le temps à Ferdinand le Catholique d’envoyer des renforts dans le royaume de Naples. Défaite de d’Aubigny à Séminara, du duc de Nemours à Cérignoles, du marquis de Mantoue, qui avait remplacé la Trémouille tombé malade à Parme, près du Garigliano. Les Français perdent tout ce qu’ils possédaient dans le royaume de Naples. — Mort d’Alexandre VI. Georges d’Amboise, ministre de Louis XII, échoue dans ses efforts pour lui succéder. Election d’un neveu de Sixte IV, Julien de la Rovère, sous le nom de Jules II. — Ruine de César Borgia.

Christophe Colomb reconnaît le continent depuis le cap Gracias-a-Dios jusqu’au havre de Porto-Bello.

Mort de Stenon Sture, administrateur de la Suède. Swante Nilson Sture lui succède avec le même titre.

1504. Trêve de 3 ans entre la France et l’Espagne. Maladie de Louis XII. Funeste traité de Blois, par lequel Louis XII promettait sa fille Claude à Charles, fils de Philippe le Beau ; avec la Bretagne, la Bourgogne et le duché de Milan pour dot. Maximilien promettait de son côté de se joindre à Louis XII pour attaquer les Vénitiens et accordait à ce prince l’investiture du Milanais.

1505. Louis XII cède pour dot à sa nièce Germaine de Foix, que devait épouser Ferdinand le Catholique, les droits que le traité de Grenade lui avait attribués sur une partie du royaume de Naples.

Mort d’Ivan III de Russie. Son fils Wasili IV lui succède.

1506. États de Tours, qui annulent le traité de Blois et demandent que Claude de France soit mariée à François d’Angoulème alors présomptif héritier de la couronne.

Jules II pose la première pierre de l’église de Saint-Pierre, qui est commencée sur les dessins du Bramante. — Soulèvement des Génois, qui chassent les Français.

Mort de Philippe le Beau. Sa veuve Jeanne devient folle. — Mort de Christophe Colomb à Valladolid.

1507. Châtiment des Génois révoltés par Louis XII. Supplice du doge.

Lorenzo d’Almeida, fils du vice-roi des Indes, prend possession des îles Maldives et de Ceylan. Conquête de l’île d’Orrnus, dans le golfe Persique, par Alphonse d’Albuquerque. — Lorenzo et Tristan d’Acunha visitent l’île de Madagascar. 220 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. Iô08. Guerre malheureuse de Maximilien contre les Vénitiens, qui, l'année précédente, lui avaient refusé le passage sur leurs terres pour aller se faire couronner à Rome. — Ligue de Cambrai contre Venise négociée par Marguerite, fille de Maximilien, gouvernante des Pays-Bas, et Georges d'Amboise. Louis XII, Jules II, Ferdinand le Catholique et Maximilien entrent dans la ligue. Le Bramante attire à Rome Raphaël, son neveu, et le fait charger par le pape de décorer de peintures à fresque les salles du Vatican. 1509- Mort de Henri VII, roi d'Angleterre. Couron- nement de son fils Henri VIII, âgé de 17 ans, et de Catherine d'Aragon. Conquête d'Oran par le cardinal Ximénès. Défaite des Vénitiens à Agnadel, dans la Ghiara d'Adda, par Louis XII en personne. — Désastre de Maximilien devant Padoue que reprennent les Vénitiens. Mort de Philippe de Confines, l'historien de Louis XI et de Charles VIII. 1510. Les Espagnols s'emparent de Bougie, en Algérie; les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemecen sont rendus tributaires. Mort de Georges d'Amboise, ministre de Louis XII. — Concile de Tours qui autorise le l'oi à faire la guerre au pape et lui accorde 300000 écus à prendre sur les biens ecclésias- tiques. — Rédaction de la coutume de Paris. Jules II se réconcilie avec les Vénitiens et cherche à former une ligue générale contre Louis XII. — Marc Antoine Raimondi grave d'après Raphaël. Prise de Goa, au nord de la côte de Malabar, par Alphonse d'Albuquerque. 1511. Campagne de Chaumont contre Jules II qui s'empare de la Mirandole. Mort de Chaumont qui est remplacé par Trivulce. — Victoire de la Bas- tide remportée par Bayard, qui sauve Ferrare. — Trivulce rétablit les Bentivoglio dans Bologne. — Louis XII, ayant essayé vainement de se ré- concilier avec Jules II, veut le faire déposer et convoque dans ce but un concile à Pise. — Jules II en convoque un autre à Saint-Jean de Latran pour l'année suivante, et forme avec le sénat de Venise, Ferdinand le Catholique et Henri VIII, roi d'Angleterre, une confédération nommée Sainte-Ligue. Conquête de Malacca par Albuquerque. — Occupation des Moluques ou îles aux épices. 1512. Gaston de Foix, duc de Nemours, neveu de Louis XII, gouverneur du Milanais, force les Espagnols et les Romains à lever le siège de Bolo- gne, enlève Brescia aux Vénitiens et par l'atta- que de Ravenne force l'armée espagnole et papale à en venir à une bataille décisive près de cette ville ; il lui tue 12 000 hommes, mais il succombe au milieu de sa victoire, à l'âge de 23 ans. — Maximilien accède à la Sainte-Ligue et les Suisses rétablissent Maximilien Sforza dans le Milanais. — Les Génois secouent la domination de la France ; les Florentins sont soumis de nouveau à la famille de Médicis; la maison d'Albret est punie de son alliance avec Louis XII par la perte de la portion espagnole du royaume de Navarre, qui est occupée par Ferdinand le Catholique. Découverte de la Floride par l'Espagnol Juan Ponce de Léon, ancien compagnon de Christophe Colomb. Bajazet II est renversé par son fils Sélim I er . 1513. Rapprochement entre Louis XII et les Véni- tiens. — Mort de Jules II. Avènement du cardinal Jean de Médicis, Léon X. — Ligue de Malines entre Maximilien, Henri VIII, Ferdinand le Catho- lique et Léon X contre la France. — Défaite des Français par les Suisses à Novarre ; ils évacuent Ap. J.-C. de nouveau l'Italie. — Invasion de la Picardie par les Anglais; ils défont les Français près de Guinegate à la journée des Éperons et prennent Thérouanne et Tournay. — Les Suisses assiègent Dijon; La Trémouille achète leur retraite 400 000 écus. — Louis XII renonce au concile de Pise et adhère à celui que Jules II avait convoqué à Latran. Mausolée de Jules II par Michel-Ange. Le pays d'Appenzell est admis dans la confédé- ration helvétique comme le 13 e canton. Jacques IV, roi d'Ecosse, allié de Louis XII, est vaincu et tué par les Anglais à Flodden, dans le Northumberland. L'Espagnol Vasco Nunès de Balboa traverse le premier l'isthme de Darien (Panama) et aperçoit le grand Océan. Alphonse d'Albuquerque chasse les Arabes d'Aden et ouvre la mer Rouge aux Portugais. — Les Portugais reconnaissent les îles de Bornéo et de Java. 1514. Maximilien, Ferdinand, Henri VIII, signent à Orléans une trêve avec la France, à condition que chacun garderait ce qu'il possédait maintenant (mars). — Cette trêve est bientôt après convertie en paix définitive par le traité de Londres. Après la mort d'Anne de Bretagne, Louis XII épouse la sœur de Henri VIII et s'engage à payer à son nouveau beau-frère 100 000 écus par année pen- dant 10 ans (septembre). Mort du Bramante. Les plans qu'il avait donnés pour la construction de l'église de Saint-Pierre seront changés par Raphaël, puis par Michel-Ange. 1515. Mort de Louis XII (1 er janvier). Avènement de François I er , comte d'Angoulême, son cousin et son gendre, qui commence la branche des Valois- Angoulême. — Victoire de François I er à Mari- gnan sur les Suisses, qui perdent le Milanais. — Conférences de Viterbe et de Bologne entre Léon X et François I er , où sont jetées les bases du concordat qui devait remplacer la pragmati- que. Le pape abandonne au roi le droit de nom- mer aux évêchés et aux abbayes du royaume, mais recouvre les annates et une partie des ré- serves. Le concordat ne sera publié que l'année suivante. — Traité de Genève entre François I er et 8 cantons suisses. — Gênes est ramenée sous la domination de la France. Mort d'Alphonse d'Albuquerque à Goa, dans la disgrâce de son souverain. Gonzalve de Cordoue, disgracié, meurt à Gre- nade, à l'âge de 72 ans. Mariage de Christian II, roi de Danemark, avec Isabelle d'Autriche, sœur de Charles-Quint. 1516. Mort de Ferdinand le Catholique (23janvier). Charles I er d'Autriche, qu'il avait désigné pour son successeur, reste en Flandre : il est reconnu par les Etats de Castille ; résistance des Etats d'Aragon. — Administration énergique de Ximé- nès qui oppose les milices des villes à la noblesse révoltée de Castille. — Commencement de la traite des nègres pour l'Amérique. — Traité de Noyon entre François I er et Charles d'Autriche (août). François I er abandonne à l'Espagne les droits de la France sur le trône de Napjes, mais obtient en retour 1° que Charles restituerait la Navarre à la maison d'Albret dans l'espace de 8 mois; 2° qu'il laisserait sans opposition le roi de France fournir des secours aux Vénitiens con- tre son aïeul Maximilien, jusqu'à ce que celui-ci leur eût rendu le Véronais. A la fin de cette année Maximilien accéda au traité de Noyon et abandonna Vérone. Paix perpétuelle conclue par François I" avec les cantons suisses (29 novembre). — François P r attire en France Léonard de Vinci. TEMPS MODERNES. 221 Ap. J. C. Commencement des prédications de Zwingle, le réformateur de la Suisse. Grande victoire remportée près d'Alep par Sélim I er sur les Mameluks. 1517. Léon X, qui voulait achever la basilique de Saint-Pierre, a recours à la vente des indulgences pour remplir le trésor pontifical. Martin Luther, professeur de théologie à l'université de Wittem- berg, en Saxe, attaque avec violence ce trafic» Arrivée de Charles d'Autriche en Espagne. Il refuse de voir Ximénès ; il lui écrit une lettre dédaigneuse, et le cardinal, déjà malade, mourut le jourmêmeoù illareçut(8 nov.). Le Portugais Ferdinand Perez, parti de Ma- lacca, aborde à l'île de Taman, à 3 milles de Canton. Les Portugais seront admis à faire le commerce à Macao. Conquête de la Syrie et de l'Egypte par Sélim I er . Fin de la domination des Mameluks. 1518. Cajetan, légat du pape, tente vainement d'ob- tenir de Luther une rétractation à la diète d'Augs- bourg. Luther est condamné par le pape (9 déc). Découverte des îles de Lieou-Khieou dans la mer de Corée par le Portugais Perez. Jean de Silveira aborde au Bengale. Guerre entre l'administrateur de Suède Stenon-, Sture II et Christian II, roi de Danemark, qui soutient l'archevêque d'Upsal Gustave Troll. Vaincu à Brenkirka, Christian II feint de négo- cier et se fait livrer 6 otages parmi lesquels était Gustave Wasa, petit-neveu du roi Canutson et cousin-germain de l'administrateur. Conquête du Diarbekir sur les Perses par Sélim I er . — Horouk Barberousse, fils d'un potier de Mitylène, devenu pirate, occupe Alger et Tlemecen. Son frère Chaïrouddin, le célèbre Bar- berousse, qui lui succède, sera la terreur de la Méditerranée. 1519. Mort de l'empereur Maximilien. Charles d'Au- triche, petit-fils de Maximilien, François I er et Henri VIII aspirent à la couronne impériale. Election de Charles V, sur le refus et par les con- seils de Frédéric le Sage, électeur de Saxe. Fernand Cortez attaque l'empire du Mexique avec 700 soldats. Mort du grand peintre de l'école florentine, Léo- nard de Vinci, à Amboise. 1520. Léon X frappe d'anathème Luther, qui en appelle au futur concile et brûle publiquement la bulle de V Antéchrist à Wittemberg, avec le code du droit canonique. Entrevue du camp du Drap d'or entre François I er et Henri VIII, où le premier déploie une" vaine magnificence et ne conclut rien d'utile à ses inté- rêts. — Couronnement de Charles V à Aix-la- Chapelle. — Insurrection des villes dans les royaumes de Castille et de Valence contre le cardi- nalAdriend'Utrecht, ancien précepteurde Charles- Quint. — Magellan, Portugais, mécontent de la cour de Lisbonne, parti de Séville avec 5 vais- seaux en 1519, côtoie l'Amérique méridionale, remonte la vaste embouchure de la rivière de la Plata, traverse le détroit auquel il a donné son nom et entre dans le grand océan Pacifique. Il périra aux Philippines en 1521, en combattant les naturels. Son équipage, conduit par Jean-Sébastien del Cano, arrivera à Saint-Lucar le 7 sept. 1522. Christian II, roi de Danemark, appuyé par l'empire, la France et l'Ecosse, renverse Stenon Sture II et se fait couronner roi de Suède par l'archevêque d'Upsal, Gustave Troll. Massacres à Stockholm. Gustave Wasa, un des otages suédois enlevés par Christian II, s'échappe et est ac- cueilli par les Dalécarliens. Mort de Raphaël d'Urbin, le plus grand peintre des temps modernes, à l'âge de 37 ans. Ap. J.-C. Mort de Sélim I er . Son fils Soliman II lui suc- cède. 1521. Diète de Worms. Luther, qui s'y est rendu muni d'un sauf-conduit de l'empereur, refuse encore de se rétracter et est mis au ban de l'Em- pire; mais Frédéric le Sage, électeur de Saxe, lui assure une retraite au château de Wartbourg, situé au fond des montagnes de la Saxe, où il reste caché pendant près d'un an. Commencement de la guerre entre François I er et Charles -Quint. Invasion de la Champagne par les impériaux. Défense de Mézières par Bayard. François I er s'avance en personne jusqu'au delà de l'Escaut. — Campagne malheureuse de Les- parre dans la Navarre. — Ligue de Léon X avec Charles V. Echec de Lautrec dans le Mi- lanais, qui est rendu à François Marie, frère de Maximilien Sforza. Parme et Plaisance sont restituées au saint-siége. — Alliance de Bruges entre Henri VIII et Charles V par la médiation du cardinal VVolsey. — Mort de Léon X (1 er déc). Election d'Adrien d'Utrecht, précepteur de Char- les V. Mécontentement de VVolsey, à qui Charles V avait promis la tiare. — Juan de Padilla, chef des villes révoltées d'Espagne, est battu, pris et déca- pité à Villalar près de Valladolid. Maria Pachéco, sa femme, se défendra encore quelque temps dans Tolède. La sœur de Louis II, roi de Hongrie, épouse Ferdinand, frère de Charles V; Louis II épouse une sœur de Ferdinand. Gustave Wasa réunit dans la plaine de Mora 200 mineurs de la Dalécarlie avec lesquels il donne le signal de la révolte en Suède contre Christian II de Danemark. Prise de Belgrade par Soliman. 1522. Lautrec essaye de reprendre le Milanais, mais il est battu à la Bicoque, près de Milan. Gênes entre dans l'alliance de l'empereur. Création des premières rentes perpétuelles payées à l'hôtel de ville pour un capital de 200000 fr., avec intérêts annuels de 16 666 fr., c'est-à-dire sur le pied de 8 p. 100 par an. Luther publie sa traduction de la Bible en lan- gue allemande. Gustave Wasa reçoit le titre d'administrateur de Suède. Bientôt les Danois ne conserveront plus en Suède que trois villes, Abo, Calmar et Stoc- kholm. Belle défense de Rhodes contre Soliman II par Philippe de Villiers, de l'Isle-Adam, pendant 5 mois ; ce dernier conclut le jour de Noël une capitulation honorable. Les chevaliers obtinrent du pape la ville de Viterbe, où ils restèrent jusqu'à ce qu'en 1530 Charles-Quint leur céda l'île de Malte. 1523. Persécution dirigée par Louise de Savoie contre le connétable Charles de Bourbon-Mont- pensier qui passe à l'ennemi. — Campagne mal conduite de Bonnivet dans le Milanais. — Les Vénitiens font alliance avec Charles V. — Belle campagne de La Trémouille en Picardie contre Ips All t - r l3.1S. Mort d'Adrien VI d'Utrecht. Avènement du car- dinal Julien de Médicis, sous le nom de Clé- ment VII. Christian II, détesté des nobles danois, dont il a violé les privilèges, est déposé par les Etats du Jutland assemblés à Viborg. Il a pour successeur en Danemark son oncle, Frédéric, duc de Hols- tein.— En Suède, les Etats donnent la couronne à Gustave Wasa qui se rend maître de Stockholm. 1524. Revers de Bonnivet en Italie; retraite dans laquelle meurt Bayard, au passage de la Sesia. Invasion de la Provence par les impériaux. Fran- çois I" passe en Italie et assiège Pavie. 222 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap J.-C. Le Florentin Verazzani, au service de la France, reconnaît la côte N. E. de l'Amérique septentrio- nale, et lui donne le nom de Nouvelle-France. Frédéric, roi de Danemark, appuyé par la ma- rine de Lubeck, se rend maître de Copenhague, où il est couronné par Gustave Troll, archevêque d'Upsal. 1525. François I er , vaincu à la bataille de Pavie, est fait prisonnier et conduit à Madrid. Régence de sa mère, Louise de Savoie; elle dé- tache Henri VIII du parti de Charles V. Luther consomme sa rupture avec l'Eglise ro- maine en épousant une religieuse, Catherine de Bohren. — Albert de Brandebourg, grand maître de l'Ordre teutonique, s'étant fait luthérien, sé- cularise la Prusse orientale, qu'il convertit en duché héréditaire sous la suzeraineté de la Polo- gne. — Extermination des anabaptistes à Fran- kenhausen par la noblesse allemande. — Frédé- ric I er , roi de Danemark, embrasse le luthéranisme qui se répandra bientôt dans ses Etats. 1526. Traité de Madrid par lequel François I er re- nonce à toute prétention sur l'Italie et cède à Charles V le duché de Bourgogne; il recouvre sa liberté (I e mars) . — François I er signe à Cognac une ligue avec le duc de Milan, les Vénitiens, le pape, les Suisses et le roi d'Angleterre, pour chasser les Espagnols de Naples, maintenir Sforza dans le Milanais et défendre l'intégrité de la France. — Le refus de livrer la Bourgogne rompt le traité de Madrid . François I ov fait commencer le château de Chambord par le Bolonais le Primatice. Mariage d'Henri d'Albret, roi de. Navarre, avec Marguerite, sœur de François I er . Louis II, roi de Hongrie et de Bohême, périt en combattant les Turcs à Mohacz, sur le Danube. — Les Etats de Hongrie proclament roi Jean Zapoly, waïvode de Transylvanie; ceux de Bohême re- connaissent Ferdinand d'Autriche, frère de Char- les V et beau-frère de Louis IL 1527. Henri VIII commence à négocier avec la cour de Rome afin d'obtenir l'autorisation de répudier sa femme , Catherine d'Aragon , pour épouser Anne de Boleyn. Le connétable de Bourbon périt au siège de Rome, que prennent et saccagent ses soldats. — Le surintendant des finances, Semblançay, vic- time de la haine de Louise de Savoie, est pendu à Montfaucon, sur la fausse accusation de pé- culat. — Le duché de Bourbon est incorporé dans le domaine royal. Ferdinand d'Autriche est couronné roi de Bo- hême à Prague (fév.), et de Hongrie à Albe- Royale.- Les Médicis sont chassés de Florence, où le gouvernement démocratique est rétabli. — Le Génois André Doria livre sa patrie à la France. Gustave Wasa fait ouvertement profession de luthéranisme. 1528. Expédition de Lautrec en Italie. Il délivre Rome et assiège Naples, que bloque André Doria avec la flotte génoise. — La peste, qui décime l'armée et enlève Lautrec, la défection de Doria, l'incapacité du marquis de Saluées, amènent la perte des conquêtes françaises. — Gênes chasse la garnison et passe à Charles V. Nouvelle consti- tution de cette république. — Une nouvelle ar- mée française, commandée par Saint-Pol, est battue à Landriano par Antoine de Leyva. 1529. Diète de Spire, contre les décisions de la- quelle protestent les luthériens (19 avril). Le nom de protestants leur est resté. Clément VII évoque à Rome l'affaire du divorce de Henri VIII. — Disgrâce du cardinal Wolsey, qui meurt peu après. Ap. J.-C. Paix des Dames, négociée par Marguerite d'Au- triche et Louise de Savoie (3 août). François I er conserve la Bourgogne, renonce à toute- préten- tion sur Milan, Gênes, Ostie, Naples; paye 2 mil- lions d'écus d!or pour la rançon de ses fils. — Les Etats italiens obtiennent la paix de l'empereur par les traités de Bologne, mais en subissant l'in- fluence espagnole. Fr. Pizarre entreprend la conquête du Pérou. En Suède, l'assemblée d'Œrebro accepte la con- fession des luthériens d'Allemagne, et prononce l'abolition de la religion catholique. Les biens ec- clésiastiques sont réunis au domaine royal. Solimanassiége Vienne; il est repoussé. A son retour, il couronne à Bude Jean Zapoly . roi de Hongrie. 1530. Diète d'Augsbourg. Les protestants y présen- tent à Charles V leur confession rédigée par Mélanchthon,. disciple de Luther; il la repousse. Les princes qui l'avaient adoptée formeront, au commencement de l'année suivante, la ligue de Smalkade. François I er , d'après les conseils de Guillaume Budé et malgré l'opposition de la Sorbonne, fonde deux chaires pour l'enseignement de l'hébreu et du grec : c'est là l'origine du collège royal de France. Fin de la constitution républicaine de Florence Alexandre de Médicis obtient, par un décret im- périal, le gouvernement héréditaire de cette cité. 1531. Henri VIII, ayant été cité à comparaître de- vant le pape au sujet du divorce, fait déclarer par le parlement que le roi est le protecteur et le chef suprême de l'Église et du clergé d'Angle- terre. Mort de Louise de Savoie, mère de François I". — Condamnations prononcées contre plusieurs gentilshommes aux grands jours tenus à Poi- tiers. Mort de Zwingle à la bataille de Cappel. 1532. Le chancelier Thomas More, qui désapprouve le divorce du roi, abandonne les sceaux. — Un prêtre célèbre secrètementle mariage de Henri VIL avec Anne de Boleyn. — Henri VIII, craignant que Charles V ne voulût venger sa tante, Cathe- rine d'Aragon, se rapproche de François I er . Diète de Nuremberg, qui accorde aux protes- tants le libre exercice de leur culte jusqu'au pro- chain concile. Christian II, qui avait tenté de ressaisir la Nor- vège, tombe par une perfidie entre les mains de son neveu, le roi Frédéric, qui le confine dans l'île d'Alsen, où le château de Sonderbourg fut sa prison pendant 27 ans. François I er abolit les stipulations de la reine Anne en faveur de ses collatéraux, et annexe dé- finitivement la Bretagne à la France. A Florence, Alexandre de Médicis obtient le titre ducal et le pouvoir absolu. 1533. Clément VII vient à Marseille négocier le mariage de sa nièce Catherine de Médicis, avec le 2 e fils de François I er , Henri d'Orléans. — Rabe- lais publie à Lyon Gargantua. Le mariage de Henri VIII avec Catherine d'A- . ragon est déclaré nul par Cranmer, récemment élevé au siège de Cantorbéry. Couronnement d'Anne de Boleyn. Conquête du Pérou par Pizarre et Almagro. Mort de Frédéric I er , roi de Danemark. Son fils Christian III ne parviendra au trône qu'après un interrègne sanglant de 3 ans. Mort de Wasili IV de Russie. Avénem?nt d'I- van IV, âgé de 4 ans, sous la tutelle de sa mere Hélène, nièce de Glinski. 1534. Le landgrave de Hesse rétablit dans le Wur- temberg le duc Ulric, qui avait embrassé la ré- TEMPS MODERNES. 223 Ap. J.-C. forme et qui avait été chassé de ses États par la ligue de Souabe en 1519. — Accommodement conclu à Cadan, en Bohême, entre les. catholiques et les protestants. Le parlement anglais confirme le jugement de Thomas Cranmer. Clément VII menace Henri VIII d'excommunication, si, dans un délai déterminé, il ne vient à résipiscence. Médiation de Fran- çois I er . Henri VIII ayant tardé à envoyer une réponse définitive, le pape lance labulle d'excom- munication. — Henri VIII, désormais séparé de l'Église, fait confirmer par le parlement la su- prématie ecclésiastique qu'il s'était attribuée. Thomas More et Fisher, évêque de Rocbester, ayant refusé de prêter le serment exigé au sujet de l'ordre de succession au trône, modifié en fa- veur des enfants nés ou à naître d'Anne de Bo- leyn, aux dépens de l'enfant de Catherine d'Ara- gon, sont conduits à la Tour. Ignace de Loyola, étant alors à Paris, fonde avec quelques adeptes français et espagnols qu'il s'était attachés un nouvel institut dont les mem- bres s'engageaient à aller prêcher l'Évangile en tous lieux, à instruire la jeunesse et à se mettre au service du pape. Le nouvel ordre sera ap- prouvé par Paul III, en 1540, sous le nom de Clercs de la compagnie de Jésus, avec Ignace pour général. Alliance de François I er avec Soliman II. — Le navigateur Cartier, de Saint-Malo, visite les côtes du Canada et remonte le fleuve Saint-Lau- ' rent. Mort de Clément VIL Élection d'Alexandre Farnèse sous le nom de Paul III. — Mort d'An- toine Allegri, dit le Corrége, de Corregio sa pa- trie, dans le Modénais, le plus grand peintre de l'école lombarde. Conquête de Tauris et de Bagdad sur les Perses par Soliman. — Barberousse occupe pour Soli- man le royaume de Tunis. 1535. Siège et prise de Munster par l'évêque de cette ville, François de Waldeck, sur les ana- baptistes commandés par Jean Bocold, compa- gnon tailleur de Leyde. Persécutions sanglantes dirigées par Henri VIII contre tous ceux, luthériens ou catholiques, qui rejettent sa suprématie ou blâment son ortho- doxie. — Mort violente de l'ancien chancelier Thomas More, auteur de l'Utopie. Les réformés français affichent dans Paris, et dans Blois, à la porte même de la chambre du roi, des placards violents contre la messe et l'eu- charistie. François I" irrité fait saisir presque tous les réformés qui se trouvaient à Paris, et assiste au supplice de six d'entre eux. François I er occupe une partie des États du duc de Savoie, qui avait refusé de lui livrer passage pour aller dans le Milanais. — Genève s'érige en république. — Mort du duc de Milan, François Sforza. Antoine de Leyva occupe le Milanais" au nom de Charles V ; nouvelle rupture entre Fran- çois I er et Charles V. Expédition de CharlesV contre Tunis, que dé- fend Barberousse. Mulëy-Hassan , renversé par Barberousse, est rétabli dans son royaume de Tunis, mais se reconnaît tributaire de Charles V. Un grand nombre de chrétiens captifs sont ren- dus à la liberté. Calvin, né àNoyon en Picardie, publie, à l'âge de 26 ans, son livre de ['Institution chrétienne, à la fois en latin et en français. Fondation de Buenos-Ayres par les Espagnols sur la côte occidentale de l'embouchure de la Plata. — Fondation de Lima , au Pérou. — Dé- couverte du Chili. 1536. Mort de Catherine d'Aragon, laissant une Ap. J.-C. fille, Marie (8 .janv.). ~ Exécution d'Anne de Bo- leyn, mère d'Elisabeth. — Mariage d'Henri VIII et de Jeanne Seymour (20 mai). 2 e guerre entre François I er et Charles V, qui envahit la Provence, mais est forcé par Montmo- rency à se retirer. — Édit de Crémieu, qui place les juges seigneuriaux sous la surveillance des juges royaux (19 juin). Calvin vient pour la première fois à Genève (oct.). Il y présentera , en 1537, avec Guillaume Farel, une confession de foi. Tous deux seront bannis l'année suivante. — Mort d'Érasme, à Bâle. 1537. Mort de Jeanne Seymour, en accouchant d'Edouard VI. Les partisans de la liberté font assassiner Alexandre de Médicis dans une orgie (janv.). Côme, fils de Jean de Médicis l'Invincible, lui succède. Prise de Diu par les Portugais. Soliman, allié de François I er , envoie Bar- berousse ravager les côtes de l'Italie méridionale, pendant qu'une armée turque battait les Alle- mands à Éssek, sur la Drave. 1538. Trêve de Nice entre Charles-Quint et Fran- çois- I er . Entrevue des deux princes à Aigues- Mortes. Crédit de Montmorency. Jacques V, roi d'Ecosse, épouse en secondes noces Marie de Lorraine, fille de Claude, duc de Guise. 1539. Henri VIII fait passer au parlementle fameux bill des six articles, que les religionnaires ont appelé le statut de sang. Cette loi établissait la présence réelle, la communion sous une seule espèce, l'obligation de garder le vœu de chas- teté, le célibat ecclésiastique, l'utilité des messes privées, enfin la nécessité de la confession auri- culaire. Insurrection de Gand. Charles obtientde Fran- çois I er le passage à travers la France pour aller châtier les Gantois; mais en retour il promet de donner l'investiture du Milanais au duc d'Orléans, second fils de François I er . François I er établit l'impôt immoral de la lo- terie. — Ordonnance de Villers-Coterêts , qui restreignit la juridiction ecclésiastique aux af- faires spirituelles, donna plus de rapidité à l'ad- ministration de la justice civile, prescrivit que les procès fussent jugés d'après l'ordre d'inscrip- tion ; l'accusé dut comparaître en personne dans les procès criminels ; les curés furent obligés de tenir registre des actes de naissance et de décès et de déposer ces actes de l'état civil au greffe du bailliage le plus voisin; enfin le latin barbare du moyen âge fit place au français dans la rédac- tion des jugements et des actes" notariés. 1540. Mariage de Henri VIII avec Anne de Clèves, qu'il répudie bientôt après pour épouser Cathe- rine Howard. Charles-Quint, arrivé en Flandre, refuse de te- nir la promesse qu'il avait faite à François I e , relativement au Milanais. — Gand est dépouillée de presque toutes ses franchises municipales. L'Espagnol Orellana reconnaît le Maragnon ou fleuve des Amazones. 1541. Conférences inutiles de Ratisbonne pour ame- ner un compromis entre les protestants et les catholiques. François I er conclut la première alliance poli- tique avec le Danemark. — Pierre Lescot donne les dessins pour la reconstruction du Louvre. — Benvenuto Cellini vient en France. Retour de Calvin à Genève. Expédition désastreuse de Charles V contre les corsaires d'Alger. — Le conquérant du Pérou, François Pizarre, périt assassiné par les partisans d'Almagro. 224 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. Union de Bromsebro entre Christian III, roi de Danemark, et Gustave Wasa, roi de Suède. Charles V fait assassiner, dans le Milanais, Rinçon et Frégose, agents de François I er . Exécution de Catherine Howard, 5 e femme d'Henri VIII. 4 e guerre entre François I e1 ' et Charles V. — Conquête momentanée "du Luxembourg et du Roussillon par les Français. , Mort de Jacques V, roi d'Ecosse, qui laisse de Marie de Lorraine une fille qui vient de naître, Marie Stuart. l re alliance de la France avec la Suède. Ordonnances de Charles Ven faveur des Indiens et pour régulariser la constitution politique des colonies espagnoles dans les deux Amériques. Toute l'administration des colonies était entre les mains d'un collège supérieur, désigné sous le nom de Conseil des Indes, qui ne dépendait que du roi et qui fut transféré à Madrid. Paul III décide la convocation d'un concile général à Trente (mai). Le concile ne se réunira que dans 3 ans. Le Portugais Antoine de Mota est jeté par la tempête sur les côtes du Japon, où le jésuite François Xavier prêchera l'Évangile. 1543. Mariage de Henri VIII avec Catherine, Parr. François I er empêche Henri VIII d'unir l'Ecosse à l'Angleterre par le mariage de son fils Edouard avec Marie Stuart. — Henri V11I, mécontent, conclut avec Charles une alliance pour le démem- brement de la France. — Conquêtes des Français dans le Hainaut et le Luxembourg. — Soliman envoie dans la Méditerranée Barberousse, qui brûle Reggio , prend Nice, de concert avec les Français, et ravage les côtes de la Catalogne et du royaume de Valence. Mort du célèbre astronome Copernic, néàThorn, en Prusse. Craignant les contradictions, il ne pu- blia qu'à la fin de sa vie son système, qui fait tourner toutes les planètes autour du soleil , d'oc- cident en orient, et qui donne à la terre deux mouvements, l'un de rotation sur elle-même, l'autre de révolution autour du soleil. Il ne reçut le livre où ses idées étaient exposées que le jour même de sa mort. 1544. Diète de Spire, qui permet aux luthériens de siéger dans la chambre impériale. Victoire du comte d'Enghien sur les Impériaux à Cérisoles, dans le Piémont (14 avril). — Invasion de la Champagne par Charles V, qui s'avance jusqu'à Château-Thierry. — Traité de Crespy, en Laonnais, qui termine la lutte entre Charles V et François I er . Le roi de Danemark Christian III, qui, jusqu'à cette époque, avait administré, en commun avec ses frères nés d'une autre mère, les duchés de Slesvig et de Holstein, fait avec eux le partage de ce domaine, malgré l'opposition des Etats du Danemark. Christian prétendait que l'union du Danemark avec les duchés devait être perpétuelle , et que le Slesvig devait rester en fief à la cou- ronne. — L'un des frères du roi, Adolphe, est la tige de la branche ducale de Holstein- Gotlorp. En Suède, les Etats de Westeras déclarent la couronne héréditaire dans la maison de Gustave Wasa. La religion luthérienne sera la seule tolérée en Suède. 1545. Massacre des Vaudois établis à Mérindol et à Cabrières, dans les Alpes de Provence, à la suite d'un arrêt rendu 5 ans auparavant par le parle- ment d'Aix. Parme et Plaisance sont érigées par Paul III Farnèse en un duché héréditaire pour son fils na- turel, Pierre-Louis Farnèse. — Ouverture du concile de Trente, qui doit formuler d'une façon définitive les dogmes catholiques. Ap. J.-C. En Russie , Ivan IV est couronné par le métro- polite et prend le titre de czar. On commence à exploiter au Pérou les mines d'argent du mont Potosi. 1546. Mort de Luther. Traité d'Ardres entre Henri VIII et François I er . Le cardinal Beaton, premier ministre de Marie de Lorraine, fait supplicier plusieurs hérétiques, entre autres Georges Wishart, que ses coreli- gionnaires vengent en assassinant le cardinal. Mort de l'amiral de Soliman, le célèbre Barbe- rousse, chef des pirates d'Afrique. 1547. Les luthériens ayant récusé le concile de Trente , Charles V leur déclare la guerre, parvient à détacher de leur cause Maurice de Saxe , chef de la branche cadette de cette maison, et les bat à Mulhberg, près de l'Elbe, en Saxe, où Frédéric le Sage est fait prisonnier. — Frédéric, condamné à mort, cède aux prières de son épouse, Sibylle de Clèves, et signe, pour échapper au supplice, sa déposition et la translation de son électorat à. Maurice. Mort de Henri VIII. Avènement d'Edouard VI, fils de Jeanne Seymour. Le duc de Sommerset, son oncle maternel, se fait nommer régent ou protec- teur. Il introduira en Angleterre, au moyen de Cranmer, archevêque de Cantorbéry, le calvi nisme à la place de la religion fondée par Henri VIII ; seulement l'Église anglicane conserva la suprématie du roi, la hiérarchie et l'institution divine des évêques. Mort de François I er . Avènement de son fils Henri II, qui a pour maltresse Diane de Poitiers. A Gênes, conspiration des trois frères Fieschi , qui échoue. Le duc de Parme, Pierre-Louis Farnèse, est assassiné à l'instigation de Ferdinand de Gon- zague, comte de Guastalla, gouverneur de Milan pour Charles V. Les impériaux occupent Plai- sance. Entrée triomphale de Juan de Castro à Goa. 1548. Diète d'Augsbourg, où est proposé l'Intérim, espèce de formulaire ou concordat, ainsi nommé parce qu'il n'était établi que provisoirement, en attendant la décision définitive du concile de Trente. Cet intérim ne contenta ni les luthériens ni les catholiques. Henri II envoyé en Ecosse six mille hommes commandés par d'Essé, qui ruinent le projet, formé par Sommerset, d'unir l'Ecosse à l'Angle- terre par le mariage de Marie Stuart avec Edouard VI. — Marie Stuart est envoyée en France et fiancée au Dauphin, qu'elle épousa dix ans plus tard. — Les rigueurs de la gabelle exci- tent en Guyenne un soulèvement, qui est réprimé avec cruauté par le connétable de Montmorency. — Mariage de Jeanne d'Albret, fille du roi de basse Navarre, Henri, et d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, issu de Robert de Clermont, 5 e fils de saint Louis. Etienne de la Boétie, âgé de 18 ans, ami de Montaigne, publie son Discours de la servitude volontaire, ou Contre un. Des marchands portugais apportent de la Chine dans leur pays une espèce d'oranger, dont la culture se répandit bientôt en Portugal et de là en Europe. 1549. Pragmatique sanction de Charles Quint pour l'union des 17 provinces des Pays-Bas. Joachim Dubellay publie sa Défense et illustra- tion de la langue française. Mort du pape Paul III. Élection de Jules III. 1550. Henri II rachète du comte de Warwick, qui avait remplacé le duc de Sommerset, la ville de Boulogne , dont Henri VIII s'était emparé en 1544. TEMPS MODERNES. 22; Ap. J.-C. La ville de Magdebourg rejette l'Intérim. Siège de cette ville par Maurice de Saxe. 1551. Trêve de Maurice de Saxe avec Magdebourg. — Son traité secret avec la France, signé à Fried- wald (oct.) . — Son adresse pour tromper Charles V, malade à Inspruck. — Renouvellement de la guerre entre le roi de France et Charles V. — Habile campagne du maréchal de Brissac dans le Pié- mont. — Octave Farnèse, menacé dans Parme par les Impériaux, se place sous la protection de la France. — Édit de Chateaubriand contre les réformés. Les musulmans, repoussés de Malte, occupent Tripoli, possession de l'ordre sur la côte d'Afrique. Ferdinand d'Autriche, redoutant l'ambition de l'archevêque Martinuzzi, à qui il avait confié le gouvernement de la Transylvanie, le fait, dit-on, assassiner. Le naturaliste Conrad Gesner commence à Zu- rich la publication de son Histoire des animaux. 1552. Le prince Maurice de Saxe marche contre Charles Quint. — Fuite des pères du Concile de Trente. — Dangers que court l'empereur. — Mé- diation de Ferdinand d'Autriche à Lintz. — Henri II s'empare des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun, villes d'empire (mars). Il échoue devant Strasbourg. — Trêve de 2 ans entre le pape, Henri II et Octave Farnèse, qui garde le duché de Parme. — En Toscane, Sienne se donne à la France. — Charles V se rapproche des lu- thériens par la transaction de Passau qui abolit l'intérim et accorde la liberté de conscience jusqu'à la prochaine diète. — Il met le siège de- vant Metz (31 oct.). Henri II institue les Présidiaux, nouveaux juges devant lesquels on pouvait appeler des sen- tences des baillis. — Arrêt du parlement qui dé- fend les écoles buissonnières , c.-à.-d. les écoles que les réformés tenaient dans la campagne. — Jodelle fait représenter sa Cléopâtre, première tragédie française, imitée des anciens. — Am- broise Paré est nommé chirurgien ordinaire du roi. En Angleterre, Warwick, duc de Northum- berland, fait exécuter son rival Sommerset. Ivan IV réforme la. discipline militaire et crée le corps permanent des Strélitz, archers qui se- ront bientôt armés du fusil. — Destruction de l'État tartare de Kasan. Victoire du corsaire Dragut sur André Doria devant Naples. — Progrès de Soliman en Hon- grie. 1553. Mort d'Edouard VI, à l'âge de 16 ans. — Le duc de Northumberland fait proclamer la femme de l'un de ses fils, Jeanne Grey, arrière-petite- fille de Henri VII. Marie Tudor, fille de Catherine d'Aragon, est reconnue par la nation. Northum- berland est exécuté. Captivité de Jeanne Grey et de son mari Dudley. — Marie, qui se montrera aussi zélée pour la religion catholique que son précédesseur l'avait été pour la réforme , se fait couronner par Gardiner, évêque de Winchester. — Richard Chancellor, cherchant une route plus courte aux Indes, par le N. E. de l'Europe, par- vient dans la mer Blanche à Arkangel. Charles V est contraint par le duc de Guise de lever le siège de Metz (janv.). — Destruction de Thérouanne par Charles V. — Attaque des Fran- çais et des Turcs contre la Corse, lie génoise. — Naissance de Henri IV à Pau. A Genève, Calvin fait brûler Michel Servet, jadis son ami, qui niait la Trinité. 1554. Mariage de Marie Tudor avec le fils de Charles V, Philippe. — Exécution de Jeanne Grey. — Régence de Marie de Lorraine, en Ecosse. Défaite de Strozzi, maréchal de France, à Mar- ciano et à Lucignano par le marquis de Marignan, Ap. J.-C. général de Charles V. — Défaite de Charles V devant Renty, à l'entrée de l'Artois, par Guise et Tavannes. Ivan IV soumet la principauté tartare d'Astra- kan. 1555. Capitulation de Sienne, héroïquement dé- fendue par Montluc. — Brissac fait d'importantes conquêtes dans le Piémont. — Assemblée de Bruxelles, où Charles V cède à son fils les Pays- Bas. Philippe en confie le gouvernement au duc de Savoie, Emmanuel Philibert, que les Français ont chassé de ses États. — Mort de Jules III. . Election de Paul IV qui forme avec la France une alliance offensive et défensive contre les Espagnols pour les chasser du royaume de Naples. ' Sanglantes persécutions dirigées par Marie Tudor contre les réformés. Cranmer meurt sur le bûcher. Fondation de la première église réformée de Paris. — Découverte par Bernard de Palissy du secret de l'émail dont on faisait usage alors en Italie pour fabriquer de beaux ouvrages de faïence. Charles V est forcé d'adhérer à l'acte de paix perpétuelle et de tolérance réciproque, rédigée par la seconde diète d'Augsbourg. Clause célèbre connue sous le nom de réservât ecclésiastique, par laquelle tout ecclésiastique, en se faisant pro- testant, devait résigner ses bénéfices pour rece- voir un successeur catholique. Cette clause, contestée depuis parles protestants, donna lieu à de nouveaux différends et par suite à de nouvelles guerres. 1556. Trêve de Vaucelles entre Charles V et Henri II. — Abdication de Charles V. Son fils Philippe a ses États d'Italie et d'Espagne; son frère Fer- dinand 1 er ses États d'Allemagne et l'empire; Charles V se retire dans le couvent de Saint-Just. — Efforts du pape Paul IV pour faire rompre la trêve. Commencement à Delhi du long règne de Mohammed Akbar, petit-fils de Babour, qui des- cendait du Mongol Tamerlan. 1557. Rupture de la trêve de Vaucelles. — Vaine tentative du duc de Guise contre le royaume de Naples, défendu parleducd'Albe. — Marie Tudor déclare la guerre à la France. — Bataille de Saint-Quentin gagnée sur le connétable de Mont- morency, qui est fait prisonnier par les Espagnols et les Anglais que commandait Emmanuel Phi- libert de Savoie. — Prise de Saint-Quentin, de Ham, du Catelet par les Espagnols. — Côme de Médicis prend possession de Sienne et l'annexe au duché de Toscane. Assemblée des calvinistes surprise à Paris dans la rue Saint-Jacques. 1558. Prise de Calais et de Thionville par le duc de Guise. — Défaite du maréchal de Termes par le comte d'Egmont à Gravelines. Mariage du dauphin François avec Marie Stuart. — Mort de Marie Tudor, reine d'Angleterre. Sa sœur Elisabeth lui succède. — Mort de Charles- Quint. 1559. Le parlement décerne à Elisabeth le titre de chef suprême de l'Église anglicane. Paix de Cateau-Cambrésis entre Henri II et Philippe IL Henri II conserve les Trois-Évêchés, avec Calais, et recouvre les villes perdues depuis la bataille de Saint-Quentin, mais il est obligé de rendre presque toutes ses autres conquêtes, tant dans les Pays-Bas qu'en Savoie et en Piémont. Elisabeth, sa fille, et Marguerite, sa sœur, épou- sent l'une le roi d'Espagne, l'autre le duc de Savoie. — Édit d'Ecouen, qui menace de mort les protestants. — Mort de Henri II, d'une bles- sure reçue au front en rompant une lance avec 15 226 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. Montgommery, dans un tournoi donné à l'occa- sion du mariage de sa sœur et de sa fille. — Avénenient de François II, âgé de 15 ans. Crédit des Guises, oncles de sa femme, qui ont à com- battre la reine-mère, Catherine de Médicis, une partie de la noblesse dirigée par Anne de Mont- morency, et enfin le parti calviniste conduit par Antoine de Bourbon, roi de Navarre, le prince deCondé, son frère, et l'amiral de Coligny. Anne Dubourg, conseiller au parlement, arrêté peu de temps avant la mort de Henri II, comme suspect d'hérésie, est pendu et brûlé en place de Grève. Amyot, précepteur des enfants de Henri II, traduit les Hommes illustres de Plutarque et les Amours de Daphnis et de Chloé. Philippe II donne le gouvernement des Pays- Bas à sa sœur naturelle, Marguerite, veuve du duc de Parme, qui aura pour conseiller le cardinal Granvelle, évêque d'Arras, ennemi zélé des héré- tiques. Mort de Paul IV, sous qui fut établie la congré- gation de l'Index pour la condamnation des ouvrages non orthodoxes. 1560. Elisabeth soutient avec des troupes, les prédi- cations de Jean Knox, le Calvin de l'Ecosse. — Mort de Marie de Lorraine, régente d'Ecosse. — Le parlement établit la religion presbytérienne. Il est désavoué par Marie Stuart. Philippe II transfère sa cour de Tolède à Madrid, qui devient la capitale de l'Espagne. Conjuration d'Amboise , formée par les calvi- nistes et les princes du sang contre les Guises; défaite et supplice des principaux conjurés. — L'Hôpital est nommé chancelier; il fait rendre l'édit de Romorantin qui attribue aux évêques la connaissance du crime d'hérésie et sauve ainsi la France de l'inquisition. — Convocation des états généraux, à Orléans ; arrestation et procès du roi de Navarre et du prince de Condé. — Mort de François II. Avènement de son frère Charles IX, âgé d*e dix ans. Régence de Catherine de Médicis. Elle éloigne les Guises et met en liberté les Bourbons. Mort d'André Doria , à Gênes , à l'âge de 92 ans. Mort de Gustave Vasa, roi de Suède. Son fils aîné Eric XIV lui succède. 1561. Retour en Ecosse de Marie Stuart qui a à lutter contre les prédications révolutionnaires des Calvinistes, surtout de Jean Knox. Le duc de Guise, le connétable de Montmo- rency , le maréchal Saint- André forment un trium- virat contre la politique du gouvernement. — Edit de Juillet qui prononce une amnistie générale, mais défend les prêches et les levées d'hommes. Les protestants y répondent par le premier synode national de Sainte-Foi. — Colloque de Poissy, où le cardinal de Lorraine et Lainez, disciple d'Ignace de Loyola, discutent avec Théodore de Bèze, disciple de Calvin. — Célèbre ordonnance d'Or- léans, rédigée par l'Hôpital, en grande partie d'après les demandes faites par les Etats généraux convoqués le 13 décembre de l'année précédente. Cette ordonnance, composée de 149 articles, est un des principaux monuments de notre ancienne législation. Gothard Kettler, grand maître de l'ordre de Livonie, embrasse la religion luthérienne, se marie et cède la Livonie à Sigismond Auguste, roi de Pologne. Il s'attribue des domaines de l'ordre, la Courlande et la Sémigalle, qu'il fait ériger en duché héréditaire sous la mouvance de la Pologne. 1562. Réforme des Carmélites par sainte Thérèse. Edit de Janvier, qui permet aux calvinistes Ap. J.-C. l'exercice de leur religion hors de l'enceinte de3 villes. — Troubles dans les provinces. Massacre de Vassy. Première guerre de religion. « Cession du Havre à l'Angleterre par les Huguenots. — . L'armée. des triumvirs reprend Rouen, où meurt Antoine de Navarre, et bat les protestants près de Dreux. Pie IV confie au savant Vénitien Paul Manuce , fils d'Aide, la direction d'une imprimerie établie au Capitule, pour reproduire les monuments des langues de l'Orient. 1563. Philippe II commence à faire construire le célèbre palais de l'Escurial. Assassinat de François de Guise par un gentil- homme huguenot, Poltrot de Méré, devant Or- léans. — Paix d'Amboise. Fin de la l rc guerre de religion. — L'armée royale reprend le Havre aux Anglais. Majorité de Charles IX. — Excommuni- cation lancée contre Jeanne d'Albret, reine de Navarre, pour ses croyances hérétiques. Fin du concile de Trente (4 décembre) . 1564. Maximilien succède à son père , Ferdinand 1 er , et se fait remarquer par sa tolérance. Voyage de Charles IX avec sa mère dans les provinces. — Edit de Roussillon qui réforme l'administration de la justice et fixe le commen- cement de l'année au 1 er janvier au lieu de la veille de Pâques. — Les Jésuites obtiennent à Paris des lettres de scolarité et ouvrent un collège avec cette inscription: Collège de la société de Jésus. — Catherine de Médicis pose la première pierre du palais des Tuileries, qui fut construit sur les plans de Philibert de Lorme et de Jean Bullant. Les Etats et les seigneurs des Pays-Bas solli- citent et obtiennent de Philippe II le rappel du cardinal Granvelle. Mort de Calvin. Mort de Michel- Ange, à l'âge de 90 ans. Vignole, son disciple, le remplace comme archi- tecte de Saint-Pierre.de Rome. On ie regarde comme le premier qui ait fixé les règles de l'ar- chitecture. 1565. Mariage de Marie Stuart avec Henri Darnley, son cousin. Édits de Philippe II contre les Mauresques. — Occupation des îles Manilles qui prennent le nom de Philippines. — Entrevue de Catherine de Médicis avec le duc d'Albe à Bayonne. Siège de Malte par les Ottomans , qui sont re- poussés par le grand maître Jean de La Valette. 1566. Henri Darnley assassine sous les yeux de sa femme le musicien Piémontais Rizzio, à qui Marie Stuart avait accordé sa confiance. Naissance de Jacques VI d'Ecosse. Le chancelier l'Hôpital met la dernière main à ses grandes réformes législatives par l'ordon- nance de Moulins qui traite de l'administration de la justice, du gouvernement des provinces, des finances, de l'Église, des corporations industrielles et de la police générale du royaume. — Mort du jurisconsulte Ch. Dumoulin, auteur du Commen- taire sur la coutume de Paris. 400 gentilsnommes des Pays-Bas signentle pacte ou compromis de Bréda, dans le Brabant, qu'ils adressent à Marguerite de Parme pour réclamer le redressement de leurs griefs. La cour de Philippe qualifie les pétitionnaires de Gueux, mot qui devint un nom de parti. Mort de Soliman II au siège de Zigeth en Hongrie. 1567. Bothwell, après avoir fait périr Darnley, con- , traint Marie Stuart à l'épouser. — Abdication for- cée de Marie Stuart. — Régence du comte de Murray, frère naturel de Marie. Insurrection des Pays-Bas. Philippe II remplace

Ap. J. C.
Marguerite de Parme par le duc d’Albe, qui établit à Bruxelles le tribunal appelé conseil des troubles par les Espagnols, et conseil de sang par les Brabançons.
2e guerre de religion en France. Condé et Coligny essayent de se rendre maîtres de la personne du roi. Ils surprennent Orléans et font une attaque sur Paris. — Défaite des huguenots près de Saint-Denis; le chef de l’armée royale, le connétable de Montmorency, est blessé mortellement dans ce combat. — Retraite des huguenots dans le Midi.
1568. Marie Stuart, retenue prisonnière au château de Lochleven, s’échappe, rassemble une armée de 6000 hommes, qui est battue à Langside, près de Glascow par le régent, et passe en Angleterre où Elisabeth la retiendra prisonnière.
Philippe II fait jeter en prison son fils don Carlos, qui est remis, comme prévenu d’hérésie, entre les mains de l’inquisition. Il meurt peu après. — Condamnation par le conseil des troubles des comtes d’Egmont et de Horn, dans les Pays-Bas. Ils sont exécutés. — Philippe II ordonne aux Mauresques de renoncer à leur idiome, à leurs noms, à leurs vêtements, à leurs usages, en un mot à tout ce qui pouvait les distinguer de ses autres sujets. Ils se soulèvent et choisissent pour roi un d’entre eux, Mahomet-Aben-Humeya.
Découverte par l’espagnol Mendana de Neyra, dans l’océan Pacifique, de l’archipel qu’il nomme îles de Salomon, à l’E. de la Nouvelle-Guinée.
Le vice-roi don Louis d’Ataïde arrive à Goa. Durant une administration vigoureuse de 4 années, il replacera l’Inde sous la domination portugaise.
Paix de Lonjumeau, qui met fin à la 2e guerre de religion. Les protestants font de la Rochelle leur place d’armes.
Catherine de Médicis, poussée par Pie V et Philippe II, renvoie l’Hôpital, et tente de s’emparer de Condé et de Coligny par un coup de main ; mais ceux-ci échappent et convoquent tous leurs partisans à la Rochelle. — Édit du roi qui n’autorise qu’une religion dans le royaume, et expulse tous les ministres protestants. Commencement de la 3e guerre de religion.
1569. Complot du duc de Norfolk pour délivrer Marie Stuart.
Victoire de Jarnac, près de la Charente, remportée sur les protestants par Henri d’Anjou, frère du roi ; Condé est assassiné après la bataille. — Défaite de Coligny à Moncontour, dans le Poitou, par Henri d’Anjou.
Pie V confère la dignité de grand-duc à Côme de Médicis.
Camoëns publie à Lisbonne le poëme épique des Lusiades.
Réunion définitive du grand-duché de Lithuanie à la Pologne.
1570. Assassinat du régent Murray, frère naturel et ennemi de Marie Stuart. — Pie V excommunie Elisabeth.
3e édit de pacification à Saint-Germain en Laye, qui accorde aux protestants l’entrée à toutes les charges et quatre places de sûreté : la Rochelle, Montauban, Cognac et la Charité.
Attaque dirigée par les Turcs contre l’île de Chypre, possession vénitienne.
1571. Jean-Sigismond, prince de Transylvanie, étant mort sans enfants, les États de Transylvanie élisent Etienne Bathori, qui rend hommage à la cour de Vienne, et paye tribut aux Turcs.
Après avoir opposé une longue résistance à don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles V, les Maures d’Espagne, qui ne veulent pas se soumettre, passent en Afrique.
Ap. J. C.
Grande victoire navale de Lépante remportée par don Juan d’Autriche sur les Ottomans, qui viennent de réduire l’île de Chypre.
Les chefs protestants viennent à Paris; mariage de Henri de Béarn et de Marguerite de Valois; Coligny obtient la faveur de Charles IX; il est question de lui confier le commandement d’une expédition en Flandre contre les Espagnols.
1572. 2e complot du duc de Norfolk pour délivrer Marie Stuart; il est exécuté. — Établissement de la taxe des pauvres.
Mort de Jean Knox ; le comte de Morton, de la famille des Douglas, est nommé régent d’Écosse.
Mort de Jeanne d’Albret. Catherine, jalouse de l’influence que Coligny exerce sur Charles IX, se rapproche d’Henri de Guise, et arrache à son fils l’ordre de la Saint-Barthélémy (24 août). — Mort de Coligny à Paris. — Abjuration du roi de Navarre et du prince de Condé. — Mort du philosophe Ranius. — Révolte des protestants à Sancerre, Montauban, la Rochelle; 4e guerre de religion.
Traduction des Œuvres morales de Plutarque, par Amyot.
Mort de Sigismond II Auguste, roi de Pologne. Avec lui finit la dynastie des Jagellons. Le trône de Pologne est rendu électif. Origine des Pacta conventa.
Bulle de Pie V, qui confirme l’institution des Sœurs de charité.
Dans les Pays-Bas. les gueux de mer enlèvent, dans l’île de Voorn, la ville de Briel ou la Brille, coup de main qui soulève la Zélande et la Hollande. — Le prince d’Orange est proclamé, dans les états de Dordrecht, stathouder des Provinces-Unies de Hollande, Zélande, Frise et Utrecht.
1573. Rappel du duc d’Albe. Le grand commandeur de Castille, don Louis de Requesens, le remplace dans le gouvernement des Pays-Bas.
Mort de Michel de l’Hôpital (13 mars). — Résistance de la Rochelle et de Sancerre aux armées royales. 4e édit de pacification (juillet).
Henri, duc d’Anjou, frère de Charles IX, est élu roi de Pologne.
1574. Formation du parti des politiques, composé des catholiques modérés, qui s’allient aux protestants, au nom de la liberté de conscience. Complot formé par le duc d’Alençon et Henri de Navarre ; il est découvert et déconcerté ; supplice de La Mole et Coconas. Commencement de la 5e guerre de religion. — Mort de Charles IX. — Henri III quitte furtivement la Pologne. — Mort du cardinal de Lorraine, frère du duc François de Guise.
1575. Sacre d’Henri III. Continuation de la guerre civile. — Le duc d’Alençon, s’étant échappé de la cour, est joint par toute la noblesse protestante et politique, et bientôt après par 20 000 reîtres et lansquenets que Condé amenait d’Allemagne. Henri de Guise, envoyé contre les rebelles, les bat à Dormans (11 oct.). Ce fut dans cette rencontre qu’il reçut à la joue gauche un coup d’arquebuse, dont la cicatrice le fit surnommer le balafré.
Torquato Tasso (le Tasse), de Sorrente dans le royaume de Naples, achève à 31 ans, durant son séjour à Ferrare, son poëme épique : la Jérusalem délivrée.
Étienne Bathori, prince de Transylvanie, est élu roi de Pologne à la place d’Henri de Valois.
1576. Avènement de l’empereur Rodolphe II.
Don Juan d’Autriche, frère naturel de Philippe II, succède à Requesens dans le gouvernement des Pays-Bas. — Sac d’Anvers par les Espagnols, dontles excès rapprochent les catholiques des réformés. Les Etats généraux des Pays-Bas.
228

CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. réunis à Bruxelles , proclament la pacification de Gand, par laquelle les provinces du nord et du midi se promettent secours contre les Espagnols. Henri de Navarre s'échappe et abjure la reli- gion catholique. — 5 e édit de pacification de Lo- ches ou de Beaulieu, qui donne aux princes des apanages, aux calvinistes la liberté de leur culte par tout le royaume, excepté à Paris, l'accès à toutes les charges, des chambres mi -parties dans les 8 parlements, 6 places de sûreté. — Forma- tion de la sainte-ligue , dont le premier formu- laire est signé à Péronne. — I e " Etats généraux de Blois. Dès les premières séances, les députés du parti huguenot quittent l'assemblée. Après des discussions longues et animées, la révocation de l'édit de Beaulieu est prononcée, et Henri III se déclare chef de la Ligue; de son côté, Henri de Navarre devient le chef du parti calviniste, et la 6° guerre de religion commence. Mort du Titien, le chef de l'école vénitienne, à l'âge de 99 ans. Etienne Bathori, roi de Pologne, se ligue avec les Suédois pour reprendre la Livonie aux Russes. 1577. L'Anglais Fr. Drake entreprend le tour du monde, qu'il accomplira en 1051 jours. 6° édit de pacification, dit de Bergerac ou de Poitiers. — Publication delà République de Jean Bodin. — Création d'un bureau des finances au- près de chaque recette générale pour la réparti- tion de l'impôt direct. Division de la France par généralités. 1578. Traité d'Elisabeth avec les confédérés des Pays-Bas. — Favorisé par la jalousie des sei- gneurs brabançons contre Guillaume, que les états . avaient nommé ruwaard (dictateur) du Brabant, don Juan d'Autriche gagne sur leur armée la bataille de Gembloux. Il meurt la même année; Alexandre Farnèse, prince de Parme, lui suc- cède. En France, création de l'ordre des chevaliers du Saint-Esprit. — Henri III pose la première pierre du Pont-Neuf à Paris. Expédition du roi de Portugal, Sébastien, en Afrique; il périt dans la grande bataille livrée à Alcaçar-Quivir, au sud de Tanger. — Avènement de son oncle, le cardinal don Henri, âgé de 67 ans. 1579. Les7provinces de Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldre avec Zutphen, Groningue, Frise et Over- Yssel contractent l'union a" Utrecht, par laquelle elles se constituent en république indépendante et fédérative sous le nom de République des Pro- vinces-Unies. Guillaume d'Orange en fut nommé stathouder, amiral et généralissime de toutes les forces de mer et de terre. Grande ordonnance de Blois, rendue d'après les cahiers présentés par les députés des États de Blois en 1576, et qui renouvelle ou complète les dispositions des ordonnances d'Orléans et de Mou- lins. Alphonse II, duc de Ferrare, Modène et Reg- gio, fait enfermer comme fou, dans l'hôpital de Sainte-Anne de Ferrare, le poète Torquato Tasso, qui s'était pris d'amour pour sa sœur Léonore. 1580. Mort du roi de Portugal, don Henri ; le fils naturel d'un de ses frères, don Antoine, grand prieur de Crato , se fait nommer roi. — Conquête du Portugal par le duc d'Albe. Guerre dite des amoureux entre les catholiques et les protestants. Siège de Nérac, Traité de Fleix. — Crédit de Joyeuse et d'Épernon. — Montaigne donne les deux premiers livres des Essais. Un chef de Cosaques, Iermak, commence la conquête de la Sibérie pour la Russie. Ap. J.-c. 1581. Philippe II est reconnu roi de Portugal par les Etats généraux de Tomar. — Expédition du duc d'Anjou dans les Pays-Bas. — Déclaration d'indépendance des Provinces-Unies. 1582. Le duc d'Anjou reçoit le titre de duc de Bra- bant à Anvers, et de comte de Flandre à Bruges. Fondation à Florence de l'académie de la Crusca. — Réforme du calendrier par le pape Grégoire XIII. Le calendrier grégorien remplace le calendrier julien. Traité de Kiewerowa-Horca entre la Pologne et la Russie. La première obtient la Livonie, et les villes de Derpt et de Novogorod. 1583. Le duc d'Anjou échoue devant Anvers. Succès d'Alexandre Farnèse, prince de Parme. Grands travaux duVéronais Joseph Scaliger sur la chronologie ancienne. 1584. Prise d'Ypres et de Bruges par Alexandre Farnèse. — Le prince d'Orange est assassiné à Delft par le Franc-Comtois Balthazar Gérard. — Gand se rend au prince de Parme, qui s'empare en outre de toute la Flandre, excepté Ostende et l'Ecluse. Commencement du siège d'Anvers. Mort du duc d'Anjou. Le calviniste Henri de Navarre devient alors l'héritier présomptif du trône. Henri de Guise, pour l'en écarter, conclut avec Philippe II la convention de Joinville, où le roi d'Espagne s'intitulait protecteur du royaume, le cardinal de Bourbon, oncle du Béarnais, pre- mier prince du sang, et les Guises, pères du peuple. Mort d'Ivan IV. Fédor I er , son fils, lui suc- cède. 1585. Prise d'Anvers par le prince de Parme. — Maurice de Nassau, 2 e fils de Guillaume, est promu à la triple dignité de son père, sous la protection armée de Leicester, favori d'Elisabeth, qui prend le titre et le rang de gouverneur gé- néral. Catherine de Médicis prend parti pour la Ligue, et force Henri de signer le traité de Nemours, qui proscrivait toute religion autre que la religion catholique. Sixte-Quint excommunie Henri de Navarre, et le déclare incapable de succéder au trône de France. — Formation à Paris du conseil des Seize, ainsi nommés de ce qu'ils avaient partagé la ville en 16 quartiers, pour mieux diriger la résistance à l'hérésie. 1586. Conspiration de Babington contre Elisabeth. Procès et condamnation à mort de Marie Stuart, comme ayant attenté à la puissance et à la vie de la reine d'Angleterre. — Jean Davis découvre le détroit qui porte son nom. Commencement de la 8 e guerre de religion, dite de.s trois Henri. 1587. Exécution de Marie Stuart (18 février). — Es- sai de colonisation deWalter Raleigh dans la Vir- ginie; il est sans résultat. — Elisabeth rappelle des Pays-Bas l'incapable Leicester. Les Espagnols s'emparent de Deventer et de l'Ecluse. — Maurice de Nassau dirige la guerre. Victoire de Henri de Navarre en Guyenne, à Coutras, sur l'armée royale commandée par le duc de Joyeuse. — Victoire de Henri de Guise à Vi- mori, près de Montargis, sur des Suisses et des Allemands qui devaient faire leur jonction avec le roi de Navarre. 1588. Expédition de Philippe II contre Elisabeth. L'invincible Armada est assaillie par deux tem- pêtes et la destruction en est achevée par Howard, Drake, Efi'ingham, Hawkins et d'autres habiles marins. Sur cette flotte se trouvait le fameuï poète Lope de Véga, qui devait chanter la vic- toire. TEMPS MODERNES. 229 Ap. J.-C. Entrée du duc de Guise à Paris, malgré la dé- fense du roi. Journée des Barricades. Fuite d'Henri III, qui cède à toutes les demandes de la Ligue et signe à Rouen l'édit d'Union, par lequel il se déclarait de nouveau chef de la Ligue, nommait le duc de Guise généralissime du royaume, s'engageait à en extirper l'hérésie, reconnaissait pour son successeur le cardinal de Bourbon et convoquait les seconds Etals de Blois. — Henri III fait assassiner le duc et le cardinal de Guise. — Agitation dans tout le royaume. Les ligueurs acceptent ouvertement le protectorat de l'Espagne. 1589. Mort de Catherine de Médicis, à Blois, à l'âge de 70 ans. — Mayenne est nommé par les Seize lieutenant général. — Henri III fait alliance avec Henri de Navarre. Siège de Paris. Assassinat d'Henri III à Saint-Cloud par le moine Jacques Clément. — Le roi de Navarre est salué sous le nom d'Henri IV. Les ligueurs proclament le car- dinal de Bourbon sous le nom de Charles X. — Défaite de Mayenne à Arques, près de Dieppe, par Henri IV. Traité de paix entre les Ottomans et le schah de Perse, Abbas, qui cède aux premiers 3 provinces, dont l'une était l'Arménie. 1590. Victoire de Henri IV sur Mayenne à Ivry. — Mort du cardinal de Bourbon. — Siège de Paris par Henri IV. Le prince de Parme le force à lever le siège. Mort du sculpteur Germain Pilon, de Jean Cousin, de Cujas, d'Ambroise Paré, de Bernard Palissy. Le schah Abbas choisit Ispahan pour sa rési- dence. 1591. Henri IV s'empare de Chartres et assiège Rouen. — Philippe II demande le trône de France pour sa fille, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, née d'Elisabeth de France, sa 3 e femme. — Les Seize terrorisent Paris. Mayenne rompt avec eux, et casse le conseil de l'Union. 1592. Henri IV, malgré l'avantage du combat d'Au- male, est contraint par Farnèse de lever le siège de Rouen. — Mort de Farnèse à Arras. Le jésuite Mariana compose en latin de 1592 à 1595, son histoire d'Espagne, qu'il a traduite lui- même en espagnol.— Clément VIII publie la pre- mière édition authentique et officielle de la Vul- gate, ou version latine de la Bible. 1593. Guerre entre l'Autriche et la Turquie. Les Ottomans se rendent maîtres de Sissek, boule- vard de la Croatie, malgré les succès de Monté- cuculli. Les Etats généraux, assemblés à Paris, com- battent les prétentions de Philippe II, qui veut imposer à la France sa fille pour reine, en lui donnant pour mari un archiduc. Ils déclarent qu'ils n'ont pas procuration pour changer la loi fondamentale du royaume. — Arrêt du parlement pour le maintien de la loi salique. — Abjuration solennelle de Henri IV à Saint-Denis. — La satire Ménippée, qu'on commence à imprimer à Tours, porte le dernier coup au parti de la Ligne. 1594. Prise de Raab par les Turcs sur les Au- trichiens. — Union des protestants à Heil- bronn. L'archiduc Ernest, frère de l'empereur Rodol- phe , est nommé par Philippe II gouverneur des Pays-Bas. — Maurice de Nassau est repoussé de- vant Bois-le-Duc et Maëstricht, mais il s'empare de Groningue. Henri IV se fait sacrer à Chartres. Paris lui est vendu par le gouverneur Brissac (22 mars) . Villars-Brancas livre Rouen, le Havre et la Haute-Normandie, mais se fait chèrement payer. Ap. J.-C. Attentat de Jean Chatel contre Henri IV (27 déc). — Les jésuites sont bannis du royaume par arrêt du parlement. Pierre Pithou publie les Libertés de l'Eglise gallicane. 1595. Henri IV -déclare la guerre à Philippe II. Il bat les Espagnols et les ligueurs à Fontaine-Fran- çaise. — Absolution d'Henri IV, obtenue de Clé- ment VIII par d'Ossat et Duperron. — Sully entre au conseil des finances. Mort du Tasse à Rome, où l'avait appelé Clé- ment VIII pour le couronner solennellement au Capitole. Paix de Narva, qui met fin à la guerre entre la Suède et la Russie. Des négociants d'Amsterdam forment une asso- ciation, sous le nom de Compagnie des Pays lointains, et Cornélius Houtman conduit aux Indes la première escadre hollandaise. 1596. Prise et pillage de Cadix par le comte d'Essex, beau -fils de Leicester. — Découverte de la Guyane par Walter Raleigh. — Hamlet de Sha- kespeare. Découverte de l'archipel des îles Marquises de Mendoza par l'Espagnol Mendana. Soumission du duc de Mayenne, gouverneur de la Bourgogne, de Joyeuse, gouverneur du Lan- guedoc, du duc d'Epernon, gouverneur de la Pro- vence. — Assemblée des notables à Rouen. 1597. Henri IV reprend Amiens sur les Espagnols, qui venaient de s'en emparer. Les Hollandais, cherchant par le nord-est de l'Europe le passage à la Chine, atteignent le Spitzberg. Réunion du duché de Ferrare à l'Etat de l'Eglise, après la mort d'Alphonse II d'Esté, qui ne laisse pas d'enfant. 1598. Mort de Philippe II (13 sept). Son fils Phi- lippe III lui succède. Crédit du ministre Sando- val, duc de Lerme. Henri IV reçoit la soumission du duc de Mer- cœur, qui occupait la Bretagne. — Editde Nantes qui assure aux protestants la liberté de conscience , l'exercice de leur culte dans les châteaux et dans un certain nombre de villes, l'admission libre à tous les emplois, une chambre mi-partie de ca- tholiques et de protestants dans chaque parle- ment, le droit de tenir des synodes, de lever des taxes, enfin plusieurs places de sûreté. — Paix de Vervins qui termine la guerre entre la France et l'Espagne. Mort du czar Fédor, dernier prince de la mai- son de Rurik. Boris Godunow , qui atuéDimitri, frère de Fédor , est nommé czar. 1599. Le comte d'Essex est chargé par Elisabeth du gouvernement de l'Irlande. Il est rappelé la même année. Mort de la maîtresse de Henri IV , Gabrielle d'Estrées , qu'il avait faite marquise de Monceaux et duchesse de Beaufort.— Le divorce de Henri IV avec Marguerite de Valois est consacré par une sentence pontificale. 1600. Maurice de Nassau essaye vainement de s'em- parer de la ville de Nieuport, que vient défendre l'archiduc Albert. Le duc de Savoie ayant refusé de restituer à la France le marquisat de Saluces, Henri IV envahit ses Etats. — Mariage de Henri IV avec Marie de Médicis. — Théâtre d'agriculture et du ménage des champs, d'Olivier de Serres. Le philosophe italien Jordano Bruno ^ qui avait été quelque temps dominicain, est brûlé à Rome, comme hérétique et violateur de ses vœux. La reine d'Angleterre, Elisabeth, accorde à une société de négociants anglais un privilège exclu- sif pour le commerce de l'Inde.

XVIIe siècle après Jésus-Christ.

SIÈCLE DE LOUIS XIV.

Meurtre de Henri IV par Ravaillac. — Régence de Marie de Médicis. — Etats généraux de 1614. — Avènement de la maison de Romanow en Russie. — Avènement de la maison des Stuarts en Angleterre. — Ministère de Richelieu. — Ministère d'Olivarès en Espagne sous Philippe IV. — Guerre de Trente ans. — Exploits de Gustave-Adolphe. — Victoires du grand Condé. — Paix de Westphalie. — Avènement de la maison de Bragance en Portugal. — Ministère de Mazarin. — Paix des Pyrénées. — Révolution dAngleterre. — Exécution de Charles Ier. — Protectorat de Cronrvvell. — Restauration de la maison des Stuarts. — Mort de Mazarin. — Louis XIV gouverne par lui-même. — Traité d'Oliva qui rétablit la paix dans le nord de l'Europe. — Paix générale. — Triomphe des idées de droit divin et du pouvoir absolu. — Eclat des lettres, des sciences et des arts dans presque tous les pays de l'Europe. — Ministère de Colbert ; ministère de Louvois, — Guerre dite du droit de dévolution terminée par la paix d'Aix-la-Chapelle. — Guerre de Hollande ; paix de Nimègue. — Apogée de la puissance de Louis XIV. — Chute de Jacques II. — Révolution de 1688. — Avènement de Guillaume d'Orange. — Ligue d'Augsbourg. — Paix de Ryswick. — Exploits de Sobieski contre les Turcs. — Etablissement du pouvoir absolu en Suède et en Danemark. — Guerre de la succession d'Espagne. — Paix d'Utrecht. — Commencement du règne de Pierre le Grand et de celui de Charles XII.

Ap. J.-C.

1601. Conspiration du comte d'Essex, à Londres ; il est exécuté.

Commencement du siège d'Ostende, par Albert d'Autriche ; il durera plus de 3 années.

Traité de Lyon entre Henri IV et le duc de Savoie, qui cède à la France la Bresse, le Bugey et le Val-Romey, mais garde le marquisat de Salaces.

Mort de l'astronome danois Tycho-Brahé, à Prague. Il avait eu pour disciple le célèbre Kepler.

1602. Conspiration et supplice du maréchal de Biron. — Publication d'un règlement sur l'exploitation des mines.

Entreprise manquée du duc de Savoie sur la ville de Genève.

Création, en Hollande, de la Compagnie des Grandes-Indes, qui a le monopole du commerce hollandais au delà du cap Magellan, et le droit de faire la paix ou la guerre avec les princes d'Orient, de bâtir des forteresses, de choisir les gouverneurs, etc.

1603. Mort d'Elisabeth, reine d'Angleterre. Avènement de Jacques VI, roi d'Ecosse et de la dynastie des Stuarts. Il prend le nom de Jacques 1er, roi de la Grande-Bretagne.

Henri IV rappelle les jésuites ; le P. Cotton est confesseur du roi. — Mort de Viète, qui est regardé comme le créateur de l'algèbre moderne. — Henri IV, par le ministère d'Olivier de Serres, introduit des plantations de mûriers et relève les manufactures de soie que François Ier avait établies en Languedoc, en Provence et à Tours.

1604. Conclusion de la paix entre l'Angleterre et l'Espagne. — Conférence d'Hamptoncourt, où Jacques Ier discute théologie avec les puritains.

Michel de Cervantes Saavedra commence la publication de son Don Quichotte de la Manche. — Prise d'Ostende par l'Espagnol Spinola.

Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil, qui avait obtenu du roi une promesse de mariage et avait été ensuite abandonnée, le comte d'Entragues, son père, le comte d'Auvergne, son frère maternel, les ducs de Bouillon et d'Epernon forment un complot contre Henri IV, qui fait grâce aux coupables. — Institution de la Paulette, ou droit annuel, qui vend les charges de judicature héréditaires dans les familles, moyennant le payement annuel du a soixantième denier de la finance


Ap. J.-C.


à laquelle lesdites charges avaient été évaluées. » Le premier fermier de ce droit annuel fut le traitant Paulet. — Conclusion par Henri IV avec le sultan Achmet d'un traité, dont l'article 4 porte « que toutes les nations de l'Europe, y compris les Anglais, pourront commercer librement dans le Levant sous la bannière et protection de la France, et sous l'obéissance des consuls français. » — On commence les travaux du canal de Briare pour faire communiquer, au moyen du Loing, la Seine et la Loire.

Les Polonais soutiennent contre Boris Godunow le moine Otrepief Gregori et le faux Dimitri.

Les Etats de Suède, assemblés à Norkœping, déposent Sigismond III, fils de Jean III, et le remplacent par son oncle, Charles de Sudermanie. Sigismond ne règne plus que sur la Pologne. Guerre entre les deux pays.

Les Transylvains, appuyés par les Hongrois, choisissent pour chef, contre l'empereur Rodolphe, Etienne Botskaï, protestant.

1605. Conspiration des poudres en Angleterre.

La Porte confirme à Etienne Botskaï le titre de prince de Transylvanie qu'il tient des Etats, et celui de prince de Moldavie et de Valachie que lui ont valu ses victoires.

Démêlé entre la république de Venise et le pape Paul V, au sujet : 1° de l'arrestation de deux ecclésiastiques emprisonnés pour crimes par l'ordre du conseil des dix ; 2° du renouvellement d'un ancien décret qui interdisait aux membres du clergé la faculté d'acquérir des biens-fonds ; 3° de la défense faite par le Sénat, en 1603, de bâtir de nouvelles églises sans sa permission expresse.

Le faux Dimitri se fait couronner à Moscou.

Mort de l'empereur mogol de l'Inde, Akbar, après un règne de près de 50 ans.

1606. Jacques Ier concède à deux compagnies maritimes de Londres et de Plymouth de grands privilèges pour le défrichement et la colonisation de la Virginie. Elles furent dissoutes, la lre en 1625, la 2e en 1637, sans avoir rien fait d'important.

Réconciliation de l'empereur Rodolphe avec ses sujets de Hongrie- et avec Etienne Botskaï, prince de Transylvanie. — Trêve de 20 ans avec les Turcs.

Le pape Paul V lance l'interdit sur la république de Venise. Le Sénat ordonne à tous les prêtres et moines de continuer à célébrer les offices divins. La désobéissance des jésuites, des théatins et des capucins les fait bannir des terres de la république, et les premiers n'y rentreront qu'en 1657.

Le faux Dimitri est renversé en Russie par le boyard Chouiski, qui est reconnu czar.

1607. L'Anglais Davis découvre le détroit qui porte son nom et une partie du Groenland.

Mort d'Etienne Botskaï. Les Transylvains, malgré la clause de réversion à la maison d'Autriche, contenue dans le traité conclu l'année précédente par Rodolphe avec Botskaï, choisissent pour prince Sigismond Ragotski, qui était protégé par les Turcs.

Henri IV réunit le Béarn à la couronne de France. — Il réconcilie Venise avec le Saint-siège.

Les Hollandais occupent Amboine et Tidor.

1608. L'union des princes protestants conclue à Heilbronn en 1594, confirmée à Heidelberg en 1603, fut renouvelée à Aschhausen sous le nom d'Union évangélique. Les confédérés reconnaissent pour chef l'électeur palatin.

Rodolphe II reconnaît son frère Mathias comme roi de Hongrie. — Abdication de Sigismond Ragotski, prince de Transylvanie. Gabriel Bathon lui succède. TEMPS MODERNES. 231 Ap. J.-C. Négociation d'un traité de paix par Anibroise Spinola pour l'Espagne, et par le président Jean- nin, ministre de Henri IV, pour les Provinoes- Unies. Opposition entre Maurice de Nassau, partisan de la guerre, et le grand pensionnaire Bamevelt, partisan de la paix. Fondation par Samuel de Champlain de la ville de Québec, sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Saint François de Sales donne son Introduction à la vie dévote. 1609. L'Anglais George Somers fait naufrage aux Bermudes et s'y établit. — Hudson commence dans l'Amérique septentrionale ses voyages, qui auront pour résultat la découverte du fleuve et de la baie qui portent son nom. L'empereur Rodolphe signe les fameuses lettres de majesté, grande charte des Bohémiens. Trêve de 12 ans entre les Provinces-Unies et l'Espagne. — Les Hollandais sont reçus au Japon. Un édit de Philippe III expulse d'Espagne les Maures, qui se retirent en Afrique, en Asie, et même en France. — Décadence de l'agriculture et de lïndustrie en Espagne. Ouverture de la succession de Clèves et de Ju- liers par la mort de Jean Guillaume, duc de Clèves, de Juliers et de Berg, comte de la Mark et de Ravensberg. et seigneur de Ravenstein, qui ne laisse pas d'enfant. Les difficultés soulevées par cette succession seront une des causes de la guerre de Trente ans. Galilée découvre le télescope. 1610. Les princes protestants renouvellent à Hall, en Souabe, l'Union évangélique. — Les trois élec- teurs ecclésiastiques, un grand nombre d'évêques, et le duc Maximilien de Bavière se liguent à Wurtzbourg pour la défense de leur commune religion. Le duc de Bavière est reconnu chef de la confédération. Assassinat de Henri IV par François Ravaillac, rue de la Ferronnerie, au moment" où ce prince se préparait à attaquer la maison d'Autriche. — Avènement de Louis XIII, âgé de 9 ans; Régence de Marie de Médicis, qui se laisse gouverner par l'Italien Concini et sa femme Léonore Galigaï. Galilée découvre à Padoue les 4 satellites de Jupiter et les taches de la lune. Publication de son Sidereus Nuntius. 1611. Mathias, frère de Rodolphe, est élu roi de Bohême. Le cardinal Pierre de Bérulle fonde la congré- gation de l'Oratoire de France, qui doit s'occuper surtout de l'enseignement. — Etablissement à Paris de l'ordre des Ursulines pouf l'éducation des jeunes filles. Le jésuite Bellarmin publie son ouvrage inti- tulé : De la 'puissance du pape dans les choses temporelles. Mort de Charles IX, roi de Suède. Avènement de son fils Gustave-Adolphe, âgé de 15 ans. Traité de paix entre la Perse et la Turquie. Le schah Abbas conserve Tau ris. Le P. Scheiner découvre les taches du soleil. Galilée lui dispute l'honneur de cette découverte. 1612. Mort de Rodolphe IL Mathias, déjà roi de Bohême et de Hongrie, est élu empereur. 1613. Mariage de la fille de Jacques I er , roi d'An- gleterre, avec l'électeur palatin Frédéric V, prince calviniste. Bethlem Gabor, appuyé par la Porte, se fait nommer prince de Transylvanie. Concini est créé maréchal d'Ancre. — Mort de Régnier, poète satirique. Paix de Knarœd, qui met fin à la guerre entre la Suède et le Danemark. En Russie, l'assemblée nationale proclame czar Ap. J.-C. Michel, âgé de 15 ans, fils d'un noble, Fedor Romanow, issu de Rurik par sa mère. 1614. Traité de Sainte-Menehould entre Marie de Médicis et le prince de Condé, chef des nobles révoltés. — Majorité de Louis XIII. — Ouverture des Etats généraux de Paris, les derniers avant ceux de 1789. — Louis XIII pose la première pierre du piédestal qui devait supporter la statue équestre de Henri IV, envoyée par le grand-duc de Toscane (2 août) . 1615. Manifeste du prince de Condé contre le ma- réchal d'Ancre. — Agitation des protestants. — Mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche, fille de PhilippelII. — Mariede Médicis fait commencer le palais du Luxembourg à Paris, sur les dessins de Jacques de Brosse. — Création du trésor des chartes. Godefroy et Dupuy en sont les premiers gardiens. — Salomon de Caus songe à utiliser la force élastique de la vapeur pour élever de l'eau chaude à une hauteur considérable. Les Hollandais Schouten et Lemaire découvrent le détroit qui porte le nom de ce dernier, à l'E de la Terre-de-Feu. 1616. Mort de Shakespeare. — L'Anglais Baffin vi- site la baie qui porte son nom. Paix de Loudun entre la cour et le prince de Condé, qui est arrêté peu après et enfermé à la Bastille. 1617. Jacques I er , roi d'Angleterre, essaye vaine- ment d'établir en Ecosse la religion anglicane. — Lutte du roi avec son parlement, qui est dissous. ■— La charge de garde des sceaux est donnée à François Bacon. Louis XIII fait tuer le maréchal d'Ancre. — Elé- vation d'Albert de Luynes. Disgrâce de Marie de Médicis, qui est reléguée au château de Blois. Armand Duplessisde Richelieu, évêque de Luçon, la suit dans son exil. =— Procès de la femme de Concini, Léonore Galigaï, qui est brûlée comme sorcière, par arrêt du parlement. — La France rétablit la paix entre l'archiduc d'Autriche et Ve- nise, en guerre depuis un an, parce que le pre- mier soutenait les Uscoques, qui exerçaient la piraterie sur la côte vénitienne de Dalmatie. Traité de Stolbova, par lequel le czar cède à Gustave Adolphe l'Ingrie et la Carélie. Mort du mathématicien écossais Napier, inven- teur des logarithmes. 1618. Commencement des troubles de Bohême cau- sés par la destruction des temples des protestants sur les terres ecclésiastiques de Prague et de Braunau. — Défenestration de Prague. Commen- cement de la guerre de Trente ans. En Angleterre, crédit de Georges Villiers, mar- quis de Buckingham, auprès de Jacques I er . Il remplace le favori écossais Robert Carr, duc de Sommerset. Le duc de Lerme, favori du roi d'Espagne, Philippe III, est renversé par son fils, le duc d'Uzeda, qui prend sa place. Conspiration des Espagnols contre Venise ; elle est déjouée, et l'ambassadeur d'Espagne, Bedmar, est chassé de la ville. A la mort d'Albert-Frédéric, son gendre, l'élec- teur de Brandebourg, Jean Sigismond, occupe le duché de Prusse, qui ne sera plus séparé del'élec- torat. 1619. Mort de l'empereur Mathias. Ferdinand II est élu et couronné empereur.— Les Etats de Bohême proclament roi l'électeur palatin, Frédéric V, cal- viniste. -— Invasion de la Hongrie par Bethlem Gabor, allié des rebelles de Bohême. Richelieu, secrètement d'intelligence avec Luy- nes, ménage une réconciliation entre Louis XIII et Marie de Médicis, qu s'était échappée de Blois 232 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. et qui était soutenue par d'Epernon. — Traité d'Angoulême . — Le prince de Condé est rendu à la liberté. — Lucilio Vanini, philosophe néo-pla- tonicien, est brûlé à Toulouse comme athée. Maurice de Nassau fait mettre à mort le grand pensionnaire Barnevelt. Fondation de Batavia, dans l'île de Java. 1620. Victoire des Impériaux, commandés parMaxi- milien,duc de Bavière, sur l'armée du prince palatin, Frédéric V, à la montagne Blanche, près de Prague. Béunion de la Navarre à la couronne. Création d'un parlement à Pau. La langue basque, qui était encore parlée exclusivement dans la basse Navarre, fut exclue de la procédure. — La guerre recom- mence entre Marie de Médicis et Louis XIII. Traité d'Angers par la médiation de Richelieu, à qui le chapeau de cardinal est promis par un article secret. 1621. Prise de Presbourg sur Bethlem Gabor parle comte de Buquoi , général de l'empereur. — Exécution en Bohême de 43 chefs de l'insurrec- tion. — Traité de Mayence par lequel l'union pro- testante, qui a déjà abandonné l'électeur Palatin, s'engage à licencier son armée. — Frédéric est mis au ban de l'empire. Il n'a plus pour lui que quel- ques chefs d'aventuriers : Ernest, comte de Mans- feld, Jean-George de Brandebourg, duc de Jagerndorff, George-Frédéric, margrave de Bade- Dourlach, et Christian de Brunswick. Mort de Philippe III. Avènement de son fils, Philippe IV. Crédit du comte d'Olivarès. — Fin de la trêve de 12 ans entre l'Espagne et les Pro- vinces-Unies. — Mort de l'archiduc Albert, gou- verneur des Pays-Bas espagnols depuis 25 ans. Le général Ambroise Spinola seconde sa veuve, l'infante Claire-Eugénie. De Luynes, qui vient d'être nommé connétable, conduit le roi contre les protestants révoltés. — Déclaration de la Rochelle « loy fondamentale de la république des églises réformées de France et de Béarn. » Rohan et Soubise dirigent l'insur- rection. — L'armée royale échoue devant Montau- ban. Mort du connétable de Luynes. Mort de Paul V. Élection de Grégoire XV. Sur la demande de Louis XIII, il érige la congréga- tion bénédictine de Saint-Maur qui s'est immor- talisée par ses travaux historiques. 1622. Premier numéro du premier journal régulier qui ait paru en Angleterre : Nouvelles de la Semaine, d'abord traduites du hollandais, rédi- gées par Nathaniel Butter. Paix de Niklasbourg conclue entre l'empereur Ferdinand et Bethlem Gabor. — Prise de Heidel- berg par les Impériaux commandés par Tilly. La bibliothèque de cette ville sera transportée en grande partie à Rome. En France, fin de la guerre contre les protes- tants. Lesdiguières abjure et est créé connétable. Édit de Montpellier. Les protestants ne pourront tenir d'assemblées que pour pures affaires ecclé- siastiques, mais gardent la Rochelle et Montau- ban à titre de places de sûreté. — Richelieu, par l'influence de Marie de Médicis, rentre au con- seil et est nommé cardinal. — L'évêché de Paris est érigé en archevêché. Grégoire XV fonde le collège de la propagande. Le sultan Othman II est renversé par les Janis- saires , qui le font étrangler au château des Sept- Tours. 1623. La diète confère la dignité électorale du comte palatin calviniste, Frédéric V, au duc de Bavière, son vainqueur, chef de la Ligue catholique. Ligue de la France avec Venise et le duc de Savoie , pour empêcher les Espagnols d'occuper la Valteline, qui sépare le Milanais espagnol du Tyrol autrichien Ap. J.-c. 1624. Bethlem Gabor renonce au titre de roi de Hongrie, mais reçoit de l'empereur Ferdinand III, outre la principauté d^ Transylvanie, les deux duchés de Silésie Oppelen et Ratibor. Le général espagnol Spinola assiège Bréda. — Maurice de Nassau essaye en vain de. surprendre Anvers. — Succès des Hollandais en Amérique : ils défont la flotte espagnole sur la côte du Pérou, près de Lima, et s'emparent de San-Salvador dans le Brésil. Entrée de Richelieu au conseil. Disgrâce de la Vieuville. — La France replace la Valteline sous la souveraineté des ligues Grises. — Balzac com- mence à publier ses Lettres, qui ont contribué à la formation de la prose française. Guerre entre les Turcs et les Perses. Les pre- miers assiègent vainement Bagdad pendant 5 mois. 1625. Christian IV, roi de Danemark, prend parti pour les protestants contre Ferdinand II. Com- mencement de la période danoise de la guerre de Trente ans. Mort de Jacques I er , roi d'Angleterre. Son fils, Charles I er , épouse Henriette de France, et, par le conseil de Buckingharn, déclare la guerre à Philippe IV, roi d'Espagne. En France, la guerre contre les protestants re- commence. Soubise tient la mer, tandis que son frère, Rohan, fait soulever le Languedoc. Mort de Maurice de Nassau, à la Haye. — Fré- déric-Henri, son frère, continue la lutte avec les Espagnols. — Prise de Bréda par Spinola après un siège de 10 mois. 1626. Victoire remportée sur l'Elbe, près de Dessau, par Wallenstein, général de Ferdinand II, sur Ernest de Mansfeld, qui combat pour le roi de Danemark. — Victoire de Tilly, général bava- rois, à Lutter, dans le duché de Brunswick, sur Christian IV, roi de Danemark. Charles I er dissout son parlement qui lui refuse des subsides pour la guerre contre l'Espagne. Il a recours à des emprunts forcés. — Mort du philo- sophe Bacon. Richelieu renouvelle le traité conclu à Mont pellier avec les Huguenots et met fin à la guerre de la Valteline par le traité de Monçon avec l'Es- pagne. — Le maréchal d'Ornano qui conspire avec Gaston d'Orléans contre Richelieu est arrêté et enfermé à Vincennes où il meurt peu après. — Conspiration du comte de Chalais qui est déca- pité à Nantes. — Mariage de Gaston d'Orléans avec Mlle de Montpensier. — Assemblée des nota- bles, tenue du 2 déc. de cette année au 24 février 1627. — Déclaration de Nantes qui ordonne le rasement des villes, châteaux et forteresses non situés sur les frontières. — Premier édit concer- nant l'établissement du jardin des Plantes, rendu sur les instances de J. Hérouard, médecin de Louis XIII; celui-ci, nommé surintendant du jar- . din, choisit pour intendant Guy de la Brosse, qui avait conçu le premier la pensée de fonder un établissement de ce genre. — Commencement des travaux de reconstruction de la Sorbonne dont Richelieu était proviseur depuis 1622. — Premier établissement formé par quelques marchands de Rouen à la Guyane, sur les bords du Sinnamari. — Formation d'une compagnie qui jette les fon- dements du premier établissement français au Sénégal, à 4 lieues dans le fleuve du même nom, sur une île qui fut appelée Saint-Louis. 1627. Des presbytériens anglais, fuyant le despo- tisme de l'épiscopat, fondent Boston dans la pro- vince de Massachusset. Éditqui supprime lesofficesde connétable et ami- ral de France. Le premier fut remboursé à Lesdi- guières, le second à M. de Montmorency. Ces TEMPS MODERNES. 233 Ap. J.-C. offices conféraient à ceux qui en étaient revêtus un pouvoir exorbitant qui annulait l'action do l'autorité centrale. Quelque temps après, le par- lement enregistra un autre édit qui conférait ai i cardinal de Richelieu la charge de grand mal Ire et surintendant de la marine et de la navigation. — Bouteville-Montmorency et le comte de Cha- pelles sont exécutés en place de Grève comme duellistes. — Suppression des États provinciaux du Dauphiné. — Nouvelle guerre contre les Hu- guenots. Commencement du siège de la Rochelle. — Formation d'une compagnie dite de la Nou- velle-France, dont le cardinal de Richelieu et le marquis d'Effiat sont déclarés chefs. Le P. Petau publie son grand ouvrage De doc- trina temporum. Le Hollandais Pierre Nuyts découvre • la côte S. 0. de la Nouvelle-Hollande. — Les Hollandais fondent en Guyane Essequebo. Mort du duc de Mantoue. Il a désigné pour son successeur son cousin, Charles de Gonzague, l'époux de sa nièce Marie, qui possède en France, le comté de Réthel et de Nevers. Ce prince sera soutenu par la France contre César de Gonzague , fils du duc de Guastalla, protégé de l'empereur. Trente mille familles s'exilent de Bohème à la suite d'un édit de Ferdinand II déclarant que les ca- tholiques jouiront seuls de l'exercice de leur culte. 1628. Buckingham périt assassiné au moment où il allait conduire une expédition au secours de la Rochelle. — L'Anglais Guillaume Harvey démon- tre la circulation du sang. Prise de la forte place de Bois-le-Duc par Henri de Nassau. La Rochelle, que Richelieu a enveloppée d'une circonvallation de 3 lieues et qu'il a séparée de la mer par une digue de 700 toises, est obligée de capituler. — Achèvement de l'hôtel de ville de Paris commencé en 1529. Siège de Stralsund par Wallenstein. Cette place soutenue par les villes hanséatiques et par les flottes du Danemark et de la Suède repoussent tous les assauts de l'ennemi. 1629. Christian IV, menacé dans ses États par Wal- lenstein, signe la paix de Lubeck avec Ferdi- nand II. — Édit impérial pour la restitution de tous les biens sécularisés par les protestants de- puis 1555 malgré le réservât ecclésiastique. — Indignation générale causée en Allemagne par les exactions de Wallenstein, chargé d'exécuter l'édit. Le Parlement anglais présente à Charles I er la pétition des droits, requête contre les prêts forcés au roi ou bienveillances , les arrestations et les détentions illégales, le logement des gens de guerre et les jugements par cour martiale. — Paix avec la France. Expédition de Louis XIII en Italie pour soutenir le parti français de Mantoue. 11 force le pas de Suse. — Paix d'Alais avec le duc de Rohan, chef des calvinistes. L'édit de pacification de Nîmes laisse aux protestants la liberté du culte et les tolère comme secte dissidente, mais leur enlève leurs places de sûreté, abolit leurs privilèges, leurs assemblées, leur organisation par églises, et les détruit comme parti politique. — Richelieu se fait donner le titre de premier ministre (llnov.). 11 se rend en Italie. Grande ordonnance de 1629, répondant aux principales demandes des Etats généraux de 1614 et des assemblées des notables réunies à Rouen, en 1617, et à Paris, en 1626. Cette ordonnance, 3ui est un véritable code, ne compte pas moins e 461 articles et embrasse toutes les parties de la législation. Elle est connue sous le nom de Code Michaud, du prénom de son rédacteur, Michel de Marillac. — Traités de commerce conclus par la France avec le Danemark, la Suède et la Russie. Ap. j.-c. Mort du poëte Malherbe. — Mèlite, première comédie de P. Corneille, âgé de 26 ans. 1630. Fin de la querelle entre la maison de Bran- debourg et la maison de Neubourg au sujet de la succession de Clèves et de Juliers. L'électeur Georges-Guillaume obtient le duché de Clèves et le comté de la Mark. — Dernière assemblée géné- rale des représentants de la ligue hansèatique à Lubeck. La diète de Ratisbonne, agissant sous l'influence des agents de Richelieu, Bruslart de Léon et Le- clerc de la Tremblay, connu sous le nom de père Joseph, capucin, obtient de Ferdinand II le renvoi de Wallenstein, devenu odieux à l'Allemagne par ses exactions. — Gustave-Adolphe, appelé par les protestants d'Allemagne et poussé par Richelieu, déclare la guerre à Ferdinand IL Commencement de la période suédoise de la guerre de Trente ans. Fondation des colonies de New-Hampshire et du Maine par la compagnie de Plymouth, dans la Nouvelle- Angleterre. Prise et pillage de Mantoue par les Impériaux. — Ferdinand II finit par reconnaître le duc de Nevers, Charles de Gonzague, comme duc de Mantoue et de Montferrat. Maladie de Louis XIII à Lyon, à son retour de la campagne d'Italie. — Intrigues de Marie de Médicis pour renverser Richelieu. Journée des dupes. Richelieu fait commencer le procès du maréchal de Marillac, impliqué dans le complot de la reine mère. — Les Etats provinciaux de Bre- tagne ne seront plus réunis que tous les deux ans à partir de cette année. — Règlement rédigé par le garde des sceaux, Michel de Marillac, qui constitue le conseil d'État à peu près tel qu'il resta jusqu'en 1789. — Établissement du Bureau d'adresses et des Consultations charitables , par Théophraste Renaudot. Établissements formés par les Hollandais dans 1 la Guinée et le Congo. Ils font la conquête d'une partie du Brésil sur les Espagnols. 1631. Traité d'alliance de la France avec Gustave- Adolphe. — Prise et sac de Magdebourg par Tilly. — Victoire remportée à Leipsick par Gustave- Adolphe sur Tilly. — Campagne brillante de Gus- tave qui parcourt, en conquérant, l'Alsace et la Souabe, et menace l'Autriche du côté de la Ba- vière. Kepler meurt dans la pauvreté à Ratisbonne. Il eut la gloire de découvrir les lois sur lesquelles repose l'astronomie moderne, lois qui portent son nom. Marie de Médicis, bannie de la cour, se retire à Bruxelles, où Gaston, chassé d'Orléans, de Bourgogne, puis de Lorraine, ira bientôt la re- joindre. Théophraste Renaudot publie, le 30 mai, le premier numéro de la Gazette, qui paraissait tous les jours en une demi-feuille petit in-4°de quatre pages, sur une seule colonne. — Gassendi fait la première observation du passage de Mercure sur le soleil. Le traité de Chérasco, conclu sous la médiation de Jules Mazarin, ministre du pape, affermit dans la possession de Mantoue et de Montferrat le duc Charles de Gonzague de Nevers, qui reçoit l'in- vestiture impériale. Le duc de Savoie, Amédéel 8r , recouvre tous ses États, moins Pignerol et les châteaux de Sainte-Brigitte et de la Pérouze, et obtient quelques villes du Montferrat. Traité de commerce entre la France et le Maroc, confirmé en 1635. 1632. Gustave-Adolphe force le passage du Lech ; Tilly est mortellement blessé : Gustave entre à Munich. — Ferdinand II rappelle Wallenstein, qui contraint Gustave-Adolphe à quitter la Bavière, le 234 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. suit en Saxe et lui livre, avec Octave Piccolomini, la célèbre bataille de Lutzen, où périt Gustave- Adolphe. Formation, dans l'Amérique du Nord, de la co- lonie de Maryland. A cette époque, les Anglais occupaient, dans les Petites-Antilles, la Barbade, Saint- Christophe, Mont-Serrat, Antigoa. Prise de Maestricht par les Hollandais. Galilée donne ses Quatre dialogues sur les sys- tèmes du Monde de Ptolémée et de Copernic. Ce fut cet ouvrage qui fut le prétexte de sa condam- nation. Exécution du maréchal de Marillac, condamné par une commission. — Prise d'armes de Gaston d'Orléans, du duc de Lorraine et du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc. — Dé- faite de Montmorency à Castelnaudary par Schom- berg; il est condamné à mort par le parlement de Toulouse et exécuté. 1633. Renouvellement de l'alliance entre la France et la Suède à Heilbronn. — Création du parlement de Metz (janvier). — Saint Vincent de Paul constitue en communauté les sœurs de la charité, qu'il avait déjà créées en 1617, au fond de la Bresse, dans la paroisse de Chàtillon-les-Dombes, sous le nom d'Association de la charité des sér- iantes des vauvres. Galilée est forcé d'abjurer, devant les inquisi- teurs de Rome, la doctrine astronomique de Co- pernic. 1634. Wallenstein est assassiné àEgra, en Bohême , par l'ordre de Ferdinand II. — Défaite des. Sué- dois à Nordlingen par le fils de Ferdinand IL Charles I er , roi d'Angleterre, qui depuis 1629 n'avait plus oonvoqué le parlement, établit pour l'entretien de la marine la taxe des vaisseaux (ship-money), de 20 shillings, qui sera la cause de l'emprisonnement d'Hampden, cousin d'Olivier Cromwell. — Mort à Londres du Hollandais Drebbel, inventeur du thermomètre à gaz. Louis XIII confisque une partie des domaines du duc de Lorraine. — Le parlement de Paris et le clergé de France déclarent nul le mariage de la sœur du duc avec Gaston d'Orléans. — Gaston d'Orléans fait sa soumission. — Grands jours, tenus à Poitiers, qui condamnent un grand nombre de nobles. — Supplice d'Urbain Grandier, curé de Loudun, accusé de sorcellerie. Les Hollandais enlèvent l'île de Curaçao aux Espagnols. 1635. Les Espagnols ayant pris Trêves et enlevé l'archevêque, qui s'était placé sous la protection de la France, Richelieu déclare la guerre à l'Es- pagne, alliée de l'Autriche. Commencement de la période française de la guerre de Trente ans. — .Traité de la France avec les Provinces-Unies pour le partage des Pays-Bas espagnols. — Châtillon et Brézé, vainqueurs à Avein, joignent le prince d'Orange. — Paix de Prague, conclue par Ferdi- nand II avec l'électeur de Saxe et l'électeur de Brandebourg. — Campagne de Rohan dans la Valteline; il soutient les Grisons contre les Es- pagnols. Lettres patentes pour l'établissement de l'Aca- démie française données en janvier de cette an- née, mais enregistrées au parlement seulement le 10 juillet 1637, après lettres de jussion et deux lettres de cachet. — Richelieu pose la première pierre de l'église de la Sorbonne. — Édit qui or- ganise d'une façon définitive le jardin royal des Plantes, sous la direction de Guy de la Brosse. — Mort du graveur Callot à Nancy. Création d'une nouvelle compagnie française qui prend le titre de Compagnie des îles de V Amé- rique. C'est à cette époque qu'il faut rapporter l'origine de nos établissements dans les iles de Ap. J.-C. la Martinique , de la Guadeloupe , de Saint- Domingue, etc. 1636- Prise de Corbie par les Espagnols. Terreur à Paris. Énergie déployée par le cardinal de Riche- lieu. Reprise de Corbie sur les Espagnols, qui évacuentla Picardie. — Grande victoire remportée à Witstoch sur les armées saxonne et impériale réunies par le général suédois Banne'r. Corneille donne le Cid. — Commencement de la réunion des Solitaires de Port-Royal-des- Champs. — Construction du Palais-Cardinal. Amurat IV essaye en vain de reprendre Érivan sur les Perses. 1637. Mort de l'empereur Ferdinand IL Avènement de Ferdinand III. La. tentative faite par Charles I er pour imposer la liturgie anglicane à l'Ecosse provoque dans ce pays une redoutable insurrection. Les rebelles se réunissent en covenant ou alliance armée. — Des Anglais, persécutés par les puritains intolérants du Massachussets , fondent dans la Nouvelle- Angleterre les colonies de Connecticut, de Rhode- Island et de la Providence. On peut rapporter à cette année l'établissement à poste fixe dans toutes les provinces de France, des Intendants de justice, police et finances. C'est là un des actes les plus considérables de l'admi- nistration de Richelieu. Ces fonctionnaires, nommés par le roi, révocables par lui, sortis des rangs de la bourgeoisie, entièrement dévoués au pouvoir central, contribuèrent puissamment à fonder la centralisation monarchique. — Descartes publie son Discours de la méthode. Mort du duc de Mantoue, allié de la France. Il a pour successeur son petit-fils, Charles II, âgé de 8 ans. La régente, la duchesse Marie, aban- donne la cause delà France pour celle de l'Espagne. — Mort du duc de Savoie Victor Amédée. La ré- gente, sœur de Louis XIII, a à lutter contre les frères de Victor, le cardinal Maurice et le prince Thomas, dévoués à l'Espagne. Commencement d'une longue et funeste guerre entre la Pologne et les cosaques de l'Ukraine, qui donnaient asile aux paysans polonais, que l'excès des impôts et des corvées obligeait à déserter leur patrie. L'entrée du Japon est interdite aux Portugais, à la suite de troubles attribués à la présence des Jésuites. 1638. Naissance du dauphin. — Mort du P. Joseph, conseiller intime de Richelieu. — Pierre Dupuy, de concert avec son frère Jacques, publie, sans nom d'auteur, son grand ouvrage des Libertés de l'Église gallicane. — L'abbé de Saint-Cyran, jan- séniste, est arrêté et mis au donjon de Vincen- cennes, où il restera jusqu'à la mort de Richelieu. — Vincent de Paul commence l'œuvre des enfants trouvés. Brillante campagne de Bernard, duc de Saxe- Weirnar dans l'Alsace. Battu par les Impériaux devant Rhinfeld, il les défait complètement trois jours après, et s'empare de Rhinfeld, Fribourg et Brisach. 1639. Le cardinal de la Valette, contraint la ré- ' gente de Savoie , qui voulait rester neutre entre l'Espagne et la France, à signer avec la France un traité d'alliance offensive et défen- sive. — Mort du duc de Saxe-Weimar, au mo- ment où il songeait à se créer une princi- pauté indépendante en Alsace; il était âgé de 36 ans. Son armée, achetée par la France, passa sous le commandement du comte de Guébriant, qui la conduisit en Allemagne. — Soulèvement des Nu-pieds de Normandie, réprimé cruellement par le colonel Gassion. — Les assemblées des pro- curateurs des communautés remplacent en Pro- TEMPS MODERNES. 235 A.p • u • - C . vence les Etats provinciaux. — Corneille donne Horace et Cinna. Deux victoires navales de l'amiral hollandais Tromp sur les Espagnols entre Nieuport et Dun- kerque. Galilée trouve les lois des oscillations du pendule. 1640. Le parlement de Rouen est interdit pour n'a- voir pas montré assez de sévérité contre les Nu- pieds. — Corneille donne Polyeucle. — N. Poussin est fait premier peintre ordinaire du roi. — Louis XIII, agissant sous l'inspiration de Riche- lieu, fonde au Louvre Y Imprimerie royale. — Succès de Banner sur les Impériaux en Misnie et en Lusace. — Les Fiançais prennent Arras , malgré les efforts multipliés du cardinal infant, de Beck et de Lamboi, pour sauver eette place im- portante. — Le comte d'Harcourt bat devant Casai le marquis de Leganez et reprend Turin. Charles I 01 ' convoque pour la 4 e fois le parle- ment, après un intervalle de 10 ans, pour en ob- tenir des subsides afin de faire la guerre aux Écossais révoltés. Le parlement, au lieu de voter les subsides, censure les excès de la prérogative royale et est dissous. — Succès des Écossais, qui traitent ensuite avec Charles I er . — Convocation du 5 e parlement (le long-parlement) . Insurrection de la Catalogue, du Roussillon et de la Cerdagne , qui se placent sous la protection de Louis XIII. — Le Portugal se détache de l'Es- pagne et se donne pour roi Jean IV, de la maison de Bragance. Les Hollandais enlèvent aux Portugais les comp- toirs de Malacca, très-importants pour le com- merce des épices et des drogueries. — Rembrandt de Leyde fleurit. — Mort de Rubens à Anvers. 1 6il . Mort du général suédois Banner à Halberstadt, des suites d'un poison lent qu'on lui avait donné à Hildesheim. Il aura pour successeur Torstenson. La Chambre des communes d'Angleterre met en accusation le comte de Strafford, ministre de Charles I er . Il est condamné à mort par la cour des Pairs et exécuté (12 mai). — L'archevêque de Cantorbéry, Laud, est arrêté. — Paix avec les Ecossais. — Massacre des Anglais établis en Ir- lande. — Mort de Van Dyck à Londres. Traité du comte de Soissons avec l'Espagne. Il est tué à la bataille de la Marfée, près de Sedan. — Alliance du Portugal avec la France. — Célèbre déclaration par laquelle Richelieu interdit au par- lement, d'une manière solennelle et, définitive , toute intervention dans les affaires d'État et d'ad- ministration. — Premiers louis d'or, dont les coins furent gravés par Nicolas Briot et Varin. 1642. Pendant que le comte de Guébriant mérite la dignité de maréchal de France par la défaite de Lamboi à Kempen, le général suédois Torstenson remporte sur les Impériaux la brillante victoire de Breintenfeld , et prend Leipsick. Louis XIII prend possession du Roussillon espa- gnol. — Complot de Gaston d'Orléans, du duc de Bouillon et |de Cinq-Mars avec l'Espagne ; il est découvert. Le duc de Bouillon est dépouillé de Sedan; exécution de Cinq-Mars et de son ami de Thou. — Retour triomphal de Richelieu mourant. — Mort de Marie de Médicis dans la misère, à Cologne. — Mort de Richelieu à Paris, au Palais- Cardinal (Palais-Royal) (4 déc). — Il a pour suc- cesseur l'italien Mazarin, cardinal. — Etablisse- ment français à Madagascar. Charles I* 1 ' quitte Londres. Commencement de la guerre civile. Le prince palatin Robert, neveu de Charles I er , bat le comte d'Essex à Edgehill et à Worcester. Découverte de l'île deVan-Diemen par le Hollan- dais Abel Tasman. Mort de Galilée. Ap. J.-G. 1643. Mort de LouisXIII. Avènement de Louis XIV, âgé de moins de 5 ans. Le parlement casse lé testament du roi , qui instituait un conseil de ré- gence, et nomme régente Anne d'Autriche. Ma- zarin est fait ministre. Victoire de Rocroy, remportée par le fils duprince de Condé, le duc d'Enghien, âgé de 21 ans, sur les Espagnols commandés par don Francisco de Melio (19 mai). — Commencement des négocia- tions, en Westphahe, pour la paix (10 juillet). Les plénipotentiaires de l'Empire , de la France , de l'Espagne et des princes catholiques se réunis- sentà Munster, sousla médiation du pape. D'autres plénipotentiaires de l'Empire, avec ceux de la Suède et des princes protestants, doivent traiter à à Osnabruck, sous la médiation du roi de Dane- mark. Continuation de la guerre civile en Angleterre. Victoire du comte d'Essex à Newbury sur l'armé9 royale. Disgrâce du duc d'Olivarès, ministre de Phi- lippe IV, roi d'Espagne. Don Louis de Haro lui succède. Découverte du baromètre par Torricelli. 1644. Victoire du duc d'Enghien et de Turenne à Fribourg, dans le Brisgau, sur les Impériaux commandés par Mercy. Prise de Philipsbourg et de Mayence. — Embarras financiers de Mazarin. Édit du Toisé. Résistance du parlement, qui n'enregistre les nouveaux impôts qu'avec beau- coup de difficulté. Défaite du prince palatin Robert, à Marston- Moor, par l'armée du parlement, que comman- daient le comte de Manchester, Fairfax et Crom- well, qui s'emparent d'York. En Chine, la dynastie Ming, qui durait depuis le XIV e siècle, est renversée par la race des Tar- tares orientaux, qui forme la dynastie mantehoue des Tsim ou Tay-Tsing, la 22° dynastie depuis les Hia, encore aujourd'hui régnante. 1645. Après avoir imposé au Danemark la paix de Bromsebro, qui donne aux Suédois plusieurs pro- vinces, le général suédois Torstenson se disposait à attaquer l'Autriche dans ses États héréditaires , lorsqu'il est forcé par la goutte de céder le com- mandement à Hermann Wrangel. — Leduc d'En- ghien, après avoir secouru Turenne, surpris par Mercy, bat avec lui les Impériaux à Nordlingen, en Bavière, où Mercy est tué. En Angleterre, exécution de l'archevêque Laud. — Influence de Cromwell, chef de la secte des Indépendants. — Défaite de Charles I er à Naseby, dans le comté de Northampton. Le peintre Murillo se fixe à Séville. Attaque dirigée par les Turcs contre l'île de Candie. 1646. Charles I er se livre aux Ecossais, qui né- gocient avec les Anglais pour le leur vendre. Prise de Courtrai et de Mardick par le duc d'Or- léans, de Dunkerque par le duc d'Enghien. — Le duc d'f nghien, Louis, succède au titre de son père Henri II, prince de Condé. 1647. Les Écossais livrent Charles I er aux commis- saires du parlement, pour la somme de 400000 li- vres sterling. Le prince de Condé échoue devant Lérida, en Catalogne. Des impôts excessifs provoquent à Naples un soulèvement contre le duc d'Arcos , vice-roi, sous la conduite d'un jeune pêcheur d'Amalfi, nommé Mas ou Tommaso Aniello, qui périt quelques jours après, assassiné par des agents du vice-roi. — Nouveau soulèvement des Napolitains, qui appel- lent à leur aide Henri de Lorraine, duc de Guise, qui se trouvait à Rome. Le duc de Guise se brouille avec l'homme le plus influent du parti 236 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. Im- populaire, Genoaro Annèse, qui ouvre les portes de la ville aux Espagnols. Publication à'Artamène ou le grand Cyrus, roman héroïque de Mlle de Scudéry. ■ — Remar- ques sur la langue française, par Vaugelas. — Création des académies "royales de peinture et sculpture. — Pascal publie ses Expériences tou- chant le vide, et fait exécuter peu après sa célèbre expérience du Puy-de-Dôme , qui met hors de doute la pesanteur de l'air. 1648. Victoire de Turenne et de Wrangel, à Som- mershausen, en Bavière, qui oblige l'Electeur à se séparer de l'Autriche. — Victoire de Condé, près de Lens, en Artois, sur l'archiduc Léopold. — Traité de Westphalie, signé à Osnabruck et à Munster, qui met fin à la guerre de Trente ans. . L'Espagne continue la guerre avec la France et le Portugal. — Par la paix de Westphalie, la France obtient l'Alsace, moins Strasbourg; la Suède, une partie de la Poméranie, Brème, Werden, etc., et 3 voix aux diètes de l'Empire: l'Electeur de Brandebourg, fondateur de la Prusse, Magdebourg, Halberstadt, etc. Le fils de Frédé- ric V recouvre le bas Palatinat et une 8 e dignité électorale fut créée en sa faveur. Les Provinces- Unies furent reconnues indépendantes de l'Es- pagne, et les cantons suisses le furent de l'Em- pire germanique. Avec cette paix finissent les guerres de religion et commence ce que l'on a appelé le système de l'équilibre européen. Charles I er , qui s'est enfui dans l'île de Wight, tombe entre les mains de Cromwell, qui le fait conduire à Windsor. Fin de l'insurrection de Naples. Le duc de Guise fait prisonnier restera 4 ans en Espagne. Mazarin exige de toutes les cours souveraines, le parlement excepté, quatre années de leurs gages en forme de prêt. — Le parlement refuse de profiter d'une grâce qui le rendrait odieux aux autres compagnies , et il donne son célèbre arrêt d'union avec le grand conseil, la cour des aides et la chambre des comptes. — Un comité, formé de députés des quatre cours souveraines, se réu- nit dans la chambre Saint-Louis et délibère sur tous les objets relatifs au gouvernement. — Le jour du Te Deum pour la victoire de Lens, la cour fait enlever le conseiller Broussel. — Soulè- vement dans Paris. Jour née des Barricades. Com- mencement de la guerre de la Fronde. E. Lesueur achève pour le couvent des Char- treux la série de tableaux représentant la vie de saint Bruno. — Mort de Voiture. 1649. Procès et condamnation de Charles I" par une commission de 133 membres, parmi lesquels étaient Cromwell et Ireton, son gendre. Il a la tête tranchée devant le palais de Whitehall. La Chambre des communes abolit la royauté et supprime la Chambre des pairs. La république est proclamée et Cromwell est nommé généralissime.— Le comte de Montrose proclame en Ecosse Charles IL Anne d'Autriche se retire à Saint-Germain avec ses deux fils, Mazarin, le duc d'Orléans et Condé. — Alliance du parlement avec les princes. — Condé assiège Paris. — Paix de Ruel qui termine la première Fronde. Christine de Suède, fille unique de Gustave - Adolphe, surnommée la Minerve du Nord, s'ef- force d'inspirer le goût des arts et de la paix à ses sujets, et s'entoure de savants étrangers, tels que Descartes, Grotius, Freinshemius, Saumaise, Huet, Vossius, Heinsius, etc. 1650. Le comte de Montrose est, par sentence du parlement d'Edimbourg, pendu et écartelé. — Massacres épouvantables ordonnés en Irlande par Cromwell. — Victoire de Cromvell à Dumbar, à l'E. d'Edimbourg, sur les Ecossais royalistes. — Ap.J.-C. Ussérius, savant prélat anglican, né à Dublin, donne ses Annales veteris et novi Testamenti. Exigences du prince de Condé. Refusé par Ma- zarin, il se rallie, avec le parti des petits-maîtres, aux Frondeurs, mais il est arrêté par surprise avec Conti et Longueville et conduit au Havre. — Prise d'armes des seigneurs dans la Normandie, dans la Bourgogne et dans la Guyenne. — Le vi- comte de Turenne, qui a pris parti pour la Fronde et qui a envahi la France avec les Espagnols , est battu près de Rethel par le maréchal de Plessis- Praslin. — Mort de Descartes . en Suède , à l'âge de 54 ans. — Mort de Vaugelas. Mort du stathouder Guillaume II, fils de Frédé- ric-Henri. Les Etats généraux, par les conseils de Cromwell, laissent vacantes les charges de ca- pitaine, d'amiral général et de stathouder. Les Hollandais occupent le cap de Bonne-Espérance. 1651. Charles II, couronné roi d'Ecosse à Scone, est battu par Cromwell près de Worcester. Il se retire en France. Acte de navigation, dirigé contre les Hollan- dais. En vertu de cet acte, aucune marchandise étrangère ne pouvait être introduite dans les ports d'Angleterre, à moins que le vaisseau qui la por- tait n'eût été construit dans un port anglais, n'appartînt à des sujets anglais et ne fût monté par des Anglais, au moins pour les trois quarts de son équipage. Cet acte était un coup mortel pour les Hollandais, qui étaient alors les courtiers ma- ritimes de l'Europe. Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, si connu sous le nom de cardinal de Retz, mécontent de ce que Mazarin tardait à lui donner le chapeau de cardinal, forme, avec le secours de la princesse palatine, Anne de Gonzague, une coalition entre les frondeurs et les partisans des princes détenus, pour obtenir leur délivrance. Le duc d'Orléans s'y joint. Mazarin quitte Paris et se retire à Cologne, après avoir rendu la liberté à Condé, Conti et Longueville qui viennent à Paris, où ils dominent le parlement. — Turenne se ré- concilie avec la cour. — Majorité de Louis XIV. 1652. Lutte sur mer entre les Hollandais comman- dés par Tromp et Ruyter et les Anglais comman- dés par Blake. Prise de Barcelone par don Juan d'Autriche; les Catalans font leur soumission. — Les Espa- gnols reprennent Gravelines et Dunkerque. Mazarin rentre en France. — Condé, vainqueur du maréchal d'Hocquincourt à Bleneau, repoussé à Gien par Turenne, arrive sous les murs de Pa- ris. Sanglant et inutile combat du faubourg Saint- Antoine entre Condé et Turenne. Le roi transfère à Pontoise le parlement et renvoie Mazarin. — Condé sort de Paris (18 oct.). Louis XIV y rentre le 21 ; 3 jours après, défense au parlement de s'occuper des affaires générales de l'Etat. — Condé passe à l'Espagne. On fait usage pour la première fois dans la diète de Pologne du lioerum veto, par lequel un seul nonce pouvait arrêter toutes les délibéra- tions. 1653. Dissolution du parlement par Cromwell. Un nouveau parlement de 144 membres nommés par ses officiers lui défère la dictature, avec le titre àeProtecieur. — Eléments de philosophie de Hob- bes, où il est établi qu'il n'y a d'autre droit que la force. Rentrée de Mazarin à Paris. — Innocent X con- damne les 5 propositions de Jansénius, évoque d'Ypres, sur la grâce et le libre arbitre. En Hollande, Jean de Witt est nommé grand pensionnaire. 1654. Fin de la guerre entre la Hollande et l'An- gleterre. — Les Espagnols, conduits par l'archiduc TEMPS MODERNES. 237 &p. J.-G. et par Condé, viennent assiéger Arras. Turenne force les lignes des assiégeants et les oblige à la retraite. — Louis XIV fait sa première campa- gne en Lorraine et prend Stenay. — La colonie française de Madagascar est transportée à l'île Bourbon. Les Portugais du Brésil, sous la conduite d'un négociant, Juan Fernandez de Viera, chassent les Hollandais. Abdication de Christine de Suède, en faveur de son cousin Charles X Gustave, gendre du duc de Holstein-Gottorp. A Inspruck, elle abjure le lu- théranisme; elle se retirera à Rome. — Retraite et mort du chancelier Oxenstiern. Otto de Guéricke, bourgmestre de Magde- beurg, présente la première machine pneuma- tique à l'empereur d'Allemagne à la diète de Ratisbonne. 1655. Les Anglais enlèvent la Jamaïque aux Espa- gnols. — Traité d'alliance de Cromwell avec Ma- zarin contre l'Espagne, à la condition que les fils de Charles 1 er sortiront de France. lis se retirent à Bruxelles. Mort du philosophe Gassendi, adversaire de Descartes; de Lesueur, de Balzac. Le Toscan Chigi est élu pape sous le nom d'A- lexandre VIL Charles X Gustave, roi de Suède, profite de l'anarchie qui désolait la Pologne pour attaquer Jean-Casimir, qui voulait, en qualité de Vasa, lui disputer le trône suédois. 1656. L'amiral anglais Blake enlève, près de Ca- dix, une flotte espagnole qui revenait de l'Amé- rique. Publication des Lettres provinciales de Pascal, à l'occasion de la condamnation en Sorbonne du docteur Antoine Arnauld, janséniste, de la Société de Port-Royal. — La Pucelle de Chapelain. — Le Gallia christiana des Frères Sainte-Marthe. Les Hollandais occupent l'île de Ceylan. — Le Hollandais Huyghens découvre avec le secours d'objectifs, qu'il avait construits lui-même, un satellite de Saturne. Traité de l'électeur de Brandebourg, Frédéric- Guillaume, avec Charles-Gustave de Suède, contre Casimir, roi de Pologne, qui est vaincu devant Varsovie. — Traité de Vilna, par lequel le czar recouvre Smolensk et les autres villes conquises en Russie par les Polonais sous Wladislas VII, et dont le traité de Wiasma leur avait confirmé la possession en 1634. Le czar passe alors du côté de Casimir, mais se rapproche bientôt après du roi de Suède. 1657. Le Danemark déclare la guerre à la Suède. Christine de Suède fait assassiner, à Fontaine- bleau, Monaldeschi, son grand écuyer et son amant. Fondation à Florence de l'académie del Cimenta pour la physique expérimentale, par le cardinal Léopold de Médicis. Traité de Wehlau par lequel Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg, fait reconnaître par le roi de Pologne l'indépendance de la Prusse du- cale, qui était depuis 1525 un fief de la Pologne. Le Hollandais Huyghens applique le premier le mouvement du pendule aux horloges. 1658. Mort de l'empereur Ferdinand III. Son fils Léopold lui succède. Bataille des Dunes, où Turenne défait les Espa- gnols commandés par don Juan d'Autriche et par Condé ; elle amène la prise de Dunkerque que les Anglais bloquaient par mer et qui leur fut remise, de Bergues, de Furnes, de Dixmude, d'Oude- narde, de Menin, d'Ypres; la Fer té prend Gr ave- lines. — Mazarin conclut la ligue du Rhin avec les puissances riveraines , pour empêcher l'empe- Ap. J.-C. reur Léopold de porter secours aux Espagnols des Pays-Bas. — En Italie, le duc de Mantoue quitte le parti de la France , mais il est attaqué par le duc de Modène resté fidèle. — Publication des Gesta Francorum d'Adrien de Valois, en 3 vol. in-fol. Mort de Cromwell à Whitehall, à l'âge de 55 ans. Richard, son fils, lui succède comme protecteur. Charles X Gustave, roi de Suède, impose à Fré déric III le traité de Roskild. Le roi de Danemark cède au duc de Holstein-Gottorp, beau-père de Charles-Gustave, ses droits de suzeraineté sur le duché de Slesvig, renonce à Drontheim en Nor- vège et à l'île de Bornholm. — Rupture du traité ; siège de Copenhague par les Suédois. Dans l'Inde, Aureng-Zeyb, descendant de l'em- pereur mogol Akbar, se fait couronner empereur à Delhi. 1 659. Richard Cromwell dissout le parlement qui l'a nommé protecteur (22 avril). — Les officiers de l'armée rappellent le Rump parlement (parle- ment croupion), qui entre aussitôt en lutte avec l'autorité militaire. Les Suédois, forcés de lever le siège de Co- penhague, conservent Helsingborg, sur la côte de Scanie, et Eronenbourg sur la cote de Seeland, les clefs du Sund. A la suite de conférences tenues dans l'Ile des Faisans , sur la Bidassoa, petite rivière qui sépare la France de l'Espagne, Mazarin et Louis de Haro, au nom de la France et de l'Espagne, si- gnent la paix des Pyrénées, qui donne à la France le Roussillon, la Cerdagne, l'Artois, moins Aire et Saint-Omer, etc.; à Louis XIV, la main de Marie-Thérèse, fille de Philippe IV, et des droits éventuels à la couronne d'Espagne, malgré la re- nonciation formelle de la princesse. Condé rentre en grâce; Charles-Emmanuel de Savoie recouvre ses domaines ; le nouveau duc de Modène fait la paix avec l'Espagne. Molière fait représenter à Paris les Précieuses ridicules. Invention du micromètre par Huyghens, qui découvre aussi la même année l'anneau de Sa- turne. 1660. Georges Monk, gouverneur de l'Ecosse, entre en Angleterre avec son armée et convoque un nouveau parlement qui rappelle Charles II. Boileau, âgé de 24 ans, commence à écrire des Satires. — Mort de saint Vincent de Paul. Mort de Charles X Gustave. Son fils, Charles XI, lui succède, à l'âge de 5 ans, sous la régence de sa mère Hedvige-Eléonore de Holstein-Gottorp et des cinq grands officiers de la couronne. — Les régents s'empressent de négocier pour terrninei la guerre générale du Nord. Ils concluent la paix d'Oliva, près de Dantzick, avec la Pologne, l'Em- pire et l'électeur de Brandebourg : la Pologne cède à la Suède la Livonie et l'Esthonie; celle de Copenhague avec le Danemark qui recouvre Drontheim, Bornholm, mais cède la Scanie, le Halland, la Bleckingie, l'île de Rugen. Les Etats assemblés à Copenhague défèrent à Frédéric III l'autorité absolue, et déclarent le trône héréditaire dans sa famille. En Espagne, mort du peintre Velasquez. Invention par les académiciens de Florence du thermomètre à alcool. 1661. Mort de Mazarin (9 mars). Louis XIV prend en main la direction des affaires. — Mariage de Monsieur, frère du roi, avec Henriette d'Angle- terre, sœur de Charles II (1 er avril). — Disgrâce du surintendant des finances, Fouquet. Colbert lui succède avec le titre et les fonctions de con- trôleur général. — Bossuet prêche pour la pre- mière fois devant Louis XIV dans la chapelle du 238 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. Louvre. — Le musicien Lulli. — Hardouin-Mansart et le Nôtre travaillent à l'embellissement de Versailles. Traité de paix entre la Hollande et le Portugal. Ce traité assure la propriété du Brésil entier au Portugal, qui s'engagea de son côté à payer aux Provinces-Unies huit millions en argent ou en marchandises. Traité de Kardis entre la Suède et la Russie, qui rend toutes les places qu'elle possédait encore en Livonie. 1662. Charles II fait accepter par le parlement le bill d'uniformité, qui exigeait de tout ministre l'ordination épiscopale. Saint-Barthélémy des pres- bytériens. — Mariage de Charles II avec la sœur du roi de Portugal, qui lui apporte en dot Tanger et Bombay. — Etablissements formés par des Anglais sur la côte de Coromandel, à Masulipatam et à Madras. Démêlés de la France avec Rome au sujet d'une insulte faite à l'ambassadeur le duc de Créqui. — A l'occasion d'une querelle entre le baron de Vatteville, ambassadeur d'Espagne à Londres, et le comte d'Estrades, ambassadeur de France, Louis XIV force Philippe IV à reconnaître la pré- séance de la France. — Achat de Dunkerque et de Mardik. — Mort de Pascal, à l'âge de 39 ans. — École des femmes de Molière. — Manufacture des Gobelins. 1663. La diète de Ratisbonne est rendue perpétuelle et limite la puissance de l'empereur. Formation de la colonie de la Caroline^ au sud de la Virginie. Expédition du duc de Beaufort contre les pi- rates d'Alger. — Louvois, fils de Michel Letellier, créé secrétaire d'État de la guerre, accomplit d'importantes réformes dans l'organisation de . l'armée. — Création de l'Académie des inscrip- tions et belles-lettres. — Etablissement des mis- sions étrangères. Les Hollandais enlèvent les comptoirs de Cananore et de Cochin sur la côte de Malabar aux Portugais, qui conservent encore Goa et Diu., L'Ecossais Grégory a la première idée du télescope à réflexion, qui fut perfectionné par Newton. 1664. Les Anglais chassent les Hollandais des nou- veaux Pays-Bas, qui deviennent les colonies de New-ïork el de New-Jersey. Six mille volontaires français, envoyés au secours de l'empereur Léopold contre les Turcs, se couvrent de gloire à la bataille de Saint-Gothard, gagnée par Montécuculli. Trêve de Temesvar entre la Porte et l'Autriche. Les Turcs conservent plu- sieurs places et maintiennent Abaffi, leur protégé, dans la possession de la Transylvanie. Le pape accorde satisfaction à Louis XIV. — Nouveau tarif dédouanes. — Colbert fait racheter par le gouvernement et concéder à une compa- gnie privilégiée les établissements fondés par des particuliers dans les Antilles. — Établissements formés à Cayenne, au Canada et dans la Guinée. — La France prend sous sa protection les bou- caniers établis dans la portion occidentale d'Haïti et leur envoie un gouverneur. — Charles le Brun est nommé premier peintre du roi. — L'ingénieur Riquet commence le canal de Languedoc. 1665. Victoire navale remportée par le duc d'York sur les Hollandais, en vue des côtes de Suffolk. — Peste de Londres (mai-déc.) . Mort de Philippe IV, roi d'Espagne. Avènement de Charles II, âgé de 4 ans. Crédit du jésuite, le P. Nithard, confesseur de la reine mère. — Grande victoire remportée par les Portugais sur les Espagnols à Villa- Viciosa, au N. E. d'Evora. Ap. J.-C Succès du duc de Beaufort sur les Algériens près de Tunis et près d'Alger. — Création du Journal des savants. — Commencement de la manufacture de glaces de Saint-Gobain. — Cl. Perrault commence la colonnade du Louvre. — Maximes du duc de la Rochefoucauld. — Mort du Poussin. — Mort de Fermât, conseiller au parlement de Toulouse. Il partage avec Descartes la gloire d'avoir appliqué l'algèbre à la géométrie. 1666. La France se joint à la Hollande contre l'An- gleterre. — Bataille navale, qui dure 4 jours, livrée par Ruyter et Tromp à la flotte anglaise. Incendie qui détruit une grande partie de Londres- Établissement en France de l'Académie des sciences. — Huyghens, savant hollandais, est appelé à Paris. — le Misanthrope de Molière. Mort du schah de Perse Abbas, qui avait reçu à sa cour le voyageur français Tavernier. Traité de Clèves qui règle d'une façon définitive le différend entre les maisons de Brandebourg et de Neubourg au sujet de la succession de Juliers. L'électeur, duc de Prusse, garde le duché de Clèves, le comté de la Marck et le comté de Ravensberg entre Minden et Munster; le duc de Neubourg a le duché de Juliers et le duché de Berg. 1667. Ruyter, avec la flotte hollandaise, pénètre dans la Tamise, s'avance jusqu'à Chatam et jette l'épouvante dans Londres. Paix de Breda. Les Anglais conservent en Amérique New- York et cèdent à la France l'Acadie. Surinam reste aux Hollandais. Disgrâce de Clarendon, ministre de Charles II, qui s'opposait aux prodigalités de la cour. — Ministère de la cabal. — Publication du Paradis perdu de Milton. Guerre entre la France et l'Espagne, au sujet des Pays-Bas espagnols, que Louis XIV réclamait, à l'exclusion de Charles II, en vertu du droit de dévolution suivi en Brabant, droit par lequel l'héritage était dévolu aux filles du 1" lit de préférence aux fils du second. Marie-Thérèse était dans ce cas à l'égard de Charles II. — Conquête de la Flandre en deux mois par Louis XIV, secondé par Turenne. — Commencement de la construction de l'Observatoire de Paris. — Créa- tion d'un lieutenant général de police : le premier, de la Reynie , fit beaucoup pour la sécurité et l'assainissement de Paris. — Rédaction de l'or- donnance civile par Pussort, oncle de Colbert, Lamoignon, Talon, Bignon. — Le Tartufe de Molière. — Andromaque de Racine. — Mort du géographe N. Sanson. Luttes des Polonais contre les Tartares et les Cosaques. Exploits du grand maréchal Sobieski, fils d'un Castellan de Cracovie. Siège de Candie par le grand vizir Achmet Koproli. Les Vénitiens sont appuyés par les Français et les Toscans. 1668. Triple alliance de l'Angleterre, de la Hollande et de la Suède, pour obliger la France à faire la paix avec l'Espagne. — Conquête de la Franche- Comté par Louis XIV et le prince de Condé en 17 jours. — Traité de Lisbonne qui met fin à la guerre entre le Portugal et l'Espagne ; celle-ci reconnaît la maison deBragance. — Traité d'Aix- la-Chapelle, qui laisse la Flandre à Louis XIV. — Conversion de Turenne par Bossuet, qui compose alors son Exposition de la Foi. — La Fontaine donne 6 livres de Fables. — L'Amphitryon de Molière. Les Plaideurs de Ranine. — Acta sanc- torum ord. s. Benedicti, par Mabillon; 1668-1702. 1669. Don Juan d'Autriche oblige la reine mère à éloigner le P. Nithard. TEMPS MODERNES. 239 Ap. J.-C. Ordonnance de Colbert sur les eaux et forêts. — L'astronome Cassini est attiré de Bologne par Colbert. — Mort d'Henriette de France, reine d'Angleterre; Bossuet, évêque de Condom, pro- nonce son oraison funèbre. — Le jésuite Bour- daloue commence à prêcher à Paris. — Epitre de Boileau au roi sur les Avantages de la paix. De 1667 à. 1674, il donne l'Art poétique en 4 chants. — Britannicus de Racine. — Picard et Auzout appliquent les lunettes aux instruments qui servent à mesurer les angles, ce qui a con- tribué à augmenter beaucoup l'exactitude des observations. Prise de Candie par les Turcs sur les Véni- tiens. 1670. Insurrection de la Hongrie sous la conduite de François Ragotzky. Mort de la duchesse d'Orléans, au retour d'un voyage auprès de son père, Charles II, qu'elle avait décidé à un traité secret contre la Hollande. — Le maréchal de Créqui occupe les États de Charles IV, duc de Lorraine, qui venait de négo- cier une ligue offensive et défensive avec les États généraux contre la France. — Publication de l'ordonnance criminelle. — Création de l'Aca- démie d'architecture. — Commencement de la construction de l'hôtel des Invalides. — Oraison funèbre de la duchesse d'Orléans par Bossuet qui est nommé précepteur du Dauphin. — Capi- tularia R. Francorum par Baluze. — Bérénice de Racine. — Le Bourgeois gentilhomme de Molière. — Le physicien Mariotte trouve la loi physique qui porte son nom. Les États de Hollande donnent la charge de capitaine général au prince d'Orange , Guillaume, âgé de 20 ans. — Le Hollandais Huyghens ap- plique le premier le ressort spiral aux montres. 1671. Fin de l'insurrection hongroise. L'empereur Léopold remplace la charge de palatin de Hongrie par celle de vice-roi. Fortifications construites par l'ingénieur Vauban dans les Pays ; Bas français. — Mort de de Lionne, secrétaire a'Etat des "affaires étrangères; il est remplacépar Pomponne. — L'Académie des sciences de Paris envoie à Cayenne l'astronome Richer pour observer la réfraction astronomique, la longueur du Pendule, la parallaxe de la Lune, de Mars et du Soleil, la position des constellations australes, les marées et les variations du baromètre. Lutte de Jean Sobieski contre les Cosaques, auxquels il enlève le pays entre le Bog et le Dnieper. 1672. Louis XIV, irrité contre les Hollandais, qui, pendant la campagne de Flandre, n'avaient épar- gné contre lui ni les négociations hostiles, ni les railleries injurieuses, leur déclare la guerre avec l'Angleterre. Il passe le Rhin, près de Tolhuys, dans la province de Gueldre, avec cent mille hommes, commandés par Conde, Turenne , Créqui, Luxembourg, Vauban , et s'avance jusqu'à Muyden, â 4 lieues d'Amsterdam. — Louvois fait rejeter les propositions de paix du grand pensionnaire Jean de Witt, qui est peu de temps après massacré avec son frère Corneille par la populace de la Haye. — Guillaume d'Orange, proclamé stathouder, organise la défense du pays. Les Hollandais arrê- tent les progrès des Français en ouvrant leurs écluses. — Ruyter livre un sanglant combat aux flottes française et anglaise réunies, près de Solbay. — Ligue formée contre Louis XIV, par l'empereur, le duc de Clèves, l'électeur de Brande- bourg, l'Espagne. Epître de Boileau au roi sur le Passage du Rhin. De 1672 à 1674 il donne le Lutrin. — Les Femmes savantes de Molière. — Fondation de l'Académie royale de musique par Lulli . Ap. J.-C. Les Cosaques, 'soutenus parles Turos, imposent à Michel Koributh, successeur de Jean-Casimir, la honteuse paix de Buczazen Gallicie, qui cède aux Ottomans Kaminiek, ville forte de Podolie, sur le Dniester , mais que la diète refusera de ra- tifier sur la proposition de Sobieski. 1673. Le parlement impose à Charles II le bill du test ou d'épreuve, par lequel tout officier public devait, outre les serments d'allégeance et de su- prématie, jurer qu'il ne croyait pas à la trans- substantiation. Le duc d'York, frère du roi, qui professait ouvertement la foi catholique, est obligé de se démettre des fonctions de grand amiral. Louis XIV rappelle ses troupes de Hollande, après la conquête de Maestricht. — L'électeur de Brandebourg, mécontent de ses alliés, conclut avec Louis XIV, à Vossem, en Brabant, un traité par lequel il promit de ne plus assister les Hol- landais, se réservant de défendre l'Empire s'il était attaqué. — Traité signé à la Haye contre la France entre l'Autriche, l'Espagne, la Hollande et le duc de Lorraine. 3 batailles navales indé- cises livrées à Ruyter par les amiraux de France et d'Angleterre. Ordonnance sur la législation commerciale. — Mithridate de Racine. — Construction de la porte Saint-Denis, à Paris, par Blondel. — Dictionnaire historique de Moréri. Victoire de Sobieski sur les Turcs devant Choczim, en Podolie. — Mort de Michel Koributh, roi de Pologne. 1674. Paix de Westminster entre l'Angleterre et la Hollande. — Conquête de la Franche-Comté par Louis XIV. — Sanglante bataille de Senef entre Condé et Guillaume d'Orange. — Invasion et ravage du Palatinat par Turenne. Invasion de l'Alsace par les Impériaux, qui sont battus par Turenne à Ensheim, près de Strasbourg, et à Mulhausen dans le Sundgaw. — Mort de Chape- lain. — De la recherche de la vérité par Male- branche. — Iphigénie de Racine. — Porte Saint- Martin par Bullet. Mort de Clarehdon; mort de Milton. Les Espagnols sont chassés de Messine.; qui se donne à la France. Jean Sobieski est élu roi de Pologne après un interrègne de plusieurs mois. 1675. Turenne, vainqueur à Turkeim, force les Impériaux à repasser le Rhin. — L'empereur oppose Montécuculli à Turenne , qui est tué d'un coup de canon en allant faire une reconnaissance près du village de Saltzbach. Retraite de l'armée sous de Lorges. — Défaite du maréchal de Créqui à Consarbruck. — Condé force Montécuculli à lever le siège d'Haguenau et de Saverne et le contraint à repasser le Rhin. Ce fut là le dernier exploit de ce prince qui se retire à Chantilly. — Le P. François de la Chaise devient le confes- seur de Louis XIV. — Retraite de la duchesse de la Vallière aux Carmélites de Chaillot. — Oraison funèbre de Turenne par Mascaron. Lutte de Charles XI, roi de Suède, allié de la France contre les Hollandais, les Danois et l'élec- teur de Brandebourg. Vaincu par ce dernier à Fehrbellin, Charles XI bat les Danois à Lunden en Scanie. Roemer découvre la propagation successive de la lumière solaire et en mesure la vitesse. 1676. La flotte française, commandée parDuquesne, rencontre la flotte hollandaise, commandée par Ruyter, entre les îles de Stromboli et de Salini. Après un long combat, où la victoire reste indé- cise, Duquesne jette du secours dans Messine. — Deuxième bataille entre Duquesne et Ruyter, de- van* le mont Etna (22 avril). Ruyter y est blesse mortellement. Il expire peu de jours apr:s 240 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. (29 avril) . — Duquesne achève de détruire dans un troisième combat près de Palerme les flottes espagnole et hollandaise. — Création du parle- ment de Besançon. — Exécution de la Brinvilliers, célèbre empofsonneuse. — Oraison funèbre de Turenne par Fléchier. Sobieski impose aux Turcsle traité deZurawnow, qui affranchit la Pologne du tribut promis par Michel Koributh, et lui rend une partie de l'Ukraine en laissant toutefois aux Turcs Kaminiek et des districts considérables de l'Ukraine et de la Podolie 1677. Louis XIV reprend en personne la guerre de Flandre (20 fév.) — Conquête de Valenciennes et de Cambrai sur l'Escaut. — Victoire du duc d'Or- léans sur le prince d'Orange au mont Cassel (] 1 avril) , reddition de Saint-Omer (20 avril) . — Prise de Fribourg, à l'E. de Brisach, par le maréchal de Créqui. — Phèdre de Bacine. Newton découvre le calcul infinitésimal, qu'il appelle calcul des fluxions, en même temps que Leibnitz trouvait le calcul différentiel. Charles II, roi d'Espagne, éloigne sa mère et prend pour ministre son oncle don Juan d'Au- triche. 1678. Prise de Gand par Louis XIV. Paix de Nimègue entre la France et la Hollande (10 août). La Hol- lande conserve tout son territoire et même Maes- tricht sur la Meuse. Paix entre la France et l'Es- pagne (9 sept.). — Louis XIV obtient la Franche- Comté, Valenciennes, Cambrai, Ypres, Saint-Omer. En Angleterre, agitation causée par la prétendue conspiration papiste dévoilée ou inventée par Titus Oates, successivement anabaptiste , anglican, catholique et tour à tour apostat de toutes ces religions. Glossarium médite et infimee lalinitatis de du Cange. — La Fontaine donne, en 1678 et 1679, 5 nouveaux livres de fables. — Conférence de Bos- suet avec le ministre protestant Claude. 1679. L'empereur et les autres princes de l'Alle- magne accèdent à la paix de Nimègue : Louis XIV conserve Fribourg. — Traité de Saint-Germain en Laye, par la médiation de la France, entre la Suède, le Danemark, le Holstein-Gottorp et le Brandebourg. L'électeur rend aux Suédois tout ce qu'il leur avait enlevé dans la Poméranie. Le roi de Danemark leur restitue Wismar, l'île de Ru- gen, etc. Charles II dissout le parlement, avec lequel il avait gouverné depuis 1661. La nouvelle assem- blée, plus opposée encore aux vues du roi, con- traint le duc d'York, attaché au catholicisme, à sortir du royaume, et fait accepter le célèbre bill à'Habeas corpus, devenu depuis, en Angleterre, la sauvegarde de la liberté individuelle. — Les partis commencent à se désigner par les noms de Whigs et de Torys, les premiers attachés aux idées constitutionnelles, les seconds à la royauté. En France, le ministre de Pomponne est dis- gracié comme janséniste 3 il a pour successeur de Croissy, frère de Colbert. — Institution de la con- grégation des frères des écoles chrétiennes par de la Salle, chanoine de Reims. 1680. Mariage du dauphin avec la fille de l'électeur de Bavière. — Le titre de Grand est décerné à Louis XIV. — Etablissement à Brisach et à Metz des chambres dites de réunion, pour déterminer les anciennes dépendances des Trois-Evèçhés et de l'Alsace, qui devaient être réunies à la France. — Des colons du Canada s'établissent dans la Loui- siane. Halley propose de substituer le mercure à l'al- cool dans la construction du thermomètre. 1681. Bombardement d'Alger par Duquesne. — Louis XIV, en vertu des décisions des chambres Ap. J.-C. de réunion, s'empare des duchés de Veldentz et de Deux-Ponts, des principautés de Saarbruck, de Saarwerden et de Montbelliard, etc. , de la ville de Strasbourg, et bientôt après de celles de Cour- trai, de Dixmude et de Luxembourg. — Le duc de Mantoue, Charles IV, est obligé de vendre à Louis XIV la forte ville de Casai, capitale du Montferrat. — Ordonnance sur la marine et le commercé maritime. — Le canal du Languedoc est ouvert à la navigation (19 mai). — Le savant Mabillon, bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, publie son grand ouvrage De Re diplomatica. 1682. La secte des quakers, qui a pour chef Guil- laume Penn, s'établit au nord delà Virginie et du Maryland, entre le fleuve de la Delaware à l'E. , et le lac Erié à l'O. Les colons jouissent d'une liberté entière de conscience et de religion. Malgré le rétablissement de la dignité palatine et de toutes les institutions nationales par l'em- pereur, l'insurrection hongroise persiste; elle est ' dirigée par le comte Emeric Tekeli, qui a épousé la veuve de François Bagotzky, et appuyée par les Turcs. En 1673, Louis XIV avait étendu la régale à tous les diocèses du royaume : deux prélats, les évêques d'Alet et de Pamiers, refusèrent de se conformer à cet édit. Le pape Innocent XI ayant approuvé leur conduite, le roi lui opposa en 1682 la décision de l'assemblée du clergé, qui adhéra unanimement à l'extension de la régale. Cette as- semblée est également célèbre par la Déclaration du clergé de France formulée par Bossuet en quatre articles, à savoir : 1° le pape n'a aucune autorité sur le temporel des rois ; 2° le concile général est au-dessus du pape ; 3° l'usage de l'au- torité pontificale doit être réglé par les canons ; 4° le jugement du pape n'est infaillible qu'après le consentement de l'Eglise. Cette déclaration fut en- registrée au parlement le 23 mars.— La machine de Marly est terminée. Louis XIV s'établit tout à fait à Versailles. — Les Français occupent l'île de Tabago. — Compagnie de cadets pour la noblesse. — Ecoles d'artillerie. Mort du czar Fédor II, sans postérité. 'Ivan Vet Pierre I"', le premier faible d'esprit et presque aveugle, le second à peine âgé de 10 ans, suc- cèdent à leur frère sous la tutelle de Sophie, leur sœur, qui s'appuie sur la milice des strélitz. Crédit du ministre Galitzin. Diète de Stockholm, où les trois ordres accor- dent l'autorité absolue à Charles XI. 1683. Charles II punit rigoureusement, avec l'aide do Georges Jeffrys, lord-chef de justice, les au- teurs d'un complot tramé contre le duc d'York. Exécution de Russell et de Sidney. Le duc de Montmouth et lord Shaftesbury échappent aux poursuites. Le roi de Pologne, Sobieski , sauve la ville de Vienne menacée par les Turcs. Ingratitude de l'empereur Léopold envers les Polonais, qui n'ob- tiennent même pas la permission d'hiverner en Hongrie, et qui reviennent à Cracovie au milieu des glaces et des neiges. Duquesne bombarde deux fois Alger et délivre les chrétiens français. — Mort de la reine Marie- Thérèse. Bossuet prononce son oraison funèbre. — Mort de Colbert. Son fils Seignelay est secré- taire d'Etat de la marine. — Les Français acquiè- rent Pondichéry. 1 684. L'empereur, le czar, le roi de Pologne et Ve- nise se liguent contre les Turcs. Une escadre, conduite par Seignelay, ministre de la marine, et par Duquesne, bombarde et brûle en grande partie la ville de Gènes, qui avait vendu des munitions aux Algériens. — Trêve de vingt ans signée à Ratisbonne entre la France, l'Espagne TEMPS MODERNES. 241 Ap. J.-C. et l'Empire. — Ambassadeurs du roi de Siam à Versailles. — Mort de P. Corneille (17 fév.). 1685. Mort de Charles II. Son frère Jacques II lui succède à l'âge de 52 ans. — Le duc de Monmouth, fils naturel de Charles II, aidé du duc d'Argyle, dispute la couronne à Jacques II. Tous deux sont f>ris et exécutés. — Le lord-chef de justice, Jef- rys, couvre l'Angleterre d'échafauds et devient chancelier. Le doge de Gênes fait réparation à Louis XIV à Versailles. — D'Estrées bombarde Tripoli et me- nace Tunis. — Révocation de l'édit de Nantes (22 oct.). — Code noir, qui règle la condition des esclaves aux colonies. Succès des Impériaux contre les rebelles hon- grois et les Turcs. La forteresse de Neuhausel est reprise à la suite de la bataille de Strigonie, ga- gnée par le duc de Lorraine. En Russie, révolte de la milice des strélitz, dont Sophie a fait tuer le chef sans procès. — Les boïards et les gentilshommes protègent les princes Ivan et Pierre. 1686. Guillaume de Nassau, prince d'Orange, orga- nise contre Louis XIV la ligue d'Augsbourg. qui comprenait l'Empire, l'Espagne, la Suède, la Hol- lande, la Bavière et quelques autres Etats. Ambassade solennelle envoyée par Jacques II à Innocent XI. Édit qui érige en parlement le conseil souve- rain institué par Louis XIV à Tournai en 1668. Ce parlement sera transféré à Douai en 1713. — Institut des dames de Saint-Louis à Saint-Cyr, pour les filles de noblesse pauvre, sous la direc- tion de Mme de Maintenon. — Mort du prince de Condé. Le duc de Lorraine emporte d'assaut la ville de Bude, ancienne capitale de la Hongrie, et, depuis le temps de Zapoli, le siège de la puissance otto- mane dans ce pays. — Succès des Vénitiens en Morée. Victor-Amédée II, duc de Savoie, poussé pa Louis XIV, persécute les Vaudois. Le roi de Pologne, Jean Sobieski, achète l'al- liance du czar contre les Turcs, en lui cédant, par le traité de Moscou, Smolensk, Belaia, Doro- gobusch, Tschernigow, Starodub, Nowgorod- Severskoi, tout le pays appelé la petite Russie, et même la ville de Kiovie en deçà du Borys- thène. 1687. Réception faite par Jacques II au nonce du pape. Abolition du test. Les évêques récalcitrants sont emprisonnés. — Guillaume de Nassau se pré- pare à détrôner son beau-père. — Asservissement des colonies anglaises de l'Amérique du Nord à la métropole. Le roi se réserve la nomination aux principales charges et réglemente souverainement le commerce et la navigation- — Newton publie en latin ses Principes mathématiques de la philo- sophie naturelle. C'est dans cet ouvrage que se trouve exposé le système du monde. Répression cruelle de l'insurrection hongroise. — Grande victoire remportée à Mohacz, sur les Turcs, par le duc de Lorraine. — Les Etats de Presbourg déclarent la couronne de Hongrie hé- réditaire dans la maison d'Autriche. Léopold cède cette couronne à son fils aîné Joseph, âgé de 9 ans. Innocent XI veut abolir les franchises dont jouissait à Rome l'ambassade française, au détri- ment de la police de la ville. Louis XIV s'y op- pose et rompt avec le saint-siége. — Le château de Versailles est achevé. — Les Caractères de la Bruyère. — Bossuet prononce l'oraison funèbre du grand Condé. — Mort de Lulli. 1688. Louis XIV fait occuper le Palatinat. Guillaume d'Orange débarque àTorbay, dans le Ap. J.-C. Devonshire. Jacques II, abandonné par ses deux filles, trahi par son premier ministre Sunderland et par Churchill, duc de Marlborough , délaissé par ses troupes, s'enfuit secrètement de son palais et se retire en France. Révolution de 1688. Continuation de la guerre entre les Turcs et les Impériaux en Hongrie; ces derniers prennent Albe-Royale et Belgrade. Fondation de Chandernagor. — Histoire des va- riations des Eglises protestantes par Bossuet. — Mort de Duquesne; de Quinault. 1689. Louvois fait incendier le Palatinat. Jacques II, ramené en Irlande par une flotte française, échoue devant Londonderry._ — Con- quête de i'Acadie par les Anglo-Américains de Massachussets, Connecticut et New-York. . Le Parlement d'Angleterre déclare le trône va- cant, y appeUe Guillaume III d'Orange et sa femme, Marie, et leur fait signer l'acte célèbre de la déclaration des droits, qui détermine avec précision les droits de la nation et ceux du trône. Fénelon est chargé de l'éducation du duc de Bourgogne. — Esther de Racine. A la suite d'un complot tramé par Sophie con- tre ses jours, Pierre I e la relègue dans un cou- vent, punit du dernier supplice les principaux chefs des séditieux strélitz et reste, à 17 ans, seul maître de l'empire. Crédit du Genevois Lelort. 1690. Le duc de Savoie s'allie avec l'Espagne et l'empereur contre la France. — Victoire du ma- réchal de Luxembourg dans les Pays-Bas, à Fleu- rus. — Jacques II est battu à Drogheda, sur la Boyne, au nord de Dublin, par Guillaume III. — Victoire de Catinat à Staftarde sur le duc de Savoie. Le philosophe anglais Locke , qui avait donné , l'année précédente, une Épître sur la tolérance, publie son Essai sur V entendement humain, et son Traité sur le gouvernement civil, où il com- bat les partisans du droit divin. Négociations de Bossuet avec Leibnitz pour la réunion des Églises. — Mignard remplace Lebrun comme premier peintre du roi. — Denis Papin, de Blois, donne dans les Actes de Leipzig ,' en latin, un mémoire ayant pour titre : « Nouvelle manière de produire à peu de frais des forces mouvantes extrêmement grandes. » Papin a ima- giné la première machine à vapeur et à cylindre. Il a vu le premier que l'action de la force élasti- que de la vapeur pouvait être combinée, dans une même machine à feu, avec la propriété dont cette vapeur jouit, et qu'il a signalée, « de se recondenser si bien par le froid qu'il ne lui reste plus aucune apparence de force de ressort. » Enfin il a compris toute la portée du moteur universel qu'il avait imaginé et a explicitement indiqué la navigation à vapeur. 1691. Catinat enlève au duc de Savoie Villefranche, Nice, Montmélian. — Prise de Mons par Louis XIV. — Victoire de Luxembourg à Leuze, au nord de Condé, sur le prince de "Waldeck. Mort de Louvois (16 juillet). — Athalie de Racine. Bataille indécise de Salenkemen, au N. 0. de Belgrade, entre les Impériaux et les Turcs. 1692. Défaite glorieuse de Tourville à la Hogue, près de Cherbourg. — Prise de Namur par Louis XIV. — Victoire de Luxembourg à Stein- kerque, au N. de Mons, sur Guillaume d'Orange. Création, en Allemagne, d'un neuvième élec- torat en faveur d'Ernest- Auguste, duc de Ha- novre. Pierre le Grand fait construire par un Hollan- dais, au port d'Arkhangel, un vaisseau de grande dimension, avec lequel il navigue sur la mer Blanche. 16 Ap. J.-C.

1693. Victoire de Luxembourg à Nerwinde, à l'est de Louvain, sur le prince d'Orange. — Victoire de la Marsaille, près de Pignerol, remportée par Catinat. — Machine infernale dirigée par les Anglais contre Saint-Malo.

Mort de Pellisson ; de la grande mademoiselle de Montpensier ; de Bussy-Rabutin ; de Mme de Lafayette.

1694. Les Barbaresques d'Alger imposent un tribut à Tunis.

Brillante campagne du maréchal de Noailles en Catalogne. — Les Anglais échouent contre Brest. — Jean Bart arrache aux Hollandais, à la hauteur du Texel, un convoi de blé français qu'ils avaient capturé. — Les Anglais bombardent Dieppe, le Havre, Dunkerque.

L'Académie française termine son Dictionnaire, commencé en 1635. — Tournefort publie ses Éléments de botanique. — Débat entre Bossuet et Fénelon au sujet des doctrines quiétistes de Mme Guyon.

Fondation de la banque de Londres.

1695. Mort du maréchal de Luxembourg. Prise de Dixmude par les Français ; de Namur par Guillaume d'Orange. — 'Bombardement de SaintMalo, deDunkerque, de Calais, par les Anglais ; de Bruxelles, par Villeroi.

Établissement, en France, de l'impôt de la capitation, qui pèse sur toutes les classes. — Bossuet publie la Défense de la déclaration de l'Église de France. — Mort de la Fontaine, du peintre Mignard, du moraliste Nicole.

Pierre le Grand ne peut s'emparer d'Azof ; il répudie Eudoxie Lapoukin, mère du prince Alexis.

1696. Le duc de Savoie se rapproche de la France ; sa fille aînée, âgée de 11 ans, est fiancée au duc de Bourgogne, âgé de 14 ans ; il recouvre toutes les places qui lui avaient été enlevées, même Pignerol que la France possédait depuis 1630. — Exploits de Jean Bart contre les Hollandais. — Mort de Mme de Sévigné. — Le Joueur, comédie de Regnard.

Mort de Jean Sobieski, roi de Pologne. Election de Frédéric-Auguste, électeur de Saxe, qui abjure le luthéranisme.

Prise d'Azof par Pierre le Grand.

1697. Un congrès pour la paix s'ouvre au château de Ryswick, en Hollande, sous la médiation de la Suède. Exigences des confédérés. Prise de Barcelone par le duc de Vendôme. La paix est signée entre l'Angleterre, l'Espagne, les Etats généraux et la France, le 20 septembre. Louis XIV reconnaît Guillaume III pour roi légitime d'Angleterre. Le traité entre l'empereur, l'Empire et la France est signé le 30 octobre. Louis XIV garde Strasbourg, mais restitue à l'Empire Kehl, Philinpsbourg et Brisach. Léopold-Joseph fils du duc de Lorraine Charles V, est réintégré dans son duché. A Rotterdam, première édition du Dictionnaire historique et critique de Bayle. — Mort de Santeuil, connu pour ses poésies latines.

Grande victoire remportée à Zenta, au nord de Péterwaradein, par le prince Eugène sur les Turcs, • qui perdent leur grand vizir, dix-sept pachas, trente mille hommes et trois mille prisonniers.

Premier voyage en Europe de Pierre le Grand ; il se rend en Hollande, où il travaille à Saardam comme ouvrier charpentier.

Mort de Charles XI, roi de Suède. Son fils, Charles XII, âgé de 15 ans, lui succède.

1698. Guillaume III, qui craignait également de voir la succession espagnole échoir à la maison de Bourbon et à celle d'Autriche, propose secrètement à Louis XIV un traité de partage éventuel de la monarchie espagnole. Il est signé à la Haye,


Ap. J.-C.


le 11 octobre, entre Louis XIV et les deux puissances maritimes. Le dauphin obtenait le royaume des Deux-Siciles, quelques ports en Toscane et la province de Guipuscoa ; l'archiduc Charles, le Milanais ; le prince de Bavière, le reste de la monarchie espagnole en Europe et en Amérique. — Testament de Charles II en faveur du prince de Bavière, qu'il déclare son héritier.

Statistique de la France dressée par les intendants, à la demande du duc de Bourgogne. — Mort du savant historien le Nain de Tillemont, de Port-Royal.

Pierre le Grand visite Londres ; il enrôle beaucoup d'Anglais pour Arkhangel et Moscou. Il revient par Vienne, où il apprend la révolte des strélitz, à l'instigation de la princesse Sophie ; cruelle répression de cette révolte : 2000 strélitz sont pendus ; 5000 ont la tête tranchée ; la milice entière est abolie. — On commence un canal qui doit faire communiquer le Don avec le Volga.

1699. Traité de Carlowitz entre la Porte, l'Autriche, la Pologne, la Russie et Venise. Les Turcs gardent Temesvar et le pays hongrois au delà de la Save, mais reconnaissent à l'Autriche toute la Hongrie en deçà de la Save, la Transylvanie et l'Esclavonie ; à la Pologne Kaminieck et la Podolie, mais conservent la Moldavie ; aux Vénitiens la Morée, les îles d'Egine et de Sainte-Maure et des places en Dalmatie ; aux Russes Azof.

Chamillart devient contrôleur général des finances. — Mort de Racine à Paris (22 avril). — En Hollande, première publication du Télémaque. — Massillon, oratorien, prêche à Versailles devant Louis XIV. — L'Académie des sciences de Paris accorde le titre de correspondant à Papin, de Blois, pour ses travaux sur la vapeur appliquée aux machines.

Frédéric V, roi de Danemark, se ligue avec le roi de Pologne et le czar contre le roi de Suède, Charles XII, qui appuie le duc de Holstein, son beau-frère, contre les Danois.

1700. Nouveau traité de partage de la monarchie espagnole, signé à Londres par la France et l'Angleterre (13 mars) ; à la Haye par les Etats généraux (29 mars). — Charles II institue pour héritier unique Philippe d'Anjou, âgé de 17 ans, second fils du dauphin, né d'une princesse de Bavière (2 oct.). — Mort de Charles II (1er nov.) Louis XIV accepte le testament de Charles II, sur les avis du marquis de Torcy, et envoie son petit-fils en Espagne.

Charles XII, roi de Suède, vainqueur des Saxons du roi Auguste, près de Riga, envahit le Danemark et force Frédéric IV, par le traité de Traventhal, à l'O. de Lubeck, de rendre au duc de Holstein toutes les places qu'il lui a enlevées. — Victoire de Charles XII à Narva, dans l'Ingrie, sur les troupes de Pierre le Grand.

XVIIIe siècle après Jésus-Christ.

Guerre de la succession d'Espagne. — Fondation du royaume de Prusse. — Lutte de Charles XII et de Pierre le Grand. — Paix d'Utrecht. — Mort de Louis XIV. — Avènement de la maison de Hanovre au trône d'Angleterre. — Projets d'Albéroni. — Régence du duc d'Orléans. — Système de Law. — Guerre de la succession de Pologne. — Traité de Vienne. — Ministère de Walpole en Angleterre ; de Fleury en France. — Guerre de la succession d'Autriche. — Traité d'Aix-la-Chapelle. — Exploits de Thamas Kouli-khan en Asie. — Guerre de Sept ans. — Ministère de Pitt en Angleterre ; de Choiseul en France. — Paix de Paris. — Grandeur de la Prusse sous Frédéric II. — Suprématie maritime de l'Angleterre. — Pacte de famille entre les princes de la maison de Bourbon — Suppression des Jésuites. — Esprit de réforme popularisé par les philosophes (Voltaire, Montesquieu, Rous seau, Condillao), par les économistes (Quesnay, Adam Smith, Turgot), appliqué par les rois et leurs ministres : TEMPS MODERNES. 243 Pombal et Joseph I er en Portugal; Ferdinand VI, Char- les III et Aranda en Espagne ; Tanucci et Charles VII à Naples; Léopold en Toscane ; Joseph II en Autriche. — Frédéric II en Prusse; Choiseul, Louis XVI, Turgot, Malesherbes et Necker en France. — Règne de Cathe- rine II en Russie. — Partages de la Pologne. — Guerre d'Amérique. — Traité de Versailles. — Fondation de l'empire anglais dans l'Indostan. — Convocation des États généraux en France. — Assemblée Constituante.— Assemblée Législative. — Journée du 10 août. — Con- vention nationale. — Procès et mort de Louis XVI. — La Terreur. — Journée du 9 thermidor. — Journée du 13 vendémiaire. — Fin de la Convention. — Directoire. — Coup d'État du 18 fructidor. — Première campagne de Bonaparte en Italie. — Traité de Campo-Formio. — Expédition d'Egypte.— Retour de Bonaparte. — Journée du 18 brumaire. — Consulat.— Constitution consulaire. Guerres d'Italie et d'Allemagne. — Victoire de Moreau à Hohenlinden ; de Bonaparte à Marengo. — Importantes découvertes dans les sciences et dans la géographie. Ap. J.-C. 1701. Nouvelle coalition contre Louis XIV entre l'empereur, la Grande-Bretagne, la Hollande et la Prusse. Commencement de la guerre dite de la succession d'Espagne. — En Italie, Catinat, dé- fait à Carpi par le prince Eugène, est remplacé par Villeroi qui se fait battre à Chiari. — Mort de Jacques II à Saint-Germain. Louis XIV reconnaît pour roi d'Angleterre Jacques, prince de Galles, qu'on nommait le chevalier de Saint-George. Charles XII, roi de Suède, bat les Saxons de Frédéric-Auguste en Courlande, s'empare de Mittau, pénètre en Litbuanie et s'avance jusqu'aux frontières de la Pologne. — Sept mille Suédois sont battus par le czar, en Livonie, près de Derpt. Frédéric III de Brandebourg prend solennelle- ment la couronne de Prusse à Rœnigsberg , avec le titre de Frédéric I er (18 janv.). — Leibnitz, déjà célèbre comme mathématicien, théologien et publiciste, est à la tête de l'Académie -des sciences de Berlin, fondée récemment. 1702. Les différents cercles de l'empire d'Allemagne se joignent à la coalition contre Louis XIV. — Le prince Eugène surprend Villeroi dans Crémone. — Vendôme, qui remplace Villeroi, bat Visconti à Santa- Vittoria et Eugène à Luzzara. — Victoire remportée à Friedlingen, à l'entrée de la forêt Noire, sur le prince de Bade par le marquis de Villars, qui est fait maréchal. Prise de Trêves par Tallard. — L'électeur de Bavière, qui s'était dé- claré pourla France , surprend Ulm; mais le prince de Bade, malgré sa défaite, ayant empêché la jonction de Villars et de l'électeur, celui-ci en- tame des négociations avec la cour de Vienne ; les dures conditions que celle-ci veut lui imposer l'attachent plus étroitement à Louis XIV. — Le duc d'Ormond et l'amiral Rook détruisent dans le port de Vigo la flotte du comte de Château-Re- naud, qui venait d'escorter et d'amener les ga- lions du Mexique. — Mort de Jean Bart. — Per- sécution contre les protestants, qui se soulèvent dans le Languedoc. — Réunion à la couronne de la principauté d'Orange, à la mort de Guil- laume III. Mort de Guillaume III. Avènement d'Anne Stuart, fille protestante de Jacques II. — Aboli- tion du stathoudérat en Hollande. Charles XII, malgré les conseils de son ministre Benoît Oxenstiern, continue la guerre contre Fré- déric-Auguste, qui est battu à Clissen, près de Cracovie. — Shérémétoff, général de Pierre le Grand, bat deux fois en Ingrie les troupes de Charles XII. Pierre le Grand fonde à Moscou des écoles de mathématiques et d'astronomie et un vaste hô- pital. 1703. Prise de Kehl par Villars; de Brisach par le duc de Bourgogne. Victoire de Villars et du duc de Bavière sur les Impériaux à Hochstaedt, près Ap. J.-C. de Donawert, en Bavière. — Tallard, vainqueur à Spire, s'empare de Landau. — Le roi de Por- tugal et le duc de Savoie entrent dans la coali- tion contre la France. — Soulèvement des Cami- sards dans les Cévennes. Traité de Méthuen entre le Portugal et l'Angle- terre. Le Portugal s'engage à recevoir les pro- duits manufacturés des Anglais en échange de ses vins. Charles XII convoque une diète à Varsovie pour faire déposer Frédéric-Auguste. Il défait les Saxons à Pultusk, sur la Narew, et s'empare de Thorn. Pierre le Grand jette les fondements de Saint- Pétersbourg sur la Neva (16 mai). 1704. L'archiduc Charles, à qui son père, l'empe- reur Léopold, avait donné le titre de roi d'Es- pagne, l'année précédente, se rend à Lisbonne sur une flotte anglaise. — Les Anglais occupent Gibraltar. — Eugène et Marlborough battent près d'Hochstaedt l'électeur de Bavière, Tallara et Marsin, qui perdent quarante mille hommes tués ou pris. Mort de Bossuet (12 avril). — Mort du P. Bour- daloue (13 mai). La diète de Varsovie dépose Frédéric-Auguste et nomme à sa place le palatin de Posnanie , Sta- nislas Leckzinski, qui est appuyé par Charles Xll. — Prise de Derpt et de Narva par Pierre le Grand. 1705. Mort de l'empereur Léopold. Son fils aîné, Jo- seph, lui succède. — Victoire de Vendôme sur le prince Eugène à Cassano. — Prise de Barcelone par l'archiduc. Ragotzky, soutenu par la France, se fait pro- clamer prince de Transylvanie et duc de Hon- grie. Couronnement de Stanislas à Varsovie. — Prise de Mittau par Pierre le Grand. 1706. Les électeurs de Cologne et de Bavière, al- liés de la France, sont dépouillés de leurs Etats. Villeroi perd la funeste bataille de Ramillies, au nord'de Namur, qui livre à Marlborough le Bra- bant et les Pays-Bas jusqu'à Lille. — Le dur. de Savoie et le prince Eugène battent à Turin le duc d'Orléans et le maréchal de Marsin. Béunion en une seule monarchie de l'Ecosse et de l'Angleterre, qui n'auront plus, à partir de l'année suivante, qu'un seul parlement. Charles XII contraint Frédéric-Auguste à re- noncer, par le traité d'Altranstadt, à la couronne de Pologne et à l'alliance du czar. 1707. Victoire de Berwick à Almanza, au S. E. de la Nouvelle-Castille. — Villarsforce les lignes de Stol- hoffen, au N. E. de Strasbourg. — L'empereur occupe les Etats du duc de Mantoue, allie de la France. — Le duc de Savoie recouvre ses Etats. — Capitulation de Milan par laquelle les Français évacuent toute la Lombardie. — Les Impériaux occupent le royaume de Naples. — Mort de Vau- ban (30 mars). Ragotzky menace Vienne. Il est reconnu comme prince de Transylvanie par Louis XIV et fait dé- clarer vacant le trône de Hongrie. Mort de l'empereur mogol Aureng-Zeyb, après un règne de 47 ans. Le roi de Prusse obtient la principauté de Neuf- châtel. 1708. L'armée française, commandée par le jeune duc de Bourgogne, et sous lui par le duc de Ven- dôme, est mise en déroute vers Oudenarde, sur l'Escaut, par Eugène et Marlborough. — Le prince Eugène prend Lille héroïquement défendue par le maréchal de Boufflers. — Regnard donne le Lé- gataire universel ; Lesage, Turcarei. Charles XII chasse les troupes du czar de la Po- logne et pénètre en Russie par l'Ukraine. Il est 244 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. privé de ses renforts et de ses munitions par la défaite de son général Levenhaupt, battu par le czar près de la Soja, affluent oriental du Dnieper. 1709. Hiver meurtrier, surtout en France. — Mort du P. Lachaise, confesseur du roi. Il est rem- placé par le P. Letellier. — Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, ordonne la destruc- tion de Port-Royal des Champs. — Electre de Crébillon. Le maréchal de Villars ne peut sauver Tournai ni Mons, et livre à Eugène et Marlborough la sanglante bataille de Malplaquet, dans le Hainaut, où les alliés restèrent maîtres du terrain, mais avec une perte triple de la nôtre. Eu Angleterre, publication du premier journal quotidien, Daily courant. Charles XII, entraîné par l'hetman Mazeppa, qui lui promet de faire insurger les Cosaques en sa faveur, s'enfonce imprudemment dans l'Ukraine. Sanglante bataille de Pultava entre Pierre le Grand et Charles XII, qui se retire chez les Turcs, à Bender, en Bessarabie. — Frédéric- Auguste rentre en Pologne; prise d'Helsingborg par le roi de Danemark ; le roi de Prusse se dispose a attaquer la Poméranie suédoise. 1710. Ouverture des conférences pour la paix à Ger- truydemberg, près de Breda, dans le Brabant hollandais. Le maréchal d'Uxelles et l'abbé de Polignac y représentent la France. Les négocia- tions échouent par suite des exigences des alliés, qui voulaient que Louis XIV s'engageât seul à chasser d'Espagne son petit-fils, dans trois mois, par la voie des armes. — Philippe V, vaincu à Almenara par lord Stanhope et à Saragosse par Staremberg, est forcé de quitter Madrid , où l'ar- chiduc fait son entrée le 28 septembre, mais, bientôt après, Philippe V, secondé par Vendôme, prend Stanhope dans Brihuega, et défait Sta- remberg à la mémorable bataille de Villa-Viciosa (10 déc), après laquelle Philippe V dormit sur un lit de drapeaux. — Dans l'Amérique du Nord, les colons anglais enlèvent aux Français Port-Royal, capitale de l'Acadie. En Angleterre, les torys, partisans de la paix, remplacent les whigs au pouvoir. Disgrâce de la duchesse de Marlborough. Le vicomte de Boling- broke est mis à la tête du ministère. Fin de la guerre entre l'Autriche et Ragotzky, qui quitte la Hongrie. Charles XII, retiré à Bender, décide la Porte à faire la guerre au czar, qui vient d'achever la con- quête de la Carélie, de la Livonie et de l'Esthonie. 1711. Mort de Joseph I e1 ' (17 avril). L'archiduc Charles, son frère, est élu empereur. Le duc d'Ormond remplace Marlborough dans le commandement général des forces de la Grande- Bretagne. — Au Brésil, prise de Rio-Janeiro par Duguay-Trouin, — Commencement des négocia- tions avec l'Angleterre. — Mort du dauphin. En Angleterre, publication du Spectateur d'Ad- dison. Pierre le Grand marche contre les Turcs, mais se laisse cerner sur les bords du Pruth, et n'é- chappe que grâce à sa femme Catherine, qui, par d'habiles négociations et de riches présents, obtient du grand vizir Baltagi-Mehemet le traité du Pruth , moyennant l'abandon d'Azof et la des- truction de quelques autres forts. 1712- Ouverture de conférences pour la paix géné- rale à Utrecht (29 janvier). — Après la retraite de l'armée anglaise, le prince Eugène investit Lan- drecy, et relie Marchiennes à Denain par une ligne formidable de retranchements. Villars at- taque l'ennemi, le défait à l'immortelle bataille de Denain (24 juillet), prend Denain, Marchien- Ap. J.-C. nés, Douay, Bouchain, le Quesnoy, et force le prince Eugène à la retraite. — Mort de la nou- velle dauphine (12 févr.). — Mort du dauphin, le duc de Bourgogne, le 18. — Mort de leur fils aîné , le duc de Bretagne, âgé de 5 ans (8 mars). — Le duc du Maine et le comte de Toulouse, fils de Mme de Montespan, princes légitimés, sont déclarés princes du sang. 1713. En Angleterre, tragédie d'Addison, Caton. Traités d'Utrecht, qui mettent fin à la guerre de succession, excepté avec l'empereur et quelques princes de l'empire, qui continuent la guerre. La France reconnaît solennellement l'ordre de suc- cession établi en Angleterre par les actes du parle- ment en faveur de la reine Anne et de la ligne protestante de Hanovre. Elle restitue à l'Angleterre la baie et le détroit d'Hudson, et lui cède l'Acadie et l'île de Terre-Neuve. — Le port de Dunkerque sera comblé et ses fortifications rasées. L'électeur de Brandebourg est reconnu en qualité de roi de Prusse. Louis XIV lui c'de, au nom du roi d'Espagne, la Haute-Gueldre et le pays de Kessel. — Le duc de Savoie obtient la restitution de la Savoie et de Nice, et la cession de plusieurs territoires ; Louis XIV lui garantit la possession delà Sicile avec le titre de roi, et lui assure, pour lui et ses descendants mâles, la succession au trône d'Espagne, au défaut de la postérité de Philippe V. — L'Espagne abandonne aux Anglais Gibraltar et Minorque; ils pourront, tous les ans, envoyer dans les possessions espagnoles d'Amé- rique un vaisseau chargé de marchandises et y faire le commerce des nègres d'après le traité d'Asiento (29 mars) , qui leur accorde un privilège de 30 ans. Prise de Landau et de Fribourg par Villars sur les Impériaux. Bulle Unigenitus, qui condamne les Réflexions morales sur le Nouveau Testament du P. Quesnel, janséniste. — Traité de Vexistence de Dieu de Fé- nelon. Découverte de l'emplacement d'Herculanum , une des villes ensevelies par l'éruption du Vé- suve, en 79. On commence les fouilles. 1714. Villars et le prince Eugène signent la paix à Rastadt, dans le pays de Bade, au nom de Louis XIV et de l'Empereur. Les Etats de l'empire y accèdent dans un congrès tenu à Bade en Ar- govie. Fin de la guerre de la succession d'Es- pagne. L'Empereur conserve les Pays-Bas espa- gnols, le Milanais, les côtes de Toscane, la Sardaigne et le royaume de Naples. — Mort du duc de Berry, second fils du duc de Bourgogne. Mort de la reine Anne. Avènement au trône d'An- gleterre de George-Louis, électeur de Hanovre, arrière-petit-fils de Jacques I er par sa mère, la princesse Sophie, duchesse douairière de Ha- novre, fille de l'électeur palatin Frédéric V, et épouse d'Ernest-Auguste, électeur de Hanovre. Rentrée des whigs au pouvoir. — Manifeste du chevalier de Saint-George, fils de Jacques II, pour maintenir les droits des Stuarts. — L'astronome anglais Halley exécute le télescope imaginé par Newton en 1666. Mort de Gabrielle-Louise de Savoie, épouse de Philippe V, à l'âge de 26 ans. Mme des Ursins, d'accdrd avec l'abbé Albéroni, décide Philippe V à épouser Isabelle de Parme, âgée de 22 ans, qui la fait expulser du royaume avant d'arriver à Madrid. Albéroni sera créé premier ministre. Conquête de la Finlande par les Russes sur les Suédois. — Charles XII quitte la Turquie avec trois compagnons seulement et arrive en 21 jours à Stralsund, en Poméranie. Guerre entre les Vénitienset les Turcs, qui s'em- parent de Corinthe et de Naples de Romanie. TEMPS MODERNES. 245 4p. J.-C. 1715. Traité des Barrières, conclu à Anvers avec la médiation de l'Angleterre. Il est décidé que la défense des villes de Namur et de Tournay, de Menin, Furnes, Ypres, Warneton et du fort de Knock sera uniquement confiée aux troupes de la république. Mort de Louis XIV à Versailles. Avènement de son arrière-petit-fils, Louis XV, âgé de 5 ans, fils du duc de Bourgogne. Le parlement casse son testament, qui établissait un conseil de régence, et nomme régent son neveu, Philippe d'Orléans; le droit de remontrances lui est rendu. — Mort de Malebranche. — Mort de Fénelon. — Le Sage donne la première partie de Gil Blas. Charles XII ne peut sauver Stralsund, menacé à la fois par les troupes du Danemark , de la Prusse et de la Saxe. Il se retire en Suède. 1716. Le Prétendant apparaît en Ecosse, mais n'ob- tient aucun succès. Création d'une chambre de justice pour la recherche des malversations des financiers sous le règne précédent. — L'Ecossais Law est au- torisé à ouvrir une banque avec un fonds de 1200 actions de 5000 livres chacune. Belle défense de Corfou contre les Turcs par le comte saxon de Schullenbourg. — Le prince Eu- gène défait les Turcs à Carlowitz et emporte Temesvar, la dernière place qui leur restait en Hongrie. Second voyage de Pierre le Grand en Europe. Catherine l'accompagne dans le nord de l'Alle- magne, le Danemark et la Hollande. 1717. Philippe V, conseillé par son ministre Albé- roni, songe à reconquérir les pays démembrés de la monarchie espagnole, à dépouiller le duc d'Or- léans de la régence, et à rétablir le prétendant Charles -Edouard. — Albéroni négocie avec Charles XII, Pierre le Grand et Achmet III. — Philippe d'Orléans abandonne alors la politique de Louis XIV et laisse conclure par Dubois la triple alliance avec l'Angleterre et la Hollande contre l'Espagne. — Les Espagnols enlèvent la Sardaigne à l'Autriche. La banque de Law est érigée en banque géné- rale (10" avril). — Création de la compagnie de commerce dite Compagnie d'Occident, par ac- tions de 500 livres; Law en est le directeur. — D'Aguesseau est fait chancelier. — Sermons du Petit Carême, prêches par Massillon devant Louis XV. — Le botaniste Tournefort publie son Voyage au Levant. Défaite des Turcs devant Belgrade, qui tombe au pouvoir des Impériaux. Pierre le Grand à Paris. 1718. Fin de la guerre entre l'Autriche et la Porte par le traité de Passarowitz, à TE. de Semendria, qui donne à l'Autriche le bannat de Temesvar, Belgrade et la Servie; à la Porte la Morée; les Vénitiens ne conservent que l'Ile de Cérigo (Cy- thère), et quelques places maritimes du continent, entre Corfou et Sainte-Maure. Traité de la quadruple alliance entre la France, l'Anglelerre, l'Empereur et la Hollande. — Con- quête de la Sicile par l'Espagne. — Destruction de la flotte espagnole près de Syracuse en pleine paix par les Anglais. — Etablissement d'une com- pagnie de commerce à Ostende pour le commerce des deux Indes. — Mécontentement des Hollandais. En France, refonte générale et augmentation considérable du taux des monnaies, malgré l'i p- position du parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides. — La banque générale de Law est érigée en banque royale. Les billets de la banque auront cours forcé; défense de faire des payements en argent au-dessus de 600 livres. — Fondation de la Nouvelle-Orléans, capitale de la Ap. J.-C. Louisiane. — Le prince de Cellamare, ambassa- deur d'Espagne, conspire contre le régent de France avec la duchesse du Maine et les princes légitimés, qu'un édit récent avait réduits au sim- ple rang de leur pairie; la conspiration est dé- couverte. — OEdipe, première tragédie de Voltaire. Pierre le Grand fait mourir son fils Alexis, né d'Eudoxie, sa première femme, qui s'était pro- noncé trop hautement contre ses réformes. Charles XII entreprend de soumettre la Nor- vège. Négociations de son ministre Goerlz avec différentes cours de l'Europe. Mort de Charles XII au siège de Frédéricshall. 1719. La France déclare la guerre à l'Espagne. Prise de Fontarabie et d'Urgel par Berwick ; du port de Vigo, au S. O. de la Galice, par les Anglais. — Secours inutiles fournis par Albéroni au Préten- dant, qui se retire en Italie. — Disgrâce d' Albé- roni (5 déc). Mort de Mme de Maintenon, à Saint-Cyr. — La banque de Law avait émis au 1 er décembre de cette année pour six cent quarante millions de billets. — La compagnie des Indes orientales est réunie à la compagnie d'Occident, qui prend le nom de Compagnie des Indes. En Angleterre, publication de Robinson Crusoé de Daniel de Foé. En Suède , Ulrique-Eléon ore , sœur de Charles XII, mariée au prince de Hesse-Cassel, est proclamée reine par les Etats; elle renonce au pouvoir ab- solu que possédaient les rois depuis 1682. — Exécution du baron de Goertz, ministre de Charles XII. 1720. Philippe V, roi d'Espagne, accède à la qua- druple alliance. Le duc de Savoie reçoit le titre de roi de Sardaigne en échange de la Sicile que garde l'Empereur; la reine d'Espagne obtient pour l'aîné de ses enfants l'expectative du duché de Parme et Plaisance, et du duché de Toscane. L'empereur Charles VI, qui n'avait que des filles et qui voulait toutefois régler la succession de la couronne d'Autriche dans sa famille, prend la résolution d'y pourvoir par une pragmatique sanc- tion, qui serait soumise à l'acceptation et à la garantie de toutes les puissances européennes. En Angleterre, banque du chevalier Blunt, dans le genre de celle de Law en France. Le roi George, de concert avec le parlement , prend des mesures rigoureuses pour relever le crédit public. Law est nommé contrôleur général des finances (5 janv.). La banque royale est réunie à la com- pagnie des Indes (24 février). — Peste à Mar- seille (juin) ; zèle de l'évêque Belzunce. — Le parlement, qui s'est opposé à plusieurs mesures du régent au sujet du système, est exilé à Pon- toise (21 juillet). — Edits financiers dont le ré- sultat est la chute et le renvoi de Law (déc). — - Déclaration ordonnant l'obseivation de la consti- tution Unigenitus dans tout le royaume. — Le parlement est rappelé à Paris (16 déc). — Les Français, déjà maîtres de l'île Bourbon, s'éta- blisse'nt dans l'île Maurice, qui reçoit le nom d'île de France. — Premier pied de café porté à la Martinique. La Suède traite 1° avec la Pologne : Frédéric- Auguste est reconnu roi; 2° avec la Prusse, qui obtient Stettin et la portion de la Poméranie comprise entre l'Oder et la Penne, ainsi que les r îles de Wollin et d'Usedom; 3° avec le Danemark. Celui-ci cède tout ce qu'il a pris sur la Suède : celle-ci renonce à l'exemption des droits de péage dans le Sund, et paye six cent mille écus : la France et l'Angleterre garantissent au Danemark la possession tranquille du duché de Slesvig. 1721. L'abbé Dubois est fait archevêque de Cambrai et cardinal. — Publication anonyme des Lettres 246 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J. C. persanes de Montesquieu, président au parlement de Bordeaux. Pierre le Grand abolit la dignité de patriarche et se fait lui-même chef suprême de la religion. — Il impose à la Suède la paix de Nystadt, par laquelle il obtient la Livonie, l'Esthonie, Plngrie, une partie de la Carélie, du pays de Viborg et de la Finlande et plusieurs îles; la Suède conserve le duché de Finlande. — Fêtes à Saint-Péters- bourg ; le sénat et le clergé décernent à Pierre I er les titres de Grand, d'Empereur, de Père de la patrie. Le chef des Afghans , Mahmoud, vainqueur du schah Hussein, prend le titre de sultan de Perse. 1722. L'infante, âgée de quatre ans, qui devait épouser Louis XV, est amenée en France. — Du- bois est fait premier ministre. — Sacré de Louis XV. Pierre le Grand conduit en personne, et accom- pagné de l'impératrice, une armée de 50000 hommes jusqu'au delà de la mer Caspienne, dont il s'as- sure la domination par la conquête de Derbent dans le Daghestan. 1723. Déclaration de la majorité de Louis XV (22 févr.). Mort de Dubois (10 août). Mort du duc d'Orléans (2 déc). — Sur l'indication de Fleury, son précepteur, évêque de Fréjus, Louis XV prend pour premier ministre le duc de Bourbon, ar- rière-petit-fils du grand Condé. — Publication de la Henriade de Voltaire, sous le titre de Poëme de la Ligue. — 1 er volume de la collection des Ordonnances des rois de France. 1724. Abdication de Philippe V, roi d'Espagne. Son fils aîné, Louis, âgé de 17 ans, lui succède. 11 meurt peu après et Philippe V remonte sur le trône. En France, déclaration de mort civile contre les protestants (14 mai). — Ouverture du congrès de Cambrai. 1725. Le duc de Bourbon renvoie la jeune infante d'Espagne que l'on élevait à Paris, et fait épouser à Louis XV Marie, fille de Stanislas Leczinski. — Rupture entre la France et l'Espagne qui, par l'intermédiaire du baron hollandais de Ripperaa, conclut un traité de paix et d'alliance avec l'Au- triche. — Le congrès de Cambrai est dissous. — Une contre-alliance est conclue à Herrenhausen " entre la France, l'Angleterre et la Prusse ; bientôt après le Danemark et la Suède y accédèrent, en même temps que la Russie se joignait à l'Au- triche. Mort de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg (janv.). — Avènement de Catherine I ie , qui a pour ministre le prince Menzikoff. Elle marie sa fille aînée avec le duc de Holstein-Gottorp, Charles- Frédéric. 726. En Angleterre, publication du poëme des Saisons de Thomson. Le monopole du commerce colonial de l'Espagne est transféré de Séville à Cadix, et demeure tou- jours entre les mains du gouvernement. Le duc de Bourbon est disgracié et relégué à Chantilly. Suppression du titre de premier mi- nistre. Les pouvoirs nouveaux de principal mi- nistre d'Etat sont donnés à Fleury, qui est fait cardinal. — Rollin donne son Traité des études. — Exil de Voltaire, qui se retire en Angleterre. 1727. Hostilités entre l'Espagne et l'Angleterre ter- minées par l'intervention de la France. Mort d'Isaac Newton, à l'âge de 85 ans (20 mars) . — Mort du roi d'Angleterre George I e , à Osna- bruck, près du Hanovre. Son fils George II lui succède. Ministère de Robert Walpole, partisan de la paix. Ouverture d'un concile national à Embrun, sous U présidence de l'archevêque de Tencin. L'évèque Ap. J.-C. de Senez, Jean Soanen, qui depuis dix ans com- bat la bulle Vnigenitus , y est condamné. — Pré- tendus miracles sur la tombe du diacre janséniste Paris; les convulsionnaires. Mort de Catherine I re (mai). — Pierre II, fils d'Alexis, âgé de 12 ans, lui succède. Disgrâce de Menzikof, qui est remplacé par le jeune Dolgo- rouki. Traité de paix entre la Perse et la Turquie. Les Turcs conservent tout le pas depuis Erivan en Géorgie jusqu'à Tauris et Hamadan. — Le prince Thamas, fils du schah Hussein, qui a été renversé en 1721 par le chef des Afghans, Mahmoud, prend à son service Kouli-Khan, né dans le Khoraçan. 1728. En Angleterre , Gulliver de Swift. Les préliminaires de la paix ayant été arrêtés à Paris entre l'Autriche et les alliés de Her- renhausen, l'année précédente, et le plus grand obstacle ayant été écarté par la suspension du privilège de la compagnie des Indes pour un terme de 7 ans, l'Espagne, qui avait approuvé ces conventions, conclut un traité de paix avec l'Angleterre, à Pardo; les autres points en litige furent remis à la décision d'un congrès convoqué à Soissons pour le mois de juin de cette année. — Bombardement de Tripoli. — Continuation des querelles relatives à la bulle Unigenitus. Le navigateur danois Behring, au service de la Russie, découvre le détroit qui porte son nom. — Traité de la Russie avec la Chine. 1729. L'Espagne ouvre de nouvelles négociations et amène l'Angleterre et la France à consentir au traité de Séville, suivant lequel l'Espagne fut au- torisée à faire occuper par ses troupes les duchés de Parme et de Plaisance, pour garantir à l'infant don Carlos la cession qui lui en avait été faite. Le congrès de Soissons est alors rompu, et l'Autriche se prépare à la guerre. Naissance du dauphin. — Fleury ordonne à tous les docteurs de signer la constitution Unigenitus. 1730. La constitution Unigenitus est déclarée loi de l'Eglise et de l'Etat. Lit de justice. — Réaumur, physicien et naturaliste de la Rochelle, fait con- naître le thermomètre qui porte son nom. Insurrection de la Corse contre les Génois. — — Abdication de Victor-Amédée II, roi de Sar- daigne, après un règne de 55 ans. Avènement de son fils Charles-Emmanuel III. Mort du czar Pierre II, à 15 ans. Les Dolgorouki font appeler au trône Anne, la seconde fille du prince Ivan, frère de Pierre le Grand, et veuve du duc de Courlande. La czarine, conseillée par le chancelier Osterman les envoie en Sibérie. Crédit de Biren, fils d'un paysan courlandais. Thamas est reconnu souverain de toute la Perse, Kouli-Khan gouverne en son nom. 1731. En Angleterre, Pope donne son Essai sur ïhomme, poëme philosophique. Traité de Vienne par lequel l'Angleterre et la Hol- lande donnent à l'empereur Charles VI leur ga- rantie pour la pragmatique, et obtiennent en échange son consentement à l'occupation des duchés de Parme et de Plaisance par l'Espagne et l'abolition de la compagnie d'Ostende. L'Espagne et l'empire souscrivent à cette convention. En Suède, fondation d'une compagnie des Indes orientales à Gothembourg. 1732. Christian VI, roi de Danemark, fait commencer le superbe palais de Copenhague. — Il établit une compagnie des Indes, avec privilège exclusif de faire le négoce depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'à la Chine. Conquête d'Oran sur les Maures par les Espa- gnols. Lit de justice tenu à Versailles (3 sept.). Lutte du roi avec le parlement, dont plusieurs membres TEMPS MODERNES. 247 Ap. J.-C. sont exilés momentanément. — Zaïre, de Vol- taire. Traité de paix entre les Persans et les Turcs, conclu à Casbin : les Persans conservent Tauris; la Géorgie du Caucase est cédée aux Turcs. Kouli- Khan désavoue ce traité, fait déposer Thamas et le remplace par un enfant, AbbasIII, âgé d'un an, sous le nom duquel il règne et recommence la guerre. 1733. Mort de Frédéric-Auguste II, roi de Pologne (l"févr.). Deux prétendants à la couronne : Auguste III, électeur de Saxe, fils du feu roi, soutenu par la Russie et l'Autriche; Stanislas Leczinski, beau- père de Louis XV, soutenu par la France, alliée à l'Espagne et à la Sardaigne. Guerre de la succession de Pologne. Prise de Kehl par Berwick, de Pavie et de Milan par Vil- lars. Occupation de Nancy. — Etablissement du dixième. — Dom Rivet, bénédictin, commence YHistoire littéraire de la France, dont il a exécuté seul les neuf premiers volumes. 1734. Stanislas, assiégé dans Dantzick par les Russes, s'y défend héroïquement six mois, mais est obligé de s'enfuir déguisé en matelot. — Prise de Novare, de Tortone. — Prise des lignes d'Etlingen. Siège et prise de Philipsbourg , où est tué Berwick (12 juin). — Victoire de Coigny et de Broglie de- vant Parme. — Echec de Broglie sur la Secchia. — Défaite des Impériaux à Guastalla. — Victoire du comte de Montemar sur les Impériaux à Bi- tonto. Don Carlos, duc de Parme et de Plaisance, est reconnu dans le royaume des Deux-Siciles. Mahé de Labourdonnais est fait gouverneur gé- néral des îles de France et de Bourbon, qui arri- veront à une grande prospérité sous son adminis- tration. — Grandeur et Décadence des Romains, de Montesquieu. — Histoire critique de l'établis- sement de la monarchie française dans les Gaules, par l'abbé Dubos. J735. Préliminaires de paix signés à Vienne par l'Autriche, la France et ses alliés (3 pot.). Sta- nislas renonce au trône de Pologne, mais garde le titre de roi; les duchés de Bar et de Lor- raine lui seront cédés avec droit de réversion à la couronne de France; la maison de Lorraine ob- tiendra en échange le grand-duché de Toscane; don Carlos reçoit les royaumes de Naples et de Sicile; le roi de Sardaigne le Novarais, le Tortonais et les Langhes; Parme et Plaisance reviennent à l'Empereur. Le parlement fait brûler par la main du bour- reau les Lettres philosophiques de Voltaire. Le Suédois Linné donne son Sijstema naturœ, où il pose les bases d'une distribution méthodique des trois règnes de la nature. 1736. Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI; épouse le duc de Lorraine François I er . — Mort du prince Eugène de Savoie, à Vienne. Bouguer, Gudin, la Condamine sont envoyés au Pérou en 1735; de Clairaut, Camus, Lemonnier et Maupertuis en Laponie en 1736 pour déterminer la figure de la terre. Les Corses proclament roi sous le nom de Théo- dore I er un aventurier, le baron de Neuhoff. Prise d'Azof par les Russes sur les Turcs. — Traité de paix entre les Turcs et les Persans, qui recouvrent Tauris, Erivan, la Géorgie et l'Arménie persane. Avènement de Kouli-Khan au trône de Perse après la mort du fils de Thamas ; il prend le titre de shah-nadir. 1737. L'Autriche appuie la Russie contre les Turcs. Prise d'Oczakow, entre Odessa et Kherson, sur la mer Noire, par les Russes que commande l'Alle- mand Munnich; de Nissa., en Servie, par les Im- périaux. Ap. J.-C En France, suppression de l'impôt du dixième. Etablissement de la Loterie royale. Mort de Jean-Gaston de Médicis, dernier grand- duc de Toscane de la maison de Médicis. Le duc François, gendre de Charles VI, est mis en pos- session de la Toscane, conformément aux conven tions signées à Vienne en 1735. Biren, favori d'Anne Ivanovna, est élu duc de Courlanae par l'influence de la czarine. î 738. Signature définitive du traité de Vienne (18 novembre). Fin de la guerre de la succession de Pologne. — Secours donnés par la France aux Génois contre les Corses révoltés. — Publication du premier volume du grand Recueil des historiens de la France et des Gaules, par le bénédictin dom Bouquet. Mort du célèbre médecin hollandais Boerhaave. 1739. Guerre entre l'Angleterre et l'Espagne, qui voulait réprimer la contrebande faite par les An- glais avec les colonies. — Prise de Porto Bello, sur la côte de l'isthme de Panama, par l'amiral anglais Vernon sur les Espagnols. En France, querelles au sujet de la bulle Uni- gcnitus. Les Autrichiens sont battus par les Turcs à Krotzka, entre Belgrade et Semendria; les Turcs assiègent Belgrade. — Les Russes, commandés par le comte de Munich, occupent Choczim et Jassy. — Traité de Belgrade : les Impériaux cèdent aux Turcs Belgrade , Orsova, la Servie et la Vala- chie; les Russes rendent Azof et Oczakow. Conquête de l'empire Mogol par Kouli-Khan. Epouvantables massacres à Delhy ; butin évalué à plus de deux milliards. Kouli-Khan laisse le titre d'empereur à Mohamed, mais lui impose un tri- but de 70 millions et se fait livrer toutes les pro- vinces situées sur la rive droite de l'indus. — La plupart des soubabs ou vice-rois et des nababs ou gouverneurs de provinces se rendent indépen- dants, ainsi que plusieurs peuples indiens, comme les Mahrattes et les Seïks. 1740. Les Anglais échouent devant Carthagène. Mort de l'empereur Cbarles VI. Sa fille aînée, Marie-Thérèse, âgée de 23 ans, se voit disputer son héritage par les deux gendres de l'empereur Joseph I er , l'électeur de Bavière et l'électeur de Saxe, le roi de Prusse qui convoite la Silésie, et le roi de Sardaigne qui convoite le Milanais. Voltaire publie son Essai sur les mœurs et l'es- prit des nations. Pacification de la Corse par le marquis de Maillebois. Mort du roi de Prusse Frédéric-Guillaume. Avènement de Frédéric II. Mort de la czarine Anne Ivanovna. Biren est nommé régent d'Ivan VI, âgé de deux mois, mais, après 22 jours d'exercice, Biren, supplanté par Oster- man et de Munich, fut exilé en Sibérie. Anne de Brunswick, mère d'Ivan VI, est régente. 1741. Commencement de la guerre de la succession d'Autriche. —Frédéric II envahit laSilésie (4avril); il est vainqueur à Molwitz. Il est appuyé par la France et les électeurs de Saxe et de Bavière. — Marie-Thérèse, reconnue en Autriche, va recevoir à Presbourg la couronne de Hongrie (25 juin). — L'électeur de Bavière, Charles-Albert, dont la France appuie les prétentions à l'empire, se fait couronner roi de Bohême à Prague. — Conven- tion du roi de Sardaigne avec Marie-Thérèse pour défendre le Milanais contre les attaques des Espa- gnols. Woronzoff et le Français Lestocq, amants d'Eli- sabeth, deuxième fille de Pierre le Grand, la font proclamer czarine à la place d'Ivan VI, qui est en- fermé dans la forteresse de Schlusselbourg, sur 248 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap.J.-C. la Neva. Les ministres Munnich, Osterruan et Golowkin sont envoyés en Sibérie. La Suède, poussée par la France, déclare la guerre à la Russie (août). — Mort d'Ulrique- Eléonore, sans enfant : son mari, le prince de Hesse-Cassel, Frédéric I er , reste roi de Suède (déc). 1742. L'électeur de Bavière se fait couronner empe- reur, à Francfort, sous le nom de Charles Vil, tandis que les Autrichiens entraient à Lintz, à Passau, à Munich. — Frédéric II, vainqueur à Czaslau, au S. E. de Prague, traite avec Marie- Thérèse, qui lui abandonne la Silésie et le comté de Glatz. — Revers, en Allemagne, des Français, abandonnés par les rois de Prusse et de Pologne. Ils sont assiégés dans Prague. Retraite de Prague commandée par le maréchal de Belle-Isle (déc). En Angleterre, Robert Walpole quitte le minis- tère. Parmi ses adversaires, s'était distingué le célèbre orateur William Pitt, âge de 34 ans. Frédéric I er de Suède n'ayant pas d'enfant, le jeune duc de Holstein-Gottoip , Charles-Pierre Ulric, âgé de 14 ans, est désigné pour son suces- seur. La czarine Elisabeth désigne pour le trône de Russie le même prince, né de sa sœur aînée. 11 embrasse la religion grecque et reçoit le titre de grand-duc de Russie. 1743. Capitulation de Prague (2 janvier). — Mort du cardinal de Fleury, à 89 ans (29 janvier). — Les Français sont repoussés en deçà du Rhin par l'armée Eragmatique de George II, roi d'Angleterre, qui at le maréchal de Noailles à Dettingen (27 juin). — Capitulation d'Egra après 3 mois de blocus (7 sept.). Traité signé à Worms par Marie-Thé- rèse. George II, le roi de Sardaigne et l'électeur de Saxe contre la France (13 sept.). Mérope de Voltaire. Le duc de Holstein-Gottorp ayant accepté la suc- cession d'Elisabeth , la diète suédoise déclare prince héréditaire le chef de la maison de Hols- tein-Eutin, l'évêque de Lubeck, Adolphe-Frédé- ric, âgé de 33 ans (7 juin). — Paix d'Abo, par la médiation de l'Angleterre, entre la Suède et la Russie, qui obtient en Finlande plusieursdistricts. 1744. Invasion du Piémont par le prince de Conti et par le second fils d'Isabelle de Parme, l'infant don Philippe. — Invasion des Pays-Bas autri- chiens par Louis XV. — Frédéric II se déclare de nouveau contre Marie-Thérèse et s'empare de Pra- gue. — Charles VU rentre à Munich. — Louis XV, pendant une maladie qui le retient à Metzunmois et demi, reçoit le surnom de Bien-Aimé. Renvoi de sa favorite Mme de Châteauroux. 1745. Traité de Varsovie contre la France et la Prusse entre l'Angleterre, Marie-Thérèse, le roi de Pologne et la Hollande (8 janvier). — Mort de Charles VII (20 janv.). — Son fils, Maximilien-Jo- seph, lui succède dans son électorat de Bavière et renonce, par le traité de Fuessen,à toute préten- tion sur la succession d'Autriche (18 avril). — Victoire de Fontenoy, au S. 0. de Tournai, rem- portée par le Maréchal de Saxe et Louis XV sur le second fils de George II, roi d'Angleterre, le duc de Cumberland. — Succès en Italie du maréchal de Maillebois et de l'infant don Philippe , secondés parles Génois: ils occupent Milan (16 déc). — Victoire de Frédéric IlàFriedberg, entre Liegnitz et Schweidnitz (4 juin) ; il envahit la Saxe. — Marie-Thérèse fait élire empereur son mari Fran- çois I er (13 juin). Il est couronné à Francfort, le 4 octobre. — Victoire de Frédéric près de Dresde; il s'empare de Leipsick, de Dresde, où il signe la paix avec Frédéric- Auguste II et Marie-Thérèse. (25 déc). — Prise de Louisbourg (cap Breton) par les Anglais. Descente en Ecosse du fils du chevalier de Saint- George, Charles-Edouard, Il est proclamé régent Ap. J.-c. par son père Jacques III à Edimbourg (19 sept.). A la tête d'une armée de montagnards écossais , dont il avait adopté le costume, il bat les Anglais à Preston, dans le comté de Lancastre, et s'avance jusqu'à Derby, à 30 lieues de Londres. Mariage de l'héritier de la couronne de Russie, le grand-duc Pierre avec Catherine, princesse d'Anhalt-Zerbst. 1746. Victoire décisive du duc de Cumberland à Cul- loden, à l'E. du comté d'Inverness, sur le Pré- tendant qui est forcé de s'enfuir en France. — Occupation de Madras, colonie anglaise, par le gouverneur de l'île Bourbon, la Bourdonnais (sept.). — Lutte malheureuse entre la Bourdon- nais et Dupleix, gouverneur de Pondichéry et di- recteur général de nos comptoirs, qui viole les capitulations de la Bourdonnais avec les Anglais. — Victoire du maréchal de Saxe à Raucoux, au N. de Liège (11 oct.). — Les Autrichiens, vain- queurs des Français à Plaisance, occupent Gênes. — Invasion de la Provence par les Piémontais, qui sont arrêtés par le maréchal de Belle-Isle (déc). Soulèvement de Gênes contre les Autrichiens. — La nouvelle favorite de Louis XV sera créée mar- quise de Pompadour. — Condillac, disciple de Locke, donne son Essai sur l'origine des con- naissances humaines. Mort de Philippe V, roi d'Espagne (9 juillet). Avènement de Ferdinand VI, né de son premier mariage avec Louise-Marie de Savoie. — Trem- blement de terre à Lima, capitale du Pérou (26 oct.). 1747. Les Autrichiens lèvent le siège de Gênes, dé- fendu par Boufflers. — Conquête de la Flandre hollandaise. — Défaite d'une escadre française par les Anglais, près du cap Finistère (14 juin). — Victoire des Français à Lawfeld sur le duc de Cumberland (2 juillet). Combat d'Exilles, à la des- cente du mont Genèvre (15 juillet). Prise d'assaut de Berg-op-Zoom (16 sept.) Seconde défaite na- vale des Français, près du cap Finistère (25 oct.). — Invasion dé la Provence. — Alliance défensive conclue par la Russie avec l'Autriche et avec l'An- gleterre. Les Russes paraissent sur le Rhin. Rétablissement du stathoudérat en faveur du prince d'Orange, Guillaume IV, qui est créé stathouder général et héréditaire. — Les Hollan- dais s'établissent à Bornéo. Margraff, chimiste de Berlin, découvre le sucre de betterave. Kouli-Khan, forcé d'abandonner Ispahan, est assassiné par les chefs de l'armée. 1748. Richardson publie, en Angleterre, son roman de Clarisse Harloioe. Préliminaires de paix à Aix-la-Chapelle entre la France, l'Angleterre et la Hollande (30 avril). Prise de Maestricht (10 mai). Cessation des hosti- lités en Europe (11 mai).— Aux Indes-Orientales, les Anglais assiègent Pondichéry; belle défense de Dupleix (28 août-17 octobre). Le traité d'Aix- la-Chapelle met fin à la guerre, dite de la suc- cession d'Autriche. La Prusse conserve la Silésie. Les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla sont donnés à l'infant don Philippe, second fils d'Isa- belle de Parme; l'aîné, don Carlos, est roi des Deux-Siciles. Le roi de Sardaigne obtient le terri- toire de Vigevano et une partie du Pavesan. Le duc de Modène, allié de la France, recouvre ses États. La république de Gênes est déclarée in- dépendante. — Fondation d'une manufacture royale de porcelaine dans le château de Vincennes. — Publication de l'esprit des lois de Montesquieu. — Fr. Cassini publie en feuilles la Carte de France. 1749. Dupleix se fait céder un territoire assez con- sidérable par le prince indigène d'Arcate,au S. 0. TEMPS MODERNES. 249 Ap. J.-C. de Madras. — Création de la caisse d'amortisse- ment par M. de Machault, contrôleur général des finances, pour diminuer ladette publique. — Buffon commence la publication de son Histoirenaturelle. — J. J. Rousseau donne son premier ouvrage : Discours contre les sciences et les arts, couronné par l'Académie de Dijon.' — Catilina,de Cvébillori. — Rome sauvée de Voltaire. 1750. Épidémie dite la Suette dans le Beauvoisis (juin). — Démêlés et hostilités avec l'Angleterre au sujet de la délimitation des colonies des deux nations dans l'Amérique septentrionale. — La collection des tableaux du roi est ouverte au pu- blic dans le palais du Luxembourg (octobre). — Création d'une noblesse militaire (1 er nov.). — Mort du maréchal de Saxe au château de Chambord (30 nov.) — Continuation des querelles du jan- sénisme. — Établissement du Parc-aux-Cerfs. Mort de Jean V, roi de Portugal. Avènement de son fils aîné Joseph, âgé de 36 ans. Commen- cement du ministère réformateur, mais violent, du célèbre marquis de Pombal. 1751. Etablissement d'une école militaire pour les nobles sans fortune ; création du corps des ingé- nieurs des ponts et chaussées. — 1 er volume de l'Encyclopédie, dirigée par Diderot et d'Alembert, qui rédige la préface. — Siècle de Louis XIV de Voltaire. Traité de limites pour leurs possessions dans l'Amérique du Sud entre l'Espagne et le Portugal. Les Indiens du Paraguay, du Parana et de l'U- raguay, gouvernés par les jésuites, refusent de se laisser enclaver. Mort du roi de Suède Frédéric I er . Avènement d'Adolphe-Frédéric de Holstein-Eutin. — Philoso- phia botanica de Linné. 1752. Abolition des droits d'aubaine en Suède et en France pour les sujets de ces deux pays. — Un arrêt du parlement défend de refuser les sacre- ments à jîeux qui ne présentaient pas des billets de confession, et ne déclaraient pas accepter la bulle Unigenitus. — Le devin du village de J. J. Rousseau. En Amérique, dans la Pensylvanie, expérience mémorable de Benjamin Franklin, qui, par un temps d'orage , lance en l'air un cerf-volant armé d'une pointe et dont la corde se trouvait intérieu- rement terminée par un cordon de soie isolant. Il acquiert la preuve de l'identité des décharges électriques et des coups de foudre. 1753. Lessing, né en Lusace, publie à Berlin ses Fables. Démêlés de la cour avec le parlement au sujet des refus de sacrements. Exil de la grand' cham- bre d'abord à Pontoise (11 mai), puis à Soissons (8 novembre). — J. J. Rousseau donne son Dis- cours sur l'origine de l'inégalité' parmi les hommes. 1754. Continuation des hostilités avec l'Angleterre en Amérique. — Assassinat par les Anglais de l'Acadie de M. de Jumonville, que le commandant français du Canada avait député près d'eux. — Prise du fort anglais la Nécessité. Naissance du 3 e fils du dauphin, le duc de Berri, depuis Louis XVI (23 août). — Déclaration du roi qui interdit toute dispute religieuse. Rap- pel du parlement, qui enregistre la déclaration (sept.). — Ordonnance pour la liberté du com- merce des grains. — Rappel de Dupleix, gouver- neur des établissements français dans l'Inde. Les Génois, de nouveau révoltés contre Gênes, prennent pour chef Pascal Paoli, âgé de 28 ans. 1755. Les Anglais, sans déclaration de guerre, en- lèvent deux navires français sur le banc de Terre- Neuve, et capturent 300 navires marchands. — Ap. J.-C. Leurs défaites près du fort Duquesne,sur les bords de l'Ohio et près du lac Saint-George. ^ort de Montesquieu, à 66 ans (10 févr.). — L'ami des hommes du marquis de Mirabeau. — Exécution à Valence du célèbre chef de brigands, Mandrin. Commencement des fouilles à Pompéi. Tremblement de terre à Lisbonne, qui détruit la plus grande partie de la ville, et coûte la vie à 15000 personnes (1 er nov.). Tremblement de terre au Pérou, à Quito (28 avril) . 17;i6. Commencement de la guerre de 7 ans. — Alliance de l'Angleterre avec la Prusse (16janv.) ; de la France avec l'Autriche, par l'influence de M. de Kaunitz, qui dirigera la politique exté- rieure de l'Autriche jusqu'à la Révolution française. — Expédition française dirigée contre Minorque, possession anglaise, sous la conduite du maréchal de Richelieu. Prise de Port-Mahon par les Fran- çais (21 avril). Les Anglais se retirent dans le fort Saint- Philippe, regardé jusqu'alors comme impre- nable. Victoire du marquis de la Galissonnière sur l'amiral Bing. Prise du fort Saint-Philippe (28 juin). Au Canada, belle campagne du marquis de Mont- calm, qui enlève aux Anglais le fort Ontario. — Dans Plndostan, les Anglais sont chassés de Cal- cutta et de leurs établissements du Bengale. — Frédéric II, sans déclaration de guerre, envahit la Saxe, entre à Dresde et bloque l'armée saxonne au camp retranché de Pirna ; elle est obligée de capituler, après la défaite des Autrichiens à Lowositz. — Continuation des querelles relatives à la bulle Unigenitus. Lit de justice. Démission de 180 membres du parlement. Idylles de Salomon Gessner, de Zurich. 1757. Exécution de l'amiral Bing, battu devant Port- Mahon. — William Pitt devient le chef du minis- tère de coalition dans lequel entre Henri Fox (lord Holland), le père du célèbre Fox. Dans l'Indostan, le colonel anglais Clive enlève à la compagnie française Chanel ernagor, sur le Gange (mars). — Victoire du maréchal d'Estrées sur le duc de Cumberland à Hastembeck, au S. O. de Hanovre (26 juillet). Il est disgracié avant que la nouvelle de sa victoire ne soit arrivée, et le ma- réchal de Richelieu le remplace. Celui-ci pouvait achever les débris du duc de Cumberland, il leur laisse une libre retraite par la capitulation de Closterseven (10 sept.). — Les Prussiens envahis- sent la Bohême. Bataille de Prague, où le prince Charles de Lorraine est battu (6 mai) . — Bataille de Kollin; Frédéric, battu par le général autrichien Daun, évacue la Bohême (juillet). — La Suède déclare la guerre à la Prusse (mars). — Alliance de la Russie et de l'Autriche (12 juin). Victoire des Russes à Gross-Jœgerndorff, au S. E. de Kœ- nigsberg (30 août). — Situation périlleuse de Fré- déric II entouré d'ennemis. Il rencontre l'armée des Cercles unie aux Français commandés par le prince de Soubise. Bataille de Rosbach, où 50 000 Français et Allemands sont mis en pleine déroute par 22 000 Prussiens (nov.). — En Silésie, le duc de Bevern, lieutenant de Frédéric, est battu devant Breslaw, et son armée se disperse. Le roi accourt et sauve la Silésie par la victoire mémorable de Lissa (5 déc). Attentat de Damiens contre Louis XV (5 jan- vier) . Il est exécuté (28 mars) . — Rappel du par- lement (l 8r septembre). La résistance des Indiens du Paraguay à l'exé- cution du traité des limites de 1 750 est imputée aux jésuites par le gouvernement portugais; ils sont dépouilles de toute administration temporelle sur les Indiens et chassés du palais du roi, où ils sont remplacés comme confesseurs par des fran- ciscains. 250 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap- J.-C. 1758. L'Angleterre, à l'instigation de Frédéric II, viole la capitulation de Closterseven, assure à Frédéric un subside de 4 millions d'écus et sou- tient d'un corps anglais l'armée hanovrienne, commandée par le duc Ferdinand de Brunswick. — L'incapable comte de Clermont-Condé, qui a remplacé le maréchal de Richelieu, est battu par le duc Ferdinand à Crevelt, au N. 0. de Dussel- dorf (23 juin). — Contades est vainqueur à Son- dershausen, mais ne profite pas de ses avantages; et Broglie à Lutternberg, autre combat sans ré- sultat. — Descente des Anglais sur les côtes de la Normandie et de la Bretagne. — Le' général russe Fermer s'empare de Kosnigsberg (22 janvier), et gagne la bataille de Custrin sur l'Oder (août) . — Frédéric envahit la Moravie et assiège Olmutz. Daun le force à se retirer (juin) . — Bataille san- glante de Zorndorff, gagnée sur les Russes par Frédéric II, qui revient en Silésie, où il rencontre Daun. — Surprise des Prussiens à Hochkirchen ; ils perdent cent pièces de canon. Brillante retraite du roi, qui sauve Dresde et Leipsick menacés (oct.-nov.). — Au Canada, malgré une victoire du marquis de Montcalm, les Anglais s'emparent de l'île Royale ou cap Breton, avec le fort Louisbourg (juillet). — Ils enlèvent à la France le Sénégal et l'île de Gorée. — Dans l'Indostan, le gouverneur français, Lally-Tollendal, assiège la ville de Ma- dras. — Le duc de Choiseul quitte l'ambassade de Vienne pour le secrétariat des affaires étrangères (octobre) . Quesnay donne son Tableau économique et ses Maximes générales du gouvernement économique. — Le savant botaniste Bernard de Jussieu, chargé par Louis XV de diriger la plantation d'un jardin botanique à Trianon, substitue au système de Linné, presque exclusivement adopté à cette épo- que, une méthode naturelle basée sur l'ensemble des rapports. — Helvétius donne son ouvrage de l'Esprit,. Poëme de la mort d'Abel, par Gessner. 1759. Prise de la Guadeloupe par les Anglais. — Au Canada, bataille de Québec ; mort de Wolf et de Montcalm ; prise de Québec par les Anglais. — La flotte de la Clue est dispersée par une tempête en passant le détroit de Gibraltar. Sept vaisseaux se réunissent et sont attaqués par 14 vaisseaux anglais à la hauteur de Lagos; 3 furent pris, ] brûlé; les autres s'échappèrent (17 août). — Fuite honteuse de M. de Conflans à la hauteur de Belle-Ile (20 novembre). — Victoire du duc de Broglie à Bergen, qui ouvre la Hesse aux Fran- çais, d'où ils sont chassés par la défaite de Con- tades à Minden (juillet-août). — Victoire des Rus- ses à Zullichau sur Wedel, lieutenant de Frédéric (juillet) . — Bataille de Kunnersdorf, où le roi de Prusse se défend avec moins de 60 000 hommes contre 100 000 Austro-Russes (12 août). — Les Prussiens perdent Dresde (5 sept.). Voltaire retiré à Ferney, dans le pays de Gex, près du lac de Genève, achève son Essai sur les mœurs des nations. — J. J. Rousseau compose sa Nouvelle-Héloise dans son ermitage de Montmo- rency. — Éloge du maréchal de Saxe par Thomas. Mort de Ferdinand VI, roi d'Espagne, sans pos- térité. Son frère Don Carlos, qui depuis 24 ans gouverne les Deux-Siciles, lui succède. Il désigne le second de ses fils pour l'héritage présomptif de la couronne d'Espagne, et donne au troisième, • Ferdinand I er , âgé de 8 ans, le trône des Deux- Siciles sous la tutelle du ministre Tanucci. Un édit royal chasse de Portugal les jésuites accusés d'avoir trempé dans une tentative d'as- sassinat dont le roi avait failli être victime l'année précédente. 1760. Dans l'Indostan, succès remportés par les Ap. J.-C. Anglais sur Lally. — Au Canada, le lieutenant général marquis de Vaudreuil, dernier gouver- neur de la Nouvelle-France, est contraint de signer, dans Montréal, la capitulation qui livrait cette colonie aux Anglais (8 sept.). — Succès des Fran- çais à Corbach et à Clostercamp ; ce dernier com- bat est célèbre par le dévouement du chevalier d'Assas. — Les Autrichiens s'emparent du comté de Glatz sous les ordres de Laudon ; celui-ci est battu et repoussé à Liegnitz. — Occupation mo- mentanée de Berlin par les Austro-Russes. Ba- taille sanglante de Torgau (2 nov.). 1761. Capitulation de Pondichéry, après 9 mois de blocus (15 janvier). — Prise de Mahé par les An- glais. — Haïder-Ali, surnommé le Frédéric de l'Est, s'empare de la personne du rajah de Mysore et gouverne en son nom ; il sera pour les Anglais un adversaire redoutable. — M. de Choiseul réu- nit par le Pacte de famille les quatre souverains de la maison de Bourbon : France, Espagne, Naples et Sicile, Parme et Plaisance ; ils se garan- tissent mutuellement la succession légitime de leurs États, et la sécurité de leurs possessions ma- ritimes et continentales (15 août). — Dons patrio- tiques offerts par les Etats de Languedoc, dont l'exemple est suivi par la France entière. En Angleterre, William Pitt quitte le ministère sur le refus de ses collègues de déclarer la guerre aux signataires du pacte de famille (octobre) . Le comte de Bute, secrétaire d'Etat de l'intérieur, le remplace. 1762. Déclarations de guerre échangées entre l'An- gleterre et l'Espagne (7 janvier) . — Le Portugal, obligé de se déclarer, prend parti pour l'Angle- terre contre la France et l'Espagne. — Dans les Antilles, les Anglais enlèvent aux Français la Martinique, la Grenade, Saint- Vincent, Sainte- Lucie, Tabago; aux Espagnols, Cuba; dans les Indes, les Espagnols perdent les Philippines. — Le nouveau czar Pierrre III, admirateur passionné de Frédéric, fait suspendre les hostilités contre la Prusse. La défection de la Russie entraîne celle de la Suède. — Victoire des maréchaux d'Estrées et de Soubise à Johannisberg , à l'ouest de Mayence, sur le prince héréditaire de Brunswick (30 août) . Ils perdent Cassel (1 er novembre) . — Frédéric II reprend Schweidnitz, en Silésie. — Préliminaires de paix signés à Fontainebleau (3 novembre) : l'Angleterre conservera l'Acadie, le Canada, le cap Breton, la Grenade et les Gre- nadines, Saint- Vincent, Saint-Dominique et Ta- bago, et le Sénégal. La France conserve le droit de pêche sur les côtes de Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent, avec les îles de Saint-Pierre et de Miquelon ; elle recouvre la Guadeloupe, Marie-Galante, la Désirade, la Martinique et obtient Sainte-Lucie ; l'île de Gorée lui reste au Sénégal. Aux Indes orientales, la France garde Pondichéry, Mahé et trois petits comptoirs au Bengale. — L'Espagne recouvre Cuba et Manille, mais elle cède à l'Angleterre la Floride et la baie de Pensacola, au sud de la Caroline anglaise; la France lui cédera la Louisiane, à l'est du Mexique. Le Parlement de Toulouse condamne au sup- plice de la roue Calas, accusé sans preuves de la mort de son fils. — Le parlement de Paris rend un arrêt définitif contre les jésuites (6 août). — J. J. Rousseau donne son Emile. Mort de la czarine Elisabeth (janvier). Avène- ment de Pierre III, son neveu, né d'une fille aînée de Pierre le Grand et du duc de Holstein-Gottorp. Il se disposait à répudier Catherine, lorsque cette princesse le força d'abdiquer. Elle se fit proclamer impératrice sous le nom de Catherine II, et sept jours après fit étrangler son mari dans sa prison. 17G3. Traités de Paris entre la France, l'Espagne, TEMPS MODERNES. 251 Ap. J.-C. l'Angleterre et le Portugal (10 février). — Traités d'Hubertsbourg, en Saxe, près de Dresde, entre Marie-Thérèse, le roi de Prusse et l'électeur de Saxe, roi de Pologne : la Saxe reste à l'électeur; Frédéric se fait confirmer de nouveau par Marie- Thérèse la possession de la Silésie. En Angleterre, le comte de Bute, chef du cabi- net, cède la place à George Grenville. Grande agitation en Angleterre au sujet de l'arrestation de J., Wilkes, membre de la Chambre des com- munes et fondateur du journal dit Norih-Briton, où il censurait hardiment les actes du pouvoir. "Wilkes mis en liberté passe en France. — Aux Indes orientales, la compagnie anglaise s'empare de Patna, sur le Gange, résidence du soubab du Bengale, mais a à lutter contre le souverain de Mysore, Haïder-Ali. — Reid, célèbre philosophe Ecossais, donne ses Recherches sur L'entendement humain. 1764. En Allemagne, Winckelmann publie son grand ouvrage intitulé : Histoire de l'art chez les Anciens. Le commodore Jean Byron entreprend un voyage autour du monde (juin). — Aux Indes, le soubab du Bengale fait alliance avec le nabab d'Aoude et le grand mogol contre les Anglais ; ceux-ci sont vainqueurs. Mort de Mme de Pompadour à Versailles, à 42 ans (1 5 avril) . — Création d'une école vétéri- naire à Alfort, près de Charenton. — Louis XV pose la première pierre de l'église de Sainte-Gene- viève, construite par Soufflot, sur le modèle de Saint-Pierre de Rome et de Saint-Paul de Londres. — Suppression, par édit royal, de la société des Jésuites (26 nov.J. — Lalande, professeur au col- lège de France, publie son Traité d'astronomie. En Italie, le Milanais Beccaria donne le Traité des délits et des peines, qui a changé la face du droit criminel en Europe. Après un interrègne de onze mois, Stanislas- Auguste, comte de Poniatowsky, est élu roi de Pologne par l'influence de la Russie et de la Prusse. 1765. Lessing publie à Berlin : Laocoon ou Traité des limites de la peinture et de la poésie. Mort de l'empereur François I er (août) . Marie- Thérèse continue de gouverner , bien que Joseph II, roi des Romains, reçoive le titre d'em- pereur. Le frère de Joseph, Pierre-Léopold, gou- vernera le grand-duché de Toscane. James Watt, habile mécanicien, né à Greenock, en Ecosse, apporte d'importants perfectionne- ments à la machine à vapeur de Newcommen et de Brighton. — Refus des colonies anglaises de l'Amérique de se soumettre à l'impôt, parce qu'elles n'ont pas de représentants dans le parle- ment : le Mil du timbre, voté dans les deux cham- bres, n'en reçoit pas moins la sanction royale (mars). Ministère de Rockingam, qui est appuyé par Burke. — Arrivée dans l'Indostan de Lord Clive, investi des pleins pouvoirs de la compagnie. Réhabilitation de la mémoire de Jean Calas, exécuté à Toulouse en 1 762. — Dissensions entre le duc d'Aiguillon et le parlement de Bretagne. Arrestation de MM. de la Chalotais, accusés d'être les instigateurs de l'opposition faite par ce der- nier. — Mort du Dauphin. — Observations sur l'histoire de France de Mably. — De 1765 à 1767, . célèbres salons de Diderot, où il jugeait les ou- vrages de peinture exposés. — Les Saisons, poëme de Saint-Lambert. 1766. En Angleterre, révocation de l'acte du timbre (mars) . — Ministère de William Pitt, créé comte de Chatam. — Les navigateurs Wallis et. Carteret partent pour faire un voyage d'exploration dans l'Occanie. Ap. j.-c. _; Mort du duc de Lorraine. Stanislas Leckzinski a 89 ans. La Lorraine est reunie à la couronne.— Condamnation par le parlement (6 mai) et sup- plice (9 mai) de Lally-Tollendal, après dix-huit mois de détention, et après la violation de toutes les règles de la procédure. — Supplice du cheva- lier de la Barre, pour sacrilège, à l'âge de 18 ans. — Voyage autour du monde de Bougainville. Ali-Bey, né en 1728, chez les Abazes, peuples du Caucase, vendu au Caire comme esclave à l'âge de 12 ou 14 ans, après s'être élevé de grade en grade par son courage, parvient à s'emparer du rang suprême, se rend indépendant de la Porte et conçoit les plus vastes desseins pour l'agran- dissement de l'Egypte. 1767. La chambre des communes d'Angleterre vote des taxes sur le verre, le papier, les couleurs et le thé importés d'Angleterre dans les colonies (juin). — A Boston éclatent les premiers troubles qui amenèrent l'indépendance des Etats-Unis. — Victoire des troupes de la compagnie des Indes sur l'allié du souverain de Mysore, le nizam du Dekkan. — Retraite de William Pitt- Cabinet re- constitué sous le duc de Grafton, avec lord North, chancelier de l'échiquier. Convention au sujet du Holstein entre le Dane- mark et la Russie (avril).— Paul, fils de Pierre III et de Catherine II, échange la portion du duché de Slesvig-Holstein qui appartenait à sa branche avant le traité de 1720 et sa part du duché de Holstein contre le comté d'Oldenbourg. Catherine s'engage à faire renoncer les autres princes de la maison de Holstein-Gottorp. Le comte d'Aranda, premier ministre de Char- les III, roi d'Espagne, expulse, avec une injuste violence, les jésuites d'Espagne et des deux Indes. — A Naples, le même traitement est infligé aux Jésuites, à l'instigation de l'Espagne. 1768. En Angleterre, dissolution du parlement. Nou- veaux troubles à Londres au sujet de Wilkes, qui est élu député; il se constitue prisonnier, et est condamné par la cour du banc du roi à l'amende et à l'emprisonnement pour ses libelles. — Grande agitation dans l'Amérique du nord à cause des impôts. — Aux Indes, prise de Mangalore sur Haïder-Ali. — Départ du capitaine Cook pour son premier voyage autour du monde, entrepris par ordre du gouvernement (août). — L'ingénieur Williams Reynold emploie des rails de fonte au lieu de rails de bois dans l'exploitation des mines du comté d'York; origine des chemins de fer. Cession de la Corse à la France par Gênes (mai) ; elle est réunie à la France le 15 août. — Mort de la reine Marie Leczinska à Versailles. — Mau- peou est fait chancelier. — Troubles causés par la cherté des grains. — Arrêt du parlement de Provence, qui réunit à la France Avignon et le comtat Venaissin (9 juin) . A Parme, les Jésuites sont expulsés dans une nuit (7-8 février) . Protection accordée par la Russie aux dissi- dents de Pologne, c'est-à-dire aux Grecs non-unis, aux ariens, aux protestants luthériens et calvi- nistes, en un mot à tous ceux qui ne professaient pas la religion catholique. — Les partisans de l'indépendance nationale, pour s'opposer à cette intervention de l'étranger, forment en Podolie,

u sud-est de la Pologne, la confédération de Bar

(L e 'mars), que soutient Choiseul. — Des confé- dérés de Bar, poursuivis par les Russes, cherchent un asile sur le territoire ottoman, dans la petite ville de Balta. Ils y sont poursuivis par les Russes qui donnent l'assaut à la ville. — Déclaration de guerre de la Porte à la Russie, à l'instigation de M. de Vergennes, ambassadeur de France à Con- stantiuople (30 oct.). 252 CHRONOLOGIE. — TABLES, Ap. J.-G. 1769. Klopstock achève son célèbre poëme épique : la Messiade. En Angleterre; Wilkes, expulsé de la chambre des communes, est trois fois réélu par le comté de Middlesex et expulsé de nouveau. — Début parlementaire de Ch. Fox à 19 ans (avril). — Pu- blication des lettres politiques de Junius. — Bre- vet accordé à James Watt pour la construction des machines à vapeur; à Arkvvright pour les métiers à filature continue. — Histoire de Charles- Quint de Robertson. — Commencement du Mor- ning Chronicle. — Naissance de Walter Scott et de Wellington. En France, l'abbé Terray devient contrôleur des finances. — Soumission de la Corse par le mar- quis de Chauvelin, le comte de Marbœuf et le comte de Vaux. — Occupation des îles Seychelles, au N. E. de Madagascar. — Hamlet de Ducis. — Naissance de Napoléon, de Georges Cuvier, de Chateaubriand et de Soult. Ganganelli, de l'ordre de Saint-François, est élu pape sous le nom de Clément XIV. Prise d'Azof et de Choczim par les Russes, qui pénètrent en Moldavie et en Valachie. — Le ma- réchal de Romanzof assiège Bender. — Envoi d'une escadre russe dans la Méditerranée contre les côtes de la Grèce. 1770. Lord North devient le chef du cabinet. — Les impôts mis sur les colonies d'Amérique sont abo- lis; on conserve celui sur le thé. Mariage du dauphin avec Marie -Antoinette, fille de Marie-Thérèse d'Autriche (16 mai). — Procès du duc d'Aiguillon. Lit de justice à Ver- sailles, où le roi annule la procédure faite contre lui (1 er juillet). Nouveau lit de justice (3 oct.). Le parlement suspend la justice. — Disgrâce et exil de Choiseul par l'influence de la nouvelle fa- vorite, du Barry. Système de la nature du baron d'Holbach. — Histoire philosophique des établissements et du commerce des Européens dans les Deux-Indes, de Raynal. Incendie d'une flotte turque dans la baie de Tchesmé, en Anatolie, au sud-ouest de Smyrne, par Alexis Orlof et un amiral anglais. Voyage en France du prince royal de Suède, Gustave, âgé de 24 ans. En Danemark, le ministre Bernstorff est ren- versé par Struensée, médecin du roi Christian VII, qui avait acquis un pouvoir sans bornes sur la jeune reine Caroline-Mathilde. 1771. Les confédérés de Bar retiennent pendant quelque temps Stanislas Poniatowski prisonnier. Faiblement soutenus par la France, qui leur avait envoyé Dumouriez, ils luttent avec peine contre les Russes. En France, triumvirat du duc d'Aiguillon, se- crétaire d'Etat des affaires étrangères, de l'abbé Terray, de Maupeou. — Maupeou remplace le parlement de Paris par une nouvelle compagnie (parlement Maupeou), qui rendra la justice gra- tuitement; des conseils supérieurs siégeront à Arras, à Blois, à Châlons-sur-Marne, à Lyon, à Poitiers. — Abolition de la cour des aides. — Procès de Beaumarchais — Etat désastreux des finances. Banqueroute partielle. Agiotage sur le commerce des grains. — Traité des droits du citoyen, de l'abbé Mably, où le parlement est in- vité à refuser l'enregistrement des édits bursaux et à réclamer la convocation des états généraux à qui seuls appartient le droit de créer des im- pôts. En Danemark, Struensée devient premier mi- nistre; il accomplit des réformes utiles, mais avec trop de précipitation, ce qui lui suscite de nom- breux ennemis. Ap. J.-C. 1772. Deuxième voyage de Cook. — Début du Mor- ning Post. Convention secrète entre la Russie et la Prusse pour le partage de la Pologne (17 fév.). L'Autri- che y accède (avril). — Les trois oours fontno- tifier par leurs ambassadeurs au roi et à la. répu- blique de Pologne que « voulant arrêter l'effusion du sang en Pologne et y rétablir la tranquillité, elles avaient résolu de faire valoir leurs droits sur plusieurs provincespolonaises ; qu'enconséquence, elles demandaient la convocation de la diète, afin de régler avec elle les nouvelles limites de^ la ré- publique » (sept.) . Vaine protestation du sénat et du roi (oct.) . En Danemark, la reine douairière Julie et le comte de Rantzau-Aschberg se mettent à la tête des ennemis de Struensée, l'accusent de conspirer et obtiennent du roi son arrestation ainsi que celle de la reine Caroline. Struensée est mis en juge- ment et est exécuté. Gustave III, roi de Suède, conseillé par le mi- nistre de France, M. de Vergennes, fait accepter par les Etats, sans employer la violence, une con- stitution nouvelle qui rendait à la couronne son ancienne autorité, dont la noblesse et le sénat l'avaient dépouillée depuis Charles XII. 1773. La chambre des communes examine, les actes de malversation et d'iniquité de lord Clive, gou- verneur du Bengale, qui se donnera la mort l'an- née suivante. — Les colonies américaines refusent de payer l'impôt du thé. Insurrection de Boston, qui commence les hostilités. Le pape Clément XIV, sollicité principalement par les cours de France, d'Espagne et des Deux- Siciles, supprime pour toute la chrétienté la com- pagnie de Jésus (21 juin). Le marquis de Grimaldi, qui depuis 10 ans di- rige la politique extérieure de l'Espagne, remplace à la tête du cabinet le comte d'Aranda, qui pen- dant sept années avait accompli un grand nombre d'utiles réformes. Premier partage de la Pologne, qui est ratifié par la diète de Varsovie (août-septembre). Renouvellement de la guerre entre la Russie et la Porte. — La France pousse Gustave III, roi de Suède, contre les Russes. — Terrible insurrection du cosaque Pougatchef qui se faisait passer pour Pierre III. En Egypte, Ali-Bey périt par la perfidie de Mohammed-Bey, son fils adoptif. 1774. Gœthe donne son roman de Werther. Le gouvernement anglais fait fermer le port de Boston et abolit les franchises de l'Etat de Massa- chussets. — Congrès de Philadelphie où les échan- ges commerciaux avec l'Angleterre sont déclarés suspendus. — Warren Hastings, gouverneur du Bengale depuis deux ans, est nommé gouverneur général de toute l'Inde anglaise. — Lutte de la compagnie contre les Mahrattes. Mort de Louis XV (20 mai). Avènement de Louis XVI, son petit-fils, âgé de 20 ans. — Dis- grâce des ministres du feu roi qui sont remplacés par Maurepas, Vergennes et Turgot. — La liberté du commerce des grains est rétablie (13 sept .). — Lit de justice, où les anciens parlements sont re- constitués (12 nov.). — Lavoisier, jeune fermier général, exécute l'expérience capitale de la dé- composition et de la recomposition de l'air. — Nouvelle classification naturelle des plantes par L. de Jussieu. Victoire du général russe Romanzov sur le3 Turcs à Kainardgi, en Bulgarie (20 juin). — La paix de Kainardgi donne aux Russes le pays entre le Bog et le bas Dnieper, et la libre navigation sur la mer Noire. 1775. Guerre d'indépendance d'Amérique. — Dé- Ap. J.-C.


faite à Lexington, près de Boston, du général anglais Gage par les Américains (19 avril). — Les colons insurgés défèrent le commandement à George Washington, planteur de la Virginie ; ils dirigent une attaque contre le Canada. — Dans l'Inde, le nabab d'Aoude cède la ville de Bénarès aux Anglais, dont il devient le vassal.

Emeute à Paris au sujet du commerce des grains (1er mai). Troubles dits guerre de la farine. Sacre du roi (11 juin). — Malesberbes remplace le duc de la Vrillière comme ministre de la maison du roi. — Création du parlement de Nancy. — Commencement du canal de Bourgogne, qui doit joindre la Saône à la Loire. — Le Barbier de Séville de Beaumarchais.

Lavater, de Zurich, commence la publication allemande de ses Essais physiognomoniques.

1776. En Angleterre, le médecin Edward Jenner découvre la vaccine. — Premier volume de l'Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain par le protestant Gibbon.

Les Américains, battus devant Québec par le général Carleton, sont chassés du Canada par le général Burgoyne. — Prise de Boston par Washington. — Déclaration de l'indépendance des treize Etats unis dans le congrès de Philadelphie (4 juillet). — Franklin est envoyé en France comme ambassadeur.

Ordonnance de Turgot qui abolit la corvée ; le parlement refuse de l'enregistrer. L'édit passe en it de justice. La corvée sera remplacée par un impôt mis sur tous les ordres (12 mars). — Révocation de cet édit (11 août). — Départ de la Fayette et de plusieurs nobles pour l'Amérique. — Abolition, puis rétablissement des maîtrises et des jurandes. — Retraite de Malesherbes, ministre de la maison du roi, ami de Turgot ; renvoi de Turgot. Necker, banquier genevois et protestant, est nommé directeur général des finances. Il essaye de rétablir les finances de l'Etat sans augmenter les impôts et sans diminuer les dépenses de la cour, en ayant recours à des emprunts et en réduisant les frais de perception.

Cession de la Bukowine à l'Autriche par la Porte. En Allemagne, fondation de la secte des illuminés par Weishaupt, professeur de droit canonique à Ingolstadt.

En Russie, crédit de Potemkin, favori de la czarine Catherine II.

1777. Mort de l'électeur de Bavière, Maximilien-Joseph, sans postérité masculine. Tout l'héritage de l'électeur de Bavière, excepté les terres allodiales, revenait à l'électeur palatin, Charles-Théodore, en vertu d'un pacte de famille conclu en 1771. Prétentions de l'empereur sur près de la moitié de la succession vacante ; il fera occuper la Bavière par des troupes ; l'électeur palatin sera soutenu par Frédéric II.

Voyage de Joseph II en France. — Renouvellement de l'alliance avec les cantons suisses. — Etablissement du mont-de-piété, prêtant sur gages mobiliers (9 sept.). — Premier numéro du Journal de Paris, journal quotidien. — Mort de Bernard de Jussieu.

Mort de Joseph Ier, roi de Portugal. Sa fille Marie lui succède. Retraite de Pombal. — Guerre entre l'iispagne et le Portugal, terminée par les traités de Saint-Ildefonse et du Pardo ; le Portugal renonce à la colonie du Saint-Sacrement, sur le golfe de Rio de la Plata, et cède à l'Espagne les îles d'Annobon et de Fernando Po, sur la côte occidentale de l'Afrique.

Invasion de la Crimée par Catherine II.

L'Américain Gates force Burgoyne à capituler à Saratoga. — Prise de New-York et de RhodeIsland par le général anglais Howe.

Ap. J.-C.

1778. Succès de la mission de Franklin en France. — Traités d'amitié et de commerce avec les Etats-Unis (6 février). Déclaration de guerre à l'Angleterre (24 mai). — Le général anglais Clinton abandonne Philadelphie. — Perte de Pondichéry par la France. — Combat naval indécis d'Ouessant, sur la côte de Bretagne, entre l'Anglais Keppel et le Français d'Orvilliers. — Lord Chatam paraît pour la dernière fois au parlement. Il meurt quelques jours après, à l'âge de 70 ans (11 mai). — Abolition de la main-morte en France. — Etablissement des assemblées provinciales. — L'abbé de l'Epée fonde l'institution des sourds et muets. — Dernier voyage de Voltaire à Paris à 84 ans ; représentation d'Irène. Sa mort (30 mai). — Mort de J. J. Rousseau, à Ermenonville (3 juillet). — Epoques de la nature, de Buffon.

Mort du grand naturaliste suédois Linné, à 70 ans.

1779. Finde la guerre de la succession de Bavière par la médiation de la France et de la Russie (13 mai). Traité de Teschen : l'Autriche garde seulement quelques districts de la Bavière ; le reste de l'électorat passe à la maison de Deux-Ponts.

L'Espagne se déclare pour les Etats-Unis (16 juin). — Les Hollandais envoient des munitions de guerre aux Américains. — L'amiral français d'Estaing échoue à l'assaut de Sainte-Lucie, mais prend Saint-Vincent (1 6 juin) et la Grenade (4 juillet). — Campagne infructueuse des flottes française et espagnole dans la Manche. — Gibraltar, attaqué par les Espagnols, est ravitaillé par l'amiral Rodney. — Siège de Savannah.par d'Estaing (2 sept.). Retour en France de ce dernier. Mission armée de Rochambeau en Amérique.

Le célèbre navigateur Cook, qui accomplissait son 3e voyage, est assassiné dans une des Sandwich.

En France, Parmentier, agronome, donne son Examen critique de la pomme de terre. — Mesmer, médecin allemand, publie à Paris son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal.

1780. Mort de Marie-Thérèse. — Son fils Joseph II lui succède.

Emeutes contre les catholiques dans différentes villes d'Angleterre. — Début du Morning-Herald.

Combat naval, près de la Dominique, entre le comte de Guichenet l'amiral Rodney (17 avril). — Nouveaux combats entre les flottes anglaise et française à la hauteur de la Martinique (mai). — Catherine II, conseillée par son premier ministre Panin, proclame la liberté du commerce neutre et la franchise des pavillons. La Suède, le Danemark, la Prusse, l'Autriche, le Portugal, les DeuxSiciles et la Hollande accèdent à la Neutralité armée. — Déclaration de guerre de l'Angleterre à la Hollande. — L'Indien Haïder-Ali est soutenu par la France contre les Anglais.

Abolition de la question préparatoire dans tous les tribunaux de France (24 août). — Mort de Gilbert, à l'hôpital.

Le Napolitain Filangieri donne son grand ouvrage de la Science de la législation, où il traite des règles générales de la législation et des moyens d'apprécier ou de perfectionner les lois existantes.

1781. Herschell, astronome né à Hanovre, découvre la planète Uranus (13 mars). — Mort de Lessing. — Critique de la raison pure, par le philosophe Kant, de Kœnigsberg.

Réformes de Joseph II en Autriche ; il défend aux religieux de ses Etats d'obéir à des supérieurs ecclésiastiques étrangers ; il accorde, par son célèbre édit de tolérance du 13 octobre, le libre exercice pour tout culte chrétien ; égalité des droits civils, quelle que soit la différence des religions. — Nouveau voyage de Joseph II à Paris. 254 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. Succès des Américains et de leurs alliés. En Virginie, Washington et le général français Ro- chambeau, aidés par les succès sur mer dû comte de Grasse, obligent le général anglais Cornwallis à capituler avec huit mille hommes dans York- town (19 octobre). Publication du premier compte rendu des finances par Necker (janv.). — Retraite de Necker(21 mai); il est remplacé par M. Joly de Fleury. 1782. Chute du ministère de lord North (20 mars) Ministère du marquis de Rockingam, dans lequel entrent Fox et Burke; mort de Rockingam (1 er juillet). Shelbume et Fox restent chefs du gouvernement. Prise de l'île Minorque par les Espagnols — Aux Antilles, défaite du comte de Grasse près des Saintes par Rodney. — L'Anglais Elliot défend courageusement Gibraltar, assiégé par 20 000 Fran- çais et Espagnols. — Victoires du bailli de Suffren aans la mer des Indes. — Mort d'Haïder-Ali (9 déc.). Il a pour successeur le fameux Tip- poo-Saèb. — Les négociations pour la paix d'Amé- rique s'ouvrent à Versailles, et les préliminaires en sont signés pour l'Amérique le 30 novembre. Pie VI, qui s'est rendu à Vienne, ne peut obte- nir de Joseph II le retrait de plusieurs édits de 1781 sur les matières religieuses. Guyton de Morveau, avocat général à Lyon, conçoit le premier l'idée d'une nouvelle nomencla- ture chimique. 17-83. Fox se retire du ministère Shelbume, qui dure jusqu'au 14 mars; la paix ayant été conclue, Shelbume se vit forcé aussi de se retirer : la coa- lition de lord North, de Fox et de Burke ne subsiste que jusqu'au 18 déc. de cette année, et le 23 dé- cembre William Pitt, âgé de 22 ans, parvient à la tête du nouveau ministère, qu'il dirigea avec tant d'éclat jusqu'au 9 février 1801. Préliminaires de paix entre la France et l'Es- pagne (20 janvier). — Préliminaires de paix entre l'Angleterre et la Hollande, sous la médiation de la France (2 sept.). — Traités de paix définitifs entre l'Angleterre, l'Amérique , la France et l'Es- fjagne (3 sept.); traité de paix entre l'Angleterre et a Hollande (20 mai 1784). Les principaux négo- ciateurs furent les lords Oswald et Fitz-Herbert, Franklin, le comte de Vergennes et le comte d'Aranda. L'indépendance des treize Etats unis est reconnue, le Mississipi forme leur frontière occi- dentale. La France garde le Sénégal, Tabago et Sainte-Lucie aux Antilles, Saint-Pierre etMiq'uelon, dans le golfe Saint-Laurent, avec la liberté de pêche à Terre-Neuve ; l'Espagne conserve Minorque et recouvre les Florides ; la Hollande cède à l'Angle- terre Négapatnam et lui assure la libre navigation dans les mers des Indes. — Washington dépose ses pouvoirs de généralissime et rentre dans la vie privée. En France, d'Ormesson remplace Joly de Fleury pendant 8 mois, comme contrôleur des finances. — M. de Calonne devient ministre des finances (nov.). — Le bénédictin Fr. Clément commence la publication de Y Art de vérifier les dates après Jésus-Christ, qui sera terminé en 1787. — Pre- mière expérience faite par les frères Montgolfier aux Etats du Vivarais pour enlever un ballon au moyen de l'air raréfié par la chaleur (5 juin). — L'expérience est renouvelée devant le roi et toute la cour à Versailles (19 sept.). — Ascension, à la Muette, au moyen d'une Montgolfière, des physi- ciens Pilâtre de Rozier et du marquis d'Arlande (21 nov.). — Première ascension, à Paris, par le physicien Charles, au moyen d'un ballon gonflé avec de l'hydrogène (I e ' déc). Entrevue de Joseph II, à Rome, avec Pie VI. Catherine II occupe la Crimée que lui a aliénée Ap. J.-c. le Khan tartare, ainsi que le pays du Kouban, le long de la côte orientale de la mer Noire. 1784. Traité entre l'Angleterre et Tippoo-Saëb à Mangalore, au N. de la côte de Malabar (mars). Il est reconnu souverain indépendant de Mysore, et prend le titre de sultan et d'empereur. Rupture au sujet de la navigation de l'Escaut entre l'Autriche et la Hollande. En France, établissement d'une nouvelle com- pagnie des Indes (14 avril). — Rude hiver de 1783. — M. de Calonne emprunte 125 millions. — Etudes de lanature de Bernardin de Saint-Pierre. — Mariage de Figaro de Beaumarchais (27 avril). — De 1784 à 1787, le peintre David donne les Horaces, la Mort de Socrate, Paris et Hélène, et le Brutus. Gustave III, roi de Suède, vient à Paris sous le nom de comte de Haga (juin) . — La France lui cède Saint-Barthélémy dans les petites Antilles et obtient en retour d'importants privilèges pour le commerce français dans le port de Gœtheborg, à l'entrée du Cattégat. 1785. M. de Calonne fait un nouvel emprunt de 80 millions. — Affaire du collier de la reine. Ar- restation du cardinal de Rohan (15 août). — Ascension heureuse de Nicolas Blanchard de Dou- vres à Calais (7 janvier). — L'aéronaute Pilâtre de Rozier s'élève de Boulogne, mais le feu prend au ballon et il périt (15 juin). — Œuvres complètes de Voltaire, édition de Kehl, préparée par Beau- ' marchais. — Discours sur l'universalité de la langue française , de Rivarol. — Voyage de la Pérouse. Fox, Sheridan, Burke s'élèvent dans le parle- ment contre les exactions et les cruautés de War- ren Hastings, gouverneur général de la compa- gnie des Indes. — Machine à vapeur à double effet, perfectionnée par Watt. La médiation de la France termine les diffé- rends entre Joseph II et les Provinces-Unies. Traité d'alliance de la France avec la Hollande signé à Fontainebleau (10 nov.). Triomphe du parti patriote. 1786. Accroissement des forces maritimes de la France; organisation du service de mer; règle- ment d'avancement des officiers de vaisseaux. Louis XVI visite Cherbourg (21 juin). — Nouvel em- prunt de M. de Calonne. — Traité de commerce avec la Hollande (26 septembre), avec l'Angle- terre (décembre). Mort de Frédéric II, .dit le Grand, à Potsdam (17 août). Avènement de son neveu Frédéric- Guillaume II, âgé de 42 ans. 1787. Wilberforce demande au parlement d'Angle- terre l'abolition de la traite. — Déportation des criminels dans la partie orientale de la Nouvelle- Hollande, appelée Nouvelle-Galles; origine de la colonie de Sidney et de Botany-Bay. — Voyage de l'agronome Arthur Young en France. Joseph II visite Catherine II en Crimée. — In- surrection dans les Pays-Bas, causée par les atteintes portées, dans l'édit de la joyeuse entrée, aux privilèges des états, par la création d'un nou- veau conseil militaire, ecclésiastique et universi- taire. — Joseph II révoque les nouvelles ordon- nances; fin des troubles. Voyage triomphal de Catherine II avec Potem- kin dans la Tauride. — La Porte déclare la guerre à la Russie (24 août). Traité de navigation et de commerce avec la Russie par la France, signé pour 12 ans à Saint- Pétersbourg (11 janv.). — Mort du comte de Ver- gennes ; nomination de Montmorin au ministère des affaires étrangères. — Ouverture de l'assem- blée des notables à Versailles (22 février). — Renvoi du contrôleur général Calonne. Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, est nommé chef du conseil des finances (avril). — Clôture de l’assemblée des notables (25 mai). — Création d’assemblées provinciales (12 juin). — Le parlement demande la convocation des états généraux (6 juillet). — Le cardinal Loménie de Brienne est nommé principal ministre. — Lit de justice à Versailles, où le roi fait enregistrer deux édits bursaux (6 août). — Le parlement, assemblé à Paris, déclare nul cet enregistrement (7 août). — Exil du parlement à Troyes (15 août). — Les frères du roi, à la tête de troupes, vont faire enregistrer les édits à la cour des aides et à celle des comptes (18 août). — Rappel du parlement (20 sept.). — Séance royale au parlement pour l’enregistrement d’un édit portant création d’un emprunt jusqu’à la concurrence de 440 millions. Exil du duc d’Orléans (19-20 nov.).

Nouvelle nomenclature chimique par Lavoisier et Guyton de Morveau, avec le concours de Bertholletet de Fourcroy. — Le chimiste Achard, né à Berlin, exploite le premier en grand l’industrie du sucre de betterave.

Lutte en Hollande entre le parti d’Orange et le parti patriote. Le premier est soutenu par les Prussiens.

1788. En Angleterre, début du Times.

Guerre soutenue par la Porte contre l’Autriche et la Russie. Défaite des Russes sur mer par les Turcs, devant Sébastopol. — Les Autrichiens échouent devant Belgrade, et sont battus à Temesvar par les Turcs. — Prise d’Oczakow par Potemkin. — La Suède et le Danemark prennent part à la guerre : la première attaque la Russie, le second est allié de Catherine II.

Mort de Charles III, roi d’Espagne. La fin de son règne a été marquée par l’utile ministère de Campomanès. Avènement de son fils Charles IV. Loménie de Brienne et Lamoignon, garde des sceaux, veulent réduire les parlements au jugement des affaires privées, et établir des cours plénières formées de l’élite des privilégiés. — Opposition du parlement. Arrestation du conseiller Duval d’Eprémesnil. — On renonce à l’établissement de la cour plénière. — Édit du 8 août pour l’ouverture des états généraux au 1er mai 1789. — Necker remplace Loménie de Brienne (24 août). Troubles à Paris. — Retraite de Lamoignon. — L’édit de convocation des états généraux est enregistré au parlement (27 sept.). — 2e assemblée des notables à Versailles (6 nov.). Necker obtient qu’il y aura mille députés et que le tiers étataura un nornbre de représentants égal à celui des deux ordres réunis ; l’assemblée se réunira à Versailles (27 nov).

Mort de Buffon (16 avril). — Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, de l’abbé Barthélémy. — Paul et Virginie, de Bernardin de Saint-Pierre.

Traité d’alliance de la Hollande avec l’Angleterre, moyennant le maintien du Stathoudérat (15 avril). — Triple alliance de la Hollande, de l’Angleterre et de la Prusse (août-septembre).

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

1789. Nouveaux troubles dans les Pays-Bas. Les rebelles, vainqueurs des Autrichiens, sont maîtres de Bruxelles et convoquent pour l’année suivante un congrès national.

Gustave III, roi de Suède, se fait donner un pouvoir illimité par les trois ordres du clergé, des bourgeois et des paysans. Il casse le sénat.

Victoire de Souvarov sur les Turcs à Fokschany, au N. E. de la Valachie. — Prise de Belgrade par l’Autrichien Laudon ; de Bender par Potemkin.

George Washington est élu président des États(Unis.

Ouverture des états généraux à Versailles par le roi (5 mai). — La noblesse et le clergé ayant refusé de se joindre au tiers état pour voter en commun et par tête, le tiers état, sur la motion de Sieyès, se déclare lui-même Assemblée nationale (17 juin). — Serment du Jeu de paume (20 juin). — Louis XVI, dans une séance royale, ordonne aux députés de se séparer : le clergé et la noblesse obéissent, mais le tiers état, entraîné par Mirabeau, résiste à l’injonction. La personne des députés est déclarée inviolable (23 juin). — Louis XVI invite les deux ordres à se joindre au tiers état (27 juin). — Disgrâce de Necker (11 juillet). — Agitation dans Paris. — Prise de la Bastille par le peuple parisien (14 juillet). — Commencement de l’émigration : fuite du comte d’Artois, du prince de Condé et de sa famille (16 juillet), et bientôt de beaucoup de gens de la cour. — Bailly est nommé maire de Paris, la Fayette commandant de la milice parisienne. Adoption de la cocarde tricolore. — Rappel de Necker (28 juillet). — Nuit du 4 août, dans laquelle l’Assemblée abolit les droits féodaux et tous les privilèges. — La liberté des opinions religieuses et de la presse est décrétée (23, 24 juillet). — Troubles à Paris causés par la cherté du pain ; la populace se transporte à Versailles, où sont massacrés les gardes du corps dans le palais même (5 octobre). — Le roi est forcé de revenir à Paris avec sa famille (6 oct.). — L’Assemblée nationale vient siéger à Paris (12 oct.) ; elle s’installera dans le manège, près des Tuileries, du côté de la rue Saint-Honoré. — Décrets de l’Assemblée : les biens du clergé sont déclarés biens nationaux (2 nov.) ; création des assignats (17 déc) ; confiscation des biens des émigrés (22 déc). — Le premier numéro du Moniteur officiel paraît le 5 mai. — Mort de Joseph Vernet, paysagiste de marine. — Charles IX, tragédie de J. Chénier.

1790. L’Anglais Burke attaque avec violence la révolution dans ses Réflexions sur la révolution française. Toutes les provinces belges, à l’exception du Luxembourg, proclament leur indépendance (janvier). — Congrès national à Bruxelles. — L’empereur, craignant une insurrection en Hongrie, rétablit la constitution hongroise (janv.). — Mort de Joseph II, à 49 ans (20 févr). Son frère Léopold II lui succède d’abord comme roi de Bohême et de Hongrie et souverain des Pays-Bas. Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, fait alliance avec la Porte contre l’Autriche et la Russie. — Succès des Autrichiens contre les Turcs, sur le Danube, sous la conduite du prince de Cobourg. — Victoire navale des Russes sur les Suédois à Swenska-Sund. — Congrès de Reichenbach, en Silésie, où la Prusse se rapproche de l’Autriche (27 juin-27 juillet). — Paix de la Suède avec la Russie, à Werela (14 août). — Trêve de 9 mois entre l’Autriche et la Porte (19 sept.). — Léopold, qui a renoncé au grand-duché de Toscane, en faveur de son second fils, l’archiduc Ferdinand, est élu empereur d’Allemagne (30 sept.). — Répression de l’insurrection belge. Convention de la Haye entre l’Angleterre, la Prusse et la Hollande, qui garantit les Pays-Bas à l’empereur (11 déc). — Prise d’Ismaël sur les Turcs par Souwarow (22 déc).

En France, nouveaux décrets de l’Assemblée nationale : elle proclame l’égalité de tous devant la loi (21 janv.) ; divise la France en 83 départements (15 janv.) ; suppression des vœux monastiques (13 février) ; égalité des partages dans les successions, suppression des substitutions et des droits des aînés, abolition des droits seigneuriaux (24 févr.). — Création de la municipalité de Paris, divisée en 48 sections (6 mai). — Suppression de tous les titres de noblesse, des ordres militaires, des livrées, des armoiries, de toute espèce de distinction entre les Français (19 juin). — L’assemblée fixe le nombre des métropoles ecclésiastiques et des évêchés (7 juin), et décrète la constitution civile du clergé (12 juillet). — Fête nationale de la Fédération au champ de Mars (14 juillet). — Démission de Necker (4 sept.) ; il quitte la France. — Suppression des parlements et des cours de justice, qui sont remplacés par des tribunaux sédentaires de deux juridictions, les tribunaux de première instance, et les cours royales, dont une cour de cassation pouvait casser les arrêts (août et septembre).

Aux Etats-Unis, mort de Franklin (17 avril).

1791. Mort de Mozart, compositeur allemand, à 36 ans.

Traité de paix signé à Szistowa, entre l’Autriche et la Turquie (4 août). L’Autriche ne garde que le territoire de l’Unna et Vieux-Orsova.

Mémoire du Bolonais Galvani sur les propriétés électriques qui constituent le galvanisme.

Constitution nouvelle en Pologne (3 mai). Dispositions principales : 1° conversion du royaume électif en royaume héréditaire ; 2° pouvoir exécutif attribué au roi avec le concours du sénat ; 3° conservation de la diète divisée en deux chambres, et suppression du liberum veto. Cette constitution est reçue par la nation avec enthousiasme.

Préliminaires de paix signés à Galatz, sur le bas Danube, entre la Russie et la Turquie (11 août). — Mort de Potemkin.

En France, sacre des premiers évêques constitutionnels à Paris, par les mains de M. de Talleyrand (15 févr.) — Mort de Mirabeau (2 avril). — Concessions des droits civils aux mulâtres des colonies (15 mai) qui sera une cause de luttes sanglantes entre les mulâtres et les blancs à Saint-Domingue. — M. Guillotin, docteur en médecine, fait adopter la machine inventée par lui pour l’exécution des sentences capitales (31 mai). — Un décret de l’Assemblée ôte au roi le droit de faire grâce. — Louis XVI essaye de fuir de la France, mais il est arrêté à Varennes (21 juin) et ramené à Paris (25 juin). — Ordre aux émigrés de rentrer en France sous 2 mois (9 juillet). — L’Assemblée suspend l’exercice du pouvoir exécutif entre les mains de Louis XVI jusqu’à ce qu’il ait accepté la Constitution (15 juillet). — Première insurrection des nègres à Saint-Domingue (22 août). — Congrès de Pilnitz, en Saxe, au S. E. de Dresde, où l’empereur et le roi de Prusse conviennent de réintégrer Louis XVI dans la plénitude de son pouvoir (27 août). — La Constitution est terminée (13 sept.) ; le roi vient à l’assemblée, il signe la Constitution et jure de la maintenir (14 sept.) — Avignon et le Comtat-Venaissin sont déclarés partie intégrante de la France. — Dernière séance de l’Assemblée constituante (30 sept.)

Ouverture de l’Assemblée législative (1er oct.). — Agitation en Vendée et en Bretagne ; des troupes sont dirigées contre les Chouans. — Convention entre la Suède et la Russie. — Projets de Gustave III pour arrêter la révolution française.— Louis XVI refuse de sanctionner les décrets de l’assemblée qui menacent de mort les émigrés s’ils ne rentrent pas en France au 1er janvier, et enlèvent leur traitement aux prêtres qui ne prêtent pas le serment civique. — Rochambeau et Luckner sont mis à la tête des armées du nord et du Rhin.

1792. Alliance de l’Autriche et de la Prusse contre les révolutionnaires de France (7 févr.). Le Danemark refuse de s’y associer. — Mort de l’empereur Léopold (1er mars). Son fils aîné François II, âgé de 24 ans, lui succède.

En Pologne, des seigneurs, qui sont opposés à la nouvelle constitution, se confédèrent à Targavitz, au S. E. de la province de Kiev (14 mai), et s’appuient sur la Russie. Le roi Poniatowski se joint a eux. Malgré l’héroïsme de Kosciusko, qui lutte avec 8000 hommes contre 20 000 Russes à Dubienka, près de Lublin (17 juillet), la nouvelle constitution est renversée et tous les décrets de la diète de Varsovie de mai 1791 sont abolis.

Assassinat de Gustave III, roi de Suède, dans un bal masqué, par un noble, Anckarstroëm, qui subira le supplice des parricides (16 mars). Il a pour successeur son fils, Gustave IV, âgé de 14 ans, sous la tutelle de son oncle le duc de Sudermanie.

Traité d’Iassy entre la Porte et la Russie. La Russie conserve Oczakow, avec le pays entre le Dnieper et le Dniester, ce dernier fleuve devenant la frontière. La cession de la Crimée et du Kouban lui est confirmée ; bientôt s’y élèveront les villes de Kherson et d’Odessa.

En Espagne, disgrâce du premier ministre, le comte Florida Blanca, qui est remplacé par le comte d’Aranda (9 janv.).

Victoires des Anglais aux Indes sur Tippoo-Saëb, qui est contraint de leur abandonner la moitié de ses Etats et de leur payer une forte contribution de guerre. — Le philosophe écossais Dugald-Stewart, élève de Reid, donne le premier volume de la Philosophie de l'esprit humain. — Mort du peintre Reynolds.

Décret d’accusation contre Monsieur, le comte d’Artois, le prince de Condé et plusieurs autres émigrés (1er janv.). — Monsieur est déclaré déchu de son droit éventuel à la régence (16 janv.). — Décret prononçant le séquestre des biens des émigrés (9 fév.). — Décret admettant les hommes de couleur et les nègres libres des colonies à jouir immédiatement des droits politiques (mars). — Décret qui prohibe tout costume ecclésiastique et religieux (15 avril). — Commencement des hostilités près de Lille. Les Français sont repoussés à Tournay. Leur général, Dillon, est massacré par ses soldats. Le lendemain, le général Biron est battu et est forcé de rentrer en désordre à Valenciennes. — Les ecclésiastiques non assermentés seront déportés (26 mai). — L’Assemblée se constitue en séance permanente (29 mai). — Renvoi des trois ministres girondins, Servan, Roland et Clavières. Ils sont remplacés par Mourgues, Dumouriez et Beaulieu (12-13 juin). — Prise de Menin par Luckner (17 juin). — Insurrection des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, qui envahissent les Tuileries. Prise d’Ypres et de Courtrai par Luckner (20 juin). — Première coalition continentale contre la France. Manifeste du roi de Prusse (26 juin). — Les sections de Paris se déclarent en permanence. Manifeste du duc de Brunswick (25 juillet). — Pétion demande à l’Assemblée, au nom de la commune, la déchéance du roi. — Bombardement de Thionville par les Prussiens (5 août), — Victoire de Luckner sur les Autrichiens à Cassel (7 août). — Les Marseillais, arrivés récemment à Paris, et les faubourgs s’emparent des Tuileries ; massacre des Suisses. — Le roi se rend à l’Assemblée. Décret qui le suspend de ses fonctions et qui convoque une assemblée nationale (10 août). — Le roi et sa famille sont conduits dans la tour du Temple (12 août). — Création du tribunal du 10 août (17 août). — Etablissement d’un tribunal criminel extraordinaire (18 août). — La Fayette quitte son armée et est arrêté aux avant-postes autrichiens. Il est remplacé par Duroouriez (20 août). — Première TEMPS MODERNES. 257 Ap. J.-C. surrection des Vendéens (22 août) . — Prise de Longwy par les Prussiens. Kellermann remplace luckner (23 août) . — Reddition de Verdun, dont le commandant, Beaurepaire, se tue de désespoir (2 sept.). — Massacres dans les prisons de Paris (2, 3, 4 et 5 sept.). — Clôture de l'Assemblée lé- gislative (21 sept.). RÉPUBLIQUE. Première séance de la Convention, qui décrète que la royauté est abolie et proclame la république (22 sept.). — Décret proclamant la république française une et indivisible (25 sept.). — Bombarde- ment de Lille par les Autrichiens (29 sept.). — Prise de WormsparCustine (4 oct.) . — Reprise de Verdun (13 oct.). — Prise de Mayence par Custine, de Longwy par Kellermann (21 oct.). — Évacuation du territoire français parles Prussiens (2 oct.). — Prise de Francfort-sur-Mein par Custine. — Vic- toire de Durnouriez à Jemmapes sur le prince de Cobourg (6nov.). — Occupation de Bruxelles par Durnouriez (13 nov.). — La Savoie est réunie à la France et forme le département du Mont-Blanc. — Décret qui porte que Louis XVI sera jugé par la Convention (3 déc). — Louis XVI comparaît à la barre de la Convention; il nomme pour ses défenseurs Tronchet et Target ; ce dernier refuse et est remplacé par M. de Malesherbes. 1793. Basseville, ambassadeur de France à Rome, est massacré dans cette ville par le peuple. — La peine de mort est prononcée contre Louie XVI après l'audition des défenseurs interjetant a^pel au peuple, par 387 votants sur 721 (17 janv.). — Vive discussion sur la question de savoir s'il y aura un sursis à l'exécution de Louis (18 janv.). — L'acte de Louis XVI, portant appel au peuple, est déclaré nul par la Convention (19 janv.). — Exécution de Louis XVI. Assassinat du conven- tionnel Le Pelletier de Saint-Fargeau par Paris, ancien garde du corps (21 janv.). — Déclaration des princes français, datée de Ham (Westpbalie), reconnaissant le dauphin pour roi de France (sous le nom de Louis XVII), Monsieur pour régent du royaume et le comte d'Artois pour lieutenant- général (28 janv.). Réunion à la France du comté de Nice, qui forme le département des Alpes-Maritimes (31 jan- vier). — Déclaration de guerre à l'Angleterre et au stathouder de Hollande ( 1 " fé v.) . — Guerre civile en Vendée. — Invasion de la Hollande (17 fév.). — Décla- ration de guerre à l'Espagne (7 mars). — Première coalition contre la France, formée par l'Autriche, la Prusse, l'Empire, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne, le Portugal, le pape et le roi de Sar- daigne (9 mars) . — Etablissement du tribunal ré- volutionnaire à Paris (10 mars). — Prise de Chol- let (Vendée) par Cathelineau et Stofflet (15 mars). — Défaite de Durnouriez à Nerwinde (8 mars) . — Réunion à la France de l'évêché de Bâle, qui forme le département du Mont-Terrible (23 mars) . — Durnouriez, qui s'est prononcé ouvertement contre la Convention, passe à l'ennemi (1 er avril). — Décret établissant un comité de salut public composé de neuf membres (6 avril). — Prise de Tabago par les Anglais (15 avril). — Massacre des blancs à Saint-Domingue (21 mai). — Insurrection de Lyon contre la Convention (29 mai) . — Journée dite du 31 mai. Insurrection à Paris. — Nouvelle insurrection. Arrestation de 21 députés girondins. — Défaite des républicains à Saumur par les Ven- déens, qui s'emparent de la ville (10 juin). — La constitution dite de 93, ou de l'an I er , est présentée à l'acceptation du peuple (24 juin). — Attaque de Nantes par les Vendéens (27-29 juin). — Reprise de Saumur par les républicains (30 juin). - Dé- faite des Vendéens Lescure et La Rochejaquelein Ap. J.-C. par Westermann (3 juillet). — Assassinat de Ma- rat par Charlotte Corday (13 juillet). — Capitu- lation de Mayence, assiégé depuis 4 mois par les Prussiens (23 juillet).— Loi décrétant l'arrestation des suspects (12 août). — Décret ordonnant la levée en masse du peuple français. Prise de Pon- dichéry par les Anglais (23 août). — Toulon livré aux Anglais (27 août). — Défaite des Anglais et des Autrichiens à Hondschoote par Houchard (6, 7, 8, 9 sept.). — Procès de Marie-Antoinette. Arrestation de 53 députés girondins (3 oct.). — Le 5 oct., décret qui abolit l'ère chrétienne et or- donne q ue l'ère des Français datera de la fondatio n de la Bépublique (22 sept. 1792) . — Prise de Lyon, qui s'était insurgée contre la Convention (9 oct.). — Victoire de Jourdan à Wattignies sur les Autri- chiens (15-16 octobre) . — Condamnation et exécu- tionde Marie-Antoinette (1 6 oct.) . — Exécution de 21 députés girondins (31 oct.). — Exécution du duc d'Orléans (8 nov.). La commune de Paris dé- crète l'abolition du culte catholique et le remplace par le culte de la Raison (10 nov.). — Inaugura- tion du calendrier républicain (24 nov.). — Prise du Mans par La Rochejaquelein (10 déc). Reprise de Toulon par Dugommier, sous lequel comman- dait Napoléon Bonaparte (19 déc). — Défaite des royalistes à Savenay (Loire-Inférieure). — Expé- riences du télégraphe aérien de l'abbé Chappe (12 juillet). Second démembrement de la Pologne par la Prusse et la Russie. Découverte de la lithographie à Munich, par Senefelder. Voyage de l'Anglais Vancouver, à la recher- che d'une communication entre 1 Atlantique et le Pacifique en passant au nord de ^Amérique septentrionale. Aux Etats-Unis, Washington est réélu président pour quatre ans. 1794. En Angleterre, acquittement de Warren Has- tings. En Espagne, crédit de don Manuel Godoy, fa- vori de la reine; il obtient les pouvoirs de pre- mier ministre (9 avril). En Pologne, Kosciusko, créé dictateur, bat les Russes à Raslavice (4 avril). — Massacre d'une partie de la garnison russe à Varsovie (avril). — La Prusse et l'Autriche appuient la Russie. — Le roi de Prusse s'empare de Cracovie par trahison. — Défaite de Kosciusko à Macejovice, sur le San (10 oct.). — Massacres horribles commis à Prage par l'ordre de Souvarov. Reddition de Varsovie. Catherine II force Stanislas Poniatowski d'abdi- quer. Le philosophe allemand Fichte donne : Idée de la doctrine de la science. Continuation de la guerre de la première coali- tion contre la France. — Dans les Antilles, les Anglais nous enlèvent la Martinique, la Guade- loupe, Sainte-Lucie, la Dominique. — La Corse est occupée par les Anglais (18 juin). — Hoche, commandant de l'armée de Moselle et Rhin, et Pichegru sauvent Landau. — Pichegru, à la tête de l'armée du nord, envahit la Belgique au- trichienne (26 avril) . — Combat naval dans l'O- céan entre les Anglais et les Français ; ceux-ci y perdent 8 bâtiments, entre autres le Vengeur. — Victoire de Jourdan à Fleurus, au nord de Char- leroi (26 juin). Masséna, qui avait tenté d'envahir le Piémont, est forcé de reculer jusqu'aux côtes de Gênes. — Tandis que Pichegru achève la con- quête de la Belgique, Daendels franchit sur la glace le Wahal, bras du Rhin inférieur, et entre en Hollande (25 déc). — La Prusse et l'Empire entament des négociations avec la France. Loi portant abolition immédiate de l'esclavage dans les colonies (4 févr.). — Horreursdelaguerro 17 258 CHRONOLOGIE. -— TABLES. Ap. J.-C. de Vendée. Tous les habitants du pays sont mis par la Convention hors la loi. Défense de faire aucun prisonnier (27 mai). — Épouvantables massacres accomplis dans les provinces par les commissaires de la Convention : Carrier à Nantes, Lebon à Arras, Collbt d'Herbois à Lyon, etc. — Exécution d'Hébert, dit le père Duchêne, de Ron- sin, d'Anacharsis Clootz, etc. (24 mars); de Danton, de Lacroix, de Chabot, de Camille Des- moulins, de Hérault de Séch elles (5 avril); de Chaumette, ancien procureur de la Commune, qui a imaginé les fêtes de la Raison (13 avril). — Exécution du célèbre chimiste Lavoisier avec les autres fermiers généraux (8 mai). — Condamnation à mort de Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI (10 mai). — La Convention, sur la proposition de Robespierre, déclare que le peuple français re- connaît l'existence d'un Être suprême et l'im- mortalité de l'âme (7 mai) . — Fête de l'Être su- prême. — Exécution du poète André Chénier (25 juillet). — Journée du 9 thermidor (27 juillet). Défaite du parti jacobin à la Convention. Ar- restation des deux Robespierre, de Couthon, de Saint- Just et de Lebas, qui se tue. — Exécution des deux Robespierre, de Couthon el de Saint- Just (10 thermidor, 28 juillet). — Fin delà Ter- reur, qui durait depuis l'exécution de Louis XVI. — Le club des Jacobins est fermé (11 nov.). — Execution de Carrier (15 déc). Créationde l'École centrale des travaux publics ou Ecole polytechnique (11 mars). — Geoffroy-Saint- Hilaire ouvre le premier cours de zoologie qui ait été fait en France (6 mai). — Fondation d'un musée des monuments français , par Albert Le- noir. — Le télégraphe aérien de l'abbé Chappe, qui fonctionne de Paris à Lille, est inauguré par la nouvelle de la prise de Condé sur les Autri- chiens (30 nov.). 1795. La Courlande se soumet volontairement à la Russie (18 mars). — Troisième et dernier partage de la Pologne (24 oct.). Pichegru achève la conquête de la Hollande. Occupation d'Amsterdam (19 janv.).— Prise de la flotte hollandaise au milieu des glaces du Texel par des hussards français (20 janv.). — Les Fran- çais s'emparent de Roses, place forte, au S. E. des Pyrénées orientales (3 févr.). — Paix signée à Paris entre la république et le grand-duc de Tos- cane (9 févr.) . — Paix de Bâle entre la Prusse et la France (5 avril). — Traité de paix entre la France et la Hollande (16 mai) : abolition du stathoudérat; la France conserve la Flandre hol- landaise. — Traité de paix à Bàle entre la France et l'Espagne, qui abandonne sa part de la colonie de Saint-Domingue. — Les Anglais enlèvent à la Hollande, devenue notre alliée, Ceylan, Malacca, les foits du Malabar (août) , le cap de Bonne-Es- pérance (16 sept.). — Défaite de Jourdan à Hochst, à PO. de Francfort, par l'Autrichien Clairfait (11 oct.). — Trahison de Pichegru qui traite avec le prince de Condé; il est destitué. — Défaite des Autrichiens en Italie, à Loano, entre Albinga et Finale, par Schérer (23 nov.). Première pacification de la Vendée , conclue à la Jaunaye (15 févr.). — Décret qui divise la commune de Paris en douze arrondissements (21 févr.). — Insurrection des faubourgs de Paris contre la Convention (1 er avril, 12 germi- nal) . — Décret établissant l'uniformité des poids, mesures et monnaies suivant le système décimal (7 avril). — Exécution de l'accusateur public du tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville (6 mai). — Journée dite du l er prairial;nouvelle insurrection des faubourgs contre la Convention ; mort du dé- puté Ferraud ; fermeté du président Boissy-d' An- glas. — Abolition du tribunal révolutionnaire (31 mai). — Mort de Louis XVII, âgé de 10 ans, Ap. J -C. dans la prison du Temple (8 juin). — Échange de la fille de Louis XVI contre les représentants du peuple que Dumouriez avait livrés aux Autri- chiens en avril 1793 (30 juin). — Les Anglais dé- harquent et abandonnent , sur la côte de Quibe- ron , en Bretagne , un corps d'émigrés , qui est détruit par le général Hoche (juillet) , — Consti- tution de l'an III décrétée par la Convention (22 août). Le Corps législatif sera divisé en deux Conseils, où entreront les deux tiers de ses mem- bres : celui des Cinq-Cents, qui proposera les lois, et celui des Anciens , qui les adoptera ou les re- jettera ; le pouvoir exécutif sera remis à un Di- rectoire de cinq membres nommés par les Con- seils. —Décret qui dissout les clubs et les sociétés populaires (23 août) . — Acceptation par le peuple de la Constitution de l'an III (23 sept.). — Réunion à la France des pays conquis en deçà du Rhin, de la Belgique, du pays de Liège et du Luxem- bourg (1 er oct.). — Troubles à Paris. La Conven- tion se déclare en permanence (3 oct.). — Journée dite du 13 vendémiaire (5 oct.) ; insurrection des sections royalistes, qui échoue devant les habiles mesures de défense prises par Napoléon Bonaparte, lieutenant de Barras. — Organisation de l'Insti- tut, des écoles primaires et des écoles centrales (25 oct.). — Dernière séance de la Convention, qui a, pendant sa session, rendu 8370 décrets (26 oct.). DIRECTOIRE. Première séance du Conseil des Cinq-Cents et du ConseildesAnciens(28oct.) . — Le Directoire exécutif est ainsi composé : LaRéveillère-Lépeaux, Letour- neur dit de la Manche, Rewbell, Barras et Carnot (l or nov.). — Le ministère est divisé en six dé- partements : relations extérieures, justice, guerre, trésorerie, marine, intérieur (5 nov.) . — Évacua- tion de l'île Dieu par le comte d'Artois et les An- glais (17 nov.). 1796. Première campagne de Bonaparte en Italie. Première victoire à Montenotte sur les Autrichiens, qui sont coupés des Piémontais (Il avril). — Com- bats de Millesimo et de Dego (14-15 avril). — Dé- faite des Piémontais à Mondovi (22 avril). — Ar- mistice de Cherasco accordé au roi de Sardaigne (28 avril). —Défaite du général autrichien Beau- lieu au pont de Lodi sur l'Adda (11 mai). Bona- parte est maître du Milanais. — Paix de Paris entre la Sardaigne et la France. La première cède la Savoie et les comtés de Nice et de Tende dans les Alpes maritimes (15 mai). — Masséna occupe Vérone (3 juin). — Occupation de Bologne, de Fer- rare (19 juin) , et bientôt après d'Ancône. — Com- mencement du siège de Mantoue (18 juillet). — Campagne sur le Rhin de l'armée française divisée en deux corps sous Moreau et Jourdan. Victoire sur les Autrichiens à Altenkirchen remportée par Kléber et Lefebvre, qui commandent sous Jourdan (4 juin) . — Prise du fort de Kehl par Moreau (1 er juillet). — L'archiduc Charles, vaincu par Moreau à Neresheim (10 août) , défait Bernadotte, lieutenant de Jourdan, à Neumark (23 août), et contraint Jourdan, après la bataille de Wurtzbourg (3 sept.) , à se replier derrière la Lahn. — Belle retraite de Moreau, qui repasse le Rhin à Hunin- gue (26 oct.).— Campagne de Bonaparte contre le général autrichien "Wurmser. Défaites des Autri- chiens à Lonato (3 août) et àCastiglione (5 août); ils sont bloqués dans Mantoue. — Bonaparte re- monte la vallée de l'Adige : victoire de Roveredo (3-4 sept.) ; victoire de Bassano, près de la Brenta (8 sept). Wurmser est obligé de se renfermer dans Mantoue. — Traité de paix signé à Paris avec le roi de Naples (10 oct.). — Formation de la répu- blique cispadane par la réunion de Modène, Reg- TEMPS MODERNES. 259 Ap. J.-C. gio, Bologne et Ferrare (16 oct.). — Nouvelle campagne de Bonaparte contre les Autrichiens conduits par Alvinzi. Brillante victoire de Bona- parte à Arcole (15-17 nov.). Conférences de lord Malmesbury à Paris depuis le 23 oct.— Expédition malheureuse dirigée par le général Hoche et l'a- miral Truguet sur l'Irlande , qui cherchait à se détacher de l'Angleterre. — Rupturedes conférences (19 déc.).— Alliance de Tippo-Saeb avec la France contre l'Angleterre. Mariage de Bonaparte avec Joséphine Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte Alexandre de Beauharnais, mère de deux enfants, Eugène et Hortense (8 mars). — Fin de la guerre de Vendée. Stofflet est fusillé (25 févr.); Charrette a le même sort (29 mars) . Modération du général Hoche, qui mérite le titre de pacificateur de la Vendée. — Suppression des assignats, qui sont remplacés par les mandats territoriaux (18 mars). — Traité avec le duc de "Wurtemberg, qui donne à la France Montbéliard, dans la Franche-Comté (7 août). — Exposition du système du monde, de Laplace. En Hollande, une Convention nationale abolit les États généraux (1 er mars). Proclamation de la république batave. — La flotte des Hollandais est battue et prise par les Anglais devant le cap de Bonne-Espérance (15 août). Traité d'alliance offensive et défensive de l'Es- pagne avec la France (19 août) ; déclaration de guerre de l'Angleterre (7 oct.). Occupation par les Russes de la ville de Der- bent, sur la mer Caspienne. — Mort de Catherine II (6 nov.). Avènement de son fils, Paul I er , à 42 ans. 1797. Victoire navale des Anglais sur les Espagnols, au cap Saint-Vincent ; ceux-ci perdent dans les Antilles l'île de la Trinité (févr.). — Prise du fort de Kehl par l'archiduc Charles (9 janv.).— Victoire de Bonaparte à Rivoli (14 janv.). — Wurmser, enfermé dans Mantoue, est forcé de capituler (2 févr.). L'Italie est perdue pour les Autrichiens. — Occupation d'une partie des États de l'Église (du 1 er au 17 févr.). Traité de paix signé à Tolen- tino avec le pape, qui cède à la France Avignon, le comtat Venaissin, les trois légations de Ferrare, Bologne et Ravenne (19 févr.). — Quatrième cam- pagne de Bonaparte contre les Autrichiens, con- duits par l'archiduc Charles. — Victoire des Fran- çais près du Tagliamento (16 mars). Soulèvement, dit Pâques véronaises, des provinces vénitiennes contre les Français. — Préliminaires de paix avec l'Autriche signés à Léoben (18 avril). — Hoche, commandant l'armée de Sambre-et-Meuse, passe le Rhin à Neuwied et défait les Autrichiens (18 avril). — Passage du Rhin à Strasbourg par l'armée de Rhin-et-Moselle, sous les ordres de Mo- reau (20-21 avril). — Armistice sur le Rhin (23 avril). — Nouvelle occupation de Vérone (24 avril). — Occupation de Venise (13 mai).— Une muni- cipalité démocratique remplace l'ancien gouver- nement de Venise (16 mai). Révolution à Gênes (22 mai). — Création de la république ligurienne à Gênes (14 juin). — Inutiles conférences de Lille entre la France et l'Angleterre (6 juillet-17 sept.) . — Proclamation de la république cisalpine (9 j uil- let). — Bonaparte impose à l'Autriche le traité de Campo-Formio , qui confirme à la France la Bel- gique, lui donne la Lombardie, les îles Ioniennes et les côtes d'Albanie , et cède à l'Autriche, qui reconnaît la république cisalpine, Venise avec l'Istrie et la Dalmatie. — Formation d'une armée d'Angleterre sous les ordres de Bonaparte (26 oct.). — Ouverture du congrès de Rastadt (9 déc). — Présentation solennelle de Bonaparte au Directoire (10 déc). — Émeute à Rome, où est tué le général Duphot (28 déc). François Barthélémy est nommé directeur à la place dé Letourneur (20 mai). — Journée dite Ap. J.-C. du 18 fructidor : la majorité du Directoire, appuyée par les troupes d'Augereau, organisé un coup d'Etat contre les directeurs Barthé- lémy et Carnot, ainsi que contre les mem- bres des deux conseils qu'on accusait de pen- ser au rétablissement de la monarchie. Au- gereau s'empare des deux directeurs suspects, de Pichegru, de Barbé-Marbois et de 53 députés soupçonnés d'opinions royalistes; ils sont condam- nés a la déportation (4 sept.). — Merlin de Douai et François de Neufchâteau sont nommés direc- teurs (10° sept.). — Disgrâce de Moreau à cause de ses gévélations tardives au sujet de Pichegru. — Mort de Hoche (18 sept.). Mort de Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, à 53 ans (16 nov.). Avènement de son fils, Frédéric- Guillaume III, à 27 ans. Efforts du sultan Sélim III pour initier ses peuples à la civilisation européenne. — Révolte du pacha de Belgrade Paswan-Oglou. Aux Etats-Unis, Washington refuse une troi- sième candidature à la présidence. Le nouveau président est John Adams, né dans le Massachu- setts, célèbre jurisconsulte. 1798. Révolution en Hollande, provoquée par l'en- voyé français Delacroix (22 janv.). Etablissement d'une constitution directoriale analogue à celle de la France. — Occupation de Rome par les trou- pes françaises (10 févr.) . — Formation de la Répu- blique romaine (15 février). — Mauvais traitements envers l'octogénaire Pie VI , et son enlèvement avec plusieurs cardinaux (20 février). — Révolution en Suisse. Le pays de Vaud, appuyé par la France, veut se soustraire à la domination du canton aris- tocratique de Berne. Abolition de l'ancienne ligue suisse (12 avril). — Proclamation de la répu- blique helvétique. — Réunion à la France de Mulhausen, ville d'Alsace, et de Genève (févr. et 26 avril). — L'expédition d'Egypte, commandée par Bonaparte, part de Toulon (19 mai). — Frise de Malte par l'armée d'Orient (10-13 juin). — Dé- barquement de l'armée d'Orient à Aboukir (] Br juillet). — Prise d'Alexandrie par Kléber (2 juillet). — Bataille des Pyramides gagnée par Bonaparte (21 juillet). — Prise du Caire (23 juil- let) . — Destruction de la flotte française à Aboukir par Nelson (l or août). — La Porte déclare la guerre à la France (12 sept.).— Victoire de Desaixsur Mou- rad-Bey àSédyman(7oct.). — Insurrection du Caire (21 oct.). — Débarquement du général français Humbert en Irlande (22 août) ; il est défait à Bal- linamack et obligé de capituler (8 sept.). — Se- conde coalition contre la France. Alliance de l'Au- triche avec Naples, qui, poussée par l'Angleterre, rompt la paix (24 nov.). — Championnet est forcé t d'évacuer Rome (26 nov.), mais Macdonald bat les Napolitains à Civita Castellana (4 déc). — Le Di- rectoire déclare la guerre aux rois de Naples et de Sardaigne (6 déc). Charles-Emmanuel est con- traint de renoncer à la souveraineté du Piémont le 9. Championnet rentre à Rome le 15. — Al- liance de la Porte avec la Russie le 23. Le czar envoie une armée contre les Français en Italie. Protestations des plénipotentiaires français à Ras- tadt, qui menacent de la guerre les gouverne- ments allemands s'ils livrent passage aux troupes russes. En France, établissement d'une conscription militaire, comprenant tous les Français en état de porter les armes, de 20 à 25 ans (21 août). — Fondation, à Paris, du Conservatoire des arts et métiers (15 mai). — Première exposition desprr duits de l'industrie française (21 sept.). A Haïti, Toussaint-Louverture chasse les blancs de la colonie française, tandis que les Anglais oc- cupent la partie espagnole de l'île. Déclaration d'indépendance. 260 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C, 1799. Cliampionnet occupe Naples (23 j an v.). Etablis- sement de la république partbénopéenne. — Les Russes et les Turcs réunis enlèvent aux Français leurs possessions dans la mer Ionienne. — Décla- ration de guerre du Directoire à l'Autriche (12 mars). Seconde coali tion réunissant contre la France l'Angleterre, l'Autriche, une partie de l'empire germanique, Naples, le Portugal, la Russie, la Turquie, les Etats barbaresques. — Défaite de Jourdan par l'archiduc Charles à Stockach, au N. 0. du lac de Constance (22 mars). — Défaites de Schérer par l'Autrichien Kray sur l'Adige (30 mars) et à Magnano, au S. E. de Vérone (5 avril). Il se replie jusque sur l'Adda. — Le Russe Souvarov est placé à la tête des forces réu- nies des Russes et des Autrichiens en Italie. Sché- rer cède le commandement en chef à Moreau (23 avril). — Défaite de Moreau à Cassano, sur l'Adda (28 avril) — 11 opère sa jonction près de Gênes avec Macdonald, qui venait de soutenir trois combats contre Souvarov sur la Trébie (17, 18, 19 juin). — Rupture du congrès de Rastadt (8 avril); assassinat des plénipotentiaires fran- çais (28 avril). — Victoire de Souvarov à Novi-sur Moreau et Joubert, qui y est tué (15 août). — Entrée en Suisse du corps d'armée de Souvarov, qui est dispersé par Lecourbe (24-26 sept.). — Victoire éclatante de Masséna à Zurich sur les Austro-Russes (25 sept, et suiv.). — En Hollande, débarquement d'une armée anglo-russe sur la presqu'île du Helder (27 août). — La flotte hol- landaise du Texel se rend aux Anglais. — Victoires de Brune sur les Anglo-Russes à Bergen (19 sept.) ; à Castricum (6 oct). — Capitulation de l'armée anglo-russe à Alkmaer (18 oct.). En Orient, expédition de Bonaparte en Syrie (février). Prise d'El-Arisch, de Gaza, de Jaffa. Siège de Saint-Jean-d'Acre ou Ptolémaïs, au pied du mont Carmel. Victoire de Bonaparte au mont Thabor (16 avril). Levée du siège de Saint-Jean- d'Acre (20 mai). Bonaparte ramène en Egypte son armée décimée par la peste. — Destruction d'une armée turque à Aboukir (24 juillet). — Bona- parte, à la nouvelle des défaites éprouvées en Europe par les armées du Directoire, se détermine à quitter l'Egypte, où il laisse à Kléber le com- mandement de l'armée (22 août) . Dans l'Indostan, Tippo-Saëb, qui n'a pu être soutenu par la France, succombe dans sa lutte contre les Anglais. Après s'être défendu un mois dans sa capitale Seringapatnam , il meurt les armes à la main. Les Anglais occupent l'Etat de Mysore. Restauration des Bourbons à Naples ; horribles massacres. Rentrée de Ferdinand IV dans sa ca- pitale (juin-juillet). — Mort de Pie VI à Valence, en Dauphiné (29 août). Mariage du duc d'Angoulême, fils aîné de Charles X, à Mittau, en Courlande, avec la fille de Louis XVI (10 juin). En France, pacification de la Vendée par Hé- douville (20 janvier) . — Sieyès est nommé direc- teur en remplacement de Rewbel (16 mai). — Le conseil des Anciens se déclare en permanence (16 juin). — Journée dite du 30 prairial (18 juin). Les directeurs Treilhard, La Réveillère-Lepeaux et Merlin de Douai sont remplacés par Gohier, Roger-Ducos et le général Moulins. — Emprunt forcé de 100 millions sur les riches (28 juin). — Loi dite des otages contre les parents d'émigrés et les nobles (12 juillet). — Arrivée de Bonaparte à Paris (16 oct.) . — Fête donnée par le Corps légis- latif à Bonaparte et à Moreau (6 nov.) . — Journée dite du 18 brumaire (9 nov.)- — Décret du Con- seil des Anciens, qui transfère le Corps législatif à Saint-Cloud ; l'exécution de ce décret est confiée au généra] Bonaparte. — La force armée chasse du Ap. J.-c. lieu de leurs séances les membres du Conseil des Cinq-Cents. — Abolition du Directoire. Expulsion de soixante membres du Conseil des Cinq-Cents. Création provisoire d'une commission consulaire executive composée de Sieyès, Roger-Ducos et Bo- naparte. La loi dite loi des otages est rapportée (13 nov.) . — Abolition de l'emprunt de 100 millions (1 8 nov.) . Création d'une garde consulaire (1 er déc). — Le gouvernement est remis à trois consuls : Na- poléon Bonaparte, Cambacérès et Lebrun. Créa- tion d'un trïbunat, d'un corps législatif, d'un sénat (13 déc). — Mise en activité de la consti- tution de l'an VIII (24 déc). — Entrée en fonc- tions des consuls et du sénat conservateur (25 déc). Mécanique céleste, de Laplace; Leçons d'ana- tomie comparée, de Georges Cuvier. — Le comte Joseph de Maistre publie à Lausanne ses Consi- dérations sur la France. — De la littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, par Mme de Staël. — Début du Journal des Débats. — Inscription trilingue de Ro- sette. 1800. Traité d'El-Arisch conclu par Kléber avec le grand vizir et sir Sidney Smith, pour l'évacuation d.e l'Egypte. Ce traité est désavoué par le gouver- nement de Londres (7 janvier). — Victoires de Kléber sur les Turcs près d'El-Hanca (10 mars), et à Héliopolis (20 mars). — Reprise du Caire (25 avril). — Assassinat de Kléber au Caire (14 juin). — Il est remplacé dans le commande- ment par le général Menou. Le premier consul offre inutilement la paix à l'Angleterre. Moreau passe le Rhin (mars) ; il dé- fait les Autrichiens à Engen, à Mœskirch, à Bibe- rach (avril) ; les Impériaux se retirent sur Ulm. — Campagne de Bonaparte contre Mêlas, qui se disposait à pénétrer en Provence. Il franchit le grand Saint-Bernard (23 mai), descend dans la vallée d'Aoste, sur les derrières de Mêlas, et entre à Milan (2 juin) ; réorganisation de la république cisalpine. — Masséna capitule dans Gênes, après un siège de 52 jours (5 juin). — -Victoire d'avant- garde, près de Montebello, au N. E. d'Alexan- drie, sur les troupes de Mêlas, due principale- ment au général Lannes (9 juin). Victoire décisive de Bonaparte sur Mêlas à Marengo; mort de Desaix (14 juin). — Convention de Mêlas avec Suchet pour remettre toutes les places du Piémont, de la Lombardie, des Légations (16 juin). — Retour de Bonaparte à Paris (2 juillet). Traité de subsides entre l'Autriche et l'Angle- terre (20 juin). — Victoires de Moreau sur les Autrichiens à Nedersheim, Nordlingen et Obershausen (28 juin et suiv.). — Armistice conclu à Pansdorff, entre les armées française et autrichienne (15 juillet). — Préliminaires de paix entre l'Autriche et la France (28 juillet) . — Sou- lèvement des Napolitains et de la Toscane. Oc- cupation de Florence et des principales villes du grand-duché (15 oct.). — Reprise des hostilités • en Italie et en Allemagne (12-20 nov.). — Vic- toire de Moreau à Hohenlinden sur l'archiduc Jean (3 déc). — Prise de Salzbourg et des lignes de la Salza par Decaen et Lecourbe (15 déc). — Armistice signé à Steyer entre Moreau et l'ar- chiduc Charles (25 déc). — Victoire dePoz- zola et passage du Mincio par l'armée d'Italie (25-27 déc). Prise de Malte par les Anglais, après 26 mois de blocus (25 sept.). Le czar Paul I er se détache de la coalition, et renouvelle contre l'Angleterre la ligue armée des Ap. J.-C.


neutres de 1780 avec la Suède, le Danemark et la Prusse (16 déc). Il envoie un ambassadeur à Paris. — Traité d'alliance et de commerce signé à Paris avec les États-Unis (30 sept.).

Convention signée à Montfaucon pour la pacifition de l'ouest de la France (18 janvier). — Loi arrêtant la liste des émigrés au 25 décembre 1799 (11 février). — Division du territoire de la république en préfectures et sous-préfectures (17 février). — Complot d'Arena et de Ceracchi pour assassiner Bonaparte à l'Opéra ; il est découvert (10 oct.). — Explosion de la machine, dite infernale, dirigée contre le premier consul (24 déc).

Recherches physiologiques sur la vie et la mort, de Bicbat.

Incorporation de l'Irlande à l'Angleterre et à l'Ecosse ; un seul parlement pour les trois royaumes (2 juillet). Les catholiques d'Irlande sont privés du droit d'élection et de représentation. — George III renonce au titre de roi de France, porté par tous les princes anglais depuis Edouard III. — Décomposition de l'eau au moyen de la pile, par Carlisle et Nicholson.

Election de Pie VII, né en Romagne (14 mars). — Lettre de Volta de Corne à sir Joseph Banks, président de la Société royale de Londres, pour lui annoncer sa découverte de la pile (20 mars).

Les sept îles Ioniennes, enlevées à la France en 1799, sont constituées en république par un traité entre la Russie et la Turquie (21 mars) ; elles payent tribut à la Porte.

A Haïti, Toussaint-Louverture se fait donner, par les nègres, le titre de président à vie.

XIXe siècle après Jésus-Christ.

1801. Paix de Lunéville, signée par Joseph Bonaparte, frère du premier consul, et par M. de Cobentzel, au nom de l'Empire et de l'Autriche (9 février) : l'Empire reconnaît les républiques batave, helvétique, ligurienne, cisalpine ; l'Autriche reconnaît la formation d'un royaume d'Étrurie pour la branche espagnole de Parme ; acquiescement de l'empereur et de l'Empire à la cession de la rive gauche du Rhin, le Thalweg formant la séparation.

L'Espagne, forcée par la France, déclare la guerre au Portugal, allié de l'Angleterre (février). — Armistice avec Naples, signé à Foligno (18 février) et conclusion de la paix à Florence (28 mars). Conditions : 1° exclusion des vaisseaux anglais et turcs des ports des Deux-Siciles ; 2° cession des propriétés napolitaines en Toscane, l'île d'Elbe et Piombino (États des Présides) ; 3° Otrante reste occupé par les troupes françaises. — Traité de la France avec l'Espagne (21 mars). Louis Ier, fils de l'infant don Ferdinand, qui règne à Parme, a reçu de la France la Toscane avec le titre de roi d'Étrurie ; en retour, l'Espagne reconnaît qu'à la mort de son père, don Ferdinand, les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, passeront à la France. — Envoi d'une escadre anglaise dans la mer Baltique. Attaque de Copenhague (2 avril) ; le Danemark se retire du traité de la neutralité armée, qui est annulé par la mort de l'empereur de Russie, Paul Ier. — Changement de système sous Alexandre Ier. Convention avec l'Angleterre, conforme au vœu de cette puissance et commune à tous les alliés (17 juin). Restitution des conquêtes faites sur eux en Europe et aux Indes occidentales. — Envoi d'une armée anglaise, sous les ordres d'Abercrombie (déc). Elle débarque à Aboukir (8 mars). — Il en arrive une autre des Indes orientales par la mer Rouge, sous le général Baird (avril). — Défaite de Menou à Canope (21 mars). — Abandon du Caire et d'Alexandrie aux


Ap. J.-C.


Anglo-Turcs (27 juin). — L'Egypte est évacuée, après 3 ans d'occupation (2 sept.). — Le Portugal signe le traité de Badajoz, dicté par la France et l'Espagne (29 sept.). — Traité de Saint-Ildefonse, par lequel l'Espagne cède à la France la Louisiane. — Préliminaires de paix avec la Grande-Bretagne (1er oct.). — Traité de paix avec la Russie (8 oct.). — Préliminaires de paix entre la France et la Turquie (9 oct.). — Traité de paix avec la régence d'Alger (27 déc). Congrès ouvert à Amiens pour la paix définitive avec l'Angleterre.

Embarras financiers de l'Angleterre ; dette de 12 milliards 109 millions de francs ; disette, mécontentement du peuple. — Pitt ne peut obtenir l'émancipation pour les catholique irlandais et se retire du ministère (8 fév.).

En France, le premier consul rétablit la religion catholique. Concordat entre le premier consul et le pape Pie VII, signé, au nom de ce dernier, par le cardinal Consalvi (15 juillet). — Atala, de Chateaubriand, publié dans le Mercure de France. — Idéologie, de Destutt de Tracy. — Traité de minéralogie, de Haûy. — Métier inventé par Jacquart, fils d'un tisserand lyonnais.

En Allemagne, Hegel, professeur à Iéna, donne : la différence de Fichte et de Schelling.

Découverte de la planète Cérès, par Piazzi, à Palerme.

Assassinat de Paul Ier, empereur de Russie, devenu odieux à la noblesse par la rigueur de ses réformes militaires (23-24 mars). Avènement de son fils aîné, Alexandre Ier. — Incorporation de la Géorgie à l'empire (25 sept.).

Thomas Jefferson, né en Virginie, est élu président des États-Unis.

1802. Paix signée à Amiens par lord Cornwallis et Joseph Bonaparte (25 mars). Conditions : 1° restitution, par l'Angleterre, de toutes ses conquêtes sur la France et sur ses alliés, excepté l'île de la Trinité, cédée par l'Espagne, et Ceylan, par la république batave ; 2° maintien da la Porte dans son intégrité. Elle est comprise dans le traité et doit être invitée à y adhérer ; 3° la France reconnaît la république des sept îles. Les îles de Malte, de Gozzo et de Comino doivent être rendues à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le délai de 3 mois, occupées par des troupes napolitaines et rester indépendantes sous la garantie de la France, de l'Angleterre, de la Russie, de l'Autriche, de l'Espagne et de la Prusse. — Traité entre la France et la Porte (25 juin). — Troubles en Suisse ; médiation du premier consul ; il fait entrer une armée de 30 000 hommes (21 oct.).

Mariage de Louis Bonaparte, frère du premier consul, avec Hortense de Beauharnais. — Voyage du premier consul à Lyon, où une diète d'Italiens le proclame président de la république italienne (26 janv.). — Adoption par le Corps législatif et le Tribunat du concordat et de la loi réglementaire des cultes, sous le nom de lois organiques (8 avril). — Le dimanche et les quatre grandes fêtes religieuses sont rétablis. — Sénatus-consulte qui accorde amnistie pleine et entière à tous les émigrés qui rentreront avant le 1er vend. an xi (26 avril). Création des écoles primaires, des écoles secondaires, des lycées et des écoles spéciales (1er mai). — Institution de la Légion d'honneur (19 mai). — Sénatus-consulte conférant à Napoléon Bonaparte le titre de premier consul à vie (2 août). — Le Piémont est réuni au territoire français (11 sept.), ainsi que l'île d'Elbe (26 août). — Occupation du duché de Parme (9 oct.). — Le Génie du christianisme, de Chateaubriand. — Delphine, de Mme de Staël. — Travaux philosophiques de Cabanis, de Maine de Biran, de 262 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. nald. — Découverte delà planète Pallas, par Olbers, à Brème. Nouvelle organisation administrative de la Russie. Importance commerciale de Taganrog, au fond de la mer d'Azof. Le général français Leclerc est envoyé avec 20 000 hommes à Haïti, où il se rend maître, par surprise, de Toussaint-Louverture, qui est transféré en France. L'armée française est décimée par la fièvre jaune. Mort de Leclerc (2 nov.). — Insur- rection des noirs. La Martinique est rendue à la France (14 sept.). 1803. Remaniement du territoire et de la constitu- tion de l'empire d'Allemagne à la diète de Ratis- bonne, sous la médiation de la France et de la Russie. Sécularisation des principautés ecclésias- tiques. Les Anglais refusent d'évacuer Malte (1 er mars). — Occupation du Hanovre par Mortier (3 juin). — Grands préparatifs à Boulogne pour une des- cente en Angleterre. — Traité de Paris, par lequel la Louisiane est vendue aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars (30 avril). Essai du bateau à vapeur de l'américain Fulton sur la Seine, à Paris (9 août). Création du privilège de la banque de France (14 avril). En Russie, Odessa reçoit pour gouverneur un français émigré, le duc°de Richelieu, qui fonde sa prospérité commerciale. — Voyage au tour du monde dé Krusenstern. Le premier consul force les Suisses à recevoir une organisation nouvelle, fédérative, sans iné- galités. Le nombre des cantons est porté à 19. Les "Wahabites, sectaires musulmans qui ont pris la Mecque, menacent le Caire; ils sont re- poussés par les Mameluks, mais prennent Médine. Les noirs Jacques Dessalines et Christophe, et le mulâtre Pétion repoussent les Français jusqu'au Cap; Rochambeau est obligé de se rendre aux insurgés. 1804. Nouveau ministère de Pitt (15 mai). — L'Al- lemand Winsor prend auprès du gouvernement anglais un brevet pour l'éclairage au gaz, qui avait été découvert quelques années auparavant par l'ingénieur français Lebon (1798) et par l'in- génieur anglais Murdoch (1798). George Cadoudal, chef de chouans, forme, de concert avec Pichegru, une conspiration contre le premier consul. Moreau s'associe à leur projet. Leur arrestation (15 fév.). — Exécution du duc d'Enghien dans les fossés du château de Vin- cennes (21 mars). — Le général Pichegru est trouvé étranglé dans sa prison (5 avril). — Le Code civil est adopté par le Corps législatif. — Attaque infructueuse des "Anglais contre la flot- tille de Boulogne (13-14 avril). — Motion faite au Tribunat par Curée de confier le gouvernement de la république à un empereur, et de déclarer l'em- pire héréditaire dans la famille du premier consul (30 avril). — Adoption de la proposition de Curée, à laquelle Carnot seul s'est opposé (3-4 mai). — Sénatus-consulte organique, conférant au premier consul le titre d'empereur, sous le nom de Napo- léon I er , et établissant dans sa famille l'hérédité de la dignité impériale. EMPIRE (1804). Décret impérial qui nomme maréchaux de l'em- pire Alex. Berthier, Murât, Moncey, Jourdan, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann, Lefebvre, Perignon et Serrurier (19 mai). Condamnation à mort de Cadoudal et de 19 de Ap. J.-c. ses complices. 12 seulement sont exécutés (10- 23 juin). — Distribution des croix d'honneur au camp de Boulogne (16 août). — Attaque infruc- tueuse des Anglais contre la flottille de Boulogne. — Publication des résultats des votes du peuple "sur la question de l'hérédité de la couronne im- périale dans la famille Bonaparte : 3 572 329 ci- toyens ont voté pour, et 2569 contre (6 nov.). — Couronnement et sacre dans l'Église Notre- Dame de Paris, par le pape Pie VII, de Napoléon • et de sa femme Joséphine Tascher de la Pagerie (2 déc). Ascension aérostatique de Biot et Gay-Lussac (24 août). — Gay-Lussac s'élève seul, atteint la hauteur de 7016 mètres et tombe près de Bouen (16 sept.) Découverte de la planète Junon par Harding à Lilienthal. L'empereur Alexandre demande que la France re- tire ses troupes du royaume de Naples et de l'Alle- magne septentrionale, et que le roi de Sardaigne soit indemnisé de la perte d'une partie de ses Etats (21 juil.). — L'empereur d'Allemagne prend le titre d'empereur d'Autriche avec le nom de François I e1 ' (11 août). — L'empereur Alexandre rompt toute relation avec Napoléon (28 août) . — Neutralité de la Prusse (26 sept.). — La Suède s'allie avec l'Angleterre (3 déc). — Déclaration de guerre de l'Espagne à l'Angleterre (12 déc). Pie VII rétablit l'ordre des Jésuites à Naples et en Sicile (3 juil.). — Napoléon demande le renvoi du ministre de Naples, Acton. Les populations chrétiennes de Servie opprimées par le pacha de Belgrade Paswan-Oglou et parles beys turcs se révoltent ; elles prendront pour chef Czerni-Georges, fils d'un pâtre de Bosnie. Le noir Jacques Dessalines expulse les Anglais et se fait nommer roi d'Haïti sous le nom de Jacques I er (8 oct.) . 1805. Napoléon accepte la monarchie héréditaire d'Italie que lui offre la consulte d'État de la république cisalpine (18 mars).- — La princesse Élisa; sœur de Napoléon, mariée au sénateur Bac- ciochi, obtient la principauté de Piombino en Toscane. En Hollande, le pouvoir exécutif est remis à un pensionnaire d'État, Schimmelpenninck (15 mars). L'Angleterre organise la 3 e coalition contre la France. Traité d'alliance avec la Bussie (11 avril.). — Napoléon reçoit à Milan la couronne de fer des Lombards (26 mai) ; il nomme vice-roi son fils adoptif Eugène de Beauharnais. — Erection en principauté de la république de Lucques, en faveur du prince et de la princesse de Piombino (23 juin) . — Combat, à la hauteur du cap Finis- tère (Espagne) , entre la flotte franco-espagnole et la flotte anglaise (22 juillet). — L'Autriche se joint à la coalition contre la France (9 août). — Levée du camp de Boulogne (27 août) . — Inva- sion de la Bavière par les troupes autrichiennes (8 sept.). — Traité de neutralité avec le roi de Naples, Ferdinand IV (21 sept.). — Passage du Rhin par l'armée d'Allemagne (25 sept.). — Com- mencement des hostilités (2 oct.) . — Défaite des Autrichiens à Wertingen. Réunion de Gênes à la France (8 oct.) . — Défaite de l'archiduc Ferdinand à Gunzbourg, par le maréchal Ney. Occupation d'Augsbourg par Soult (12 oct.). — Victoire de Ney à Elchingen (14 oct.). — Le général Mack capitule dans Ulm, avec 30000 hommes. — Vic- toire des Anglais sur la flotte franco-espagnole à la hauteur du cap Trafalgar. Nelson est tué. — Passage de l'inn par la grande armée (18 oct.). — Passage de l'Adige par l'armée d'Italie que di- rige Masséna. Combat de Caldiero près Vérone.— TEMPS MODERNES. 263 Ap. J.-C. Convention de Postdam, entre la Russie et la Prusse contre la France. — Entrée des Français à Vienne (13 nov.). — Napoléon s'avance contre les Autrichiens et les Russes, rassemblés en Moravie. Victoire éclatante d'Austerlitz (2 déc), armistice avec les Autrichiens (6 déc.) . — Traité avec la Prusse (15 déc.) : le Hanovre est cédé à la Prusse qui abandonne à la France le marquisat d'Ans- pacb, la principauté de Neufchâtel, et le duché de Clèves. — Traité de Presbourg avec l'Autriche (26 déc.) . Par cette paix l'Autriche reconnaît Na- poléon comme roi d'Italie, avec l'État de Venise ; le duc de Bavière devient roi de Bavière avec l'adjonction du Tyrol, et celui de Wurtemberg roi de "Wurtemberg, avec l'adjonction de la Souabe autrichienne; le margrave de Bade prend le titre de grand-duc. — Napoléon déclare que Ferdinand IV, roi de Naples, a cessé de régner (27 déc). Ce prince, après le combat de Trafal- gar, avait violé le traité de neutralité en re- cevant d'une escadre anglo -russe dix-huit mille hommes. Sénatus-consulte qui supprime le calendrier républicain et rétablit l'usage du calendrier gré- gorien à partir du 1 er janvier 1806. — Corinne, de Mme de Staël. Mort de Schiller, poète dramatique et histo- rien, à l'âge de 46 ans. En Angleterre, commencement de la réputation littéraire de Walter Scott. Réélection de Thomas Jefferson à la présidence des Etats-Unis. 1806. Mort de William Pitt (23 janv.). - Minis- tère de Grenville et de Fox, disposé à la paix. Né- gociations avec la France (février) . — Refus de Napoléon de traiter conjointement avec l'Angle- terre et avec la Russie (1 er avril), et, après l'ac- quiescement à des négociations séparées, diffi- cultés avec l'Angleterre relatives à l'utipossidetis comme principe fondamental de la paix. Rup- ture des conférences avec la Russie, à cause du défaut de ratification des propositions d'Oubril (20 juil.). — La mort de Fox (13 sept.) fait éva- nouir toute espérance de paix. Retour de Napoléon à Paris. Accueil triomphal. Cn lui décerne le titre de Grand. — M. Mollien est fait ministre des finances. — Adoption du Code de procédure civile (9 mai) . — Jacquart, mé- canicien lyonnais, invente un métier plus simple pour le tissage, qui donna longtemps une grande supériorité à l'industrie lyonnaise. — Les pesti- férés de Jaffa, de Gros. Ferdinand IV se retire en Sicile (15 janv.). Masséna entre à Naples avec Joseph Bonaparte, frère aîné de Napoléon (15 fév.).— Joseph Bona- parte est proclamé roi de Naples et de Sicile (30 mars). — Louis Bonaparte est créé roi de Hollande (5 juin). — Le grand-duché de Bergetde Clèves est donné à Murât, époux de Caroline Bona- parte (15 mars) . — Le maréchal Berthier obtient la principauté souveraine de Neufchâtel (mars) ; Talleyrand, celle de Bénévent, Bernadotte, beau- père de Joseph, celle de Ponte-Corvo (juin). Créa- tion d'une noblesse nouvelle, qui ne se borne point à l'armée, mais qui s'étend aux personna- ges les plus marquants de l'administration, de la science, de la littérature et même de l'industrie. Une cour brillante s'organise alors autour du nou- vel empereur. Traité d'alliance perpétuelle entre la France et la Confédération du Rhin, dont Napoléon est dé- claré protecteur. Fin de l'empire d'Allemagne. François II en abdique le titre (6 août). Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, demande que les troupes françaises repassent le Rhin (août) et bientôt après, "à l'instigation de la reine Louise-Amélie, il part pour l'armée (21 sept.]. — Ap. J.-C. Napoléon quitte Paris le 26 sept. — Manifeste du prince de la Paix, ministre de Charles IV, roi d'Espagne, contre Napoléon (5 oct.). — Quatrième coalition continentale (6 oct.) . — Manifeste de la Prusse contre la France; défaite des Prussiens à Schleitz par Bernadotte (9 oct.). — Défaite des Prussiens à Saalsfeld, par Suchet (10 oct.).— Vic- toire de Napoléon à Iena et de Davoust à Auer- staedt sur les Prussiens (14 oct.). — Défaite des Prussiens à Greussen, par Soult. Capitulation de 14000 Prussiens dans Erfurth (16 oct.).— Défaite des Prussiens à Halle par Bernadotte (17 oct.). — Occupation de Brandebourg par Bernadotte. Prise de Spandau et de Berlin (25 oct.) . — Défaite des Prussiens à Prenztlow, par Murât. — Combat et prise d'Anklam, par Becker (l 6r nov.). — Prise d'assaut de Lubeck, par le général Drouet (6 nov.). — Capitulation de 16000 Prussiens à Ralkau (7 nov.). Prise de Magdebourg (8 nov.). — Occupation du Hanovre, par Mortier. Occupa- tion de Posen (10 nov.). — Occupation de Ham- bourg (19 nov.). — Napoléon, par un décret daté de Berlin, déclare les îles Britanniques enétat de blocus. — Occupation des duchés de Meckleni- bourg et de Varsovie. Déclaration de guerre de la Russie à la France (28 nov.). — Traité signé à Posen, avec l'électeur de Saxe, qui accède à la confédération du Rhin, et prend le titre de roi (11 déc). — Napoléon à Varsovie. Enthousiasme des Polonais. — Napoléon livre aux Russes les combats de Czarnovo, Pultusk, Golymin, Soldau (déc), mais ne peut les poursuivre à cause du mauvais état des routes. Il prend ses quartiers d'hiver sur la Vistule, entre le Bog, la Narew, l'Ukra. — Traité d'amitié, de navigation et de commerce de l'Angleterre avec les Etats-Unis (31 déc). Dissentiment entre la Russie et la Turquie au sujet de la Valachie et de la Moldavie , dont les hospodars , Constantin Ypsilanti et Morousis , atta- chés à l'Angleterre et à la Russie, ont été dé- posés par la Porte. Rétablissement des hospodars par la Porte; occupation de Jassy et de Bucha- rest par les Russes. Prise de Belgrade , par Czerni-Georges, chef des Serviens. — Puissance du vice-roi d'Egypte, Mehemet-Ali. En Amérique, Fulton navigue en bateau à va- peur sur l'Hudson. L'empereur d'Haïti Jacques l ei Dessalines est assassiné par le noir Henri Christophe et le mu- lâtre Pétion. 1807. En Angleterre, chute du cabinet Grenville, remplacé par le ministère Canning. — J. Smith invente la machine à moissonner. En 1823, J. Bell en proposera une établie sur un meilleur principe, mais ce ne sera qu'en 1845 que le pro- blème sera résolu par Mac-Cornick, fermier de Chicago. Sanglante bataille d'Eylau, gagnée par Napo- léon sur les Russes (8 l'évr.). — Capitulation de Dantzick, qui a résisté au maréchal Lefebvre du 19 mars au 26 mai. Nouvelle défaite desRussesàFriedland(14juin). — Soult occupe Kœnigsberg (16 juin). — Célèbre entrevue de Napoléon et d'Alexandre I er , sur un radeau, au milieu du Niémen. Traité de Tilsitt avec laRussie et la Prusse (8 juill.). Par ce traité, toutes les puissances contractantes adhéraient au blocus continental; deux nouveaux royaumes étaient créés : le royaume de Saxe, avec le grand- duché de Varsovie pour l'électeur de Saxe, et le royaume de Westphalie pour Jérôme, frère de Napoléon, en même temps que Bernadotte , l'un des généraux de PEnrpereur, était appelé éven- tuellement au trône de Suède , avec le titre de prince royal et sous le nom de Charles-Jean XIV. 264 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C Occupation des bouches du Cattaro, des îles Ioniennes, de Raguse, dont prend possession le général Marmont (14 août). — Atroce bombarde- ment de Copenhague par les Anglais (2, 3, 4sept.). — Le général Junot est envoyé pour prendre possession du Portugal , allié de l'Angleterre (17 oct.) ; il entre à Lisbonne le 30. Quelques jours auparavant la famille de Bragance s'était embarquée pour le Brésil. — L'Angleterre déclare en état de blocus tous les ports de la France et de ses alliés (11 nov.). — Décret impérial ordonnant la saisie des bâtiments qui, après avoir touché en Angleterre, entreront dans les ports de France (23 nov.). Suppression du Tribunat (19 août). — Occupa- tion du royaume d'Étrurie (10 déc). — Histoire des républiques italiennes, par de Sismondi. — L'Académie des sciences couronne les travaux de Davy sur l'emploi du courant de la pile pour la décomposition des alcalis. Découverte de la planète Vesta par Olbers, à Brème. Attaque dirigée par les Russes et les Anglais contre l'empire ottoman. Tandis que trois corps russes franchissent le Dniester , l'amiral anglais Duckworlh force les Dardanelles (19 févr.). — Les Serviens se joignent aux Russes. — Dépo- sition de Sélirn III ('^9 mai). Avènement de Mus- tapha, son cousin. — Les Anglais, qui se sont emparés d'Alexandrie le 20 mars, en sont chassés le 22 sept. Le mulâtre Pétion se fait, à Port-au-Prince, président de la république des mulâtres. Henri Christophe continue d'être le chef des nègres. Fulton construit le premier bateau à vapeur qui fait un service régulier, entre New- York et Albany, sur l'Hudson. 1808. Organisation de la nouvelle noblesse en France par décret impérial (mars). — Fondation de l'Uni- versité impériale (17 mars, 17 sept.). M. de Fon- tanes est le premier grand maître. — Premier ouvrage du réformateur socialiste Charles Fourier, fils d'un marchand de draps de Besançon : Théorie des quatre mouvements. Napoléon songe à renverser les Bourbons d'Es- pagne et à s'emparer des Etats romains, dont les légations avaient déjà été réunies au royaume italien. — Entrée de Murât , avec une armée, en Espagne (10 mars). — Insurrection à Aranjuez, qui amène la chute du prince de la Paix, Manuel Godoy, et l'abdication de Charles IV, en faveur du prince des Asturies, Ferdinand VII (17-19 mars). — Entrée des Français à Madrid (23 mars). — Napoléon attire Charles IV et son fils à Bayonne (avril). — Occupation de Rome par les Français (2 avr.). — Réunion à l'Empire des duchés de Parme et Plaisance et du royaume d'Etrurie (24 mai). — Entrevue de Napoléon avec Charles IV et Ferdinand VII à Bayonne (avril). — Charles IV cède à Napoléon l'Espagne et les Indes moyennant une riche retraite en France ; Ferdinand VII n'ab- dique que quand il apprend qu'une insurrection du peuple de Madrid a été réprimée par les Fran- çais (2 mai). — Commencement de l'insurrection en Espagne. Déclaration de guerre à la France par la junte provisoire établie à SéviUe (27-30 mai). — Joseph-Napoléon, roi de Naples, est créé roi d'Espagne et des Indes par Napoléon (6 juin) . — — Murât reçoit la couronne de Naples et aban- donne à Napoléon son grand-duché de Berg (juillet). — Victoire du maréchal Bessières à Médina del Rio Seco (14 juill.). — Combat et capitulation du général Dupont à Baylen (19- 22 juill.). — Arrivée en Portugal de 14000 An- glais commandés par Wellesley (31 juillet). — Bataille indécise de Vimeiro (Portugal) entre Junot et "Welleslev (21 août). — Convention de Ap. J.-C. Cintra, pour l'évacuation du Portugal, parles Français. — Convention de Paris entre la France et la" Prusse (8 sept.). — Napoléon à Erfurth (27 sept. , 14 oct.) . Il accorde à Goethe la croix de la Légion d'honneur. Entrevue avec l'empereur de Russie. Napoléon lui abandonne la Suède, pen- dant que lui-même marchera en Espagne. — Vic- toires de Soult et de Bessières à Burgos, le 10 ; de Victor à Espinosa, le 1 2 ; de Lannes à Tudela, le 23.; de l'Empereur à Sommo-Sierra , le 30. — Entrée de Napoléon à Madrid (4 déc). Abolition de l'inquisition. Alexandre, avec l'assentiment de Napoléon, en- lève la Finlande à son beau-frère Gustave IV (18 mars). Déposition de MustaphaIV(18 juill.). Avènement de Mahmoud II. Révolte des janissaires. 1809. Victoire de Soult sur les Anglais près de la Corogne (19 janv.). — Entrée solennelle de Joseph Bonaparte à Madrid (22 janv.). — Prise de Sa- ragosse par Lannes après un siège de huit mois, rendu célèbre par l'héroïque défense de ses habi- tants (21 févr.). — Victoire de Gouvion-Saint-Cyr près de Tarragone (25 lévr.); de Sebastiani à Ciu- dad-Réal (27 mars) ; de Victor à Medelin sur la route de Badajoz le 28. — Victoire et prise d'O- porto par Soult (29 mars). — Conquête de Cayenne et de la Guyane française par les Espagnols et les Portugais (12 janv.). — Prise de la Martinique par les Anglais (24 févr.). — Napoléon forme de la Toscane un grand-duché pour sa sœur Élisa, princesse de Lucques et de Piombino (2 mars), et donne le grand-duché de Berg au fils mineur du roi de Hollande, Louis Bonaparte. Cinquième coalition continentale. Passage de l'Inn par les Autrichiens (9 avr.). Défaite des Autrichiens à Ahensberg par Napoléon (20 avr.). — Combat d'Eckinùhl livré par Davoust (22 avr.). — Prise de Ratisbonne (23 avr.). Capitulation de Vienne (13 mai).— Réunion des Etats romains à l'empire (17 mai). — Passage du Danube. San- glantes batailles d'Aspern et d'Essling, où périt le maréchal Lannes (21, 22 mai). — Occupation de Varsovie par l'archiduc Ferdinand (21 avr.). — Les troupes d'Italie , commandées par le prince Eugène, battent l'archiduc Jean à Caldiero, en avant de Vérone, le 29 avril, et , après une série de succès, opèrent leur jonction avec la grande armée en Styrie , près du Sommering, sur la Muhr, le 27 mai, pendant que l'archiduc Jean se jetait en Hongrie. — Le pape lance contre Napo- léon l'excommunication (10 juin); il est enlevé et conduit à Savone (6 juill.). — Victoire d'Eu- gène à Raab sur l'archiduc Jean (14 juin); prise de Raab; siège de Presbourg par Davoust, le 27. — Passage du Danube par la grande armée (4juili.) . Grande bataille de Wa grain gagnée par Napoléon sur le prince Charles (6 juill.). Armistice de Znaïm en Moravie (11 juill.).— Prise des établis- sements français au Sénégal par les Anglais (14 juill.) , qui s'emparent de Flessingue , le 15 août. — Bataille indécise de Talavera-la- Reyna, sur le Tage, entre le roi Joseph et Welles- ley, qui sera nommé vicomte de Wellington (28 juill.). — Divisions entre les chefs qui com- mandent notre armée en Espagne. — Tentative d'assassinat de Staub sur Napoléon, à Schœnbrunn (13 oct.). — Le traité de Vienne est signé au nom de l'Autriche par le prince <!e Lichtenstein (14 oct.). Réunion de la Dalmatie et des pays cé- dés à la France, sous la dénomination de provinces illyriennes. L'Autriche adhère au système conti- nental contre l'Angleterre. — Victoire de Mortier à Ocana, au sud-est d' Aranjuez (19 nov.). — Dé- faite des Espagnols à Alba de Tormès par Keller- mann (28 nov.). — Sénatus-consulte prononçant la dissolution du mariage de Napoléon avec l'im- TEMPS MODERNES. 265 Ap. J.-C. pératrice Joséphine (16 déc). — Les Anglais éva- cuent Flessingue et l'île de Walcheren , qui est réunie à la France (24 déc). Les Martyrs de Chateaubriand; le Pape, de Jo- seph de Maistre. L'empereur Alexandre déclare la guerre à la Porte. Prise deGiurgevo parles Russes (I er avril); bataille indécise de Tartariza, à l'est de Silistrie. — Révolution en Suède (13 mars). Gustave IV, dont la nation désapprouve la politique favorable à l'Angleterre, est contraint d'abdiquer le 29. Son oncle est reconnu par la diète sous le nom de Charles XIII (5 juin). Traité de la Suède avec la Russie qui obtient la Finlande et la Bothnie jus- qu'à la Tornéa avec les îles d'Aland (17 sept.) Le congrès des États-Unis, voulant observer une slricte neutralité entre, la France et l'Angle- terre, exclut des ports des Etats les vaisseaux des deux nations (1 er mars). Élection de James Ma- dison, né dans la Virginie, à la présidence. 1810. La Suède accède au blocus continental; en retour, Napoléon lui rend la Poméranie. — Prise de la Guadeloupe par les Anglais (3févr.). — Oc- cupation de Séville par Soult (l ei févr.) La junte sera forcée de se retirer à Cadix. — Second ma- riage de Napoléon avec l'archiduchesse Marie- Louise à Saiht-Cloud (1 er avril). — Réunion à l'em- pire français des pays situés sur la rive gauche du Rhin° jusqu'à la mer (24 avril). — Prise de l'île Bourbon par les Anglais (8 juillet) . — Sur le refus de Louis, roi de Hollande, de n'agir que par les ordres de son frère, Napoléon réunit la Hol- lande à l'empire (9 juillet). — Efforts inouïs pour faire observer le blocus continental ; ordre de brûler toutes les marchandises anglaises dans la France et dans les États alliés. (18 et 19 août). — Nouvelle expédition des Français en Portugal. Prise de Ciudad-Rodrigo par Ney le 10 juillet, d'Alméida par Masséna le 28 août; bataille indé- cise livrée par Masséna aux Anglais à Busaco. Wellington occupe la forte position de Torres-Ve- dras au N. E. de Lisbonne. Retraite forcée des Français. — Prise de l'île de France par les An- glais (3 déc). — Réunion du Valais à l'empire (12 nov.); des villes anséatiques, du Lauenbourg, • etc., le 13 décembre. L'Empire français comprend alors 130 départements, et une population de qua- rante-deux millions d'habitants. Exposition brillante au Louvre des ouvrages des artistes vivants parmi lesquels on remarquait Da- vid, Gros, Guérin, Gérard, Girodet, Prud'hon. — L'Institut décerne ti ente-cinq prix décennaux pour les meilleurs ouvrages de lettres, de sciences et d'art. — Travaux scientifiques de Cuvier, Al. Brongniart, Delambre, Gay-Lussac, Thénard, Malus qui découvre la polarisation par réflexion. L'empereur Alexandre ouvre ses ports aux marchandises anglaises et prohibe celles de France (31 déc). — Continuation de la guerre entre la Russie et la Porte. Les Russes s'emparent de Silistrie et enferment le grand vizir dans Schumla. Charles XIII, roi de Suède, qui n'a pas d'enfants, adopte pour fils le maréchal français Bernadotte, beau-frère de Joseph-Napoléon. Bernadotte accepte l'offre de la succession au trône, avec l'assenti- ment de Napoléon, et est proclamé prince royal par les États généraux d'Œrebro (21 août). Décla- ration de guerrede la Suède à l'Angleterre (17 nov.) Insurrection des colonies espagnoles de l'Amé- rique. 1811. Démence de Georges III, roi d'Angleterre. Le Parlement nomme régent le prince de Galles (8 janvier). — Premier bateau à vapeur anglais sur la Clyde, d'une force de 300 chevaux. Continuation de la guerre en Espagne. Suchet, Ap. J.-C. après avoir pris Tortose, Tarragone, Sagonte, atta- que Valence (26 déc). — Soult occupe Olivenza et Badajoz. Les Anglais rentrent en Portugal (17 juin). Les Anglais enlèvent Batavia aux Hollandais (26 août) . Naissance du roi de Rome (20 mars) . — Bref du pape, daté de Savone, confirmant les décrets du concile national de Paris (20 sept.). — Orga- nisation définitive de l'Université impériale (15 nov.). — Réunion à l'empire du duché d'Olden- bourg (18 février). — Malus découvre la polarisa- tion par réfraction; il meurt peu de mois après. D. Brewster et Biot s'illustreront dans cette nou- velle branche de la Physique. — Arago découvre la polarisation chromatique et la polarisation ro- tatoire. Fresnel donnera bientôt la théorie com- plète de ces phénomènes dans le système des ondulations. Prise de Belgrade par les Russes unis aux Ser- viens (10 févr.). — Les Turcs reprennent un mo- ment l'avantage, mais le grand vizir cerné à Slo- bovia est forcé de se rendre prisonnier (14 oct.) ; suspension d'armes. Le noir Henri-Christophe se rend maître de la plus grande partie d'Haïti et prend le titre de roi (3 avril). Le Sud reste a Pétion avec Port-au- Prince. Les Espagnols perdent le Paraguay, qui se dé- clare indépendant sous le docteur Francia, avo- cat, qui prend le titre de directeur. Célèbre comète de 1811, vue en sept, et oct. 1812. Prise de Valence par le maréchal Suchet, qui est créé duc d'Albufera (9 janvier). — Prise de .Ciudad-Rodrigo (19 janv.) et de Badajoz (7 avril) par Wellington. — Constitution de 1812 publiée par les Cortès à Cadix. — Victoire décisive de Wellington sur Marmont à Salamanque (22 j mill.) . — Entrée des Anglais à Madrid (11 août). — Wellington, arrêté pendant trente jours de- vant le château de Burgos, rentre en Portugal; Joseph recouvre sa capitale. — Au Brésil, les Es- pagnols perdent Montevideo, dont s'emparent les Portugais. Les Élats-Unis déclarent la guerre à l'Angle- terre (18 juin). — Napoléon se prépare à sa lutte contre la Russie. Traité de Paris avec la Prusse (24 février) . Traité d'alliance avec l'Autriche si- gné à Paris (14 mars). — Traité signé à Saint- Pétersbourg entre laRussie etla Suède; la Grande- Bretagne y accède le 3 mai. — Napoléon à Dresde, où il tient une cour de rois. — Traité de Bucha- rest qui met fin à la guerre entre la Russie et la Porte (28 mai). La première obtient la Bessarabie. — Déclaration de guerre de la France à la Russie (21 juin). — Passage du Niémen par les Français (24-25juin); Napoléon occupe Vilna le 28 juin, et Vi- tepskle 28 juillet. Victoire et prise de Smolensk (17 août). Entrée des Français à Viasma, le 30.— Grande bataille livrée près de 'la Moskowa, à 20 lieues de Moscou, qui coûte aux Russes 50000 hommes. En- trée de Murât à Moscou le 14, de Napoléon le 15. Incendie de la ville par le gouverneur Rostop- chin. — Commencement de la retraite de l'ar- mée française (15 oct.). Victoire de Murât à Wen- kowo le Ï8; nouvelle victoire de Gouvion-Saint- Cyr à Polotsk le 20. — Evacuation de Moscou. Conspiration du général Malet à Paris ('23 oct.). — Victoire du prince Eugène à Malo-Jaroslawetz sur Kutusof (29 oct.). — Défaite des Russes à Viasma (3 nov.); à Krasnoï (16-19 nov.); échec des Russes à Borisov sur la Bérésina (28 nov.) ; combats et passage de la Bérésina (26-28 nov.). — Napoléon part incognito pour Paris en laissant le commandement à Murât le 5 déc, et rentre aux Tuileries la nuit du 18 au 19. Suppression des corporations religieuses et des 266 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. ordres monastiques dans les provinces de l'empire français (8 janv.) .—Le pape est conduit de Parme à Fontainebleau (20 juin). En Allemagne, le docteur Fréd. Creuzer donne son grand ouvrage : la Symbolique et la Mytho- logie des peuples anciens. — En Angleterre, Robert Owen publie ses Nouvelles vues sur la société ou Essais sur la formation du caractère humain, ouvrage socialiste. 1813. Fin de la campagne de Russie. Le prince Eu- gène remplace Murât dans le commandement de l'armée (16 janv.). — Concordat de Fontainebleau entre Napoléon et Pie VII (25 janv.). — Procla- mation de Louis XVIII, datée d'Hartwell (1 er févr.). — Ouverture de la session du Corps législatif (11 févr.). — Sixième coalition continentale contre la France. Traité d'alliance entre la Russie et la Prusse, signé à Kalisch (1 er mars). — Évacuation de Hambourg (17 mars). — Déclaration de guerre à la Prusse (1 er avril) . — Combat de Weissenfels, où est tué Bessières (1 er mai). — Victoire de Na- poléon à Lutzen (2 mai) . — Défaite des Russes et des Prussiens réunis à Bautzen , Wurtchen et Hochkirchen (19-21 mai). — Combat de Reichen- bach, où Duroc est tué (22 mai). — Reprise de Hambourg par Davoust et Vandamme (30 mai). — Occupation de Breslau par Lauiïston (1 er juin). — Renouvellement d'alliance de Napoléon avec le Danemark (29 mai). — Napoléon accepte la mé- diation de l'Autriche ; armistice de quarante jours (3 juin).— Congrès ouvert à Prague (5 juillet).— En Espagne, Joseph, après avoir quitté Madrid, est battu à Vittoria, au nord de l'Ebre (21 juin). — Les Anglais assiègent Pampekme et Saint-Sé- bastien. — Dissolution du congrès de Prague. Déclaration de guerre de l'Autriche à la France (15 août). — Seconde campagne contre la sixième coalition, qui dispose de cinq cent mille hommes en trois armées: 1° de Bohême, sous Schwart- zenberg; 2" de Silésie, sous le Prussien Blucher; 3° du Nord, sous Bernadotte. Napoléon oppose aux alliés trois cent mille hommes, divisés en onze corps. — Victoires de Bernadotte sur Oudinot à Gross-Beeren et Ahrensdorff (23 août). — Victoire de Napoléon à Dresde, où Moreau est blessé à mort. Défaite de Macdonald par Blucher sur la Katzbach (Silésie). — Défaite de Vandamme à Kulm (30 août). — Combat d'Irun (Espagne) . Red- dition de Saint-Sébastien (31 août). — Alliance si- gnée à Tœplitz entre l'Autriche, la Russie et la Prusse. — Victoire de Suchet sur les Anglais à Villafranca-de-Panadès (13 sept.). — Traité préli- minaire d'alliance, à Tœplitz, entre l'Autriche et la Grande-Bretagne (3 oct.) . — Passage de la Bi- dassoa par Wellington (7 oct.). — Victoire de Na- poléon sur le prince de Schwartzenberg à Wachau (16 oct.). — Bataille de Leipsick, dite bataille des peuples (18-19 oct.). — Victoire de Napoléon sur les Austro-Bavarois à Hanau (30 oct.) . — Echec de Soult à Saint-Jean-de-Luz (10 nov.). — Victoire d'Eugène sur les Autrichiens à Caldiero (15 nov.). — Prise d'Amsterdam par Bulow (24 nov.). — Déclaration donnée par les alliés à Francfort, dans laquelle ils séparent la cause de Napoléon de celle de la nation française (1 er déc). — Combats sur les bords de la Nive entre Soult et les Anglo- Espagnols (8-13 déc.).— Traité de Valençay entre Napoléon et Ferdinand VII , qui recouvre son royaume (11 déc). — Convocation du Corps légis- latif (19 déc). — Violation de la neutralité de la Suisse (21 déc.) : Schwartzenberg entre en France par le pont de Bâle.— Evacuation de la Hollande (24 déc.).— Evacuation de Genève (30 déc). — Ajournement de la session du Corps législatif. L'Allemagne, ouvrage de Mme de Staël, pu- blié à Londres.— Histoire des littératures du midi de l'Europe, par le Genevois Sismondi. Ap. J.-C. En Servie , ouverture du Conseil national , à Kragojévast (janv.). Renouvellement de la guerre avec les Turcs (juillet). Le chef des Serviens, Czerni Georges , est contraint de se retirer .en Russie. 1814. Invasion du territoire français. Passage du Rhin à Bâle par Schwartzenberg, qui s'avance par l'Alsace et la Franche-Comté (31 déc. 1813). Passage du Rhin à Manheim par l'armée prus- sienne sous Blucher (1 er janv.); elle s'avance par la Lorraine. Bernadotte , qui commande l'ar- mée du Nord, a déjà envahi la Hollande et pé- nètre dans la Belgique. Réunion des trois souve- rains de Russie, Prusse, Autriche, àVesoul, le 23 ; Schwartzenberg et Blucher se rejoignent à Lan- gresle 25.— Traité d'alliance de Murât avec l'Au- triche (11 janv.). — Pie VII quitte Fontainebleau pour retourner à Rome (23 janv.) . — Combat de Saint-Dizier contre Blucher, le 27. Victoire de Brienne, le 29. Retraite de Blucher. — Bataille sanglante de la Rothière (I e * févr.). Napoléon se replie jusqu'à Nogent-sur-Seine. — Ouverture du congrès de Châtillon entre les alliés et la France (5 févr.). — Marche de Blucher sur Paris. Napoléon le bat successivement à Champ-Aubert le 10, à Montmirail le 11, à Château-Thierry le 13, à Vau- champ le 14, et le contraint à se retirer sur Châ- lons. — Marche de Schwartzenberg sur Paris. Napoléon lui livre les combats de Guignes , de Mormans, de Nangis, de Montereau et de Méry- sur-Seine (17-22 févr.), et rentre dans Troyes le 24. — Défaite de Soult par Wellington à Orthez (27 févr.;. — Combats de Bar et de la Ferté-sur- Aube (27-28 févr.). — Traité de Chaumont entre les alliés (1 er mars). — Victoire de Grenier sur les Autrichiens et les Napolitains à Parme (2 mars) . — Reprise de Troyes par les alliés. Prise de Sois- sons par Bulow (3-4 mars). Victoire de Napoléon sur Blucher à Craonne (7 mars) . — Défaite des Anglais à Berg-op-Zoom par le général Bizanet. — Bataille de Laon.— Évacuation de Rome et des États romains (9-10 mars) . — Entrée du duc d'An- goulême à Bordeaux (13-14 mars). — Rupture du congrès de Châtillon (19 mars). — Défaite d'Au- gereau à Limonest, près de Lyon (20 mars). — Combat d'Arcis-sur-Aube. Reprise de Reims par les alliés (70-ïl mars). — Occupation de LyoD par les Autrichiens (21 mars). — Combat de Fère- Champenoise (25 mars) . — Victoire de Napoléon sur les Russes à Saint-Dizier (26 mars). — Arrivée des alliés devant Paris (29 mars) . Bataille de Pa- ris, le 30; capitulation de Paris, le 31. — Établis- sement d'un gouvernement provisoire à Paris, cù l'abbé de Montesquiou représente le parti roya- liste (1 er avril) ; il prononce la déchéance de Na- poléon et l'abolition du droit d'hérédité dans sa famille, le 3. — Abdication de Napoléon en faveur de sa femme et de son fils à Fontainebleau, et, après la défection de Marmont , abdication abso- lue (6 avril) . — Le même jour, le Sénat déclare que le peuple français appelle librement au trône Louis -Stanislas- Xavier de France, frère de Louis XVI. — Bataille de Toulouse entre Soult et Wellington (10 avril). — Traité de Paris entre Ney, Macdonald et Caulaincourt, plénipoten- tiaires de Napoléon, et les ministres d'Autriche, de Russie et de Prusse. Napoléon ne doit garder que la principauté de Tîle d'Elbe (11 avril) . Marie- Louise aura les duchés de Parme et de Plai- sance. — Arrivée à Paris du comte d'Artois, qui prend le titre de lieutenant général du royaume (12 avril). — Adieux de Napoléon à ses soldats à Fontainebleau (20 avril) . Le même jour, entrée solennelle de Louis XVIII à Londres comme roi de France. — Monsieur signe à Paris avec les alliés une convention, par laquelle il leur livra plus de la moitié de la flotte française, cinquante- TEMPS MODERNES. 267 Ap. J.-C. trois forteresses, et réduit la France à ses fron- tières de 1792. Arrivée de Louis XVIII à Calais (24 avril) . — Déclaration du roi donnée à Saint-Ouen, qui jette les bases du gouvernement représentatif (2 mai) . — Entrée de Louis XVIII à Paris, le 3.— Premier ministère de la Restauration, composé de M. de Barentin aux sceaux, de M. de Talleyrand aux affaires étrangères, de l'abbé de Montesquiou à l'intérieur, du comte Dupont à la guerre, de l'abbé Louis aux finances , de "M. Malouet à la marine, de M. de Blacas à la maison du roi (13 mai). — Mort de l'impératrice Joséphine (29 mai). — Traité de paix définitif signé à Paris entre la France et les alliés. — Séance royale pour une assemblée collective du Corps législatif et du Sénat. Octroi d'une charte constitutionnelle (4 juin) . — Traité de Paris avec l'Espagne (20 juillet) . — Rétablisse- ment de l'ordre des Jésuites par Pie VII. — Loi relative à la liberté de la presse (21 oct.) . — Ou- verture du congrès de Vienne, sous la présidence de M. de Metternich (1 er nov.). — Loi relative à la liste civile et à la dotation de la couronne, le 8 ; loi relative à l'observation des dimanches et fêtes, le 18; rétablissement de l'ordre du Mérite militaire, le 28. — Évacuation de la Martinique par les Anglais (7 déc.) . — Loi relative aux biens non vendus des émigrés. — Ajournement des Chambres législatives au 1 er mai 1815. — Travaux d'Abel Rémusat sur la langue et les ouvrages de la Chine. Érection du Hanovre en royaume pour la maison régnante d'Angleterre (26 oct.). — Première loco- motive à vapeur sur des rails de fer due à George Stephenson. Rétablissement de l'autorité autrichienne en Lombardie (20 avril). — Restauration du grand- duché de Toscane, et du duché de Modène. — Rentrée du pape à Rome (24 mai). — La Savoie et le Piémont ont été rendus au roi de Sardaigne,qui bientôt joindra à ses Etats la ville de Gênes (30 déc). En Suisse, changement de la constitution fédérale. Trois nouveaux cantons ajoutés aux dix-neuf anciens, Genève, le Valais, Neufchâtel (14 sept.). En Espagne, Ferdinand VII dissout les Cortès et rétablit l'inquisition et les Jésuites. — Insur- rection au Mexique dirigée par Morales ; elle sera réprimée par le général espagnol Morillo. — Sou- mission du Chili par le général Osorio. — Lutte soutenue par Morillo contre les révoltés de Vene- zuela et de la Nouvelle-Grenade. Réunion de la Belgique aux Pays-Bas hollan- dais par la maison d'Orange (21 juillet). Le Danemark est forcé de céder à la Suède la Norvège par le traité de KM ; l'Angleterre conserve l'île d'Héligoland au nord des embou- chures de l'Elbe et du Weser. — Après une courte résistance, la Norvège accepte la domination suédoise, mais garde sa constitution particu- lière. Au Paraguay, Francia se fait dictateur. Guerre entre les États-Unis et l'Angleterre ter- minée par le traité de Gand. 1815. Traité secret entre l'Autriche, la France et l'Angleterre contre la Russie (3 janv.). — L'Au- triche fait conserver, au congrès de Vienne, les deux tiers de la Saxe au vieux roi Frédéric-Au- guste (28 janv.). — Cérémonie expiatoire, en France, pour Louis XVI et Marie-Antoinette (21 janv.). — Débarquement de Napoléon au golfe Juan, près de Cannes (l er mars). Convocation des Chambres lé- gislatives (6 mars). Entrée de Napoléon à Gre- noble, le 7, à Lyon, le 10 ; — Déclaration des puis- sances réunies au congrès devienne. Défection de Ney(13 mars). — Arrivée de Napoléon à Châlon (14 mars) . — Séan ce ro yale des Chambres ( 1 6 mars) . — Ap. J.-C. La Chambre des députés déclare nationale la guerre contre Napoléon (18 mars). — Louis XVIII s'en- fuit de Paris, où Napoléon arrive le soir (20 mars). Suppression de la censure et de la direction de la librairie et de l'imprimerie (24 mars). Murât, qui s'était d'abord prononcé contre Napoléon, l'as- sure ensuite de son concours et appelle toute la péninsule à l'indépendance (31 mars). — Procla- mation de Louis XVIII datée de Gand (14 avril). — Acte additionnel aux constitutions de l'em- pire (22 avril). — Revers de Murât en Italie. Ferdinand IV, appuyé par les Autrichiens, rentre à Naples(3 juin). — Assemblée du champ de Mai (1 er juin). Ouverture des Chambres, le 3. — Séance impériale des Chambres, le 7. — Signature, au congrès de Vienne, du traité définitif qui fixe l'état de l'Europe. — Passage de la Sambre par l'armée française (15 juin). — Défaite des Prus- siens à Ligny, des Anglais aux Quatre-Bras, le 16; Bataille de Waterloo, le 18. — Retour de Napoléon à Paris (20 juin). — Abdication de Napoléon, le 22; les Chambres nomment une commission exécu- trice provisoire. — Retour de Louis XV11I en France (24 juin). — Convention de Chollei (Maine- et-Loire) pour la pacification delà Vendée (27 juin) . — Napoléon quitte Paris, le 29. — Adresse de l'armée aux Chambres, le 30. — Proclamation de la Chambre des représentants au peuple français (1 er juillet). Coup de main du général Excelmans sur les Prussiens à Versailles. — Convention de Saint-Cloud, le 3. L'armée française se retirera derrière la Loire. — La Chambre des représen- tants vote une constitution, le 5. — Entrée des alliés à Paris, le 6. — Ministère dans lequel entrent Talleyrand et Fouché. — Dissolution de la Chambre des députés (13 juillet). — Arrivée de Napoléon à bord du vaisseau anglais le Belle- rophon (15 juillet) ; le cabinet de Londres choisira pour sa résidence l'île de Sainte-Hélène. — Ordon- nance excluant de la Chambre des pairs ceux qui ont siégé durant les Cent jours. Ordonnance tradui- santdevant un conseilde guerre et exilant de Paris les officiers et les fonctionnaires civils qui ont pris part aux événements des Cent jours. — Licenciement de l'ancienne armée (1 er août). — Assassinat de Brune à Avignon (2 août). — Assassinat du général Ramel à Toulouse. Nomination de 93 pairs, le 17. — Exécution de Labédoyère. Ordonnance royale instituant l'hérédité de la pairie (19 août). — Traité de la Sainte- Alliance entre' les empereurs de Russie et d'Autriche et le roi de Prusse (26 sept.).— Disgrâce de Fouché (19 sept.), de Talley- rand, le 24. Cabinet sous la présidence du duc de Richelieu. — Ouverture des Chambres, le 7 oct. — Débarquement de Murât en Calabre, le 8.' Il est fusillé le 13. — Loi portant suspension de la liberté individuelle (29 oct.). — Assassinat du général Lagarde à Nîmes (12 nov.). — Traité de Paris avec l'Angleterre et l'Autriche (20 nov.). — Con- damnation à mort de M. de Lavalette, qui parvient à s'évader le 20 déc. — Procès du maréchal Ney, le 4 ; son exécution le 7. Rétablissement des juridictions prévôtalès. — Première édition des chansons de Béranger. — Première chaire de sanscrit créée en Europe pour M. de Chésy ; chaire de chinois pour Abel Rémusat au Collège de France. Formation de la confédération germanique, au congrès de Vienne (8 juin). Réunion du Portugal, du Brésil et des Algarves en un seul royaume, proclamée par le prince régent Jean VI, fils de Marie, qui réside au Brésil depuis 1807 (16 déc). L'empereur de Russie Alexandre I er prend le titre de roi de Pologne (30 avril). — Constitution donnée à ce royaume (27 nov.). Au Mexique, les rebelles, conduits par Mina, prennent Acapulco. Mina, fait prisonnier par le 268 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. vice-roi Apodaca, est exécuté (H déc). — Dans la province de Venezuela, apparition de Bolivar, natif de Caracas, qui se met à la tête des in- surgés contre le général espagnol Morillo. Aux États-Unis, victoire brillante du général Jackson sur les Anglais à la Nouvelle-Orléaus (8 janv.). Signature définitive de la paix entre les deux pays. 1816. Loi dite d'Amnistie (12 janv.). Organisation de l'Institut, divisé en quatre académies : académie française, académie des inscriptions et belles-lettres, académie des sciences, académie des beaux-arts (21 mars). — Loi por- tant abolition du divorce (8 mai). Célébration à Paris du mariage du duc de Berri, second fils du comte d'Artois, avec Marie-Caro- line, petite-fille du roi de Naples Ferdinand IV (17 juin). — Dissolution de la Chambre dile introu- vable (5 sept.). — Nouvelle législature. — Missions dans les départements pour ranimer la foi catho- lique. — Chateaubriand, à cause de son écrit : la Monarchie selon la Charte, est dépouillé de son titre de ministre d'Etat (20 sept.). — Naufrage de la Méduse (2-6 juillet). Mariage de Charlotte, fille du prince régent d'Angleterre, avec le prince Léopold de Saxe- Cobourg (2 mai). — Expédition de lord Exmouth contre le dey d'Alger , qui rend la liberté à tous les esclaves chrétiens. — Premier roman de Walter Scott : Waverley. Première séance de la diète germanique à Francfort (1 er octobre). En compensation des ter- ritoires que les alliés lui ont fait céder à la Suède et à la Prusse pour le punir de sa fidélité à Napoléon,- le Danemark obtient le duché de Saxe- Lauenbourg, sur l'Elbe inférieur, qui fait partie de la confédération germanique. Ferdinand IV, roi de Naples et de Sicile, se fait appeler Ferdinand I e1 ' roi des Deux-Siciles. Mort de la reine du Portugal Marie; son fils, le prince régent, déjà roi du Brésil, prend le titre de roi de Portugal (20 mars), mais continue de résider à Bio-Janeiro. Nouvelle insurrection de la Servie contre la Turquie, sous la conduite de Miloscb Obrénovitch, fils d'un pâtre. Vainqueur d'une flotte espagnole, près l'île Margarita (9 mai) , Bolivar établit à Barcelone, à l'ouest de Cumana, un gouvernement provisoire. — L'indépendance des provinces unies de la Plata est proclamée à Tucuman. Le mulâtre Pétion, chef de la partie sud-ouest d'Haïti, se fait donner la présidence à vie. Il ré- side à Port-au-Prince. 1817. M. Pasquier est nommé garde des sceaux (19 janv.). — Loi contre la liberté individuelle (12 févr.). — Loi sur les journaux et écrits pério- diques (28 févr.). — Clôture de la session (26 mars). — Convention avec Pie VII, par la- quelle est rétabli le concordat conclu entre Fran- çois 1 er et Léon X (11 juin). — Traité signé à Paris avec le Portugal, qui remet à la France la Guyane française (28 août). — Séance royale pour l'ouverture des Chambres. Louis XVIII an- nonce qu'il n'y aura plus de cours prévôtales ■ffi en matière de religion, de l'abbé de Lamennais. — Examen des doctrines médicales, de Brous- sais. — Le comte de Chabrol, préfet de la Seine, fait éclairer au gaz l'hôpital Saint-Louis. — Win- sor construit une petite usine à gaz pour l'éclai- rage du passage des Panoramas à Paris. Troubles et conspirations à Londres. Suspen- sion de Vhabeas corpus (3 juin). — Mort de la Ap. J.-C. princesse Charlotte , fille unique du régent (6 nov.). — Les Anglais étendent leur domina- tion dans l'Inde jusqu'à l'Indus; soumission défi- nitive des Mabrattes. Gouvernement rétrograde de Ferdinand VII, roi d'Espagne, malgré les conseils des puissances alliées. Conspiration des généraux Lascy et Por- lier (avril-juillet). Mécontentement en Allemagne contre les gou- vernements qui n'ont pas encore donné de con- stitution à leurs peuples, ainsi qu'ils s'y étaient engagés par l'article 13 du pacte fédéral arrêté au congrès de Vienne. Institution d'un sénat en Pologne par l'empe- reur de Russie (26 févr.). — La diète de Cour- lande décrète l'affranchissement des paysans (14avril). Mariage du grand-duc Nicolas avecune fille du roi de Prusse. Nouvelle constitution des îles Ioniennes, qui les place sous le protectorat direct de l'Angle- terre. Nouvelle insurrection du Chili. Triomphe du parti national. Proclamation de la république. Succès de Bolivar dans le Venezuela. Installa- tion du gouvernement de Venezuela (10 nov.). J. Monroe, de la Virginie, est élu président des Etats-Unis. — Colonie de nègres libres, en Afri- que (Libéria). 1818. Première loi sur le recrutement présentée par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr (10 mars). — L'évacuation du territoire français est fixée par le congrès d'Aix-la-Chapelle au 30 novembre de cette année. — Convention relative au dernier payement de l'indemnité due par la France (19 nov.). — Ouverture par le roi de la session législative de 1818-1819 (10 déc). — Retraite du ministère Richelieu (29 déc). M. de Serres est nommé à la justice; le général Dessole aux affaires étrangères; M. Decazes à l'intérieur; M. Portai à la marine ; le baron Louis aux finances. — Fon- dation d'une caisse d'épargne à Paris (15 nov.). — Commencement des travaux pour la nouvelle carte de France. — Introduction dans les col- lèges royaux de l'enseignement de l'histoire. — Philosophie anatomique de Geoffroy-Saint-Hilaire. — Considérations sur la Révolution française, ouvrage posthume de Mme de Staël. — Les Messéniennes, de Casimir Delavigne. Abolition de la servitude dans le royaume de Wurtemberg (1 er janvier). — Le royaume de Ba- vière et le grand-duché de Bade reçoivent des constitutions de leurs princes. Traité de l'Angleterre avec les Pays-Bas (4 mai), avec l'Espagne (23 sept.), pour l'abolition de la traite des nègres. L'empereur de Russie ouvre la diète de Pologne par un discours en français (27 mars) . La session dure 1 mois. — Histoire de Russie, par Ka- ramsin. Mort de Charles XIII, roi de Suède (5 févr.). Avènement du prince royal Bernadotte-Charles- Jean,âgéde53 ans, sous le nom de Charles XIV. Mort du mulâtre Pétion, président d'une partie de l'île d'Haïti. Le général Boyer lui succède. Déclaration de l'indépendance du Chili (l er jan- vier) . — Bolivar est reconnu par l'Angleterre et les États-Unis. 1819. Agitation en Allemagne, entretenue par les sociétés secrètes et surtout par une association connue sous le nom de Burgenschafft, qui s'était formée dans les universités. — Assassinat par un étudiant du célèbre Kotzebue, regardé comme ennemi de l'indépendance allemande (23 mars). — Congrès de ministres allemands , à Carlsbad, en Bohême, pour aviser aux moyens de réprimer les tendances démocrati^uesdes universités (août). TEMPS MODERNES. 269 4p. J.-C. — Le Wurtemberg reçoit de son souverain une nouvelle constitution (29 sept.). En Angleterre, les chefs du parti radical profi- tent du mécontentement du peuple causé par la misère générale, conséquence d'une^ mauvaise législation sur les grains, pour l'exciter à réclamer des réformes de toute sorte. De nombreuses as- semblées se tiennent dans les districts manufac- riers d'Angleterre et d'Ecosse pour demander le suffrage universel. Révolte sanglante à Manches- ter (16 août). — Mort de James Watt (25 août). Voyages d'exploration de Parry, Liddon, Fran- klin dans la mer polaire. Les Chambres françaises votent une loi accor- dant une dotation de* 50 000 livres de rente au duc de Richelieu, à titre de récompense natio- nale. Il en consacre le produit à la fondation d'un hospice à Bordeaux. — Loi contre la presse (17 et 26 mai). — Loi qui assujettit les journaux et les écrits périodiques au, dépôt d'un cautionnement (9 juin) . Troubles à l'École de droit. — Recompo- sition du cabinet sous la présidence de M.Decazes, ministre de l'intérieur (19 nov.). Rappel de tous les exilés politiques, à l'exception des convention- nels qui ont voté la mort de Louis XVI (1 er déc). — La Chambre des députés exclut de son sein l'abbé Grégoire, ancien évêque de Blois et régi- cide (6 déc). — Commencement des publications socialistes de Saint-Simon. — Exposition publique des produits de l'industrie française au Louvie (25 août) . — Le radeau de la Méduse, de Géri- cault. A Valence, conspiration du colonel Vidal, ré- primée par le général Elio (2 janv.). En Russie, le droit d'établir des fabriques et des manufactures est accordé à tous les paysans. La noblesse et les négociants des deux premières classes en avaient seuls joui jusqu'alors. — Réu- nion des écoles de Saint-Pétersbourg en univer- sité. Propagation de l'instruction dans l'armée russe. — Immenses travaux de fortification com- mencés à Helsingford et à Sweàborg en Finlande OErsted, physicien à Copenhague, découvre le fait de la déviation de l'aiguille aimantée paiTin- fluence d'un courant de la pile. Les Anglais abandonnent aux Turcs la ville de Parga, qui s'était placée sous leur protection. Les habitants préfèrent abandonner leur ville, après avoir brûlé les ossements de leurs ancêtres. Le roi des nègres, Henri-Christophe, essaye en vain de renverser le président Boyer. Victoire remportée par Bolivar à Boyaca, à 20 lieues au N. E. de Santa-Fé de Bogota dans la Nouvelle-Grenade (7 août). Entrée triomphale de Bolivar à Carthagène. Congrès d'Angostura, qui décrète la loi fondamentale de l'union des pro- vinces de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade sons le nom de république de Colombie (17 déc). 1820. Mort de Georges III, roi d'Angleterre. Avène- ment de Georges IV. Procès scandaleux intenté parle roi contre sa femme, Caroline, princesse de Brunswick. Assassinat du duc de Berri, second fils du comte d'Artois, par Louvel (13 fév.). — Change- ment de ministère. Le duc 'de Richelieu est placé à la tête du cabinet (20 févr.). — Loi relative aux complots contre la sûreté de l'Etat et les membres de la famille royale (25 mars) . — Loi sur le réta- blissement de la censure (30 mars). — Troubles à à Paris (2, 3, 5 et 6 juin). — Adoption par la Chambre des députés d'une loi qui augmente le .jaombre des députés et accorde un double vote aux électeurs les plus imposés de chnque dépar- tement (9 juin). — Naissance d'un héritier du trône, fils de la duchesse de Berri (29 sept.) ; Henri-Dieudonné reçoit le titre de duc de Bor- deaux. — MM. Laine, de Villèle et de Corbière Ap. J.-c. sont nommés ministres secrétairesd'État (27 déc). — Arago découvre l'aimantation temporaire du fer sous l'influence d'un courant de la pile, fait d'où sortira bientôt la télégraphie électrique. — Premières Méditations de Lamartine. En Espagne, des troupes qui devaient être em- barquées pour aller combattre les indépendants d'Amérique se révoltent à Cadix, sous laconduitede Quiroga et de Riego (janv.) . Elles réclament la con- stitution de 1812. Le roi est obligé de céder et de convoquer les Cortès à Madrid (9 juillet). Le gé- ' néral Quiroga est vice-président. En Portugal, troubles analogues à ceux de l'Espagne. Proclamation de la monarchie consti- tutionnelle. Abolition de la régence asservie à l'Angleterre. Insurrection dans les Deux-Siciles. Le général Pépé demande une constitution (6 juillet). Leduc de Calabre proclame la constitution que vient de se donner l'Espagne, et le roi prête serment de la faire observer (13 juillet). Lutte entre l'empereur de Russie et la diète de Pologne. — Formation de confédérations se- crètes dans ce dernier pays. Réunion du congrès âeTroppau, dans la Silésie autrichienne, provoqué par le prince de Metter- nich, qui veut aviser aux moyens de comprimer l'agitation révolutionnaire qui menace de se ré- pandre dans toute l'Europe (31 août). Les 3 mo- narques de Russie, d'Autriche et de Prusse déci- dent qu'avant de rien entreprendre contre la constitution napolitaine, ils inviteront le roi des Deux-Siciles à se rendre à Laybach, siège d'un nouveau congrès (13 oct.). En Amérique, le Mexicain Iturbide triomphe du vice-roi Apodoca. Le Pérou s'affranchit de la domination espa- gnole, avec le concours de lord Cochrane, du général de Buenos-Ayres Saint-Martin, et de Sucre, lieutenant de Bolivar. Le roi des nègres, Henri- Christophe I", se donne la mort. La population se soumet à Boyer, le président de Port-au-Prince. — Les Espagnols conservent la partie orientale de l'île. 1821. Congrès de Laybach, où l'on décide que l'on rétablira par la force l'ancien état de choses dans les Deux-Siciles. — Entrée de l'armée autrichienne à Naples, le 24, après la défaite du général Pépé. — Révolution du Piémont, dirigée par le comte de Santa-Rosa. Abdication de Victor-Emmanuel en faveur de son frère, Charles-Félix (13 mars). Celui-ci déclare qu'il ne changera rien à l'an- cienne forme de gouvernement. Entrée des Au- trichiens en Piémont. Fin de la révolution (avril). Mort de Napoléon, à Sainte-Hélène, à l'âge de 52 ans (5 mai). En France, séance royale pour l'ouverture des Chambres (5 nov.) . — Vote d'une adresse dont le roi refuse d'entendre la lecture (26 nov.). — Changement de ministère : MM. de Villèle aux finances, avec la présidence du conseil ; de Pey- ronnet à la justice; de Montmorency aux affaires étrangères; de Corbière à l'intérieur; de Bellune à la guerre; de Clerrnont-Tonnerre à la marine; de Lauriston à la maison du roi (14 déc). — Conspiration à l'école de cavalerie de Saumur (déc). Procès de Béranger pour un second re- cueil de chansons (déc.) . — Simple discours de P. L. Couàer — De l'Église gallicane, et Soi- rées de Saint-Pétersbourg H ouvrage posthume de Joseph de Maistre. — Histoire des Français, de Sismondi,de 1 81 7 à 1843; 31 volumes. — Créa- tion de l'Ecole des Chartes. — Fondation de la Société de géographie, par Malte-Brun. — Fresnel invente les phares dioptriques. Formation d'une armée de la foi en Espagne. Commencement de l'insurrection hellénique. 270 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. Le chef de l'Hétérie grecque, Alexandre Ypsilanti, appelle à l'indépendance les Moldaves, les Valaques et les Grecs. — Les Grecs de Morée prennent pour chef son père Démétrius. — Agitation dans tout l'empire ottoman. Troubles sanglants à Cons- tantinople. Le patriarche de l'Église d'Orient est égorgé (22 avril) . Horrible massacre des chrétiens. — Un sénat est convoqué à Calaraata, en Messé- nie, par Mavromicalis, qui ne peut rattacher à lui les autres chefs (mai) . — Défaite d'Alexandre Ypsilanti; il se réfugie chez les Autrichiens, qui le retiennent prisonnier. — Son frère Démétrius est un moment reconnu stratège, mais perd bien- tôt le commandement. — Un gouvernement pro- visoire est établi à Tripolitza, en Morée, qui vient d'être enlevée d'assaut (17 oct.). — Un congrès ouvert à Epidaure, en Argolide, par Dé- métrius Ypsilanti et Mavrocordato. prépare la ré- daction, de l'acte d'indépendance (15 dèc). Aux États-Unis, commencement de la querelle entre les Etats du Nord et les Etats du Sud au sujet de l'esclavage. Une ligne de démarcation est tirée entreles Etats libres et les Etats à esclaves. Iturbide, qui a pris le titre de généralissime de l'empire du Mexique, entre à Mexico (27 sept.) . Il y établit un gouvernement provisoire composé de cinq membres, et une junte ou assemblée de notables. Bolivar, qui vient de remporter une victoire décisive sur le général espagnol Morillo, est nommé président pour quatre ans de la Colombie. — Le général Saint-Martin occupe Lima (12juill.), et est proclamé protecteur du Pérou (8 août) ; il donne une constitution à la république péru- vienne (8 oct.). Plusieurs provinces du Brésil se déclarent pour la constitution promulguée en Portugal, qui est acceptée par le roi à Rio-Janeiro (février) . — Le roi Jean, malgré les Brésiliens, part pour l'Eu- rope, laissant la régence à son nls don Pedro. A son arrivée au Portugal, il prête serment à la constitution. La partie orientale d'Haïti, qui dépendait de l'Espagne, se proclame en république. 1822. Le Parlement rejette de nouveau le bill d'é- mancipation des catholiques d'Irlande (19 juin). Troubles en Irlande. Suspension de l'acte dliabeas corpus. — Le premier ministre Castlereagh se donne la mort (12 août). Il a pour successeur Canning. Conspiration à Béfort (I er janv.). — Tentative du général Berton sur Saumur (24 févr.). — Troubles graves à l'École de droit à Paris (5 mars) . — Suspension des cours à cette école, le 6. — Complot militaire à la Rochelle (7 mars). — Dissolution de l'école de cavalerie de Saumur (29 mars). — Clôture de la session de 1821 (l e ymai). — Ouverture de la session de 1822 (4 juin). — Conspiration du lieutenant-colonel Caron, qui est condamné à mort et exécuté le 1 er octobre. — Clôture de la session de 1822 (17 juillet). — Condamnation par la cour d'as- sises de Paris des 4 sergents Bories, Goubin, Pom- mier et Raoulx, impliqués dans la conspiration delaRochelle. Ilssont exécutésle21 septembre. — Condamnation à mort par la cour d'assises de Poitiers du général Berton, de Sauge et de Ja- glin, qui sont exécutés le 5 octobre. — Troubles à l'École de médecine de Paris (18 nov.). — Fermeture de cette école, le 22. — M. de Mont- morency donne sa démission. M. de Villèle est chargé par intérim des affaires étrangères (25déc), qui sont confiées le 28 à M. de Chateaubriand. — Suspension du cours d'histoire de M. Guizot à la Sorbonne. — Suppression de l'École nor- male. — Odes et Ballades, de Victor Hugo. — Fondation de la Société asiatique de Paris par Ap. J.-C. Sylvestre de Sacy. — Ampère énonce expressé- ment l'idée d'utiliser la déviation de l'aiguille aimantée par le courant de la pile pour la télé- graphie électrique. En Espagne, complot de la garde royale contre la constitution. Elle proclame, dans le palais de Madrid, roi absolu Ferdinand VI( (1 er juillet). — Formation d'une junte royaliste et d'une régence suprême à Urgel. Défaite des absolutistes par Martin Empecinado. En Portugal, même tentative de don Miguel pour renverser son père Jean VI et chasser les Cortès. Conspiration découverte et punie à Palerme (9 janv.) . — Congrès de Vérone, où se rendent le roi de Prusse et les empereurs de Russie et d'Au- triche. L'Angleterre y est représentée par le duc de Wellington ; la France par MM. de Montmo- rency et de Chateaubriand. L'Autriche, la Prusse et la -Russie approuvent le projet de la France d'intervenir en Espagne en faveur de Ferdi- nand VII; l'Angleterre conserve la neutralité. Dans les Pays-Bas, la langue hollandaise sera introduite dans toutes les écoles, et, à partir du 1 er janvier, dans tous les tribunaux (26 oct.) ; les avocats belges pourront se servir de la' langue française jusqu'en 1825. Le congrès d'Epidaure rédige et promulgue l'acte d'indépendance de la Grèce. Ali-Pacha est assassiné dans une conférence que lui avait pro- posée Kourschid-Pacha devant Janina (5 février). — Prise de Corinthe par Démétrius Ypsilanti; sac de Ciiio par le capitan-pacha (11 avril). — Les Grecs perdent Corinthe (20 juillet) . — Siège de Napoli de Romanie, qui se rendra aux Grecs le 11 janvier de l'année suivante. — La Russie n'ose se prononcer ouvertement pour la cause de l'indépendance hellénique, et rappelle même ses troupes des frontières de la Moldavie et de la Va- lachie. L'Angleterre et l'Autriche engagent la Porte à faire des concessions ; sympathies que rencontre la cause grecque en Allemagne et sur- tout en France. Les Cortès du Mexique proclament l'indépen- dance de la nation (février). L'armée proclame empereur Iturbide sous le nom d'Augustin I er (18 mai). Le prince régent du Brésil, don Pedro, refuse d'obéir à son père, qui le rappelle en Portugal, et l'assemblée des députés brésiliens proclame l'indépendance du pays (1 er août). Don Pedro est nommé empereur héréditaire et constitutionnel du Brésil (12 oct.). La partie espagnole d'Haïti reconnaît pour pré- sident Boyer, qui réunit ainsi l'île entière. 1823. Arrêté de la diète sur l'organisation définitive de l'Allemagne (3 août). — Organisation des Etats provinciaux en Prusse; le roi se dispense encore de former une assemblée générale, composée des Etats provinciaux. En France, réorganisation de l'Ecole de méde- cine de Paris (2 février) . — Manuel est expulsé de la Chambre par la force, pour une appréciation du jugement de Louis XVI par la Convention (3 mars). Troubles dans Paris. — Travaux his- toriques de MM. de Barante, Guizot, Thiers. Voyage scientifique du capitaine Duperrey dans l'Océanie. L'Autriche, la Prusse et la Russie rappellent leurs ambassadeurs de Madrid, Le duc d'Angou- lême est nommé généralissime de l'armée d'Es- page. — Ferdinand VII est forcé de suivre les Cortès à Séville (20 mars). — L'année française franchit la Bidassoa (7 avril). Entrée du duc d'An- goulême à Madrid (24 mai) . — Prise du Trocadéro (31 août). — Capitulation de Cadix (30 octobre). — Exécution deRiégo à Madrid (7 nov.). — Fer- dinand VII rentre dans sa capitale le 13. TEMPS MODERNES. 271 Ap. J.-C. En Portugal, don Miguel essaye encore une fois de renverser la constitution (27 mai) ; il est en- voyé à Vienne. L'année précédente, par suite de son mariage ■ illégal, le grand-duc Constantin avait renoncé à la succession au trône de Russie. L'empereur re- connaît alors publiquement pour son successeur son second frère, le grand-duc Nicolas. Marcos Botzaris, né en Albanie, dans les mon- tagnes de Souli, tente de sauver Missolonghi par un acte de dévouement semblable à celui de Léo- nidas : il pénètre de nuit avec 300 hommes seule- ment dans le camp des Turcs et en fait un grand carnage. Atteint d'une balle à la tête , il meurt le lendemain à Carpenitza (juillet). — Les Grecs re- prennent Corinthe (2 octobre). — Divisions entre les chefs grecs : Colocotroni renverse Conduriotis et Mavrocordato. Arrivée de lord Byron. La vice-royauté espagnole de Guatemala, au sud du Mexique, se constitue en Etats-Unis de l'Amérique centrale (1 er juillet) : président, don Manuel José d'Arco. Traité d'alliance défensive de la Colombie avec la république de la Plata (8 mars). — Bo- livar appuie les Péruviens menacés par un vice-roi espagnol, et mérite du congrès péru- vien le titre de Libérateur. — Dictature de Freyre au Chili. Iturbide dépose le pouvoir aux mains d'un con- grès (avril). Le président du congrès, Victoria, organise les Etats-Unis mexicains sur le modèle des Etats-Unis du Nord. 1824. Mesures préventives contre les tendances ré- volutionnaires prises à Johannisberg (duché de Nassau) , par les représentants de l'Autriche, de la France, de la Prusse, de l'Angleterre et des Etats allemands (juin). — Contestations entre le royaume des Pays-Bas et les Etats allemands du Rhin, au sujet de la libre navigation du fleuve. — Ottfried Muller donne son grand travail sur la Grèce ancienne : les Doriens. Lutte des Anglais avec les Achantis, peuple de la Guinée. — Les Pays-Bas abandonnent leurs établissements dans l'Inde aux Anglais, qui, de leur côté, renoncent à leurs possessions de l'île de Sumatra. — Guerre soutenue contre les Bir- mans; prise de Pégu par le chef anglais Camp- bell. — L'ingénieur français Brunel commence à Londres le tunnel qui sera creusé à trente-quatre pieds au-dessous de la Tamise. Ouverture de la session en France (23 mars). Adoption de la loi qui rend la chambre septen- nale (juin). — Chateaubriand, qui est opposé à un projet de conversion des rentes, est remplacé aux affaires étrangères par le baron de Damas (4 août). L'évêque d'Hermopolis est nommé mi- nistre des affaires ecclésiastiques et de l'instruc- tion publique. — Ordonnance royale qui rétablit la censure pour les journaux et les écrits pério- diques (15 août).— Projet d'indemnité en faveur des émigrés. — Fondation de l'école forestière de Nancy. — Mort de Louis XVIII (16 sept.). Son frère le comte d'Artois, Charles X, lui succède à 67 ans. Il promet de maintenir la charte. Ouver- ture de la session (22 déc.) : le roi annonce le projet d'indemnité en faveur des émigrés. — Fon- dation du journal le Globe. — Le massacre de Chio de E. Delacroix. Vengeances exercées par les royalistes espagnols contre les constitutionnels. Corps de volontaires royaux, organisé et payé par les moines. — En Portugal, nouvelle révolte de don Miguel contre son père; il est envoyé de nouveau à Vienne. Ré- tablissement des anciennes Cortès. Amnistie gé- nérale. L'empereur de Russie visite les mines d'or de l'Oural, au delà d'Orembourg : il est reçu par la Ap. J.-C. grande tribu indépendante des Kirghiz, alliée de l'empire (oct.). Le ministre Canning, malgré Wellington, né- gocie en faveur des Grecs. Il est appuyé par la Russie. — Mort de lord Byron à Missolonghi (19 avril). — Massacre des Grées de l'île de Psara par les Turcs (juillet). — Belle campagne navale de Miaulis et de Canaris. Lutte ouverte de Colo- cotroni contre le président Mavrocordato et Con- duriotis (déc). De Las Heras reçoit les pouvoirs de capitaine général (3 mars) et de directeur (mai) à Buenos- Ayres. — Victoire décisive du général Sucre, lieu- tenant de Bolivar, sur les généraux espagnols La Sema et Valdès à La Paz Ayacucho, au sud-est du lac Titicaca ; elle assure l'indépendance de la Bolivie. — Projet de Bolivar de réunir tous les Etats américains en une seule confédération. — Le dictateur du Paraguay, Francia , retient le voyageur Bonplan. — L'empereur du Brésil ac- cepte la nouvelle constitution (9 janv.) , et prête serment (25 mars). — Brillante réception faite a New-York au général La Fayette (16 août). — Iturbide, qui a tenté de ressaisir le pouvoir au Mexique, est fusillé (10 juillet). 1825. En Angleterre, le bill d'émancipation des ca- tholiques est encore rejeté, malgré l'accord des catholiques de l'Angleterre et de l'Irlande (25 avril). — Continuation de la lutte contre les Bir- mans. Le général Campbell fait alliance avec le prince de Siam. Cession à la Compagnie des Indes du territoire maritime d'Arakan, d'Yé, de Taval, et de l'archipel de Merghi (30 déc.) . En France, loi accordant aux émigrés une in- demnité de trente millions de rente (27 mars). — Ordonnance du roi reconnaissant, sous certaines conditions, l'indépendance d'Haïti (17 avril). — Vote de la loi du sacrilège (20 avril). — Troubles à Rouen (21 avril). — Loi relative à la faculté de conversion des rentes 5 pour 100 en inscrip- tions de rentes 3 p. 100, au taux de 75 francs (1 er mai). — Sacre de Charles X à Reims (29 mai). — Mort du général Foy (28 nov.). — Histoire de la conquête de l'Angleterre par lés Normands, de M. Augustin Thierry. — Gay-Lussac et Chevreul prennent un brevet pour l'application industrielle des acides gras. Ce n'est cependant qu'en 1831 et après de pénibles essais que de Milly réussit à fabriquer la bougie stéarique, dite bougie de l'Etoile. Le roi de Piémont ne permet d'apprendre à lire et à écrire qu'à ceux qui possèdent quinze cents livres. — Ouverture du 19 e jubilé général. — Poursuites contre les carbonari. L'Angleterre obtient de Jean VI , roi • de Por- tugal, la reconnaissance de l'indépendance du Brésil (15 mai, 29 août). Ratification solennelle : Jean conserve seulement le titre d'empereur (15 nov.). L'empereur de Russie ouvre la diète de Polo- gne (13 mai.) Il travaille à améliorer la condition des Juifs dans ce pays.— Son voyage avec l'impé- ratrice à Taganrog. Sa mort. Avènement de Nico- las I er (1 er décembre). Conspiration dans l'armée au nom de la république slavone (26 déc.) ; con- damnation de trente-six coupables par la haute cour de justice. Conversion des Lapons idolâtres par le pasteur Stockfleth; traduction de la Bible en finnois lapon. . Ibrahim, fils de Mehemet-Ali, appuie le sultan contre les Grecs. Belle défense de Missolonghi, qui supporte deux assauts (28 juillet, 29 août). Quincy Adam*, fils de l'ancien président John Adams, est élu président des Etats-Unis. Traités de la Colombie avec Buenos-Ayres , Gua- temala, les Etats-Unis, le Mexique. Traite de 272 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. commerce avec l'Angleterre qui l' a reconnue le 12 janvier. — Le haut Pérou se constitue en État sous le nom de Bolivie et prend Bolivar pour pro- tecteur; le général Sucre reçoit le titre de vice- président. — Le congrès général de Buenos- Ayre s publie une première loi fondamentale et établit un gouvernement sous de Las Herras. La cham- bre des représentants donne à l'Etat le nom de Provinces-Unies de Rio de la Plata, ou république argentine (18 mars). — Lutte entre Buenos-Ayres et la ville de Montevideo, qui est appuyée par le Brésil. — Au Paraguay, le dictateur Francia abolit les ordres monastiques; il se prononce pour l'Espa- gne contre Bolivar. — Frise de Saint Jean d'Uiïoa, fort qui domine la Vera-Gruz, dernier point qu'aient possédé les rois d'Espagne dans la guerre de l'indépendance. 1826. Le duc de Wellington est envoyé à Saint-Péters- bourg avec deux missions, l'une apparente, l'au- tre secrète, la première, de complimenter le nou- vel empereur sur son avènement au trône, la seconde, de conclure avec lui un arrangement relatif à la Grèce. — Protocole du 4 avril. Ulti- matum remis le 5 par le gouvernement russe à la Porte sur la question des principautés. — Prise^de Missolonghi par Ibrahim le 22; cruautés des Égyptiens. Dévastation de la Morée par Ibra- him. — L'Angleterre offre à la France de s'asso- cier au projet de pacification de la Grèce : M. Canning vient conférer à Paris (18 sept.) — Traité d'Ackerman entre la Porte et la Russie, qui ob- tient la libre navigation sur la mer Noire ; un divan ou conseil d'Etat national régira les prin- cipautés ottomanes de Mollavie et de Valachie; évacuation de la Servie par les Turcs, qui auront garnison seulement dans les forteresses (6 oct.). En Angleterre, embarras financiers. Disette. Achat de blés étrangers par Canning, malgré l'op- position de l'aristocratie. — Aux Indes orientales, traité avantageux avec le roi d'Ava (février). Une flotte française force Tunis et Tripoli à respecter le pavillon du pape (février). — Le comte de Montlosier attaque vivement les jé- suites. — Troubles à Rouen, à Brest, à Lyon, à l'occasion des prédications des missionnaires. — Rejet du projet de loi sur le droit d'aînesse (mai). — Présentation, à la Chambre des députés, de la loi relative à la police de la presse, et dite loi de justice et d'amour (29 déc). — Première salle d'asile ouverte à Paris. — Essai sur le pâli ou langue sacrée des bouddhistes de la presqu'île au delà du Gange, par E. Burnouf et Lassen. — Le capitaine Delvigne propose un fusil rayé et à balle forcée. En Espagne, Ferdinand YII confie l'enseigne- ment aux jésuites. — Mort de Jean VI, roi de Portugal (10 mars). Don Pedro, son fijS, l'empe- reur du Brésil, est reconnu roi le 26. Il renonce à la couronne de Portugal en faveur de sa fille dona Maria da Gloria, âgée de moins de sept ans, qui doit épouser son oncle don Miguel (2 mai). — Les absolutistes proclament don Miguel roi (26nov.). ^ Révolte à Kiev, punie par cinq exécutions ca- pitales (janv.). — Couronnement de Nicolas I er à Moscou (3 août). Le roi de Piémont confie l'enseignement aux jésuites et aux frères de la doctrine chrétienne. — Les Autrichiens se retirent de la Sicile et du royaume de Naples. À Constantinople , révolte et destruction du corps des janissaires. Révolution dans la république argentine : les chefs de l'armée ne veulent plus du gouvernement fédératif; les provinces se soulèvent contre Bue- nos-Ayres et expulsent les partisans du système central. Nouvelle constitution. — Les Espagnols Ap. J.-C. perdent Callao, près de Lima (15 juin). — Bolivar est nommé président à vie du Pérou, avec le droit de désigner son successeur (18 août.). — Congrès universel de Panama, qui arrête un traité d'alliance offensive et défensive entre les républiques américaines (juin-juillet). — Au Paraguay, le dic- tateur Francia abdique, puis reprend le pouvoir. Traité de commerce conclu par le Mexique avec la France, la Prusse, le Wurtemberg. — Une flotte espagnole envoyée contre le Mexique est détruite par la tempête (4 sept.). 1827. La Grèce choisit pour président Jean Capo d'Istria. — Défaite de lord Cochrane et de Church devant Athènes qui est forcée de capituler (juin). — Convention de Londres par laquelle les trois grandes puissances s'engagent à demander à la Porte que les Grecs n'aient plus que des auto- rités choisies par eux : ils payeront au sultan un tribut annuel, les Turcs évacueront la Grèce, mais recevront une indemnité : par un article secret, elles conviennent de prendre les armes en cas de refus. — Les trois escadres de l'amiral français de Rigny, du vice-amiral anglais Sir Ed. Codring- ton, du Russe Hyden, gagnent sur la flotte égypto-turque, après trois heures et demie de combat, la brillante victoire de Navarin (20 oct.). Mort du premier ministre d'Angleterre, George Canning (8 août). Il sera remplacé par Welling- ton (22 déc). Adresse de l'Académie française au roi contre le projet de loi sur la police de la presse (25 jan- vier). Ce projet est voté par la Chambre des dé- putés (12 mars); mais le ministère, craignant le refus de la Chambre des pairs, le retire (i7 avril). • — Cris contre les ministres, à la revue de la garde nitionale passée par le roi au champ de Mars (29 avril); licenciement immédiat de la garde nationale. — Rétablissement de la censure (24 juin) . — Dissolution de la Chambre des dépu- tés (nov.). Troubles graves à Paris; tentatives de barricades dans les quartiers Saint-Martin et Saint- Denis, les 19 et 20. — Rupture avec Alger, pour l'offense faite au consul général par le dey Hus- sein-Pacha (avril). Commencement des hostilités (4 oct.). — Histoire delà Révolution d'Angleterre, par M. Guizot. Cromwell, drame de Victor Hugo. — Construction du chemin de fer de Saint- Etienne. Révolte des absolutistes en Catalogne; ils pro- clament roi le frère de Ferdinand YII, don Carlos (28 août) ; ils sont battus. Don Pedro, espérant ainsi conserver la couronne de Portugal à sa fille, nomme régent son frère, don Miguel (3 juillet). Guerre entre la Russie et la Porte. Prise d'Eri- van par les Russes (13 oct.). Continuation de la guerre entre le Brésil et la ré- publique argentine; elle est malheureuse pour le premier. — Jalousie des généraux Santander, Santa-Cruz, Paez contre Bolivar; ce dernier ab- dique, mais le congrès de la Colombie lui rend le pouvoir; Santa-Cruz est élu président du Pérou. 1828. Construction de la forteresse prussienne d'Eh- renbreitstein, en face de Coblentz, pour comman- der la Moselle et le Rhin (août). — Les Étrusques d'Ottf. Muller. — Mon. Germanise historica, par Pertz. En Angleterre, ministère Wellington (25 janv.). Troubles sanglants en Irlande: discours d'O'Con- nell. Chute du ministère Villèle; sont nommés : MM. de Martignac, à l'intérieur; Portalis, àlajus- tice; de la Ferronays, aux affaires étrangères; de Caux, à la guerre; Roy, aux finances; de Fwiyssi- nous, aux affaires ecclésiastiques ; de Chabrol, à la marine, — Ouverture des Chambres (5 févrierL — TEMPS MODERNES. 273 Ap. J.-C. M. de Vatimesnil est nommé ministre de l'instruc- tion publique (9 févr.). — Retraite de MM. de Frays- sinous et de Chabrol (3 mars) ; M. Hyde de Neu- ville est nommé ministre de la marine, M. Feu- trier aux cultes. — Lois libérales sur la révision annuelle des listes du jury (2 juillet) ; sur les journaux et écrits périodiques, le 18 : tout Fran- çais majeur jouissant des droits civils pourra, sans autorisation préalable, publier un journal. — Les cours de MM. Guizot, Cousin, Villemain sont rouverts à la Sorbonne. — Les Orientales de Victor Hugo. — Séguin aîné imagine la chau- dière tabulaire, qui servira à résoudre le problème de la locomotive à course étendue. Il prend un brevet le 20 déc. Le gouvernement provisoire de la Grèce, dit Panhellénion, composé de 27 membres, a pour chef Jean Capo d'Istria (24 janvier) . — Subside mensuel accordé aux Grecs par la Russie, l'Angle- terre et la France. — Apres la guerre de Perse, terminée par un traité qui leur livre la province d'Arménie jusqu'au mont Ararat, les Russes dé- clarent la guerre à la Porte ; sous prétexte que le traité d'Ackerman n'a pas été observé (26 avril). — Prise de Varna par les Russes (11 oct.). — Résistance des Turcs dans Schoumla. — Cam- pagne de Paskewitz contre la frontière ottomane d'Asie Mineure. — Départ de l'expédition fran- çaise en Morée (17 août.) Les Égyptiens sont forcés d'évacuer cette province. — Occupation par les Français de Navarin, Modon et Coron (6-7 oct.). Les troupes françaises évacuent définitivement l'Espagne. Agitation des carlistes qui reprochent à Ferdinand VII de ne pas assez sévir contre les constitutionnels; ils refusent de le reconnaître pour roi. Don Miguel passe de Londres à Lisbonne et prête serment dans la forme constitutionnelle comme régent (22 fév.). — Il est proclamé roi par les Cortès de Lamégo (29 juin). Triomphe des absolutistes. Dona Maria est reçue à Londres comme reine légitime (déc). , Election d'André Jackson comme président des Etats-Unis. Continuation de la rivalité commer- ciale entre les États-Unis et l'Angleterre. Attaque dirigée par les Péruviens contre la Bolivie et la Colombie ; elle est repoussée. 1829. Le traité de commerce conclu par la Prusse avec la Hesse-Darmstadt, la Bavière, le Wurtem- berg est le point de départ du Zollverein ou union douanière (24 avril). — Nouveaux règlements entre la Prusse et les Pays-Bas au sujet de la navigation du Rhin. Ouverture de la session des Chambres françaises

  • (27 janv.). Alliance, contre le ministère, entre le

côté gauche, le centre gauche et une fraction du côté droit. Abstention de tout le côté droit dans le vote des paragraphes de l'adresse , rédigée en réponse au discours royal; impuissance du minis- tère à rapprocher les partis; clôture de la session (31 juillet). — Nouveau ministère avec le prince de Polignac comme président du conseil. Influence de l'aristocratie et des congrégations religieuses. — Le nouveau monde industriel et sociétaire de Fourier. — L'orientaliste E. Burnouf publiede 1829 à 1843 le Vendidad-Sadé , le livre liturgique le plus intéressant de Zoroastre , qui fait partie du Zend-Avesta. — Fin du voyage scientifique en Océanie du capitaine Dumont d'Urville. — Les rues de la Paix et de Castiglione sont éclairées au gaz (1 er janv.). Politique rétrograde de "Wellington, qui veut empêcher les principes libéraux de l'emporter en Portugal et en France. — "Wellington et Robert Peel présentent au Parlement le bill pour l'émancipa- tion des catholiques, qui est enfin accepté. — Ap. J.-C. M. O'Connell, premierm embre catholique du Par- lement, demande le rappel de l'Union qui attache l'Irlande à l'Angleterre, et la création d'un parle- ment Irlandais distinct (23 avril). — Le capitaine Ross entreprend un voyage d'exploration au nord de l'Amérique septentrionale, au delà du détroit de Lancastre. — Georges et Robert Stephenson construisent la Fusée, première locomotive à course étendue et rapide (6 oct.). Le président des Grecs, Capo d'Istria, fait occuper Prevesa, qui ferme le sud-ouest du golfe d'Arta, et le passage des Thermopyles ; l'isthme est for- tifié (janv.). Le commandement des troupes régu- lières est donné au Français Fabvier. — Convention de Londres entre les 3 puissances, qui donne pour limite à la Grèce une ligne tirée du golfe d'Arta au golfe Volo (52 mars) . — Continuation de la lutte entre la Porte et la Russie. Victoire de Diebitch sur Reschid-Pacha, près de Silistri (11 juin); prise de Silistri, le 30. Passage du mont Balkan par Diebitch; il arrive jusqu'à Andrinople (20 août) . — Prise d'Erzeroum (8 juillet) , par Pas- kewitz qui menace Trébizonde (24 août) . L'inter- vention des grandes puissances arrête la marche des Russes sur Constantinople par le traité d' An- drinople (14 sept.). Les Russes obtiennent la libre navigation de la mer Noire dans la Méditer- ranée; la Porte perd son droit de possession sur la Moldavie et la Valachie qui seront gouvernées par des hospodars à vie, sous la suzeraineté de la Turquie; la Servie sera indépendante avec un chef héréditaire qui aura le titre de prince ; tous ces pays sont placés sous la protection de la Russie; l'indépendance politique de la Grèce est reconnue par la Porte. Ferdinand VII, âgé de 45 ans, perd sa troisième femme (mai). Quatrième mariage avec une fille du roi de Naples, Marie-Christine. — Vaine ten- tative contre le Mexique. — En Portugal, don Mi- guel est reconnu par l'Angleterre comme roi de fait. Dona Maria se retire au Brésil. — Atroce gouvernement de don Miguel. 1830. Ouverture de la session des Chambres fran- çaises, le 2 mars. — Vote par les députés de l'a- dresse dite des 221, le 16. — Ordonnance du roi prorogeant les Chambres au mois de septembre (19 mars). Dissolution de la Chambre des députés (16 mai). — Départ de la flotte de Toulon pour l'expédition d'Alger, sous la conduite du comte de Bourmont et du vice-amiral Duperré (25 mai) . — Proclamation du roi à l'occasion des élections (13 juin). — Débarquement des Français en Algé- rie, le 14. — Défaite des Arabes à Staouëli, le 1 9. — Prise du fort l'Empereur (4 juillet). — Capi- tulation d'Alger, le 5. — Expédition contre Blidah (23 juillet). Ordonnances royales, dites de juillet, par lesquel- les la liberté de la presse est anéantie, la Chambre dissoute, et la loi électorale modifiée. — Commen- cement de l'insurrection à Paris (26 juillet); pro- testation des journalistes rédigée dans les bureaux du National. Le 27, arrêt du Tribunal de com- merce déclarant que les ordonnances du 25 ne peuvent être obligatoires pour personne. — La police fait saisir les presses du National et du Temps. — Le maréchal Marmont prend le com- mandement de la division de Paris. — Réunion des députés chez Casimir Périer. Combats aux environs du Palais-Royal. — Le 28, combats près de l'hôtel de ville, dans les rues Saint-Denis etSaint- Martin. — Le 29, prise de la poudrière d'Essonne, du Louvre, des Tuileries, de la caserne Babylone. Retraite des troupes. Un gouvernement provisoire s'établit à l'hôtel de ville. — Le général La Fayette prend le commandement supérieur de la garde nationale; le commandement de la 1™ division militaire est confié au général Gérard. — Procla- 18 274 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C mation du gouvernement provisoire déclarant que Charles X a cessé de régner. — Le duc d'Orléans accepte des députés les fonctions de lieutenant général du royaume; il est reçu à l'hôtel de ville entre La Fayette et le banquier Laffitte (31 juillet). — Mécontentement du parti républicain. — Con- vocation des Chambres pour le 3 août. — Acte d'abdication de Charles X et du Dauphin adressé par eux au duc d'Orléans (2 août). — Ouverture des Chambres. Charles X quitte Rambouillet, le 3. — Proposition faite par M. Bérard à la Chambre des députés de modifier la Charte et d'appeler au trône le duc d'Orléans, le 6. Cette proposition sera acceptée par les deux chambres le 7, et le 9, séance solennelle des deux chambres au palais Bourbon, où le duc d'Orléans accepte la couronne sous le nom de Louis-Philippe I e et prête le ser- ment de fidélité à la nouvelle charte. — A la fin d'octobre, toutes les puissances de l'Europe, sauf le duché de Mod-ne, auront reconnu le nouveau gouvernement. — Embarquement de Charles X et de sa famille à Cherbourg (16 août). — M. le prince de Talleyrand est nommé ambassadeur à Londres (5 sept.). — La Chambre des députés vote la mise en accusation des derniers ministres de CharlesX (27 sept.) ; les sociétés populaires excitent le peuple à demander leur condamnation à mort. — Émeutes des 17 et 18 oct. — M. Odilon Barrot, préfet delà Seine, afin de calmer la multitude, fait une proclamation où il qualifie de « dé- • marche inopportune » l'adresse au roi votée par la Chambre des députés pour demander l'abo- lition de la peine de mort. — Ministère Laffitte (2 nov.). — Mort de Benjamin Constant (8 déc). — Procès des ministres de Charles X devant la cour des pairs (15 déc). Agitation dans Paris; inaction et faiblesse de M. de La Fayette et de M. Odilon Barrot. — Démission de M. de La Fayette ; le général Lobau est nommé comman- dant des gardes nationales de la Seine. Le général Clauzel, commandant en chef en Algérie, dirige une expédition sur Blidah ; création du corps auxiliaire des Zouaves. — Célèbre débat zoologique entre Cuvier et Geoffroy-Saint-Hilaire. En Angleterre, propositionde réforme parlemen- taire pour proportionner la représentation à l'im- portance numérique des localités; elle est appuyée par l'économiste Huskisson. — Mort de Georges IV (26 juin). Son frère, Guillaume IV, lui succède. Chute du ministère Wellington. Cabinet whig : lord Grey , lord Brougham, lord John Russel (2 nov.) . — Entre Liverpool et Manchester, premier chemin de fer pour le transport des voyageurs (15 sept.). Après les journées de juillet à Paris, révolution à Bruxelles (15 août) ; les troupes royales sont chassées. — Insurrection de toute la Belgique; défaite des troupes hollandaises. — M. Mole, mi- nistre des affaires étrangères, déclare au baron de "Werther, ministre de Prusse à Paris, que si l'armée prussienne entre en Hollande, l'ar- mée française occupera la Belgique. — Colère bientôt apaisée du cabinet de Berlin. — Les puissances qui avaient contribué à la création du royaume-uni, Prusse, Angleterre, Autriche, Rus- sie , France , portent la question hollando-belge devant la conférence de Londres. Armistice (4nov.) . Le gouvernement français rassemble 50 000 hom- mes à la frontière belge, pour empêcher une in- tervention armée des puissances. — Suspension d'armes avantageuse pour les Belges; ils conser- vent leur territoire comme en 1814 (17 nov.), mais le Luxembourg doit rester à la Hollande. Agitation en Allemagne. Le duc de Brunswick est chassé de ses États et remplacé par son frère Guillaume (sept.). — Mouvements à Leipsick, à Dresde, à Altenhourg, à Iéna, à Weimar, etc. — Décision de la diète de Francfort : en cas de Ap. J.-C. troubles , les États s'engagent à se secourir mu- tuellement et à réprimer la presse (21 oct.). — Demande de réformes dans le Slesvig danois, à Eiel et Flensbourg; commencement de sédition (oct.-nov.). — Agitation démocratique à Bâle, à Fribourg (oct. -déc). En Espagne, décret royal pour l'abolition de la loi salique : les filles sont déclarées habiles à suc- céder (29 mars). Naissance de l'infante Isabelle (11 oct.). — Le roi la reconnaît pour son héritière. Protestation de don Carlos. Troubles en Savoie , à Annecy, comprimés par le roi. — Mort du roi de Naples , François I er (8 nov.). Ferdinand II lui succède à vingt-cinq ans et demi. — A Rome, mort de Pie VIII (30 nov.); vacance du saint-siége jusqu'en février. Tentative de soulèvement pour changer le gouvernement. Ravages exercés en Russie par le choléra , qui a traversé la Perse, et éclaté à Tiflis (juin), à As- trakhan (juillet), à Saratov (août) , à Kazan (sept.), à Moscou (oct.). — Soulèvement de la Pologne, au moment où Nicolas I er se disposait à marcher con- tre la France. Révolution a Varsovie (29 nov.). Chlopicki est proclamé dictateur. Dans les provinces de la Plata, continuation de la lutte entre les fédéralistes et les unitaires. Les fédéralistes , ayant pour chef Rosas , dominent à Buenos-Ayres. — Révision de la constitution de la Colombie. Bolivar refuse la présidence (27 avril); il meurt (17 déc). Réconciliation entre les États-Unis et l'Angle- terre. 1831. Troubles dans le Hanovre : le duc de Cam- bridge , nommé vice-roi par le roi d'Angleterre , donne une constitution. — Le choléra-morbus éclate à Dantzick et se répand dans le nord de TAllemagne. En Angleterre, troubles dans différentes villes causés par les demandes de réforme parlemen- taire. Apparition du choléra (oct.). — Traité entre l'Angleterre et la France pour la répression de la traite des noirs (30 nov.). Dévastation par le peuple de l'église Saint-Ger- main l'Auxerrois et de l'archevêché de Paris, à la suite d'une manifestation légitimiste (14 févr.). — En cette triste circonstance, M. Baude, préfet de police, et M. Odilon Barrot, préfet de la Seine, ne montrent que de la faiblesse. — Retraite de M. Lafitte, Nouveau cabinet, avec Casimir Pé- rier comme ministre de l'intérieur et président du conseil (13 mars). — Loi sur le bannissement des Bourbons de la branche aînée (24 mars). — Loi sur les attroupements (2 avril). — Premier procès du parti républicain devant la cour d'assises de Paris (6 avril); acquittement par le jury (16 avril). — Émeute républicaine des 15 et 16 avril.— Dis- solution de la Chambre des députés (31 mai). — Troubles à Paris à la nouvelle de la prise de Var- sovie (16-19 sept.)- — Abolition de l'hérédité de la pairie (18 oct.). — Sanglante insurrection des ouvriers de Lyon (21 nov.) ; le duc d'Orléans et le maréchal Soult entrent dans cette ville à la tête d'une armée de 20 000 hommes. — En Algérie, expédition de Médéah contre les Arabes et les Ka- byles. — Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo. Le congrès de Belgique offre la couronne au duc de Nemours, second fils du roi des Français : Louis- Philippe refuse (17 févr.).— Léopold de Saxe-Cobourg , désigné alors , est accepté par la conférence de Londres (4 juin). Invasion de la Belgique par les Hollandais; intervention armée de la France; retraite des Hollandais. Élection de Grégoire XVI (2 févr.). Insurrection à Modène, le 3 ; fuite du duc à Mantoue. Révo- lution à Bologne, dans les États de l'Église, le 4. Insurrection à Ferrare, le 7. L'archiduchesse Ma- rie-Louise est chassée de Parme. Plusieurs villes TEMPS MODERNES. 275 Ap. J.-C des États pontificaux . Urbin , Pesaro , Pérouse , Spolète, Terni, Narni, reconnaissent le gouverne- ment des provinces-unies de l'Italie, qui a son siège à Bologne.— Intervention armée des Autri- chiens, qui rétablissent les souverains de Parme et de Modène, et entrent à Ferrare , à Bologne et à Ancône. — La reine Hortense et le prince Louis- Napoléon Bonaparte quittent Ancône et viennent à Paris. — Charles-Albert, de la branche de Sa- voie-Carignan monte sur le trône de Piémont (17 avril). En Espagne, tentative et exécution de Torrijos. — En Portugal, don Miguel traite en ennemis les Anglais et les Français, qu'il accuse d'appuyer les partisans de dona Maria, qui occupent Terceira. — L'amiral français Roussin prend les vaisseaux portugais à l'embouchure du Tage (11 juillet). — Don Pedro quitte le Brésil pour venir défendre en Europe les droits de sa fiUe; il est bien ac- cueilli en Angleterre et en France. Villaflor oc- cupe les îles Açores , au nom de don Pedro. — Troubles au Brésil, où règne un enfant de cinq ans , Pedro II , fils de don Pedro , qui a abdiqué en sa faveur la couronne impériale. Le roi de Danemark se décide à accomplir les promesses faites en 1815. Quatre assemblées pro- vinciales seront établies : l°pour les lies danoises; 2° le Jutland ; 3° le duché de Slesvig ; 4° le duché de Holstein. Elles seront formées de membres élus directement par les propriétaires. La noblesse et les prélats du Holstein et du Slesvig réclament une constitution et une diète communes. En Grèce, division entre les chefs. Lutte de Capo d'Istria contre la famille des Mavromicaii, chefs des Mamotes, contre Miaulis, Mavrocordato, Ccnduriotis. — Capo d'Istria est assassiné dans une église (9 oct.). En Pologne, commencement de la guerre contre la Russie. La régence nationale, sous la prési- dence de Czartoryski , prononce la déchéance de la maison de Romanow. — Les Russes , conduits par Diebitch , s'avancent sur Varsovie ; batailles sanglantes de Grochow et de Praga (févr.). Mort de Diebitch à Pultusk (10 juin) ; du grand-duc Constantin à Minsk, le 27. — Infructueux efforts du gouvernement français pour obtenir le concours de l'Angleterre en faveur des Polonais. — Paskewitz prend le commandement en chef des forces rus- ses ; il emporte d'assaut Varsovie (8 sept.) . Il ne reste de la Pologne que l'État libre de Cracovie. Un grand nombre de Polonais se retirent en Alle- magne, surtout en Prusse. Troubles en Turquie provoqués par les réformes de Mahmoud. — Sous prétexte de venger une injure personnelle contre le pacha de Saint-Jean-d'Acre , le pacha d'Egypte fait attaquer la Syrie par son fils Ibrahim. Première assemblée législative de la Bolivie (94 juin). La république est reconnue par la France. Paix avec le Pérou. — Dans la Colombie, triomphe du fédéralisme. Les représentants des provinces centrales, réunis en convention à Bo- gota, proclament la séparation de Venezuela d'avec la Nouvelle-Grenade. 1832. Mesures sévères prises par la diète germani- que pour maintenir les droits des souverains con- tre les prétentions des démocrates. Retraite du ministère whig (9 mai) . Wellington ne peut réussir à fdrmer un cabinet. Retour de lord Grey (18 mai). John Russel parvient à faire passer le bill de réforme parlementaire dans les deux chambres (4 juin). — Fin du voyage d'explo- ration du capitaine Ross, qui a reconnu en en- tier, au N. de V Amérique septentrionale, le détroit du Prince-Régent, à l'O. de la terre de Baffin. — Faraday découvre l'induction magnéto-électrique. Le roi Louis-Philippe s'établit aux Tuileries. — Ap. J.-C. Projet de loi sur la liste civile. — Pamphlet de M. de Cormenin, prétendant que la dotation du roi devait se borner à l'octroi d'un palais à la ville et d'un palais à la campagne, que les autres châteaux et domaines devaient recevoir une des- tination productive, ces bâtiments étant convertis en écoles , en hôpitaux , en casernes , les forêts vendues pour être défrichées, les parcs dépecés et mis en culture, etc. — Vote de la loi fixant la liste civile à 12 millions , plus 1 million pour la maison du prince royal. Comme conséquence du principe de la souveraineté nationale, le principe féodal de la dévolution est aboli. L'art. 22 de la loi disait : « Le roi conservera la propriété des biens qui lui appartenaient avant son avènement au trône; ces biens et ceux qu'il acquerra à titre gratuit ou onéreux pendant son règne compose- ront son domaine privé. » — Complot légitimiste dit de la rue des Prouvaires, à Paris (2 févr.). — Apparition du choléra-morbus à Paris (22 mar.i). M. de Montalivet est nommé à l'intérieur en rem- placement de Casimir Périer, qui conserve la présidence du conseil (27 avril). — Réforme du Code pénal ; introduction des circonstances atté- nuantes (28 avril). — Troubles à Marseille. Dé- barquement de la duchesse de Berri (30 avril). — Ravages du choléra, de mars à septembre. Il emporte Casimir Périer (16 mai) et 18 400 vic- times. Fable des empoisonnements; horribles excitations des anarchistes; assassinats abomi- nables commis sur les individus soupçonnés d'être des empoisonneurs par une populace igno- rante et égarée. — Insurrections dans l'Ouest (mai). La duchesse de Berri se réfugie à Nan- tes. — Mort du général Lamarque; les partis anarchiques se préparent à faire de ses funé- railles l'occasion d'un mouvement révolution- naire ; imprudence des chefs de la gauche parlementaire, qui prêtent leur concours au parti républicain ; M. de La Fayette , après avoir tenu les coins du poêle et prononcé un discours sur la place Mazas, refuse de pren- dre la direction du mouvement. — Journées des 5 et 6 juin. — Paris est mis en état de siège. — Mort du duc de Reichstadt, fils de Napoléon, à Schœnbrunn, en Autriche (22 juil- let). — Procès, condamnation et dispersion des saint - simoniens , qui avaient pour chef M. Enfantin (août). — Nouveau ministère : MM. Soult, président, à la guerre; de Broglie, aux affaires étrangères; Thiers, à l'intérieur; Guizot, à l'instruction publique; Humann, aux finances; Barthe, à la justice (11 oct.). — Arres- tation de la duchesse de Berri à Nantes (7 nov.). Elle sera retenue prisonnière au château de Blaye, au N. de Bordeaux. — En Algérie, prise de Bone (mars). — Mort de Champollion (4 mars); de G. Cuvier (13 mai). Le traité de Londres, relatif à la Belgique, est ratifié sans condition par la France et l'Angleterre (31 janv.) , mais la Prusse, l'Au- triche et la Russie n'y accéderont que sous ré- serve. — Occupation d' Ancône par les Français (22 février). — Othon, second fils du roi de Bavière, est désigné par les trois puissances protectrices au choix des Grecs , qui l'acceptent pour roi (mars). — Mariage du roi des Belges avec la fille aînée du roi Louis-Philippe, la princesse Louise (8 août). — La Hollande refu- sant de reconnaître le traité du 15 novembre, une flotte anglo-française va bloquer l'Escaut (6 nov.) , tandis qu'une armée française sous Gé- rard et Haxo s'empare de la citadelle d'Anvers (23 déc). Maladie de Ferdinand VII (20 sept.) ; il remet le pouvoir à sa femme, qui gouverne avec Zea Bermudès (6 oct.). — Dans le Portugal, succès de 276 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. don Pedro. Charte constitutionnelle au nom de dona Maria. Ravages exercés par le choléra. La Pologne est réunie à l'empire russe (25 fév.). Paskewitz est créé prince de Varsovie. Succès d'Ibrahim, fils du vice-roi d'Egypte, en Syrie et en Asie Mineure. Prise de Saint-Jean- d'Acre (21 mai), de Damas (13 juin) ; victoire à Hems sur Hussein-Pacha ; prise d'Antakieh (l'ancienne Antioche) (1 er août). Victoire de Ko- nieh sur le grand vizir Reschid-Pacha, qui est fait prisonnier (21 déc.) . Ibrahim s'avance sur Constantinople. Le parti des fédéralistes l'emporte dans les pro- vinces argentines de Cordova, de Corrientes, de Mendoza, de Santiago de l'Estero. — Les trois républiques distinctes de la Colombie ont chacune leur président; Venezuela, le général Paez; la Nouvelle-Grenade, le général Santander ; l'Equa- teur, le général Florès. — Au Mexique, insur- rection du général Santa-Anna, à la Vera-Cruz (janv.). Il ne refuse pas cependant de recon- naître pour président constitutionnel le général Gomès Pedraza, qui conservera la présidence jusqu'au l° r avril 1833 (nov.-déc). 1833. Une association générale des burchenschaff ou sociétés secrètes est découverte à Tubingue, dans le Wurtemberg (22 juin). La diète établitun tribunal central, composé par l'Autriche, la Prusse et la Bavière, pour surveiller les menées des révolutionnaires (8 août). Congrès de diplomates à Tœplitz ; congrès des souverains de Prusse, d'Autriche et de Russie à Mùnchengratz ; note adressée à la France et belle réponse de M. de Broglie (août-sept.). — L'union commerciale ou zollverein, commencée en 1819, est étendue par de nouveaux traités entre la Prusse, la Bavière, le "Wurtemberg, le royaume et les duchés de Saxe (22-30 mars) . Efforts d'O'Connell pour obtenir l'abolition de l'acte d'union du 1 er janvier 1801 et la réunion d'un parlement irlandais distinct (janv.) . — Occu- pation par les Anglais des îles Falkland ou Ma- louines, près de la Terre de Feu (juin). Une tempête empêche la réussite d'une attaque combinée des flottes de France et d'Angleterre contre les Hollandais, qui entravent la libre navi- gation de l'Escaut (27 mars). La Russie, la Prusse et l'Autriche proposent leur médiation. Prélimi- naires de paix entre la Hollande et la Belgique. Les deux pays ne peuvent encore s'entendre au sujet de Maëstricht et du partage du Luxem- bourg. La duchesse de Berri, qui a déclaré (21 févr.) être mariée secrètement au comte Lucchesi-Palli, accouche d'une fille au château deBlaye (10 mai) . Le gouvernement lui permet de se retirer en Si- cile (juin). — Loi sur l'instruction primaire pré- sentée le 28 juin. — Coalitions d'ouvriers au sujet des questions de tarif et pour la demande de réformes radicales, fomentées par les républi- cains (oct.-nov.). Manifeste de la Société des droits de l'homme, qui se place sous le patronage de Robespierre ; M. de La Fayette et M. A. Carrel blâment cette manifestation. — En Algérie, Abd- el-Kader, émir de Mascara, au sud-est d'Oran, commence contre les Français une lutte qui durera quinze années. — Occupation de Mosta- ganem (3 août) ; de Bougie (oct.), par les Fran- çais. Mort de Ferdinand VII, roi d'Espagne (29 sept.). Proclamation de sa fille Isabelle II , sous la ré- gence de Marie-Christine. Elle est reconnue par laFrance et l'Angleterre. Proclamation de Charles V dans les provinces basques. Commencement de la guerre entre les Christinos et les Carlistes. — En Portugal, continuation delà lutte entre don Pedro et don Miguel. Entrée triomphale de Villaflor, Ap. J.-C. duc de Terceira, dans Lisbonne le 24 juillet; dona Maria et la charte constitutionnelle sont proclamées. — Le général français Bourmont, qui combat pour don Miguel, ne peut s'emparer d'Oporto. — Don Pedro à Lisbonne (28 juillet). Don Miguel, secondé par Bourmont, échoue dans une tentative contre cette ville. Mazzini et le réfugié polonais Ramorino orga- nisent la conspiration de la jeune Italie.— En Suisse, la confédération menace de se dissoudre. Concordat formé à Sarnen, ville d'Unterwalden, par les cantons aristocratiques de Schwitz, Unterwalden, Neufchâtel, Bâle-Ville. Guerre fédé- rale : les confédérés de Sarnen sont battus, disso- lution de leur ligue. La Russie prend parti pour la Porte contre l'Egypte, qui est forcée de rappeler Ibrahim. Traité d'alliance offensive et défensive pour huit ans entre la Russie et la Porte signé à Unkiar-Skelessi. Une clause secrète de ce traité ferme le détroit des Dardanelles à tout bâtiment de guerre étran- ger • elle provoquera une protestation de la France et de l'Angleterre, quand elles en auront con- naissance (sept.). — Révolte de Bosnie et d'Al- banie. — Utiles réformes de Milosch en Servie. Arrivée du roi Othon en Grèce, où il est reçu avec enthousiasme (6 février). Les troupes fran- çaises quittent la Grèce après cinq ans d'occupa- tion (11 août). Aux Etats-Unis, Jakcson est élu pour la seconde fois président. — Au Mexique, présidence de Santa-Anna, chef des démocrates. Insurrections. Ravages du choléra. 1834. La diète de Francfort, conformément aux décisions prises dans un congrès des ministres des principaux souverains de l'Allemagne, tenu à Vienne du mois de janvier au mois de juin, décrète l'établissement d'un tribunal arbitral pour décider en première instance, sans l'intervention de la diète, des différends qui s'élèveront entre le gouvernement et l'assemblée représentative d'un Etat. — Continuation des troubles en Hollande. Retraite de lord Grey (9 juillet); lord Melbourne, président du Conseil. Troubles à Manchester et à Londres. Nouveau cabinet sous la direction de sir Robert Peel (9 déc). En France, vifs débats à la Chambre des dé- putés au sujet de la loi contre les asssociations et d'une somme de vingt-cinq millions réclamée par les Etats-Unis. — La loi contre les associations est adoptée le 26 mars, mais le projet de crédit est rejeté parles Chambres. Démission du ministre des affaires étrangères, M. de Broglie. — Insurrections républicaines à Paris, à Lyon, à Saint-Etienne, organisées par la Société des droits de l'homme (avril) . Ordonnance royale qui défère à la cour des pairs le jugement de ces trois insurrections. Dis- solution de la Chambre des députés. - Nouvelles élections favorables au système de répression. Convocation des Chambres. Le maréchal Gérard, qui a remplacé Soult dans la présidence du con- seil et le ministère de la guerre, pose la question d'amnistie qui est bientôt abandonnée. — Retraite de Gérard (29 oct.). Un ministère de 3 jours (10, 11, 12 nov.). Rentrée de l'ancien cabinet, moins Gérard, que remplace Mortier au ministère de la guerre : MM. de Rigny aux affaires étrangères, Thiers à l'intérieur, Guizot à l'instruction pu- blique, Humann aux finances, Duchâtelau com- merce, Persil à la justice. — Premières opérations de la cour des pairs dans le procès d'avril. Atta- ques violentes du National, rédigé par Armand Carrel. — Premier gouverneur général d'Algérie, le comte d'Erlon. — Mort de La Fayette (20 mai). — Mort de Jacquart. En Portugal, dona Maria est appuyée avec succès par le général Saldanha, le duc de Terceira et TEMPS MODERNES. 277 Ap. J.-C. l'Anglais Napier (janv.-avril). — En Espagne, chute de Zea Bermudès. Cabinet Martinez de la Rosa, favorable au gouvernement représentatif (16 janv.). — Zumalacareggui dirige avec habileté en Navarre l'insurrection carliste. — Opération combinée d'une armée espagnole et des forces de don Pedro contre don Miguel (16 avril). Traité de la quadruple alliance entre la France, l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal, pour l'ex- pulsion de don Carlos et de don Miguel (22 avril.) — Don Carlos est forcé de quitter le Portugal et s'embarque pour l'Angleterre (fin de mai). Don Miguel; par une capitulation signée à Evora, doit également quitter le royaume. — Mesures libé- rales prises en Espagne et en Portugal. Les am- bassadeurs des gouvernements absolus, Prusse, Rome, Autriche, Russie, quittent l'Espagne (mai- juin). — Continuation de l'insurrection carliste en Espagne. Don Carlos quitte Londres et arrive en Navarre (10 juil.). — Abolition de l'inquisi- tion, le 15. — Apparition du choléra à Madrid, le 16. Massacre des moines par la populace qui croit les fontaines empoisonnées. — Ouverture des Cortès par la régente (24 juillet). — La France s'engage à ne pas laisser passer de secours à don Carlos par les Pyrénées (18 août). — LesCortès déclarent exclus du trône don Carlos et ses des- cendants. — Dans le Portugal, don Pedro abolit le papier-monnaie, organise la garde nationale, ouvre les Cortès. La reine est déclarée majeure. Don Pedro renonce à la régence; sa mort (24 sept.) . Ministère sous la présidence du duc de Palmella, le 24. — Bannissement à perpétuité de don Mi- guel. — Mariage, par procuration, de la reine avec le duc de Leuchtenberg, fils du prince Eu- gène de Beauharnais (1 er déc). Attaque dirigée contre la Savoie par l'armée révolutionnaire de la jeune Italie, composée d'un millier de Polonais, Allemands et Italiens, sous le commandement de Ramorino. — Comme cette armée avait été formée en Suisse, l'Autriche, la Prusse, la Russie, etc., demandent au directeur fédéral la dissolution des comités révolutionnaires organisés par les réfugiés; le Directoire y con- sent. L'empereur de Russie défend d'envoyer les jeunes Russes à l'étranger; il limite le droit de voyager et de vivre hors de l'empire (avril). — Tous les Polonais fugitifs sont déclarés bannis à perpétuité (16 oct.). Insurrection du Caucase di- rigée par Shamyl. En Danemark, les quatre assemblées d'Etats, instituées en 1831, se réuniront (mai) et pour- ront présenter des propositions et examiner celles du roi. La Syrie, cédée par la Turquie à Mehemet-Ali, se révolte contre lui. Soulèvements sur différents points de la Grèce. Au Mexique, le général Santa- Anna, président, triomphe de son rival, le général Bravo. 1835. Crise ministérielle. Reconstitution de l'an- cien ministère présidé par le duc de Broglie. — Procès des insurgés d'avril 1834 devant la cour des pairs: système adopté par les ac- cusés pour rendre le procès impossible; scènes tumultueuses dans la salle d'audience ; la Cour ordonne que les accusés qui s'obstineraient à troubler l'ordre comparaîtront isolément devant elle ; un petit nombre des accusés se décident à accepter les débats. — Évasion de 28 accusés. — Le journal la Tribune, rédigé par M. Ar- mand Marrast, cesse de paraître. La Chambre des députés et la Chambre des pairs recon- naissent la dette de 25 millions envers les Etats-Unis, à la condition que des explica- tions satisfaisantes seront données sur le mes- sage du président Jackson. — Épouvantable at- Ap. J.-C. tentât du 28 juillet : une machine infernale pré- parée par Fieschi, Morey et Pépin éclate sur le passage du roi, aux fêtes de juillet; nom- breuses victimes, dont le maréchal Mortier. — Adoption des lois de septembre, qui modifient la lé- gislation sur la presse, le jury etles cours d'assises. —Loi relative à l'établissement d'un chemin de fer de Paris à Saint-Germain. — En Algérie, Abd-el- Kader, défait par le général Trézel, près d'Oran (25 juin), le bat à la Macta, le 26. Le maréchal Clauzel est nommé gouverneur général (8 juil.). Heureuse expédition dirigée par le duc d'Orléans contre Mascara (nov.). Retraite de Robert Peel (8 avril). Rentrée de lord Melbourne, avec John Russell et Palmers- ton. — Ardentes prédications d'O'Connell dans des réunions d'ouvriers à Manchester, à Newcastle à Edimbourg, à Glasgow. Mort de l'empereur d'Autriche François II (2 mars). Son fils Ferdinand I er , âgé de 42 ans, lui succède. Crédit du prince de Metternich. — Décret de la dièle contre la jeune Allemagne, à cause de ses doctrines subversives. — Accession de Bade, de Nassau et de Francfort au Zollverein prussien. — En Prusse, établissement d'un tribu- nal unique pour les crimes de haute trahison, indépendamment des tribunaux de chaque pro- vince. — Traité de commerce et de navigation entre l'Autriche et la Grèce, sur la base d'une liberté réciproque. Établissement d'une ligne de . paquebots et d'un service de poste entre Trieste et Patras. Les Chambres de Belgique votent une loi sur l'en- seignement qui accorde une liberté absolue (sept.) . En Espagne, divisions dans le parti constitu- tionnel. Retraite de Martinez de la Rosa (7 juin). Cabinet Toreno. Suppression de l'ordre des Jé- suites (4 juil.). Insurrections à Saragosse, à Bar- celone, à Valence, etc., pour obtenir la constitu- tion de 1812etdes chartes provinciales. Des juntes s'organisent dans différentes villes et s'arrogent tous les pouvoirs. — Cabinet Mendizabal (14 sept.). Mise en état de siège de la Catalogne, où domine le parti carliste (29 nov.). Mort du mari de la reine de Portugal, deux mois après son arrivée (28 mars). Nouveau ma- riage arrêté avec Ferdinand-Auguste de Saxe-Co- bourg-Gotha, neveu du roi des Belges (7 déc). En Russie, confiscation et mise en séquestre des biens des réfugiés polonais (14 avril) : 2340 sont dépouillés au v profit du trésor impérial et des fonctionnaires russes (juillet). Entrevue de Nicolas I er avec le roi de Prusse à Kalisch (12 sept.); ces ceux princes se rencontrent avec l'empereur d'Autriche à Tœplitz, le 26. La régence de Tripoli est replacée sous la do- mination de, la Porte (mai). Efforts du sultan et du pacha d'Egypte pour initier leurs sujets à la civilisation européenne. En Grèce, rivalités des partis; progrès du bri- gandage; impopularité des troupes allemandes et du ministre bavarois Armansperg; majorité du roi; son couronnement (juin). Au Chili, épouvantable tremblement de terre (20 fév.). — Le Venezuela, l'Equateur et la Nou- velle-Grenade sont constamment en proie à la guerre civile. — Dans la Plata, les fédéralistes donnent pour cinq ans le pouvoir de gouverneur et de capitaine général à Rosas. — Indignes violen- ces exercées aux États-Unis par les esclavagistes envers les abolitionistes et les nègres. 1836. En France, dissolution du ministère. M. Thiers se sépare de MM. de Broglie et Guizot (5 fév.) . — Exécutionde Fieschi, de Morey et de Pépin(19fév.). — Nouveau ministère : M. Thiers, président du con- seil, aux affaires étrangères ; M. Sauzet, à la j ustice ; M. de Montalivet, à l'intérieur; M. Passy, au com- 278 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. merce et aux travaux publics ; M. Pelet de la Lo- zère, à l'instruction publique; le maréchal Mai- son, à la guerre; l'amiral Duperré, à la marine (22 fév.). — Loi prohibant les loteries (8 mars). — Attentat d'Alibaud contre le roi (25 juin); il est exécuté (11 juillet). Mort de M. Armand Car- rel, tué en duel par M. Emile de Girardin. — La Société des familles succède à la Société des droits de l'homme. — Autorisation accordée par les Chambres à l'industrie privée d'ouvrir des chemins de fer de Montpellier à Cette, de Paris à Versailles (juillet). — Dissentiment entre le mi- nistère et le roi sur la question d'Espagne. — Cabinet Mole (6 sept.), avec MM. Persil à la jus- tice, Gasparin à l'intérieur, l'amiral Rosamel, à la marine, Guizot à l'instruction publique, Du- châtel aux finances, Martin (du Nord) au com- merce. Notes menaçantes à la Suisse au sujet des réfugiés (sept. -nov. ). — Mort de Charles X à Go- ritz (6 nov.). — Louis-Napoléon, neveu de l'Em- pereur, fils de l'ancien roi de Hollande, essaye de soulever la garnison de Strasbourg le 30 oct.; il est pris, mis en liberté sans jugement, et envoyé aux États-Unis (13 nov.). — Attentat de Meunier contre le roi, le jour de l'ouverture des Chambres (27 déc). — En Algérie, victoire du général Bugeaud sur Abd-el-Kader à la Sic- kack (6juil.). — Tentative malheureuse du gou- verneur général Clauzel contre Constantine (nov.). Crise monétaire et commerciale en Angleterre. — Les lords rejettent les lois proposées dans l'in- térêt de l'Irlande. — Adoption par les deux cham- bres d'un bill de réforme ecclésiastique pour l'Angleterre. La diète de Hongrie décide que ses actes se- ront rédigés en langue hongroise (4 mars). Amé- lioration de la condition des paysans. — Réta- blissement des jésuites en Autriche (29 mars).— Dans le Wurtemberg, loi adoptée par les Cham- bres pour le rachat des corvées, des prestations personnelles et des prestations en nature. En Espagne, le projet de loi électorale, le rachat des redevances appartenant aux ancien- nes communautés religieuses, la suppression des couvents amènent la retraite de Mendizabal (14 mai). — Révolution militaire à la Granja, où résidait la reine régente (12 août); insurrection à Madrid. La régente accepte la constitution de 1812, le 14; le général Quesada est massacré par le peuple de Madrid. — Ministère Calatrava : me- sures libérales; apaisement des esprits. — Des bandes carlistes parcourent le pays de Valence, l'Aragon, et pénètrent jusqu'en Andalousie. — Ouverture des Cortès constituantes (24 oct.). Le général Espar tero délivre Bilbao assiégé par les carlistes. — Le gouvernement reconnaît l'indé- pendance du Mexique. Révolution à Lisbonne (9 sept.). La reine est forcée d'accepter la constitution de 1822, analogue à celle de l'Espagne de 1812. L'Autriche, !a Prusse et la Russie font occuper le territoire libre de Cracovie pour en expulser les réfugiés polonais (17 fév.). Au Mexique, l'Etat du Texas, qui est opposé aux idées unitaires, résiste au président Santa- Anna, qui est vaincu et fait prisonnier (12 avril). H est mis en liberté peu de temps après. — Fin de la guerre civile au Pérou, avec le concours des armées de Santa-Cruz, président de la Bolivie. Séparation du Pérou en deux Etats indépendants : Sud-Péruvien, Nord-Péruvien (17 mars, 6 août). Ils se confédèrent avec la Bolivie (28 oct.). — Guerre entre le Pérou et le Chili. — Fin de la guerre civile dans l'Equateur (10 juillet). Aux Etats-Unis, continuation de la lutte entre les esclavagistes et les abolitionistes. — Élec- tions présidentielles favorables au candidat dé- Ap. J.-C. mocrate Martin van Buren, de New-York. — Les États-Unis appuient le Texas contre le gouverne- ment du Mexique. 1837. Procès des complices du prince Louis à Stras- bourg; le jury les acquitte (janv.). — Crise mi- nistérielle. MM. Gasparin, Guizot, Duchâtel sont remplacés par MM. Montalivet, Salvandy, Lacave- Laplagne (15 avril). — Les deux chambres votent la dotation pour la fille aînée du roi et le prince royal, mais non pour le second fils (22 avril). — Amnistie politique (8 mai). — Mariage du prince royal avec la princesse Hélène de Mecklembourg- Sehwerin (30 mai). — Inauguration du musée historique de Versailles (11 juin). — Question des chemins de fer; ajournement des grandes lignes. — En Algérie, entrevue de l'émir Abd-el-Kader et du général Bugeaud. Traité de la Tafna ; l'émir reconnaît la souveraineté de la France, mais notre territoire est délimité (30 mai). Seconde expédition de Constantine. Mort du général Damrémont. Commandement déféré au général Valée . Prise dé Constantine (13 oct.). Le duc de Nemours a pris part à l'expédition. — Voyage de découvertes vers les terres australes du capitaine Dumont d'Urville, de 1837 à 1840. Mort de Guillaume IV, roi d'Angleterre (20 juin). Avènement de Victoria F", sa nièce. Continuation de la crise commerciale ; interruption des travaux dans les villes manufacturières de Liverpool, Bir- mingham, Manchester. — F. P. Smith (Anglais) et 3. Ericsson (Suédois) font, chacun de leur côté, des essais satisfaisants de bateaux à vapeur à hé- lice sur la Tamise. — "Wheatstone, à Londres, et Steinheil, à Munich, construisent les premiers té- légraphes électriques qui aient fonctionné régu- lièrement sur de grandes distances. — Thomas Spencer, en Angleterre, et Jacobi, à Dorpat, en Russie, inventent, chacun de leur côté, la galva- noplastie. Traité de commerce de la Hollande avec la Prusse (3 juin) et avec l'Angleterre (27 oct.). L'Autriche résiste aux efforts du parti libéral en Hongrie; les jésuites obtiennent l'instruction pu- blique en Galiicie. — Service de bateau à vapeur par la compagnie du Lloyd autrichien, fondée par le baron de Bruck, entre Trieste et l'Orient, par Ancône, Corfoue, Patras, Candie et de lààConstan- tinople et à Alexandrie (16 mai). — Dans le Ha- novre, avènement du duc de Cumberland, 5 e fils de Georges III, Ernest-Auguste I er (20 juin). Abo- lition de la constitution de 1833 (5 juillet) ; protes- tation de sept professeurs de l'université de Gcet- tingue ; ils sont destitués. — Question des mariages mixtes dans la Prusse rhénane; le roi de Prusse fait enlever l'archevêque de Cologne (20 nov.). Soulèvement des catholiques à Munster, à Cologne. Protestation du pape (10 déc). En Espagne, vote des Cortès en faveur du mi- nistère Calatrava. Suppression de la dîme et des établissements monastiques. Promulgation solen- nelle de la nouvelle constitution (18 juin). — Don Carlos et Cabrera s'avancent au centre de l'Espagne. — Chute du ministère, à la suite d'une émeute militaire organisée par Espartero, qui ce- pendant n'entre pas dans le nouveau cabinet (17 août). .— Marche de don Carlos sur Madrid. Il est repoussé par Espartero et forcé de repasser l'Êbre. — En Portugal, insurrection des miguélistes dans les Algarves (fév.). — Prise d'armes des char- tistes dans les provinces du Nord, sous le maréchal Saldanha (12 juillet); elle est sans résultat. Ravages du choléra en Sicile; révoltes sur plu- sieurs points cruellement réprimées par le général del Caretto; la Sicile perd ses privilèges politi- ques. Le czar change les divisions administratives de la Pologne (7 mars) ; il favorise l'introduction dans TEMPS MODERNES. 279 Ap.J.-G. ce pays du culte gréco-russe. — Mort du poëte Pouschkine. En Grèce, le roi remplace M. d'Annan sperg par un autre Bavarois, M. de Rudhart, qui se retire le 19 déc. Formation d'un ministère composé ex- clusivement de Grecs. Congrès des députés de la Bolivie, du haut Pérou et du bas Pérou; constitution de la nou- velle confédération péru-bolivienne (l er mai). Tous les deux ans sera réuni un congrès général, et tous les dix ans on nommera un chef de la confé- dération entre six candidats proposés par les trois f républiques. Ce pouvoir décennal est donné au général Santa-Cruz. — Le dictateur de Buenos- Ayres, Rosas, déclare la guerre à la confédération, à cause de l'intervention de Santa-Cruz dans le Pérou. — Guerre civile dans l'Uruguay entre le président actuel Oribe et l'ancien président Ribera. Le congrès des États-Unis reconnaît l'indépen- dance du Texas (février). Au congrès, vifs débats sur la question de l'esclavage ; crise commerciale et financière. Les banques suspendent tout paye- ment en espèces. — Au Mexique , élection du gé- néral Bustamente comme président (mars) . Insur- rections militaires sur plusieurs points. 1838. Lutte soutenue par le ministère Mole contre la coalition des doctrinaires et du centre gauche. Lois sur l'organisation départementale, l' état-major de l'armée, les justices de paix, les aliénés. Mort du diplomate Talleyrand à Paris (mai) . — Naissance du comte de Paris, fils aîné du duc d'Orléans (24 août). — Louis-Napoléon, nationalisé dans le canton de Thurgovie, afin d'éviter des embarras à la Suisse, passe à Londres (20 sept.) . — Expédition dirigée par le contre-amiral Leblanc contre Rosas, qui, en haine de Santa-Cruz, le président de la Bolivie, allié de la France, a exercé des persécutions contre les résidents fran- çais (29 mai). — Réclamations du gouvernement français au sujet du préjudice causé à nos natio- naux au Mexique; elles ne sont pas écoutées. Le contre-amiral Baudin et le prince de Joinville, 3" fils du roi, bombardent et emportent en quatre heures le fort de Sain t- Jean d'Ulloa; capitulation de la Vera-Cruz (nov.). Ouverture de la session de 1838-1839 (17 déc). — M. Dupin, porté par le ministère j est élu président. — Discussion de l'Adresse a la Chambre des pairs. — Rédaction du projet d'Adresse par la commission de la Chambre des députés; conduite ambiguë de M. Dupin. — J. Pelouze lit, le 15 oct., à l'Académie des sciences, un mémoire sur la Pyroxyline et annonce qu'elle est susceptible d'application dans l'artillerie. Couronnement de la reine d'Angleterre (28 juin) ; brillant accueil fait au maréchal Soult. Soulève- ment du Canada; sanglantes exécutions. — En Asie , une diversion maritime des Anglais force le schah de Perse, Mohammed-Mirza, à lever le siège d'Hérat, entrepris sans doute à l'instigation de la Russie. — Wheastone invente le stéréoscope à réflexion. L'Autriche ne peut réconcilier le roi de Prusse avec l'archevêque de Cologne; démêlé avec l'ar- chevêque de Posen au sujet de la même question des mariages mixtes. Évacuation d'Ancône par les Français (25 oct.). Les Autrichiens continuent d'occuper la citadelle de Ferrare. Le général Espartero est nommé capitaine gé- néral des armées de la reine d'Espagne ; il continue la guerre contre les Carlistes. — Mise en état de siège des royaumes d'Aragon, de Valence, de Murcie, de Saragosse. Espartero reçoit le com- mandement des gardes nationales. — Insurrection armée d'ouvriers et de gardes nationaux à- Lis- bonne; elle est vaincue par la troupe de ligne Ap. J.-C. (1 er mars). Constitution achevée par les Cortès portugaises. Amnistie pour tous les délits poli- tiques depuis sept. 1836. — Naissance du duc d'Oporto, prince royal. En Russie, canalisation du Volga et du Don. Chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou. Le czar visite les cours de Stockholm, Berlin, Mu- nich, Dresde, Weimar. Mehemet-Ali demande l'hérédité pour le gouver- nement de l'Egypte et celui delà Syrie; résistance de la Porte; préparatifs de guerre. Intervention de la France et de l'Angleterre. Mehemet-Ali con- sent à envoyer le tribut. — Reschid-Pacha va conclure à Londres un traité de commerce. Rupture de la confédération péru-bolivienne; le Pérou septentrional se sépare le premier. — Les . Chiliens s'emparent de Lima par trahison (21 août) . — Guerre civile dans l'Uruguay. Oribe perd la présidence. — Sympathie du peuple des États- Unis en faveur des insurgés du Canada. — L'amé- ricain Morse va en Angleterre pour montrer un télégraphe électrique enregistreur. 1839. Affreux tremblement de terre à la Martinique (11 janvier). — Discussion de l'Adresse à la Chambre des députés; défense héroïque de M, Mole contre la coalition ; il n'obtient dans le vote de l'Adresse qu'une majorité de 6 voix. — Crise ministérielle. Dissolution de la Chambre (2 fév.) . — Retraite du cabinet Mole (8 mars) . — Ministère intérimaire (31 mars) . — Ouverture des Chambres (4 avril). — M. Passy, élu président de la Chambre des députés, tente à son tour de former une combinaison ministérielle, mais M. Dupin la fait échouer, par son obstination sur des points de peu d'importance, au sujet desquels il avait été cependant d'accord la veille avec ses collègues. — Cabinet Soult, avec MM. Teste à la justice , Schneider à la guerre , Duperré à la ma- rine et aux colonies, Duchâtel à l'intérieur, Cunin-Gridaine au commerce, Dufaure aux tra- vaux publics, Villemain à l'instruction publique , Hippolyte Passy aux finances. — Menées du parti républicain; la Société des Saisons remplace la Société des Familles; publication du Moniteur ré- publicain et de l'Homme libre; une prise d'armes est décidée pour le 12 mai ; l'insurrection éclate, mais est promptement réprimée ; le roi commue la peine des chefs, MM. Barbes et Blanqui, con- damnés à la peine de mort. — Le parti bonapar- tiste fonde le journal le Capitole. — Discussions des Chambres sur les tribunaux de commerce, la propriété littéraire , les chemins de fer de Lille à Dunkerque, de Paris à Orléans, de Paris à Rouen, etc. — Colonie agricole, pour les jeunes détenus, à Mettray, près de Tours. — En Algérie, passage des Portes-de-Fer par les troupes fran- çaises (28 oct.). Peu de jours après, les hostilités recommencent avec Abd-el-Kader, qui est battu sur les bords delà Chiffa (31 déc). — Le Mexique consent à nous payer une indemnité de guerre. — Hostilités dans laPlata entre laFrance et Rosas. — Le peintre L. Mandé Daguerre, perfectionnant le.s essais de Jos. Nicéphore Niepce, qui remontent à 1813, invente le premier procédé de photographie sur plaque de métal. A la même époque, Talbot, en Angleterre, obtenait des images sur papier sensible. Débats du parlement anglais sur l'organisation du Canada, la question irlandaise, la proposition de suspendre la constitution de la Jamaïque, qui s'est révoltée. Chute du ministère (7 mai). Sir Robert Peel ne peut former un cabinet. Re- tour du cabinet Melbourne. — Insurrections char- tistes dans les villes manufacturières. — Traités de commerce et de navigation avec l'Autriche, la Porte, la France. — Dans l'Inde, prise de Can- dahar, de Ghizni, de Caboul. — Rupture avec la 280 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. Chine, parce que l'empereur refuse de laisser en- trer l'opium dans ses Etats. — Occupation d'Aden, à l'entrée de la mer Rouge. Conflit entre les États de Hongrie et le gou- vernement autrichien. — Condamnation et dé- chéance de l'archevêque de Posen, qui a refusé d'approuver la décision du roi de Prusse touchant les mariages mixtes. — Fin du différend entre la Hollande ou la Belgique, au sujet du Luxembourg et du Limbourg, qui demeurent partagés; la Hol- lande seule est reconnue membre de la confédé- ration germanique. Don Carlos, conseillé par son premier ministre Texeiro, destitue son commandant général, Ma- roto, qu'il trouvait trop modéré; celui-ci trahit alors don Carlos, entraîne ses troupes et signe le traité de Bergara avec Espartero, que la reine vient de faire duc de la Victoire (31 août). Don Carlos se retire en France (14 sept.). Réunion à l'Eglise gréco-russe des grecs-latins des provinces occidentales. Protestation du pape (22 nov.). — Déclaration de guerre au khan de Khiva ; le général Péroski part d'Orenbourg, sur l'Oural, pour aller le combattre (1 er déc). — En Servie, abdication forcée du prince Milosch. Avè- nement de son second fils Michel. Commencement de la guerre entre le sultan Mahmoud et le pacha d'Egypte, Méhémet-Ali : l'armée ottomane franchit l'Euphrate et entre en Syrie (21 avril). — Défaite complète d'Hafiz-Pacha dans la plaine de Nézib, au N. E. d'Alep, par Ibrahim, fils de Méhémet-Ali (24 juin). — Mort de Mahmoud II (1 er juillet) ; il a pour successeur son fils Abdul-Medjid, à peine âgé de 16 ans. — Lord Palmerston essaye vainement d'entraîner la France à unir ses forces à celles de l'Angleterre pour ruiner le pacha d'Egypte, sous prétexte de sauver l'empire ottoman. — Le gouvernement français, convaincu qu'il fallait avant tout proté- ger Constantinople contre la domination russe, décide le gouvernement anglais à se joindre à lui pour demander au sultan que les Dardanelles soient ouvertes aux escadres alliées dans le cas où les Russes entreraient dans le Bosphore. — Un , envoyé de la France obtient d'Ibrahim-Pacha qu'il n'entre pas dans l'Asie Mineure. La flotte otto- mane quitte le port de Constantinople et va se livrer à Méhémet-Ali (14 juillet); immense effet produit par cette défection; terreur du sultan. — Le cabinet des Tuileries propose aux grandes puissances de couvrir de leur garantie collective l'intégrité et l'indépendance de l'empire ottoman; cette proposition, mal accueillie à Londres, est rejetée par la Russie (17 juillet). — La France refuse de s'associer aux projets de lord Palmers- ton, qui, dans une dépêche en date du 1 er août, propose l'envoi à Alexandrie d'une flotte anglo- française chargée d'exiger la restitution immé- diate de la flotte turque, et autorisée à s'emparer, en cas de refus, delà flotte égyptienne elle-même. — Au moment où le sultan, n'ayant plus ni ar- mée ni vaisseaux, allait accorder à Méhémet-Ali le gouvernement héréditaire de ses possessions actuelles , l'amiral Roussin consent à signer une note par laquelle les ambassadeurs des cinq grandes puissances, obéissant aux suggestions de M. de Metternich, défendent à la Porte d'accéder aux demandes de Méhémet-Ali sans leur consen- tement. — Le gouvernement français, qui désirait assurer au vice-roi, même malgré la Porte, l'hé- rédité de ses Etats, rappelle l'amiral Roussin. — Lord Palmerston, désespérant de faire entrer la France dans ses desseins contre l'Egypte,^ songe alors à la mettre hors du concert européen, et négocie en conséquence secrètement avec la Russie. — Hatti-shérif lu solennellement dans la plaine de Gulhané, près de Constantinople (3 nov.). Kp. J.-C. Fin de la guerre entre le Chili et le Pérou. — Au Mexique, Santa- Anna redevient président, mais il est bientôt renversé et remplacé par Bustamente. 1840. En France, manifestation en faveur d'une ré- forme qui augmenterait le nombre des électeurs (12 janv.). Rejet de la dotation proposée en faveur du duc de Nemours (20 févr.) . — Chute du minis- tère Soult. Ministère Thiers avec MM. deRémusat, Jaubert, Pelet, Cousin, Vivien, Cubières, Gouin et Roussin (1 er mars) . — Mariage du duc de Nemours avec une princesse de Saxe-Cobourg-Gotha-Cohari (27 avril). — Loi sur la translation des restes de Napoléon (12 mai). — Proposition Rémilly sur* les députés fonctionnaires (15 juin). — Loi sur les sucres (3 juillet). — Traité de la quadruple alliance pour la pacification de l'Orient, conclu à Londres entre l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et la Russie d'une part, et la Turquie de l'autre, à l'exclusion de la France (15 juillet). — Seconde tentative de Louis-Napoléon; il vient d'Angle- terre à Boulogne (6 août) ; il est pris, traduit de- vant la cour des pairs et condamné à l'emprison- nement perpétuel (6 oct.). — Coalition d'ouvriers (I er sept.). — Ordonnance royale relative aux fortifications de Paris (13 sept.). — Attentat de Darmès contre Louis-Philippe (15 oct.). — Chute du ministère Thiers (29 oct.). Nouveau cabinet sous la présidence de Soult, ministre de la guerre, avec MM. Guizot, Duchâtel, Teste, Humann, Du- perré et Villemain. — Translation des restes mortels de Napoléon, amenés par le prince de Joinville. Funérailles solennelles aux Invalides. — En Al- gérie, belle défense de Mazagran par le capitaine Lelièvre (3-6 février) . — Occupation de Cherchell sur la côte, à l'O. d'Alger (15 mars); de Médéah au delà du col de Mouzaïa, franchi le 12 mai après un combat meurtrier; de Miliana, en avant du cours du Chéliff (8 juin) ; le duc d'Or- léans et le duc d'Aumale ont pris part à l'expédi- tion. Rappel du maréchal Valée et nomination du général Bugeaud aux fonctions de gouver- neur général (29 déc). — Au mois de décembre, MM. de Ruolz (Français) et Elkington (Anglais) prennent, chacun de" leur côté, un brevet d'in- vention pour la découverte d'un procédé de dorure galvanique applicable à tous les cas. Discussion dans le parlement anglais sur l'Ir- lande, les chartistes et les socialistes. — Mariage de la reine Victoria avec le prince Albert de Saxe- Cobourg-Gotha (10 févr.) . Débat au sujet des soufres de la Sicile, dont le monopole appartenait à une compagnie française. Résistance du roi de Na- ples, qui se prépare à la guerre. Intervention de la France; abolition du monopole avec indemnité pour la compagnie. — Première campagne dans les mers de la Chine : le capitaine Elliot occupe l'île de Chousan, au S. E. de Nanking (5 juillet): Emeute à Madrid; la ville est mise en état de siège (24 février). — Les chefs carlistes Cabrera et Balmaseda sont contraints par les généraux Espartero et Concha de passer en France (juin- juillet) . — Nouveaux troubles à Madrid pendant que la reine régente est à Barcelone avec ses enfants (14 juillet), et bientôt à Barcelone, le 18. — La reine régente se retire à Valence. — Junte provisoire du gouvernement à Madrid (1 er sept.). — La régente remet le soin à Espartero de former à son gré le cabinet. Elle est obligée d'abdiquer la régence (12 oct.), et peu après se retire en France le 19. — Le ministère formé par Espartero constitue avec lui une régence provisoire. La jeune reine est ramenée à Madrid. — Emeute à Lisbonne (16 août). Mesures répressives. Abdication de Guillaume I er , roi de Hollande (7 oct.). Avènement de Guillaume II, son fils. — Responsabilité ministérielle ; le contre-sein? TEMPS MODERNES. 281 4p. J.-C. des ministres sera nécessaire pour tout arrêté royal. Mort de Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse (7 juin) . Frédéric-Guillaume IV,sonfils,lui succède. Persécution religieuse exercée par les Russes en Pologne. — Echecs des Russes en Circassie. — Convention entre le czar et le khan de Khiva, qui rend la liberté aux captifs russes. En Suède, triomphe des idées libérales : res- ponsabilité ministérielle; la composition des deux chambres est rendue élective; l'ordre de la no- blesse perd ses droits d'hérédité. Question d'Orient. L'Angleterre appuie là Porte contre Mehemet-Ali, dont elle redoute l'ambition. Les quatre puissances, Angleterre, Russie, Au- triche, Prusse, arrêtent par le traité de Londres, sans consulter la France, qu'on offrira à Mehe- met-Ali l'administration héréditaire de l'Egypte avec une partie de la Syrie, de la mer Rouge au lac de Tibériade, et Saint-Jean-d'Acre, mais seu- lement comme gouverneur à vie (15 juillet). — La France se prépare à la guerre (29 juillet). — Mehemet-Ah refuse d'accepter les conditions des 4 puissances; bombardement de Beyrouth par le commodore anglais, sir Charles Napier (Il sept.) ; inaction de la France. Note de M. Thiers du 8 octobre; bombardement de Saint-Jean d'Acre (4nov.). — Retraite d'Irahim et convention pro- visoire de Mehemet-Ali avec le commodore Napier, le 27. L'Espagne reconnaît la république de l'Equa- teur. — M^rt du dictateur Francia au Paraguay (sept.). — Le Texas, qui s'est constitué en répu- blique indépendante , conclut un traité de limites avec les États-Unis. 11 est reconnu parla France. — Élection du général Harrison comme président aux États-Unis. — Traité de l'amiral Mackau avec Arana, l'envoyé de Rosas (29 oct.) . 1 841 . Mécontentement causé en France par la solu- tion donnée à la question de la Plata et à la ques- tion d'Orient. — Loi sur les fortifications de Paris (avril) . — Loi sur le travail des enfants dans les manufactures (février-mars). — Troubles occa- sionnés par le recensement à Toulouse, a Bor- deaux, à Clermont, à Lille. — Attentat sur la per- sonne du duc d'Aumale (13 sept.). — Ouverture du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. En Angleterre, nouveau cabinet formé par le chef des tories, sir Robert Peel avec lord Lyn- dburst, lord Stanley, sir James Graham, le duc de Buckingam, lord Wellington, ministre sans por- tefeuille (3 sept.). — Naissance du prince de Galles (9 nov.). — Fin des premières hostilités entre l'Angleterre et la Chine. Capitulation de Canton (mai). Seconde campagne (août) : prise d'Amoy, Chin-haë, Ning-Pô défendue par une forte citadelle. — Désastres de l'armée anglaise dans l'Afghanistan. Accessions au Zollverein de Brunswick, Lippe- Detmold, Hesse-Hombourg. — En Belgique, dé- couverte d'une conspiration orangiste. — La jalou- sie de l'Angleterre empêcne de réussir un proj et d'as- sociation douanière entre la Belgique et la France. — Guillaume II de Hollande prépare une charte constitutionnelle pour le grand-duché de Luxem- bourg. — Traité de commerce entre la Hollande et la France (30 juin). — Plusieurs assemblées pro- vinciales en Prusse réclament la liberté de la presse et une représentation nationale. Le roi fait quel- ques concessions. Conclusion du différend relatif à l'archevêque de Cologne. — Insurrection catho- lique dans le canton d'Argovie. Victoire des pro- testants. Suppression de tous les couvents du can- ton. — Révolution démocratique à Genève (22 nov.). Élections générales pour la formation d'une assemblée qui revisera le pacte fédéral (déc.) ; la majorité est favorable à la réforme. Ap. J.-C. Ukases contre le culte catholique en Pologne. Difficultés de la Russie avec le Saint-Siège. En Espagne, les deux chambres donnent la ré- gence à Espartero, duc de la Victoire et de Mo- rella. Protestation de la reine Marie-Christine et du général Narvaez, le 19. — Les Cortès arrêtent que le clergé sera doté avec les revenus des anciennes propriétés de l'Église, devenues biens nationaux. — Insurrection d'O'Donnell à Pampe- lune, de Diego Léon et de Concha à Madrid. Vic- toires d'Espartero. — Difficultés entre l'Espagne et le Portugal au sujet de la navigation du Douro Fin de la question d'Orient. Mehemet-Ali con- serve l'Egypte à titre héréditaire ; gouvernement seulement viager des dépendances indirectes de l'Egypte, Nubie, Darfour, Kordofan, Sennaar, etc. La France rentre dans le concert européen : elle prend part, avec les quatre grandes puissances, au traité des détroits par lequel le sultan s'en- gage à fermer à toutes les nations indistincte- ment le Bosphore et les Dardanelles. — Retraite du ministre des affaires étrangères, Reschid- Pacha (15 mars). — Soulèvement des populations chrétiennes opprimées en Syrie, en Macédoine, en Bulgarie, en Crète. Lutte entre les Druses et les Maronites. — Installation d'un évêque pro- testant à Jérusalem sous laprotection de l'Angle- terre et de la Prusse. — En Grèce, ministère, puis retraite de Mavrocordato. Le roi continue de s'entourer de Bavarois. La confédération des Etats de l'Amérique cen- trale est dissoute : Guatemala, Nicaragua, Hon- duras sont séparés. Dictature de l'Indien Carrera dans le Guatemala. — Gouvernement tyran- nique de Rosas, président de la république ar- gentine. — Le général Santa- Cruz rentre à Lima. — Au Mexique, Santa-Anna redevient pré- sident. — L'Yucatan se constitue en république indépendante. — Mort du général Harrison, pré- sident des Etats-Unis. Le vice-président Tyler lui succède. 1842. Rejet par la Chambre des députés de la pro- position relative à l'extension du cercle des in- compatibilités, et de celle relative à l'adjonction des capacités aux listes d'électorat politique (7 et 14 févr.). — Mort du ministre des finances, M. Humann (25 avril); M. Lacave-Laplagne le remplace. — Affreux accident du chemin de fer de Versailles, rive gauche, qui coûte la vie à près de 50 personnes, parmi lesquelles le contre-amiral Dumont d'Urville (8 mai). — Vote de la loi des chemins de fer; système de neuf grandes lignes. — Mort du duc d'Orléans par une chute de voi- ture (13 juillet). - — Convocation extraordinaire des Chambres, le 26. Loi organique de régence (30 août) : majorité fixée à 18 ans; le régent sera l'héritier le plus proche dans l'ordre de succes- sion au trône. — Prise de possession des îles Marquises par le contre-amiral Dupetit-Thouars (1 er mai). La France refuse d'adhérer à un traité que l'Angleterre a fait accepter le 20 déc. 1841 à la Russie, à l'Autriche et à la Prusse, et qui est ra- tifié à Londres le 20 février, traité qui modifie le droit européen au sujet de la répression de la traite des nègres, et étend les zones maritimes déjà soumises au droit de visite. — Les Etats-Unis, par leur traité particulier avec l'Angleterre, se réser- vent le droit de faire eux-mêmes la police de leurs vaisseaux pour ce qui regarde la traite, et n'ad- mettent pas le droit de visite réciproque. Commencement des mesures prises par Robert Peel pour modifier les lois concernant les cé- réales. Etablissement d'une échelle mobile de droits, de façon que le blé importé coûte moins cher au peuple. — Vive discussion sur le bill qui crée l'iacome-tax, ou impôt du revenu. — Agita- 282 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. tion des chartistes. Influence d'O'Connell en Ir- lande. — 3 e expédition dirigée par l'Angleterre contre la Chine sous l'amiral Parker. Traité de Nanking, qui ouvre au commerce anglais cinq ports ; cession de l'île de Hong-Kong. — Les An- glais évacuent l'Afghanistan après avoir détruit Caboul et Djellalabah. — Etablissement d'un con- sul anglais à Tabris et d'un résident commercial à Téhéran, la capitale de la Perse. Conspiration en Belgique. — Loi organique sur l'instruction publique ; libre concurrence, pas d'intervention de l'Etat. Terrible incendie à Hambourg (5 mai). — Le roi de Prusse crée des comités des Etats provin- ciaux (4 juin) ; la diète de chaque province choi- sira des commissaires qui resteront à Berlin, et que le roi consultera quand il le jugera néces- saire. — Ordonnance libérale sur l'enseignement dans les provinces polonaises ; la langue polonaise sera seule employée (11 juillet). Révolte de Barcelone (13 novembre); bombar- dement de la ville par Espartero. — Insurrection chartiste à Lisbonne (25 janv.). Rétablissement de la charte de don Pedro ; ministère Costa Ca- brai (10 février). Ukases du czar pour la dénationalisation de la Pologne. Attaques contre la religion catholique. Translation de l'académie ecclésiastique de Vilna à Saint-Pétersbourg. Protestation de la cour de Rome. Protestations annuelles de la France et de l'Angleterre. — Ukase relatif à l'émancipation des serfs, qui est mal accueilli par les nobles, proprié- taires fonciers. — Echecs des Russes en Circassie contre Shamyl. En Servi e, déposition du prince Milosch (14 sept.). — Election d'Alexandre, petit-fils de Czer- ny Georges, âgé de 18 ans. — Déposition du waï- vode Alexandre Ghika en Valachie (26 oct.). 1843. Ouverture des Chambres françaises (9 janv.). — Discussion de l'adresse à la Chambre des députés (27 janvier). — Tremblement de terre à la Gua- deloupe (3 février) . — Ouverture des chemins de Paris à Rouen (2 mai), et à Orléans, le 3. — Vote de la loi sur les sucres indigènes (17 mai). — Mariage de la princesse Clémentine, fille du roi, avec le prince Auguste de Saxe-Cobourg {20 avril) ; du prince de Joinville avec une sœur de l'empereur du Brésil (7 mai) . — Visite de la reine Victoria à la famille royale au château d'Eu (2 sept.). — Voyage du duc de Bordeaux en An- gleterre (nov.) ; il y reçoit la visite de 5 députés. — Voyage du duc de Montpensier dans le midi de la France ; du duc de Nemours dans l'ouest. — Vif débat entre l'Eglise et l'Université : décla- ration comme d'abus contre l'évêque de Châlons (2 nov.). — La Phalange, revue périodique des fouriéristes, est remplacée par la Démocratie pa- cifique^ journal quotidien. — Prise de la Smala d'Abd-el-Kader par le duc d'Aumale (16 mai). — Le gouverneur général Bugeaud est fait maréchal de France. — Les docteurs d'Almeida et W. Mont- gomery appellent l'attention de l'industrie sur la gutta- percha. Troubles en Irlande. Adresse d'O'Connell au peuple irlandais. Meetings pour le rappel de l'Union. Mandat d'arrêt lancé contre O'Connell. — Ligue contre les lois sur les céréales formée par M. Cobden pour faire triompher le principe du libre-échange. — Nouvelle expédition des An- glais dans l'Afghanistan. Leurs cruautés. Procla- mation de lord Ellenborough. Invasion du Sind. Troubles dans le royaume de Lahore. Despotisme militaire d'Espartero. Dissolution des Cortès (3 janv.). — Bombardement de Séville par Espartero (21-28 juillet), qui quitte bientôt après l'Espagne sur un navire anglais. — Le gé- néral Narvaez est fait lieutenant général des ar- Ap. J.-C. mées de la nation (24 juillet). Ministère Lopez. Les Cortès déclarent majeure par anticipation la jeune reine Isabelle II, qui n'a que 13 ans. — Ministère Olozaga qui tombe après le refus de la reine de signer un décret de dissolution des Cortès. Ministère Gonzalès Bravo. L'empereur d'Autriche ouvre la diète de Pres- hourg par un discours en latin. Première exposi- tion de l'industrie nationale à Pesth (20 sept.). Commencement d'insurrection à Bologne (août) . Abus de l'administration cléricale. Misère des po- pulations. Election de M. Bibesco comme hospodar de Valachie (janv.). Révolution du 3 septembre, en Grèce, dirigée surtout par les chefs du parti russe,, MM. Kalergi et Metaxa. Conflit entre l'Angleterre et les Etats-Unis au sujet du territoire de l'Orégon. — Guerre de Ro- sas contre le président de l'Uraguay, Ribera, de concert avec Oribe, ancien président. La France et l'Angleterre interviennent inutilement. Blocus de Montevideo par Oribe. — Boyer, président à Haïti depuis 25 ans, est renversé. Dans l'Océanie, occupation de Taïti par le contre- amiral Dupetit-Thouars, malgré la résistance de la reine Pomaré, dominée par des missionnaires anglais. — Acquisition par la France de Mayotte, une des îles Comores, à l'ouest de Madagascar. 1844. Les députés légitimistes qui ont rendu visite l'année précédente au duc de Bordeaux en Angle- terre sont déclarés flétris dans l'adresse en ré- ponse au discours du roi; ils donnent leur dé- mission et se font réélire. — Projet de loi sur l'enseignement secondaire; discussion à la Chambre des pairs ; rapport de M. Thiers à la Chambre des députés. Loi sur les patentes. — Affaire Pritchard. Ce missionnaire anglais avait été chassé de Taïti par les Français contre lesquels il avait excité les indigènes et la reine Pomaré; Robert Peel de- mande pour lui une réparation (31 juillet). — Invasion en Algérie de l'empereur du Maroc Muley- Abder-Rhaman. Bombardement de Tanger par le prince de Joinville (août). Brillante victoire du maréchal Bugeaud sur les bords de l'Isly (14 août). Bombardement de Mogador par le prince de Join- ville, le 15. — Impression produite en Angleterre par nos victoires. Imminence d'une rupture; elle est conjurée par le vote de l'indemnité Pritchard. — Convention de Tanger (20 sept.). Visite so- lennelle de Louis-Philippe à la reine Victoria (12 sept.) . — Lutte de l'Eglise et de l'Université. Mémoire adressé au roi par les évêques de la pro- vince de Paris. Blâme officiel de cette démarche. — Exposition brillante de l'industrie à Paris. — Première crèche établie à Chaillot (nov.). — Traité de commerce avec la Chine, conclu par l'ambas- sadeur de Lagrené (24 oct.). — Mort de Geoffroy- Saint-Hilaire. — Invention du baromètre anéroïde par Vidi. Traité de commerce et de navigation conclu avec la Grande-Bretagne par Hambourg, Brème, Lubeek et le Hanovre, qui restent encore en de- hors du Zollverein. — Traité de commerce de la Prusse avec la Belgique (1 er sept.). O'Connell est condamné par le jury de Dublin (fév.). Motion de John Russel, ancien ministre. pour une enquête sur l'état de, l'Irlande. Retour de la mère .d'Isabelle II en Espagne. Ca- binet Narvaez (8 mai)., Sanglantes exécutions à l'occasion de la révolte du général Zurbano. — En Portugal, prise d'armes du parti libéral à Torres-Novas, àAimeïda (28 avril) . Concordat avec le Saint-Siège. Mort de Bernadotte,, roi de Suède (27 janvier). Son fils Oscar I er lui succède. Manifeste des 7 cantons catholiques de la Suisse TEMPS MODERNES. 283 Ap. J.-C. provoqué par l'affaire des couvents d'Argovie. Ap- pel des jésuites par Luceme. Agitation populaire dans les cantons radicaux. La Romagne réclame vainement du Saint-Siège des codes, une administration plus régulière. — Les Espérances de l'Italie, du comte Balbo. — Con- version et remboursement de la dette publique du royaume des Deux-Siciles. Reconnaissance d'I- sabelle II d'Espagne. — Troubles en Calabre. Mariage du duc d'Aumale avec la fille du prince de Salerne. Promulgation de la constitution de la G-rèce : La foi grecque est une condition de l'hérédité de la couronne ; deux chambres; la pairie est conférée par le roi et à vie. Les huit gouvernements de l'ancien royaume de Pologne sont réduits à cinq (5 avril) . Suppression de la Société de tempérance. Révolte en Albanie; massacre des chrétiens. Les volontaires français de Montevideo refusent d'accepter la médiation de la France et de l'An- gleterre; Oribe continue d'assiéger Montevideo. — Lopez, docteur en droit, est nommé président du Paraguay. — Chute de Santa- Anna au Mexique. — Election de M. Polk, candidat démocratique, comme président aux États-Unis. 1845. Nouveau traité de l'a France avec l'Angleterre au sujet de la répression de la traite, sans avoir re- cours au droit de visite (29 mai). —Le principe de l'émancipation des esclaves est accepté par les Chambres françaises. — Loi sur les caisses d'épar- gne. — Lois sur les chemins de fer du Nord, de Paris à Strasbourg, de Paris à Lyon, de Lyon à Avignon, de Tours à Nantes. — En Algérie, insur- rection des Kabyles provoquée par Abd-el-Kader; ils sont défaits par les généraux Lamoricière et E. Cavaignac. — Rupture avec le Mexique, pour une insulte au représentant de la France (mai) . — Brillant combat des flottes combinées de France et d'Angleterre contre Rosas à la pointe d'Obli- gado, au delà de Buenos-Ayres. — Traité de com- merce avec l'iman de Mascate, qui réside à Zan- zibar, dans l'île de Zanguebar. — Expédition malheureuse entreprise contre les indigènes de Madagascar de concert avec l'Angleterre. Robert Peel fait accepter un bill pour la dotation du séminaire catholique romain de Maynooth en Irlande (3 avril) . — Il rencontre une vive oppo- sition de la part des ministres au sujet des lois sur les céréales qu'il veut modifier; démission du ca- binet. Lord John Russel essaye en vain de cons- tituer un cabinet whig ; Robert Peel rentre au pouvoir. — Départ du navigateur J. Franklin pour explorer les mers polaires du Nord. Agitation religieuse en Allemagne. Tendances libérales des États de Silésie, Posen, Prusse pro- prement dite. Le roi refuse d'accorder la liberté de la presse , la publicité des débats, un code pénal ayant pour base la législation française. — Con- vention commerciale delà Belgique avec la France (14 déc). En Espagne, administration vigoureuse de Nar- vaez; il fait fusiller le général Zurbano. — Don Carlos, qui réside à Bourges, abdique en faveur de son fils aîné, le comte de Montemolin (4 juin). — Concordat de l'Espagne avec le Saint-Siège. Insurrection de Rimini dans les États romains. — Les corps francs, organisés par le parti démo- cratique pour lutter contre les cantons catho- liques, partent du territoire d'Argovie pour se jeter sur celui de Lucerne (30 mars) ; ils sont battus. — Notes des puissances étrangères au sujet des corps francs. — Assassinat de M. Leu d'Ebersol, chef du parti catholique à Lucerne (19 juillet). Soulèvement en Achaïe, Messénie, Acarnanie, provinces du royaume de Grèce. — Insurrections dans l'Albanie, en Turquie, — Massacre des chré- Ap. J.-c. tiens maronites par les Druses ; les représentants des Etats chrétiens réclament le désarmement des rebelles. Un décret ouvre l'entrée du Paraguay aux Européens. — Au Mexique, élection du général Herrera à la présidence. — Annexion du Texas aux États-Unis. — Progrès de la secte socialiste des Mormons, disciples de Joseph Smith. 1846, En France, vive opposition à la Chambre des députés durant la session du 27 décembre au 3 juil- let. Discussions sur l'instruction secondaire, sur le trop grand nombre de fonctionnaires admis à la Chambre. Deux attentats contre la vie du roi (16 avril, 19 juillet). — Evasion du prince Louis- Napoléon détenu au fort de Ham (25 mai) . — ■ Mariage du duc de Bordeaux avec la sœur aînée. du duc de Modène, François V. — Les élections générales sont favorables au parti conservateur. — Inauguration des chemins de fer de Tours (25 mars) et du Nord (14 juin). — Crise des finances et des subsistances. Maladie des pommes de terre. Inon- dation de la vallée de la Loire (18 octobre). — En Algérie, Abd-el-Kader fait décapiter trois cents prisonniers français (mai). Ordonnance royale relative à la propriété des colons (21 juillet). — Traité de commerce et de navigation avec le Chili (15 sept.) . — Découverte par le calcul de la pla- nète Neptune par M. Le Verrier, Robert Peel propose aux Chambres anglaises, le 22 janvier, l'abolition des lois sur les céréales et de toutes les prohibitions qui entravaient les importa- tions étrangères pour les denrées alimentaires de première nécessité et pour les matières premières de l'industrie. Les Chambres ne font point d'oppo- sition à cette loi, mais les communes ayant rejeté un bill de coercition pour l'Irlande, le ministère se retire (29 juin). — Le cabinet whig, constitué par John Russel, poursuit la réforme commerciale de Robert Peel. — Troubles en Irlande ; division dans le parti du rappel; parti de la jeune Irlande, sous M. Smith O'Brien. — Heureuse expédition dirigée par le gouverneur général de l'Inde, sir Henri Hardinge, contre le royaume de Lahore. Continuation de l'agitation religieuse etpolitique en Allemagne. — Le roi de Danemark cherche à rattacher plus étroitement à son royaume les du- chés en partie allemands du Holstein, du Slesvig et de Lauembourg. Protestation des Etats du Hol- stein et du Slesvig, qui sont dissous. A Francfort, protestation en faveur de la nationalité allemande des duchés. — Agitation dans les provinces po- lonaises soumises à la Prusse et à l'Autriche ; un gouvernement provisoire est organisé à Cracovie (22 février) ; il est renversé par les Autrichiens, aidés de la Prusse et de la Russie (3 mars). — Affreux massacre des nobles polonais delaGallicie par les paysans, à l'instigation, dit-on, des fonc- tionnaires autrichiens. Abolition des corvées accor- dées auxpaysans par l'Autriche. — Incorporation de la république de Cracovie àl'empired'Autricheavec l'assentiment de la Prusse et de la Russie (11 nov) . Protestation de l'Angleterre et de la France. En Belgique , le parti catholique remporte ; cabinet formé par M. Theux; traité de commerce avec la Hollande (29 juillet) . Les Cortès approuvent le mariage de la reine d'Espagne avec l'infant don François, duc. de Cadix, son cousin, et celui de sa sœur avec le duc de Montpensier, 5 e fils de Louis-Philippe. Mécon- tentement de l'Angleterre. — En Portugal, chute du ministère Cabrai. Les chartistes font nommer au ministère SaldaDha (6 oct.).. Junte, à Coïmbre qui prononce la déchéance de la reine; mais Bonfim, un de ses chefs, est battu et fait pri- sonnier (23 déc). En Russie, introduction d'un nouveau code pénal; la peine du knout est supprimée. 284 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap J.-C. Mort de Grégoire XVI (1 er juin). Election de Pie IX, né à Sinigaglia, âgé de 54 ans (16 juin). Amnistie politique (16 juillet). Tendances libé- rales du nouveau pape. En Danemark, les paysans de la couronne ob- tiennent les moyens de passer de l'état de fer- miers à celui de propriétaires (juillet) . Prépondérance du parti radical à Berne et à Zurich; formation d'un sonderbund, ou alliance séparée, par les sept cantons catholiques, Lu- cerne, Uri, Schwitz, Unterwalden, Zug, Fribourg, Valais. — Les radicaux l'emportent à Genève (6 oct.). M. Schœnbein, chimiste de Bâle, a l'idée de substituer à la poudre à canon dans les armes à feu la pyroxyline, qui avait été l'objet d'un mé- moire de M. J. Pelouze, lu à l'Académie des sciences, en 1838. Partage du territoire de l'Orégon entre l'Angle- terre et les Etats-Unis. — La pratique de l'éthé- risation pour faciliter les opérations chirurgicales, découverte par Horace Wels et Jackson, exploitée avec brevet par Morton, commence à se répandre en Europe. Guerre entre le Mexique et les Etats-Unis, après l'annexion définitive du Texas. — Triomphe des fédéralistes au Mexique* retour de Santa-Anna. 1847. En France, crise des subsistances. Emeute dans l'Indre, à Buzançais (13janv.). Achats con- sidérables de blé en Russie. — Rejet par la Chambre, avec une majorité de 98 voix, du projet de réforme électorale, qui demandait l'abaissement du cens, l'élévation du nombre minimum des électeurs, l'admission des capacités, l'accroisse- ment du nombre des députés. — Propagande ré- formiste par des banquets, à Paris au Château- Rouge (9 juillet); à Màcon, le 18; à Lille, le 7 nov. — M. Guizot devient président du cabinet, après la retraite du maréchal Soult, qui reçoit le titre de maréchal-général (19 sept.). — Procès des anciens ministres Teste et Cubières devant la cour des pairs (17 juillet); ils sont condamnés. — Mort de la princesse Adélaïde, sœur de Louis- Philippe (déc). — En Algérie, le schérifBou-Maza se rend (12 avril). — Expédition du maréchal gou- verneur Bugeaud contre la grande Kabylie (6 mai) . — Le duc d'Aumale est nommé gouverneur gé- néral (20 août). — Le général Lamoricière cerne Abd-el-Kader, qui est obligé de se rendre (23 nov.). — Ouverture du chemin de fer d'Amiens à Boulo- gne, de Rouen au Havre, du chemin de fer at- mosphérique de Saint-Gerniain, du chemin d'Or- léans à Vierzon, de Creil à Compiègne. — Les Girondins de M. de Lamartine. En Angleterre, crise commerciale et financière. — Mort d'O'Connell (16 mai). — Pour contrain- dre l'empereur de Chine à tenir ses promesses, les Anglais menacent Canton (1 er avril), et obtien- nent de nouveaux avantages de commerce. Le roi de Prusse convoque une diète générale des Etats (3 février) . Les princes, comtes et sei- gneurs y auront 80 voix, l'ordre équestre 231, les villes 182, les communes rurales 124. En dehors des Etats siégera la curie des seigneurs. — Le nouvel électeur de Hesse-Cassel, Frédéric-Guil- laume, régent depuis 1831, refuse de prêter ser- ment à la constitution. — En Belgique, élections favorables aux libéraux. Nouveau cabinet: MM. Ch. Rogier, Frère-Orban, etc. En Espagne, nouveau cabinet du général Nar- vaez (4 oct.). — En Portugal, le gouvernement, secondé par l'Angleterre, triomphe des septem- bristes, ou partisans de la constitution de 1822, renouvelée le 9 sept. 1836. Pie IX reçoit le premier ambassadeur adressé par la Porte à Rome (20 février). Réformes de toute sorte accomplies par le gouvernement pon- Ap.J.-C. tifical. — En Toscane, réformes libérales accom- plies ou préparées par Léopold II. — Occupation de Ferrare par les Autrichiens malgré les protes- tations du Saint-Siège. — Manifestation à Turin contre l'Autriche et contre les jésuites (30 sept.). — Agitation dans les diverses parties de l'empire autrichien. La diète fédérale, qui siège à Berne, canton radical, vote la dissolution du sonderbund et l'ex- pulsion des jésuites (20 juillet). Le général Dufour est chargé d'exécuter cet arrêté; les sept cantons catholiques, bien qu'appuyés secrètement par l'Autriche et parla France, sont obligés de céder. A Haïti, présidence du noir Soulouque (l ei 'mars). — Continuation de la lutte entre le Mexique et les Etats-Unis. Bataille sanglante de Saltillo, à l'O. de Monterey (22 février). — Prise de la Vera- Cruz par le général Scott (29 mars) . — Défaite de Santa-Anna près de Jalapa (18 avril). — Occupa- tion de Puebla par les Américains. Prise de Mexico (15 sept.). Santa-Anna, qui a transféré le siège du gouvernement à Queretaro, est investi de la dictature. 1848. Ouverture du chemin de fer de Marseille à Avignon (janv.). — Vif débat à la Chambre'des députés au sujet du droit de réunion. — Organi- sation du banquet du 12 e arrondissement par 92 membres de l'opposition pour le 22 (18 fèvr.). Les députés se désistent le 21. Vote d'accusation contre le ministère présenté par l'opposition (mardi 22 février). Commencement des troubles. Chute du ministère Guizot, remplacé d'abord par un ministère Mole, puis par un ministère Odilon Barrot et Thiers le 23; abdication de Louis- Phi- lippe en faveur de son petit-fils, envahissement des Tuileries et de la Cnambre des députés par l'émeute, départ du roi, installation d'un gou- vernement provisoire, le 24. — Proclamation de la République par le gouvernement provisoire, le 25. — Insurrections socialistes à Rouen, le 27, à Li- moges, le 30. — Ouverture de l'Assemblée consti- tuante (4 mai) . — Création d'une commission exé- cutivede cinq membres: MM. Arago,Garnier-Pagès, Marie, Lamartine, Ledru-Rollin (10 mai). — Atten- tatdu 1 5 mai contre l'Assemblée, dirigé par Barbes, Raspail, Blanqui, Huber. Suppression de plusieurs clubs. Arrestation de Barbes, le 15, de Blanqui, le 26. — Le général Cavaignac est fait ministre de la guerre (1 8 mai) . — Election de Louis-Napoléon Bonaparte dans 3 départements; elle est validée par l'Assemblée le 13. — Les ateliers nationaux sont dissous (23 juin). Insurrection de juin, qui se prolonge du 23 au 26 dans les rues de Paris. Démission des membres de la commission execu- tive le 24; l'Assemblée, présidée par Sénard, con- fère tous les pouvoirs au général Cavaignac, qui est installé, le 28, comme chef du pouvoir exécutif, après la défaite de l'insurrection, qui a coûté la vie à l'archevêque de Paris, M. Affre, à plusieurs généraux et à deux représentants. — Fin du vote des articles de la constitution, le 24 octobre. Fête pour la proclamation de la con- stitution, le 12 novembre. — Election pour la présidence (10 déc). Le général Cavaignac dépose ses pouvoirs. Louis-Napoléon Bonaparte, qui a la majorité des suffrages (cinq millions six cent mille sur sept millions de votants) , est proclamé président de la République par l'Assemblée, et prête serinentde fidélité à la constitution (20 déc). Il résidera à l'Elysée. — Mort de Chateaubriand à 80 ans (4 juillet). Procession révolutionnaire des chartistes à Londres (10 avril). — TrouLles en Irlande. Arres- tation de Smith O'Brien (3 août).— Organisation de la Cafrerie anglaise sur le modèle de l'Algérie française. Réunion de publicistes à Manheim, qui corn- TEMPS MODERNES. 285 Ap. J.-C. mence la révolution fédérale en Allemagne (27 février). — Révolution à Vienne, chute de M. de Metternich (13 mars). — Abdication du roi Louis de Bavière en faveur de son fils aîné Maxi- milien IL — Réunion d'une assemblée de no- tables allemands sous le nom de Vor-parlament, à Francfort (31 mars). — Ouverture de la se- conde diète de Berlin (2 avril). — Emeute à Vienne; le ministère promet de convoquer une constituante (15 mai). Fuite de l'empereur à Inspruck (17 mai); ministère provisoire. — Réunion de l'assemblée constituante germanique à Francfort, dans l'église Saint-Paul (1 8 mai) . — Réunion de l'assemblée constituante à Berlin (22 mai) ; émeute (14 juin) . — Congrès slave de Prague, auquel assistent des délégués des peuples slaves (2 juin). Emeute à Prague; la princesse de Windisgratz est tuée le 12; soumission le 18. — Election de l'archiduc Jean comme vicaire de l'empire germanique par l'assemblée de Francfort (29 juin). — Ouverture d'une assemblée nationale de Hongrie à Pesth, par l'archiduc Etienne, qui représente le roi (5 juillet). — Abdication officielle de l'ancienne diète germanique entre les mains de l'archiduc Jean (12 juillet). — Emeute à Francfort, orga- nisée par le parti révolutionnaire, qui est mécon- tent de ce que le parlement a autorisé la Prusse à conclure, au nom de la confédération, un ar- mistice avec le Danemark, en lutte avec les du- chés de Slesvig et de Holstein; elle est réprimée par des troupes autrichiennes et prussiennes venues de Mayence. — Ouverture de l'assemblée constituante à Vienne (22 juillet). Troubles à Vienne (23 août, 12 sept). — Manifeste du ban de Croatie, Jellachich, contre le gouvernement séparatiste de la Hongrie (6 août). — Nouvelle révolution à Vienne au sujet des affairés de Hon- grie, le 6 octobre. Le ministre de la guerre, comte de Latour, est assassiné. — L'empereur, retiré à Olmutz, investit du commandement su- prême le prince de Windisgratz (16 oct.). — Le ban Jellachich s'oppose à l'entrée des Hongrois en Autriche. Vienne, bombardée depuis le 28, est prise le 31. — Nouveau cabinet sous la prési- dence du prince Félix de Schwartzenberg (21 nov.) . — Première séance de la diète, qui avait été transférée de Vienne à Kremsier, en Moravie (22 nov.). Promesses' constitutionnelles du cabi- net, le 27. — Abdication de l'empereur d'Autriche Ferdinand, et avènement de son neveu François- Joseph, âgé de 18 ans (2 déc). — Commence- ment de te guerre contre la Hongrie, où Kossuth a constitué un ministère le 24 nov. Les opéra- tions sont dirigées par le comte Schlik, le prince de Windisgratz et le ban Jellachich. En Prusse, ouverture d'un congrès démocra- tique à Berlin (26 oct.). — L'assemblée nationale est transférée de Berlin à Brandebourg le 8 no- vembre. — Berlin est mise en état de siège. Dis- solution de l'assemblée constituante et octroi d'une nouvelle constitution par le roi Frédéric- Guillaume. — Le roi de Hollande nomme une commission chargée de rédiger une nouvelle loi fondamentale (17 mars); il sanctionne la nouvelle constitution, le 15 octobre. Mortde Christian VIII, roi de Danemark (28janv.) . Avènement de son fils Frédéric VII. — Rescrit royal pour l'établissement d'une constitution re- présentative, commune au royaume, et aux du- chés de Slesvig et de Holstein. — Révolution en faveur de l'unité des duchés ; gouvernement pro- visoire à Rendsbourg, le 24. Une diète vote, à 74 voix contre 2, la réunion du Slesvig à la con- fédération germanique (3 avril). Les duchés sont appuyés par la Prusse au nom de la diète. — Le Danemark a pour allié le roi de Suéde. — Le gé- néral prussien de Wrangel occupe la ville de Ap. J.-G. Slesvig, le 23; prise de Flensbourg, le 25. Ar- mistice de Malmoé, pour 7 mois, entre le Dane- mark et la confédération germanique (26 août). — Mort du chimiste suédois Berzélius (7 août). Troubles à Madrid (26 mars) ; la ville est mise en état de siège. — Rupture avec l'Angleterre (12 juin). Des troubles ont lieu en Italie dès le com- mencement de l'année , à Pavie, à Padoue (8 février) , à Bergame le 1 5 ; loi martiale pro- clamée à Milan, le 22. — Révolte à Messine (6 janvier), puis à Païenne. Bombardement de cette dernière ville. Les Siciliens rejettent les pro- positions du roi, réclament un parlement natio- nal à Palerme et constituent un gouvernement provisoire. — Révolte à Naples, le 27. Le roi pro- met une constitution sur le modèle de la charte française, le 29. Elle est publiée le 10 (fév.). — En Toscane, émeute à Livourne, le 6 janvier. Le grand-duc accorde une représentation nationale avec deux chambres (11 et 15 fév.). — Octroi d'une constitution en Piémont par le roi Charles- Albert (4 mars). — Constitution parlementaire donnée par le pape à Rome (15 mars). — Insur- rection à Milan, le 18; formation d'un gouverne- ment provisoire à Venise; les Autrichiens se re- tirent de la ville, le 22. — Le duc de Parme et Plaisance est forcé de quitter ses Etats (20 mars) . Le 23, appel du roi de Sardaigne aux Lombards et aux Vénitiens pour la guerre d'indépendance. — Ouverture du parlement insurrectionnel de Palerme (25 mars) . Il prononce la déchéance du roi de Naples et de la dynastie (13 avril). — Gou- vernement provisoire à Modène et à Reggio (9 avril), à Parme, le 11. Commencement de la guerre des Sardes et des Lombards contre l'Autriche. Victoire de Charles- Albert à Pastrengo, près de l'Adige (3 avril) . — Agitation à Rome à cause du refus du pape de faire cause commune avec Charles-Albert contre l'Autriche (1 er mai). Ouverture du parlement des Etats Sardes à Turin, le 6. — Le duché de Plai- sance vote son incorporation au royaume de Sar- daigne, le 10. — Insurrection à Naples; victoire des troupes royales appuyée par les lazzaroni (15 mai). — Marche du maréchal Radetzky de Vérone à Mantoue; défaite des Napolitains sur le Curtatone (29 mai) ; capitulation de Peschiera, le 30. — Résistance des Piémontais à Goito sur le Mincio. — Ouverture de l'assemblée consti- tuante à Rome (3 juin). — Le roi Charles-Albert signe l'acte de réunion de la Lombardie à la Sar- daigne (10 juin). — Les Autrichiens occupent Trévise, Padoue, Palma-Nova (14, 25 juin). — Ouverture du parlement de Naples (1 er juillet). — L'assemblée de Venise vote l'incorporation de Venise à la Sardaigne (4 juillet) . — Le gouverne- ment sicilien, reconnu par la France le 8 juillet, appelle, le 11, le duc de Gênes, fils puîné du roi Charles-Albert, au trône constitutionnel de Sicile. — Occupation de Ferrare par les Autrichiens (14 juillet). — Les Autrichiens, vainqueurs à Custozza (26 juillet), à San-Donato (4 août), ren- trent le 5 à Milan; le duc François V rentre à Modène. — Armistice entre l'Autriche et la Sar- daigne. — Venise se proclame en république, le 10 août; Manin est à la tête du gouvernement — Bombardement de Messine par le roi de Naples (2-7 sept.) . — Soulèvement à Livourne contre le grand-duc (4 oct.) ; le 3 novembre la chambre des députés de Toscane est dissoute. — A Rome, assassinat de M. de Rossi, ministre du pape (15 nov.); le pape se retire dans le royaume de Naples. — En Sardaigne, ministère Gioberti (15 déc). — En Suisse, nouvelle constitution fé- dérale (12 sept.) : une diète composée d'un con- seil national et d'un conseil d'État; un conseil 286 CHRONOLOGIE. — TABLES. Àp.J.-C. fédéral ou pouvoir exécutif; un tribunal fédéral. Ouverture du conseil national à Berne (6 nov.) ; cette ville sera le siège unique de la confédé- ration. En Turquie, disgrâce de l'habile ministre Res- chid-Pacha (27 avril); il redevient grand vizir, le 1 1 août. — Révolution à Bucharest ; chute du prince Bibesco (23 juin). — Intervention de la Russie et de la Porte. Maladie de Mehemet-Ali ; son fils Ibrahim-Pa- cha est investi de la vice-royauté d'Egypte, et nommé vizir (1 er sept.). Mort d'Ibrahim (10 nov.). Il est remplacé par son neveu, Abbas-Pacha, le 25. Fin de la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique (2 fév.). Le Rio-Grande del Norte servira de limite aux deux Etats, depuis son embouchure jusqu'à la frontière méridionale du Nouveau- Mexique qui est cédé aux États-Unis, ainsi que la la Nouvelle -Californie. — Élection du général Taylor à la présidence des États-Unis. — Décou- verte, par un ingénieur américain, en Californie, de mines d'or, le long des fleuves, surtout du Sacramento et du San-Joaquin. 1849. En France, réduction de l'impôt du sel (l er janv.). — Loi électorale qui réglemente le suffrage universel (15 mars). — Condamnation per la haute cour de Bourges de Barbes, Blanqui, Sobrier, Raspail, impliqués dans l'attentat du 15 mai 1848 contre l'Assemblée (2 avril). — Envoi d'un corps d'armée sous le général Oudinot contre la république romaine (22 avril) . — Fin de l'As- semblée constituante (26 mai). Installation de l'Assemblée législative, le 28; M. Dupin, l'aîné, est nommé président, le 1 er juin. — | Ravages exercés par le choléra; mort du maréchal Bu- geaud (10 juin) . — Violents débats dans l'Assem- blée au sujet de l'expédition de Rome; tentative d'insurrection du 1 3 juin à Paris, vigoureusement réprimée par le général Changarnier; insurrec- tion sanglante à Lyon, le 15. — Prise de Rome par les généraux Oudinot et Vaillant (3 juillet) . — En Algérie, prise de Zaatcha (province d'Oran) ; après un siège de 51 jours. — Le capitaine Minié propose une balle oblongue et à culot pour les carabines rayées, qui donne de la précision au tir à longue portée. Guerre soutenue par les Anglais contre les Af- ghans et contre les Indiens de Lahore ou Sikhs. Prise de Moltan, à l'E. du Sind, sur le Tchénab. Incorporation du Pendjab à l'empire anglais (29 mars). — D. Brewster d'Edimbourg invente le stéréoscope à réfraction devenu populaire; il le fera exécuter à Paris en 1850. — Robert Ste- phenson exécute un chemin de fer suspendu, qui traverse le détroit de Menai et joint l'île d'Angle- sey à la terre ferme de Carnavon; le pont-tunnel est terminé le 20 juin. Le parlement de Francfort confère l'empire au roi de Prusse (28 mars) ; Frédéric-Guillaume IV refuse après hésitation, le 20 avril ; la séance de la chambre de Berlin, où le président du conseil fit connaître aux députés la résolution du roi de Prusse, fut marquée par un discours de M. de Bis- mark-Schœnhausen, député de la Marche de Bran- debourg, dans lequel, après avoir félicité le roi de sa résolution, il s'éleva avec force contre les pré- tentions de l'Allemagne sur les pays de l'Eider. Il déplora « que les troupes royales prussiennes fus- sent allées combattre dans le Slesvig contre le souverain légitime de ce pays, le roi de Dane- mark. » Il affirma qu'on faisait à ce roi « une vé- ritable querelle d'Allemand, » et n'hésita pas à déclarer que la guerre provoquée dans les duchés de l'Elbe était « une entreprise éminemment INIQUE, FRIVOLE, DÉSASTREUSE ET RÉVOLUTION- NAIRE.... » — La plupart des gouvernements alle- Ap. j.-c. mands refusant de reconnaître la constitution ex les lois fondamentales faites à Francfort, le parti révolutionnaire essaye sur plusieurs points d'or- ganiser des insurrections. Émeute à Dresde, le 3 mai. Elle est comprimée par des troupes prus- siennes venues au secours du roi de Saxe. — In- surrection dans le grand-duché de Bade; le grand-duc ne triomphe que par l'intervention des troupes prussiennes (1 1 mai) . — Traité des trois rois de Prusse de Saxe et de Hanovre (26 mai) pour la réorganisation provisoire de l'Allemagne, suivi, le 28 mars, delà publication d'un projet de consti- tution fédérale. — Convention entre la Prusse et l'Autriche pour l'institution d'une commission provisoire centrale à Francfort (30 sept.) . — La Prusse fait fixer au 31 janvier, parle conseil d'ad- ministration fédéral siégeant à Berlin, les élec- tions du parlement allemand, et décide qu'il se , réunira à Erfurt, ville prussienne (17 nov.). Pro- testation du Hanovre, de la Saxe, de l'Autriche et de la Russie; mais 27 gouvernements allemands ont adhéré au traité du 26 mai. Réouverture de la diète autrichienne transportée de Vienne à Kremsier (3 janvier). — Dissolution de la diète de Kremsier et octroi d'une constitu- tion en Autriche, qui promet le respect des di- verses nationalités, tout en les réunissant par les liens d'une forte centralisation (4 mars). — Succès des Hongrois commandés par Goergey et par Bem, réfugié polonais. La diète magyare proclame l'in- dépendance de la Hongrie et la déchéance de la maison de Hapsbourg ; Kossuth est président pro- visoire (14 avril). — La Russie met plus de cent mille hommes au service de l'Autriche pour la ré- pression de l'insurrection hongroise (mai). — Le gouvernement magyar est transféré de Pesth à Szegedin (2 juillet). — Kossuth remet les pouvoirs, le 11 août, à Georgey, qui, 3 jours après, capitule devant les Russes, près d'Arad, à Vilagos; le gé- néral Klapka, commandant de Comorn, refuse de l'imiter. Bem, Dembinski, Preczel, Kossuth se réfugient sur le territoire ottoman. — Reddition de Comorn (27 sept.) ; fin de la guerre de Hon- grie. Continuation de la guerre de Danemark. Vic- toire des Danois près de Fridericia sur les Prus- siens (6 juillet) . — Armistice pour 6 mois entre la Prusse et le Danemark, sous la médiation de l'Angleterre (10 juillet) ; protestation des Etats du Slesvig, le 19. — Adoption delà constitution da- noise, le 25 mai ; le roi la sanctionne le 5 juin. • Ouverture de la constituante romaine^ (5 fév.). — Départ de Florence du grand-duc Léopold II (7 fév.) ; gouvernement provisoire, le 8. — Pro- clamation de la république à Rome par l'assem- blée constituante, le 9. — Proclamation de la république à Florence, le 18. — Renouvellement des hostilités entre l'Autriche et le Piémont (12 mars) . — Victoire de Radetzki sur Charles- Albert, à Novare (23 mars). — Abdication de Charles-Albert en faveur de l'aîné de ses fils, Victor-Emmanuel, qui conclut aussitôt un armis- tice. — Insurrection de Gênes (30 mars-4 avril). — Rétablissement du gouvernement de Parme au nom du duc Charles III (6 avril), de celui du grand-duc à Florence, le 12. — Dissolution et ajournement indéfini des chambres napolitaines (12 mars). — Succès des Napolitains en Sicile (avril) . — Débarquement à Civita-Vecchia du gé- néral Oudinot (25 avril). Siège et prise de Rome par les Français (3 juin- 3 juillet). — Fin du triumvirat révolutionnaire de Mazzini, de Gari- baldi, d'Avezzana; dissolution de l'assemblée constituante. Restauration de la souveraineté pon- tificale. — Traité de paix du Piémont avec l'Au- triche (6 acil). — Soumission de Venise à l'Au- triche (22 août) . — Pie IX promet, par un motu TEMPS MODERNES. 287 4p. J.-C proprio. un conseil d'Etat avec voix consultative, une représentation municipale, des réformes ju- diciaires et administratives (12 septembre). En Espagne, lutte de Caprera contre les troupes royales, en Catalogne (7 janv.). 11 est arrêté à la frontière de France (23 avril). Après une crise ministérielle de 3 jours, le cabinet Narvaez est rétabli (21 oct.). Mort de Guillaume, roi de Hollande (17 mars); son fils Guillaume III lui succède. — Ministère Thorbecke (oct.). Convention de Balta-Liman entre la Turquie et la Russie au sujet des principautés danubiennes (30 avril). — La Porte nomme bospodar de Vala- chie Stirbey, et hospodar de Moldavie le prince Gr. Ghika. — L'Autriche et la Russie demandent à la Porte l'extradition des réfugiés hongrois et polonais (1.7 sept.). Intervention officieuse de l'Angleterre et de la France. La Russie se borne à demander l'internement (31 déc). A Buenos-Ayres, Rosas, après une feinte abdi- cation, se fait donner par les représentants du peuple tout le pouvoir exécutif. — Traité con- clu, le 24 novembre, entre l'Angleterre et la ré- publique argentine. 1850. En France, adoption de la loi organique sur l'enseignement (15 mars) : chaque département a une académie; part faite au clergé et à l'ensei- gnement libre. — A la suite d'élections partielles à Paris, favorables au parti socialiste, la majorité de l'Assemblée vote une loi qui restreint le suffrage universel (31 mai) . — Loi sur la presse : obligation du timbre et de la signature des articles politiques (16 juillet). — Voyage du président dans les dé- partements de l'Est et de la Normandie. — Ques- tion de la révision de la constitution . — Mort du roi Louis-Philippe, à 77 ans, au château de Clare- mont, eu Angleterre (26 août). — Mort du phy- sicien Gay-Lussac (9 mai) ; du romancier Balzac (août). Réclamations exercées par le ministre des af- faires étrangères, lord Palmerston, contre le gou- vernement grec pour des motifs secondaires; arri- vée d'une flotte anglaise au Pirée, le 15 janvier; la Grèce cède à l'ultimatum de l'Angleterre (26 avr.) . — Rappel de l'ambassadeur français de Londres (14 mai). — Solution du différend entre la France et l'Angleterre au sujet de la Grèce (20 juin). — Mort de sir Robert Peel (2 juillet). — Un édit de Pie IX rétablit la hiérarchie politique en Angle- terre : un métropolitain, le cardinal de "West- minster, M. Wiseman, et 12 évêques ; agitation causée en Angleterre par cet édit. — Établisse- ment d'un télégraphe sous-marin, essayé de Calais à Douvres (29 août). — On commence à cons- truire le Palais de Cristal destiné à l'exposition universelle de l'industrie qui doit avoir lieu à Londres. Réformes intérieures en Autriche. Publication successive des constitutions provinciales décré- tées en déc. 1849 (janv.-février). — Promulgation de la constitution prussienne (1 er février). — Convocation du parlement d'Erfurt au nom des États allemands qui font partie de Y Union res- treinte (13 février). — Traité de Munich entre la Bavière, la Saxe et le "Wurtemberg pour la re- constitution fédérale de l'Allemagne (27 février) . — Ouverture du parlement d'Erfurt (20 mars). Hésitation du roi de Prusse, qui n'ose pas se dé- clarer ouvertement contre l'Autriche. Adoption de la constitution allemande du 28 mai 1 849, par la chambre du peuple à Erfurt (13 avril). Clôture de la session le 29; le collège des princes de cette diète d'empire se réunira à Berlin pour représen- ter Y Union restreinte. — Conduite énergique de l'Autriche qui redoute les progrès de l'influence prussienne en Allemagne. Appel adressé par le Ap. J.-C. prince de Schwartzenberg à tous les Etats alle- mands pour reconstituer la diète de 1815 à Franc- fort (26 avril). — Ouverture à Berlin du congrès des princes alliés de la Prusse, représentant vingt Etats secondaires (10 mai). Le même jour, ouverture de l'ancienne diète germanique de- Francfort par le plénipotentiaire de l'Autriche le comte de Thun. — Conférences de Varsovie sur les affaires d'Allemagne entre l'empereur de Rus- sie , le ministre Schwartzenberg et les princes de Prusse (27 mai) . — L'assemblée de Francfort pro- clame le retour au conseil fédéral restreint des 17 , selon le mode de 1815 (15 juillet); ce conseil est convoqué par l'Autriche à Francfort pour le réta- blissement de la diète fédérale (10 juillet et 14 août). — La Prusse refuse d'envoyer des députés à Francfort (25 août). — Installation du conseil restreint de Francfort (2 sept.) — Ordonnances inconstitutionnelles de l'électeur de Hesse (4 et 7 sept.) ; il est appuyé par le conseil restreint de Francfort; protestation de la Prusse au nom du congrès des princes de Berlin; rupture imminente entre la Prusse et l'Autriche. M. de Radowitz entre en exercice comme ministre des affaires étrangères en Prusse (27 sept.) . — Conférence de Brégenz entre l'empereur d'Autriche, les rois de Bavière et de "Wurtemberg, au sujet des affaires de Hesse (12 oct.). — Nouvelles conférences à Varsovie; visite de l'empereur d'Autriche, du prince Charles de Prusse et du comte de Bran- denbourg à l'empereur de Russie (25 oct.). — Re- traite de M. de Radowitz; changement de politi- tique dans le cabinet prussien (3 novembre). — Nouveau changement de politique en Prusse : mobilisation de l'armée et de la landwehr (6 no- vembre). — Conférences de M. de Manteuffel, principal ministre de Prusse, et de M. de Schwart- zenberg à Olmutz pour la pacification de l'Alle- magne (29 nov.) : la Prusse et la diète de Franc- fort agiront en commun dans les questions de Hesse et de Holstein ; des conférences libres de plénipotentiaires de tous les Etats allemands s'ou- vriront à Dresde pour délibérer sur la question fédérale. Ouverture des conférences de Dresde (23 déc); elles dureront jusqu'au 23 février 1851. — Dans tous les États allemands, mesures rigou- reuses ayant pour objet la restauration de l'auto- rité monarchique, — Congrès universel des amis de la paix, à Francfort sur le Mein (22 août). Continuation des difficultés entre le Danemark et les duchés. Pénibles négociations à Berlin à ce sujet, sous la médiation de l'Angleterre. — Pro- tocole de Londres (4 juillet). — Bataille d'Idstedt entre les Danois et les insurgés du Holstein; dé- faite des insurgés (25 juillet). — Le protocole de Londres est signé par la France, la Russie, l'An- gleterre, la Suède, le Danemark (2 août) ; par l'Autriche le 23; la Prusse, qui est toujours favo- rable aux insurgés, s'abstient. — Les insurgés des duchés recommencent les hostilités; succès des Danois. M. de Radowitz, ministre de Prusse, invite enfin la diète de Kiel à faire la paix avec le roi de Danemark (23 oct.). Les chambres de Turin adoptent le traité de Milan conclu avec l'Autriche le 6 août 1849 (9-18 janvier) . — Adoption de la loi Siccardi, qui abo- lit les juridictions ecclésiastiques en matière ci- vile et criminelle (9 avril) ; protestation du cardinal Antonelli, secrétaire d'Etat du Saint-Siège. — Arrestation de l'archevêque de Turin, Franzoni, qui avait défendu au clergé d'obéir à cette loi (4 mai). Entrée au ministère du comte de Ca- vour (oct.). — En Toscane, le grand-duc suspend le statut constitutionnel, dissout l'assemblée des députés et supprime la liberté de la presse (21 sept.) . — Rentrée du pape à Rome (!2 avril). Exécution d'une partie des promesses du motu propio. Utiles 288 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. mesures financières prises pour éteindre le pa- pier-monnaie, créé par le gouvernement républi- cain. — La Suisse, où viennent se réfugier les démocrates vaincus en Allemagne, est menacée d'une occupation militaire par la Prusse et l'Au- triche. Les réfugiés seront internés. Arrangement qui consacre l'indépendance de l'Eglise hellénique vis-à-vis du patriarche de C. P. Réconciliation de l'Espagne avec l'Angleterre (30 mars, 23 avril). — Tentative, sans succès, d'aventuriers américains, partis de la Nouvelle- Orléans sous la conduite du général Lopez, con- tre l'île de Cuba (18 mai). Convention entre les Etats-Unis et l'Angleterre pour la construction d'un canal à travers l'isthme de Panama (19 avril). — Mort du président Taylor (9 juillet); le vice-président, Fillmore, lui succède. — M. Clay demande que l'esclavage ne puisse s'établir dans les Etats où il n'existait pas encore; cette proposition est rejetée par le sénat. — L'élève des esclaves [negro-breeding) prend un très-grand développement : elle devient une des principales industries de la Virginie et des deux Carolines. — Dans l'intérêt des Etats à esclaves, un bill or- donne l'extradition des esclaves fugitifs, qui se re- tirent dans les Etats sans esclaves (13 sept.). — Agi- tation des abolitionistes dans le Nord. — Au l cv juin 1850, population : 23 246301 âmes, 6 millions de plus qu'en 1840; accroissement plus rapide dans les Etats libres que dans les Etats à esclaves. — Election du général Arista à la présidence du Mexique. 1851. En France, conflit entre le parti conservateur et la présidence. Modification du cabinet. Le com- mandement en chef de l'armée de Paris est retiré au général Changarnier (10 janvier). — Ministère provisoire. — L'Assemblée refuse de voter un cré- dit de 1 800 000 francs comme supplément au traitement du président de la République (10 fé- vrier). — Rapprochement entre le président et l'Assemblée. Formation d'un nouveau ministère : MM. Baroche, Rouher, Fould, Magne, Léon Fau- cher, Buffet, de Chasseloup-Laubat, de Crou- seilhes et le général Randon (10 avril) . — Péti- tions diverses pour la révision totale, pour la ré- vision partielle, et la prorogation de la présidence, — La lutte recommence entre les deux grands pouvoirs de l'Etat. — Discours du président de la République à Dijon, à Poitiers et à Beauvais. — Débats sur la révision. Rejet. Nomination de la commission de permanence. L'Assemblée se pro- roge du 10 août au 4 nov. — Pendant les va- cances de l'Assemblée, vœux de révision, émis par 80 conseils généraux. — Agitation contre la loi du 31 mai, — Chute du ministère (14 oct.). Mi- nistère du 26 oct. : MM. Casabianca, Lacrosse, Fortoul, Ch. Giraud, Thorigny, Daviel, général Saint- Arnaud, le comte Turgot, Lefebre-Duruflé ; M. de Maupas, préfet de police. — Réouverture de l'Assemblée (4 nov.). Message du président. Il propose l'abrogation de la loi du 31 mai. Projet ministériel de loi électorale sur les bases de l'abro- gation. Il est rejeté par l'Assemblée. — Rejet d'une proposition des questeurs pour déterminer le droit de réquisition directe de troupes que la constitu- tion donne au président de l'Assemblée (17 nov.). Journée du 2 décembre. Dans la nuit du I e au 2, arrestation d'un grand nombre de représen- tants. Décret porté par le président au nom du peuple français, qui déclarait l'Assemblée natio- nale dissoute, le suffrage universel rétabli et la loi du 31 mai abrogée. Proclamations du président au peuple et à l'armée. Ministère : MM. de Morny, général de Saint-Arnaud, Fould, Rouher, Magne, Casabianca, Fortoul, Turgot, Th. Ducos. — Réu- nion de 220 représentants à la mairie du X e ar- rondissement. — Décrets de cette réunion. — Em- Ap.J.-C. prisonnement des représentants (2 déc). — Résistance armée du 3 au 5, dans plusieurs quartiers de Paris, où commande depuis le 17 juillet le général Magnan; arrêté du général Saint-Arnaud portant que « tout individu pris construisant ou défendant une barricade ou les armes à la main serait fusillé. » Troubles graves dans plusieurs départements. L'insurrection est partout vaincue. — Vote sur le plébiscite du 2 déc. (20 et 21 déc.) : sept millions cinq cent mille suffrages donnent au prince Louis-Napoléon, élu président pour 10 ans, tous les pouvoirs pour faire une constitution. — Mort des maréchaux Dode de La Brunerie, Sébastiani (20 juillet), Soult (26 nov.). Mort de la duchesse d'Angoulême, à Froshdorf, à 73 ans (19 oct.). Exposition universelle de l'industrie, à Londres, dans le Palais de Cristal, élevé à Hyde-Park (du 1 er mai au 11 oct.). — Retraite du ministre des affaires étrangères, lord Palmerston, qui parais- sait trop favorable aux réfugiés républicains (22 déc.) . — Lutte pénible soutenue par le gou- verneur sir Harry Smith contre les Cafres. — Dé- couverte de gisements d'or en Australie. — Première communication sous-marine entre l'An- gleterre et la France par le télégraphe électrique, dont le fil est tendu de Douvres à Calais (29 sept.). Mort de l'historien Lingard (18 juillet). En Allemagne, question fédérale. Conférences de Dresde (déc. 1850 au 15 mai). L'Autriche in- sistant pour l'incorporation de ses provinces non allemandes dans la confédération, la Prusse pré- fère le rétablissement pur et simple de la diète de Francfort. — Décisions de la diète restaurée (23 août) : répression de la liberté de la presse recommandée à tous les gouvernements ; abroga- tion des droits fondamentaux proclamés par le parlement de Francfort. La Prusse retire de la •confédération ses provinces de Prusse et de Posen, incorporées en 1848. — Inauguration à Berlin de la statue de Frédéric le Grand (31 mai). — Traité de la Prusse, au nom du Zollverein, avec le Ha- novre, l'Oldenbourg et Brème. En Autriche, abolition de la constitution du 4 mars 1849. — Kossuth s'embarque pour les Etats-Unis (20 nov.). — Convocation à Vienne, pour le 2 janvier 1852, d'une conférence doua- nière de tous les gouvernements, afin de délibérer sur une union austro-allemande; inquiétude de la Prusse (déc). — En Bavière, égalité civile ac- cordée aux juifs par une loi (29 juin). — Dans la plupart des petits Etats allemands, prédominance des mesures antilibérales. Fin des hostilités entre le Danemark et les du- chés. Plusieurs crises ministérielles au sujet des rapports nouveaux des duchés avec la monarchie et de la question de succession au trône. En Espagne, retraite du cabinet Narvaez (11 janv.). Ministère Bravo -Murillo. Vote du rè- glement de la dette étrangère (juin-août) . Loi du règlement de la dfctte publique (1 er août). — Nou- velle tentative du général Lopez contre Cuba (août). Il est pris et pendu à la Havane (I e sept.). En Portugal, insurrection militaire dirigée par le maréchal Saldanha avec le comte des Antas et plusieurs chefs septembristes, contre le ministre Cabrai, comte de Thomar (8 avril). Saldanha est fait président du conseil avec les portefeuilles de la guerre et de l'intérieur, et le commandement en chef de l'armée. Convocation de nouvelles cortès à l'effet de modifier la constitution. — Décret électoral très-démocratique (20 juin). Ou- verture des Cortès (15 déc). Débat diplomatique entre la Turquie et la France, au sujet de la possession des lieux saints, que les Grecs réclament pour leur culte avec la protec- tion de la Russie. — Démêlé avec l'Egypte à TEMPS MODERNES. 289 Ap. J.-C. cause du tanzimat ; c. à d. de l'exercice du droit de vie et de mort. — Tracé définitivement ar- rêté pour le chemin de fer d'Alexandrie au Caire, que construiront des Anglais. Dans la Plata, révolte, contre le président Ro- sas, du général Urquiza, gouverneur d'Entre-Rios. Aidé de quinze mille Brésiliens, il marche contre la Banda orientale pour renverser Oribe, qui con- tinue d'assiéger Montevideo. Capitulation d'Oribe; Urquiza à Montevideo (8 oct.) . Il passe le Parana pour attaquer Rosas (déc.) . Court différend des Etats-Unis avec l'Espagne au sujet de l'attaque dirigée par Lopez contre Cuba août-sept.). — Mort du célèbre romancier Feni- rnore Cooper. — Triste situation du Mexique sous la présidence d'Arista. Guerre civile. Pénurie du trésor. Le président, ne pouvant payer la dette anglaise, propose au sénat de traiter avec l'An- gleterre de la concession d'un passage par l'isthme de Tehuantepec, que sollicitaient dans le même temps les Etats-Unis. 1852. Te Deum à l'occasion du vote du 20 déc. Rétablissement de l'aigle de Napoléon (1 er janv.). — Décrets de transportation, d'expulsion défini- tive, ou de bannissement temporaire contre 73 ex-représentants (9 janv.). — Décrets de disso- lution et de réorganisation de toutes les gardes nationales, le 11. — Constitution du 14 janvier. — Création d'un ministère de la police et d'un ministère d'Etat (22 janvier). Même jour, confis- cation des biens de la maison d'Orléans. — Décret pour l'élection des députés au Corps législatif (2 février). Les collèges sont convoqués pour le 29. Les candidats du gouvernement sont tous nom- més, à l'exception de 5. — Le sénat et les députés sont convoqués, le 6 mars, pour le 29. — Con- cession à l'industrie privée des chemins de fer de Lyon à Avignon, de Paris à Lyon (3 et 5 janvier) . — Décret relatif à l'organisation du Crédit fon- cier, au moyen de sociétés autorisées, le 28. — Conversion de la rente cinq pour cent en quatre et demi (15 mars-5 avril). — Décret pour l'achè- vement du Louvre (18 mars). — Ouverture de la session par le président, aux Tuileries (29 mars). — Travaux du Corps législatif, du 29 mars au 28 juin; il vote 82 projets de loi. — Réformes malheureuses accomplies dans les études par M. Fortoul, ministre de l'instruction publique; abaissement de l'enseignement de l'histoire et de la philosophie; ces réformes serontdétruites par ses successeurs (avril-août). — A Paris, au champ de Mars, cérémonie de la distribution des aigles à l'armée (10 mai). — Pose de la première pierre pour l'achèvement du Louvre (25 juillet) . — Con- cession à une compagnie du chemin de fer à con- struire de Bordeaux à Cette, avec embranche- ments sur Bayonne et sur Perpignan (22 août) . — Ratification d'une convention de commerce avec la Belgique, qui consacre la garantie réci- proque de la propriété littéraire (10 décembre). — Voyage du président dans le midi par Bourges, Lyon, Bordeaux, Tours, du 14 sept, au 16 oct. Passant par Amboise, il rend la liberté à Abd-el- Kader, qui devra séjourner à Brousse, en Asie. — Rentrée triomphale à Paris. — Projet de séna- tus-consulte relatif à l'empire (4 nov.) . Le séna- tus-consulte estprésenté auprésidentà Saint-Cloud (7 nov.) . Votes du peuple, recensés par le Corps législatif, le 20 et le 21 : 7 839552 oui; 254 501 non; 63 609 bulletins annulés; 2062 798 absten- tions. La déclaration du Corps législatif est portée au président le 1"' déc. Le 2, Napoléon III est proclamé empereur par la grâce de Dieu et la vo- lonté nationale. — Sociétéde Crédit mobilier, auto- risée (nov.); du Crédit foncier (10 déc). — La rue de Rivoli est ouverte jusqu'à l'Hôtel de ville (14 déc). — Le chérif d'Ourgla est forcé dans La- Ap. J.-C. ghouat, ville des oasis, à 120 lieues au sud d'Alger, qui est emportée d'assaut (4 déc). — Mort du ma- réchal Marmont à Venise (mars) . — Mort des ma- réchaux Gérard (17 avril), Exelmans (juillet); des savants Walckenaër (27 avril) et E- Bumoui' (28 mai); du sculpteur Pradier (5 juin).— Fouilles heureuses exécutées au pied de l'Acropole, par M. Beulé, membre de l'école française d'Athènes. Projet de loi du ministre John Russel pour l'or- ganisation d'un corps de cent vingt mille hommes de milice locale (16 fév.). Amendement proposé par lord Palmerston, qui avait quitté le ministère le 24 déc. 1851, pour rendre le service de la mi- lice général, c'est-à-dire pour que les miliciens puissent être employés sur tout le territoire du royaume-uni; cet amendementobtient une majorité de onze voix. — Chute de John Russel. Avènement des tories avec le comte Derby, M. d'Israëli et le comte de Malmesbury. — Vote du bill de la mi- lice comme l'avait proposé Palmerston (avril). — Mort de Wellington à 83 ans (15 sept.) — Ouver- ture du parlement le 4 novembre. Il se prononce contre le ministère à l'occasion du budget. Nou- veau cabinet où entrent Palmerston, lord Gran- ville, Gladstone, le marquis de Lansdowne (déc). — Continuation de la guerre avec les Cafres sous le major général Ca.thcart (mars). — Guerre heu- reuse contre les Birmans ; conquête de Rangoun et d'Artaban, prise de Prome (avril-oct.). — Pre- mier télégraphe sous- marin entre Holy-Head, île voisine d'Anglesey, et Kingstown, près de Dublin (juin). — Télégraphe électrique de Cal- cutta à Kidgeri. — Mort du poète Thomas Moore (26 fév.). La diète germanique renonce à la flotte fédé- rale, créée en 1848. — Ouverture, le 5 janvier, à Vienne, d'un congrès, afin de prépareras bases d'un traité de douanes qui sera soumis à tous les États allemands; il est clos le 10 avril; protocole final le 22. La Prusse n'y a pas été représentée. — Ouverture à Berlin du congrès du Zcllverein, le 19 avril, sans plénipotentiaire autrichien. La Prusse refuse le 7 juin d'accéder aux propositions des adhérents de l'Autriche, qui forment la coa- lition dite de Darmstadt. — Déclaration des Etals de la coalition, le 10 juillet; déclaration prus- sienne le 20; nouvelles négociations entre les coa- lisés et la Prusse. Une conférence douanière de la coalition à Munich (17 sept.) juge les propo- sitions prussiennes insuffisantes. — Rupture des conférences douanières de Berlin (28 sept.). Nou- velle conférence des coalisés à Vienne (30 oct.). En Autriche , décrets destinés à remplacer dé- finitivement la constitution du 4-mars 1849, si- gnés le 31 déc 1851, publiés le I e1 ' janvier. — Mort du prince de Schwartzenberg, à 52 ans (5 avril) ; plus de ministre-président; l'empereur se réserve la haute direction des affaires; M. de Buol-Schauenstein a les affaires étrangères En Prusse, débats législatifs sur la révision de la constitution du 5 janv. au 28 avril, principa- lement sur la division en ordres, les fiefs 'et les fidéi-commis dont le rétablissement est demandé et sur la composition de la première chambre, que le roi voudrait transformer en pairie hérédi- ditaire. — Nouvelles élections parlementaires, Ouverture des chambres (29 nov.). Projet de loi relatif à la première chambre (7 déc); proposition de ne convoquer les chambres que tous les six ans et pour deux ans, d'abolir l'ordonnance com- munale, et de revenir aux vieilles coutumes com- munales des provinces. — Dans les petits Etats allemands, on s'attache à faire disparaître les dernières traces des mouvements de 1848. Pénibles négociations commerciales delà Belgi- que avec la France. Démission ducaDinet(29sept.). —Formation d'un cabinet libéral modéré, le 31 oc 19 290 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. tobre, par M. Henri de Brouckère. —Vifs débats au sujet d'un projet de loi sur la presse, pour réprimer les offenses envers la personne ou l'au- torité des souverains étrangers, réclamé par le gouvernement français (nov.-déc.i; le projet est adopté dans les deux chambres; reprise des négo- ciations commerciales qui deviennent alors plus faciles avec la France; le 31 déc eut lieu l'échange des ratifications des deux conventions commer- ciale et littéraire du 22 août 1852. Elles doivent être suivies d'un traité de commercedéfinitif entre les deux pays. En Danemark, ordonnance royale du 28 janvier conforme aux vues de la Prusse et de l'Autriche; le Slesvig et le Holstein resteront étrangers à la constitution parlementaire de la monarchie; ils n'auront que des états provinciaux distincts et des ministres spéciaux, responsables seulement envers le roi; suppression de la ligne douanière sur l'Eider. Vaine protestation dans les deux chambres du Danemark qui voyaient avec douleur le triomphe du germanisme. — Conférence de Londres entre l'Angleterre, la France, la Russie, la Prusse et l'Autriche, pour régler la succession au trône (28 avril); désignation de Christian de Slesvig-Holstem-Glucksbourg et des héritiers mâles légitimes de sa femme actuelle, princesse de Cas- sel, petite-fille du roi Frédéric VI (8 mai); le prin- cipe d'intégrité de la monarchie est reconnu comme permanent. Echange des ratifications le 19 juin. La diète germanique adhère à l'ordon- nance du 28 janvier (29 juillet). Attentat contre la reine d'Espagne; elle est blessée (2 fév.); exécution de l'assassin le 7. — Loi très-sévère sur la presse (5 avril) . — Les étrangers ne pourront professer en Espagne que la religion catholique (25 nov.). — Ouverture des cortès le 1 er déc. ; elles sont dissoutes le lende- main, à cause du choix d'un président constitu- tionnel par les députés, M. Martinez de la Rosa. — Publication d'un projet de constitution, qui ne pourra être discuté par la presse ; du budget pour 1853; rétablissement des majorats pour les grands d'Espagne. — Eloignement du général Narvaez, qui est chargé d'aller à Vienne faire des recherches sur l'état militaire de l'Autriche (9déc.).— Chute du cabinet Rravo-Murillo (14.de.c-.). Nouveau cabinet sous le général Roncali comme président du conseil et ministre des affaires étran- gères, et M. Llorente à l'intérieur; il promet de soumettre aux Cortès la révision de la constitution. En Portugal, les cortès, quelque temps sus- pendues, votent enfin l'acte additionnel de la charte constitutionnelle; le prince royal prête ser- ment à la constitution (8 juillet). Dissolution du Parlement; publication par ordonnance royale du budget des receites et des dépenses pour 1852-53. — Nouvelle loi électorale. Les ministériels unis aux septembristes l'emportent dans les élections (déc). Heureuse administration de la Sicile sous le général Filangieri depuis 1849. — Troubles en Sardaigne, à Sassari ; état de siège (fév.-mars). — M. Ratazzi, candidat deslibérauxavancés,est élu président de la chambre des députés de Turin (12 mai) . — Vote de la loi -relative au contrat ci- vil de mariage par la chambre des députés (5 juillet) . — Formation d'un cabinet sous la prési- dence du comte Cavour. — Encyclique de prélats contre la loi sur le mariage civil. Ce projet, mal accueilli au sénat, est retiré le 21 déc. — En Toscane, abolition du statut fondamental et de la garde civique (6 mai). — A Rome, première con- vocation de la consulte d'État (19 nov.). — En Suisse, difficultés avec la Prusse, qui revendique la souveraineté du canton de Neufchâtel. Obligation imposée par le czar aux fils de pro- Ap. J.-C. priétaires nobles, dans les gouvernements de la Li- thuanie jadis polonaise, de prendre du service dès l'âge de 18 ans (mai) . Entrevues du czar avec l'em- pereur d'Autriche à Vienne ; avec le roi de Prusse, son beau-frère, à Potsdam (mai) . Mort du 'prince de Leuchtenlierg, gendre du czar (5 nov'.). En Turquie, solution de la question des Lieux saints engagée avec la France (janv.), et de l'af- faire du tanzimat avec le vice-roi d'Egypte au sujet de l'exécution 'des sentences capitales. — Embarras financiers : on a recours pour la pre- mière fois au crédit européen, sous le nom de la banque de C. P., pour obtenir 50 millions des places de France et d'Angleterre, mais l'opposition du vieux parti turc fait annuler lemarché (16oct.). — Soulèvement des Monténégrins; refus de l'im- pôt en Herzégovine; Omer-Pacha s'avance avec 25000 hommes vers Albanie. Expédition envoyée par les Etats-Unis contre leJapon (28 nov.). — Publication del'Oncle Tom, roman contre l'esclavage, par Mme Henriette Beecher Stowe. — Victoire décisive d'Urquiza sur Rosas, qui se retire en Europe. — Conférences de San-Nicolas-de-los-Arrayos, sur la frontière du nord de Buenos-Ayres, entre les gouverneurs des 13 provinces de la république argentine (mai) : Urquiza est nommé gouverneur provisoire en at- tendant la réunion en août d'un congrès général qui posera les bases d'une constitution fédérative. — Opposition à Buenos-Ayres. — Au Brésil, sup- pression complète de la traite des noirs. 1853. Mariage de l'empereur Napoléon III avec Mlle Eugénie Mcntijo, comtesse de Teba,. fille d'un général grand d'Espagne (30 janvier). — Session du 14 février au 28 mai. — Suppression du ministère spécial de la police (21 juin). — Ligne de fer complète entre Paris et Bordeaux (juillet). — Achèvement des travaux de la digue de Cherbourg, commencés depuis 70 ans (dé- cembre). — Prise de possession de la Nouvelle- Calédonie, enOcéanie (24 sept.). — Mort d'Adrien de Jussieu (29 juin), de Fr. Arago (2 oct.). Fin de la guerre des Anglais contre les Cafres (février). — Continuation de la guerre contre les Birmans, qui ne veulent pas reconnaître l'an- nexion de la province de Pégu au territoire an- glais. — Ouverture à Bombay du premier che- min de fer de l'Inde (16 avril). Traité de commerce , de navigation , des douanes, des monnaies pour 12 années entre la Prusse et l'Autriche (janvier-février); adhésion de. états du Zollverein. — Mise en vigueur du traité conclu entre l'association du Steuervereiri et les états du Zollverein (5 avril) ; sanction lé- gislative donnée, en Prusse, à ces traités et mo- difications de tarifs (9 avril). — Consentement des chambres prussiennes à la nomination, par le roi, des membres héréditaires ou à vie de la première chambre. Tentative d'insurrection à Milan (6 février). Mesure; rigoureuses prises par l'Autriche. Le sé- questre est mis sur les biens de tous les sujets lombardo-vénitiens émigrés depuis 1848 et même depuis 1820 (13 février). — Efforts du Piémont, qui est secondé par l'Angleterre, pour empêcher l'exécution de ce décret. — Condamnations et exécutions militaires en Hongrie et en Lom- bardie. — Vote à Turin, sur la proposition du roi, d'un prêt à faire aux émigrés lombards na- turalisés sardes, dont l'Autriche a séquestré les biens (12 mai). — Rupture des relations diplo- matiques de l'Autriche avec la Suisse (21 mai). — — L'usage de l'allemand est imposé dans les col- lèges de l'Etat, en Hongrie (nov.). Dans le grand-duché de l'ade, lutte du gouver- vernement contre l'archevêque catholique de Fri- bourg, au sujet de l'expulsion des jésuites, et TEMPS MODERNES. 291 Ap.J.-G. d'un droit de contrôle exercé par le grand-duc depuis 1803. — Mort, à Berlin, du géologue Léo- pold de Buch (4 mars) . En Danemark, le Volksthingrejette la translation de la barrière des douanes de l'Eider à l'Elbe (13 janvier). Dissolution de la chambre. Les col- lèges électoraux sont convoqués pour le 26 février, et l'ouverture de la session fixée au 7 mars. — La présentation du message royal relatif à la suc- cession au trône, telle qu'elle était établie par le traité de Londres, occasionne de longs débats qui n'amènent aucun résultat. — Nouvelle dissolu- tion des chambres le 20 avril. — Le projet de succession au trône est voté par les deux cham- bres réunies le 24 juin. Publication de cette loi (31 juillet) : le trône est destiné à la descendance masculine du cousin du roi, Christian de Slesvig- Holstein-Sonderbourg-Glucksbourg. En Piémont, vote du prêt demandé pour les émi- grés lombards, deenus sujets sardes (mai). — En Toscane, plus d'élection pour la formation des représentations municipales (14 juillet). — A. Na- ples, décret royal contre les blasphèmes proférés par les militaires (mai). En Espagne, vifs débats aux Cortès sur les con- cessions de chemins de fer, attribuées à des in- fluences txtra-légales (7 avril). Clôture des Cor- tès, le 9, sans le vote du budget. — Nouveau cabinet du 15 avril au 19 septembre, sous la pré- sidence du général Lersundi — Ministère du 19 septembre, sous la présidence de M. Sarto- rius, comte de San-Luis, ministre de l'intérieur. — Narvaez est autorisé à rentrer en Espagne (24 sept.). — Réunion des Cortès (19 nov.). Dis- cussion du sénat sur les chemins de fer, et dis- cours du comte de s an- Luis. — Suspension nou- velle des chambres (12 dêc). Destitution de plusieurs sénateurs. — Mort de Donoso Cortès, marquis deValdegamas, orateur et publiciste, alors ambassadeur à Paris (3 mai) . En Portugal, le duc de Saldanha obtient des pairs et des députés un bill d'indemnité pour les actes de sa dictature après l'insurrection de 1851 (avril). — La reine meurt en couches de son 8 e enfant (15 nov.). L'aîné, D. Pedro V, âgé de 16 ans, est roi sous la régence de son père Fer- dinand. En Belgique, majorité du duc de Brabant dé- clarée à 18 ans (9 avril). 11 épouse l'archiduchesse Marie, fille du palatin de Hongrie, Joseph, qui est mort en 1847 (22 août). — Difficultés entre la Hollande et le saint-siége au sujet du rétablisse- ment par le pape, sans avertissement préalable au gouvernement, d'une province catholique dans le consistoire secret du 4 mars : Utrecht sera métro- pole, avec des suffragants à Harlem, Bois-le-Duc, Breda, Ruremonde. — Les îles Moluques sont ouvertes par une loi au commerce de toutes les nations. En Russie, confiscation des biens des réfugiés polonais, qui n'ont pas mis à profit l'amnistie accordée par le czar (avril). — Prise de Khiva (11 déc.). La Russie soutient en Servie contre le prince Alexandre la propagande des moines slaves (janv.)- Abdication du prince Ghika, hospodar de Mol- davie, à cause de la présence des Russes (2 nov.). Commencement de la question d Orient. L'Au- triche prend parti pour les Monténégrins contre la Porte. Le comte de Leiningen porte un ultima- tum qui est accepté par la Poite (fin de février). — Intervention de la Russe en faveur des chré- tiens grecs dans la Turquie d'Europe. Mission du prince Mentschikoff (2 mars) . La Russie demande le retrait ou la réduction des concessions accor- dées pour les Latins dans les Lieux saints en 1852 au marquis de Lavalette ; un firman du 5 mai les Ap.J.-C. renouvelle. Premier ultimatum du prince Ment- schikoff; il est rejeté par la Porte ainsi qu'un se- cond présenté le 9 juin. — Les flottes d'Angleterre et de France arrivent à Bésika, à 36 heures de Constantinople. — Passage du Pruth par le général prince Gortschakoff (3 juillet) . — Conférence de Vienne entre les représentants de la Prusse, de l'Autriche, de la France et de l'Angleterre; ils rédigent une note qui est acceptée par la Russie (3 août), mais la Porte y fait quelques change- ments dont ne veut pas le czar (20 août). — Nou- velles négociations sans résultat. Les flottes com- binées de France et d'Angleterre franchissent les Dardanelles jusqu'à Constantinople (22-28 oct.). — L'armée turque, commandée par Omer-Pacha, passe le Danube i28 oct.) ; échecs des Russes à Oltenitza et à Turtukaï (4 nov.). — Commence- ment des hostilités en Asie-Mineure. — Surprise et destruction par les Russes d'une partie de la flotte turque dans la rade de Sinope (3o nov.). Dernières négociations. Une escadre d'Urquiza, qui devait bloquer Bue- nos-Ayres, passe à l'ennemi (28 juin) ; une partie de ses troupes se livre au général Florès. Trou- bles à Montevideo; Oribe s'enfuit (18 juillet). — Guerre entre la Bolivie et le Pérou. — Dans la Nouvelle-Grenade, loi pour la séparation des pou- voirs civil et religieux, pour la validité des ma- riages civils ; adoption du système décimal fran- çais (juin). — Anarchie au Mexique; retour de Santa-Anna, qui se fait donner la dictature, avec le droit de désigner son successeur (décembre) . — Aux États-Unis, présidence du général Pierce, qui est favorable aux idées de conquête et d'a- grandissement. En Chine, progrès de l'insurrection. Les re- belles, conduits par un certain Tien-Te, qui se dit descendant de la dynastie des Ming, à la 9 e gé- nération, occupent Nankin (20 mars) . Les Euro- péens conservent la neutralité. 1854. Création de la caisse de service de la boulan- gerie à Paris (16 janv.). Crise financière. — Ou- verture de la session (2 mars) . Emprunt national de 250 millions pour la guerre d'Orient, voté par le corps législatif, le 6, et par le sénat, le 9. — Nouvelle loi sur l'instruction publique, votée le 27 mai , qui réduit les 86 académies à 16, et donne aux préfets la haute direction de l'instruc- tion primaire. — Rétablissement de la garde im- ■ périale (5 mai) . — Session annoncée (28 nov.) pour le 26 déc. Projet de loi pour un emprunt national de 500 millions, voté par les députés, le 28, par le sénat, le 30;- un décret du 31 ouvre la souscription publique. — Nouveau traité de commerce avec la Belgique (27 févr.) ; ratifica- tion des conventions littéraires et commerciales du 22 août 1852 (avril). — Ravages du choléra cà Paris et dans les départements du centre, de l'est et à Marseille. — Mort de l'abbé de Lamennais (27 févr.), des amiraux Roussin et Ch. Baudin ; . de Raoul-Rochette (5 juillet); de Baour-Lormian - (déc); de Léon Faucher, savant économiste et ancien ministre (15 déc). — M. H. Deville per- fectionne le procédé de Wôhler pour l'extraction de l'aluminium et dote l'industrie d'un nouveau métal (14 août). En Angleterre, la taxe du revenu est doublée pour six mois à cause de la guerre. — Retour du capitaine Mac-Clure, qui a découvert le passage du N. O. de l'Amérique. Mariage de l'empereur d'Autriche avec Elisa- beth, de la branche ducale de Bavière (24 avril). — Neutralité delà Prusse dans la question d'Orient. M. de Winck demande vainement dans la chambre que le gouvernement se prononce entre les puis- sances occidentales et la Russie (15 déc.) — Mort du philosophe Schelling (août) .—Retour du ce! èbre 292 CHRONOLOGIE. — TABLES. Ap. J.-C. voyageur Barth, que l'on avait cru mort pendant quelque temps, après un voyage d'exploration de plus de 4 ans dans l'intérieur de l'Afrique du nord. Assassinat du duc de Parme (27 mars) ; ré- gence de sa veuve, sœur du comte de Chambord, au nom d'un enfant de six ans, Robert. — A Rome . mort du savant cardinal Angelo Mai (9 sept.). — Bulle promulguée , en présence de 200 évèques, pour mettre au nombre des dogmes la 'croyance à l'Immaculée Conception. Insurrection militaire a Saragosse (20 février). Soulèvement d'ouvriers à Barcelone (29 mars). — Révolution militaire (28 juin) : deux mille cava- liers de la garnison de Madrid vont se placer sous les ordres du général O'Donnell, condamné à l'exil ; il devient le chef de l'armée constitutionnelle. Le brigadier Ecbague, les généraux Dulce, Ros de Olano, Serrano embrassent la même cause. — Combat indécis de Vicalvaro, près de Madrid (30 juin). — Insurrection à Madrid, où on se bat les 17, 18, 19 juillet. — Ministère Espartero; L. O'Donnell , à la guerre. Les Cortès constituantes sont convoquées pour le 8 novembre : il n'y aura qu'une chambre; la question dynastique ne sera pas discutée ('2 août). — Départ de la reine Ma- rie-Christine exilée et émeute à Madrid, le 28. — Ouverture des Cortès constituantes et discours de la reine. M. Manuel Sanchez Silva, député de l'Andalousie, propose de supprimer la taxe sur les objets de consommation, ce qui enlevait au gou- vernement un revenu annuel de 150 millions de réaux, au moment où ses embarras financiers étaient énormes; vive opposition du ministre des finances, M. Collado, qui donne sa démission le 28 déc, et est remplacé par le duc de Sevillano. En Danemark, le ministère Œrsted, sous la pression de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse, veut octroyer la constitution de toutes les parties de la monarchie sans communication préalable à la diète; opposition des chambres (févr.). — Coup d'État (30 mai); arrestation de plusieurs rédacteurs de journaux. Coup d'Etat (29 juillet). Promulgation de la constitution pro- jetée. Mécontentement général. Chute du cabinet Œrsted (3 déc). Programme plus libéral du nou- veau ministère Bang (13 déc). — En Suède, sept femmes, qui ont embrassé le catholicisme, sont poursuivies comme des criminels en vertu de la loi de 1686 (février). Continuation de la Question d'Orient. Entrée des flottes française et anglaise dans la mer Noire (4 janvier). — Sommation faite par l'An- gleterre et la France aux Russes, pour qu'ils éva- cuent les Principautés avant le 30 avril (27 févr.). — Convention qui lie la Turquie envers la France et l'Angleterre avec des promesses de réforme en faveur de tous les chrétiens (12 mars). — Déclaration de guerre des trois puissances alliées à la Russie, le 27. Rupture entre la Turquie et la Grèce, qui appuie les insurgés de l'Epire contre la Porte; troupes françaises au Pirée. — Echec des Russes devant Silistrie (avril-juin). — En vertu d'une convention du 14 juin, les Autrichiens oc- cupent la Valachie évacuée par les Russes. — Les Anglais bombardent Bomarsund, puissante forte- resse russe, située dans l'île d'Aland, dans la mer Baltique, les 21 , 26 et 27 juin ; l'armée française, commandée par Baraguey-d'Hilliers, contribue à la prise de cette position avec le concours des flottes de sir Napier et de Parseval-Deschênes (13, 16 août). — Défaites des Turcs en Asie à Bayazid (29 juillet) et à Kars (7 août). — Les Français et les Anglais, après avoir séjourné quel- que temps à Varna, débarquent au nombre de 50000, en Crimée, à Eupatoria, avec un corps turc (14 sept.). — Victoire brillante remportée près de la rivière de l'Aima sur 50 000 Russes Ap. J.-C. (20 sept ). — Mort du maréchal Leroy de Saint- Arnaud, le 29; Canrobert le remplace. — Com- mencement du siège de Sébastopol (9 octobre). — Combat de Balaklava, désastreux pour la cava- valerie anglaise (25 oct). — Bataille sanglante d'Inkermann (5 nov.). Guerre entre la Perse et le sultan de Mascate, qui perd la place de Bender-Abassi. — Interven- tion militaire de la Porte dans les troubles du Ca- boul et du Candahar. Florès est élu président à Montevideo. — Ur- quiza est nommé président par les douze provinces de la confédération argentine. Traité avec Buénos- Ayres qui reste en dehors de la confédération. — Traité des Etats-Unis avec le Japon, qui ou- vriradeux ports au commerce américain, Hakodade dans l'Yéso, Pimoda dans l'Iasu (31 mars). — Raousset-Boulbon est pris et fusillé par les Mexi- cains (12 août). 1855. — En France, dans la session, close le 11 avril, loi sur la création d'une dotation de l'armée, sur le rengagement, le remplacement dont se charge l'Etat, et sur les pensions militaires. — Voyage de l'empereur et de l'impératrice à Londres (du 16 au 22 avril). — Emprunt de 750 millions voté le 5 juillet. — La reine d'Angleterre à Paris avec son ministre Clarendon (28-27 août). — Exposition universelle de l'industrie et des beaux-arts du 15 mai au 15 nov. — Mort de Dupont de l'Eure, de Ch. Lacretelle, du physiologiste Magendie, du sculpteur Rude; de M. Mole, dernier du nom (24 nov.) . Chute du cabinet Russell, contre lequel avaient été dirigées de graves accusations au sujet de !a conduite administrative de la guerre d'Orient (30janv.). — Nouveau ministère Palmerston. — Traité de l'Angleterre avec le Japon, qui ouvrira à ses navires Nangasaki et Hakodade, du 14 oct. 1854, ratifié le 9 oct. En Autriche, le baron de Bruck est fait minis- tre des finances (janvier) . — Concordat signé par l'Autriche avec la cour de Rome le 18 août, ra- tifié le 25 sept., communiqué par le pape en consistoire secret le 3 novembre ; il est très-favo- rable au pouvoir spirituel et à la cour de Rome. — En Prusse, l'enseignement du polonais est ré- tabli dans les collèges de la province de Posen (juin). — En Danemark, le projet tendant à mo- difier la loi fondamentale de 1849 est adopté dans les chambres. Approbation par le roi du projet de constitution générale de la monarchie; elle est pro- mulguée (29 juin) dans le conseil suprême de la monarchie qui l'adopte le 23 juillet; protestations des représentants des duchés. — Session extraor- dinaire des deux chambres danoises (11 août); le ministère les menace d'un coup d'Etat, si elles ne votent pas la mise en vigueur simultanée des mo- difications à faire à la loi fondamentale danoise et du projet de constitution générale de la mo- narchie. Après de vifs débats, les chambres cè- dent enfin (sept.). Le roi sanctionne la grande charte adoptée par les chambres et la loi électo- rale (2 oct.). — Disgrâce du prince Ferdinand, oncle du roi et héritier présomptif, qui blâme cet acte fondamental. En Espagne, session des Cortès constituantes du 8 nov. 1854 au 17 juillet 1855, vives discussions; révoltes carlistes ou démocratiques sur plusieurs points du pays. — Le nouveau ministre des finan- ces, Madoz, fait approuver le projet de mise en vente des biens, redevances et droits appartenant à l'Etat, aux communes ou au clergé, aux établis- sements et corporations de bienfaisance et d'ins- truction publique (février). — Suppression des droits d'octroi par une loi (février). — Emeute à Madrid (10 avril). Espartero demande aux Cortès la suspension des garanties constitutionnelles TEMPS MODERNES. 293 Ap. J.-C. (30 mai) ; il se sépare de plus en plus, ainsi qu'O'Donnel, des révolutionnaires de l'assemblée. — Les Cortès rejettent un projet d'emprunt forcé . (4 juillet) ; embarras financiers du gouvernement. — Les Cortès s'ajournent au 1 er oct. A leur retour, O'Donnel a à subir de violentes interpellations ; il obtient néanmoins un vote de confiance (3 déc); fin des débats sur la constitution (14 déc). A Turin, les députés votent le projet de sup- pression des communautés et corporations religieu- ses (2 mars). — Au Sénat, la discussion est sus- pendue par suite de l'offre que font les évêques de subvenir eux-mêmes à une partie des frais du culte (26 avril). — Crise ministérielle; l'ancien cabinet se reconstitue avec M. Cavour. Le sénat vote la loi, qui a été amendée de manière à mé- nager les droits acquis (22 mai) ; les députés la votent ainsi modifiée le 28. — Voyage du roi de Sardaigne à Paris et à Londres (nov. -déc). — Manifeste de Mazzini pour pousser le peuple à l'insurrection, publié à Gênes (30 juin). — Dans le royaume de Naples, les vexations et l'arbitraire remplacent les lois: arrestations nombreuses et usage de la bastonnade (juin-juillet) ; le roi pro- voque le mécontentement de l'Angleterre et de la France par plusieurs mesures pouvant rendre plus difficile l'approvisionnement des armées alliées. Continuation du siège de Sébastopol, admira- blement défendu par l'ingénieur russe Totleben. — Tentative d'Osten-Sacken sur Eupatoria occu- pée par Omer-Pacha. — La Sardaigne envoie 20 000 hommes en Crimée (janvier). — Mort de l'empereur Nicolas. — Pélissier succède à Can- robert qui reste à la tête d'une division jusqu'en août (16 mai). — Expédition anglo-française dans la mer d'Azof, le 24 mai ; on coupe la route de la flèche d'Arabat. — Prise du mamelon vert devant Sébastopol (7 juin); le 18, attaque malheureuse des Français contre la tour Malakoff, des Anglais contre le grand Redan. — Mort de lord Raglan (28 juin).» — Victoire de la Tchernaïa (16 août). — Prise du bastion Malakoff par les divisions Bos- quet et Mac-Mahon (8 sept.). — Evacuation de Sébastopol par le prince Gortschakoff qui coule bas ses vaisseaux et conserve tout le nord de la baie et le fort du nord. — Au Kamtchatka, une flotte alliée détruit Pétropaulowski (17 avril.) — Dans la Baltique, bombardement de Nystadt en Finlande (2 juillet); des magasins extérieurs de Sweahorg (8-11 août). — Prise de Kinburn, en face d'Otchakoff, à l'aide de batteries flot- tantes. — En Asie, les Russes forcent Kars à ca- pituler (28 novembre). — Traité de la Suède avec la France et l'Angleterre contre la Russie, négo- cié par Canrobert (21 nov ) , il est publié le 19 déc. Ouverture du chemin de fer de Chagres à Pa- nama (28 janvier). — A Montevideo, chute du président Florès ; le docteur Bustamente, prési- dent temporaire: nouvelle révolution très-sanglante (24-27 nov.) ; elle est dirigée par Munoz ; Oribe et Florès soutiennent Bustamente. — Vifs débats au congrès des Etats-Unis au sujet du Kansas. Convocation des habitants de ce territoire pour la nomination d'un délégué chargé de les repré- senter au congrès. — Les planteurs du Missouri, qui voulaient introduire l'esclavage dans la Con- stitution du nouvel Etat, entourent avec des bandes armées les bureaux de vote et ne laissent arriver jusqu'à l'urne électorale que les partisans de l'esclavage (mars). Au Mexique, Santa-Anna est encore obligé de s'enfuir; il se retire à la Havane; président et assemblées provisoires. Guerre soutenue par la Perse avec le khan de Khiva, qui est poignardé par la trahison de ses alliés, les Turcomans. — Traité de commerce de la Perse avec la France (juillet). Ap.J.-C. 1856. Naissance d'un prince impérial (16 mars). — L'empereur reçoit la visite du roi de Wurtemberg, du frère de l'empereur d'Autriche, du prince Os- car de Suède (mai). — Terribles inondations dans les bassins du Rhône et de la Loire; l'empereur visite les départements qui ont le plus souffert. — Cérémonie du baptême du prince impérial à Paris ; un cardinal représente le pape, qui est parrain (14 juin). — Le maréchal Pélissier est créé duc de Malakoff, avec dotation de cent mille francs. — Mort du ministre de l'instruction publique Fortoul, le 7 juillet ; administration ré- paratrice de son successeur, M. Rouland. — Traité avec le roi de Siam, signé à Bangkok (15 août). — Les Contemplations, de V. Hugo. — Mort du statuaire David d'Angers (6 janv.) ; d'Augustin Thierry (22 mai) ; du peintre Paul Delaroche (4 nov.) ; de M. de Salvandy (15 déc). Voyage de l'empereur d'Autriche avec l'impéra- trice en Italie (17 nov.); à Trieste, à Venise. — Décret qui lève les séquestres mis sur les biens des émigrés lombards, amnisties politiques (2 déc). Mort du baron de Hammer, historien et orienta- liste, à Vienne (26 nov.). Les chambres de Belgique votent les modifica- tions réclamées par la France à la loi relative à l'extradition politique, mais les lois constitution- nelles sont déclarées suffisantes pour réglemen- ter et contenir la presse. — Attaques violentes dirigées par les évêques de Gand et de Bruges contre l'enseignement libéral des universités de Gand et de Liège. — Congrès économique euro- péen, à Bruxelles (oct.). En Hollande, établissement d'une commune sur le lit de l'ancienne mer d'Harlem, entièrement desséchée par la vapeur (avril). A Turin, les chambres approuvent les efforts de M. de Cavour dans le congrès de Paris pour améliorer la condition politique de l'Italie (7 mai). — A Parme, rétablissement de la censure (11 fév.), état de siège. — Insurrection en Sicile provo- quée par le baron Bentivegna, qui est fusillé le 20 déc — La France et l'Angleterre demandent au roi de Naples de mettre un terme aux vexa- tions de toute sorte auxquelles sont exposés ses sujets; elles menacent d'envoyer une escadre (juin-sept.). La guerre est imminente entre la Prusse et la Suisse au sujet du canton de Neufchâtel. En Espagne, O'Donnel est le chef du parti pro- gressiste modéré. L'état de siège est levé dans les provinces d'Aragon, de Burgos, de Navarre (7 févr ). — Adjudication, aux enchères pu- bliques, du chemin de fer à construire de Madrid à Saragosse (7 mars). — Émeutes démocratiques et socialistes de Valence (6 avril) , de Valladolid (22 juin). — La reine tente d'opérer une contre- révolution avec le concours d'O'Donnel. Nouveau cabinet conservateur sous sa présidence, sans Es- partero; Rios Rosas est ministre de l'intérieur (14 juillet) ; insurrection à Madrid, qui dure deux jours (14 et 15 juillet); lutte sanglante à Barce- lone, à Saragosse; départ de Madrid d'Espartero (4 août). — Décrets pour la dissolution et la réor- ganisation des municipalités et députations pro- vinciales, la dissolution de la milice nationale dans tout le royaume, la suspension indéfinie des élections municipales, la dissolution des cortès constituantes (26 juillet-2 septembre). Rétablisse- ment de la constitution de 1845 avec un acte ad- ditionnel libéral (16 sept.). — Nouveau ministère sous la présidence de Narvaez, qui vient d'arriver de Paris (oct.). — Suspension de la vente des biens ecclésiastiques et des biens de l'Etat ; ré- vocation de l'acte additionnel du 16 sept.; ré- tablissement du concordat de 1851 . — Troubles à Malaga (11 nov.). — L'élection générale des mu- 294 CHRONOLOGIE. TABLES. Ap. J.-C. nicipalités est fixée au 5 février (3 déc). — Ré- tablissement des contributions indirectes, suppri- mées depuis 2 ans (15 déc). — En Portugal, chute du ministère Saldanha (juin). Troubles à Lisbonne sous prétexte de la cherté du pain (8 et 10 août). Plaintes de la diète du Holstein contre le mi- nistre du duché, Scheele; le roi refuse la de- mande de mise en accusation (16 février). Ac- quittement des ministres du cabinet CErsted devant la haute cour (24 février). Ouverture du conseil du royaume par le roi (1 er mars); les onze députés du Holstein demandent que les diètes des trois duchés soient appelées à se prononcer sur la constitution générale et la loi électorale (avril). — Nouveau cabinet plus libéral (oct.). — En Suède, projet de loi sur la liberté religieuse (déc). En Russie, concession à une compagnie étran- gère de quatre grandes lignes de chemins de fer à construire en 10 ans : 1° de Varsovie à Saint- Pétersbourg; 2° de Kursk à Libau; 3" de Moscou à Nijni-Novgorod; 4° de. Moscou à Théodosie. L'Autriche détermine la Russie à accepter des propositions qui doivent servir de préliminaires de paix (16 janvier). Congrès à Paris. Le jour où il s'ouvre, conclusion d'un armistice jusqu'au 31 mars (25 février). Signature de la paix le 30 mars; ratification du traité, le 27 avril. Fin de la guerre d'Orient. Principaux articles du traité de Paris : la Turquie est placée sous la garantie générale des puissances européennes; la mer Noire est neutralisée, interdite aux bâtiments de guerre de toutes les puissances et ouverte au commerce libre ; les deux puissances riveraines admettent des consuls dans leurs ports, et ne conservent sur le littoral aucun arsenal militaire maritime; le Danube sera accessible à toutes les marines, la frontière russe de Bessarabie sera rectifiée; les principautés danubiennes, Moldavie et Valachie, dont la France, l'Angleterre et la Russie vou- draient la réunion en un seul État, restent sous la suzeraineté de la Porte; elles garderont leurs privilèges sous la garantie des puissances qui prendront part à leur réforme intérieure. Une déclaration du 16 avril, annexée au traité, pose ces principes : la course maritime est abolie; à l'exception de la contrebande de guerre, le pa- villon neutre couvre la marchandise ennemie, la marchandise neutre n'est pas saisissable sous pa- villon ennemi; les blocus, pour être obligatoires, doivent être effectifs, c à. d. maintenus par une force suffisante pour interdire en réalité l'accès du littoral à l'ennemi. — Réclamations du comte de Cavour au sujet des réformes politiques à ac- complir en Italie. En Turquie, décret ou hatti-humayoun, renfer- mant 21 points de réforme, surtout en faveur des chrétiens de toute secte (21 février) ; mécontente- ment de la population turque. — Vœu exprimé par les Moldo-Valaques d'être réunis en un seul Etat. La Porte nomme caïmacans provisoires, en Moldavie, Thed. Balsch, qui appartient à l'ancien parti russe; en Valachie, à la place du prince Stirbey, l'ex-prince Alex. Ghika (juillet). — En Egypte, la commission internationale, formée par l'initiative de M. Ferd. de Lesseps, adopte pour le percement de l'isthme de Suez le projet d'un ca- nal, avec tracé direct de Suez à Péluse. Conflit entre le ministre anglais à Téhéran et le gouvernement persan ; l'agent anglais quitte Téhéran. — Prise d'Hérat par l'armée persane (25 oct.). — L'Angleterre déclare la guerre à la Perse 1 er nov.); elle s'empare du fort deBender- Bushire (10 déc), et de l'île de Rarrak. — Aux Indes, les Anglais proclament la déchéance du roi d'Oude et occupent ses États (février). — Bom- bardement des forts à l'entrée de Canton par les Ap. J.-C. Anglais et les Américains pour venger un outrage (24-28 oct.). Un aventurier américain, Walker, se rend maître du Nicaragua et s'y fait nommer prési- dent. — Dans l'Uruguay, Florès et Oribe font nommer comme président définitif D. Gabriel Pereira. — Aux États-Unis, les partisans de l'es- clavage, qui sont en majorité dans le Sénat, font voter l'admission comme État du Kansas, terri- toire à esclaves. — Les élections présidentielles sont encore favorables à un démocrate partisan de l'es- clivage, M. Buchanan, contre M. Fremont (déc). Le choix de M. Fremont comme candidat du Nord avait provoqué dans tout le Sud la plus vive irri- tation. Toute la presse des Etats à esclaves avait déclaré que l'élection de M. Fremont aurait pour conséquence la rupture immédiate de l'Union. 11 était facile de prévoir dès lors que les Etats du Sud, qui avaient déjà interdit aux esclaves toute instruction, même religieuse, n'hésiteraient pas un jour à rejeter la décision du suffrage univer- sel et à former une confédération séparée, du moment qu'ils ne pourraient plus faire prévaloir leurs volontés dans le congrès et qu'ils croiraient l'institution de l'esclavage menacée. Retour à l'île Maurice du D 1 ' David Livingstone, après d'heureuses explorations dans l'Afrique centrale. 1857. Assassinat de l'archevêque de Paris, Mgr Si- bour, par un prêtre interdit nommé Verger, dans l'église de Saint-Étienne du Mont (3 janvier). — Session du 16 février au 28 mai. Impôt sur les va- leurs mobilières; subvention de 14 millions pour trois lignes de paquebots transatlantiques ; proro- gation du privilège de la Banque, avec double- ment du nombre de ses actions; le budget est porté pour les dépenses de 1858 à 1717 millions. — Les collèges électoraux sont convoqués pour le 21 juin, sept élections d'opposition radicale, à Paris, Lille et Lyon. — Trois Italiens, Tibaldi, Bartoloni et Grilli, envoyés de Londres, par Maz- zini, sont arrêtés pour complot contre la vie de l'empereur et jugés par la cour d'assises de la Seine. Le premier est condamné à la peine de la déportation, et les deux autres à 15 ans de déten- tion (7 août). — Le 3 septembre, Mazzini, Ledru- Rollin, Campanella et Massarenti, impliqués dans la même conspiration, sont condamnés par con- tumace à la déportation. — A l'occasion du diffé- rend de la Prusse avec la Suisse, le prince Napo- léon va à Berlin (8 mai). — Visite en France du frère du czar, Constantin, et du roi de Bavière (mai). — Visite de l'empereur, accompagné de l'impératrice, à la reine d'Angleterre à Osborne (5-11 août). — Entrevue d"e l'empereur Napoléon et de l'empereur Alexandre à Stuttgard (25- 28 septembre). — Crise financière très-grave. La Banque élève le taux de l'escompte à 10 p. 100 (nov.) ; baisse énorme sur toutes les valeurs. — Décret impérial qui convoque le Corps législatif pour le 28 novembre (10 nov.). — Décret qui in- stitue une médaille commémorative des grandes guerres de 1792 à 1815, dite médaille de Sainte-Hélène (12 août). — Inauguration des con- structions qui réunissent le Louvre aux Tuileries, après cinq ans de travail (14 août.). — Ouverture de l'asile de Vincennes pour l'ouvrier convales- cent (31 août). En Algérie, établissement d'un collège arabe- français à Alger (14 mars). — Soumission défini- tive de la Kabylie à la suite d'une campagne di- rigée parles généraux Renault, Yusuf, Mac-Manon (24 mai-15 juillet). — Au Sénégal, campagne pé- nible habilement conduite par le gouverneur, M. Faidherbe, contre les Maures de la rive gauche du fleuve. Mort du poëte Alfred de Musset (mai) ; de Bé- Ap. J.-C.


ranger (16 juillet) ; de l'helléniste Boissonade (sept.) ; du critique Gustave Planche (18 sept.) ; du général Eugène Cavaignac (27 oct.).

En Angleterre, les communes votent l'admission des Juifs au parlement, par la suppression de certains termes du serment, mais les lords la rejettent encore (20 juillet). — Crise financière. La banque de Londres élève le taux de l'escompte à

9 p. 100 (5 nov.). — Suspension de l'acte de 1844, afin de faciliter à la Banque l'émission de ses billets. — Négociations pour la paix entre la Perse et l'Angleterre à Paris, entre lord Cowley et Ferruk-Khan ; le traité signé le 4 mars est ratifié à Téhéran le 14 avril. — Vaste soulèvement dans l'Inde contre les Anglais (mai) ; les rebelles occupent Delhi et y proclament roi le fils du grand mogol. — Horribles cruautés dans Cawnpore, surtout par Nanajee-Saïb, le fils adoptif d'un peislrwa déchu. Bataille acharnée des insurgés de Neemuch contre la garnison d'Agra. — Victoire du général Havelock près de Bithoor sur un corps de trois à quatre mille cipayes ; après une résistance opiniâtre et une perte de 250 hommes, l'ennemi est chassé de sa position fortifiée (16 août). — Le général de brigade Nicholson attaque, avec 3000 hommes, un corps de 7000 révoltés, près de Nujaffghur, et le bat après lui avoir enlevé 13 canons (25 août). — Prise de Delhi par les Anglais après avoir perdu 61 officiers et 1178 soldats (20 sept.). — Délivrance de la citadelle de Lucknow par le général Havelock (25 sept.) ; il y est à son tour investi par les insurgés. — Le nouveau commandant en chef des troupes anglaises, le général sir Colin Campbell, délivre, après une lutte acharnée, le général Havelock, mais n'en est pas moins obligé d'évacuer Lucknow (24 sept.). — En Chine, destruction d'une flotte de jonques dans divers combats près, de Canton (mai-juin). — Arrivée du plénipotentiaire lord hlgin à Hong-Kong (3 juillet). — Le contreamiral anglais sir Michel Seymour déclare la rivière et le port de Canton en état de blocus (8 août). — La même déclaration est faite par le contre-amiral français Rigault de Genouilly, le

10 déc. — Occupation de l'île d'Honan par les Anglais et les Français réunis. — Prise de Canton par les alliés, le 29 déc. — Occupation, par la compagnie des Indes, de l'île de Périm, à l'entrée de la mer Rouge, entre Moka et Aden.

L'historien Macaulay, créé pair au mois de septembre, prête serment et prend son siège à la Chambre des lords. C'est le. premier exemple d'un écrivain anglais élevé à la pairie à raison de ses mérites littéraires.

, Convention monétaire entre l'Autriche et les Etats du Zollverein pour les monnaies d'or et d'argent. — Le vieux maréchal Radetzky est remplacé comme gouverneur en Italie par le frère de l'empereur, Maximilien. Amnistie générale décrétée à Milan (25 janvier) ; même amnistie pour la Hongrie (mai). — Le 28 sept., l'empereur d'Autriche quitte Vienne pour se rendre à Dresde et à Weimar, où il se rencontre leP'oct. avec l'empereur de Russie. — Signature à Vienne de l'acte réglant la libre navigation du Danube par les états riverains (6 nov.). — En Prusse, réclamations des députés au sujet de plusieurs mesures financières et politiques prises- par le gouvernement ; ils votent une augmentation de l'impôt du sel que rejette la Chambre des seigneurs (28 avril). — Un ordre royal du cabinet charge pour 3 mois le prince de Prusse de remplacer le roi dans la haute direction des affaires de l'Etat (oct.).

Vifs débats à la Chambre des représentants de Belgique sur un projet de loi concernant l'administration des établissements et des fondations de

Ap. J.-C

bienfaisance, qui aurait pour résultat de favoriser l'exploitation exclusive de la charité par le clergé et les couvents et l'extension illimitée de leurs revenus. Le projet, soutenu par Malou, deTheux, est combattu par Rogier, Frère, Verhaegen ; agitation dans le pays. Le roi ajourne les Chambres, puis déclare la cession close et ajourne le projet de loi (13 juin). — Mariage de la fille du roi, la princesse Charlotte, avec le frère de l'empereur d'Autriche, Ferdinand-Maximilien. (27 juillet). — Triomphe des libéraux dans les élections communales du 27 octobre. — Démission du ministère catholique de MM. Dedecker et Vilain XIV (31 oct.). — Crise ministérielle et avènement d'un ministère libéral (9 nov.) ; sont nommés : Charles Rogier, à l'intérieur ; baron de Vrière, aux affaires étrangères ; Frère-Orban, aux finances ; Tesch, à la Justice, etc. — Ordonnance royale qui dissout la Chambre des représentants (12 nov.) ; Elections générales, le 10 décembre ; victoire des libéraux.

Difficultés entre la Sardaigne et l'Autriche. — Tentative d'insurrection à Gênes (9 juin). — Inondations désastreuses en Piémont. — Dissolution de la Chambre des députés (25 oct.). — Elections générales (15 et 18 novembre). — Ouverture des Chambres ; discours du trône (14 déc). — Conspiration mazzinienne découverte à Gênes (29 juin). Insurrection à Livourne (30 juin et 1er juillet. — Voyage du pape qui visite Pérouse, Macerata, Bologne ; adresses des principales villes et des corps d'Etat demandant des réformes politiques ; excursions du pape à Modène et à Florence ; son retour à Rome (4 mai — 5 sept.). — Complot et affaire du Cagliari (25 juin) ; Ch. Pisacane, duc de San-Giovani, officier du génie au service de Naples, qui avait combattu à Rome auprès de Garibaldi, forcé le capitaine du Cagliari à se diriger sur l'île de Ponza, où se trouvaient détenus un grand nombre de prisonniers d'Etat qu'il délivre (27 juin) ; combats de Padula et de Fanza (1er et 2 juillet) ; défaite, captivité et mort des insurgés ; rigueurs du gouvernement napolitain.

L'intervention de la France empêche la guerre entre la Suisse et la Prusse au sujet de Neufchâtel ; traité de Paris par lequel le roi de Prusse renonce à ses droits de souveraineté, mais garde le titre de prince de Neufchâtel (26 mai).

Convocation des Cortès pour le l or mai (16 janv). Elections peu favorables aux progressistes. Troubles à Malaga-, à Séville ; état de siège ; rigueurs militaires ; retraite du ministère Narvaez (4 octobre). Ministère Armero et Mon (26 oct.). — Naissance du prince des Asturies (28 nov.).

Continuation des difficultés entre les duchés et le roi de Danemark. La diète du Slesvig réclame des réformes dans le sens allemand, et l'égalité de représentation des divers peuples de la monarchie au parlement général ; refus de l'impôt. Le commissaire royal dissout l'assemblée ; l'impôt sera perçu en vertu d'une ordonnance royale (mars). — La Prusse et l'Autriche veulent déférer à la diète germanique la position des duchés. — Les ministres donnent leur démission (avril), puis rentrent, excepté M. de Scheel (14 mai). — L'assemblée extraordinaire des états du Holstein est ouverte à Itzehoë, par le commissaire royal de Levetzau. Le gouvernement présente un projet de constitution modifiée (15 août). — Le projet n'est pas accueilli par l'assemblée (9 sept.). — Le gouvernement prussien enjoint à son représentant près la confédération germanique d'invoquer le concours immédiat de la diète en faveur des duchés. Cette démarche est approuvée par l'Autriche (25 oct). — La Russie se prononce dans le même sens (Ier déc). — Convention à Copenhague avec toutes les puissances, pour le Ap. J.-C.


rachat des péages du Sund et des Belts à partir du 1er avril (14 mars).

Le grand-duc Constantin, frère du czar, parcourt l'Europe ; il étudie surtout les institutions et les travaux militaires et maritimes de la France à Toulon, Paris, Cherbourg ; visite à la reine d'Angleterre (30 mai). — Promulgation d'un traité qui ouvre au commerce russe trois ports du Japon, Simoda, Hakodade, Nangasaki (avril). — Efforts du gouvernement pour améliorer la condition des paysans. — Prise du fort Neu-Bartunai, un des points les plus importants occupés par Schamyl (17 oct.).

Protocole signé à Paris pour l'annexion à la Moldavie de Belgrade et de l'île des Serpents, à la Turquie du Belta duDanube, pour l'évacuation, au 30 mars, de la mer Noire par les Anglais, des principautés par les Autrichiens (6 janvier). — Les troupes françaises quittent le Pirée (28 fév.). — Traité signé à Paris, le 18 juin,, qui consacre les délimitations des frontières turco-russes en Bessarabie. — En Moldavie, le nouveau caïmacan Vogoridès s'oppose par tous les moyens à l'élection de candidats favorables à l'union des principautés ; Protestations de la France, de la Russie, de la Sardaigne et de la Prusse ; Chute de ReschidPacha (31 juillet). — Rupture des relations diplomatiques entre les 4 puissances et la Porte qui veut maintenir les élections (6 août). — La Porte cède enfin et les relations diplomatiques sont rétablies (20 août). — Nouvelles élections dans la Moldavie terminées le 19 sept. — Le même jour les élections commencent dans la Valachie. Dans les deux principautés les élections sont favorables à l'union. — Dépêche circulaire du gouvernement •ottoman à ses représentants près les puissances signataires du traité de Paris, où il s'oppose formellement à tout projet d'union entre les principautés. — Les divans de Moldavie et de Valachie émettent entre autres vœux celui de la réunion des deux principautés sous un prince héréditaire étranger (19-21 oct.). — Nouvelle protestation de la Porte (27 oct.).

M. James Buchanan prend possession de la présidence des Etats-Unis le 4 mars. — Troubles dans plusieurs Etats au sujet des esclaves fugitifs. — Le gouverneur du territoire d'Utah, chez les Mormons, Brigham Young, se met en opposition avec les lois fédérales. Crise commerciale. Suspension des banques. — Emeutes à New-York.

Dans la Nouvelle-Grenade, avènement au pouvoir du parti conservateur avec M. Mariano Ospina. Etablissement du régime fédéral.

Au Pérou, guerre civile entre le général Vivancô établi à Arequipa et le général Ramon Castilla établi à Lima. — En Bolivie, le docteur José Maria Linarès renverse le général Cordova, gendre et successeur du général Belzu, et s'empare du pouvoir.

Dans la république dominicaine, M. Baez est forcé de se retirer et sera remplacé par Santana.

Le flibustier Walker, vaincu par le général Mora, président de Costa-Rica, se retire à la Nouvelle-Orléans ; une nouvelle tentative faite en novembre par Walker n'est pas plus heureuse. — Au Mexique, troubles continuels contre le président Comonfort. Le 17 décembre, avec l'aide du général Félix Zuloaga, Comonfort se fait déclarer président avec des pouvoirs extraordinaires. Le président de la cour suprême de cassation, Benito Juarez, et le président du congrès Olvera sont arrêtés. La dictature de Comonfort n'est acceptée que par quelques provinces et une partie ûe l'armée. Evasion de Juarez, qui se posera comme le chef du parti dit constitutionnel.

A Madagascar, un décret de la reine Ranavalo


Ap. J.-C.


expulse les Anglais et les Français du territoire et confisque leurs propriétés.

A la demande de l'amiral français Tréhouart, le bey de Tunis publie un décret établissant des réformes administratives et religieuses (9 sept.).

Le sultan de Wadaï fait décapiter le voyageur Vogel. 1858. Tentative d'assassinat sur la personne de l'empereur Napoléon. Au moment où la cour se ren dait à l'Opéra, sous le péristyle même du théâtre, trois bombes, lancées des rangs de la foule, éclatent sous les pas des chevaux et brisent la voiture impériale. Les conjurés, Félix Orsmi, Charles de Rudio, Joseph-André Pierri et Antoine Gomez, sont arrêtés à Paris ; plus tard, Simon-François Bernard à Londres. Le 26 février, les trois premiers sont condamnés à la peine des parricides et Gomez aux travaux forcés à perpétuité. Félix Orsini et Joseph-André Pierri sont exécutés, le 13 mars. La peine de Rudio est commuée en celle des travaux forcés à perpétuité. — L'empereur ouvre la session législative ; discours du trône (18 janv.). — Un décret impérial supprime la Revue de Paris et le Spectateur. — Répartition en cinq grands commandements, confiés à des maréchaux, de toutes les troupes de ligne stationnées dans l'intérieur de l'empire (Paris, Nancy, Lyon, Toulouse et Tours) (27 janv.). — Message de l'empereur au Sénat et au Corps législatif : l'impératrice est nommée régente dans le cas où le prince impérial parviendrait au trône avant sa majorité. Il est institué un conseil privé, qui se réunira sous la présidence de l'empereur. Le conseil privé deviendra, avec l'adjonction des deux princes français les plus proches, dans l'ordre d'hérédité, conseil de régence, dans le cas où l'empereur n'en aurait pas désigné un autre par acte public (l ev févr.). — Vote par les députés d'un projet de loi relatif à des mesures de sûreté publiques (2 févr.). — Le général de division Espinasse est nommé ministre de l'intérieur et de la sûreté générale (7 févr.). — Note du cabinet impérial à la Confédération helvétique, pour insister de nouveau sur l'éloignement des réfugiés italiens des cantons frontières et sur leur internement en des lieux éloignés (14 févr.). — Vote par les députés de la loi relative aux titres de noblesse (8 mai). — M. Delangle remplace le général Espinasse au ministère de l'intérieur (14 juin) — Création d'un ministère de l'Algérie et des colonies, qui est confié au prince Napoléon (14 juin). — Inauguration du nouveau bassin de l'arsenal de Cherbourg par Napoléon III (7 août). — Le comte de Montalembert est condamné, pour délit de presse, à six mois de prison et à 3000 fr. d'amende (24 nov.) ; il interjette appel ; l'amende sera maintenue, mais l'empereur remettra au comte la peine à laquelle il a été condamné.

Mort de Mlle Rachel à Cannes (4 janvier) ; — Du chanteur Lablache, à Naples (23 janvier). — Mort du prédicateur de Ravignan, de la compagnie de Jésus (25 février). — Mort du peintre Ary Scheffer (15 juin), de la duchesse d'Orléans (Hélène), à Richmond, en Angleterre (18 mai).

Dépêche du comte de Walewski au comte Persigny, ambassadeur à Londres, où ilestditquele gouvernement français, tout en respectant le droit d'asile pratiqué par l'Angleterre, espère que le cabinet de Londres prendra, des mesures contre les assassins (20 janvier). — Nouvelle dépêche du comte Walewski au comte Persigny, à l'occasion des représentations faites par lord Cowley, ambassadeur de la Grande-Bretagne à Paris, au sujet des adresses de l'armée imprimées dans le Moniteur. L'empereur regrette que parmi ces adresses on en ait publié deux ou trois contenant des expressions violentes (6 février). — Lord Ap. J.-C.


Palmerston présente à la Chambre des communes un bill relatif à la répression des conspirations ayant l'assassinat pour but (8 février). — Lord Palmerston déclare dans la Chambre des communes, que le droit d'asile ne sera blessé en rien par le bill contre les conspirations. Un membre de la Chambre, Gibson, présente alors un amendement, où était exprimé le regret que le gouvernement n'ait pas répondu à la dépêche du cabinet français du 20, et n'ait point communiqué cette réponse au parlement avant d'avoir soumis le bill actuel aux délibérations de la Chambre. L'amendement ayant été adopté par 234 voix contre 215, le ministère donne sa démission le lendemain et lord Derby est chargé de former un nouveau cabinet (20 février). — Cet incident donne lieu entre les deux cours à des pourparlers qui se terminent le 11 mars par une note du comte Walewski, où il était dit que l'empereur Napoléon III n'avait pu exiger quelque chose d'incompatible avec l'honneur de l'Angleterre, et qu'il se retirait du débat sans faire aucune demande, ayant une entière confiante dans l'amitié de l'Angleterre. — L'accusé Bernard, impliqué dans l'attentat du 14 janvier contre l'empereur, est acquitté par le jury de Londres du crime de félonie le 17 avril, et le 20, à l'occasion de l'accusation de complicité de complot, mis en liberté sous caution, par la cour du banc de la reine. — Adoption du bill qui met fin à l'existence de la compagnie des Indes et transporte tous ses pouvoirs au gouvernement (8 juillet). — Le bill relatif aux israélites est adopté à la 3e lecture par la Chambre des communes (21 juillet) ; le 26, le baron Lionel de Rothschild est admis comme membre du parlement.

La diète germanique invite le roi de Danemark à introduire dans les duchés de Holstein et de Lauenbourg un régime qui assure l'indépendance des constitutions particulières ainsi que l'égalité des droits des duchés (14 janvier). — Le gouvernement danois déclare à la diète germanique qu'il est prêt à considérer la constitution générale du 2 octobre 1855 comme étant hors de vigueur pour les duchés de Holstein et de Lauenbourg (15 juillet). — Par patentes royales la constitution du 2 octobre 1855 pour le Holstein et le Lauenbourg est abolie (6 novembre) ; la Chambre du Holstein est convoquée pour le 3 janvier 1859. Le 8 novembre, circulaire du cabinet danois à ses agents diplomatiques pour leur exposer que le roi a satisfait à toutes les demandes qui peuvent être faites au nom du droit fédéral ; il serait impossible de faire de nouvelles concessions. Protestation de la diète, le 9.

Le prince de Prusse se charge de la régence à la demande du roi (9 octobre) ; il prête serment à la constitution, le 25.

Présentation aux chambres, de Belgique d'un projet de loi relatif à la police des étrangers ; ce projet est adopté par les chambres à une grande majorité, le 3 février. — Le sénat de Belgique adopte par 30 voix contre 4 le projet de loi relatif à la poursuite des offenses commises contre les souverains étrangers (5 mars). — Après avoir retiré le projet de loi concernant les fortifications d'Anvers, que la Chambre des députés avait repoussé par 53 voix contre 39, le gouvernement clôt la session législative de 1857-1858 (5 août). — Achèvement du télégraphe sous-marin entre le Hanovre et l'Angleterre.

Le feld maréchal Joseph-Wenzel, comte Radetzky de Radetz, né le 2 novembre 1766, à Trzebnitz en Bohême, meurt à Milan (5 janvier).

En Italie, le ministre de la justice Deforesta présente à la Chambre des députés de Turin un projet de loi concernant les conjurations ourdies


Ap. J.-C.


contre la vie des souverains étrangers, ainsi que les modifications à apporter à la formation du jury (17 février). — Mazzini et 5 autres des 63 accusés dans le procès poursuivi contre les auteurs et les complices du soulèvement tenté à Gênes, le 29 juin 1857, sont condamnés à mort par contumace (20 mars). — Cession par le gouvernement sarde à une compagnie russe d'une partie de la baie de Villefranche et d'une certaine étendue de terrain pour y former des magasins, des chantiers de construction et des ateliers (sept.). — Note adressée au cabinet autrichien par le comte de Cavour relativement à quelques griefs du gouvernement piémontais contre l'Autriche. Le ministre sarde réclame, conformément à l'art, v du traité de commerce et de navigation, conclu en 1851 entre la Sardaigne et l'Autriche, les avantages que le gouvernement autrichien a accordés au commerce de Modène (25 nov.).

A Naples, amnistie de 91 condamnés politiques, entre autres Poerfo et Settembrini ; leur peine est commuée en bannissement perpétuel. — Décret royal relatif aux troubles politiques. Les crimes contre la sûreté de l'Etat sont justiciables des tribunaux militaires (27 déc). Fin de l'affaire du Cagliari, navire à vapeur sarde qui avait déposé une bande de conspirateurs sur les côtes du royaume de Naples, et qui avait été capturé ensuite par deux bâtiments de guerre napolitains ; l'Angleterre qui se trouvait impliquée dans cette affaire parce que les deux mécaniciens du Cagliari, Wath et Park, étaient Anglais, obtient toutes les satisfactions qu'elle demandait.

Ouverture des Cortès d'Espagne par la reine. Discours du trône : le lendemain, Bravo-Murillo est élu président du congrès par 126 voix ; le ministère donne sa démission. Le 14, formation d'un nouveau cabinet ; Xavier d'Isturitz est nommé président du conseil et ministre des affaires étrangères (10 janvier). — Le gouvernement présente aux Cortès, un projet de loi, d'après lequel les biens de l'Eglise non encore vendus seront rendus au clergé (26 avril). — Un décret royal ajourne les séances des Cortès (5 mai) ; elles sont dissoutes le 13. — Nouveau ministère : le maréchal O'Donnell est nommé président du conseil et chargé du portefeuille de la guerre et des colonies (1er juillet) ; avec lui l' Union libérale arrive au pouvoir. — Dissolution des Cortès ; les nouvelles sont convoquées pour le 1er déc. (11 sept.). — Ouverture des Cortès ; discours de la reine (1er déc). — En Portugal, ultimatum de la France au sujet du navire le Charles-George, qui est relâché par le gouvernement portugais le 25 oct. (13 oct.).

En Russie, établissement d'un comité spécial, sous la présidence de l'empereur, chargé d'examiner les dispositions et les plans relatifs au servage (15 janv.). — Traité entre la Russie et la Chine concernant les frontières des deux Etats. Le fleuve Amour à partir du point où la Schilka se réunit à l'Argun, jusqu'à celui où l'Usuri se jette dans l'Amour, forme la frontière entre les deux Etats. Les deux rives de l'Amour au bas de l'embouchure de l'Usuri sont concédées à la Russie (28 mai). — Le 13 juin, un traité de paix et d'amitié est aussi signé entre la Russie et la Chine ; les chrétiens ont le droit d'exercer librement leur culte ; établissement de consulats en Chine et envoi d'agents diplomatiques à Pékin. — Continuation de la lutte entre les Russes et Schamyl. Les tribus placées entre le Terek supérieur et l'Argun font leur soumission (16 juillet). — Grande défaite de Schamyl (4 août) ; les Russes deviennent maîtres de tout le cours de l'Argun. — Campagne meurtrière des Russes dans le Caucase terminée le 24 sept.

Combat très-vif près de Grahowo entre les troupes ottomanes d'une part, les Monténégrins Ap. J.-C.


et les Rajahs réunis de l'autre (11 mai) ; le 13, les Monténégrins, commandés par Mirko, frère du prince Danilo, défont complètement les Turcs ; le 14, le sultan, cédant aux observations des grandes puissances, donne l'ordre de suspendre les hostilités. — Réclamations des Grecs de Candie ; envoi de deux commissaires turcs ; faiblesse du gouvernement (16 mai) ; horribles scènes de carnage ; la Porte fait droit aux réclamations des habitants (7 juin). — Affreux massacres accomplis par les Turcs à Djeddah, près de la Mecque ; énergiques réclamations de la France et de l'Angleterre.

— Première conférence des représentants de la France, de l'Autriche, de la Grande-Bretagne, de la Prusse, de la Russie et de la Turquie sur la délimitation du Monténégro (14 oct.) ; le 8 novembre, les districts en litige de Grahowo et de Jupa au nord du Tschernagora sont cédés définitivement aux Monténégrins ; le district de Kutschi (Kolaschin), situé au sud-est, rentre sous la domination turque.

En Servie, la Skuptâchina nationale veut contraindre le prince Alexandre Kara Georgewitch à abdiquer ; celui-ci se rend de nuit dans la forteresse de Belgrade sous la protection turque ; l'assemblée nationale élève alors le prince Milosch Obrenowitch à la dignité de prince héréditaire de Servie (22 déc).

Signature par les plénipotentiaires des grandes puissances de la convention relative à l'organisation des principautés danubiennes, qui sont constituées sous la dénomination de Principautés-Unies de Moldavie et de Valachie sous la suzeraineté du Sultan (19 août). — Corinthe est détruite par un tremblement de terre (21 février).

— Mort de George Condouriotis, président du gouvernement hellénique pendant la guerre de l'indépendance (23 mars). — Les habitants des îles Ioniennes manifestent le désir de voir les sept îles unies à la Grèce ; le gouvernement de la GrandeBretagne répond qu'il ne renoncera pas au protectorat qu'il exerce sur les îles Ioniennes en vertu des traités (7-8 déc).

Le schah de Perse prescrit une nouvelle organisation de l'administration supérieure du royaume, laquelle est divisée en ministères de l'intérieur, des finances, de la guerre, des affaires étrangères, de la justice, et des fondations pieuses (9 sept.).

Continuation de la guerre des Anglais dans l'Inde. Le général Franck emporte d'assaut la forte position de Badschahgunge à deux lieues de Sultanpoor et défendue par Nazim-Mendi Dusscin à la tête de 25 000 hommes et 25 canons, tue. 1800 hommes et s'empare de 20 canons (21 févr.). — Sir Colin Campbell, ayant opéré sa jonction avec les généraux Franck et Outram, prend position devant Lucknow à la tête de 50000 hommes d'infanterie. 1000 chevaux et 120 canons (4 mars). Le 19, prise de Lucknow après un combat acharné. — Combat de Gwalior (17 juin) ; le 19, après un combat de 5 heures, sir Hugues Rose s'empare de la ville et du palais de Gwalior. — Le commandant en chef Lord Clyde (Sir Colin Campbell) marche contre la forteresse Améthie, à 70 milles sud-est de Lucknow, qui est livrée le lendemain par Loll-Madho-Singh. Soumission de ce puissant chef des rebelles (9 nov).

Entrée des troupes françaises et anglaises à Canton et prise du commissaire impérial Yeh (5 janvier). — Les troupes anglo-françaises s'emparent des forts chinois situés au nord et au sud de l'embouchure du Peïho et défendus par 138 canons (20 mai) ; le 22, les escadres alliées remontent le fleuve dans la direction de Pékin. — Traité entre la Chine et la Grande-Bretagne, et le lendemain avec la France : le christianisme


Ap. J.-C.


sera librement exercé dans tout l'empire ; les missionnaires seront protégés par les autorités chinoises ; des agents diplomatiques résideront à Pékin ; les étrangers munis d'un passe-port de leur gouvernement pourront voyager dans l'intérieur du royaume (26-27 juin) : le 3 juillet, le traité franco-chinois fut ratifié par l'empereur de Chine.

Traités de commerce conclus par le Japon avec les États-Unis (28 juillet), avec les Pays-Bas (13 août) ; avec l'Angleterre (26 août).

Prise du fort et de la baie de Tourane par les troupes hispano-françaises, sous les ordres du vice-amiral français Rigault de Genouilly ; la baie et le fleuve de Tourane sont mis en état de blocus.

Défaite des Mormons par les troupes de l'Union (14 février.) — Prise de leur capitale Utah (26 juin).

Traité de paix et d'amitié entre la Chine et les États-Unis,(13 juin.). — Proclamation du président des États-Unis Buchanan pour avertir les citoyens de l'Union de ne pas prendre part à une troisième expédition, qui se prépare contre Nicaragua (3 nov.). — La communication télégraphique sous-marine est établie entre Valentia, à l'ouest de l'Irlande et la baie de la Trinité (Terre-Neuve) ; distance : 1650 milles marins ; longueur du câble : 2022 milles marins. Cette magnifique entreprise devait malheureusement rester sans résultat.

Soulèvement à Mexico, combat dans les rues pendant 7 jours ; fuite de Comonfort ; le général Zuloaga se fait proclamer président, tandis que Juarez convêque le congrès à Guanaxuato (11-21 janvier). — Un décret de Zuloaga remet les corporations religieuses en possession de leurs propriétés déjà vendues (28 janvier). — Victoire du général Vidaurri sur les troupes de Zuloaga (4 mai). — Occupation de San-Luis par les troupes de Zuloaga commandées par le général Miramon (12 sept.). — Combat de 4 jours entre les généraux Vidaurri et Miramon dans le voisinage de San-Luis (21 sept.). — Le général Echeagaray, au lieu de tourner ses efforts contre la Vera-Cruz, qu'il était chargé de prendre, se met en insurrection contre le président Zuloaga, de qui il tenait ses pouvoirs, et s'unit au général Roblès, commandant de la garnison de Mexico ; convocation d'une junte qui nommera le général Miramon président provisoire.

Dans le Venezuela, chute de la famille des Monagas qui exerçait le pouvoir depuis 10 ans au profit du parti démocratique (15 mars). — Convention de Valencia. — Le général Julian Castro garde provisoirement la direction des affaires. — Dans la Nouvelle-Grenade, constitution du 22 mai qui pose définitivement les bases du régime fédératif ; division du pays en 8 état=. — Dans l'Equateur, dictature d'Urbina et de Roblès ; leurs démêlés avec le général Castilla, président du Pérou. — Élection du général Ramon Castilla à la présidence du Pérou (août). — Soulèvement à Haïti contre l'empereur Soulouque ; le général Fabre Geffrard proclame la république à Gonaïves ; le général Barthélémy et les autorités civiles et militaires se prononcent pour le mouvement (22 déc.) ; le 23, Geffrard est proclamé président de la république.

1859. Guerre d'Italie. Le 1er janvier, à la réception du corps diplomatique, l'empereur Napoléon III, s'adressant à M. de Hubner, ambassadeur d'Autriche, le prie de transmettre à Vienne ses regrets relativement au peu d'accord qui, sur des questions importantes, existait entre son gouvernement et celui de l'empereur François-Joseph.

Ouverture des chambres à Turin. Dans le Ap. J.-C.


discours du trône, le roi déclare que la situation n'est point exempte de périls, car tout en respectant les traités, il ne peut rester insensible au cri de douleur qui, de tant de points de l'Italie, s'élève vers lui (30 janvier). — Mariage du prince Napoléon et de la princesse Clotilde, célébré à Turin (30 janvier).

Le ministre des finances présente à Turin un projet de loi autorisant le gouvernement à contracter un emprunt de 50 millions (4 févr.). — Publication de la brochure : Napoléon III et l'Italie (4 février). — L'empereur Napoléon III en ouvrant la session législative rappelle qu'il s'est trouvé en dissidence avec le cabinet autrichien sur les questions principales, entre autres sur la reconstitution des principautés danubiennes (7 février). — Le Cabinet britannique donne son adhésion à la proposition faite par la Russie touchant la réunion d'un congrès pour régler les affaires d'Italie, congrès dont pourtant était exclu le Piémont en sa qualité de puissance d'ordre secondaire (20 mars). — Protestation de M. de Cavour contre cette exclusion. — Entrevue de ce ministre avec Napoléon III (25 mars). — L'Autriche refuse de prendre part au congrès, s'il n'est pas précédé d'un désarmement complet (14 avril). — Le Moniteur annonce que l'Autriche n'ayant pas adhéré à la proposition de désarmement simultané faite par l'Angleterre et acceptée par la France, la Russie et la Prusse, et ayant résolu d'adresser une communication directe au cabinet de Turin pour obtenir le désarmement de la Sardaigne, l'Empereur a ordonné la concentration de plusieurs divisions sur les frontières du Piémont (22 avril). — Remise de l' ultimatum autrichien au comte Cavour par le baron de Kellersberg. Le gouvernement Sarde doit répondre dans trois jours s'il consent, oui ou non, à mettre sans délai son armée sur le pied de paix et à licencier les volontaires italiens (23 avril) ; réponse négative du comte de Cavour, le 26. — Départ du grandduc de Florence ; Victor-Emmanuel est proclamé dictateur (27 avril). — L'armée autrichienne, commandée par Gyulai, passe leTessin et s'avance sur Mortara, Vigevano et Novarre (29 avril). — La duchesse régente quitte Parme le 30 avril ; le 1er mai, on institue une junte provisoire qui décide l'annexion au Piémont et gouverne au nom du roi Victor-Emmanuel. — Rupture des relations diplomatiques entre la France et l'Autriche (2 mai). — L'empereur Napoléon III annonce dans une proclamation au peuple français qu'il va se mettre à la tête de l'armée (3 mai). — Rentrée de la duchesse de Parme dans ses États (4 mai).

Bataille de Montebello ; les Autrichiens sont repoussés par la division Forey après un combat acharné de 5 heures (20 mai). — Arrivée du prince Napoléon à Livourne avec le 5e corps d'armée (23 mai). — Prise de Varèse par Garibaldi (23 mai). — Il entre à Côme, le 27. — Circulaire adressée par le prince Gortschakoff aux légations de Russie, dans laquelle il dénie à la Confédération germanique, qui est une combinaison purement défensive, le droit d'intervenir dans la guerre au sujet d'une possession non germanique (27 mai). — Affaire de Palestre (30 mai). — L'armée franco-sarde commence à traverser le Tessin près de Turbigo ; l'armée autrichienne se concentre sur la rive gauche de cette rivière (2 juin). — Bataille de Magenta (4 juin). — Evacuation de Milan par les troupes autrichiennes (5 juin). — Entrée de l'empereur des Français et du roi de Sardaigne à Milan (8 juin). — Les Français occupent Marignan après un combat de trois heures, le même jour. — La duchesse de Parme quitte de nouveau ses États (9 juin) ; départ du duc de Modène, le 11. — Évacuation


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des légations par les Autrichiens le 12, des vaisseaux de guerre français ayant paru devant Ancône. — Le gouvernement prussien, voulant parer aux éventualités de la guerre, donne l'ordre de mobiliser 6 corps d'armée (14 juin). — Proclamation de l'empereur d'Autriche portant qu'il se met à la tête de son armée pour défendre l'honneur etles bons droits de l'Autriche (18 juin). Bataille de Solferino. L'armée autrichienne qui, la veille, avait franchi le Mincio sur quatre points, rencontre dans sa marche l'armée franco-sarde. Après une lutte meurtrière de 15 heures, engagée surtout près de Solferino, San Cassiano, Cavriani, Goito et dirigée par les deux empereurs en personne, l'armée autrichienne est forcée d'abandonner ses positions et de se rejeter sur la rive gauche du Mincio (24 juin). — Le représentant de la Prusse à la diète propose la concentration des 7e et 8e corps de l'armée fédérale sur le Haut-Rhin, sous le commandement de la Bavière. Cette proposition est acceptée presque à l'unanimité dans la séance du 2 juillet. — L'armée entière des alliés passe -le Mincio. L'armée sarde investit Peschiera (1er juillet.) — Le 3, le viceamiral Romain-Des fossés occupe une île dans le golfe de Quarnero, partie du golfe de Venise. Le 4, 58 vaisseaux de guerre, français et sardes, se réunissent dans ce lieu. Débarquement de 10 000 français. — L'Autriche propose à la diète de mobiliser le contingent tout entier de la Confédération, et d'engager le prince-régent à prendre le commandement en chef (7 juillet). — Signature d'un armistice entre les armées alliées et celles de l'empereur d'Autriche. La durée en est fixée jusqu'au 15 août (8 juillet). Le 11, entrevue de l'empereur des Français et de l'empereur d'Autriche à Villafranca ; on y signe les préliminaires de paix. L'empereur d'Autriche cède ses droits sur la Lombarâie à l'exception des forteresses de Mantoue et de Peschiera, à l'empereur des Français, lequel les transmet au roi de Sardaigne. Proclamation de l'empereur Napoléon III à ses troupes pour leur annoncer que le principal but de la guerre est atteint et que la paix a été conclue, parce que la guerre menaçait de prendre une extension qui aurait pu nuire aux intérêts de la France, à Valeggio, le 12 juillet. — Réunion à Zurich des plénipotentiaires chargés de convertir en traité définitif les préliminaires de Villafranca. Ces plénipotentiaires sont, po :ir la France, le baron de Bourqueney etle marquis de Banneville, pour l'Autriche le comte de Colleredo et le baron de Meysenbug, pour la Sardaigne le chevalier des Ambrois et le chevalier Jocteau (8 août) ; la conférence de Zurich termine sa mission le 10 novembre.

Ouverture de la session législative de 1859, le 7 février. — Le projet de loi relatif à un emprunt de 100 millions de francs est adopté à l'unanimité (30 avril). — Important projet de loi concernant les chemins de fer. Les concessions de chaque compagnie seront divisées, au point de vue de l'application du minimum d'intérêt, en deux sections distinctes et comprenant, l'une l'ancien réseau, l'autre le nouveau. Ce dernier jouira seul, pendant 50 ans, d’une garantie d'intérêt avec amortissement calculé au taux de 4 pour 100. De plus, toute la portion du revenu de l'ancien réseau qui excédera un certain chiffre kilométrique, déterminé pour chaque compagnie, sera attribué comme supplément de recettes au nouveau réseau, et viendra couvrir jusqu'à due concurrence l'intérêt garanti par l'Etat. En compensation de ces avantages, les compagnies devront partager avec l'État à partir de 1872 la portion de leur revenu qui excédera un chiffre déterminé, et, en outre, elles auront à rembourser, avec les Ap. J.-C.


intérêts à 4 pour 100, les sommes reçues par elles à titre de garantie d'intérêt, dès que les produits du nouveau réseau auront dépassé 4 pour 100, taux de cette garantie. Les séances des 16, 17 et 18 mai sont consacrées à la discussion de ce projet qui est voté à une forte majorité. — Vote du projet de loi relatif à l'annexion des banlieues à la ville de Paris (26 mai). — Décret qui institue une médaille commémorative de la campagne d'Italie (11 août). — Entrée triomphale de l'armée d'Italie à Paris (14 août). — Publication de deux décrets dont l'un accordait amnistie pleine et entière aux exilés ou condamnés politiques, l'autre annulait les avertissements donnés à la presse en vertu du décret du 17 février 1852 (16 août). Publication de la brochure : le Pape et le Congrès (fin de décembre).

En Algérie, expédition du général Desvaux contre Si-Sadok, qui avait tenté de prêcher la guerre sainte dans le pays montagneux de l'Aurès, au sud de la province de Constantine. Si-Sadok, sa famille et tous les fauteurs de troubles sont au pouvoir des Français (20 janv.). — Victoire remportée sur les tribus Marocaines des frontières par les généraux Desvaux et Dervieu à Sidi-Zaer (6 nov.).

Mort d'Alexis de Tocqueville, à l'âge de 53 ans (16 avril). — Continuation de la publication de l' Histoire du gouvernement parlementaire, commencée en 1857, de M. Duvergier de Hauranne. — La légende des siècles, de Victor Hugo. — Continuation de la publication des Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, commencée en 1858, par M. Guizot.

Ouverture du parlement d'Angleterre. Discours de la reine (3 fév.). — La chambre des communes rejette à la deuxième lecture le bill de réforme à une majorité de 39 voix (31 mars). — A la suite de cet échçc, le comte Derby et Disraeli annoncent aux chambres la dissolution du parlement, l'état critique des affaires extérieures ne permettant pas de changer le ministère (4 avril). — Ouverture du parlement, le 7 juin. Dans les deux chambres, vote de défiance contre le ministère qui donne sa démission, le 11. Lord Palmerston est chargé de la formation d'un nouveau ministère, le 12 ; le 30, il annonce à la chambre des communes la formation d'un nouveau cabinet, qui observera une stricte neutralité. — L'Angleterre renonce, en faveur du Honduras, à la possession de plusieurs îles situées dans la baie de Honduras, ainsi qu'au protectorat sur les Indiens Mosquitos (28 nov.).

Mort de l'historien Hallam (22 janv.). — Mort de l'historien Macaulay (28 déc).

Efforts de l'Autriche pour entraîner la Prusse contre la France et l'Italie. — Effet produit en Allemagne par les victoires de Montebello et de Magenta ; hésitations de la Prusse. La nouvelle de la paix de Villafranca met un terme aux préparatifs guerriers de l'Allemagne. — Fondation à Francfort d'une association, dont la mission sera de travailler à la réalisation des vues du parti national : développement de l'unité de l'Allemagne, hégémonie de la Prusse, exclusion de l'Autriche. Le siège du comité est d'abord fixé à Francfort, mais, par suite du refus de la police, il sera transféré à Cobourg (18 oct.). — Entrevue de l'empereur de Russie avec le prince régent de Prusse (22 oct.). — Conférences des ministres des états moyens et secondaires de l'Allemagne à Wurtzbourg (24 nov.). — Dans la Hesse électorale, la seconde chambre, sur le refus du prince d'accepter l'adresse qu'elle lui avait présentée, décide de prier l'assemblée fédérale d'amener par des moyens pacifiques la solution définitive de la constitution du duché (24 nov.). — Mort d'A-


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lexandre de Humboldt, né à Berlin le 14 septem bre 1769 (6 mai). — Mort du ban de Croatie Jel lachich (20 mai).

Ouverture de la diète du duché de Holstein pa le commissaire royal ; les états auront à se pro noncer sur un projet de constitution destiné à remplacer la constitution commune du 2 oct. 1855, abrogée le 6 nov. 1858 (3 janv.). — Opposition rétrograde de la noblesse et du clergé, qui combattent à outrance les projets du gouvernement danois ayant pour objet soit la liberté de conscience, soit une répartition plus équitable des impôts. — Projet d'une constitution commune pour toute la monarchie, et d'une constitution particulière pour le Holstein adopté à l'unanimité par l'assemblée, et adressé au roi le 11 mars. Les principaux points de ce projet étaient les suivants : quatre assemblées législatives (une pour chaque partie de la monarchie) mutuellement indépendantes et ayant chacune le droit de veto. — Formation d'un Etat de Slesvig-Holstein dans l'État danois ; point de représentation commune ; point de droit d'amende ment ni d'initiative'd'aucune sorte pour aucune des assemblées ; représentation seulement par classes et prérogatives ; point de liberté de culte ; réduction des dépenses de la marine militaire presque du double, par clause expresse. — Protestation du commissaire royal contre cette constitution qui ne pouvait avoir d'autre résultat que la dissolution de la monarchie.

Convention entre l'Espagne et le saint-siége, relativement aux biens de l'Eglise (25 août) ; l'objet principal de cette convention est d'échanger les biens de l'Église contre des inscriptions de rente 3 pour 100 non susceptibles d'être transférées et de représenter, par des inscriptions de même nature, le reste de la dotation du culte et du clergé en conservant à l'Église le droit d'acquérir. — Ultimatum adressé par le gouvernement espagnol au Maroc (16 oct.). Il n'est point accepté, et le consul espagnol quitte Tanger, le 19. — Le maréchal O'Donnel annonce aux cortès que le gouvernement a déclaré la guerre au Maroc (22 oct.). — Le commandement en chef de l'armée d'expédition en Afrique, forte de 50000 hommes, est confié au maréchal O'Donnel (4 nov.).

L'assemblée législative des sept îles déclare que l'unique et unanime volonté du peuple ionien est l'annexion des sept îles à la Grèce (27 janv.) ; adresse à la reine d'Angleterre ; refus du gouvernement anglais (30 janv. -5 fév,). — Projet de réforme soumis au Parlement ionien par le lord haut commissaire Gladstone (5 fév.).

Le prince Alexandre Couza est élu hospodar de Moldavie, le 17 janvier, et hospodar de Valachie, le 5 février ; il prend le gouvernement dans les deux principautés sous le nom d'Alexandre Jean Ier . — Conférence de Paris, sur la demande de la Porte, à cause de la double élection du prince Couza, entre les plénipotentiaires d'Autriche, de France, de la Grande-Bretagne, de Prusse, de Russie, de Sardaigne et de Turquie pour l'organisation des principautés (7 avril). — Le 6 septembre, les plénipotentiaires prennent acte de la déclaration de la Porte, par laquelle celle-ci conférait la double investiture au prince Couza exceptionnellement, pour le cas actuel, et souscrivent le protocole final. — Proclamation de la constitution discutée à Fokschau pour la Moldavie et la Valachie (9 nov.).

Le 23 janvier, le général Niel demande solennellement la main de la jeune princesse Clotilde pour le prince Napoléon ; célébration du mariage le 30 janvier. — Vote d'un emprunt de 50 millions (9 fév.). Démission du comte de Cavour et de tout le Ap. J.-C.


ministère acceptée par îe roi, qui charge M. Ratazzi de la formation d’un nouveau cabinet (13 juill.) — Formation du nouveau ministère, avec le ministre de la guerre de la Marmora pour président et M. Ratazzi aux finances (19 juill.). — Le chevalier Farini est proclamé dictateur à Modène par les municipes (27 juill.). — L’assemblée nationale de Toscane vote, à l’unanimité, la déchéance de la dynastie austro-lorraine (16 août). — Le dictateur Farini dépose ses pouvoirs entre les mains des représentants du peuple de Modène, le 16 août, et accepte la dictature du duché de Parme le 18. — Conclusion d’un traité d’alliance défensive entre la Toscane, Parme, Modène et les légations (20 août). — L’assemblée nationale de Modène vote, à l’unanimité, la proposition d’annexion au Piémont, le 20 août ; le même jour, même vote de l’assemblée nationale de Toscane. — Ouverture de l’assemblée nationale des légations (1er sept.). — Un décret du dictateur Farini proclame l’annexion de Parme et de Modène au Piémont. — Victor-Emmanuel reçoit la députation toscane chargée de demander" l’annexion de la Toscane à la Sardaigne (3 sept.) ; le 15, réception des députations de Modène et de Parme ; le 24, réception de celle des légations. — Décret rendu par le gouvernement sarde, qui ordonne la suppression des lignes douanières entre la Lombardie, le Piémont, Modène, Parme et la Romagne (10 oct.). — Lettre de l’empereur Napoléon au roi Victor-Emmanuel pour lui exposer le programme de la régénération de l’Italie sur les bases du traité de Zurich (20 oct.). — Le prince de Savoie-Cari gnan refuse la régence qui lui a été conférée par les assemblées de Parme, de Modène, de la Romagne et de la Toscane, et désigne le commandeur Buoncompagni pour la régence de l’Italie centrale (14 nov.). — Lettre adressée par le pape Pie IX. à l’empereur des Français, dans laquelle il déclare qu’il ne prend part au congrès qu’à la condition que celui-ci reconnaisse l’intégrité des États pontificaux, selon les traités de 1815 (2 déc). — L’empereur Napoléon adresse au pape une lettre en réponse à celle du 2 décembre, par laquelle il insiste sur la cession de la Romagne pour amener la solution de la question italienne (31 déc).

Un détachement de l’armée du Caucase, sous le commandement du général de Wrangel, assiège la dernière position de Schamyl, le mont Gounib. Schamyl se rend à discrétion au commandant en chef Baratinsky et est envoyé, avec son fils aîné, à Saint-Pétersbourg, où il fait son entrée le 26 septembre. Plus tard, on lui assigne comme résidence Kalouga, et le 6 septembre (26 août à Saint-Pétersbourg), comme étant le jour de la soumission du Caucase oriental et de la fin de la guerre de 50 ans, est déclaré un jour de fête pour la Caucasie, par un ukase impérial.

Les ambassadeurs de France et d’Angleterre, accompagnés de l’ambassade des Etats-Unis, voulant remonter le Peïho pour se rendre à Pékin, conformément au traité de Tien-Tsin, trouvent le passage barré ; les escadres essaient de le forcer, mais en vain ; les Anglais perdent 3 canonnières et ont 464 hommes tués ou blessés, et les Français 14 hommes (15 juin).

Le vice-amiral français Rigault de Genouilly, avec 8 vaisseaux de g’uerre et l aviso à vapeur espagnol, s’empare de la ville et de la citadelle de Saigon, en Cochinchine (9 fév.). — Attaque et prise par l’armée franco-espagnole des ouvrages construits sur la rivière de Tourane par les Annamites. — Après avoir vu tous les forts situés sur le fleuve de Saïgon tomber au pouvoir de l’armée franco-espagnole, et ses troupes ayant été repoussées jusqu’à Hué, l’empereur d’Annam demande à faire la paix (30 juill.) ; mais les Annamites ayant paru vouloir seulement gagner du temps, le vice-amiral Rigault de Genouilly recommence la lutte le 15 septembre.

Dépêche du général lord Clyde, commandant en chef des troupes anglaises dans l’Oude, à lord Canning, gouverneur général de Calcutta, sur la fin de la campagne de l’Oude et le rétablissement de l’autorité britannique (7 janv.). Continuation de la lutte sur d’autres points.

Au Mexique, la junte nomme Miramon président de la République (6 janv.). — Le 26, Zuloaga est réintégré dans ses fonctions de président par Miramon, qui se charge provisoirement de la présidence. — Abdication du général Zuloaga en faveur de Miramon, déclaré président de la république (2 fév.) ; guerre civile ; lutte incessante entre le parti libéral ou constitutionnel représenté par Juarez, et le parti clérical représenté par Miramon, le premier ayant son siège à la Vera-Cruz et le deuxième à Mexico. — Juarez, reconnu par les Etats-Unis, institue, par décret, le mariage civil et exproprie le clergé. — Traité de commerce, de navigation et d’amitié entre la Grande-Bretagne et le gouvernement de Nicaragua ; ce traité reconnaît la neutralité de l’isthme (18 janv.). — La chambre des députés de Nicaragua vote une loi, par laquelle la république ouvre au commerce la route de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique, qui passe par son territoire (26 fev.). — Pose de la première pierre, à San-Carlos (Nicaragua), du canal destiné à réunir les deux océans, par le français Belly, en présence des présidents Martinez et Mora (29 avril). — Conclusion d’un traité entre le Guatemala et l’Angleterre, qui détermine les frontières entre le Guatemala et le Honduras britannique (30 avril).

Traité d’alliance entre le Brésil, la Confédération Argentine et l’Uruguay, par lequel le Brésil et la Confédération Argentine reconnaissent l’indépendance et l’intégrité de l’Uruguay (2 janv.). — Lutte entre Buenos-Ayres et la Confédération Argentine ; bataille indécise de Cepada entre les armées de la Confédération Argentine, sous le commandement d’Urquiza, et celles de la république de Buenos-Ayres, commandées par le général Mitre (23 oct.). — Traité de paix à San-José de Florès, sous la médiation du Paraguay ; BuénosAyres déclare entrer dans la Confédération ; elle garde sa langue, son papier-monnaie, sa marine, et envoie des députés au Congrès, proportionnellement à sa population (11 nov.). A Venezuela, chute du général Castro et triomphe des Oligarques. — M. Pedro Gual remplace provisoirement le général Castro ; guerre civile dans les provinces (août-déc). — Guerre civile, anarchie dans la Nouvelle-Grenade. — Dans l’Equateur, au mois de septembre, le général Roblès, président, est renversé et des gouvernements provisoires sont installés, soit à Quito, soit à Guayaquil ; guerre avec le Pérou. — Au Pérou, présidence du général Ramon Castilla. — Le 11 juillet, Castilla dissout le Congrès péruvien, par un décret où il constatait que l’Assemblée, convoquée pour réformer la constitution, avait consacré 125 séances à ne rien faire. — Insurrection au Chili, contre le président, M. Montt (15 janv.) ; elle est comprimée (27 mai).

L’empereur Faustin (Soulouque), défait par les Républicains, se retire à Port-au-Prince, et son armée s’étant réunie à celle du général Geffrard, il abdique le 15 et abandonne l’île le 19. La république est reconnue partout, sans opposition, sous la présidence de Geffrard (10 janv.).

Tentative de soulèvement des Abolitionistes à Harpers Ferry, dans l’Etat de Virginie, sous la Ap. J.-C.


conduite de John Brown. La plupart des émeutiers sont condamnés à être pendus (17 oct.).

1860. Remplacement par M. Thouvenel de M. Walewski au ministère des affaires étrangères ; M. Walewski est nommé membre du conseil privé avec un traitement de 100 000 francs (4 janv.). — Suppression du journal l'Univers (19 janv.). — Conclusion entre la France et l'Angleterre du célèbre traité de commerce qui inaugurait le triomphe définitif du libre-échange. La France abandonne les prohibitions, qui sont remplacées par des droits ne pouvant dépasser 30 pour 100 de la valeur. Elle obtient en retour la franchise complète pour la plupart de ses produits à l'importation en Angleterre, ainsi que la réduction des droits en faveur des vins et des spiritueux.

Ouverture du sénat et de l'assemblée législative par l'empereur Napoléon III. Dans le discours du trône, l'empereur déclare ouvertement que, dans le cas d'un agrandissement de la Sardaigue dans l'Italie centrale, il est de son devoir de revendiquer le versant français des Alpes pour la sécurité de la France (1er mars). — Traité du 24 nov. qui consacre l'entente des cabinets de Paris et de Turin pour la réunion à la France de la Savoie et de l'arrondissement de Nice ; ce traité fut ratifié par le vote presque unanime des populations (22 avril).

— Entrevue de Bade, où l'empereur Napoléon III se rencontre avec le prince régent de Prusse, avec le roi de Wurtemberg, de Bavière, de Saxe, de Hanovre, avec cinq ducs et grands-ducs. Elle était destinée à calmer les appréhensions de l'Allemagne au sujet des pensées d'agrandissement que l'on prêtait à la France du côté du Rhin (15 juin).

— L'empereur et l'impératrice entreprennent un voyage dans le midi de la France et dans les provinces nouvellement annexées, la Corse et l'Algérie (23 août-22 sept.). — Un décret impérial accorde aux chambres une participation plus grande et plus directe à la politique générale du gouvernement (24 nov.).

Lord Russell propose à la chambre des communes un bill pour l'amélioration des lois sur la représentation populaire en Angleterre et le pays de Galles (2 mars) ; il le retire (12 juin). — Le cabinet anglais reconnaît Victor-Emmanuel comme roi d'Italie (24 mars). — Discussions dans la chambre des communes contre la politique de l'empereur Napoléon III, à l'occasion de la délibération sur le budget. Le ministre des affaires étrangères, lord John Russell, expose que l'entente cordiale avec la France est rompue, et que l'Angleterre aura à chercher ses amis ailleurs (26 mars) Le bill relatif aux fortifications est adopté, avec une grande majorité, dans la chambre des communes (2 août).

Entrevue de l'Empereur d'Autriche et du prince régent de Prusse à Tœplitz (25-27 juil). — Entrevue de l'empereur de Russie, de l'empereur d'Autriche et du prince régent de Prusse à Varsovie (22-26 oct.). L'empereur d'Autriche essaye en vain d'entraîner l'empereur de Russie et le roi de Prusse à l'appuyer dans ses vues hostiles au Piémont. — Commencement des dissentiments entre le gouvernement prussien et la 2e chambre au sujet de la réorganisation de l'armée. — L'empereur d'Autriche décrète la suppression des lois qui excluaient les Juifs de l'exercice de certaines industries et qui leur interdisaient le séjour de la plaine dans les pays de la couronne, Ksclavoniens et Magyars (10 janv.). — Un autre décret, du 18 février, leur permet d'acquérir des propriétés foncières dans tous les pays de la couronne. — Création du conseil de l'empire renforcé le 5 mars ; il devra se réunir au mois de mai ; dans ce conseil devront siéger 38 membres des repré-

Ap. J.-C.


sentations provinciales, de chacun des pays de la couronne, pour la durée de 6 ans, et rééligibles à l'expiration de ce terme. — Changements importants opérés dans le ministère : M. de Schmerling est nommé ministre d'Etat, M. de Plener ministre des finances, et M. de Rechberg conserve la présidence du conseil, avec le portefeuille des relations extérieures (13 déc) ; l'Autriche entre franchement dans la voie du gouvernement constitutionnel sous l'impulsion de M. de Schmerling qui adresse aux autorités civiles placées sous ses ordres une circulaire où il exposait ses vues sur toutes les questions pendantes : le libre exercice des cultes reconnu ainsi que celui de la presse ; nécessité de séparer la justice de l'administration ; droit d'initiative accordé aux représentations provinciales, avec la publicité des délibérations ; les membres du conseil de l'empire doivent être élus directement par les diètes provinciales.

Bataille de Tétouan gagnée par les Espagnols sur les Marocains (4 févr.) ; le 7, le général en chef O'Donnel, à la suite de cette victoire, est promu à la dignité de Grand d'Espagne de l'e classe. — Armistice entre le Maroc et l'Espagne (16 fév.) ;il est rompu le 23. — Le 25 mars, préliminaires de paix sanctionnés par la reine le 29 ; le Maroc paye une indemnité de 20 millions de piastres, et cède à l'Espagne tout le territoire compris depuis la mer, en suivant les hauteurs de Sierra-Bullones, jusqu'au chemin d'Anghera. — Le capitaine-général des îles Baléares, J. Ortega débarque avec les troupes qui sont sous son commandement (3000 h.), non loin de Tortose, et proclame le comte de Montemolin comme roi sous le nom de Charles VI d'Espagne, mais il est forcé de fuir, par ses propres troupes, avec le comte de Montemolin, son frère Ferdinand, et les généraux Elio et Cabrera (3 avril) ; Ortega est fusillé à Tortose, le 19. — Le comte de Montemolin et son frère Ferdinand sont arrêtés le 21, dans le voisinage de Tortose ; le 23, le comte de Montemolin renonce à ses droits comme prétendant à la couronne d'Espagne en faveur de la reine Isabelle et de ses descendants ; le 28 juin, le comte et son frère Ferdinand publient une déclaration datée de Cologne par laquelle ils annulent cette renonciation.

Retraite du ministère Ratazzi (20 janv.) ; M. de Cavour rentre aux affaires. Formation d'un nouveau cabinet, où M. de Cavour prend la présidence et les affaires étrangères. — Le 27 janvier, il adresse aux agents diplomatiques du royaume une circulaire où, posant l'impossibilité de toute restauration dans l'Italie centrale, il se reconnaissait tenu de satisfaire aux légitimes exigences des populations au sujet de l'annexion de cette partie de l'Italie. — Le 11 et le 12 mars, tous les citoyens de la Toscane et de l'Emilie âgés de 21 ans, et jouissant de l'exercice de leurs droits civils, sont appelés à se prononcer pour l'une de ces 2 propositions : annexion à la Sardaigne, ou organisation du pays en royaume séparé ; les habitants de ces provinces se prononcent pour l'annexion, qui est proclamée officiellement le 18 mars pour l'Emilie, et le 22 pour la Toscane.

Entrée solennelle du prince de Carignan à Florence, en qualité de gouverneur du roi de Sardaigne dans la Toscane, qui doit conserver une organisation autonome (29 mars). — Le 2 avril ouverture solennelle à Turin du premier parlement italien. — Commencement de la révolution en Sicile. Soulèvements à Palerme, Messine, Catane (4 avril). — Dans les Etats-Romains, le général Lamoricière reçoit le commandement en chef de l'armée pontificale (7 avril). — Le comte Xavier Mérode prend le portefeuille du ministère de la guerre à la place du cardinal Antonelli (20 avril).

— Garibaldi se rend dans la nuit du 5 au 6 mai Ap. J.-C.


avec 2000 h. environ et 3 navires de Gênes en Sicile, après avoir donné sa démission de député et de général dans l'armée piémontaise (5 mai) ; il débarque à Marsala le 10 ; le 14, il prend la dictature de l'île au nom de Victor-Emmanuel. — Prise de Palerme par Garibaldi ; bombardement de la ville et de la citadelle par la flotte royale (27 mai). — Le roi de Sardaigne signe le traité relatif à la cession de la Savoie et de Nice (11 juin) ; la France prend définitivement possession de ces provinces le 14. — A Naples, ministère Spinelli ; la constitution de 1848 est remise en vigueur ; convocation des chambres pour le 10 septembre ; la direction de la police est confiée à M. Liborio Romano, ancien avocat longtemps exilé en France. — Tentative de réaction militaire (15 juillet), modifications dans le ministère ; le général Pianelli prend le portefeuille de la guerre, et M. Liborio Romano celui de l'intérieur. — Garibaldi occupe la ville de Messine, moins la citadelle (25 juil.). — Il débarque dans le royaume de Naples, à 12 lieues de Reggio, près de Melito ; occupation de Reggio (19 août). — Le roi François II abandonné de ses ministres quitte Naples pour se rendre à Gaëte, ou refuse de le suivre la marine napolitaine (6 septembre). — Commencement de l'insurrection dans les Marches et l'Ombrie ; entrée de Garibaldi à Naples, sans ses troupes (6-8 sept.). M. Liborio Romano conserve le ministère de l'intérieur et prend la présidence du Conseil.

Ultimatum du comte de Cavour adressé au saint-siége ; il exige que celui-ci congédie les troupes étrangères qui sont à sa solde (7 sept.) ; réponse négative du cardinal Antonelli, le 11. — Invasion des États de l'Église par les troupes piémontaises (11 sept.). — Bataille livrée par le général Cialdini près de Castelfidardo ; les 4000 Italiens de l'armée du saint-siége ayant refusé de se battre, 7000 Français, Belges, Allemands et Suisses tiennent tête pendant 2 ou 3 heures à 12 ou 15 000 Piémontais ; mort héroïque du général Pimodan commandant l'avant-garde de l'armée papale ; le général Lamoricière se retire sur Ancône. — Dissolution de l'armée papale ; le vice-amiral Persano arrive avec la flotte napolitaine devant Ancône. Ouverture du bombardement (18 sept). — Dans la nuit du 21-22, les troupes royales reprennent Cujazzo, après avoir fait éprouver de grandes pertes aux garibaldiens. — Le général sarde Cialdini passe à Ascoli la frontière napolitaine et occupe Teramo (23 sept). — Ancône se rend aux Piémontais. Le général Lamoricière est fait prisonnier de guerre avec la garnison (29 sept.). — Prise de Capoue par les troupes sardes (2 nov.). — Les troupes napolitaines sont attaquées au delà du Garigliano par les troupes sardes avec l'aide de l'escadre sarde-napolitaine et mises en déroute. Une partie d'entre elles (15 à 20 000 h.) se retirent sur le territoire romain, où elles sont désarmées. — Investissement de Gaële (3 nov.). — Entrée à Naples de Victor-Emmanuel ; il annonce par une proclamation qu'il prend possession de la souveraineté des Deux-Siciles, qui lui a été conférée par le suffrage universel (7 nov.) — M. Farini est nommé lieutenant-général à Naples, et M. de Montezemolo en Sicile. — Mécontentement, exigences et retraite de Garibaldi dans l'île de Caprera. — La réaction contre le gouvernement sarde prend de l'extension dans les provinces napolitaines (14 nov.) ; le 27,1'état de siège est prononcé contre les provinces soulevées (Abruzzes etc.).

Continuation du démêlé entre le Danemark et l'Allemagne. La diète de Francfort déclare renoncer au projet d'exécution préparé par la résolution fédérale du mois d'août 1858, à condition qu'en attendant l'établissement d'une constitution


Ap. J.-C.


définitive, les projets de lois présentés au rigsraad le seraient également aux états du Holstein et du Lauenbourg. — Prétentions envahisantes du gouvernement prussien qui affiche ouvertement l'intention de prendre en main la défense de la population allemande du Slesvig suivant lui opprimée.

— M. Hall, ministre des affaires étrangères du roi de Danemark, établit que son souverain s'est parfaitement conformé aux intentions royales exprimées dans les dépêches échangées entre le Danemark et les puissances allemandes en 1850 et 1852, que non-seulement les états provinciaux avaient été rétablis pour le Slesvig, mais que ceux-ci avaient été investis d'un vote délibératif pour les affaires provinciales, que la décentralisation avait été poussée à ce point qu'on avait séparé les revenus propres du duché des revenus communs de la monarchie. — Que quant aux députés holsteinois, ce n'était pas le gouvernement du roi qui les avait fait sortir du rigsraad, mais la diète de Francfort elle-même, etc. — Intervention de lord Russell entre le Danemark et les puissances allemandes.

Commencement de l'agitation en Pologne ; le 29 novembre, on célèbre dans l'église des Carmélites le 30e anniversaire de la révolution de 1 830, le gouvernement veut s'opposer par la force à cette cérémonie ; nombreuses victimes. — Toute l'année 1860 est consacrée à l'accomplissement du grand acte de l'abolition du servage en Russie.

En Turquie, les Bulgares se séparent du siège de Constantinople ; un certain nombre d'entre eux s'unissent à l'Église romaine à la condition de conserver comme les Arméniens et les Grecs d'Asie les rites et usages orientaux. — Immigration dans la Turquie des Tartares de la Crimée et du Caucase.

— Massacre des chrétiens dans la montagne et à Damas par les Druses. Belle conduite d'Abd-el-Kader. — Les consulats étrangers, à l'exception de ceux de l'Angleterre et de la Prusse, sont incendiés ; le consul des Pays-Bas est tué, le consul américain est blessé (9-16 juil.). Initiative de la France pour une intervention européenne ; adhésions spontanées des grandes puissances ; envoi dans le Liban de 6000 hommes sous le commandement du général de division Beaufort d'Hautpoul. — Convention du 5 septembre entre les puissances au sujet de l'intervention en Syrie ; Muchir-Ahmed Pacha, ex-gouverneur de Damas, ainsi que les deux officiers commandant à Hasbeya et Deir-el-Kamar pendant le soulèvement des Druses, Osman bey et Abdul-Selim bey sont condamnés à mort et fusillés (8 sept.). — Une commission européenne est chargée d'aviser aux moyens de réorganiser la Syrie de façon à prévenir le retour de pareils massacres et d'estimer les indemnités à accorder aux familles des victimes.

Ultimatum adressé par l'Angleterre et la France au gouvernement chinois pour lui demander satisfaction à cause des événements du Peïho (9 mars) ; il est renouvelé le 25 avril. — Débarquement des troupes alliées à l'embouchure du Peïho et commencement des hostilités (1er août).

— Attaque et prise des forts du Taku par les alliés (21 août). — Marche des alliés sur Pékin (8 sept.). — Victoire des alliés sur la cavalerie tartare à Tchang-Kia (18 sept.). — 2e victoire des alliés à Palikao (21 sept.). — Prise de Pékin (13 oct.). — Paix de Pékin (26 oct.). — Le 2 novembre est signé entre l'empereur Alexandre et la Chine un traité de la plus haute importance qui ouvrait complètement la Chine aux Russes.

En Cochinchine, Saigon est déclaré possession française (2 fév.). — Dans les Indes britanniques, lord Clyde, dans son ordre du jour, déclare que _ l'expédition contre les rebelles du Nipal est terminée (16 janv.). Ap. J.-C.

Au Mexique, guerre civile entre le général Miramon siégeant à Mexico et M. Juarez établi à la Vera-Cruz. Bombardement de la Vera-Cruz par Miramon du 13 au 18 mars. — Défaite de Miramon par le général Gonzalès Ortega, à Saint Miguel Calculalpan ; entrée de l'armée victorieuse des libéraux à Mexico (22-25 déc).,

Nomination à la présidence des Etat-Unis du candidat du parti républicain, Abraham Lincoln. Il en résulte une agitation dans les Etats du Sud (à esclaves), ayant pour but une séparation du Sud d'avec le Nord (6 novembre). — Séparation de la Caroline du sud (20 déc.)

Le flibustier Walcker contraint par un navire de guerre britannique d'évacuer Truxillo le 1er septembre est fait prisonnier peu après par les troupes honduraises, avec le concours de l'équipage britannique, et fusillé, le 12 septembre.

Sans le Venezuela, depuis la chute des Monagas, la guerre civile n'a pas cessé ; en 1859, elle s'était compliquée d'une rupture diplomatique avec la France ; en 1860, elle continue en s'aggravant d'une rupture avec l'Espagne ; lutte entre les fédéralistes et les oligarques, défaite des premiers, réunion du Congrès a Caracas ; élection de M. Tovar à la présidence de la république — Même situation dans la Nouvelle Grenade, où depuis 1859 la lutte continuait entre les radicaux et les conservateurs ; le candidat de ces derniers, M. Julio Arboleda, l'emporte en septembre, mais ne peut prendre possession de la présidence pour cause de révolution ; le général Mosquera, chef des radicaux, parviendra à empêcher en 1861 la réunion du congrès chargé de valider l'élection de M. Arboleda. — Déplorable anarchie dans l'Equateur, où il existait en réalité deux gouvernements, l'un établi à Quito, avec M. Garcia Moreno, chef principal du parti conservateur, l'autre à Guayaquil, avec le général Franco. Guerre civile. — Arrivée du général Florès, il triomphe de Franco et fait son entrée à Guayaquil ; réunion d'une convention nationale. 1861 Lettre de l'empereur au ministre de la marine, en date du 1er juillet, pour interdire sur la côte d'Afrique le système d'engagement des noirs, contre lequel l'Angleterre avait élevé des réclamations ; il obtient en échange l'autorisation de recruter des bras dans l'Inde-Anglaise pour le travail des colonies. — Cession à la France par le prince de Monaco moyennant 4 millions de francs des communes de Mentone et Roquebrune (2 févr.) — L'empereur Napoléon III reçoit la visite du roi de Suède (6 août), du roi de*Prusse (6-8 oct.), du roi de Hollande (12-19 oct.). — Mesures prises contre la société de Saint-Vincent de Paul (oct.). — M. Fould remplace M. Forcade de la Roquette au ministère des finances. Une lettre de l'empereur au ministre d'Etat, comte de Walewski, approuve les projets de finance de M. Fould, et exprime la résolution de renoncer à la prérogative d'ouvrir dans l'intervalle des sessions des chambres des crédits supplémentaires ou extraordinaires (14 nov.). — Le budget pour l'exercice 1862 fut fixé ainsi qu'il suit : dépenses, 1 969 769 ; recettes, 1 974 070.

Mort du prince Albert, époux de la reine Victoria (14 déc).

En Espagne, soulèvement à Loja dans la province de Murcie (29 juin) ; il est reprimé le 4 juillet par les troupes du gouvernement. — Traités conclus avec le Maroc pour régler le paiement des frais de la guerre, l'évacuation de Tétuan et les relations commerciales entre les deux pays (30 oct. ; 20 nov.).

En Autriche, l'empereur François-Joseph publie les statuts de la nouvelle constitution de l'empire (26 fév.) ; les diverses provinces, recouvrent leurs


Ap. J.-C.


coutumes anciennes et l'usage public de leurs langues ; l'autonomie des peuples est respectée, sans que l'ensemble de la monarchie soit détruit ; une représentation générale de l'Autriche, où siégeront des délégués de chaque assemblée provinciale, sera réunie à Vienne ; les Magyars refusent de se rendre au conseil de l'Empire ; dissolution de la diète de Pesth (21 août). — Résistance des populations de la Transylvanie, de la Croatie, et de la Dalmatie à une fusion avec les Magyars. — Décret accordant aux sujets protestants de sectes reconnues antérieurement les mêmes droits civils et politiques qu'aux catholiques (8 avril).

Avènement de Guillaume 1er au trône de Prusse (2 janvier). — Amnistie générale (12 janvier). — Dissidence de la chambre des seigneurs et de la chambre des représentants. — Couronnement solennel de Guillaume Ier à Kœnigsberg (18 oct.) — Notes identiques adressées à Rerlin par les gouvernements d'Autriche, de Bavière, de Saxe-Royale, de Hanovre, de Wurtemberg, de Nassau, de Hesse-Darmstadt, de Saxe-Meiningen, des deux Mecklembourg contre les projets d'Union restreinte de la Prusse (2 février).

Le prince Carignan est nommé gouverneur général de Naples (3 janv.) — Cessation des hostilités devant Gaëte, d'après l'ordre de l'empereur Napoléon III. Durée de l'armistice du 9 au 19 janvier. — Reddition de Gaëte au général Cialdini (13 févr.). — Le roi et la reine des Deux-Siciles se retirent à Rome, où ils arrivent le 15. — Ouverture du premier parlement à Turin, composé des 443 députés de toutes les provinces annexées jusque-là (18 février). — Reddition de la citadelle de Messine (13 mars). — Victor-Emmanuel prend le titre de roi d'Italie, par la grâce de Dieu et la volonté du peuple, après un vote unanime du Parlement de Turin (17 mars). — M. de Cavour déclare que l'Italie ne peut se constituer sans Rome pour capitale et formule pour la première fois l'idée de l'Église libre dans l'État libre (séance du 25 mars.) — Mort du comte de Cavour, président du conseil des ministres, ministre des affaires étrangères et de la marine (6 juin). — Formation du ministère Ricasoli (12 juin). L'empereur Napoléon III reconnaît le royaume d'Italie (25 juin) ; les relations diplomatiques entre la France et le cabinet de Turin sont reprises. Extension des soulèvements dans l'ancien royaume de Naples, en faveur de François II (30 juin).

Troubles à Varsovie ; adresse au czar pour le rétablissement de la nationalité polonaise (février). — Réponse du czar qui promet des réformes (9 mars). — Publication d'un manifeste du czar qui décrète l'émancipation des serfs dans toute la Russie (17 mars). — Le 27, publication d'un décret contenant les réformes accordées au royaume de Pologne. — Convocation d'une commission des états Finlandais à Helsingfors pour le 20 janvier 1862 ; chaque ordre y enverra 12 membres, qui exerceront momentanément les fonctions de la diète (10 avril). — Mise en vigueur de la loi du 16 mai) 861 concernant l'abolition des servitudes des paysans polonais (1er oct.). Troubles à Varsovie à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Kosciusko (15 oct.).

Malgré la décision fédérale du 8 mars 1860, le cabinet de Copenhague déclare exécutoire dans les duchés de Holstein et de Lauenbourg le budget de la monarchie pour l'exercice 1860-1861 ; protestation de la diète de Francfort qui accorde un délai de 6 semaines au Danemarck ; celui-ci cède, mais en ayant soin de déclarer que cette concession était essentiellement provisoire.

Révolution dans l'Herzégovine avec l'appui des Monténégrins (28 janv.). — La Porte déclare qu'elle est disposée à reconnaître avec l'assentiment Ap. J.-C.


des 5 grandes puissances l'union des Principautés danubiennes tant que le prince Couza vivra (1er mai). — Omer-pacha se rend en Bosnie avec la commission internationale pour s'enquérir de la situation du pays et pour le pacifier (16 mai). — Le congrès international pour la Syrie clôt ses séances. La Porte nomme un gouverneur général shrétien qui résidera à Deir-el-Kamar (9 juin). — Les troupes françaises évacuent la Syrie (5 juillet).

Omer-pacha commence les opérations contre les insurgés de l'Herzégovine, commandés par Luca Vukalovitch (1er sept.). — Proclamation à Jassy et à Bukharest de la réunion des deux Principautés danubiennes en un État sous le nom de Roumanie (23 déc).

La province de Delhi et tout le bassin supérieur du Gange sont en proie à une effroyable famine qui dépeuple des cantons entiers ; l'administration des Indes est forcée pour soulager les populations de contracter sur la place de Londres un emprunt de 75 millions de francs.

Installation des ambassades britannique et française à Pékin (26 mars). — Mort de l'empereur Hien-foung à Jehol, en Mongolie ; avènement de son fils aîné sous le nom de Chi-Siang ; crédit du prince Kong, qui était favorable aux Européens. — Progrès de l'insurrection chinoise ; prise de Ning-po par les rebelles ; intervention des puissances européennes. — En Cochinchine, prise du fort Mycho par les Français (12 avril). — Prise de la forteresse annamite Bien-Hoa par les Français et les Espagnols (15 déc).

Le président Juarez, représentant du parti dit démocratique, fait son entrée solennelle dans Mexico et commence l'organisation du gouvernement (19 janv.). — Il est élu par le congrès président de la république, et revêtu, en vertu d'une loi particulière, de la dignité de dictateur absolu ; Indien d'origine, M. Juarez témoigne une hostilité systématique contre les Européens ; L'ambassadeur d'Espagne, M. Pacheco, et le représentant du Saint-Siège, Mgr Clementi, sont violemment expulsés comme partisans de Miramon. — Le parti clérical, sous le commandement du général Marquez, devient de nouveau puissant (30 juin). — Rupture des relations diplomatiques entre le gouvernement mexicain et les envoyés de France et d'Angleterre par suite d'une décision du congrès en vertu de laquelle les payements à effectuer à l'étranger seraient suspendus pour deux ans. — Convention de Londres pour une intervention commune au Mexique entre l'Angleterre, la France et l'Espagne (31 oct.). Les représentants de la France et de l'Angleterre envoient un ultimatum au gouvernement du président Juarez (24 nov.). — L'ambassadeur français quitte Mexico (7 déc.) ; le 8, arrivée de l'escadre espagnole devant la Vera-Cruz. — Le congrès s'ajourne après avoir donné plein pouvoir au président (15 déc). — L'ambassadeur anglais quitte Mexico le 16. — Le 17 décembre, débarquement à la Vera-Cruz des troupes espagnoles, qui sont bientôt suivies par le corps expéditionnaire de la France et de l'Angleterre.

Les députés des 6 Etats séparatistes (Caroline du Sud, Géorgie, Alabama, Floride, Mississipi, Louisiane) se réunissent à Montgomery pour former une confédération (4 février) ; le 9, l'assemblée de Montgomery adopte une constitution et institue un gouvernement provisoire. Jefferson Davis est élu président pour 6 ans. — Commencement des hostilités entre les États du Nord et ceux du Sud (fédéraux et confédérés). Les troupes de la Caroline, commandées par le général Beauregard, attaquent le fort Sumter (baie de Charleston) défendu par les fédéraux. Ces derniers se rendent après un bombardement de 40 heures (12 avril).

Ap. J.-C.

— Proclamation du président Lincoln, dans laquelle il appelle 75 000 hommes de milice sous les armes, convoque un congrès extraordinaire et donne un délai de 20 jours aux États du Sud, dans l'intervalle duquel ils devront mettre bas les armes (15 avril). — Formation et organisation de l'armée du Nord sous la direction du général Scott.

Les troupes unionistes, commandées par Mac-Clellan, remportent une victoire près de RichMountain (Virginie occidentale) (11 juillet). — Bataille de Bull's Runn, près de Manassas-Junction ; les unionistes, commandés par Mac-Dowell, livrent bataille aux troupes séparatistes commandées par le général Beauregard et sont mis en déroute après un combat de neuf heures (21 juillet). — Proclamation du président Lincoln, dans laquelle il déclare les habitants de la Géorgie, de la Caroline du Sud, de la Virginie (à l'exception de la partie située à l'O. des Alleghanys), de la Caroline du Nord, du Tennessee, de l' Alabama, de la Louisiane, du Texas, de l'Arkansas, du Mississipi et de la Floride, en état d'insurrection contre les Etats-Unis ; il interdit toute relation de commerce avec eux et ordonne de confisquer toutes les marchandises et effets qui passeront de l'un de ces États dans les autres parties de l'Union (16 août). — Les troupes unionistes, sous les ordres du colonel Mulligan, capitulent à Lexington (Missouri), après avoir défendu depuis le 16 septembre les retranchements de cette ville contre les troupes séparatistes commandées par le général Price (20 sept.). — Le 1er novembre, Mac-Clellan reçoit le commandement en chef de l'armée du Potomac ; le 7, prise des forts de Port-Royal par les fédéraux (Caroline du Sud). — Le capitaine Wilkes, commandant le steamer américain SanJacinto, arrête en pleine mer (canal de Bahama) les commissaires séparatistes Mason et Slidell, ainsi que leurs secrétaires qui se trouvaient à bord du Trent, steamer anglais (8 nov.) ; réclamations du gouvernement anglais ; les commissaires séparatistes sont mis en liberté ; l'Angleterre se déclarera satisfaite (déc. 1861-janv. 1862). — Les banques de toutes les places de commerce importantes dans le Nord suspendent les payements en numéraires.

Réincorporation de la république Dominicaine à l'Espagne (19 mai). Cet acte de prise de possession avait été préparé par un mouvement plus ou moins spontané qui s'était produit dans cette petite république, mouvement dont le général San tana avait pris l'initiative, et qui s'était manifesté par un vote populaire appuyé de quelques forces militaires envoyées de Cuba. — Dans le Venezuela, lutte entre les oligarques et les fédéraux ; anarchie ; révolution du 29 août à Caracas et dictature du général Paez ; continuation de la guerre civile. — Dans la Nouvelle-Grenade, le général Mosquera, ancien président conservateur, se met à la tête d'une insurrection démocratique contre le président, M. Mario Ospina, qui est renversé ; abominables assassinats commis par le parti vainqueur sur ses adversaires ; lutte entre Mosquera et M. Julio Arboleda, élu président et représentant dans le sud du pouvoir dit légitime. — Dans l'Equateur, triomphe du parti conservateur avec M. Garcia Moreno. — Hostilités avec la Nouvelle-Grenade ; défaite par M. Arboleda de M. Garcia Moreno, quiest fait prisonnier, puis relâché. — Au Chili, un Français, M. de Tonnens, se fait proclamer roi de l'Araucanie, sous le nom d'Orélie-Antoine I er, en promettant aux Indiens de les défendre contre les envahissements du gouvernement chilien ; il sera victime d'un guet apens au commencement de l'année suivante et jeté en prison. — La lutte recommence entre Buenos-Ayres et la Confédération Argentine (29 août) ; le général Urquiza, Ap. J.-C.


commandant en chef des troupes argentines, est battu sur le Pavon (Etat de Santa-Fé) par le général Mitre, gouverneur de Buenos-Ayres, le 17 sept. ; il est remplacé par le général Vivasoro ; nouvelle victoire des troupes de Buenos-Ayres ; la plupart des États se déclarent alors pour cette dernière ville (22 nov.) ; le président de la république Argentine, Santiago Derqui, dépose sa charge, et le gouvernement est confié provisoirement au général Mitre, qui est chargé de convoquer un congrès national, pour le 25 mai 1862, à Buenos-Ayres, où le corps diplomatique, qui résidait jusqu'alors à Parana, transfère aussi sa résidence.

1862. M. Fould publie un programme financier, dont les trois termes étaient : pas d'emprunt, création ou augmentation d'impôts, conversion facultative de la rente 4 1/2 p. 100, au moyen d'une combinaison qui laisserait aux mains du trésor le produit de la soulte formant la différence de valeur entre le capital des deux fonds (22 janv.). — Ouverture des Chambres par l'Empereur (27 janv.). — Discussion au Corps législatif de la loi relative à la conversion de la rente 4 1/2, de la rente 4 p. 100 et des obligations trentenaires (séances des 7 et 8 févr.) ; elle est votée à la majorité de 226 contre 19, et promulguée le 12 février. Tout le temps que dura la conversion, les cours des fonds publics éprouvèrent de fortes alternatives de hausse et de baisse. En février 1862, le cours du 4 1/2 a dépassé le pair et atteint 101 fr., pour retomber ensuite à 98. Le plus haut cours du 3 p. 100 a été de 72 fr. 90 c. en octobre 1861, et le plus bas de 67 fr. 85 c. en août 1862. Le gouvernement obtint la conversion d'une somme de 134 914 481 fr. de rentes 4 1/2 et 4 p. 100 en 3 p. 100, et le produit de la soulte versée par les rentiers convertis fut de 157 631 289 fr., déduction faite de 2800 000 fr. environ dépensés pour les frais de l'opération. — La crise cotonnière atteint de désastreuses proportions dans le département de la Seine-Inférieure ; une souscription publique est ouverte dans toute la France au profit des ouvriers rouennais, et une loi votée d'urgence par les Chambres ouvre au gouvernement un crédit de 2 millions pour travaux extraordinaires à entreprendre dans les régions où l'industrie cotonnière était le plus cruellement frappée (3 mars). — M. Drouyn de Lhuys remplace M. Thouvenel aux affaires étrangères (15 oct.). — Le gouvernement français invite inutilement les cabinets de Londres et de Saint-Pétersbourg à intervenir entre les Américains du Nord et ceux du Sud (30 oct.). — Fondation de la Société du Prince-Impérial, dite aussi Société des prêts de l'enfance au travail (26 avril). — Le budget de 1863 est de 1 851 589 000 fr. pour les recettes et de 1842 695 000 fr. pour les dépenses.

Fin du démêlé entre l'Angleterre et les États-Unis ; le gouvernement fédéral désavoue la conduite du capitaine Wilkes et remet les prisonniers, MM. Slidell et Mason, enlevés sur le Trent. — Exposition universelle de 1862 à Londres. — Développement de l'institution des volontaires. — Détresse du Lancashire par suite de la crise cotonnière.

Formation, en Hollande, d'un ministère libéral, sous la présidence de M. Thorbecke (1er janv.).

L'égalité civile des dissidents et des israélites est publiée sous forme de loi dans le Wurtemberg (1er janv.). — L'électeur de Hesse dissout pour la troisième fois sa Chambre, qui déclare ne pas vouloir retirer sa réserve en faveur de la constitution de 1831 (8 janv.) ; dans l'assemblée fédérale du 8 mars, la Prusse et l'Autriche font la proposition de sommer le gouvernement hessois de remettre en vigueur la constitution du 5 mars 1831, sous la réserve des modifications à introduire par


Ap. J.-C.


voie constitutionnelle pour mettre la constitution de 1831 en rapport avec les lois fédérales. Le 6 mai, la Prusse déclare son intention d'intervenir dans la Hesse électorale ; le 8, le général de Willisen est envoyé à Cassel. Ordre de mobilisation des 4e et 7e corps d'armée ; le 20, rupture des relations diplomatiques entre les deux États, après le rejet de l'ultimatum prussien par le prince-électeur ; le 24, la Hesse électorale déclare se soumettre à la décision fédérale relative au rétablissement de la constitution hessoise. — Conférence des représentants des États allemands à Weimar. — Fondation d'une commission permanente d'une diète des députés allemands (fin sept.). — Assemblée du parti de la Grande-Allemagne à Francfort-sur-le-Mein. — Fondation d'une « société de réforme » par le parti de la Grande-Allemagne (28-29 oct.).

Le roi de Prusse, après avoir rejeté la démission du ministère, décrète la dissolution de la chambre des députés (11 mars). — Formation d'un nouveau ministère par décret royal () 8 mars). — La Prusse reconnaît Victor-Emmanuel comme roi d'Italie (21 juillet). — Signature à Berlin du traité de commerce et de navigation avec la France (2 août) ; plusieurs États allemands refusent d'accéder à ce traité. — Dans la chambre des députés de Berlin, le projet du gouvernement concernant le budget militaire pour 1862 est rejeté par 308 voix contre 11. Entrée de M. de Bismarck dans le ministère (23 sept.) ; il est nommé président du ministère d'État et ministre des affaires étrangères, le 9 oct. — Division entre la chambre des seigneurs et la chambre des députés ; clôture de la session (13 oct.). — En Autriche, un décret impérial établit la séparation des affaires de la marine du ministère du commerce, et la formation d'un ministère de la marine (20 août).

Les incendies de Saint-Pétersbourg deviennent le signal d'une politique de plus en plus réactionnaire. Publication d'un ukase impérial du 5 juin concernant l'égalité civile des israélites en Pologne. — Le grand-duc Constantin est nommé lieutenant général du royaume de Pologne (8 juin). — Tentative d'assassinat sur le général Luders par un Polonais (27 juin) ; sur le grand-duc Constantin le 3 juillet ; sur le marquis Wielopolski, chef de l'administration civile du royaume, les 7 août et 1 5 août. — La Russie reconnaît le royaume d'Italie (10 juillet).

Continuation des difficultés entre l'Allemagne et le Danemark. — Le 6 janvier, le comte Bussell adresse à lord Loftus, ambassadeur d'Angleterre à Berlin, une dépêche énergique, où il s'élevait contre la proposition d'attribuer une voix égale dans la décision des affaires communes à chacune des 4 assemblées du Danemark. — Dépêche contradictoire adressée par le même ministre au Danemark après le voyage de la reine Victoria en Allemagne (24 sept.) ; il s'y montre beaucoup moins favorable au Danemark. — Béplique de M. le comte de Manderstrom, au nom du gouvernement suédo-norvégien (12 oct.).

La France et la Suisse concluent à Berne un traité pour le règlement de la frontière de la vallée des Dappes (8 déc.) — M. de Thouvenel adresse une note à l'ambassadeur français à Borne, dans laquelle il charge celui-ci de sonder les dispositions du gouvernement papal à régler la question romaine (11 janv.) ; le gouvernement papal déclare ne pouvoir se prêter à aucun arrangement. — Le ministère Ricasoli donne sa démission (1er mars) ; formation du ministère Ratazzi (4 mars). — Fête de la canonisation des martyrs du Japon, à Rome ; allocution du pape à l'assemblée des évêques ; ceux-ci lui présentent une adresse, dans laquelle ils se déclarent pour la puissance temporelle du pape (8-9 juin). — Le 24 juin, le cardinal Ap. J.-C.


Antonelli refuse au nom du pape toute proposition d'arrangement. — Garibaldi débarque de Catane à Mélito, sur la côte méridionale de la Calabre (24 août). — Mise en état de siège de Naples et des provinces napolitaines. Le général la Marmora est nomme commissaire extraordinaire avec pouvoirs illimités (26 août) ; le 28, le colonel Pallavicini, avec 1800 bersaglieri, attaque les troupes de Garibaldi à Aspromonte. Ce dernier est blessé et fait prisonnier. — M. Ratazzi fait adresser par le général Durando, ministre des affaires étrangères, une circulaire à tous les agents diplomatiques de l'Italie, dans laquelle, après avoir annoncé la défaite de Garibaldi, il exposait que la situation de l'Italie n'était plus tenable si on continuait de mettre obstacle à son unité (10 sept.). — M. Drouyn de Lhuys, réfutant dans une dépêche du 26 oct. l'argumentation du cabinet de Turin, décline toute discussion sur la présence du drapeau français à Rome. — Le ministère Ratazzi donne sa démission (1er déc) ; le 7, formation d'un nouveau ministère, avec M. Farini pour président. — Retour de Garibaldi à Caprera (20 déc).

Traités entre la France et l'Espagne pour le règlement définitif de la dette de 1823 (15 fév.), et pour fixer les limites des deux États (14 avril). En Grèce, révolte militaire à Nauplie. La ville et la forteresse tombent au pouvoir des insurgés (13 fév.) ; les troupes royales reprennent Nauplie le 20 avril. — L'assemblée législative siégeant à Corfou demande l'union des sept îles avec la Grèce (4 avril). — Le roi Othon et son épouse quittent Athènes pour faire une tournée dans le Péloponnèse (13 oct.) ; le 19, une révolution ayant pour but le renversement de la dynastie régnante éclate dans les provinces occidentales, à Missolonghi, sous la conduite du général Grivas ; la même chose a lieu à Athènes, dans la nuit du 22 au 24 octobre ; le 23, création d'un gouvernement provisoire, qui lance une proclamation annonçant au peuple le renversement de la dynastie " actuelle et la formation d'un nouveau gouvernement ; le 24, proclamation du roi Othon, déclarant qu'il quitte la Grèce pour ne pas provoquer l'effusion du sang par sa présence ; départ du roi et de la reine à bord d'un vaisseau de guerre britannique ; ils arrivent le 29 oct. à Venise et le 1er nov. à Munich. — Réunion à Athènes de la nouvelle assemblée nationale (22 déc).

Les chambres de Moldavie et de Valachie qui se réunissaient séparément jusqu'ici se réunissent en une assemblée législative commune ; formation d'un seul ministère pour les deux Etats. Ouverture de l'assemblée législative le 5 février ; le prince Couza déclare dans son discours de la couronne que la Roumanie formera pour toujours un seul État. — Graves dissentiments entre le prince et l&lt ;s» députés, et entre les diverses fractions de l'assemblée ; M. Castardgi, président du conseil, est atteint de deux balles dans la tête et tombe roide mort à la porte même de l'assemblée. — Commencement des luttes entre les Turcs et les Serbes à Belgrade, par suite de l'assassinat d'un jeune garçon serbe, commis par des soldats turcs (16 juin). — Le 17, les Turcs cernés dans la forteresse commencent à bombarder la ville. Un armistice est conclu le 18 au soir. — Sur la proposition du gouvernement français, une conférence s'ouvre à Constantinople pour aviser aux moyens d'empêcher le retour de pareils événements. — Compromis définitif au sujet de la Servie entre la Porte et les représentants des puissances qui ont signé le traité de Paris en 1856 ; sur 6 forteresses qu'ils avaient jusqu'ici occupées, les Turcs en évacuent 2 et con-


Ap. J.-C.


servent le droit démettre garnison, dans les 4 autres (8 sept.).

Prise de Rjeka par les Turcs sur les Monténégrins (25 août) ; le Monténégro accepte les conditions de la paix posées par la Turquie ; reconnaissance de la suzeraineté de la Porte ; construction d'une route militaire à travers le pays, érection de fortins sur toute la ligne de cette route (9 sept.). — Fin du soulèvement de l'Herzégovine (23 sept.).

Le général Prim, commandant en chef du corps expéditionnaire espagnol au Mexique, arrive avec des divisions navales d'Angleterre, de France et d'Espagne devant la Vera-Cruz (7 janv.). Le contingent de l'Espagne était de 6000 hommes, celui de l'Angleterre de 1000 et celui de la France de 2500. — Proclamation des alliés au peuple mexicain signée par les commandants en chef des 3 puissances alliées, le général Prim, l'amiral Jurien de la Gravière et l'amiral Dunlop (10 janv.).

— Les alliés rejettent les propositions du gouvernement mexicain en réponse à leur ultimatum et décident de marcher sur Mexico (29 janv.). — Le 15 février, le général Prim a une entrevue à la Soledad avec le ministre des affaires étrangères M. de Juarez. Conclusion du traité de la Soledad entre les commissaires des alliés et le ministre mexicain, le général Doblado (19 févr.). — Le traité de la Soledad n'est pas accepté par l'empereur Napoléon III (3 avril). — Les troupes anglaises et espagnoles renoncent alors à poursuivre l'expédition, que continuent seuls les Français sous la conduite du général de Lorencez (9 avril).

— Échec des Français devant Puebla (5 mai). — Ils se retirent sur Ôrizaba, le 18. — Arrivée à la Vera-Cruz du général Forey, qui prend le commandement en chef de l'armée expéditionnaire, qui devait être portée à 27 000 hommes et 5000 chevaux (22 sept.).

Succès des fédéraux dans le Kentucky(18 janv.). — Expédition maritime du général Burnside sur les côtes de la Caroline du Nord ; il s'empara de l'île de Roanoke (9 février). Nouveaux succès des fédéraux dans le Kentucky (16 février). — Ils occupent Nashville, capitale du Tennessee, le 20. — Le commodore Dupont chasse les confédérés de Brunswick (Géorgie), et de plusieurs positions de la Floride (1-4 mars). — Bataille de trois jours, où les confédérés commandés parle général Price sont battus (6-8 mars). — Combat naval dans la rade de Hampton, à l'embouchure du James-River. Victoire remportée par les confédérés avec l'assistance de leur vapeur cuirassé, le Merrimac ; premier emploi d'un navire cuirassé (9 mars). Le jour suivant le Merrimac est forcé de se retirer par le Monitor, vaisseau cuirassé unioniste (10 mars). — Les unionistes occupent Manassas Junction (Virginie), après le départ des confédérés qui se retirent derrière le Rappahannok (10 mars).

— Le 17, Mac-Clellan fait embarquer l'armée du Potomac pour transporter la guerre dans la presqu'île de Yorktown. — Prise de New-Bern, dans la Caroline du Nord, par le général unioniste Burnside (14 mars). — Bataille de deux jours près de Corinthe, gagnée par les unionistes (6-7 avril).

— Le 7, l'Ile du Mississipi n° 10 se rend aux fédéraux commandés par le général Pope et le commodore Foote, après 23 jours de siège. — Attaque et prise de la Nouvelle-Orléans par Butler (18-27 avril). — Prise de Yorcktown par Mac-Clellan (4 mai). — Victoire des unionistes près de Williamsbourg et prise de cette ville (5-6 mai). — Prise de Norfolk (Virginie) par les unionistes (10 mai). — Le général des confédérés Jackson force le général Banks à repasser le Potomac (24 mai). — Les unionistes sont repoussés devant Charleston (14 juin). — Du 26 juin au 1er juillet, Ap. J.-C.


retraite de Mac-Clellan vers le James-River ; les 7 journées de Richmond. — Bataille de Malvern-Hill. Les unionistes commandés par Mac-Clellan prennent position à Harisson's Landing sur le James-River (ler juillet). — Ils évacuent la péninsule de Yorktown et débarquent à Aquia-Creek (16 août). — Du 20 au 30 août, combats entre le corps d'armée fédéral sous la conduite du général Pope, commandant les troupes dans le département du Rappahannock et du Shenandoah, et les confédérés sous les ordres des généraux Jackson et Lee. — Le général Pope évacue Centreville. Toute l'armée unioniste est en retraite sur Washington. Mac-Clellan est mis à la tête de toutes les troupes unionistes rassemblées à Washington. — Les confédérés commandés par les généraux Jackson et Lee passent le Potomac et envahissent le Maryland (5-6 sept.). — Du 14 au 19, combats dans le Maryland, à South-Mountain, à Antietam. Les confédérés repassent le Potomac.

Le 22 sept., M. Lincoln, en sa qualité de président des États-Unis d'Amérique et de commandant en chef des armées de terre et de mer. annonce aux rebelles qu'au premier janvier 1863 « toutes les personnes tenues en esclavage dans chacun des États insurgés contre l'Union seront libres dorénavant et à toujours. » — Le général Rosencrantz défait les confédérés sous les ordres des généraux Price et Van Dorn à Corinthe après deux journées de combat ; nouvelle défaite du général Van Dorn en retraite sur le Hatchie (3-5 oct.). — Bataille de Perrysville (Kentucky), remportée par les fédéraux (8-9 oct.). — Bataille de Maysville (Arkansas), remportée par les fédéraux (22 oct.). — Le général Mac-Clellan est remplacé par Burnside dans le commandement en chef de l'armée du Potomac (7 nov.). — Bataille de Frédéricksburg en Virginie ; victoire des confédérés commandés par le général Lee (1 3 déc.). — Les fédéraux commandés par Burnside repassent le Rappahannock le 15. — Les fédéraux commandés par le général Sherman commencent le siège de Vicksburg sur le Mississipi ; ils sont repoussés après plusieurs jours de combat (27 déc). — Le 30 décembre et les jours suivants, combat de Murfreesborough ; les fédéraux sont commandés par Rosencrantz, les confédérés par Johnston : ces derniers évacuent la ville qui est occupée le 4 janvier par les fédéraux. — Le 31 décembre, la partie occidentale de la Virginie est admise comme État dans l'Union, sous le nom de Virginie occidentale. — M. Lincoln, dans le message présidentiel du Ie ' décembre, propose le 1er janvier 1900 comme le jour suprême à partir duquel aucun État à esclaves n'aurait plus le privilège de pouvoir réclamer une indemnité du gouvernement fédéral pour les noirs émancipés.

Dans le Honduras, le président, le général Santos Guardiola, est assassiné ; il a pour successeur M. Francisco Montes. — Dans les États-Unis de la Colombie (État de la Nouvelle-Grenade), le général Mosquera et M. Julio Arboledase di-putent le pouvoir. — Au Pérou, le général Miguel San Roman est élu président avec les généraux Juan Antonio Pezet et Pedro Canseco pour les deux vice-présidents. — Dans la république Argentine, triomphe définitif de Buenos-Ayres sur le gouvernement de Parana ; réunion à Buenos-Ayres d'un congrès général ayant pour mission de pourvoir à l'organisation constitutionnelle de la république Argentine, à l'élection d'un nouveau président national, au choix d'une capitale de la confédération (27 mai). — Élection du général Bartolome Mitre d'abord comme chef provisoire du gouvernement national parle congrès, puis bientôt après, en vertu du suffrage populaire de toutes les pro-


Ap. J.-C.


vinces, comme président définitif de la confédération reconstituée. — Au Paraguay, mort du président, le docteur Lopez, neveu et successeur du célèbre docteur Francia, qui gouvernait cette province depuis plus de 20 ans (10 sept.) ; il a pour successeur son fils le général Lopez. — Fin du démêlé entre l'Angleterre et le Paraguay au sujet de l'Anglais Canstatt.

Querelles entre le Brésil et l'Angleterre au sujet du navire le Prince de Galles et des officiers de la frégate la Forte. — Ultimatum du gouvernement anglais. — Embargo sur les navires brésiliens. Excitation nationale au Brésil.

En Chine, la mort du commandant de l'escadre française, le contre-amiral Protêt, tué le 17 mai à l'assaut de Nekiao, décide les alliés à prendre parti contre les rebelles. — Satisfaction accordée au ministre de France en faveur des missionnaires catholiques. — Triomphe de la politique du prince Kong, qui est très-favorable aux Européens.

Traité du 5 juillet entre la France et l'Espagne d'une part et le royaume d'Annam d'autre part. Ce traité stipule la cession entière à la France de 3 provinces dans la basse Cochinchine, de l'île de Poulo-Condor, et le payement d'une indemnité de guerre de 20 millions. De plus, les négociants français obtiennent la faculté de commercer dans les 3* ports de Tourane, de Balat et de Quangan et sur tout le cours du fleuve Cambodge, enfin la liberté du culte chrétien est garantie dans tout l'empire ; l'empereur d'Annam refuse de ratifier ce traité ; les Annamites tentent un assaut nocturne contre Saigon, mais ils sont repoussés par les troupes françaises (17 décembre).

1863. En France, ouverture de la session législative de 1863 (12 janvier). — Distribution des récompenses accordées aux fabricants dont les produits avaient figuré avec le plus d'éclat à l'exposition universelle de Londres en 1862. Cette cérémonie, qui eut lieu dans la salle des États au Louvre, fut signalée par un discours remarquable où l'empereur Napoléon III, après avoir fait ressortir les avantages que la civilisation, l'industrie, le commerce et les arts retirent des expositions universelles, développa son programme de politique intérieure (25 janvier). — Vote par le Corps législatif d'un crédit de 5 millions destiné à être employé en travaux publics dans les départements où la crise cotonnière se faisait le plus cruellement sentir (26 janvier). — Vote du budget de 1864 ainsi établi : 1° budget ordinaire, recettes, 1780487986 fr. ; dépenses, 1 775 144 000 fr. ; 2° budget extraordinaire, recettes et dépenses, 108 015000 fr. (28 avril). — Vote pendant les 6 dernières séances (29 avril- 7 mai) de plusieurs projets de loi, parmi lesquels il faut signaler celui concernant les chemins de fer et l'achèvement du réseau en remaniant les clauses financières des contrats intervenus en 1859 entre les compagnies et l'État.

Élections générales pour le corps législatif (31 mai-1er juin) ; candidature de M. Thiers ; élection à Paris des 9 candidats de l'opposition ; démission de M. de Persigny et remaniements ministériels ; M. Duruy remplace M. Rouland au ministère de l'instruction publique. — Suppression des ministres sans portefeuille dont,les attributions sont transférées au ministère d'État qui est confié à M. Billaut (décret du 23 juin). — Mort de M. Billaut (13 oct.) ; il est remplacé par M. Rouher. — Ouverture de la session législative, le 5 novembre ; discours de l'Empereur qui proclame « que les traités de 1815 ont cessé d'exister *, et qui annonce qu'il a proposé aux souverains de l'Europe la réunion d'un congrès à Paris pour examiner et résoudre en commun toutes les questions politiques pendantes. Ap. J.-C.

Continuation de la guerre du Mexique ; prise de Puebla par le général Forey après un siège de 2 mois (18 mars-18 mai). — Entrée de l'armée française à Mexico (10 juin). — Le président Juarêz transporte le siège de son gouvernement à San-Luis de Potosi. — Nommé maréchal de France le 2 juillet, le général Forey quitte Mexico le 4 octobre, laissant au général Bazaine le commandement du corps expéditionnaire.

Mort d'Alfred de Vigny, d'Eugène Delacroix ; publication de la Vie de Jésus de M. Renan.

En Italie, le ministre des finances Minghetti émet, par l'entremise de la maison Rothschild, un emprunt de 700 millions.

En Espagne, chute du cabinet présidé par le général O'Donnell, qui exerçait le pouvoir depuis 5 ans ; ministère du marquis de Miraflores (2 mars 1863-17 janv. 1864).

Mariage du prince de Galles avec la princesse Alexandra, fille aînée du roi de Danemark (l0 mars). — M. Gladstone présente un budget, où, après d'importantes réductions, les recettes et les dépenses étaient fixées ainsi qu'il suit : recettes, 1 704 275 000 fr. ; dépenses, 1 692 625 000 fr. (16 avril). — Abandon du protectorat des îles Ioniennes par la Grande-Bretagne. — Démêlés avec le Brésil ; rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. — Saisie de V Alexandra et d'autres navires construits pour le compte des confédérés. — Négociations sans résultat relatives à la Pologne. — Conduite incertaine et contradictoire du cabinet anglais dans la question danoise.

Mort du romancier anglais William Thackeray.

— Mort du célèbre voyageur, le capitaine Speke, tué par un accident de chasse dansles environs de Bath (15 sept.) ; il avait accompli à la fin de mars de l'année précédente son dernier voyage, au lac Nyanza, où l'on pense que le Nil prend sa source.

En Danemark, le cabinet de Copenhague persiste dans sa ligne de conduite qui consistait à donner au Holstein toutes les libertés, en l'éloignant le plus possible de la monarchie, et à resserrer au contraire les liens que les engagements de 1851-52 laissaient subsister entre le Danemark propre et le Slesvig. — Ordonnance du 30 mars, concernant le Holstein ; vives protestations de la diète de Francfort. — Mort du roi Frédéric VII (15 nov.) ; avec lui s'éteint la lignée masculine de la branche aînée (royale) de la maison de Holstein. Avènement de Christian IX, duc de Glùcksbourg, qui monte sur le trône en vertu du protocole de Londres, en date du 8 mai 1852 et en vertu de la loi de succession danoise du 31 juillet 1853. — Protestation du prince Frédéric d'Augustenbourg, malgré la renonciation formelle de son père, faite en son nom et au nom de ses enfants, moyennant une somme d'argent.

II sera appuyé par la diète germanique qui prétendait que le traité de Londres en date du 8 mai 1852, traité assurant au prince régnant toute la monarchie danoise, dont on avait voulu ainsi maintenir l'intégrité, n'était pas valable pour elle parce qu'elle n'avait pas donné son consentement formel. Quant aux cabinets de Vienne et de Berlin, reniant maintenant la signature qu'ils avaient donnée alors, ils devaient momentanément appuyer le prétendant. — Christian IX sanctionne, le 10 novembre, une loi qui avait été adoptée le 13 du même mois par le rigsraad danois et qui avait pour objet de rapprocher le Slesvig du royaume. — Cette mesure augmente l'irritation des provinces allemandes ; la diète de Francfort décrète l'exécution fédérale dans le Holstein (7 déc). — Le roi de Danemark, cédant aux exhortations du général Fleury (France), de lord


Ap. J.-C.


Wodehouse (Angleterre) et cre M. Ewers (Russiej, retire l'ordonnance du 30 mars, concernant le Holstein et le Lauenbourg, mais cette concession tardive ne peut arrêter l'exécution des résolutions votées par ia diète ; le 21 décembre, l'armée combinée des Saxons et des Hanovriens occupe tout le territoire du Holstein évacué par les Danois. — Le ministère Danois présidé par M. Hall et qui représentait le parti national de l'Eyder se retire ; avènement du cabinet Monrad. — Tandis que las Holsteinois, favorisés par la connivence des commissaires de Saxe et de Hanovre, proclamaient le duc d'Augustenbourg prétendant à la couronne de Slesvig-Holstein, la Prusse et l'Autriche présentaient à la diète de Francfort, le 27 déc, une motion tendant à l'occupation du Slesvig, si le Danemark ne retirait pas la constitution du 18 novembre, ce qui outre-passait évidemment les droits de la diète, qui ne pouvait prétendre à s'immiscer dans l'administration d'un pays complètement étranger à la confédération germanique, sans violer les principes les plus élémentaires du droit public.

L'esclavage est aboli aux colonies occidentales des Pays-Bas, le 1er juillet. (L'émancipation avait été accomplie aux Indes orientales depuis quelques années.)

L'empereur d'Autriche, François-Joseph, convoque à Francfort un congrès des princes allemands (16 août) ; le roi de Prusse refuse d'y prendre part : ce congrès, du reste, où François-Joseph essaye d'obtenir la garantie par l'Allemagne de toutes les provinces de son empire, est sans résultat. — Efforts de la Saxe et du baron de Beust pour former une troisième Allemagne en dehors de la Prusse et de l'Autriche.

En Prusse, continuation de la lutte entre la 2e Chambre et le ministère, présidé par M. de Bismark. — Ordonnance du 1er juin restreignant les libertés de la presse. — Surexcitation de l'opinion. — Ordonnance royale du 4 septembre qui prononce la dissolution de la chambre des députés, ouverture de la session ; la nouvelle Chambre était en très-grande majorité composée d'éléments hostiles au ministère.

La loi du recrutement appliquée à Varsovie avec une rigueur et un arbitraire révoltants provoque contre la Russie une insurrection qui s'étendra bientôt à toutes les provinces polonaises ( — 22 janv.). — Convention militaire du 8 lévrier conclue entre la Prusse et la Russie contre la Pologne. — Représentations faites par la France, l'Angleterre et l'Autriche à la Russie, dans des notes distinctes, pour l'engager à replacer la Pologne dans les conditions d'une paix durable (avril). — Nouvelles notes adressées par les trois puissances la Russie, notes se résumant dans un programme composé des six points suivants : 1° amnistie complète et générale ; 2° représentation nationale avec des pouvoirs semblables à ceux qui sont déterminés par la constitution des 15-27 novembre 1815 ; 3° nomination de Polonais aux fonctions publiques, de manière à former une administration distincte, nationale et inspirant de la confiance au pays ; 4° liberté de conscience pleine et et entière ; 5° usage exclusif de la langue polonaise comme langue officielle de l'administration, de la justice et de l'enseignement ; 6° établissement d'un système de recrutement régulier et légal (17 juin). — Réponses hautaines et évasives du prince Gortschakof. — Troisièmes notes adressées par les trois puissances à la Russie (avril) ; refus hautain de la Russie d'accepter l'intervention européenne dans l'affaire de Pologne (26 août et 7 sept.). — Les Polonais succombent après une lutte héroïque de plusieurs mois, dans laquelle se distingue surtout Marian Langiewicz, qui, Ap J.-C.


proclamé dictateur le 12 mars, devient alors l'objet principal des attaques des Russes, et est bientôt obligé de dissoudre son armée et de se réfugier sur le territoire autrichien, où il fut arrêté. — Gouvernement sanguinaire du général Mouravief dans les provinces lithuaniennes.

Mort deSaïd-Pacha, vice-roi d'Egypte (18janv.) ; il a pour successeur Ismaïl-Pacha, fils d'IbrahimPacha et petit-fils de Mehémet-Ali. — Difficultés entre le nouveau vice-roi et M. de Lesseps, au sujet des travaux entrepris pour le percement de l'isthme de Suez ; on a recours àl'arbitrage del'empereur Napoléon III.

Continuation des démêlés entre la Turquie et la Servie ; la commission mixte, chargée d'exécuter sur les lieux les décisions de la conférence, se réunit à Belgrade (5 février). — La France intervient, mais sans résulat, pour mettre un terme aux hostilités entre le Monténégro et la Turquie. — Le prince Couza adresse à l'assemblée un projet de loi pour la sécularisation de tous les biens conventuels de la Roumanie, dédiés ou non dédiés ; il est adopté par 97 voix contre 3 (25 déc.).

L'assemblée nationale constituante à Athènes vote à l'unanimité un décret prononçant la déchéance du roi Othon et de sa dynastie (16 février). — Georges, 2e fils du prince Christian de Danemark, est proclamé roi sous le nom de Georges Ier j roi des Hellènes (31 oct.). — Annexion au royaume de Grèce des îles Ioniennes (14 nov.).

Le 1er janvier, le décret d'émancipation, promis cent jours auparavant aux nègres asservis desÉtats rebelles, est proclamé à Washington. — Le congrès autorise M. Lincoln à recruter les armées fédérales par un système de conscription applicable à tous les citoyens de l'Union âgés de 20 à 45 ans (fév.).

— La guerre, interrompue par les froids de l'hiver et les longues pluies du printemps, recommence en Virginie sur les bords du Rappahannock. — Grande bataille de Chancellorsville entre le général Hooker(Nord) et le général Jackson (Sud) ; mort de ce dernier mortellement blessé en revenant du combat par un de ses propres soldats qui le prenait pour un Yankee (3 mai). — Les confédérés victorieux s'emparent de Winchester et envahissent de nouveau le Maryland et la Pensylvanie (juin). — Le général Hooker donne sa démission et est remplacé par le général Meade. — Bataille de Gettysburg entre le général Meade (Nord) et le général Lee (Sud) ; elle est perdue par les confédérés qui sont forcés de battre en retraite (3 juillet) ; prise de Vicksburg par le général Grant (Nord) (4 juillet) ; prise de portHudson par le général Banks (8 juillet) ; la prise de ces deux places met les fédéraux en possession de tout le Mississipi depuis sa source jusqu'àson delta.

— Horrible émeute à New-York provoquée par la mise à exécution du décret relatif à la conscription. — Prise -deChattanooga par le généralRosecrans (Nord) ; cette place était la clef de toute la vallée centrale de Tennessee, la gardienne des principales voies ferrées du Sud, le centre stratégique d'un territoire très-considérable (9 sept.). — Prise de Knoxville, chef-lieu de la haute vallée du Tennessee oriental, et du col de Cumberland par le général Burnside (Nord) (sept.). — Défaite du général Rosecrans (Nord) par les généraux Bragg et Longstreets (Sud) à Chikamauga, à 20 kil. au sud-est de Chattanooga (20 sept). — Efforts impuissants des confédérés pour déloger de Chattanooga les restes de l'armée fédérale ; ils sont battus devant cette place par les généraux Thomas, Hooker, Sherman et Grant (Nord). Cette victoire eut pour résultat d'assurer aux fédéraux la possession incontestée du centre géographique et stratégique des États à esclaves, et consolida la conquête longtemps précaire de Knoxville et du


Ap. J.-C.


Tennessee oriental. — Echange de notes diplomatiques entre le cabinet de Washington et celui de Saint-James au sujet de l'avènement des corsaires confédérés dans les ports anglais.

Au Mexique, l'archiduc Maximilien estproclamé empereur (10 avril). — Dans l'Amérique centrale, le général Raphaël Carrera, président depuis 13 ans de la république de Guatemala, déclare la guerre à Barrios, président du Salvador. M. Francisco Montés, président du Honduras, prend parti pour Barrios, et M. Jiménès, président de Costa-Rica, pour Carrera, ainsi que le général Martinez, président de Nicaragua. — Prise de San-Salvador, par Carrera, qui obtient la prépondérance dans l'Amérique centrale en plaçant dans le Salvador et dans le Honduras deux présidents de son choix : M. Francisco Dueûas et le général Médina.

Le général Mosquera, président des États-Unis de la Colombie, convoque à Rio-Negro une assemblée constituante et abdique le pouvoir dictatorial qu'il exerçait depuis plus d'un an et demi (9 février). — Vote de la constitution nouvelle qui consacre l'organisation fédérale de la république de la Colombie, connue désormais sous le nom d' États-Unis de la Colombie qui remplace celui de Nouvelle- Grenade (25 avril) ; la même assemblée investit le général Mosquera des pouvoirs présidentiels pour un an. — Mosquera déclare la guerre à M. Garcia Moreno, président de l'Equateur. Défaite à Cuaspud de l'armée équatorienne commandée par le vieux général Juan José Florès ; traité de Pensaqui entre les deux républiques_

Dans le Venezuela, continuation de la lutte en* tre le dictateur Paez et le général Falcon. Convention du 22 mai par laquelle les deux rivaux se reconnaissent réciproquement. — Réunion d'une junte à la Victoria, capitale de la province de l'Aragua ; abdication du dictateur Paez ; le général Falcon le remplace jusqu'à la convocation d'une assemblée constituante (15 juin) ; triomphe du parti fédéral. — Réunion de l'assemblée constituante à Caracas (24 déc) ; le général Falcon est prorogé comme président.

Au Pérou, le général Pezet prend possession de la présidence (août). — Au Chili, affreuse catastrophe arrivée à Santiago, le 8 décembre, jour de la fête de l'immaculée Conception ; 2000 personnes périssent dans l'incendie d'une église appartenant à la compagnie de Jésus.

Dans la Confédération Argentine, Buenos-Ayres l'emporte définitivement sur le gouvernement de Parana ; le général Mitre est reconnu président de la confédération. — La guerre civile éclate de nouveau dans l'État oriental (Montevideo), où le général Florès, ancien président de la république, considéré comme le chef du parti colorado (parti dit libéral), appelle le pays aux armes contre M, Berro, chef du parti blanco (parti dit conservateur). — Rupture entre l'État oriental et le gouvernement de Buenos-Ayros, que le premier accusait de soutenir l'insurrection.

Continuation de la querelle entre l'Angleterre et le Brésil, interruption des relations diplomatiques entre les deux puissances.

Appui prêté par l'Angleterre et la France aux Chinois dans leur lutte contre les rebelles ; progrès du commerce européen dans le Yang-tse-Kiang. — En Cochinchine, révolte contre l'autorité française ; elle est réprimée ; échange des ratifications du traité du 4 juillet 1862. — Réception à la cour de Hué du contre-amiral Bonard, qui remet ensuite le gouvernement de la colonie au contre-amiral de la Grandière.

Au Japon, lutte entre le Taïkoun ou souverain temporel, favorable à l'admission des étrangers, et le Mikado ou souverain spirituel. — Opérations de l'escadre anglaise contre Kagosima et de l' Ap. J.-C.


escadre française contre les forts de Simonoseki. — Le Mikado consent à annuler les instructions par lesquelles il avait ordonné l'expulsion des étrangers, et l'envoi d'une ambassade en Europe est décidé.

1864. Continuation de la guerre entre le Danemark et l'Allemagne. — La proposition austro-prussienne demandant l'occupation du Slesvig par les troupes de la confédération germanique est rejetée par 11 voix contre 5. Les deux puissances déclarent alors qu'elles mettront seules cette proposition à exécution en leur qualité de grandes puissances (14 janvier). — L'Autriche et la Prusse somment le cabinet danois de retirer la constitution du 18 novembre 1863 dans l'espace de 48 heures, faute de quoi elles occuperont le Slesvig (16 janvier). — Le Danemark demande un délai de 6 semaines, par cette raison que cette constitution ne pouvait être légalement réformée que par la représentation du pays, le rigsraad, que le rigsraad ne pouvait être réuni qu'après les élections, que les opérations électorales exigeaient elles-mêmes un délai d'un mois ; l'Autriche et la Prusse, rejettent cette demande. — Le 1er février, les troupes austro-prussiennes, commandées par le feld-maréchal-général Wrangel, franchissent PEyder et étendent leurs lignes de Kiel à Rendsbourg. — Les Danois, se voyant définitivement abandonnés par les puissances signataires du traité de Londres, se décident à évacuer la position fortifiée du Dannewerke et se retirent sur Duppel (5 février). — Le 7 février, une proclamation du maréchal Wrangel annonce aux habitants du duché de Slesvig la nomination des commissaires civils austro-prussiens ; toutes manifestations ayant pour objet de préjudicier, par des faits quelconques, à la décision sur la question de succession dans les duchés, sont complètement interdites. — 23 février. L'Angleterre propose au cabinet de Berlin et de Vienne de régler le conflit dano-allemand dans une conférence à laquelle participeraient les puissances signataires du traite de 1852, sans que les hostilités soient suspendues et sans prendre de bases préalables pour les délibérations ; les puissances alliées acceptent cette proposition que refuse le Danemark. — 17 mars. Le Danemark accepte la proposition de conférence faite par l'Angleterre, mais seulement sur la base des conventions de 1851-1852. — 18 avril. Les Danois, après une défense héroïque et succombant sous le nombre, sont obligés d'évacuer la position de Duppel. — Arrivée du roi de Prusse sur le théâtre de la guerre (21 avril). — Les troupes confédérées envahissent le Jutland. — 25 avril. Ouverture de la conférence de Londres. — 29 avril. Les Danois évacuent Frédéricia, qu'occupent les troupes autrichiennes. — Commencement de la suspension des hostilités résolue dans la conférence (12 mai). — Dans la séance du 17 mai, le Danemark rejette la proposition des alliés tendant à une union personnelle des duchés avec le Danemark ; les représentants de l'Autriche, de la Prusse et de la confédération germanique proposent ensuite de faire des duchés de Slesvig et de Holstein un État indépendant sous la souveraineté du duc d'Augustenbourg ; le Danemark refuse. Enfin l'Angleterre propose le partage du Slesvig en adoptant comme ligne de séparation les forts du Dannewerke et le canal de la Schlei ; la France adhère en principe à cette proposition — 22 juin. L'Autriche, la Prusse et le Danemark rejettent la proposition de l'Angleterre de soumettre à un arbitre la fixation de la ligne de séparation ; la conférence tient le 25 juin sa dernière séance, qui est sans résultat. — En présence de la France, de l'Angleterre, de la Russie, de la Suède, qui se prononcent en faveur du Danemark, mais qui demeurent


Ap. J.-C.


inactives, les puissances allemandes recommencent la guerre et se disposent à achever leur œuvre de spoliation (26 juin). — 29 juin. Occupation de l'île d'Alsen par les Prussiens. — 8 juillet. Crise ministérielle à Copenhague ; le ministère Monrad donne sa démission ; le comte Charles de Moltke est chargé de former un nouveau ministère. — 12 juillet. Le Danemark demande à entrer immédiatement en négociations avec les cabinets alliés pour la conclusion de la paix. — 20 juillet. Commencement de la suspension des hostilités ; le 26, des conférences pour la paix s'ouvrent à Vienne. — 1er août. Armistice de 3 mois entre le Danemark et les puissances allemandes. Signature des préliminaires de la paix. Le Danemark cède les duchés de Holstein, de Slesvig et de Lauenbourg à l'Autriche et à la Prusse ; le Jutland reste entre les mains des alliés jusqu'à la conclusion de la paix. — 30 oct. Signature du traité de paix entre l'Autriche, la Prusse et le Danemark. — Le 5 décembre, la diète germanique vote la proposition austro-prussienne relative à la cessation de l'exécution fédérale dans les duchés ; les troupes de la confédération sont remplacées par les troupes austro-prussiennes.

En France, ouverture de la souscription à l'emprunt de 300 millions, au taux de 66,30 centimes (18-26 janv.). — Discussion du budget : les dépenses générales du budget ordinaire de l'exercice 1865 sont fixées à : 1 797 265 790, et les recettes à : 1 799 801 062. — Nouvelle loi sur les sucres ; réforme de la loi sur les coalitions d'ouvriers ; le rapporteur était M. Emile Olivier, qui appuie ses conclusions par un discours important, dans lequel il se sépare ouvertement de ses collègues de l'opposition. — Mission de lord Clarendon à Paris ; elle avait pour objet de rétablir la bonne entente entre la France et l'Angleterre, troublée par le refus de l'Angleterre de prendre part au congrès (13 avril). — Arrivée à Paris de la deuxième ambassade japonaise (21 avril) ; le 20 juin, cette ambassade conclut un arrangement qui confirmait, en leur donnant une extension plus grande, les termes du traité de 1858. — 18-23 avril. Souscription ouverte pour un emprunt mexicain, au capital nominal de 201 600 000 fr., au taux de 63 fr. par chaque 6 fr. de rente, au capital nominal de 100 fr. — 20 août. Grande fête à Versailles en l'honneur du roi d'Espagne. — Le 8 avril avait commencé en Algérie, dans la province d'Oran, une insurrection qui n'était pas encore complètement terminée àla fin de 1864 ; au début de l'insurrection, mort héroïque du colonel Beauprêtre qui succombe dans un engagement avec les insurgés ; le 27 mai, l'importante tribu des Flittas fait sa soumission.

Mort de M. J. J. Ampère, à Pau (17 mars) ; à Alger, du maréchal Pélissier, duc de Malakofl, gouverneur général de l'Algérie, qui est remplacé dans cette dernière fonction par le maréchal Mac-Mahon, duc de Magenta.

Toute l'année 1 864 avait été marquée par une crise financière très-intense qui atteint son apogée dans le dernier trimestre ; l'escompte est porté par la Banque de France à 8 0/0 et le 3 0/0 français tombe à 64 fr. 40 c. Toutes les autres valeurs éprouvent une dépréciation considérable.

En Belgique, le ministère ayant perdu la majorité dans la chambre par suite de la victoire remportée par le parti clérical aux élections de Bruges, donne sa démission (14 janvier), qu'il retire ensuite sur les instances du roi (20 mai). — Conflit entre le parti libéral et le parti clérical au sujet de la majorité dans la chambre des députés (juin). — Les cléricaux, effrayés de voir s'accroître de trois voix dans la chambre le parti libéral, cessent de siéger (juillet). — Victoire du Ap. J.-C.


parti libéral, qui gagne dans les élections une majorité de douze voix ; le pouvoir est confirmé aux mains de MM. Rogier et Frère-Orban (août).

En Suisse, dans l'élection d'un membre du conseil d'État, le parti indépendant oppose à M. Fazy M. Chenevière. Celui-ci obtient une majorité de plus de trois cents voix. Cependant la majorité radicale du grand bureau chargée de dépouiller les votes annule l'élection sur de futiles prétextes. Les deux partis engagent alors une lutte dans laquelle succombent plusieurs citoyens (août). — Le conseil fédéral de Berne casse l'arrêt aussi illogique qu'illégal du bureau électoral de Genève et valide l'élection de M. Chenevière (septembre).

En Italie, Garibaldi, qui, dans une première proclamation en date du 15 décembre 1863, adressée au peuple italien, avait demandé que le roi Victor-Emmanuel fût proclamé dictateur, afin de conquérir Venise et Rome, annonce dans une deuxième proclamation l'établissement d'un Comité central du parti de l'action (15 janvier). — Troubles parmi les étudiants de Turin ; l'Université est fermée pour quelque temps (27-28 avril). — Le gouvernement confisque des dépôts d'armes à Milan et à Brescia. — Convention du 15 septembre entre la France et l'Italie pour arriver à la solution de la question romaine : la capitale de l'Italie sera transférée de Turin à Florence ; la France s'engage à retirer ses troupes de Rome dans l'espace de deux années à partir du jour de la translation de la capitale ; l'Italie de son côté prend l'engagement, non-seulement de ne pas inquiéter le Saint-Père, mais de s'opposer par la force à toute attaque dirigée contre lui. — Troubles graves à Turin, ils sont énergiquement réprimés ; chute du ministère Minghettiil est remplacé par un ministère dont le général de la Marmora est le président avec le portefeuille des affaires étrangères ; les finances sont confiées à M. Sella (30 sept.). — Ouverture du parlement italien (24 oct.). — M. Sella fait connaître à la Chambre la mauvaise situation du trésor italien ; il propose des augmentations d'impôt, la vente des biens domaniaux et des chemins de fer de l'État, et enfin l'anticipation de l'impôt foncier de 1865 (3 mai) ; la ville de Brescia offre la première d'avancer l'impôt foncier pour le compte des citoyens, son exemple est bientôt suivi par un grand nombre d'autres villes. — 29 novembre. Vote par la Chambre de Turin de la translation de la capitale à Florence à la majorité de 317 voix contre 70.

Publication à Rome de la célèbre lettre encyclique (8 déc) ; le gouvernement français interdit la publication par les évêques d'une partie de cette lettre, comme renfermant des opinions contraires à plusieurs des lois reçues dans l'empire.

En Espagne, les cortès votent contre le projet de réforme constitutionnelle présenté par le ministère. La reine accepte la démission des ministres et nomme le 17 janvier un nouveau ministère avec M. Arrazola pour président du conseil (15-17 janvier). — 29 février, le ministère Arrazola se retire et est remplacé le lendemain parle ministère de M. Mon. — Les cortès votent le rétablissement en son entier de la constitution de 1845 (7 mars). — Les troupes espagnoles remportent quelques succès à Saint-Domingue, mais ne peuvent parvenir à faire rentrer dans l'ordre les populations insurgées (17 mai). — Inauguration du chemin de fer du nord de l'Espagne, qui met en communication directe Madrid et Paris (15 août). — Chute du ministère de M. Mon (18 sept.) : le maréchal O'Donnell refuse le pouvoir ; formation d'un cabinet avec le maréchal


Ap. J.-C.


Narvaez pour président (16 sept.). — Le maréchal Narvaez, opposé à l'expédition de Saint-Domingue, donne sa démission (25 déc.) ; elle sera retirée.

Visite de Garibaldi en Angleterre ; son arrivée à Southampton (3 avril) ; il part subitement le 27 avril sur l'invitation du gouvernement. — Les Maoris de la Nouvelle-Zélande, depuis longtemps en lutte avec l'Angleterre, font leur soumission (août).

Entrevue de l'empereur de Russie, de l'empereur d'Autriche et d'autres souverains allemands à Kissingen (16-21 juin). — Visite de l'empereur d'Autriche au roi de Prusse à Carlsbad. Entrevue des ministres de Rechberg et de Bismarck (22-23 juin).

Mise en état de siège de la Galicie par le gouvernement autrichien (29 février). — Entrevue entre les plénipotentiaires de l'Autriche et de la Prusse à Prague, dans le but d'amener un accommodement relativement à la position future de l'Union douanière vis-à-vis de l'Autriche (18-20 mars).

En Prusse, continuation de la lutte entre le gouvernement et la Chambre des députés qui refuse toujours d'approuver les dépenses pour la réorganisation de l'armée (280 voix contre 35) (13 janv.).

En Russie, établissement d'institutions provinciales de gouvernements et de districts dans tous les gouvernements, à l'exception de ceux de l'Ouest, des provinces de la Baltique, des gouvernements d'Arkhangel, d'Astrakhan et de Bessarabie qui sont régis par des institutions spéciales (13 janvier). — Importantes modifications apportées dans la législation criminelle et l'organisation des tribunaux russes. — Etablissement à Varsovie d'un comité sous la présidence de M. Milutine pour travailler à la pacification de la Pologne : série de mesures ayant pour objet de soustraire les paysans à l'influence du clergé et de la noblesse ; fermeture d'un grand nombre de couvents ; ceux qui sont conservés se voient dépouillés de l'administration de leurs biens qui passe à l'État. Les paysans deviennent possesseurs des terres dont ils étaient détenteurs, ainsi que des bâtiments et bestiaux ; toutes les redevances, corvées, prestations sont abolies ? ainsi que toutes les procédures au sujet des arriérés desdites redevances, ce qui équivaut à une annulation des dettes ; ces avantages sont assurés non pas seulement aux fermiers depuis longtemps en jouissance des terres, mais à tous les ouvriers ruraux, métayers, jardiniers, garçons de ferme, si récente que soit leur position (ukâse du 2 mars). — Nouvelles institutions communales conçues de manière à n'admettre que les paysans dans les conseils communaux. Les juges de paix, qui sont des propriétaires, en sont exclus en même temps que les curés de paroisse, les instituteurs et toutes tes personnes placées sous la surveillance de la police (ukâse au 2 mars). — Une compensation équivalente à la perte de leurs terres, fondée sur un système d'émission de lettres de gage, sera accordée aux propriétaires qui se feront remarquer par leur bonne conduite (ukase du 2 mars). — Ukase renfermant les conditions auxquelles doivent être vendues à des Russes les terres confisquées dans la Lithuanie sur des Polonais (mai). — Mort héroïque des 5 membres survivants du gouvernement national polonais, Bonwald Trangutt, Raphaël Krajewski, Joseph Toczyski, Roman Zulinski et Jean Jezioranski pendus à Varsovie. — Ukase du 11 septembre ayant pour objet de dépouiller les classes éclairées et le clergé de tout droit d'immixtion dans l'enseignement. La surveillance de l'instruction primaire est confiée aux assemblées communales.

Fin de la guerre du Caucase (2 xxxx ; les Ap. J.-C.


Tcherkesses ou Circassiens, au nombre de plus de 200 000, préfèrent quitter leur patrie plutôt que d’accepter la domination russe. Privés de leurs armes, dépouillés de leurs biens, ile émigrenten Turquie, où ils arrivent décimés par la misère et les maladies. L’Europe assiste impassible à cette expatriation d’une nation entière.

Les différends qui ont duré si longtemps entre la Turquie et le Monténégro au sujet de la délimitation des deux États sont enfin aplanies par la commission mixte qui s’en occupait (août).

Coup d’État du prince Couza dans les Principautés danubiennes (14 mai) ; dissolution de l’assemblée nationale qui avait refusé d’adopter une nouvelle loi électorale ; le peuple approuve par un vote presque unanime les mesures prises par le prince ; création d’un conseil d’État ; nouvelle loi électorale ; loi rurale appelant les paysans à la propriété. — La Porte et les autres puissances donnent leur approbation à tous ces changements. — La question de la sécularisation des couvents est réservée à une conférence des puissances garantes.

Soulèvement des tribus principales de la régence de Tunis, à cause d’une augmentation de l’impôt de la capitation et de l’établissement de cours de justice composées de juges impopulaires, tandis qu’auparavant le roi seul exerçait le pouvoir judiciaire (18 avril). — 1er mai. Les insurgés au nombre de 20000 hommes environ réclament le renvoi du Kasnadar (ministre) Sidi-Mustapha ; le bey refuse. — La France, l’Angleterre et l’Italie envoient leur escadre à Tunis. — Les troubles, un instant suspendus à la suite d’un arrangement entre le gouvernement et les insurgés sur la base d’une réduction d’impôts, recommencent et continuent jusqu’à la fin de cette année.

Le sultan du Maroc, Sidi-Mohammed, accorde aux Européens la liberté du commerce dans tout son empire.

Continuation des difficultés entre le vice-roi d’Egypte et la compagnie établie pour le percement de l’isthme de Suez ; l’empereur Napoléon III est choisi pour arbitre ; il prononce le 6 juillet sa décision, qui est communiquée officiellement aux parties intéressées.

La commission hellénique prend possession dès îles Ioniennes (28 mai). Un câble sous-marin est heureusement posé entre Bassora et le continent indien ; les communications électriques sont ainsi définitivement établies entre l’Inde et l’Europe.

En Chine, revers des Taipings, qui ne conservent plus que deux places importantes, parmi lesquelles Nankin, qui sera pris le 19 juillet.

Le 29 août, les forces navales combinées de la France, de l’Angleterre, des Pays-Bas et des ÉtatsUnis dirigent une attaque vigoureuse contre les forts du prince Nagato, dans le détroit de Simonoseki ; ce prince, qui prétendait s’opposer à la libre navigation des Européens dans ce détroit, fait sa soumission.

Au Mexique, progrès des troupes françaises, qui expulsent de presque tous les points les forces de Juarez et les dispersent. — Le 10 avril, l’archiduc Maximilien reçoit la députation mexicaine à Miramar, et déclare qu’il accepte la couronne impériale du Mexique, sous le nom de Maximilien I er, empereur du Mexique ; le général Almonte sera chargé du gouvernement du Mexique jusqu’à l’arrivée de l’empereur. — L’empereur et l’impératrice du Mexique arrivent dans la rade de la VéraCruz ; proclamation de l’empereur au peuple mexicain (28-29 avril). — Le 12 juin, entrée de l’empereur et de l’impératrice à Mexico. A partir de ce moment, les forces françaises, restées au Mexique, ne cessent de lutter contre les partisans « le Juarez.


Ap. J.-C.

Arrivée au Pérou, le 20 mars, d’un commissaire spécial extraordinaire espagnol, chargé d’adresser au gouvernement péruvien des réclamations au sujet de l’affaire de Talambo (une colonie composée de Basques avait été attaquée, un colon avait été tué et plusieurs blessés). — Sur le refus du gouvernement péruvien de traiter avec l’envoyé d’Espagne, tant qu’il continuerait de prendre le titre ci-dessus, le contre-amiral Pinzon occupe les îles Chinchas, en déclarant qu’il y restera jusqu’à ce que satisfaction ait été accordée à l’Espagne (14 avril). — Vive agitation à Lima. — Ultimatum posé au gouvernement péruvien par l’amiral Pareja (26 déc.) ; un délai de 8 jours est accordé par l’amiral ; malgré l’opposition de la chambre, le gouvernement cédera.

Commencement de l’intervention brésilienne entre le président en exercice de l’Uruguay et l’ancien président Florès ; essais inutiles de rapprochement tentés par les représentants des puissances européennes (mars-juin). — Le Paraguay proteste contre toute occupation brésilienne du territoire de l’Uruguay (sept.).

Promulgation de la nouvelle constitution des États-Unis de Venezuela (1er mai).

Continuation de la guerre aux États-Unis (3e année). Les revers éprouvés sur presque tous les points, au début de cette année, par les troupes fédérales décident le gouvernement de Washington à concentrer entre les mains de Grant le commandement en chef de toutes les forces de l’Union.

— Le 5 mai, pour la 4e fois, l’armée du Potomac franchit le Rapidan et envahit la Virginie, pendant que Sherman, chargé du commandement de l’armée de Géorgie, attaquait à Chatanooga l’armée séparatiste, commandée par Johnstone. — 5-11 mai. Bataille sanglante de Wilderness, entre les armées de Grant (N.) et de Lee (S.) ; elle dure 7 jours. — 10-13 mai. Deuxième bataille, non moins sanglante, livrée à Spottsylvania ; elle dure 4 jours. — Le général Grant essaye en vain de franchir le Chickahominy ; il est repoussé par Lee (3 juin) ; il fait alors un circuit, jette son armée de l’autre côté de la rivière James, établit son quartier général à City-Point et se propose d’arriver à Richmond, en emportant la forteresse de Petersburg ; repoussé dans deux assauts terribles (juin), il se résigne à faire un siège régulier.

— Brillante campagne de Sherman, en Géorgie ; il bat les confédérés à la bataille de Resaca et les force d’abandonner leurs positions retranchées de Dalton, de Resaca et de se retirer derrière l’Etowah (14-15 mai) ; après plusieurs combats heureux, il s’empare de Marietta, de Rome, de la ligne du Chattahochee. — Vaine démonstration d’Ewell, lieutenant de Lee, contre Washington ; Grant reste immobile devant Petersburg et s’applique alors avec un sang-froid imperturbable à l’exécution du grand plan stratégique, qui était d’achever l’investissement de la capitale, de renfermer dans le camp retranché entre Richmond et Petersburg les forces du Sud, de faire envahir le centre et les extrémités de la confédération, bloquer les places maritimes du littoral, couper enfin toutes les voies de communication du côté de Lynchburg. La fin de cette année et les premiers mois de la suivante seront consacrés par Grant et Sherman à l’accomplissement de ce plan, qui devait aboutir à la prise de Richmond et à l’anéantissement des forces du Sud. — Brillante campagne du général Thomas (Nord) contre Hood dans le Tennessee. — Marche irrésistible de Sherman, qui, après s’être emparé d’Atlanta, occupe la ville importante de Savannah, qu’avait évacuée le général Hardee (Sud) (21 déc). — Combat en vue du port de Cherbourg entre le bâtiment confédéré l’Alabama et la corvette fédérale le Kearseage. L’Alabama est battu Ap. J.-C.


(19 juin). — 8 nov. M. Lincoln est réélu président des États-Unis du Nord. — La convention de Québec décide l'établissement d'une confédération des provinces britanniques de l'Amérique du Nord, comprenant la N. -Ecosse, le N.-Brunswick, l'île du Prince-Edouard, Terre-Neuve, les deux Canadas. Les représentants seront choisis par la couronne parmi les membres actuels des chambres hautes et la couronne remplira les places devenues vacantes par décès ou autrement (sept.).

1865. En France, ouverture de la session législative (15 févr.). — Mort de M. le duc de Morny, président du Corps législatif (10 mars). — Discussion de l'adresse (27 mars-15 avril).— Fin de la crise monétaire, qui avait pesé si longtemps sur les affaires ; l'escompte est abaissé à 3 1/2 ; la rente se rapproche du cours de 68 fr. (janv.-avril). — Ouverture de la souscription à l'emprunt du Mexique : il sera émis 500 000 obligations de 500 fr. au taux de 340 fr., remboursables deux fois en 50 ans, la première fois à 500 fr., la seconde fois à 340 fr. Il y aura de plus 3 millions de lots par année, dont un de 500 000 fr. (22 avril) . — Inauguration du chemin de fer de Brest (26 avril) . — Voyage de l'empereur Napoléon III en l'Algérie (29 avril-l0 juin). — L'Union allemande tout entière donne enfin son adhésion au traité de commerce signé entre la Prusse et la France au mois d'août 1862 (9 mai) ; la mise en vigueur du traité franco -prussien est fixée au 1er juillet. — Le budget de 1866 est évalué à environ 1 milliard 845 millions pour les dépenses, et 1 milliard 847 millions pour les recettes.

Publication du Ier volume de la Vie de César, par l'empereur Napoléon lit.

A Turin, vote par lequel la Chambre des députés écarte la discussion sur les événements de septembre 1864, et décharge le ministère Minghetti de toute responsabilité légale à ce sujet ; à la suite de ce vote, nouveaux troubles à Turin. — M. Sella, ministre des finances, annonce dans son exposé financier que le déficit total est de 624 millions ; il espère réduire ce déficità.100 millions par la vente des chemins de l'Etat, par l'émission d'un emprunt de 425 millions et par l'augmentation ou la création de certains impots. La fin de la session sera en grande partie consacrée à la discussion de ces projets financiers, qui seront tous votés par les deux chambres. — Le roi Victor-Emmanuel établit définitivement sa résidence à Florence (28 avril).

En Espagne, les Cortès et le Sénat approuvent l'abandon de Sa'mt-Domingue fait par le gouvernement. — Embarras du Trésor espagnol ; la reine abandonne au Trésor les domaines de la couronne ; le ministre des finances, M. Barzanallana, propose de recourir à la perception de l'impôt par anticipation ; son successeur, M. Castro, renonce à ce moyen et propose une émission de 300 millions de billets hypothécaires garantis par les traites des acheteurs des biens nationaux.

— Des troubles graves éclatent à Madrid, à la suite de la destitution du recteur de l'Université de cette ville (10 avril). — Vives attaques dirigées contre le ministère par les députés du parti progressiste, entre autres par le général Prim ; elles sont victorieusement réfutées par M. Gonzalès Bravo, ministre de l'intérieur, qui revendique énergiquement pour le pouvoir le droit de se défendre par la force contre les factieux. — Adjudication à Madrid d'un emprunt de 600 millions de réaux, au type minimum de 41,50 (3 juin). — Le ministère Narvaez donne sa démission ; il est remplacé par le ministère O'Donnell ( (21 juin) . — Reconnaissance du royaume d'Italie par l'Espagne (juillet). — Échange des ratifications entre l'Espagne et la France du traité rela-


Ap. J.-C.


tif à la réduction des tarifs douaniers entre les deux pays (22 juillet).

Ouverture du Parlement anglais (7 février) ; M. Gladstone présente à la Chambre des communes un projet de budget offrant un excédant de recettes de plus de 100 millions ; cet excédant sera employé à la réduction des impôts sur le thé, l'income-taxe et les assurances contre 1 incendie (27 avril). — La Chambre des communes repousse le bill de réforme électorale proposé pa*- M. Baines, par 288 voix contre 214 (seconde lecture), 8 mai. — Mort de Richard Cobden (2 avril).

En Prusse, la Chambre rejette définitivement le projet de loi relatif à la réorganisation de l'armée (5 mai) ; tout espoir de réconciliation entre la Chambre et le gouvernement disparaît. — La Diète germanique vote sur la proposition de la Bavière, de la Saxe et de la Hesse-Darmstadt une motion ayant pour objet de faire remettre immédiatement l'administration du Holstein entre les mains du ducd'Augustenbourg. La motion est acceptée par 9 voix contre 6 (6 avril) ; la Prusse déclare qu'elle n'en tiendra aucun compte. — Difficultés entre la Prusse et l'Autriche au sujet de l'occupation de Kiel, dont la première veut faire un port prussien destiné à remplacer celui de Dantzig. — Dans un mémorandum sur la guerre danoise, que le gouvernement prussien a communiqué aux chambres pour justifier ses demandes de crédit pour la marine, M. de Bismark, qui a déclaré, par son représentant à la conférence de Londres, le 28 mai 1864, que le duc d'Augustenbourg « peut faire valoir aux yeux de l'Allemagne le plus de droits à la succession dans les duchés », affirme qu'il a acquis la conviction de la nullité des droits de ce prince (mai). — Dans le cours de la discussion, M. de Bismark déclarera aussi que le souverain légitime des duchés avant la guerre était le roi Christian IX, mais que depuis la cession faite par ce prince, le duc de Slesvig-Holstein, c'est le roi de Prusse, conjointement avec l 'empereur d'Autriche ; la Chambre repoussera toutes les demandes de crédit faites par le gouvernement, soit pour l'accroissement de la marine prussienne, soit pour les dépenses de la guerre contre le Danemark. — En Autriche, chute du ministère Schmerling ; M. le comte Belcredi est nommé ministre d'Etat (30 juillet). — Efforts de l'Autriche pour arriver à un rapprochement avec la Hongrie. — Graves démêlés entre la Prusse et l'Autriche au sujet de l'occupation des duchés ; ils se terminent par un arrangement conclu à Gastein entre les souverains des deux pays (20 août) ; en vertu de cet arrangement les deux souverains cessent d'exercer en commun dans les duchés les droits qui leur avaient été dévolus par le traité de paix du 30 octobre 1864 ; le Holstein sera administré par l'Autriche, et le Slesvig par la Prusse ; l'Autriche cède ses droits sur le Lauenbourg à la Prusse, qui s'engage à verser au gouvernement impérial autrichien la somme de 12 millions 500000 francs.

En Russie, ukase du 6 avril ayant pour objet la réglementation de la presse dans l'empire ; un grand nombre de publications seront affranchies de la censure préalable. — Progrès de la Russie dans l'Asie centrale, ayant pour résultat de réunir par des points fortifiés les deux lignes, l'une partant de la Chine, jusqu'au lac IssykKoul ; l'autre partant de la mer d'Aral, de manière à ce que les postes russes ne laissent point d'intervalles par où puissent s'effectuer impunément les invasions et les déprédations des tribus nomades. — Mort du grand-duc héritier de Russie à Nice (24 avril) .

Conclusion du traité de paix entre le Pérou et Ap. J.-C.


l'Espagne (27 janv.) ; à la suite de ce traité, troubles graves à Lima et sur plusieurs autres points ; arrestation du général Castilla. — Le congrès des républiques du Sud, convoqué à Lima ? se sépare, le 7 mars, après avoir signé un traité d'alliance offensive et défensive (Chili, Etats-Unis de Colombie, Pérou, Equateur, San Salvador, Venezuela, Confédération Argentine, Bolivie).

— En Bolivie, le général Belzu se fait proclamer président à la Paz (7 avril) ; M. Melzarego marche sur cette ville et s'en empare après une lutte acharnée, dans laquelle Belzu est tué.

Les forces réunies du Brésil et du général Florès emportent la ville de Paysandu, après cinquante heures de résistance (2 janv.) ; Montevideo est mis en état de blocus. — Le sénateur Villalba, installé président à la place de M. Aguirre, inaugure son administration en signant la paix avec le Brésil et le général Florès (20 févr.). — Florès remplace M. Villalba, qui était resté six jours en possession du pouvoir exécutif, et signe avec le Brésil un arrangement qui met fin à toutes les difficultés entre cet empire et l'Uruguay.

— Guerre entre le Paraguay d'un côté, le Brésil, l'Uruguay et la Confédération Argentine de l'autre.

En vertu d'un article des traités prescrivant la formation d'interprètes japonais pour la langue française, un collège français est établi par le gouvernement japonais à Yokohama.

Rude guerre soutenue par les Anglais contre le Bhootan. — Leur lutte avec les indigènes de la Nouvelle-Zélande recommence.

En Chine, le prince Kong, qui s'était toujours montré favorable aux étrangers, est destitué de toutes ses fonctions (3 avril) ; il sera rétabli peu après (13 avril).

La ligne télégraphique avec l'Inde, par Constantinople, est ouverte d'une façon définitive. Une dépêche datée de Kurrachee, port de l'Inde anglaise, sur la mer d'Oman, en date du 28 février, 5 h. 18 min. du soir, a été reçue à Londres, le 1er mars, à 8 h. 15 min.

Au Mexique, prise d'Oajaca, par le maréchal Bazaine. — Publication du statut organique de l'empire (10 avril) ; la forme du gouvernement est celle de la monarchie héréditaire avec un prince catholique. Neuf ministres et un conseil d'Etat aident le souverain dans le gouvernement du pays. Le gouvernement de l'empereur garantit a tous les habitants de l'empire l'égalité devant la loi, la sûreté personnelle, la propriété, l'exercice de leurs cultes et la liberté de publier leurs opinions. La confiscation des biens est à jamais abolie.

Continuation de la guerre entre les États-Unis du Nord et ceux du Sud. Le sort des armes se prononce définitivement contre ces derniers. —


Ap. J.-C.


Progrès irrésistibles de Sherman, qui entre à Columbia le 17 février, puis bientôt après à Charleston, que les confédérés avaient évacué dès le 14. — Le général Terry emporte d'assaut, après plusieurs jours d'un effroyable bombardement, le fort Fisher, la clef de Wilmington (15 janv.). — Conférence, pour la paix, entre les commissaires confédérés, le président Lincoln et M. Seward ; elle dure quatre heures, et n'amène aucun résultat (4 févr.). — Sheridan reprend l'offensive dans la vallée de Shenandoah, où il bat Early et Ewell, anéantit les forces du Sud qui protégeaient la droite de Richmond, et opère sa jonction avec Grant, pendant que Sherman poursuivait sa marche victorieuse à travers les deux Carolines, dans la direction de Richmond. — La Confédération aux abois songe à armer les esclaves ; Grant prend alors l'offensive, et force les lignes de son adversaire Lee dans les trois mémorables journées du 29, du 30 et du 31 mars. — Le 1er avril, Lynchburg et Richmond sont à la discrétion du vainqueur. — Lee cherche à rejoindre les forces de Johnstone, opposé à Sherman, mais toutes les voies de retour lui sont fermées ; après un suprême effort à Burkesville, le 5 avril, il reçoit, le 7, les premières ouvertures d'une capitulation honorable de la part de Grant. — Il l'accepte le 9, et dépose les armes.

— Épouvantable attentat contre M. Lincoln et M. Seward, secrétaire d'État : le premier est tué d'un coup de pistolet dans une loge d'un théâtre de New-York ; le second, malade chez lui, est couvert de blessures par un autre assassin (14 avril) ; immense sensation produite par la nouvelle de cet horrible assassinat dans l'univers entier ; toutes les puissances de l'Europe font parvenir au gouvernement de Washington l'expression de l'horreur qu'elles ont ressentie. — M. Andrew Johnson, vice-président, remplace M. Lincoln à la présidence. — Le général Sherman conclut, le 18 avril, avec le général Johnstone un arrangement qui est désavoué par le président Johnson ; cet arrangement sera remplacé bientôt après par une capitulation analogue à celle de Lee (29 avril) ; les autres généraux confédérés font successivement leur soumission.

— La tête de Jefferson Davis, président des États confédérés, est mise à prix pour 100 000 dollars ; la même mesure est prise à l'égard de plusieurs généraux confédérés. — Commencement du procès des complices de Booth, assassin de Lincoln (9 mai). Arrestation de Jefferson Davis avec toute sa famille (10 mai). — Publication d'une amnistie pour les Etats du Sud qui ont pris part à la rébellion, amnistie que rendent malheureusement à peu près illusoire les conditions et les exclusions qu'elle renferme (30 mai).

FIN DE LA CHRONOLOGIE