Bouillet - Atlas universel d'histoire et géographie, 1865/Tables temps anciens

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

TABLES CHRONOLOGIQUES


_________________________


TEMPS ANCIENS


DE LA CRÉATION DU MONDE A L'ÈRE DES OLYMPIADES.


5538-776 [1] AVANT JÉSUS-CHRIST.

Av. J.-C.

5538. Création du monde, d'après la version des septante. (Elle eut lieu, suivant Usserius, s'appuyant du texte hébreu, reproduit par la Vulgate, en 4004 ; d'après l' Art de vérifier les dates av. J.-C, en 4963).

3296. Déluge universel.

3296-2122. Dispersion des hommes. — Fondation des premiers empires : Menés en Egypte, Nemrod en Babylonie, Assur en Assyrie. — Les Chamites ou Cuschites (descendants de Chus, fils de Cham, et frère de Mezraïm, que l'on croit être le même que Menés) paraissent être parvenus les premiers a une certaine civilisation. — Memphis, Babylone, Ninive leur durent leur premier éclat. — Le caractère grandiose des constructions qui furent alors élevées sur les bords du Nil, de l'Euphrate et du Tigre, le développement scientifique de l'Egypte et de la Chaldée sont l'ouvrage de ces peuples, auxquels le monde entier doit les plus anciennes connaissances qui tiennent à l'astronomie, aux mathématiques, aux mesures et à l'industrie. — Invention des écritures hiéroglyphique et cunéiforme.

2205. 1re dynastie chinoise, celle des Hia.

2122. Naissance d'Abraham.

2047. Vocation d'Abraham, qui, sur l’ordre de Dieu, part d'Ur en Chaldée avec Tharé, son père, Sara, sa femme, et Lot, fils de son frère Haran, traverse la Mésopotamie et va s'établir dans la terre de Chanaan. C'est à cette époque que l'on s'ac-


Av. J.-C.


corde à rapporter l'apparition des Sémites et des Ariens ou Aryas dans l'histoire. Les Sémites occupaient alors les vallées du Tigre et de l'Euphrate. A partir de ce moment leur importance croît chaque jour, et partout ils se mêlent aux populations chamitiques, avec lesquelles ils se fondent, ou qu'ils assujettissent. Quant aux Ariens ou Aryas, on désigne sous ce nom un grand peuple, souche commune des nations indo-européennes, Perses, Grecs, Romains, Celtes, Germains et Slaves, et qui, rassemblé primitivement dans les pays appelés plus tard Bactriane, Sogdiane et Arie, parlait une langue dont les deux principaux rameaux sont le sanscrit et le zend. Dès l'époque qui nous occupe, c'est-à-dire vers le temps de la vocation d'Abraham, les Ariens paraissent avoir été divisés depuis longtemps. Une fraction s'était répandue sur le plateau de l'Iran (Médo-Perses) : L'Ecriture parle d'un chef iranien, Chodorlahomor, roi des Elamites, qui entre en lutte avec Abraham ; une autre fraction était descendue dans l'Inde, où elle constitua les castes des Brahmanes ou prêtres, des Xattryas ou guerriers, et des Vaîcyas ou laboureurs et marchands ; une 4e caste, celle des Çudras, renfermait les vaincus, les étrangers, et était tenue par les trois autres en grand mépris. Les autres populations ariennes paraissent s'être avancées lentement de l'E. à l'O., du pied de l'Hindou-Kho vers l'Europe, où elles pénétrèrent successivement. On peut placer, en effet, du xxe au xviie siècle avant J.-C. l'entrée en Europe des Ibères, des Celles ou Gaëls, des Pélasges et des Hellènes, qui anéantirent ou refoulèrent devant eux des populations peu nombreuses, lesquelles paraissent se rattacher à la grande famille dite scytho-touranienne (Basques, Etrusques (?), Finnois, etc.).

2017-1314. Suivant M. Oppert, il faudrait rapporter à cette époque le commencement d'un premier empire assyrien fondé sur les bords du Tigre par des Sémites, et qui aurait duré jusqu'en 1314. La population de l'Assyrie paraît avoir été alors très-mélangée : on y peut distinguer, outre l'élément sémitique, un élément scytho-touranien, un élément chamitique, et enfin un élément iranien (les Chaldéens). Les Sémites semblent être parvenus à former un empire assez considérable pour inspirer des craintes aux Hyc-sÔs et ensuite aux rois égyptiens ; cet empire est désigné sur les monuments des rois d'Egypte sous le nom d'Empire des Rotennou. Ces Sémites furent quelque temps remplacés, du moins a Babylone, par des conquérants Av. J.-C.


arabes, mais ceux-ci ne détruisirent pas entièrement la domination des Rotennou dans la Mésopotamie, car plus tard Seti Ier et Ramsès II les rencontrent encore près de l'Euphrate, bien que déjà moins puissants.

1832. Joseph établit Jacob dans la terre de Gessen (basse Egypte), où les Hébreux restèrent 300 ans. À cette époque, l'Egypte était occupée en partie (basse et moyenne Egypte) par des envahisseurs arabes connus sous le nom d' Hyc-sôs, c'est-à-dire rois pasteurs, et qui avaient pour capitale l'ancienne Tanis ou Avaris. Il serait difficile de dire si ce fut un roi égyptien ou un hyk-sôs dont Joseph fut le ministre [2].

1783. 2e dynastie chinoise, celle des Chang.

1700. Amosis, fondateur de la 18e dynastie, expulse les Hyc-sôs. Les premiers successeurs de ce prince, Aménophis, Thoutmosis Ier, la Régente Hatasou et Thoutmosis II continuent sa politique belliqueuse, tantôt en Ethiopie, tantôt en Mésopotamie, tantôt en Arabie ou en Syrie.

1600. Règne de Thoutmosis III, dont les exploits nous sont connus par le mur numérique de Karnak, ainsi nommé à cause de la quantité d'indications numériques qu'il renferme sur les prisonniers faits ou le butin enlevé. Ce prince porta ses armes en Syrie, en Babylonie, en Assyrie, où régnaient les rois sémites-chaldêens, dont nous avons parlé plus haut. L'Ethiopie, peut-être même le pays nègre lui payaient tribut. L'Egypte alors avait une marine, car il est question sur une stèle de conquêtes de Thoutmosis III en Chypre, en Crète, peut-être même en Grèce.

1600 ? Le Phénicien Inachus règne, dit-on, sur les Pélasges dans le Péloponnèse. Son fils Phoronée passe pour le premier fondateur d'Argos.

1580-1500. Derniers rois de la 18e dynastie, parmi lesquels Aménophis III, qui fonde le temple de Luqsor. C'est en son honneur que furent élevées les statues connues sous le nom de statues de Memnon. C'est peut-être au temps de son fils Horus qu'eut lieu la sortie d'Egypte des Hébreux, sous la conduite de Moïse.

1532. Les Hébreux au mont Sinaï.


AV. J.-C.

1531-1493. Séjour des Hébreux dans le désert.

1500. Commencement de la 19e dynastie, la plus célèbre de toutes celles qui ont régné en Egypte. Elle a pour fondateur Ramsès I, qui, après un règne de 4 ou 5 années, eut pour successeur Séti I ou Séthos le Grand. Ce dernier fit construire deux magnifiques temples, l'un à Thèbes, celui de Gournah, l'autre à Abydos, ainsi que la fameuse salle hypostyle, ou salle des colonnes, dans le palais de Karnak à Thèbes. Le règne de Séti, qui dura plus d'un demi-siècle, fut rempli par de grandes expéditions en Nubie, en Arabie, en Syrie, en Mésopotamie, en Arménie. M. Brugsch, regarde ce prince comme le premier auteur du fameux canal du Nil à la mer Rouge.

1492-1434. Conquête de la Terre sainte par Josué. — Gouvernement des anciens.

1434. Deucalion, fils de Prométhée, petit-fils de Japet, règne en Thessalie. Il est le père d'Hellen, tige des Ioniens, des Eoliens,des Doriens et des Achéens.

1434-1193. Les servitudes et les juges chez les Hébreux depuis l'invasion de Chusan jusqu'à celle des Ammonites (Othoniel, Aod, Barac, appelé par la prophétesse Débora, Gédéon). Voir, pour chacun de ces noms, notre Dictionnaire universel d'histoire et de géographie.

1450-1380. Règne de Ramsès II ou Ramsès le Grand ou Ramsès-Meïamoun, le Sésostris des Grecs, fils de Séthos le Grand. Un récit gravé à Ibsamboul, en Nubie, et dans le palais qu'on a nommé le Ramesseum à Thèbes, nous fait connaître le début d'une grande expédition entreprise par Ramsès, la 5e année de son règne, contre plusieurs peuples de l'Asie occidentale qui s'étaient ligués contre l'Egypte, sous la conduite des Khétas de Syrie (probablement les Khettim de la Bible). Ce récit est complété par un poëme composé deux ans après l'avènement. La lutte, du reste, continua contre les Khétas à peu près sans interruption jusqu'à la 21e année du règne de Ramsès. A cette époque fut conclu entre les deux peuples un traité dont le texte, brisé en quelques endroits, a été retrouvé à Thèbes et traduit par M. Brugsch. Les monuments n'ont pas encore confirmé les récits d'Hérodote, et encore moins ceux de Diodore sur les grandes expéditions de ce prince ; ce qui est plus certain, c'est l'extension de sa puissance dans la Nubie. M. Lepsius a reconnu à Barkal un temple d'Ammon, construit sous Ramsès le Grand, le seul des Pharaons qui ait porté jusque là son influence.

1384. Erechthée règne en Attique, après un intervalle de temps difficile à préciser depuis Cécrops, qui aurait, suivant la tradition, importé dans cette contrée la civilisation égyptienne.

1380-1300. Fin de la 19e dynastie en Egypte. Maïenphtah ou Meri-en-Phtah (chéri de Phtah), appelé communément Menephta, fils et successeur de Ramsès le Grand. Quelques savants, parmi lesquels M. de Rougé, placent sous le règne de Menephta la sortie d'Egypte des Hébreux avec Moïse. Du reste, l'histoire de l'Egypte jusqu'à la fin de cette dynastie est fort obscure.

1300-1250. 20e dynastie. Ramsès III. Ce prince, qui fit un grand nombre d'expéditions contre les peuples voisins, encouragea aussi beaucoup les arts. L'édifice de Médinet-Abou, œuvre des Thoutmosis, fut accru et orné par lui. La date précise de ce règne est la 1re qui soit directement fournie par un monument. Un fait astronomique signalé par une inscription nous apprend la discordance qui existait alors entre l'année égyptienne et l'année vraie, et l'on a pu conclure rigoureusement que Ramsès III régnait dans les 1res années du xiiie siècle.

1314. Cadmus, d'origine égyptienne ou phénicienne, importe en Grèce l'alphabet phénicien et bâtit la Av. J.-C.


Cadmée qui sera la citadelle de Thèbes. — Vers la même époque, Danaûs fonde ou agrandit Argos.

1300. C'est vers cette époque que commence l'empire assyrien proprement dit, qui s'étendait à la fois sur Ninive et Babylone, et qui dura jusqu'au 8e siècle av. J.-C. Les témoignages d'Hérodote et du Chaldéen Bérose sont d'accord sur ce point, et ont été confirmés par les monuments, qui ne font aucune mention des exploits gigantesques de Ninus et de Sémiramis, si complaisamment racontés par Diodore d'après Ctésias. Ces récits d'ailleurs ne pourraient se concilier avec ce que nous savons aujourd'hui des expéditions dirigées parles rois d'Egypte du côté de l'Euphrate. Il en est de même de cette prétendue succession de rois fainéants avec lesquels les Grecs remplissaient l'intervalle imaginaire de près de 1000 ans, qu'ils supposaient exister entre Sémiramis et Sardanapale.

Il est probable que l'empire assyrien dut son origine à l'affaiblissement des Rotennou, souvent en lutte avec les rois d'Egypte. Il est à croire même que depuis longtemps déjà, sinon toujours, du moins à certaines époques, Ninive avait joui d'une existence indépendante. Nous voyons, en effet, dans les inscriptions égyptiennes, que Thoutmosis III (vers 1600) reçoit les tributs du roi des Rotennou et du roi d'Assur, c'est-à-dire de Ninive. Quoi qu'il en soit, le fondateur du nouvel empire assyrien fut un prince nommé sur les monuments Ninippalloukin. Nous ne possédons presque aucun renseignement sur ce prince et ses successeurs jusqu'au commencement du xiiie siècle. M. Oppert rapporte à l'an 1220 l'existence d'un Téglatphalasar dont il est question dans une longue inscription qui énumère les guerres et les conquêtes de ce prince. Une autre inscription, du temps de Sennachérib, nous apprend que, dans la 2e moitié du xiie siècle, un roi de Babylone enleva des idoles à Téglatphalasar II, roi d'Assyrie, ce qui atteste que Babylone forma plusieurs fois un Etat séparé.

1300-1000. Fin de la 20e dynastie en Egypte. — 21e dynastie. — Sous les princes de la 20e dynastie, qui régnent après Ramsès III et qui portent tous le nom patronymique de Ramsès, l'Egypte conserve sa prospérité au dedans et sa puissance au dehors. Sous Ramsès IV, les Assyriens payaient encore tribut ainsi que les Aamou, peuple asiatique, que l'on croit de race mongole. Mais avec cette dynastie disparaissent les traces de la domination des rois d'Egypte en Asie, ce qui coïncide avec le développement que prit à cette époque la puissance de Ninive. La 21e dynastie, originaire de Tanis, renferme un prince qui donna sa fille en mariage à Salomon.

1284. Pélops, fils de Tantale, passe de la Phrygie dans la Thessalie, d'où, emmenant avec lui des Achéens Phthiotes, il se rend dans le pays appelé plus tard de son nom Péloponnèse.

1270. Prise de Troie, suivant Larcher, d'après Hérodote (voir 1184).

1262. Naissance d'Hercule à Thèbes.

1226. Expédition des Argonautes, dirigée par Jason, chef des Minyens d'Iolcos ; le poète Orphée, Hercule et peut-être Thésée y prennent part.

1214. Les sept chefs devant Thèbes. Œdipe, le meurtrier de son père Laïus, l'époux de sa mère Jocaste, après s'être crevé les yeux, a abdiqué le titre de roi de Thèbes. — Lutte fratricide de ses fils Ëtéocle et Polynice.

1210. Mort d'Hercule au mont Œta, à l'entrée de la Doride. — Les Héraclides ou descendants d'Hercule sont chassés du Péloponnèse par Eurysthée,

Av. J.-C.


frère du héros. Ils se retirent dans l'Attique, où ils sont accueillis par Thésée.

1209. Prise de Troie, par les Grecs, suivant les marbres de Paros(V. 1184).

1208. Mort d'Eurysthée ; tué par Hyllus, fils d'Hercule. — Le fils de Pélops, Atrée, succède à Eurysthée dans Mycènes et dans Tirynthe.

1204. Hyllus, fils d'Hercule, retourne dans le Péloponnèse sur la foi d'un oracle. Il est tué dans un combat singulier par Echémus, roi des Tégéates. — Les Héraclides jurent de ne pas entrer avant un siècle dans le Péloponnèse et se retirent chez les Doriens.

1201. Agamemnon, fils d'Atrée, lui succède à Mycènes ; son frère Ménélas épouse Hélène, fille de Tyndare ; à la mort de Castor et de Pollux, qui arriva bientôt après, il hérite du royaume de Sparte.

1193. Commencement de la guerre de Troie, entreprise en commun par les Grecs au nom de Ménélas, l'époux d'Hélène, qui a été ravie par Paris, fils de Priam, roi de Troie ; elle a pour chef Agamemnon.

1193-1095. Derniers juges (Jephté, Samson, Héli, Samuel).

1184. Prise de Troie. — Malheurs des héros grecs retournant dans leur patrie.

1176. Égisthe et Clytemnestre sont tués par Oreste, qui ressaisit le trône de son père et règne à Mycènes.

1124. Les Thessaliens ayant envahi l'Hémonie, quils appellent Thessalie, les Thébains ou Cadméens rentrent de l'Hémonie en Béotie, d'où ils avaient été chassés quelque temps auparavant par les Pélasges et les Thraces. — Émigration des Eoliens de la Grèce centrale en Asie Mineure, sous la conduite de Penthilus, fils de l'atride Oreste. Ils y fondent 12 villes réunies en une sorte d'amphictyonie, qui avait pour centre un temple dédié à Apollon Grynien, près du mont Cane ; ces 12 villes étaient : Cyme, Larisse, Néon-Tichos, Temnos, Cilla, Notium, Ægirousa, Pitane, Ægèes, Myrine, Grynia, Smyrne (cette dernière fut prise par les Ioniens en 688).

1122. 3e dynastie chinoise, celle des Tchéou. Wouvang en est le fondateur. Il substitue l'ancienne forme de gouvernement au système féodal.

1104. Retour des Héraclides et établissement des Doriens dans le Péloponnèse. — La race conquérante occupe surtout la Laconie, sous les deux fils d'Aristodémus, Proclès et Eurysthènes, qui commencent à Sparte les deux dynasties des Proclides et des Eurysthénides ; l'Argolide sous Téménus, la Messénie sous Cresphontes. — L'Élide reste en partie aux Étoliens, qui ont accompagné les Doriens. — Les Achéens, conduits par Tisamène, fils d'Oreste, passent de la Laconie dans l'Égialée, dont ils expulsent les Ioniens, qui se retirent dans l'Attique, où ils, sont rejoints par les Eoliens de la Messénie. — L'Égialée prend le nom d'Achaïe. — Bouleversement opéré dans l'état social de la Grèce. — L'influence hellénique remplace définitivement l'influence pélasgique. — Nom d'Hellade donné à la Grèce. — Religion nationale substituée aux cultes locaux. — Établissement de l'esclavage de la glèbe dans les pays où s'établissent les Thessaliens, les Eoliens d'Arné et les Doriens ; de l'esclavage politique dans les contrées où dominent les anciens Hellènes. — Une sorte de moyen âge de 4 siècles commence pour la Grèce européenne, où la civilisation ne se conserve que dans l'Attique et dans quelques villes situées sur le littoral du golfe de Corinthe ou de l'Argolide, c'est-à-dire dans les contrées où dominent les anciens Hellènes, et qui sont en communication avec Asie Av. J.-C.


Mineure, où l'esprit grec doit briller bientôt du plus vif éclat.

1095. Les Hébreux forcent Samuel à leur donner un roi qui juge et qui commande comme chez les autres nations ; il désigne Saül, de la tribu de Benjamin, qui est sacré.

1075. Alétas fonde à Corinthe une dynastie de rois Héraclides.

1071. Samuel choisit David, de la tribu de Juda, âgé de 15 ans, pour succéder à Saül, qui s'est attiré la colère de Dieu en épargnant Agag, roi des Amalécites.

1056. Mort de Saül dans un combat contre les Philistins, sur le mont Gelboë, dans la tribu d'Issachar. Son fils Isboseth dispute la royauté à David.

1049. Mort d'Isboseth. — David est reconnu seul roi d'Israël ; il prendra la forteresse de Sion, et transportera l'arche sainte à Jérusalem.

1045. Les Doriens, conduits par Alétas, roi de Corinthe, et Althéménès, fils de Cisus, roi d'Argos, envahissent Mégare et s'avancent jusque dans l'Attique. — Dévouement de Codrus, dernier roi d'Athènes. — Les Doriens sont contraints de se retirer. — Établissement des archontes perpétuels ; Médon, fils aîné de Codrus, premier archonte.

1044. Émigration des Ioniens réfugiés en Attique, sur la côte occidentale de l'Asie Mineure. Ils sont conduits par un fils de Codrus, Nélée, s'établissent dans, le pays situé au sud de celui qu'occupaient les Éoliens et y forment une confédération de 12 cités : Samos et Chios dans les îles de ce nom, Milet, Myonte, Priène, Ephèse, Colophon, Lébédos, Téos, Erythrées, Clazomène et Phocée. Plusieurs années après, des Doriens d'Argos, d'Epidaure, de Trézène et beaucoup d'anciens habitants de ces villes, sous la conduite des descendants de Téménus et des anciens rois du pays, quittent le Péloponnèse et vont s'établir, les uns dans l'île de Crète, les autres dans la Carie, où ils fondent Halicarnasse et Myndus, d'autres enfin dans l'île de Rhodes et celle de Cos, près de laquelle ils fondent Cnide, sur le continent. Les villes occupées ou fondées par les Doriens formaient une espèce de confédération connue sous le nom d'Hexapole Dorienne, et dont les membres se réunissaient dans un temple consacré à Apollon, sur le promontoire Triopium, voisin de l’île de Cos. Au temps d'Hérodote, les villes Doriennes étaient réduites à 5, par suite de l'exclusion de la ligue qui avait été prononcée contre Halicarnasse. La ligue portait conséquemment à cette époque le nom de Pentapole. Ces 5 villes étaient : Lindus, Jalissus, Camirus, Cos et Cnide.

1016. Mort de David. — Avènement de Salomon, fils de David, et de la femme d'Urie, Bethsabée.

1013. Salomon jette les fondements du temple de Jérusalem, auquel il fait travailler pendant 7 ans.

1006. Dédicace du temple par Salomon. — Ses relations avec Hiram, fils et successeur d'Abibal, premier roi de Tyr.

1000-750. 22e, 23e et 24e dynasties en Egypte.— Le chef de la 22e dynastie est Scheschonk ou Sésac, qui soutient Jéroboam contre Roboam, ainsi que l'atteste un bas-relief de Karnak.

976. Schisme des dix tribus sous Roboam, fils de Salomon : deux royaumes, Juda et Israël. La race de David ne conserve que les tribus de Benjamin et de Juda. Le royaume d'Israël commence avec Jéroboam.

959. Abiam, roi de Juda.

956. Asa, roi de Juda.

955. Nadab, roi d'Israël.

953. Baaza, roi d'Israël.


Av. J.-C.

944. Hésiode, né à Ascra, en Boétie, florissait suivant les marbres de Paros.

931. Ela, roi d'Israël.

930. En Israël, fin de la race de Jéroboam. Zamri règne 7 jours. — Avènement du général Amri, le fondateur de Samarie, capitale d'Israël, rivale politique et religieuse de Jérusalem.

919. Mort d'Amri. L'impie Achab, son fils, lui succède. Il épouse Jézabel, fille du roi de Sidon. — Le prophète Élie.

915. Josaphat, roi de Juda.

908. Homère florissait, suivant les marbres de Paros.

896. En Israël, Ochosias succède à son père Achab.

895. Son frère Joram lui succède.

891. Mort de Josaphat, roi de Juda. — Avènement de son fils Joram, qui avait épousé la sœur du roi d'Israël, l'impie Athalie. — Le prophète Elisée.

884. Mort de Joram, roi de Juda. — Ochosias, son fils, ne règne qu'un an.

En Grèce, les jeux olympiques dont l'institution, en l'honneur de Jupiter, était attribuée à Hercule, à Pisus, ou à Pélops, sont renouvelés dans l'Élide, à Olympie, par Iphitus d'Elée, Cléosthène de Pise et Lycurgme de Lacédémone.

883. En Israël, le général Jéhu, désigné par le prophète Elisée, renverse et tue Joram. — Mort de Jézabel et de 70 princes de Samarie. — Ochosias, de Juda, a reçu une blessure mortelle, en combattant pour son oncle Joram. Athalie, sa mère, lui succède ; elle fait périr les princes de la race royale.

877. Mort d'Athalie, reine de Juda. — Joas, fils d'Ochosias, est fait roi à l'âge de 7 ans, par le grand prêtre Joïada.

866. Législation de Lycurgue à Lacédémone.

860. Didon, sœur de Pygmalion, roi de Tyr, fonde ou agrandit Carthage.

855. Joachaz, roi d'Israël.

839. En Israël, avènement de Joas, petit-fils de Jéhu. — Dernières prophéties d'Elisée.

837. Amasias, roi de Juda.

823. Jéroboam II, roi d'Israël.

808. En Juda, avènement d'Osias ; 52 ans de règne. — En Israël, 3 prophètes, Jonas, Osée et Amos, sous Jéroboam II, 3e descendant de Jéhu.

788. Chute du 1er empire assyrien. — Nous avons dit plus haut que nous ne possédions que très-peu de renseignements sur les commencements de cet empire. Nous sommes plus heureux à partir de la fin du xiie siècle. A cette époque, un certain Bélitaras, intendant des jardins royaux, fonde une nouvelle dynastie, sans doute à la suite d'une révolution de palais. Le nom de Bélitaras, qualifié d'origine de la royauté, a été lu dans une inscription d'un de ses descendants. Parmi ses successeurs, on remarque son fils Salmanasar Ier, fondateur, suivant M. Oppert, du palais N. O. de Nimroud, le plus ancien édifice ninivite dont on ait retrouvé les ruines ; Sardanapale III, le Grand, dont l'histoire est racontée sur une stèle du Musée britannique et dans de nombreuses inscriptions restées en Assyrie ; Salmanasar III, son fils, dont les annales ont été trouvées à Nimroud, sur un obélisque de basalte noir, aujourd'hui à Londres. On y voit que les pays où il a porté ses armes sont la Médie, la Mésopotamie, la Syrie, l'Arménie, la Perse, la Chaldée. Jéhu eut avec lui des rapports d'amitié, peut-être aussi de subordination. L'inscription parle aussi du roi de Syrie, Hazaël et de tributs (ou présents) envoyés par l'Egypte. Le petit-fils de Salmanasar III, Bélochus IV, se vante dans une inscription d'avoir régné « de la grande mer du soleil levant jusqu'à la grande mer du Av. J.-C


soleil couchant, » c'est-à-dire du golfe Persique ou de la mer Caspienne à la mer Méditerranée. Vers 820, Sammouramit ou Sémiramis, la veuve de ce dernier prince, qu'Hérodote place un siècle et demi avant Nitocris, épouse de Nabopolassar, régna seule pendant 17 ans, et accomplit sans doute une partie des travaux et des exploits attribués à la femme du célèbre Ninus. On trouve ensuite un Sardanapale V qui paraît être le même


Av. J.-C.


que le prince que renversèrent Arbacès, gouverneur de Médie et le Chaldéen Bélésis, gouverneur de Babylone. Avec lui finit le 1er empire assyrien.

788-769. Le Chaldéen Phul, surnommé Balazar, ou le terrible (le Bélésis des Grecs), qui mit fin avec Arbacès au 1er empire assyrien, réunit d'abord sous sa domination Babylone et Ninive. — Expédition en Israël au temps de Manaheni, 2e successeur de Jéroboam II.


______________________


DEPUIS LES OLYMPIADES JUSQU'A LA MORT DE THEODOSE

776 AVANT JÉSUS-CHRIST. — 395 APRES JÉSUS-CHRIST.


___________________


VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

État florissant des colonies grecques de l'Asie Mineure. — Prépondérance de Sparte dans le Péloponnèse. — Formation des royaumes de Ninive, de Babylone et de Médie. — Fin du royaume d'Israël. -— Fondation de Rome.

Av. J.-C.

776. Olympiade de Corœbus, première où le nom du vainqueur fut inscrit dans les registres publics. Commencement de l'ère des Olympiades.

771-770. Zacharie, fils de Jéroboam II, dernier roi de la dynastie de Jéhu, en Israël. Il est assassiné par Sellum, qui est lui-même, un mois après, défait et tué par Manahem.

770. Manahem, roi d'Israël.

769-727. Règne de Téglatphalasar, qui rend l'indépendance à Ninive et fonde le 2e empire assyrien. — Son expédition contre Manahem, roi d'Israël.

769-747. Bélesis-Phul continue de régner à Babylone après que Téglatphalasar eut rendu à Ninive son indépendance.

760. Établissement des Ephores à Sparte, sous le roi Théopompe, petit-fils de Charilaiis, le neveu de Lycurgue.

759. Phacéia succède en Israël à Manahem.

757. Phacée succède en Israël à Phacéia.

756. En Juda, mort du saint roi Osias et avènement de Joathan. — Apparition d'un nouveau prophète, Isaïe, fils d'Amotz, de la race royale.

Fondation de Trapézus, colonie de Sinope, fondée par des Milésiens et la plus puissante des colonies grecques du Pont-Euxin. lre fondation de Cyzique par des Milésiens.

753. Fondation de Rome par Romulus, qui tue son frère Rémus.

752. Charops, fils d'Eschyle, 1er archonte décennal à Athènes.

750. Développement de la puissance maritime des Milésiens, qui fondent, vers cette époque, un grand nombre de colonies sur les rives du Pont-Euxin et de la Propontide.

750-670. Les rois éthiopiens en Egypte. Dans la seconde moitié du viiie siècle, Sabakon (Schabaka), roi d'Ethiopie, envahit l'Egypte, et, s'il faut en croire Manéthon, fit brûler vif le roi Bocchoris. Ce même Sabakon, le Sua de l'Ecriture, fut appelé par Osée, roi d'Israël, contre les Assyriens. Le 3e roi de cette dynastie, Tharaka, qui marcha contre Sennachérib, lorsque ce prince envahit le royaume de Juda, passe pour avoir accompli de grandes conquêtes en Libye. Les rois éthiopiens forment la 25e dynastie.

749. Enlèvement des Sabines. Les peuples sabins se préparent à la guerre contre Romulus.


Av. J.-C.

748. Bélésis-Phul, roi de Babylone, a pour successeur Nabonassar, dont la date est fixée par l'ère à laquelle il a donné son nom et par la suite des rois de Babylone que nous a conservée l'astronome Ptolémée-.

747. Premier triomphe de Romulus sur les Céniniens et les Antemnates. — lres dépouilles opimes d'Acron, roi des Céniniens, tué par Romulus. — Défaite des Crustuminiens. Les villes de Cénine, d'Antemne et de Grustumérie sont réduites à l'état de colonies romaines.

Prépondérance exercée dans le nord du Péloponnèse par le tyran d'Argos, Phidon, 10e descendant de l'héraclide Téménus. Il fait célébrer dans Elis la 8e fête olympique. — Epidaure et l'île d'Egine lui obéissaient.

745. Abolition de la royauté à Corinthe, après la mort de Télessus, 10 e successeur d'Alétas. République oligarchique. Le pouvoir appartient à 200 citoyens, tous Héraclides, les Bacchiades, qui' ne doivent s'allier qu'entre eux. Un prytane annuel est le chef de l'Etat.

Guerre des Sabins, sous la conduite de T. Tatius, roi de Cures, contre les Romains.

744. Traité de paix par l'entremise des Sabines mariées à Rome, qui réconcilient les deux armées prêtes à combattre. Les deux peuples se réunissent et partagent la royauté entre Roinulus et Tatius ; Rome garde son nom, mais les habitants prennent le nom de Quirites, du nom de Curis ou Cures, capitale des Sabins. — Tatius et Romulus défont les Camériens et réduisent leur ville en colonie romaine.

743. lre guerre de Messénie ; elle dure 20 ans.

741. Le petit-fils d'Osias, Achaz, roi de Juda, attaqué par Phacée, roi d'Israël et par le roi de Syrie, Razin, invoque l'appui du roi d'Assyrie, Téglatphalasar, qui renverse le royaume de Syrie et réduit en servitude une partie des Israélites ; mais il ravage aussi les terres de Juda.

739. Mort de Tatius.

738. Prise de Fidènes par Romulus, qui y envoie une colonie romaine. — 2e défaite des Camériens.

737. Victoire de Romulus sur les Yéiens.

736-712. Callinus d'Ephèse fleurit ; on le regarde comme l'inventeur de l'ancien elegus, ou du poëme pour lequel on se servait du mètre élégiaque. Av. J.-C.

736. Nouvelle victoire de Romulus sur les Véïens.

735. Fondation de Naxos, en Sicile, par des Chalcidiens de l'Eubée, conduits par l'Athénien Théoclès. Chersichrates de Corintne, issu des Héraclides, s'établit dans l'île de Corcyre.

734. Fondation de Syracuse par Archias de Corinthe.

730. Avènement d'Osée, roi d'Israël ; il doit le trône à un meurtre.

Fondation de Trotilus et de Thapsus, en Sicile, par des Doriens de Mégare.

Fondation de Léontium et de Catane par les Chalcidiens de Naxos.

Continuation de la 1re guerre de Messénie. Bataille du mont Ithorne ; combat singulier des rois Euphaës et Théopompe.

728. Le Corinthien Philolaiïs, de la maison des Bacchiades, se retire chez les Thébains, auxquels il donne des lois.

Fondation de Mégare-Hybla entre Léontium et Syracuse, par les Doriens de Thapsus.

727-716. Salmanasar IV, appelé aussi Sargon, le fondateur du fameux palais deKhorsabad, découvert en 1842 par M. Botta, consul de France à Mossoul, et dont les débris furent la première découverte importante faite par l'archéologie sur le sol assyrien. C'est au moyen des nombreuses inscriptions trouvées dans ce palais que l'on a reconstruit le règne de ce prince, l'un des mieux connus de toute l'histoire d'Assyrie. — Prise de Samarie et destruction du royaume d'Israël sous Osée, qui est emmené en captivité avec la plus grande partie de ses sujets dans les pays que Sargon venait de conquérir sur les Mèdes. — Sargon bat à Raphia Sabakon, lui impose un tribut et occupe Azoth et Jamneh. — Siège et prise de Tyr. — Soumission de l'île de Chypre. — Le début de la grande inscription des taureaux à têle humaine, aujourd'hui à Paris, atteste les efforts de Sargon pour recouvrer les conquêtes des anciens rois d'Assyrie.

726. Avènement d'Ezéchias, en Juda. Fondation de Rhégium par des Messéniens Doriens et des Eubéens.

721. Prise de Samarie, par Salmanasar (Sargon), roi d'Assyrie, après 3 ans de siège, et fin du royaume d'Israël sous le roi Osée.

721-709. Règne de Merodach-Bal-Adan, appelé aussi Mardokempad, â Babylone.

Fondation de Sybaris par des Achéens de la Laconie.

717. Les habitants de l'île de Chypre s'affranchissent de la domination des Phéniciens.

716-680. Sennachérib, roi d'Assyrie, successeur de Salmanasar IV ou Sargon. — Invasion en Juda, sous Ezéchias, qui se soumet au tribut. Ce prince fit aussi des expéditions contre les Susiens, les Chaldéens, les nomades de la Mésopotamie, les montagnards de la Médie, les Sidoniens ; puis, Ezéchias ayant fait alliance avec le roi de Babylone, Merodach-Bal-Adan, et le roi d'Egypte, ïnaraka, Sennachérib envahit de nouveau la Judée, mais éprouva alors un grand désastre. Les inscriptions nous le montrent ensuite chassant Merodach de la Chaldée, et faisant venir des marins de la Phénicie pour équiper une flotte sur le golfe Persique et poursuivre les Chaldéens émigrés. Fondation de Myles, en Sicile.

715. Fondation d'Abydos par des Milésiens.

Meurtre de Candaule par Gygès, qui fonde en Lydie la dynastie des Mermnades. Il règne jusqu'en 676. Sous lui commence entre le royaume de Lydie et les colonies grecques de l'Asie Mineure une lutte qui doit se prolonger sous ses successeurs.


Av. J.-C.

714. Avènement du Sabin Numa Pompilius, roi pa&gt ; cifique et religieux.

710. Fondation de Crotone par des Achéens de la Laconie.

708. Fondation de Tarente par les Parthéniens de Sparte. Fondation de Paros.

Fondation de Thasos, colonie de Paros. Au nombre des colons se trouvait le poëte Archiloque.

700. Déjocès met fin à l'anarchie qui régnait en Médie, donne de sages lois à ses sujets et fonde Ecbatane.

Vers la fin de ce siècle, l'état social de la Grèce européenne commence à prendre quelque fixité. Depuis l'invasion des Héraclides, il n'y avait pas eu, à proprement parler, de gouvernement dans les divers Etats de la Grèce. Les grands (Πρώτοι, γέροντεζ, ἂριστοι), le peuple ou la masse des guerriers et les rois se disputaient le pouvoir ou opprimaient les populations vaincues. Mais les grands et le peuple finirent par se réunir contre les rois, et à la fin du 8e siècle la royauté était abolie ou limitée par des lois (Sparte) dans presque tous les États de la Grèce. Elle ne se soutint que dans une partie de la Thessalie, en Epire et en Macédoine. Les grands qui, continuellement engagés dans les expéditions militaires, avaient acquis dans l'usage des armes une grande supériorité sur le peuple, vont dominer dans tous les Etats, et commencer en Grèce ce que quelques auteurs ont appelé le règne de la Chevalerie.

VIIe siècle avant Jésus-Christ.

Réunion des empires de Babylone et de Ninive. — Commencement de la captivité des Juifs à Babylone. — Extension de la puissance maritime des colonies grecques de l'Asie Mineure. — Les Spartiates triomphent des Messéniens. — Abolition de la royauté dans la plupart des États de la Grèce européenne. — Établissement des Oligarchies. Règne de la Chevalerie. — Les différents genres de poésie, les arts et la philosophie commencent à fleurir chez les Grecs de l'Asie Mineure, de la Sicile et de l'Italie.

697. Mort d'Ezéchias. Avènement de son fils Manassès au trône de Juda. Il détruit dans son royaume le culte du vrai Dieu, et fait mettre à mort le prophète Isaïe.

691. Le Grec Glaucus, de Chio, trouve le premier le moyen de souder le fer.

690. Fondation de Gela, en Sicile, par des Rhodiens et des Cretois.

688. Smyrne, prise par les Colophoniens, est admise dans la ligue Ionienne, où elle prend la place de Myunte.

685. Deuxième guerre de Messénie.

683. Créon, 1er archonte annuel à Athènes.

682. Bataille de Dérac entre les Messéniens et les Spartiates. Aristomène, chef des Messéniens, pénètre dans Sparte.

680. Le poëte athénien Tyrtée ranime le courage des Spartiates défaits dans 3 batailles. — Les Messéniens, trahis une première fois par Aristocrate, roi des Arcadiens, sont vaincus à la bataille des Tranchées et se retirent sur le mont Ira.

Institution des courses de chars à quatre chevaux dans les jeux olympiques.

680-647. Assar-Haddon, fils de Sennachérib, déjà établi par son père vice-roi de Babylone, est reconnu roi à Ninive. Ce prince colonisa complètement l'ancien territoire d'Israël et emmena captif le roi de Juda, Manassès, successeur d'Ezéchias. Il fit aussi des expéditions en Phénicie et en Egypte. Nous ne savons presque rien de son Av. J.-C.


fils, Téglatphalasar, qui n'est guère connu que par l'insurrection de Saos-du-Khin à Babylone. — Sardanapale VI, frère de Téglatphalasar, bâtit un palais magnifique et remporta des victoires sur es Susiens, mais ne put ramener sous sa domination Babylone.

676-627. Ardys, fils et successeur de Gygès, règne en Lydie. Sous son règne, les Cimmériens, fuyant devant les Scythes nomades, se jettent sur l'Asie Mineure et s'emparent de Sardes.

675. Le roi de Juda, Manassès, est emmené captif à Babylone par le roi d'Assyrie Assar-Haddon, mais il est rendu à la liberté un an après. 2e fondation de Cyzique par des Mégariens.

674. Fondation de Chalcédoine par les Mégariens.

673. A l'extrémité S. de l'Italie, Locres est fondée par des Locriens de la Grèce centrale.

671. Alcman, originaire de Sardes en Lydie, compose à Sparte des poésies lyriques dans le dialecte dorien.

Tullus Hostilius, 3e roi de Rome, succède à Numa. Il avait été choisi parmi les Romains.

670. Vers cette époque, les Éthiopiens abandonnent l'Egypte, qui est partagée, suivant Hérodote, en 12 principautés alliées, mais indépendantes, avant que Psammétichus de Sais les réunît en un seul Etat.

668. Les Messéniens, assiégés dans Ira depuis 11 ans, sont forcés de se rendre. Trahis une seconde fois par le roi d'Arcadie, Aristocrate, ils échouent dans le projet de surprendre et de détruire Sparte. — Les Messéniens des villes maritimes se réfugient en Elide, se joignent à ceux qu'Aristomène a conduits en Arcadie et vont s'établir en Sicile, où ils s'emparent de Zancle. qu'ils nomment Messane, tandis que les Messéniens, restés en Grèce, sont réduits à la condition des ilotes.

Abolition de la royauté en Arcadie après le supplice du traître Aristocrate.

667. Guerre des Romains et des Albains. Combat des Horaces et des Curiaces. Soumission d'Albe.

665. Les poètes Archiloque, de Paros, et Simonide, d'Amorgos, se servent du vers ïambique pour composer des satires.

Guerre contre les Fidénates et les Véïens. Trahison de Suflétius, chef des Albains. Son supplice. Destruction d'Albe.

664. Fondation d'Acre et d'Enna par les Syracusains. Lutte maritime entre Corinthe et Corcyre, sa colonie.

662. Fondation de Sélymbrie par les Mégariens.

660. Zaleucus et Charondas donnent des lois, le premier aux Locriens d'Italie, le second aux Catanéens.

657. Fondation de Byzance par des Mégariens.

656-634. Phraorte, fils et successeur de Déjocès, agrandit l'empire des Mèdes, mais est vaincu et tué par le roi d'Assyrie, Assourdanii.

655. Olbia, Niconium, Tyras, colonies de Milet sur les côtes septentrionales du Pont-Euxin.

Cypsélus renverse à Corinthe le gouvernement des prytanes, détruit l'oligarchie des Bacchiades et y substitue son autorité. Démarate, l'un des Bacchiades, va s'établir en Étrurie.

652. Guerre de Tullus Hostilius contre les Sabins. Elle dure 2 ans.

650. Avec l'aide de Grecs Ioniens. et de Cariens. Psamméticus dépouille du pouvoir les autres rois ses collègues et commence la 26e dynastie, qui durera jusqu'en 569. Il permet aux Grecs de former un établissement à Péluse et ouvre ainsi l'Egypte au commerce grec. Le même prince fait instruire dans la langue grecque de très-jeunes Égyptiens, et il se forme ainsi une caste d'inter-


Av. J.-C.


prêtes héréditaires pour conserver entre les deux peuples des rapports permanents. — C'est à cette époque que l'on rapporte l'introduction dans les États grecs du papyrus égyptien, ce qui favorisa la composition des écrits en prose.

Guerre de Tullus Hostilius contre les peuples latins qui dépendaient d'Albe.

648. Fondation d'Himère, en Sicile, par les habitants de Zancle.

647. Assourdanii (appelé aussi Chinaladan et Nabuchodonosor), dernier roi de Ninive, s'empare de Babylone. Ce prince, après avoir triomphé de Phraorte, roi de Médie (634), entreprit de soumettre les contrées du Taurus à l'Egypte, mais il échoua devant Béthulie par le courage de Judith.

645. Casmène fondée en Sicile par les Syracusains.

644. Trêve de Tullus avec les Latins. — 2e guerre contre les Sabins.

642. Amon, fils de Manassès, lui succède au trône de Juda.

640. Josias, fils d'Amon, lui succède sous la tutelle de sa mère Idida. — Le prophète Jérémie.

Naissance de Thaïes, originaire de Phénicie, suivant Hérodote.

Mort de Tullus Hostilius. Ancus Martius, 4e roi de Rome, lui succède. Il avait été choisi parmi les Sabins.

Battus, de Lacédémone, s'établit avec des Théréens dans l'île de Platée, sur les côtes de la Cyrénaïque.

638. Guerre d'Ancus Martius contre les Latins. Elle dure 4 ans.

637. Les Théréens se transportent avec Battus à Aziris en Libye et y demeurent 6 ans.

634-594. Cyaxare, fils et successeur de Phraorte, célèbre par l'invasion des Scythes qui restèrent, dit-on, 28 ans en Médie, par la prise de Ninive, à laquelle il prit part après avoir fait massacrer les Scythes, et enfin par une bataille contre les Lydiens, devenue fameuse à cause de l'éclipsé de soleil qui sépara les combattants et les décida à faire la paix.

633. Fondation par les Milésiens de Tomes, et d'Ister à l'embouchure du fleuve de même nom.

631. Battus quitte Aziris et va fonder Cyrène.

630-586. Mimnerme de Colophon, poëte élégiaque

629. 2e fondation de Sinope par des Milésiens.

628. Fondation de Sélinonte par Mégare-Hybla. 2e colonie de Mégariens à Byzance.

627. Fondation de Lipara, dans la petite île de ce nom.

627-615. Sadyatte règne en Lydie.

627-605. Nabopolassar, gouverneur de Babylone, s'unit avec le roi des Mèdes, Cyaxare, dont il fait, épouser la fille à son fils Nabuchodonosor, s'empare de Ninive, où régnait alors Assourdanii, le Chinaladan des Grecs, et met fin au 2e empire assyrien [3]. — Babylone devient alors la capitale du nouvel empire, dit chaldéo-babylonien, et reçoit beaucoup d'embellissements de Nitocris, épouse de Nabopolassar. Les 2 dernières années de son règne, ce prince s'associe son fils Nabuchodonosor.

625. Fondation d'Épidamne ou Dyrrachium par les Corcyréens.

A Corinthe, Cypsélus a pour successeur, dans la tyrannie, son fils Périandre, l'un des 7 sages de la Grèce et le protecteur d'Arion de Méthymne, Av. J,-C.


joueur de lyre et auteur de dithyrambes. Il épousa la fille du tyran d'Épidaure, Proclès, qui lui-même était gendre du tyran d'Arcadie, Aristocrate. Il prendra Èpidaure.

Lois sanguinaires de Dracon, destinées à rétablir la paix dans Athènes que déchiraient les factions.

620. Théagènes, devenu chef de la faction populaire, usuipe la tyrannie à Mégare, après avoir détruit l'oligarchie.

617. Néchao succède à Psamméticus. Il crée en Egypte une grande puissance maritime, fait travailler au canal de communication entre le Nil et la mer Rouge, et charge des navigateurs phéniciens d'exécuter le périple de l'Afrique.

Guerre d'Ancus Martius contre les Véiens. Elle dure 2 ans.

616. Guerre d'Ancus Martius contre les Sabins.

615-558. En Lydie, règne d'Alyatte, qui chassera les Cimmériens de l'Asie Mineure.

615. Avènement de l'Étrusque Tarquin l'Ancien, 5e roi de Rome.

613. Commencement de la guerre de Tarquin contre les Latins.

612. Tentative infructueuse de Cylon à Athènes pour rétablir la royauté. Massacre de ses partisans au pied de l'autel des Euménides.

611-592. Sapho de Lesbos, femme poëte.

609. Josias, roi de Juda, est défait à Mageddo par Néchao, roi d'Egypte, qui entre dans l'Assyrie, s'empare de Carchemis et d'autres places appartenant à Nabopolassar. — Avènement de Joachas, fils de Josias. — Prise de Jérusalem par Néchao, qui emmène en captivité Joachas et lui donne pour successeur son frère Ëiiacim ou Joachim.

608. Naissance de Pythagore, de Samos, qui vécut 98 ans.

Les Léontins sont le premier peuple grec de Sicile qui obéisse à un tyran, Panétius. Stésichore d'Himère, en Sicile, poète lyrique.

606. Nabuchodonosor II, associé par son père au gouvernement, triomphe de Néchao à Circesium, puis attaque le roi de Juda Joachim, parce qu'il avait pris parti pour l'Egypte contre l'Assyrie. Jérusalem se rachète, mais une partie du peuple est emmenée à Babylone. Commencement des 70 ans de captivité. Vains avertissements du prophète Jérémie.

Guerre entre les Mityléniens de Lesbos et Athènes au sujet de plusieurs places de la Troade et du promontoire de Sigée. — Lâcheté du poète lesbien Alcée dans la bataille. Combat singulier de Pittacus contre le général d'Athènes Phrynon ; médiation de Périandre, tyran de Corinthe.

604. lre guerre sacrée décidée par le conseil amphictyonique contre les Cirrheens de la Phocide, qui ont labouré les champs consacrés à Apollon. Elle durera 10 ans. Solon y prend part.

601. Révolte de Joachim contre Nabuchodonosor II. » Prédictions de Jérémie.

Psamméticus (le Psammis d'Hérodote), fils de Néchao, lui succède en Egypte.

600 Vers cette époque, on commence, aux frais de toute l'Asie, le temple d'Êphèse, consacré à Diane. Commencé d'abord par l'architecte grec Chersiphron, il ne sera achevé que 220 ans après.

1er établissement des Phocéens à Marseille.

Fondation de Périnthe sur la Propontide, probablement par les Samiens.

Abolition de la royauté à Sicyone.

Les Athéniens, sous la conduite de Solon, reprennent Salamine sur les Mégariens.

Destruction de Smyrne par les Lydiens.


Av. J.-C.

Bataille de Sagra : défaite des Crotoniates par les Locriens.

Fin de la guerre de Tarquin l'Ancien contre les Latins.

VIe siècle avant Jésus-Christ.

Prépondérance des Perses dans la haute Asie. — Fin dé la captivité de Babylone, — Décadence des colonies grecques de l'Asie Mineure. — Puissance des Lydiens. — Renaissance de la civilisation dans la Grèce européenne. — Les Tyrannies remplacent les Oligarchies dans presque toutes les cités. — État florissant des colonies grecques de la Sicile et de l'Italie. — A Rome, abolition de la royauté ; fondation de ia République.

599. 1re guerre de Tarquin l'Ancien contre les Sabins. Elle dure 2 ans. Fondation de Camarine par les Syracusains

598. 2e prise de Jérusalem parles Babyloniens ; Joachim est mis à mort. Joachim ou Jéchonias, fils de Joachim, lui succède. Nabuchodonosor le fait prisonnier et l'emmène à Babylone avec un grand nombre de captifs, parmi lesquels le célèbre prophète Ezéchiel.

597. Nabuchodonosor établit roi de Judée Mathanias, oncle paternel de Joachim, et change le nom de ce prince en celui de Sédécias.

Bataille entre Alyatte, roi de Lydie, et Cyaxare, roi des Mèdes. Cette bataille est célèbre par l'éclipsé qui sépara les combattants et amena la paix entre les deux pays. Cette éclipse avait été prédite par Thaïes.

Commencement de la guerre des Etrusques contre Tarquin. EUe dure 9 ans.

596. Athènes est purifiée par Épiménide du crime des Alcméonides.

595. Apriès, roi d'Egypte. Il fait la guerre aux Tyriens et leur enlève Sidon. Alcée et Erinna, amie de Sapho, fleurissent.

594. Archontat de Solon ; il donne des lois à Athènes.

589. A Mitylène, dans l'île de Lesbos, Pittacus reçoit le gouvernement pour 10 ans, malgré le poète Alcée.

Invasion de la haute Italie par les Gaulois, sous la conduite de Bellovèse.

587. Destruction du temple de Jérusalem par Nabuchodonosor II. Fin du royaume de Juda. Le roi Sédécias est emmené en captivité à Babylone avec tout le peuple. Derniers chants de Jérémie. Deux prophètes se rendent célèbres durant la captivité, Ezéchiel et Daniel.

Commencement de la seconde guerre des Sabins contre Tarquin ; elle dure 5 ans et se termine par la soumission de ce peuple.

586. Institution des jeux pythiques.

585. Mort de Périandre, tyran de Corinthe.

582. Fondation d'Agrigente par les habitants de Gela.

581. Fin de la puissance des Cypsélides à Corinthe, avec Psamméticus, petit-fils de Périandre. Établissement de l'oligarchie.

580. Pittacus abdique la tyrannie à Mitylène.

579. Fondation de Lipara par des habitants de Cnide.

578. Meurtre de Tarquin l'Ancien par les fils d'Ancus Martius. — Avènement de l'Étrusque Servius Tullius, 6e roi de Rome. Cens ou dénombrement de la cité. Division du peuple en 6 classes, et répartition des citoyens suivant leur fortune ; impôts proportionnels à la fortune et à l'exercice des droits politiques.

572. Fables écrites en grec par Ésope, esclave originaire de Mésymbrie, en Thrace, mais qui resta longtemps à Samos. Av. J.-C.

571. Commencement de la guerre de Servius contre les Etrusques. Elle dure 20 ans.

570. Susarion de Mégare, auquel on fait remonter les premiers essais de la comédie.

Solon visitant l'Asie Mineure est reçu en Lydie par le jeune Crésus. Solon ira en Egypte, en Chypre, etc.

A Agrigente, Phalaris exerce la tyrannie pendant 16 ou 30 ans.

569. Révolte des Egyptiens contre Apriès, qui avait été défait par les Cyrénéens. Fin de la 26 s dynastie. — Avènement d'Amasis. Ce prince épouse une fille de Psamméticus II, attire de Péluse à Memphis la colonie grecque établie par Psamméticus I, et forme un nouvel établissement à Naucratis. Il fonda aussi à Sais un célèbre édifice consacré à la divinité Neith.

566. Les Spartiates triomphent des Arcadiens Tégéates. — Institution des grandes Panathénées, à Athènes, en l'honneur de Minerve. Elles seront célébrées la 3e année de chaque olympiade.

565. A Athènes, factions de Lycurgue, de Mégaclès, de Pisistrate.

564. Fondation d'Alalie dans l'île de Corse par les Phocéens.

563. Fondation d'Amisus par les Phocéens.

562. Fondation d'Héraclée sur le Pont-Euxin.

561. Mort de Nabuchodonosor II. Son fils Evilmérodach rend la liberté à Jéchonias, captif depuis 37 ans. Ce prince est le Balthasar de Daniel. Il fut tué non par les Perses, mais par son beaupère, gendre de Nabuchodonosor et Mède de naissance. Nous voyons dans le livre de Daniel que le meurtrier se nommait Darius, mais il portait à Babylone le nom chaldéen de Nériglissor.

560. Pisistrate s'empare de l'autorité à Athènes en s'appuyant sur la multitude.

559. Astyage, roi de Médie, est renversé par son petit- fils, le Perse Cyrus. Les Perses substituent leur pouvoir à celui des Mèdes.

Mort de Solon à Athènes, après avoir essayé vainement de s'opposer aux projets de Pisistrate. Occupation de la Chersonèse par Miltiade, fils de Cypsélus.

Pisistrate est chassé d'Athènes par Lycurgue et Mégaclès.

558. Avènement de Crésus au trône de Lydie. Sous ce prince la monarchie lydienne comprenait tout le pays entre l'Hellespont, le Pont-Euxin, le fleuve Halys et le mont Taurus, à l'exception de la Lycie.

556. Pisistrate est rappelé à Athènes par Mégaclès, qui l'oppose à Lycurgue.

555-538. Nabonid, roi de Babylone.

552. Pisistrate est chassé de nouveau d'Athènes par Mégaclès, dont il avait épousé et outragé la fille.

547. Mort vers cette époque d'Anaximandre de Milet, disciple de Thaïes. lia construit une sphère et tracé la lre mappemonde connue. C'est à Anaximandre ou à son disciple Anaximène que l'on rapporte le premier emploi des gnomons ou cadrans solaires, empruntés sans doute aux Assyriens.

545. Fondation de Panticapée, d'Odessus, de Théodosie et de Phanagorée sur la côte méridionale du Pont-Euxin par les Milésiens.

544. Prise de Sardes par Cyrus après une victoire remportée sur Crésus dans une vaste plaine découverte au confluent de l'Hyllus et de l'Hermus, en avant de Sardes [4]. Fin de l'empire lydien.


Av. J.-C.


Conquête de l'Asie Mineure par Harpagus (544-536). Les Grecs de Téos et de Phocée préfèrent abandonner leur patrie plutôt que de subir la loi des Perses. Les Téïens passent en Thrace, où ils fondent la ville d'Abdères, et les Phocéens dans l'île de Corse, où ils restent jusqu'en 535.

Combat de 300 Spartiates contre 300 Argiens. Défaite des Argiens. Cession aux Spartiates de Thyrée et de la Cynurie, que les deux peuples se disputaient depuis plusieurs siècles. Théognis de Mégare, poète gnomique.

543. Développement de la puissance de Carthage. Traité conclu avec Cyrène, par lequel elle possède tout le territoire compris entre les Syrtes.

541. Les Carthaginois pénètrent en Sicile, où ils font des conquêtes importantes ;, sous la conduite de Malée, premier suffète connu.

538. Prise de Babylone par Cyrus. Fin du royaume babylonien. — Soumission volontaire des Phéniciens.

536. Édit de Cyrus qui termine la captivité des Juifs à Babylone et leur permet de retourner dans leur patrie. 42,360 Juifs seulement abandonnent Babylone et retournent à Jérusalem, sous la conduite de Jésus, fils de Josedec, et de Zorobabel, fils de Salathiel. — Apogée de la puissance de Cyrus. Nouvelle organisation de l'empire qui est divisé en 120 satrapies.

Pisistrate ressaisit l'autorité à Athènes. Etat florissant de cette ville sous sa domination.

535. Après une désastreuse bataille navale livrée aux Étrusques et aux Carthaginois, les Phocéens se retirent les uns à Rhégium, les autres à Marseille, qu'ils agrandissent.

A Athènes, premières tragédies de Thespis.

534. Mort de Servius Tullius assassiné par les émissaires de l'Etrusque Tarquin, son gendre.

Avènement de Tarquin le Superbe, 7e roi de Rome.

Les Juifs jettent les fondements du temple de Jérusalem, dont la construction est suspendue 16 ans par les intrigues des Samaritains.

532. Polycrate, allié d'Amasis, s'empare du pouvoir à Samos. Il est contemporain du philosophe Pythagore, de Samos, et du poëte Anacréon, de Téos.

530. Malée est banni.de Carthage pour avoir été défait en Sardaigne, mais il s'attache l'armée et s'empare de Carthage, où il essaye d'établir la tyrannie ; il est renversé peu de temps après.

Mort de Cyrus tué dans une guerre contre les Massagèles ou les Derbices. Cambyse, l'aîné de ses deux fils, lui succède. Le second, Tanaoxare ou Smerdis, obtient en partage le gouvernement de l'Arménie, de la Médie et du pays des Cadusiens.

528. Mort de Pisistrate. Ses fils Hipparque et Hippias qui lui succèdent imitent la modération de leur père, embellissent Athènes, favorisent les sciences et les arts.

526. Mort d'Amasis, roi d'Egypte. Son fils Psamménit lui succède.

525. Conquête de l'Egypte par Cambyse, roi de Perse.

Guerre des Lacédémoniens et de Polycrate de Samos. »

Les poètes Anacréon et Simonide, de Céos, viennent' à Athènes.

522. Mort de Polycrate de Samos, mis en croix par l'ordre d'Orétès, gouverneur de Sardes.

Cambyse échoue dans une expédition contre les Éthiopiens. Ses cruautés en Egypte. Il fait mettre à mort son frère Smerdis. Il meurt à Agbatane, en Syrie. Les Mages s'emparent du pouvoir et placent l'un d'eux sur le trône, le faux Smerdis. Av. J.-C.

521. Complot de sept seigneurs perses contre la faction mède des Mages. Massacre des Mages et de Smerdis. Une fête annuelle fut établie pour célébrer ce massacre, et on l'observait encore au siècle suivant. Élévation au trône de Darius Ier, fils d'Hystaspe : nouvelle dynastie. Ce prince est peut-être le même qui est désigné dans l'Écriture sous le nom d'Assuérus. — L'empire perse est divisé par Darius en vingt satrapies.

520. Les Perses donnent Samos à Syloson, frère de Polycrate.

Hécatée de Milet, le plus ancien historien grec. — Pythagore de Samos s'établit dans la grande Grèce.

519. Les Platéens se placent eux-mêmes sous la protection d'Athènes.

518. Les Juifs encouragés par les prophètes Aggée et Zacharie reprennent la construction du temple. Darius casse l'édit du mage Smerdis, qui s'y était opposé.

515. Miltiade, fils de Cimon, s'affermit dans la Chersonèse.

514. Hipparque est tué par Harmodius et Aristogiton, pendant la fête des grandes Panathénées.

Victoire de Cléomène, roi de Sparte, sur les Argiens ; belle défense d'Argos par Télésilla.

513. Prise de Babylone révoltée par Darius Ier, après un siège de 18 mois. Cet événement n'est qu'un épisode des nombreuses révoltes qui éclatèrent dans l'empire après la chute du faux Smerdis et qui nous ont été révélées par la fameuse inscription de Behisloun.

512. Darius charge le Grec Scylax de parcourir le bassin de l'Indus.

511. Phrynichus, poëte tragique d'Athènes, disciple de Thespis, introduisit le premier sur la scène tragique les sujets contemporains et les personnages de femme. Il fleurit jusque vers l'an 476. On cite parmi ses tragédies : La Prise de Milet.

510. Hippias, haï des Athéniens à cause de sa tyrannie, est chassé et se retire à la cour du roi de Perse.

Conjuration de Cylon de Crotone contre les Pythagoriciens.

509. Destruction de Sybaris par les Crotoniates que commandait le célèbre athlète Milon.

Rivalité de Clisthène et d'Isagoras à Athènes. Clisthène change la constitution de cette ville, porte le nombre des tribus de 4 à 10, celui des sénateurs de 400 à 500, et donne le droit de cité aux habitants des bourgs qu'il met dans les tribus. — Établissement de l'ostracisme.

Siège d'Ardée par Tarquin le Superbe. Attentat de son fils Sextus sur Lucrèce, femme de Tarquin Collatin. Expulsion de Tarquin le Superbe. Abolition du gouvernement monarchique et établissement de la république. Brutus et Tarquin Collatin sont les deux premiers consuls.

Brutus condamne à mort ses fils convaincus d'avoir conspiré pour ouvrir les portes de Rome à Tarquin. Abdication du consul Tarquin Collatin devenu odieux au peuple par son nom et son opposition au supplice de ses neveux, complices des fils de Brutus. Il est remplacé par Valérius Publicola qui fait passer les lois suivantes : 1° la candidature au consulat est rendue libre ; 2° la peine de mort est portée contre celui qui aspirera à la tyrannie ; 3° la faculté de l'appel au peuple est accordée à tout citoyen contre lequel aura été rendu un jugement portant la peine de mort, du fouet ou même d'une simple amende.

Guerre des Romains contre les Véïens et les Tarquiniens alliés de Tarquin. Brutus et Aruns, fils de Tarquin, succombent dans un combat singulier.


Av. J.-C.

1er traité entre les Romains et les Carthaginois. — A la même époque, ces derniers s'emparent de Panorme, en Sicile, et fondent Lilybée.

508. Isagoras, soutenu par Cléomène, roi de Sparte, expulse Clisthène d'Athènes, mais ayant tenté de renverser le Sénat, il est à son tour expulsé.

Expédition de Darius contre les Scythes, au delà du Danube, qu'il passe près de l'embouchure, mais il ne peut atteindre ses ennemis et repasse le Danube sur un pont dont il avait confié la garde aux Grecs qui l'avaient construit.

Seconde guerre pour rétablir Tarquin. Porsenna. Les Romains vaincus au pied du Janicule. Horatius Coclès.

507. Les Athéniens repoussent les efforts des Spartiates, des Béotiens, des Chalcidiens,des Ëginètes, coalisés contre eux, chassent de l'Attique les Spartiates et leur roi Cléomène qui soutenaient Isagoras, défont les Béotiens, se vengent des Chalcidiens, font la conquête de l'île d'Eubée et y envoient une colonie de 4000 hommes.

Mucius Scævola essaye d'assassiner Porsenna, qui traite avec les Romains. Aventure de Clélie.

506. Soumission de Périnthe, d'une partie de la Thrace et des Péoniens par Mégabyse, général de Darius.

Miltiade soumet les Cyclades. Guerre d'Athènes contre les Ëginètes. Construction d'une flotte avec le produit des mines du Laurium, par le conseil de Thémistocle.

505-499. 3e guerre pour rétablir les Tarquins, elle est faite contre les Sabins.

503. Vers cette époque, philosophes célèbres : Heraclite d'Éphèse, de l'école d'Ionie, Parménide d'Élée, disciple de Xénophane de Colophon et maître d'Empédocle et de Zénon d'Élée.

Aristagoras, avec l'appui du satrape Artapherne, tente de rétablir dans Naxos quelques nobles chassés par le parti populaire. Rivalité d' Aristagoras et du Perse Mégabate qui fait échouer l'entreprise. Aristagoras redoutant la colère de Darius se rend indépendant des Perses et fait révolter l'Ionie.

501. Aristagoras sollicite des secours de Sparte et d'Athènes ; repoussé par Cléomène, roi de Sparte, il entraîne dans son parti les Athéniens et les Érétriens qui lui fournissent des navires.

Épicharme, premier poëte comique grec en Sicile.

Vers cette époque, la révolution démocratique qui se préparait depuis longtemps en Grèce s'accomplit enfin. Dans presque toutes les villes de la péninsule, la tyrannie fut abolie et le gouvernement démocratique s'établit, surtout dans les États arcadiens, achéens, ioniens, arnéens, c'est-à-dire dans une partie du Péloponnèse et de la Grèce centrale. L'aristocratie ou l'oligarchie prévalut dans les États doriens et thessaliens, c'est-à-dire dans l'autre partie du Péloponnèse et dans une partie considérable de la Thessalie.

Ve siècle avant Jésus-Christ.

(siècle de Périclès.)

Guerres Médiques. — Prépondérance d'Athènes. — Rivalité de Sparte et d'Athènes. — Guerre du Péloponnèse. — Prépondérance de Sparte. — État florissant des lettres et des arts en Grèce. — A Rome, lutte des patriciens et des plébéiens. — Les Décemvirs.

499. Incendie de Sardes par les Ioniens. lre année de la guerre d'Ionie.

498. Eschyle, à 25 ans, commence à faire représenter des tragédies.

4e guerre en faveur de Tarquin. Les Latins sont défaits par T. Lartius, 1er dictateur. Av. J.-C.

497. La plupart des cités grecques de l'Asie Mineure ayant été contraintes de se soumettre aux Perses, Aristagoras s'enfuit en Thrace où il périt au siège d'une ville nommée plus tard Amphipolis.

496. Histiée de Milet, qui avait pris part secrètement à la révolte d'Ionie, tente en vain de prendre le commandement général des troupes de la confédération ; les Milésiens s'y opposent les armes â la main.

Victoire du dictateur A. Postumius, au lac Régille, sur les Latins qui font la paix.

495. 5e guerre pour rétablir les Tarquins. Les Volsques. Les plébéiens, accablés de dettes, refusent de s'enrôler, mais le consul Servilius parvient à les entraîner et bat les Volsques. Appius Claudius, collègue de Servilius, empêche l'exécution des promesses que ce dernier avait faites au peuple.

494. La trahison des Samiens cause la défaite de la flotte ionienne par celle des Perses, près de l'île de Lada. Prise de Milet, dont les habitants sont transportés à l'embouchure du Tigre. — Histiée défait par le Perse Harpage est fait prisonnier et mis à mort.

Victoires des Romains sur les Sabins, les Eques et les Volsques, sous la conduite de Manius Valerius, dictateur. — Mort de Tarquin le Superbe chez le tyran Aristodème, à Cumes.

493. Les plébéiens, mécontents des patriciens qui avaient encore refusé d'exécuter les promesses du dernier dictateur, se retirent sur le mont Sacré. Ménénius Agrippa réconcilie le peuple et le Sénat. Création du tribunat, charge plébéienne, élective, annuelle. Il y aura deux, puis cinq, puis dix tribuns. Veto tribunitien.

Défaite des Volsques par le consul Postumius Cominius ; prise de Corioles ; bravoure du jeune Marcius au siège de cette ville ; il reçoit le surnom de Coriolan.

492. Mardonius, gendre de Darius, reçoit le commandement de forces considérables de terre et de mer, dépose dans toute l'Ionie les tyrans des villes et y établit la démocratie, soumet les Thasiens, perd une partie de sa flotte par une tempête près du mont Athos, puis subjugue une partie de la Macédoine, mais il est surpris par les Bryges, tribu de Thraces, et perd une partie de son armée.

491. Darius envoie en Grèce des hérauts pour demander la soumission de toutes les villes. Athènes et Sparte les mettent à mort. Guerre d'Athènes et d'Egine. Avènement de Gélon, tyran de Gela. Exil de Coriolan, devenu odieux au peuple pour s'être opposé, durant une famine, à ce qu'on diminuât le prix du blé.

490. Datis de Médie et Artaphernes remplacent Mardonius dans le commandement des forces de la Perse. Ils s'emparent d'Erétrie et débarquent en Attique, guidés par le Grec Hippias. — Bataille de Marathon, où, sous la conduite de Miltiade, qui avait abandonné la Chersonèse de Thrace depuis 3 ans, les Athéniens et les Platéens, au nombre de 11000, mettent en fuite plus de 100000 Perses.

Miltiade échoue devant Paros et est condamné à une amende. Crédit de Thémistocle.

488. Guerre des Romains contre les Volsques commandés par Coriolan, qui assiège Rome et ne cède qu'aux prières de sa mère Véturie et de sa femme Volumnie. Théron. tyran d'Agrigente.

487. 2e guerre des Romains contre les Volsques. — Guerre contre les Herniques.

486. Révolte de l'Égypte contre les Perses.


Av. J.-C.

La première loi agraire est présentée par un patricien consulaire, Spurius Cassius. Elle avait pour objet le partage, entre les pauvres, des terres conquises, et appartenant par conséquent à l'Etat, mais usurpées par les grands. Les riches font précipiter Spurius Cassius du haut de la roche Tarpéienne. — Paix conclue par les Romains avec les Èques, les Volsques et les Herniques.

485. Gélon se rend maître de Syracuse et cède Gela à son frère Hiéron. En Perse, Xerxès succède à son père Darius Ier.

484. Soumission de l'Egypte par les Perses.

Thémistocle, qui avait succédé à Miltiade dans le commandement de la flotte, achève la soumission des îles de la mer Egée et défait les Ëginètes et les Corcyréens. Commencement de la puissance maritime d'Athènes.

483. L'Athénien Aristide le Juste est banni par l'ostracisme.

482-480. Guerre des Romains contre les Étrusques. Bataille de Veïes.

481. Xerxès, excité par Démarate, roi de Sparte, chassé de sa patrie, par les Aleuades, princes de la Thessalie, par les Pisistratides, par Mardonius enfin, se dispose, malgré les conseils de son oncle Artaban,à faire une invasion en Grèce.

480. Xerxès part de Sardes et se dirige vers la Grèce, avec une armée de 3 000 000 d'hommes et une flotte de 1207 galères. — Passage de l'Hellespont. Sacrifices sur les bords du Strymon, en Thrace. Soumission de la plupart des tribus de la Thessalie. Les peuples de la Béotie, à l'exception des habitants de Thespies et de Platée, s'allient avec les Perses. Les Corcyréens et les Argiens, les Cretois, Gélon de Syracuse et les Grecs des îles de la mer Egée refusent leurs secours ; la confédération des Grecs se trouve ainsi réduite aux Athéniens, aux Spartiates, aux Locriens, aux Phocidiens, aux Thespiens, aux Platéens, aux Corinthiens, aux villes de Tégée, de Mantinée, d'Orchomène, et à quelques autres Etats moins considérables. — Le commandement général est déféré aux Lacédémoniens.

Léonidas, roi de Sparte, avec 7000 hommes, arrête plusieurs jours, au défilé des Thermopyles, l'armée innombrable de Xerxès. — La flotte persane est repoussée par la flotte grecque, près du promontoire d'Artémisium. — Ravages de Xerxès dans la Béotie et dans l' Attique, dont les habitants se réfugient à Trézène, Égine et Salamine.

Bataille de Salamine. La flotte des Grecs, dirigée par Thémistocle, triomphe de la flotte des Perses, qu'elle a attirée dans le détroit formé par l'île de Salamine et l'Attique. — Xerxès prend la fuite, laissant Mardonius en Grèce, avec 300 000 hommes.

Les Carthaginois, alliés de Xerxès, attaquent les Grecs de la Sicile et de L'Italie ; mais Gélon, tyran de Syracuse, s'allie avec Théron, tyran d'Agrigente, et leur fait éprouver, à Himère, une défaite sanglante, le même jour où les Grecs triomphaient à Salamine. Dans le traité conclu avec les Carthaginois, Gélon leur impose pour condition de ne plus immoler de victimes humaines. Vers ce temps florissait à Thèbes le grand poète lyrique Pindare, né en 522.

479. Mardonius est vaincu à Platée, en Béotie, par les Grecs, que commandait le roi de Sparte Pausanias. Dans le même temps, les Perses sont vaincus en Asie même, à Mycale, sur le territoire ionien, en face de l'île de Samos, par l'Athénien Xanthippe, père de Périclès, et par le roi de Sparte, Léothychidès. — Les Athéniens, malgré la retraite des Spartiates et des Péloponnésiens, s'emparent de Sestos et de la Chersonèse de Thrace Av. J.-C.


et rendent la liberté à toutes les cités grecques de l'Asie Mineure.

Mort vers ce temps, en Chine, de Confucius, dont les doctrines constituent encore les croyances religieuses de la classe des lettrés.

478. Les Athéniens, par les conseils de Thémistocle, relèvent leurs murs et fortifient le port du Pirée. — Établissement d'un trésor commun des républiques grecques alliées à Délos.

477. Les Athéniens et les Spartiates s'emparent de Cypre et de Byzance. Pausanias, soupçonné de s'entendre avec les Perses, est dépouillé du commandement de la flotte, et remplacé par Cimon et Aristide, qui avait été rappelé de l'exil après Salamine. Les alliés, malgré les réclamations de Sparte, consentent, pour la première fois, à reconnaître les Athéniens pour chefs de la confédération générale.

Aristide fait rendre un décret par lequel les fonctions les plus élevées, même celles d'Archonte, sont accessibles aux dernières classes du peuple.

Les 306 Fabiens, surpris par les Véiens sur les bords du fleuve Crémère, périssent tous, dit-on, à l'exception d'un seul.

476. Prise d'Éion, en Thrace,pr ès de l'embouchure du Strymon, par Cimon, fils de Miltiade. — Suivant l'ordre de la Pythie, les restes du roi Thésée sont rapportés de l'île de Scyros à Athènes.

Les tribuns accusent le consul Ménénius de n'avoir pas secouru les Fabiens. Il se laisse mourir de faim. C'est peut-être à cette époque qu'il faut rapporter le droit que s'arrogèrent les tribuns de convoquer le peuple.

Éruption de l'Etna, première dont l'histoire fasse mention.

474. Trêve de 40 ans, conclue par les Romains avec les Étrusques de Véies.

Hiéron de Syracuse défend la ville de Cumes contre les Étrusmes, qui sont vaincus dans une bataille, chantée par Pindare.

473. Le tribun Génucius, qui avait accusé devant le peuple les consuls Furius et Manlius au sujet de la loi agraire, est assassiné par les grands.

472. Mort de Théron, tyran d'Agrigente. Son fils Thrasydéus n'exerce pas un an le pouvoir, et les Agrigentins rétablissent le gouvernement républicain.

Eschyle, poète athénien, donne sa tragédie des Perses.

Tribunat de Publilius Voléro, qui demande que les tribuns soient élus dans des comices par tribus. Le Sénat repousse cette demande.

471. Exil de Thémistocle, qui se retire à Argos.

Voléro est réélu, et son collègue Lœtorius ajoute à la proposition de l'année précédente que les édiles plébéiens seront nommés aussi par les tribus, qui pourront désormais connaître des affaires générales de l'État, c'est-à-dire faire des plébiscites. — Consulat d'Appius Claudius. — Lutte sur la place publique entre Laetorius -et Appius. — Le peuple s'empare du Capitale et force le Sénat à accepter la demande des tribuns. — Loi Icilia qui défend d'interrompre un tribun.

Bacchylide d'Iulis, dans l'île de Céos, neveu de Simonide, poète lyrique florissait.

470. Dans une guerre contre les Volsques, les soldats se laissent vaincre en haine d'Appius Claudius, mais le consul Q. Capitolinus triomphe des Êques et rentre à Rome avec le surnom de Père des soldats. — Appius Claudius est accusé devant le peuple par les tribuns ; il se laisse mourir volontairement.

469. Périclès commence à prendre part aux affaires publiques.


Av. J.-C.

1re victoire tragique du poëte athénien Sophocle.

468. Bataille gagnée par Quinctius Capitolinus sur les Volsques ; il s'empare d'Antium, qui donne aux Romains une marine marchande.

467. Mort d'Hiéron, tyran de Syracuse. Son frère Thrasybule lui succède. Au bout d'un an, il est renversé. Syracuse se gouvernera pendant 60 ans en république.

Pausanias, qui entretenait des relations avec les Perses, communique ses projets à Thémistocle, mais sa trahison est découverte et il est condamné à mort. — Thémistocle, accusé d'avoir pris part à la conspiration de Pausanias, quitte Argos et se retire d'abord à Corcyre, puis chez Admète, roi des Molosses. Il passera en Perse où il mourra.

466. Les villes de Carystos et de Naxos, membres de la confédération maritime, qui se sont refusées à remplir les obligations imposées à tous les alliés, sont attaquées, prises et réduites à la condition des villes sujettes des Athéniens.

Double victoire remportée par Cimon sur les Perses, en un seul jour, l'une sur mer, l'autre sur les bords de l'Eurymédon.

465. Révolte de Thasos contre Athènes.

Colonie de 10 000 Athéniens, fondée près de l'embouchure du Strymon, à Amphipolis ; elle est dispersée parles Thraces.

Xerxès est assassiné par Artaban. — Artaxerxès Longue-Main, 3e fils de Xerxès, arrive au trône de Perse. Il reçoit à sa cour Thémistocle.

464. Tremblement de terre à Sparte. — Révolte des ilotes et des Messéniens.

Les Volsques Ecétrans, unis aux Èques, continuent la guerre. — Le consul Furius assiégé dans son camp. — Le Sénat investit alors, pour la première fois, l'autre consul Posthumius d'une puissance dictatoriale par la formule : « Caveat consul, ne quid detrimenti respublica capiat. »

463. Soumission de Thasos par les Athéniens. — Les alliés, fatigués de la guerre, refusent d'y prendre part plus longtemps. Cimon leur laisse leurs matelots et leurs soldats, mais prend leurs galères, augmente leur contribution en argent et les rend ainsi tributaires d'alliés qu'ils étaient.

461. Exil de Cimon, qui avait conduit aux Lacédémoniens un secours que ceux-ci refusent. — Influence croissante de Périclès. Vers cette époque, un décret, proposé par un ami de Périclès. Éphialte, avait diminué la puissance et l'autorité de l'aréopage. — Le trésor des alliés est transporté de Délos à Athènes et sert aux embellissements de cette ville.

Proposition du tribun Térentillus Arsa, qui demande que 10 hommes soient nommés pour rédiger et publier un code de lois.

Confédération des villes Achéennes de la grande Grèce, sous la présidence de Crotone.

460. Inarus, roi de Libye, se met à la tête des Égyptiens, révoltés contre les Perses.

Le Sabin Herdonius s'empare du Capitole, qu'il perd bientôt après. — Q. Caeson, fils de Cincinnatus et chef de l'opposition patricienne, accusé d'avoir pris part à l'entreprise d'Herdonius, est forcé de s'exiler en Étrurie.

458. Cincinnatus, 4e dictateur, vainqueur des Êques.

La 7e année de son règne, le roi de Perse, Artaxerxès Longue-Main permet à Esdras, descendant d'Aaron, d'emmener en Judée tous ceux de sa nation qui étaient restés éloignés de leur patrie.

457. Guerre entre Athènes et Corinthe. — Expédition des Lacédémoniens en Doride, pour établir leur influence dans la Grèce centrale. A leur retour, ils sont arrêtés par les Athéniens, qui avaient occupé les défilés de l'Isthme. — Bataille de Tanagre Av. J.-C.


entre les Athéniens d'un côté, et les Thébains et les Spartiates de l'autre. — Les Spartiates, vainqueurs, rentrent dans le Péloponnèse.

456. Rappel de Cimon, sur la proposition de Périclès. — Victoire des Athéniens sur les Béotiens, près d'Œnophyte. Ils réduisent, sous leur puissance, la Béotie et la Phocide, et détruisent les murs de Tanagre et ceux des villes de la Locride. — Les Éginètes se soumettent aux Athéniens.

455. Inarus est mis en croix. — Fin de la guerre d'Egypte. — Un chef national, Amyrtéus, continue de se maintenir contre les Perses dans la région des marais.

Fin de la 3e guerre de Messénie. — Les Athéniens recueillent les ilotes et les Messéniens fugitifs et les établissent à Naupacte.

Tolmide, général athénien, ravagé la Laconie, enlève Chalcis aux Corinthiens et défait les Sicyoniens, mais les Athéniens échouent dans leur tentative de rétablir sur son trône Oreste, fils d'Échécratide, roi thessalien.

454. Les Athéniens, sous la conduite de Périclès, font une expédition contre les Sicyoniens et tentent, mais vainement, de s'emparer d'Œnea, ville d'Acarnanie. Périclès promène ensuite sa flotte sur toutes les mers voisines, pénètre jusqu'au royaume de Pont et affermit la domination athénienne dans la Chersonèse de Thrace.

Le tribun Icilius obtient que les terres du domaine public sur l'Aventin soient distribuées au peuple. Il fait accepter cette loi par les tribus, force les consuls à la porter au Sénat et obtient même de l'y défendre. De cette innovation sortit le droit pour les tribuns de convoquer le Sénat et d'y parler.

453. Le tribun Siccius Dentatus ayant fait condamner deux consuls à l'amende, le Sénat comprend enfin qu'il faut renoncer à une opposition inutile et accepte la proposition Térentilla. Des commissaires iront recueillir les meilleures lois des Grecs, pour faciliter la réforme de la législation romaine.

452. 1re tragédie du poëte athénien Euripide, né en 480.

Vers cette époque florissait le poëte Cratinus d'Athènes, qui composa 21 comédies et remporta 9 prix.

451. Les Sicules, commandés par Deucétius, tentent, en vain, à la faveur des troubles de Syracuse, de relever leur domination et de chasser les Grecs de la Sicile. — Puissance de Syracuse.

450. Paix de 5 ans conclue entre les Athéniens et les Péloponnésiens, par l'entremise de Cimon.

Le philosophe Anaxagore quitte Athènes, où il a vécu 30 ans et où il a eu pour disciples Euripide, Périclès et Archélaüs, le premier philosophe athénien qui enseigna à Athènes et un des maîtres de Socrate. — Antiphon, orateur athénien, maître de Thucydide, florissait.

A Rome, dix magistrats, tous patriciens, sont investis, par élection, d'un pouvoir illimité pour faire des lois. Toutes les autres magistratures sont suspendues, même le tribunat. Les décemvirs présentent 10 tables de lois, et en même temps ils annoncent que pour compléter le code il y manque encore deux tables. — Nomination de nouveaux décemvirs, parmi lesquels Appius Claudius a l'adresse de se maintenir.

449. Victoires des Athéniens, commandés par Cimon, sur les Phéniciens et les Ciliciens, à Salamine en Chypre, et l'armée du Perse Mégabyze, en Cilicie. — Mort de Cimon, qui avait été blessé au siège de Salamine, après avoir imposé à la Perse le traité qui porte son, nom, et par lequel toutes les villes grecques de l'Asie recouvraient leur li-


Av. J.-C.


berté, et défense était faite à tout navire de guerre perse de naviguer depuis le Pont-Euxin jusqu'aux côtes de la Pamphylie, ni aux troupes du grand roi d'approcher de ces mers, à trois jours de marche.

448. Seconde guerre sacrée. Les Athéniens rétablissent dans l'intendance du temple de Delphes les Phocidiens qui en avaient été dépouillés par les Lacédémoniens.

Les décemvirs publient deux nouvelles tables remplies de lois iniques. Ils se continuent eux-mêmes dans leur dignité. Les Èques et les Sabins attaquent Rome. Les soldats, en haine des décemvirs, se laissent vaincre à dessein. Les décemvirs font périr Siccius Dentatus. Appius Claudius à Rome conçoit une passion funeste pour la jeune Virginie. Virginius enfonce un couteau dans le sein de sa fille pour la soustraire au déshonneur. Soulèvement du peuple à Rome, sous la conduite d'Horatius et de Valérius. Virginius fait révolter les six légions dirigées contre les Eques. Le Sénat envoie des députés au peuple. Demandes de la multitude. Les décemvirs abdiquent. Horatius et Valérius sont nommés consuls et font rendre les lois qui suivent : 1° Défense de jamais créer une magistrature sans appel ; 2° les plébiscites n'auront plus besoin que de la sanction des curies pour devenir des lois générales ; 3° l'inviolabilité tribunitienne est garantie de nouveau ; 4° les sénatus-consultes remis aux édiles plébéiens seront déposés dans le temple de Cérès. Le tribun Duilius fit encore passer cette loi, que le magistrat qui négligerait de tenir les comices à la fin de l'année pour l'élection des tribuns du peuple serait puni des verges et de la hache. Une autre loi, provoquée par le tribun Trébonius, obligea de nommer toujours dix tribuns et défendit la cooptation.

447. Les Béotiens s'affranchissent de la domination des Athéniens, qui sont vaincus à Coronée.

446. L'Eubée tente de secouer le joug des Athéniens Ligue formée contre Athènes par les Mégariens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Êpidauriens et les Lacédémoniens. Invasion des Lacédémoniens dans l'Attique. Les Athéniens, conduits par Périclès, replacent l'île d'Eubée dans leur dépendance et repoussent les Lacédémoniens. Trêve de 30 ans entre Sparte et Athènes.

Défaite des Agrigentins par les Syracusains qui dominent en Sicile.

445. Périclès commence à avoir seul la direction des affaires à Athènes. Exil de Thucydide, l'orateur.

Loi portée par C. Canuléius, tribun du peuple, pour permettre les mariages entre les familles plébéiennes et patriciennes.

Les Juifs, guidés par leur compatriote Néhémie, échanson d'Artaxerxès Longue-Main, relèvent les murailles et les portes de Jérusalem. Le dernier prophète Malachie meurt au milieu du 5e siècle.

444. Création du tribunat militaire, qui remplace le consulat. Les citoyens des deux ordres pourront indistinctement briguer la nouvelle charge.

443. Les habitants de Thurium font la guerre aux Tarentins. Les Athéniens envoient une colonie dans cette ville. L'historien Hérodote et l'orateur Lysias en faisaient partie.

442. Établissement de la censure à Rome.

441. Euripide, poëte athénien, remporte un prix de tragédie.

440. Insurrection de Samos contre Athènes. Le philosophe Mélissus dirige la défense contre les troupes athéniennes commandées par Périclès et le poëte Sophocle.

Démocrite d'Abdére, philosophe, florissait.

437. Colonie de l'Athénien Agnon à Amphipolis. Cornélius Cossus, tribun légionnaire, tue Av. J.-C.


Columnius, foi des Véïens et remporte ainsi les secondes dépouilles ôpimes.

Administration sévère de Néhémie en Judée. Oppression du peuple par les riches. Scission dans le peuple juif. Manassé, chassé de Jérusalem, se retire à Samarie. — Temple élevé à Garizim, rival de celui de Jérusalem.

436. Le poète Cratinus remporte à Athènes un prix de comédie. — État florissant des arts et des lettres à Athènes, sous l'influence de Périclès. — Construction du Parthénon, temple en l'honneur de Minerve, sur les dessins d'Ictinus et de Callicratès ; de l'Odéon consacré aux concours de musique ; des Propylées de la citadelle ou de l'Acrocropole, ouvrage de 5 années, commencé par l'architecte Mnésiclès ; du temple d'Eleusis, commencé par Corœhus, continué par Métagénès. — Travaux du sculpteur Phidias : sa statue colossale de Minerve, dans le Parthénon, et son Jupiter à Olympie, en Élide. — Le frère de Phidias, Panénus, et Polygnote travaillent à orner le Pœcile, à Athènes. — On doit à Polyclète de Sicyone, contemporain et rival de Phidias, la Junon d'Argos et le Canon (κανών), statue modèle des belles formes humaines, qui est sans doute le même que le Doryphore ou porte-lance.

Commencement de la guerre maritime entre Corinthe et sa colonie Corcyre au sujet d'Épidamne, fondé par Corcyre sur la côte de l'Illyrie grecque.

433. Les Athéniens prennent parti pour les Corcyréens contre les Corinthiens.

432. Attaques dirigées contre Périclès : le philosophe Anaxagore, revenu à Athènes, est accusé d'impiété ; le sculpteur Phidias et la courtisane Aspasie, tous deux en rapport avec Périclès, sont traduits en jugement. — Réforme astronomique de l'Athénien Méton, auteur du cycle de 19 ans, qui avait pour objet défaire concorder l'année lunaire avec l'année solaire.

Les Corinthiens font révolter Potidée, colonie de Corinthe, mais alliée d'Athènes. — Une assemblée générale des Péloponnésiens, convoquée à Sparte, déclare que les Athéniens, en prêtant leur appui à Corcyre, ont violé la paix de 30 ans.

431. Tentative manquée des Thébains sur Platée. Commencement de la guerre du Péloponnèse. — Les Lacédémoniens ont pour alliés les habitants d'Ambracie, de Leucade, d'Anactorium ; les Ætoliens, les Phocidiens, les Locriens ; les Béotiens, excepté ceux de Platée, les Mégariens ; tous les peuples du Péloponnèse, excepté les Achéens et les Argiens. — Les Athéniens ont dans leur parti quelques princes de la Thessalie, les Acarnaniens, les habitants de Naupacte dans la Locride, ceux de Platée dans la Béotie, Corcvre, Zacinthe, Céphaléme, les Cyclades, excepté Mélos et Théra, toutes les cités de l'Asie et de l'Hellespont, toutes les villes de la Thrace, excepté Potidée.

1re invasion des Péloponnésiens dans l'Attique sous la conduite du roi de Lacédémone, Archidamus. Ravages des Athéniens sur les côtes du Péloponnèse. — Périclès prononce l'éloge funèbre des guerriers morts dans cette première année de la guerre.

A Rome, les fonctions de censeurs, créées d'abord pour 5 ans, sont réduites à 18 mois. — 1re loi sur la brigue. Les tribuns proscrivent les robes blanches, qui désignaient de loin, à tous les yeux, le candidat patricien.

430. Seconde invasion de l'Attique. — Prise de Potidée par les Athéniens. — Peste d'Athènes.

429. Mort de Périclès. Cléon commence à prendre de l'influence à Athènes.

428. 3e invasion des Péloponnésiens dans l'Attique. — Les villes de l'île de Lesbos, à l'exception de


Av. J.-C.

Méthymne, abandonnent le parti des Athéniens. L'Athénien Pachès assiège Mitylène.

427. 4e invasion de l'Attique. Prise de Mitylène. 1000 Mityléniens sont mis à mort sur la proposition de Cléon, les murailles de la ville sont renversées, les vaisseaux saisis, et toute l'île, moins le territoire de Méthymne, fut divisée en 3000 parts. — Prise et destruction de Platée par les Lacédémoniens. Massacre des 200 Platéens et des 25 Athéniens qui y étaient restés.

Guerre des Léontins et des Syracusains. Les premiers députent à Athènes le célèbre rhéteur Gorgias de Léontium. Une expédition athénienne de 20 galères est dirigée vers la Sicile. — Aristophane donne sa première comédie, les Babyloniens, où il attaquait vivement le démagogue Cléon.

426. Purification de l'île de Délos par les Athéniens. Institution des jeux Déliens. — Brillante campagne du général athénien, Démosthène, dans l'Acarnanie.

425. 5e invasion des Péloponnésiens dans l'Attique sous la conduite d'Agis, roi de Lacédémone. Démosthène, général athénien, occupe et fortifie Pylos, ville de Messénie, d'où il devait inquiéter Sparte. Les Athéniens sont assiégés dans Pylos par les Lacédémoniens, qui, à leur tour, vaincus dans un combat malgré la valeur et les exploits de Brasidas, laissent dans Sphactérie, petite île située devant Pylos, 420 Spartiates, dont plusieurs appartiennent aux premières familles de la république. Cléon porte des secours à Démosthène. Les deux généraux, aidés par les Messéniens de Naupacte, contraignent les 420 Spartiates à se rendre et conduisent dans Pylos les Messéniens réfugiés à Naupacte.

Xerxès II succède à Artaxerxès et est assassiné, deux mois après, par Sogdien, son frère. Sogdien, à son tour, est tué, 7 mois après, par Darius Nothus, autre fils d'Artaxerxès Longue-Main, qui régnera 20 ans.

2e éruption du mont Etna, en Sicile.

424. Les Athéniens, commandés par Nicias, s'emparent de l'île de Cythère. Expédition dirigée par les Lacédémoniens, en Thrace, sous la conduite de Brasidas, dans le but de transporter le théâtre de la guerre loin du Péloponnèse. Brasidas s'empare d'Amphipolis. Thucydide l'historien, qui n'a pu sauver cette ville, occupe Eion. Il est exilé, et se voue dès lors à écrire l'histoire de cette guerre. — Les Athéniens s'emparent de Nisée, port de Mégare, mais échouent dans leur tentative de s'assurer la Béotie. Ils sont vaincus à Délium. Socrate sauve dans cette bataille le jeune Xénophon, son élève, comme il avait déjà sauvé Alcibiade à Potidée.

Aristophane fait représenter sa comédie des Chevaliers, dirigée contre Cléon.

En Sicile, le Syracusain Hennocratès, pour ôter aux Athéniens un prétexte d'intervenir dans les affaires de l'île, opère une pacification générale.

423. Influence croissante d'Alcibiade, fils de Clinias, neveu de Périclès et disciple de Socrate. — Aristophane fait représenter la comédie des Nuées, dans laquelle il attaque Socrate qu'il confond avec les sophistes.

Trêve d'une année entre les Lacédémoniens et les Athéniens. — Les Thébains détruisent les murs de Thespies.

422. Cléon, envoyé en Thrace, s'empare de Torone. — Bataille livrée près d'Amphipolis, où périssent Cléon et Brasidas.

421. Athènes et Sparte concluent, sous la médiation de Nicias et de Plistoanax, roi de Lacédémone, une trêve de 50 ans, convertie peu après en une ligue offensive et défensive entre les deux Av.J.-C.


républiques. Les Athéniens mettent en liberté les prisonniers de Sphactérie. Les Lacédémoniens ordonnent à Cléaridas de restituer Amphipolis aux Athéniens ; mais Cléaridas conserve cette place, sous prétexte qu'il ne pouvait la rendre malgré les Chalcidiens.

420. Alcibiade, voulant rompre la paix, décide les Argiens à s'allier avec Athènes contre les Lacédémoniens qui refusaient toujours de rendre Amphipolis.

La charge de questeurs du trésor, magistrats qui accompagnaient les consuls à l'armée, est rendue accessible aux plébéiens.

419. Les Argiens, poussés par Alcibiade, attaquent Èpidaure, qui est secourue par les Lacédémoniens. Les Athéniens considèrent cet acte des Lacédémoniens comme une infraction à la paix de Nicias. Aristophane fait représenter la com. de la Paix.

418. Victoire remportée par les Lacédémoniens, à Mantinée, sur les Argiens, les Athéniens et leurs alliés du Péloponnèse. Paix et alliance entre Sparte et Argos, où les oligarques obtiennent la prépondérance.

416. Les Athéniens s'emparent de l'île de Mélos, ancienne colonie dorienne, au S.-O. des Cyclades. Toute la population mâle adulte fut massacrée, les femmes et les enfants furent vendus.

415. Les Athéniens, appelés par Égeste contre Sélinonte et poussés par Alcibiade, entreprennent l'expédition de Sicile, malgré la résistance de Nicias. Alcibiade, Nicias et Lamachus partagent le commandement de la flotte, qui était de S00 voiles et qui était chargée de 7000 hommes d'élite. — Tous les Mercures ou Hermès sont renversés à Athènes en une seule nuit. Alcibiade est accusé de ce sacrilège. — Il ne peut obtenir d'être jugé avant le départ ; mais il est bientôt rappelé pour être mis en jugement. Il cherche alors un asile auprès des Spartiates. L'orateur Andocide est inculpé dans la même affaire.

414. Siège de Syracuse par les généraux Athéniens Nicias et Lamachus. Arrivée du Spartiate Gylippe au secours des Syracusains.

Amyrtée de Saïs expulse de l'Egypte les Perses et devient roi de tout le pays.

413. Par les conseils d'Alcibiade, les Lacédémoniens fortifient Décélie, qui dominait les passages entre l’Attique et la Beotie.

Les Athéniens envoient au secours de Nicias le général Démosthène avec une nouvelle flotte. Les deux généraux, après avoir essuyé une défaite près des retranchements, prennent la résolution de lever le siège de Syracuse, mais ils sont poursuivis par l'ennemi, atteints, Démosthène, dans un défilé, Nicias sur les bords de l'Asinarus, réduits à capituler et mis à mort.

En Macédoine, règne brillant d'Archélaüs I, descendant de l'antique Caranus, Héraclide d' Argos et fondateur de la dynastie macédonienne. Il organise une armée régulière, fortifie des villes, ouvre des routes, encourage l'agriculture et les arts. On voit à sa cour le peintre Zeuxis, le musicien Timothée, les poètes Agathon et Euripide.

412. Lesbos, Ghio, Erythrée, Milet, Rhodes abandonnent le parti d'Athènes. Les Lacédémoniens, par l'intermédiaire d'Alcibiade, font alliance avec les Perses.

411. A Athènes, triomphe de la faction oligarchique qui concentre toute l'autorité entre les mains de 400 citoyens, qui exercent dans la ville un odieux despotisme. L'armée de Samos méconnaît leur pouvoir, rappelle Alcibiade et le nomme son généralissime. — Révolte de l'île d'Eubée. Chute des 400. La puissance suprême passe à une as-

AV. J.-C.


semblée de 5000 citoyens, le bannissement d'Alcibiade est révoqué et l'armée se réconcilie avec la ville.

410. Victoire d'Alcibiade, près de Cyzique, sur le chef de la flotte lacédémonienne, Mindarus, qui est tué.

Démêlés de Sélinonte et d'Égeste, en Sicile. Les Égestains emploient l'assistance des Carthaginois et leur donnent entrée dans l'île.

409. Alcibiade s'empare de Cyzique et de Périnthe et réduit Sparte à implorer la paix qu'Athènes refuse.

Influence d'Hermocrate à Syracuse.

Les Carthaginois, commandés par Annibal, prennent Himère et Sélinonte. Le successeur d'Annibal, Himilcon, s'emparera d'Agrigente.

409. Alcibiade prend Chalcédoine, Sélymbrie et Byzance.

407. Cyrus le Jeune est envoyé par son père Darius II Nothus pour prendre le commandement des contrées maritimes de l’Asie Mineure. Il aide les Spartiates contre les Athéniens. — Retour triomphal d'Alcibiade. Il célèbre les grands mystères. Sa disgrâce, après la défaite de son lieutenant Antiochus dans le voisinage d'Éphèse ; son exil volontaire.

Commencement de l'importance maritime et commerciale de Rhodes.

406. Les 10 généraux athéniens, qui avaient remplacé Alcibiade, remportent une victoire, navale près des îles Arginuses sur le général lacédémonien Callicratidas. Les Athéniens condamnent à mort leurs généraux victorieux pour n'avoir pas recueilli les morts et sauvé les équipages des galères désemparées. Socrate seul s'oppose à cette sentence. Des 10 généraux, 6, présents à Athènes, sont mis à mort.

Denys l'Ancien, avec l'aide de l'historien Philistus, s'empare de la tyrannie à Syracuse.

Les Romains occupent Anxur, dans le pays des Volsques. Ils envoient une garnison dans cette place importante, qui commandait à la fois le Pomptinum et le passage du Latium, en Campanie.

405. Victoire remportée à Ægos-Potamos par le Lacédémonien Lysandre, sur la flotte athénienne, commandée par Conon.

Mort de Darius II Nothus. Avènement d'Artaxerxès Mnénion, frère aîné de Cyrus, qui gouvernait l'Asie Mineure.

Commencement du siège de Véies par les Romains. Établissement de la solde militaire.

404. Prise d'Athènes par les Lacédémoniens, conduits par Lysandre. Fin de la guerre du Péloponnèse. — Administration des Trente, imposée à Athènes par les vainqueurs. — Ils font peser pendant 8 mois sur cette ville une affreuse tyrannie. Ils mettent à mort Théramène, l'un d'eux, et font assassiner en Phrygie Alcibiade, par les sicaires de Pharnabaze. Les principaux orateurs d'Athènes, Lysias, Andocide, sont exilés. — Thrasybule, avec quelques Athéniens fugitifs, s'empare de Phylé et bientôt après du Pirée. Bataille de Munychie, où les soldats des Trente sont mis en fuite.

Fin de la 1re guerre de Denys l'Ancien contre les Carthaginois. Traité de paix par lequel Carthage garde Sélinonte, Agrigente et Himère. Gela et Camarine se reconnaissent ses tributaires. — Denys est reconnu comme tyran de Syracuse.

403. Thrasybule renverse les Trente, qui sont remplacés par les Dix. Ceux-ci appellent à leur secours Lysandre, avec une armée de mercenaires. Le roi Pausanias, à la tête d'une autre armée, vient soutenir Thrasybule. Les Dix sont déposés, le Av. J -C.


gouvernement démocratique rétabli et une célèbre amnistie proclamée par Thrasybule.

401. La tragédie de Sophocle : OEdipe à Colone, est mise à la scène par son neveu.

Hégémonie de Sparte. Elle cherche à faire prévaloir dans les différentes villes de la Grèce et de l'Asie Mineure le gouvernement aristocratique.

Expédition du jeune Cyrus avec des mercenaires grecs, contre son frère Artaxerxès. — Bataille de Cunaxa, où Cyrus est tué. — Célèbre retraite des dix mille Grecs, conduits par plusieurs chefs, au nombre desquels fut Xénophon.

400 ? Loi Ovinia, qui permet aux censeurs de choisir les sénateurs dans tous les ordres.

IVe siècle avant Jésus-Christ.

Décadence de la monarchie des Perses. — Prépondérance de Thèbes en Grèce avec Épaminondas et Pélopidas. — Formation de l'empire Macédonien. — A Rome, le partage, librement consenti, de toutes les magistratures, réconcilie les deux ordres, — Guerres contre les Gaulois et contre les Samnites. — Conquête de la plus grande partie de l'Italie par les Romains. — En Grèce, les arts et les lettres continuent à briller du plus vif éclat ; l'éloquence et la philosophie parviennent à leur apogée avec Démosthène, Platon et Aristote.

399. Mélitus, mauvais poète tragique, accuse Socrate de ne pas reconnaître les divinités nationales, d'en introduire de nouvelles, et de corrompre la jeunesse. Socrate est traduit devant le tribunal des Héliastes, composé de 556 juges : 281 opinent contre lui, 275 en sa faveur. Il ne lui manquait donc que 3 voix pour obtenir l'égalité des suffrages et pour être absous. L'influence d'Anytus, citoyen puissant, qui s'est réuni à Mélitus, fait triompher l'accusation, et Socrate est condamné à boire la ciguë. — Son disciple Platon quitte Athènes pour 4 ans : il n'y reviendra qu'après avoir visité l'Italie, Cyrène et l'Egypte.

Les Grecs, qui avaient combattu avec Cyrus le Jeune, réduits à 6000, arrivent à Parthénium, ville située sur les confins de la Mysie et de la Lydie, et où finit leur retraite. — Les villes grecques d'Asie, menacées par le satrape Tissapherne, appellent à leur secours les Spartiates, qui leur envoient Thymbron avec 5000 hommes. Thymbron prend à la solde de sa patrie les restes des 10 000, s'empare de Pergame, de Myrine, mais échoue au siège de Larisse égyptienne. Il est remplacé par Dercyllidas.

398. Dercyllidas conclut une trêve avec le satrape d'Éolie Pharnabaze. Il protège les Grecs de la Chersonèse de Thrace par la construction de murailles qui s'étendent d'une mer à l'autre.

L'Histoire des Perses, de Ctésias, médecin d'Artaxerxès Mnémon, Grec de Cnide, finit à l'année 398.

397. Dercyllidas envahit la Carie. Il rencontre dans les plaines du Méandre l'armée de Tissapherne et de Pharnabaze et conclut une trêve avec eux-

En Sicile, première tentative de Denys sur la grande Grèce. A Jérusalem, deux frères, Jonathan et Jésus, se disputent la charge de grand prêtre. Jonathan en reste le maître par le meurtre de son frère. Le gouverneur de Syrie, en punition de ce sacrilège, impose à Jonathan et aux Juifs un tribut auquel ils restent condamnés jusqu'à la fin du règne d'Artaxerxès Mnémon.

396. Expédition d'Agésilas en Asie. Ses démêlés avec Lysandre, qui veut seul commander. Disgrâce de Lysandre. Sa conspiration pour enlever à Agésilas le trône de Sparte ; elle échoue.

En Sicile, seconde guerre de Denys, tyran de Syracuse, contre les Carthaginois.

Av. J.-C.


395. Victoire d'Agésilas sur Tissapherne, dans la plaine de Sardes. Tissapherne, accusé de favoriser les Lacédémoniens, est mis à mort et remplacé par Tithrauste.

Evagoras II, roi de Salamine, tente d'affranchir l'île de Cypre de la domination des Perses, il s'empare, quelque temps après, de Tyr et de plusieurs villes de la Phénicie.

Ligue d'Argos, de Corinthe, de Thèbes et d'Athènes contre Lacédémone, à l'instigation du satrape Tithrauste. — Lysandre est vaincu et tué, sous les murs d'Haliarte, avant d'avoir opéré sa jonction avec le roi de Sparte Pausanias. — Bataille indécise de Némée. Sparte rappelle Agésilas.

Prise de Véies par Camille, dictateur, après un siège de 10 ans.

394. Victoire d'Agésilas à Coronée. — Défaite de Pisandre, qui commande la flotte lacédémonienne,devant Cnide, par l'Athénien Conon et le satrape Pharnabaze.

L'histoire de Théopompe, continuateur de Thucydide, s'arrête à la bataille de Cnide.

Denys, de Syracuse, attaque les villes grecques de l'Italie.

393. Conon, avec l'argent des Perses, relève les murs d'Athènes et fortifie le Pirée.

Aristophane fait représenter la com. de l’Assemblée des femmes, où les femmes athéniennes somment leurs maris de mettre un terme à la guerre.

Prise de Faléries par Camille. Les Falisques se soumettent à Rome.

392. Conon, depuis qu'Athènes a recouvré une partie de sa puissance maritime, devient suspect au grand roi ; il est chargé de fers par le satrape Tiribaze, et meurt peu après de maladie dans l'île de Cypre.

Fin de la seconde guerre de Denys de Syracuse contre les Carthaginois. Denys acquiert Tauroménium.

390. Aristophane fait jouer sa dernière comédie : Plutus.

30 000 Gaulois Sénons entrent en Étrurie, du côté de Clusium, et battent les Romains sur les bords de l'Allia. — Prise de Rome par les Gaulois. Résistance des Romains dans le Capitole durant 7 mois. Courage de Manlius.

389. Heureuse campagne d'Iphicrate sur terre et sur mer dans l'Hellespont.

Les Gaulois, décimés par la famine, font la paix avec les Romains, moyennant une forte rançon. — Camille, naguère exilé et qui s'était retiré à Ardée, chez les Volsques, est rappelé et nommé dictateur. Il se met à la poursuite des Gaulois. — Reconstruction de Rome. Tous les peuples soumis se révoltent.

Denys, de Syracuse, reçoit Platon à sa cour.

388. Antalcidas commande les flottes de Sparte dans les mers de l'Asie Mineure. — L'Athénien Chabrias soutient Evagoras, roi de Salamine, en Cypre, contre les Perses.

387. Artaxerxès II dicte aux Grecs le traité d'Antalcidas. « Les villes grecques d'Asie, ainsi que les îles de Clazomène et de Cypre, demeureront soumises au roi. Les autres villes grecques seront toutes libres, à l'exception des îles d'Imbros, de Lemnos, de Scyros, qui continueront d'appartenir aux Athéniens. Le roi se joindra aux peuples qui accepteront ces conditions pour combattre ceux qui les refuseront. »

Guerre de Sparte contre Mantinée, qui n'a pas renoncé à la suprématie sur les villes d'Arcadie.

Denys de Syracuse s'empare de Rhégium.

386. Les Spartiates contraignent les Thébains à rendre l'indépendance à Platée. Av. J.-C.

Artaxerxès entreprend d'arracher l'Egypte au roi Acoris.

385. Les Spartiates dispersent les habitants de Mantinée dans 4 bourgades.

384. Naissance d'Aristote à Stagire, colonie grecque dans la Chalcidique.

383. Les Spartiates interviennent à Phlionte.

Manlius Capitolinus, accusé de chercher à gagner le peuple pour s'élever à la tyrannie, est jugé et condamné à mort.

Le fleuve Halycus est fixé comme limite entre les possessions de Denys de Syracuse et celles des Carthaginois.

382. Naissance de Démosthène.

Guerre entreprise par les Spartiates contre Olynthe, qui domine sur les villes grecques de la Chalcidique et menace la Macédoine. Les Spartiates sont appuyés par le roi de Macédoine Amyntas II. Phébidas, qui conduisait des troupes devant Olynthe, s'empare par surprise de la Cadmée et de Thèbes.

381. Téleutias, frère du roi de Sparte Agésilas, est tué devant Olynthe.

380. 3e campagne des Spartiates contre Olynthe ; mort du roi Agésipolis.

Evagoras, dans l'île de Cypre, résiste à tous les efforts des Perses.

379. Prise d'Olynthe par le général Spartiate Polybiade. — Des exilés thébains, sous la conduite de Pélopidas et Mellon, rentrent secrètement à Thèbes, mettent à mort les principaux oligarques, appellent le peuple à la liberté, et chassent les Lacédémoniens qui occupaient la Cadmée. La lutte commence entre Thèbes et Sparte. — Alliance des Athéniens et des Thébains.

378. Les Lacédémoniens, commandés par Cléombrote et Agésilas, ravagent la Béotie. — Les Athéniens commencent à regretter leur alliance avec Thèbes, mais la tentative de l'harmoste lacédémonien Sphodrias contre le Pirée les engage à la renouveler. Ils forment une ligue avec plusieurs villes maritimes, et préparent ainsi le rétablissement de leur empire. Chio, Byzance, Rhodes, Mitylène, l'Eubée entrent dans cette ligue. Athènes traite ses alliés avec beaucoup plus de ménagement et renonce désormais à l'usage barbare de confisquer et de distribuer à des colons athéniens (κληρούχοι) les terres de ceux dont elle avait à se plaindre.

377. Nouvelle expédition d'Agésilas en Béotie. — Formation à Thèbes du bataillon sacré,

L'Athénien Iphicrate est chargé de conduire l'armée des Perses contre l'Egypte.

376. Cléombrote, voulant pénétrer en Béotie, est arrêté au passage du Cithéron. Les Lacédémoniens équipent une flotte considérable, et bloquent le Pirée ; ils sont battus par Chabrias entre Naxos et Paros. Phocion parut dans ce combat. Les tribuns C. Licinius Stolon et L. Sextius proposent 3 lois : 1° un des deux consuls sera toujours plébéien ; 2° aucun citoyen ne pourra posséder plus de 500 jugera du domaine public (ager publicus), ni envoyer dans les pâturages de l'Etat plus de 100 têtes de gros bétail et plus de 500 de petit. L'excédant de 500 jugera sera distribué aux citoyens pauvres. Une redevance sera payée pour la jouissance du domaine public et des pâturages : 3° loi sur les dettes : les intérêts payés seront déduits du capital de la dette, 3 années seront laissées pour le remboursement du reste. Dix années de lutte s'écoulent avant que ces lois ne soient acceptées.

375. Eubulus, poëte comique dans le genre de la comédie moyenne.

Les Athéniens, commandés par Timothée, rem-

Av.J.-C.


portent une victoire sur les Lacédémoniens près de Leucade. — Combat de Tégyre, en Béotie, où le bataillon sacré des Thébains décide la victoire sur les Spartiates.

374. Les Thébains subjuguent toutes les villes de la Béotie, détruisent Platée et Thespies, et attaquent la Phocide. — Jason, président (ταγόζ) de la Thessalie, forme des projets de domination sur la Grèce. — Les Athéniens, jaloux de l'accroissement de la puissance thébaine, font la paix avec Lacédémone et ordonnent à Timothée de revenir. Celui-ci, à son retour, s'arrête dans l’île de Zacynthe, qui est en face du Péloponnèse, pour y établir les bannis. Cette circonstance amène le renouvellement de la guerre entre les Athéniens et les Lacédémoniens.

373. Les Athéniens, commandés par Iphicrate, Callistrate et Chabrias, combattent les flottes lacédémoniennes dans les parages de Corcyre. — Timothée, qui avait échoué dans la dernière campagne, est traduit en jugement par Callistrate et Iphicrate.

371. Une assemblée de tous les peuples grecs est convoquée à Sparte pour décider de la paix. Les Spartiates veulent contraindre les Thébains à renoncer à toute suprématie sur les villes de la Béotie ; les Thébains refusent et la guerre continue. — Victoire de Pélopidas et d'Epaminondas sur le roi de Sparte, Cléombrote, à Leuctres, en Béotie. — Les Athéniens proposent alors à toutes les villes grecques de renouveler la paix, dite d'Antaleidas. — La plus grande partie du Péloponnèse profite de l'abaissement des Lacédémoniens pour se soustraire à leur domination. Les Arcadiens se réunissent, fondent Mégalopolis et relèvent Mantinée.

370. Révolution à Tégée ; les partisans de l'aristocratie s'enfuient à Sparte. Agésilas essaye, mais en vain, de les rétablir. — Jason de Phères, qui avait étendu son influence sur une partie de la Macédoine, de l’Illyrie, de l'Epire, et qui se préparait à intervenir dans les affaires de la Grèce, périt assassiné.

369. Les Thébains, sous la conduite d’Épaminondas et à la tête des Béotiens, des Locriens, des Phocidiens, des Eubéens et des Acarnaniens, font une expédition contre le Péloponnèse, où les appellent les Arcadiens, les Argiens et les Eléens. Épaminondas, après avoir ravagé la Laconie et menacé Sparte que sauve Agésilas, rappelle les Messéniens et fonde la ville de Messène sur le mont Ithome. Athènes envoie du secours aux Lacédémoniens. — Épaminondas et Pélopidas, traduits en jugement pour avoir conservé le commandement au delà du terme fixé, sont acquittés. Alexandre de Phères s'empare de la tyrannie. Les Aleuades, chefs de l'aristocratie, implorent l'appui du roi de Macédoine Alexandre II, fils ainé et successeur d'Amyntas II.

368. Denys de Syracuse envoie des secours aux Lacédémoniens. — 2e invasion d'Épaminondas dans le Péloponnèse. — Expédition de Pélopidas en Thessalie contre Alexandre, tyran de Phères, qui le retient quelque temps prisonnier. Pélopidas est délivré par Épaminondas qui, servant comme simple soldat dans l'armée thébaine, est choisi pour lui succéder. — Destruction d'Orchomène par les Thébains.

Mort de Denys de Syracuse. Son fils, Denys le Jeune, lui succède.

367. Les Lacédémoniens, commandés par Archidamus, fils d'Agésilas, remportent sur les Arcadiens à Midée, une victoire qui ne leur coûte pas un seul homme (bataille sans larmes). — Ambassade des Grecs auprès du roi de Perse. Pélopidas en obtient des conditions avantageuses aux Av.J.-C.


Thébains ; mais la plupart des Etats refusent d'y souscrire.

En Macédoine, après la mort violente du jeune roi Alexandre II, ses deux frères, Perdiccas III et Philippe II, sont placés, par leur mère Eurydice, sous la protection de l'Athénien Iphicrate, et peut-être du Thébain Pélopidas, qui emmène à Thèbes le plus jeune, Philippe. Ce dernier demeurera trois ans chez les Grecs.

En Italie, victoire remportée sur les Gaulois par Camille qui venait d'opérer d'importantes réformes dans l'armure romaine.

366. 3e invasion des Thébains dans le Péloponnèse ; ils s'attachent Sicyone et l'Achaïe. Celle-ci leur échappe peu après.

A Rome, l'assemblée par tribus vote les trois propositions des tribuns CL. Stolon et L. Sextius, et les centuries nomment consul le plébéien L. Sextius. L'assemblée curiate refuse Yimperium, mais l'intervention de Camille la décide à l'accorder, et ce grand homme, en signe de la réconciliation des deux ordres, voue un temple à la Concorde. Aux trois jours de fête des grands jeux célébrés pour les trois anciennes tribus, il en fut ajouté un quatrième pour les plébéiens.

365. La guerre éclate entre les Éléens et les Arcadiens ; ceux-ci envahissent l'Elide, qu'ils ravagent en entier, hormis la capitale.

A Rome, création de deux nouvelles charges curules patriciennes, qui sont comme un démembrement du consulat : 1e la préture, pour l'administration de la justice ; 2° l'édilité curule, pour une partie de la police urbaine, qui avait été laissée jusque-là aux édiles plébéiens, et pour la célébration des fêtes qui exigeaient de grandes dépenses.

364. Les Lacédémoniens prennent le parti des Éléens. La célébration des jeux olympiques est troublée par la guerre. Les Arcadiens défont les Lacédémoniens près de Cromnus.

Une éclipse de soleil effraye les soldats de Pélopidas dans un combat livré près de Cynoscéphales au tyran Alexandre de Phères. Mort de Pélopidas.

363. Philistus, auteur d'une histoire de la Sicile, termine son récit à la cinquième année du règne de Denys le Jeune.

Dissensions intérieures en Arcadie. Il s'y forme un parti nombreux, à la tête duquel est Mantinée, et qui veut se détacher de Thèbes pour s'allier à Lacédémone.

362. 4e invasion des Thébains dans le Péloponnèse. Êpaminondas se rend à Tégée pour appuyer le parti thébain ; le parti opposé, soutenu par les Lacédémoniens et les Athéniens, concentre ses forces à Mantinée. Êpaminondas fait une incursion contre Sparte. Bataille de Mantinée. Mort d'Épaminondas ; retraite des Thébains.

361. Les Grecs, désireux de finir la guerre, concluent entre eux une paix générale, à laquelle les Lacédémoniens refusent seuls d'accéder, pour ne pas reconnaître l'indépendance de la Messénie. — Les villes maritimes de l'empire des Perses forment contre le roi Artaxerxès un soulèvement, auquel prennent part les Grecs d'Asie. — Agésilas, âgé de plus de quatre-vingts ans, va en Egypte au secours de Tachos, chef des insurgés de ce pays, et ensuite de Nectanébis. Il meurt à son retour en Grèce.

Naissance du célèbre sculpteur Praxitèle. — Le philosophe Platon vient pour la troisième fois en Sicile, où il essaye de réconcilier Denys le Jeune et Dion, philosophe, dont le tyran refusait de suivre les avis. Au bout d'un an, il retourne en Grèce, ayant échoué dans sa tentative.

Av. J.-C.


360. La paix est rompue à l'occasion de Mégalopolis : une partie des habitants veulent abandonner cette ville ; les Athéniens, appelés par le parti opposé, les obligent à y demeurer réunis. — Démêlés des Athéniens avec Alexandre, tyran de Phères, et avec les Olynthiens, auxquels Timothée essaye en vain d'enlever Amphipolis.

Pamphyle de Macédoine, peintre estimé, est le maître d'Apelle, né dans l'île de Cos.

Exploit de Manlius Torquatus contre les Gaulois.

359. Philippe II, fils d'Amyntas, se met en possession du trône de Macédoine. Il défait son compétiteur Argée près de Méthone, rend l'indépendance à Amphipolis, qu'il enlève ainsi à l'influence athénienne, conclut la paix avec Athènes, attaque les Péoniens et repousse les Ulyriens. — Le Grec Théopompe commence son histoire avec le règne de Philippe.

Mort d'Alexandre de Phères. D'autres tyrans s'élèvent en Thessalie.

358. Philippe s'empare d'Amphipolis et de Pydna.

357. Les Athéniens reprennent la Chersonèse de Thrace et l'île d'Eubée, mais voient se révolter leurs alliés maritimes, Chio, Cos, Rhodes, Byzance (guerre sociale). Les Athéniens envoient inutilement contre eux Chabrias, Charès, Timothée et Iphicrate.

Les Phocidiens, accusés d'avoir cultivé une partie de la plaine sacrée de Crissa, sont condamnés par les Amphictyons à une amende, qu'ils refusent de payer. Les Amphictyons leur déclarent la guerre. Le chef des Phocidiens est Philomèle. Le décret amphictyonique condamnait aussi les Lacédémoniens pour avoir occupé en pleine paix la citadelle de Thèbes. Les Phocidiens ont contre eux les Béotiens, les Locriens, les Doriens et la plupart des Thessaliens. Ils sont indirectement soutenus par les Athéniens, les Lacédémoniens et les Achéens.

Philippe de Macédoine livre Potidée à Olynthe pour obtenir son alliance.

Mort du philosophe Démocrite d'Abdère, et du médecin Hippocrate de Cos, âgés tous deux de plus de cent ans.

Brillante victoire du dictateur Sulpicius sur les Gaulois, dans les environs de Rome.

Licinius Stolon est condamné pour avoir violé lui-même la loi agraire, qui interdisait, de posséder plus de 500 arpents du domaine public.

Dion le philosophe, banni par Denys le Jeune, part de l'île de Zacynthe, avec une flotte grecque, pour aller délivrer la Sicile de la tyrannie de Denys.

356. Naissance d'Alexandre le Grand, fils de Philippe et d'Olympias d'Epire. — Incendie du temple de Diane à Ephèse par Erostrate.

Denys le Jeune, tyran de Syracuse, attaqué et chassé par Dion, se retire en Italie. — Mort de Philistus, l'historien de la Sicile.

355. Fin de la guerre sociale. Les Athéniens sont forcés de reconnaître l'indépendance des alliés. Corcyre se sépare aussi de leur alliance.

C. Marcius Rutilus, premier dictateur plébéien.

354. Charès fait traduire en jugement les généraux Timothèe et Iphicrate, comme coupables de trahison. Timothée est condamné à une amende de 100 talents. Il quitte Athènes.

353. Philippe de Macédoine entre en Thessalie, où il s'empare de Pagases, qui sert de port à la ville de Phères, sur le golfe Pélasgique ; peu après, il dirige une attaque contre Méthone, en Piérie.

Mort de Dion à Syracuse, où plusieurs ambitieux se disputent le pouvoir.

352. Onomarque, frère de Philomèle, chef des Phocidiens, est appelé en Thessalie au secours de Av. J.-C.


Lycophron, tyran de Phères ; il défait dans deux rencontres les Thessaliens et Philippe leur allié, mais, dans une troisième bataille, il est lui-même vaincu et tué. Son frère Phaylle lui succède. En poursuivant les Phocidiens, Philippe s'avance jusqu'aux Thermopyles, où il est arrêté par l'Athénien Nausiclès. — 1re Philippique de Démosthène, âgé de 30 ans.

351. Guerre dans le Péloponnèse. Les Lacédémoniens attaquent Mégalopolis, qui est secourue par les Thébains.

350. Deux tyrans de l'Euhée, Plutarque d'Erétrie et Callias de Chalcis, gagnés par Philippe, feignent de s'allier avec Athènes, qui leur envoie des troupes commandées par Phocion, mais tous les deux se conduisent en traîtres et, malgré quelques succès, Phocion a de la peine à ramener ses soldats.

349. Guerre d'Olynthe. Les Athéniens envoient des secours à cette ville, attaquée par le roi de Macédoine. Exploits de Valérius Corvus contre les Gaulois.

348. 3e Olynthienne de Démosthène. Les Athéniens décrètent une expédition nationale en faveur d'Olynthe.

347. Prise d'Olynthe par Philippe.

Mort du philosophe Platon. Speusippe lui succède dans la direction de l'Académie.

346. Fin de la guerre sacrée. Les Béotiens, épuisés par dix années d'hostilités continuelles, invoquent le secours de Philippe. Celui-ci endort les Athéniens par un simulacre de paix, traverse rapidement la Thessalie, franchit les Thermopyles et arrive en Phocide avec des forces considérables. Phalécus, successeur de Phaylle, abandonne le pays. Les Phocidiens se soumettent aux conditions que Philippe et le conseil amphictyonique leur imposent. Philippe est reçu membre du conseil amphictyonique, où il possédera les deux voix des Phocidiens, et obtient l'intendance du temple de Delphes.

Denys le jeune rentre dans Syracuse.

345. Les Romains s'emparent de Sora, située à l'extrémité orientale du pays des Volsques, attaquent le pays des Aurunces et touchent à la Campanie.

344. 2e Philippique de Démosthène, qui éveille l'attention des Athéniens sur les intrigues de Philippe dans le Péloponnèse. Ce prince force les Lacedémoniens à reconnaître l'indépendance de Mégalopolis, de Mantinée et de Messène.

Le roi de Ferse Ochus réprime la révolte de l'Egypte.

343. Timoléon, envoyé par les Corinthiens au secours de Syracuse, se rend maître de cette ville et fait partir le tyran Denys le jeune pour Corinthe. Timoléon chassera aussi tous les autres tyrans de la Sicile et repoussera les Carthaginois.

342. Philippe étend son empire du côté de la Thrace, malgré l'habileté de l'Athénien Diopithe.

Naissance du grand poëte comique Ménandre, fils du général Diopithe. — Isocrate, rhéteur athénien, compose à l'âge de 94 ans son discours le Panathénaique. — Aristote devient le maître d'Alexandre.

Les Samnites attaquent les Sidicins et les Capouans. Ces derniers font donation de leur ville et de leur territoire aux Romains, qui prennent alors parti pour les Campaniens contre les Samnites. Victoire du consul Valérius Corvus, près du mont Gaurus.

341. Progrès de Philippe en Thrace. — Discours de Démosthène sur la Chersonèse. — Les Grecs sollicitent l'appui des Perses. — Siège de Périnthe par Philippe.

Av. J.-C.


Révoltes des légionnaires en garnison à Capoue. Ils arrachent au sénat d'importantes concessions.

340. Philippe attaque Byzance, défendue à la fois par les Perses et les Grecs.

Les Latins se soulèvent. Manlius sacrifie son fils à la discipline militaire ; Décius se dévoue. Les Latins sont deux fois vaincus, une première fois à Veséris, une seconde entre Sinuessa et Minturnes. Le Latium et la Campanie se soumettent. 2e traité entre Rome et CarLhage.

339. Les Athéniens contraignent Philippe à lever le siège de Périnthe et de Byzance. Ce prince dirige une expédition contre les Scythes du Danube.

Le dictateur plébéien Publilius Philo fait passer les lois suivantes : 1° les plébiscites seront obligatoires pour les deux ordres ; 2° toute loi présentée à l'acceptation des comices centuriates sera à l'avance approuvée par les curies et le sénat ; 3° on choisira toujours l'un des censeurs parmi les plébéiens ; les deux consuls pourront être de cet ordre.

338. 2e guerre sacrée suscitée par les intrigues d'Eschine contre les Locriens d'Amphissa, accusés d'avoir labouré le champ cyrrhéen consacré à Apollon. Philippe, chargé, de l'exécution de la sentence, s'empare du territoire des Locriens et surprend Elatée, qui lui ouvre l'entrée de la Phocide et de la Béotie. — Les exhortations de Démosthène unissent les Athéniens et les Thébains contre l'ennemi commun. — Victoire de Philippe à Chéronée. Anéantissement de l'indépendance de la Grèce. — Congrès de toute la Grèce à Corinthe, où Philippe est proclamé généralissime des Grecs contre les Perses.

L'eunuque Bagoas fait périr le roi Ochus et tous ses fils, à l'exception du plus jeune, Arsès, quïl place sur le trône.

338-314. Soumission entière et durable des nations des deux Latium (Latins propres, Volsques, Ausones, Aurunces, Campaniens). Par les privilèges qu'elle leur concède aussi bien que par les précautions qu'elle prend contre eux, Rome réduit ces nations à n'avoir plus désormais d'autre volonté, d'autres intérêts, d'autre fortune que les siens. Il ne reste plus dans ces deux contrées à soumettre que le petit canton des Êques.

337. L'orateur Lycurgue fait condamner à mort le général Lysiclès, un de ceux qui commandaient à Chéronée, et fait voter des statues à Eschyle, à Sophocle et à Euripide.

Second mariage de Philippe du vivant d'Olyrnpias. Préparatifs pour la guerre contre la Perse. Mort de Timoléon, le libérateur de la Sicile. Publilius Philo, premier preteur plébéien.

336. Philippe de Macédoine périt victime d'une vengeance particulière. Son fils Alexandre lui succède à l'âge de vingt ans. — Agitation générale produite en Grèce par la mort de Philippe. Alexandre déjoue par son activité les projets de défection. Il convoque une nouvelle assemblée des Grecs à Corinthe, et se fait conférer le titre de généralissime pour la guerre contre les barbares. Mort d'Arsès assassiné par Bagoas. Avènement de Darius III Codoman, arrière-petit-fils de Darius II Nothus.

335. Expédition d'Alexandre contre les Thraces et contre les Illyriens révoltés. Il fait rentrer ces peuples sous sa domination. — Soulèvement des Thébains sur la fausse nouvelle de la mort d'Alexandre. — En peu de jours, celui-ci arrive devant Thèbes, qu'il prend et détruit de fond en comble. Il n'épargne que la citadelle, les temples et la maison du poëte Pindare. Athènes, complice de Thèbes, devait livrer les orateurs, dont les principaux étaient Démosthène et Lycurgue, mais Av. J.-C.


sur l'intercession de l'orateur Démade, Alexandre se contente de l'exil de Charidème.

334. Aristote vient commencer à Athènes l'enseignement philosophique du Lycée.

Alexandre s'embarque pour l'Asie au commencement du printemps et traverse l'Hellespont avec une armée de 35 000 hommes. Il avait laissé à Antipater le gouvernement de la Macédoine. — Bataillé du Granique. — Soumission de la plus grande partie de l'Asie Mineure. Milet et Halicarnasse sont vainement défendues par Memnon le Rhodien, seul général habile de Darius.

333. Memnon entreprend de couper à Alexandre ses communications avec la Grèce. Il s'empare de Ghio et de Lesbos, mais sa mort délivre les Macédoniens d'un adversaire qui aurait pu devenir redoutable. En même temps, les généraux de. Darius engagent Agis, roi de Lacédémone, à faire une diversion en leur faveur, en attaquant les Macédoniens du côté de la Grèce.

Alexandre traverse et subjugue la Pisidie, la Phrygie (nœud gordien) et la Cilicie. — Sa maladie à Tarse ; sa confiance dans son médecin Philippe. — Défaite de Darius à Issus. — Alexandre poursuit son plan de s'emparer des côtes de l'empire perse. Commencement du siège de Tyr.

332. Alexandre le Molosse, roi d'Epire, oncle d'Alexandre le Grand, qui était venu prêter son appui aux Grecs de Tarente contre les Lucaniens et les Samnites, conclut un traité d'alliance avec les Romains.

Prise de Tyr par Alexandre après sept mois de siège ; de Gaza, après deux mois. Suivant Flavius Joseph, Alexandre serait allé à Jérusalem.

331. Fondation d'Alexandrie, au N. 0. des bouches du Nil. Alexandre visite le temple de Jupiter Ammon. — Il revient d'Egypte par la Phénicie, passe l'Euphrate et le Tigre, rencontre Darius dans la plaine de Gaugamèle, à 600 stades de la ville d'Arbèles, en Assyrie, et remporte sur lui une victoire qui lui livre les trois capitales de l'empire, Babylone, Suse et Persépolis.

330. Grande lutte politique et oratoire entre Démosthène et Eschine, au sujet de la couronne que Gtésiphon avait fait décerner à Démosthène en récompense de son dévouement à la patrie. Eschine vaincu se retire à Rhodes. — Philénion, poète de la comédie nouvelle, fleurit à Athènes.

Les Lacédémoniens et leurs alliés d'Achaïe, d'Elide et d'Arcadie, prennent les armes contre les Macédoniens. Antipater arrête ce mouvement en battant Agis près de Mégalopolis.

Alexandre poursuit Darius dans sa fuite à travers la Médie, le pays des Parthes, et jusqu'aux frontières de l'Hyrcanie, où il apprend que ce prince a été assassiné par Bessus, satrape delaBactriane. — Bessus, qui a pris le titre de roi de Perse, est poursuivi par Alexandre à travers l'Hyrcanie et l'Arachosie jusqu'à Bactres, qu'il quitte pour se sauver en Sogdiane. — Alexandre, dans sa marche, fonde plusieurs villes de 'son nom, dont quelques-unes ont obtenu depuis une grande importance. — Mort de Philotas ; assassinat de Parménion.

329. Alexandre franchit l'Oxus et entre dans la Sogdiane en poursuivant Bessus, qui lui est livré par le satrape Spitamène. — Prise de Maracanda, ville royale des Sogdiens. — Fondation d'une Alexandrie sur les bords de l'Iaxarte, après une victoire sur les Scythes.

328. Révolte de la Sogdiane et de la Bactriane, à l'instigation de Spitamène. Alexandre ne se rend maître de ces provinces qu'avec beaucoup de peine. — Il épouse Roxane, fille du Sogdien Oxyartès. — Meurtre de Clitus.

AV. J.-C.

327. Alexandre veut se faire adorer, à la manière des rois de Perse. Mécontentement des Macédoniens. Conspiration et supplice d'Hermolaùs. Le philosophe Callisthène, impliqué dans cette conspiration, est mis à mort. — Expéditions dans les régions montagneuses à l'O. de l'Indus, et passage de ce fleuve.

Première ligue des Samnites, Tarentins, Lucaniens, Vestins contre les Romains. — Siège de Palépolis, en Campanie ? par Publilius Philo, qui s'en empare l'année suivante, avec le titre nouveau de proconsul.

326. Alexandre arrive à l'Hydaspe qu'il franchit, défait le roi Porus et pousse jusqu'à l'Hyphase, où le mécontentement de ses soldats le contraint de s'arrêter. — Ayant regagné l'Hydaspe, il s'embarque sur ce fleuve, qu'il descend jusqu'à sa jonction avec l'Acésines et avec l'Indus ; et, après avoir couru les plus grands dangers, surtout chez les Oxydraques et les Malliens, il arrive à Pattala, près de l'endroit où l'Indus se jette dans l'Océan.

Loi Pœtelia, qui portait défense de retenir dans les fers d'autres individus que ceux qui auraient mérité d'être punis pour un crime ; les condamnés ne pouvaient être détenus que pour le temps de la peine indiqué par la loi. Il n'était plus permis aux créanciers que de saisir les biens ; on leur enleva tout droit sur les personnes.

325. L'armée reprend la route de terre à travers la 1 Gédrosie et la Carmanie jusqu'en Perse, tandis que la flotte, conduite par Néarque, reconnaît les cotes de l'Océan depuis l'embouchure de l'Indus jusqu'au golfe Persique.

Victoires de Papirius Cursor sur les Samnites.

324. On lit aux jeux olympiques un décret d'Alexandre, en vertu duquel tous les exilés étaient autorisés à rentrer dans leur patrie.

Alexandre se rend à Suse, où il est rejoint par Néarque après quatre mois de navigation. Il travaille dès lors à consolider son empire et à établir une fusion entre les Perses et les Macédoniens. Mariages de 10000 Macédoniens ou Grecs avec des femmes indigènes. Admission de 30 000 épigones, l'élite de la jeunesse asiatique, dans les rangs de l'armée grecque. — Mort d'Éphestion.

323. Mort du philosophe Diogène, à Corinthe. — Epicure vient à Athènes, à l'âge de dix-huit ans.

Alexandre reçoit à Babylone des ambassades de la plupart des peuples connus et fait des préparatifs pour de nouvelles conquêtes, lorsqu'il meurt à l'âge de trente-deux ans et dix mois, après onze jours de maladie. Il laisse un frère imbécile, Philippe Arrhidée, un fils posthume, Alexandre Aigus, qui sont déclarés rois par les généraux. Meurtre de Méléagre. Régence de Perdiccas. L'empire d'Alexandre est partagé entre trentequatre généraux. Séleucus n'a que le commandement de la cavalerie. — Révolte des colons grecs dans la haute Asie ; elle est comprimée par Pithon, gouverneur de Médie. En Grèce, Antipater est vaincu et assiégé dans Lamia par Léosthènes.

322. Résistance d'Ariarathe, qui refuse d'abandonner son royaume à Eumène. — Cratère secourt Antipater ; les Grecs sont vaincus à Cranon ; fin de la guerre Lamiaqùe. — Les Athéniens se rendent à discrétion. Antipater leur donne un gouvernement aristocratique, à la tête duquel il met Phocion et réduit le nombre des citoyens à 9 000, en transportant dans la Thrace tous ceux, au nombre de 12 000, dont la fortune est inférieure à 2 000 drachmes. — Mort violente de l'orateur Hypéride, qui avait prononcé l'oraison funèbre de Léosthènes. — Démosthène, pour ne pas tomber entre les mains d'Antipater, s'empoisonne. — Mort Av. J.-C.


d'Aristote, à Chalcis, après avoir enseigné à Athènes près de treize ans, de 335 à 323. — Théophraste lui succède dans son école des Péripatéticiens.

321. Première comédie du poëte Ménandre, la Colère.

Mort de Cratère et de Perdiccas, le premier, en Asie Mineure, en combattant Eumène, dévoué à la famille d'Alexandre, le second, en Egypte, où il est assassiné par ses soldats, au moment où il marchait contre Ptolémée. — Régence d'Antipater. — Nouveau partage de l'empire d'Alexandre à Trisparadisus. Séleucus obtient le gouvernement de la Babylonie.

Les Romains, enfermés aux Fourcbes-Caudines, passent sous le joug. — Perfide conduite du Sénat dans cette occasion. Il lève deux nouvelles armées qu'il confie à Publilius Philo et à Papirius Cursor. Les Romains, vainqueurs dans le Samnium et près de Lucérie, font passer à leur tour sous le joug les Samnites et leur général Pontius Hérennius.

320. Soumission de la Palestine, par Ptolémée, gouverneur d'Egypte. Il établit beaucoup de Juifs à Cyrène, et surtout à Alexandrie.

318. Mort d'Antipater, âgé de plus de quatre-vingts ans. Polysperchon est nommé régent, et Cassandre, fils d'Antipater, chef des gardes. Cassandre se brouille avec Polysperchon et se retire auprès d'Antigone. — Eumène s'échappe de Nora, où il était assiégé par Antigone, et traite avec Polyspercbon. — Polysperchon rend aux villes grecques leur liberté et rétablit à Athènes le gouvernement démocratique. — Alexandre, son fils, entre avec une armée dans l'Attique.

317. Pbocion et les autres chefs du parti aristocratique se réfugient dans le camp du fils de Polyspercbon ; ils sont livrés par lui aux Athéniens qui les condamnent à boire la ciguë. — Peu de temps après, Atbènes tombe au pouvoir de Cassandre qui rétablit dans cette ville le gouvernement aristocratique et en donne la direction à Démétrius de Pbalère.

Olympias fait périr Philippe Arrhidée et sa femme Eurydice. Alexandre Aigus est proclamé seul roi de Macédoine.

Agathocle, fils d'un potier, devient tyran de Syracuse.

316. Cassandre assiège Olympias, mère d'Alexandre, dans Pydna. — Eumène est livré par ses soldats à Antigone qui le fait périr.

Un décret du peuple, présenté par Sophocle, appuyé par Démocharès, neveu de Démosthène, ferme les écoles des philosophes : Théophraste, lé cbef du Lycée, Xénocrate, le chef de l'Académie, quittent la ville. Ce décret fut abrogé l'année suivante.

315. La Cappadoce redevient indépendante sous Ariaratbe II.

Cassandre prend et tue Olympias. Il relève la ville de Thèbes.

Prépondérance, dans la haute Asie, d'Antigone, qui se débarrasse de Pithon, gouverneur de Médie, et expulse de la Babylonie, Séleucus, qui se retire auprès de Ptolémée.

314. Antigone déclare la guerre à Cassandre. Polysperchon et son fils Alexandre font alliance avec lui contre Ptolémée, Séleucus, Cassandre et Lysimaque. Les deux partis proclament la liberté des villes grecques. — Expédition de Cassandre dans le Péloponnèse ; Alexandre y arrive après lui, mais Cassandre l'attire dans son parti, en lui promettant le gouvernement de cette contrée.

312. Bataille de Gaza. Démétrius, fils d'Antigone, y est défait par Ptolémée et Séleucus. Celui-ci rede-

Av. J.-C.


vient maître de la Babylonie, et reçoit le surnom de Nicator. — Commencement de l'ère des Séleucides. — Conquête du Penjàb et de la vallée" du Gange, par Chandragoupta, qui régnera, après son traité avec Séleucus, sur tout le bassin de l'Indus jusqu'aux Paropamisades.

Appius Claudius, qui se perpétue pendant cinq ans dans la charge de censeur, opère une réforme importante dans l'Etat. Il répand dans toutes les tribus les œrarii (prolétaires), les liberttni (fils d'affranchis) et fait entrer des fils d'affranchis dans -le Sénat. — Le même Appius a construit dans Rome l'aqueduc de son nom, et le premier tracé une voie militaire vers la Campanie, la voie Appienne. 311. Réconciliation entre les généraux d'Alexandre, à l'exception de Séleucus et de Polysperchon. — Cassandre conserve la direction des affaires de la Macédoine ; Lysimaque de la Thrace ; Ptolémée de l'Egypte ; Antigone de l'Asie. La Grèce est déclarée libre. — Cassandre fait mourir Alexandre Aigus et sa mère.

Les Toscans, les Eques, les Ombriens et différents peuples du Samnium se joignent aux Samnites propres pour combattre les Romains. — Fabius Rullianus remporte d'importants avantages d'abord sur les Etrusques seuls, ensuite sur les Etrusques et les Ombriens et traverse la forêt Ciminienne. — Combat de Pérouse. 310. Épicure, âgé de trente-deux ans, expose son système philosophique à Mitylène et à Lampsaque.

Bataille d'Himère ; Agathocle y est défait par Hamilcar, général des Carthaginois. — Siège de Syracuse. — Expédition d'Agathocle en Afrique.

Polysperchon fait venir de Pergame Hercule, fils naturel d'Alexandre et de Barsine ; et, après l'avoir proclamé roi de Macédoine, il marche contre Cassandre.

Papirius Cursor opposé aux Samnites, Fabius aux Étrusques. Papirius vainqueur pour la dernière fois à Longula. — Fabius fait éprouver aux Étrusques, près du lac Vadimon, une défaite dont ils ne se relèvent jamais. Une troisième ligue s'organise alors contre Rome. A la place des Toscans, qui posent momentanément les armes, les Ombriens, les Salentins, plusieurs autres peuples du Samnium se joignent aux Samnites propres. 309. Polysperchon et Cassandre s'entendent pour faire périr le jeune Hercule, fils naturel d'Alexandre, déclaré roi par Polysperchon.

Défaite d'Hamilcar, près de Syracuse. Il est fait prisonnier et mis à mort. 308. Victoire d'Agathocle sur les Carthaginois en Afrique. Il prend le titre de roi.

307. Démétrius Poliorcète, fils d'Antigone, dispute à Cassandre la domination de la Grèce. Il entre dans Athènes, où il renverse le gouvernement aristocratique, établi dix ans auparavant par Cassandre.

Agathocle revient en Sicile.

306. Épicure se fixe à Athènes, où il restera jusqu'à sa mort.

Victoire navale de Démétrius Poliorcète sur Ptolémée devant Cypre. — Antigone prend le titre de roi. Lysimaque, Séleucus, Ptolémée et Cassandre suivent son exemple.

Le fils d'un affranchi, Flavius, ancien greffier du censeur Appius Claudius, publie le calendrier qui renfermait les jours et les heures où on pouvait légalement plaider, et les formules de procédure qui jusqu'alors n'étaient connues que des patriciens.

305. Flavius est nommé édile curule par le peuple. Il consacre un temple à la réconciliation de toutes les classes de la société romaine. Av. J.-C.

Défaite des Samnites à Bovianum. Les Samnites et les Marses confédérés posent momentanément les armes.

304. Siège de Rhodes par Démétrius Poliorcète, qui obtient le surnom de Poliorcète, qui assiège les villes.

Les censeurs Fabius Rullianus, patricien, et Décius Mus, plébéien, concentrent dans les quatre tribus urbaines les affranchis et les prolétaires qu’Appius avait, en 312, répandus même dans les tribus rurales, où leur nombre leur aurait assuré la supériorité sur les riches plébéiens et patriciens.

303. Levée du siège de Rhodes. Démétrius donne aux Rhodiens les machines qu’il avait fait construire contre eux, et il part pour la Grèce avec 330 galères. Il chasse Cassandre de l’Attique, et le poursuit jusqu’aux Thermopyles.

302. Il entre ensuite dans le Péloponnèse, et après s’être rendu maître de Sicyone et de Corinthe, les seules places du pays qui tinssent encore pour Cassandre, il célèbre à Argos ses noces avec Déidamie, fille d’Éacide, puis il se rend à Athènes et s’y livre aux plus infâmes débauches.

A Rome, les charges du sacerdoce deviennent accessibles aux plébéiens. Ces derniers auront quatre places de pontifes, cinq d’augures. Egalité complète des deux ordres.

301. Alliance de Cassandre, Lysimaque, Séleucus et Ptolémée, contre Antigone et Démétrius. Celui-ci va rejoindre son père en Asie, où Lysimaque était déjà avec une nombreuse armée. — Bataille d’Ipsus en Phrygie, gagnée par Séleucus et Lysimaque, sur Antigone et son fils Démétrius Poliorcète. Antigone y est tué à l’âge de quatre-vingt-un ans. Démétrius se sauve avec 9 000 hommes à Ephèse, d’où il passe bientôt après en Grèce. — Partage définitif de la monarchie d’Alexandre en quatre royaumes : Egypte, Syrie, Thrace et Macédoine. Lysimaque ajouta à la Thrace l’Asie antérieure jusqu’au Taurus ; le reste demeura à Séleucus, qui partage avec Ptolémée la domination de l’Orient. Seulement, on donna la Cilicie à Plistarque, frère de Cassandre, qui domine en Europe. La Judée appartient au roi d’Egypte,

300. Loi Porcia, proposée par le tribun P. Porcius Lecca, et qui défendait de lier, de battre de verges et de mettre à mort un citoyen romain.

IIIe siècle avant Jésus-Christ.

Prépondérance, en Asie, des royaumes de Syrie et d’Egypte ; en Grèce, de la Macédoine. — Formation de la ligue Achéenne. — Guerre des Romains contre Pyrrhus ; ils achèvent la conquête de l’Italie. — Guerres puniques (lre et 2e). — Les lettres et surtout les sciences fleurissent à Pergame, à Alexandrie, à Syracuse (Euclide, Ératosthène, Archimède).

300-288. Construction du fameux colosse de Rhodes par les Rhodiens Charès et Lâches.

299. Fondation à Athènes de l’école du Portique par Zenon, de Citium, en Cypre, et peu après de la seconde Académie par Arcésilaüs de Pitane.

4e ligue contre Rome. Les Étrusques font alliance avec les Samnites et les Apuliens.

Sostrate, de Cnide, commence le phare d’Alexandrie.

297. Retour de Démétrius en Grèce. — Mort de Cassandre, roi de Macédoine ; ses fils se disputent le trône.

5e ligue contre Rome, composée des Samnites, des Etrusques, des Ombriens et des Gaulois. Les Romains leur opposent trois armées réparties dans le Samnium, l’Étrurie et l’Ombrie. Bataille gagnée par le consul Fabius sur les Samnites, près de Tiferne. Avantage remporté par le consul

AV. J.-C.


Décius sur les Apuliens, qui voulaient se joindre aux Samnites, à Malévent (Bénévent). — Dévastation des terres du Samnium par les deux consuls pendant cinq mois consécutifs.

296. Démétrius de Phalère est placé à la tête de l’École grecque d’Alexandrie.

Athènes, gouvernée par le tyran Lacharès, est assiégée par Démétrius.

295. Démétrius prend Athènes, puis passe dans le Péloponnèse, ou il menace Sparte. Sur le point de prendre cette ville, il est appelé en Macédoine par Alexandre, fils de Cassandre, contre son, frère Antipater. — Pyrrhus II, fils d’Eacide, roi d’Épire, qui appuyait aussi Alexandre, rétablit ce prince sur son trône et reçoit pour ce service l’Ambracie, l’Acarnanie, l’Amphilochie et la ville maritime de Nymphée.

Dans l’Ombrie, Décius et Fabius défont les Samnites et les Gaulois près de Sentinum. Décius se dévoue.

294. Démétrius arrive en Macédoine. Alexandre, qui n’a plus besoin de son aide, lui tend des embûches, mais Démétrius le fait assassiner et est proclamé roi de Macédoine.

Les trois Lucumonies de Vulsinies, dePérouse et d’Arrétium, obtiennent des Romains une trêve de 40 ans. Les autres Étrusques, ainsi que les Samnites, continuent de lutter contre Rome.

293. Bataille d’Aquilonie gagnée par le fils de Papirius Cursor sur les Samnites, qui perdent 30 000 hommes. La légion de lin ou légion sacrée des Samnites est exterminée.

291. Mort du grand poète comique Ménandre.

290. Les Étoliens, aidés de Pyrrhus, s’emparent de Delphes et de la Phocide. Démétrius fait célébrer à Athènes les jeux pythiques.

Le Samnium et le pays des Sabins sont réduits par Curius Dentatus.

289. Mort du tyran de Syracuse, Agathocle.

288. Démétrius se dispose à reconquérir l’Asie. Ptolémée, Séleucus, Lysimaque et Pyrrhus se liguent contre lui.

287. Lysimaque et Pyrrhus entrent en Macédoine. Démétrius, trahi par ses soldats qui passent à Pyrrhus, s’enfuit et va rejoindre, dans le Péloponnèse, son fils Antigone Gonatas. — Lysimaque et Pyrrhus se partagent la Macédoine.

286. Lysimaque s’empare de toute la Macédoine, dont il se fait proclamer roi. — Démétrius, qui était passé en Asie pour combattre Séleucus, est vaincu et pris en Cilicie. Il restera captif jusqu’à la fin de sa vie.

Dissensions dans Rome au sujet des dettes. Retraite du peuple sur le Janicule. Le dictateur plébéien Hortensius propose les lois suivantes : l° ce qui sera résolu dans l’assemblée du peuple liera tous les Romains ; 2° le Sénat, avant les Comices, donnera son approbation préalable à tout ce qui pourrait y être statué par le peuple ; 3° la liberté sera rendue à tous les citoyens qui avaient été remis à leurs créanciers ; 4° les jours de marché seront au nombre des jours fastes. Les Plébéiens rentrent dans la ville. Mort d’Hortensius. Ses lois sont soumises aux suffrages par Fabius Rullianus.

285. Ptolémée s’associe son deuxième fils, Ptolémée II (Philadelphe) ; l’aîné, Ptolémée Céraunus, se retire auprès de Lysimaque.

283. Mort de Ptolémée Lagus, surnommé Soter ; son fils, Ptolémée Philadelphe, gouverne seul. C’est à ce prince qu’est due la fondation du Musée et de la Bibliothèque d’Alexandrie. Il fait traduire en grec les livres saints des Hébreux (Version des Septante).

Philétère, gouverneur de Pergame pour Lysimaque, se rend indépendant. Av. J.-C.

Les Sénonais, d'abord vainqueurs des Romains sous les murs d'Arrétium, sont vaincus par Dolabella, et assujettis ainsi que les Boïens.

282. Séleucus déclare la guerre à Lysimaque.

281. Lysimaque est vaincu et tué à Cyropédium en Phrygie par Séleucus, qui réunit la Thrace et la Macédoine à ses autres États. — Première invasion des Gaulois dans la Thrace.

280. Séleucus est assassiné, au milieu d'un sacrifice, par Ptolémée Céraunus, quise fait proclamer roi de Macédoine.

Formation de la ligue Àchéenne.

Pyrrhus, appelé par les habitants de Tarente contre les Romains, vient en Italie. Il remporte sur le consul Valérius Lœvinus la bataille d'Héraclée.

Trois armées gauloises se dirigent vers la Macédoine et la Thrace. Ptolémée Céraunus périt en combattant ces barbares. — Les Macédoniens prennent tour à tour pour rois Méléagre, frère de Céraunus, et Antipater, neveu de Cassandre ; enfin, après une anarchie de trois mois, un noble macédonien, Sosthène, se met à la tête de l'armée et force les Gaulois à évacuer la Macédoine.

Le babylonien Bérose, prêtre de Bélus, compose une histoire de la Chaldée, dont Joseph nous a conservé quelques fragments dans son histoire des Juifs.

Pyrrhus remporte une seconde victoire sur les Romains, à Asculum.

Désastre éprouvé par les Gaulois près de Delphes.

278. Des Gaulois, établis en Thrace, sont appelés par Nicomède en Asie Mineure, et s'emparent de la Phrygie, qui est appelée depuis Galatie, ou Gallo-Grèce.

Antigone Gonatas, le fils de Démétrius Poliorcète, commence à se faire reconnaître par les Macédoniens.

Pyrrhus passe en Sicile. Il défait les Carthaginois, se rend maître de presque toutes les villes de l'île, et proclame son fils Agathocle, roi de Sicile.

275. Pyrrhus repasse en Italie, où il est complètement défait par Curius Dentatus, près de Bénévent, appelée autrefois Malévent.

273. Ptolémée Philadelphie envoie une ambassade au peuple romain pour le féliciter de sa victoire sur Pyrrhus. Pyrrhus envahit de nouveau la Macédoine.

272. Pyrrhus est appelé contre les Spartiates par Cléonyme, qui voulait dépouiller du trône son neveu Aréus. — Mort de Pyrrhus dans une tentative d'usurpation sur Argos.

Lutte soutenue par les Romains contre les Lucaniens, les Samnites et les Bruttiens. — Tarente, quoique appuyée par les Carthaginois, est contrainte d'ouvrir ses portes et d'abattre ses murailles. Les Romains sont maîtres de toute la Grande Grèce, excepté Brundusium.

Vers cette époque fleurit Théocrite de Syracuse, poète bucolique.

271. Punition de la garnison de Rhégium et des esclaves de Yulsinies.

270. Mort du philosophe Épicure, dans l'Attique, à l'âge de 72 ans.

Hiéron II prend le titre de roi de Syracuse, qu'il gouverna pendant 55 ans.

268. L'Égyptien Manéthon, originaire de Sébennyte, garde des archives sacrées dans le temple d'Héliopolis, écrit sous Ptolémée Philadelphe une histoire de l'Egypte, dont les historiens Josèphe, Eusèbe et Georges le Syncelle nous ont conservé quelques fragments.

Antigone Gonatas, roi de Macédoine, s'empare d'Athènes et met garnison au Musée.


267. Les Romains achèvent la conquête de l'Italie méridionale .

Antigone Gonatas soumet Mégare, la Phocide et la Locride.

266. Aréus, roi de Sparte, est défait et tué par les Macédoniens, près de Corinthe.

265. Acrotatus, fils et successeur d'Aréus, éprouve le même sort, dans un combat livré sous les murs de Mégalopolis, à Aristomède, tyran de cette ville.

264. Des combats degladiateurs sont donnés àRome, pour la première fois, sur le forum Boarium, par M. et D. Brutus, pour honorer les mânes de leur père.

Les Mamertins, menacés par Hiéron, roi de Syracuse, livrent Messine aux Romains, qui envoient pour les secourir le consul Appius Claudius. — Commencement de la première guerre punique. Appius Claudius est vainqueur d'Hiéron et des Carthaginois, avec lesquels ce prince avait fait alliance.

263. Eumène succède sur le trône de Pergame à son oncle Philétère. Rivalité intellectuelle d'Eumène et de Ptolémée Philadelphe. Celui-ci défend l'exportation du papyrus. Un Grec apprend aux Pergaméens à écrire sur des peaux préparées (parchemin).

Mort de Zenon, fondateur de la secte stoïcienne.

Hiéron II fait alliance avec les Romains. — Premier cadran solaire apporté de Catane, ville de Sicile, par Valérius Messala.

262. Prise d'Agrigente par les Romains.

261. Antiochus Soter, roi de Syrie, périt en combattant les Gaulois de lAsie Mineure. Son fils Antiochus Théos lui succède.

260. Dans l'Inde, règne Acoka, qui se convertit au bouddhisme et favorise les progrès, dans son empire, de cette religion, fondée par le bouddha Çakyamouni au Xe ou au vi c siècle.

Première victoire navale des Romains, remportée sur les Carthaginois, près de Myles, par le consul Duilius, qui fait usage de crampons de fer, appelés corbeaux. On lui élève à Rome une colonne rostrale. — Tib. Coruncanius, le premier grand pontife plébéien, introduit l'usage de répondre publiquement sur les questions de droit civil.

259. Les Romains dirigent une attaque contre la Corse et la Sardaigne.

258. Mort d'Érasistrate, fameux médecin grec, le premier, dit-on, qui disséqua des corps humains. Il est le chef de l'école des méthodistes, opposée à celle des empiriques.

256. Le poëte Callimaque, de Cyrène, fleurit à Alexandrie.

Les consuls Manlius et Régulus s'embarquent pour l'Afrique avec 330 galères et 150 000 hommes. Les Carthaginois sont vaincus dans une grande bataille navale, en vue du mont Ecnome, près de la côte sud de la Sicile. Les Romains passent en Afrique et prennent Clypea.

255. Un magistrat unique, nommé stratège, est placé à la tête de la ligue achéenne.

Vers cette époque, finit en Chine la dynastie des Tchéou. Elle est remplacée par celle des Thsin, qui donne son nom au pays et dont le chef, Chi-Hoang-Ti, réunit sous son sceptre tout l'empire, partagé jusqu'alors en principautés, et construit la célèbre muraille de la Chine.

Le Spartiate Xanthippe, arrivé par hasard à Carthage, est mis à la tête de l'armée carthaginoise. Défaite et captivité de Régulus en Afrique.

254. Les Romains se rendent maîtres de Panorme.

251. Prise de Sicyone par Aratus et réunion de cette ville à la ligue achéenne. Av. J.-C.

250. Vers cette époque, formation, aux dépens de l'empire des Seleucides, des royaumes de Bactriane et de Parthie. Le premier est fondé par le Grec Théodote, gouverneur en Bactriane pour le roi de Syrie, et le deuxième par Àrsace, d'origine scythique.

249. Désastre du consul Claudius Pulcher, défait sur mer par les Carthaginois, près de Drépane.

247. Hamilcar Barca est mis à la tête des troupes carthaginoises en Sicile. Il s'établit sur le mont Éryx, d'où, pendant 6 années, il tient en échec les Romains.

246. Mort d'Antiochus Théos, roi de Syrie, assassiné par sa femme, Laodice, qu'il avait répudiée. Séleucus II Callinicus lui succède.

245. Aratus est nommé pour la première fois stratège des Achéens.

243. Aratus, stratège des Achéens pour la deuxième fois, délivre Corinthe de la domination macédonienne et la fait entrer dans la ligue achéenne. Agis IV, roi de Lacédémone, médite de rétablir la législation de Lycurgue.

A Rome, outre le préteur de la ville {prœtor urbanus), on crée un second préteur (prœtor peregrinus) pour décider des affaires judiciaires concernant les étrangers et les procès de ces derniers avec les citoyens romains.

241. Victoire du consul Lutatius Catulus, près des îles Ëgates, sur la flotte carthaginoise. Les Carthaginois demandent et obtiennent la paix aux conditions suivantes : aucun des deux peuples ne pourra donner des ordres à l'autre, ni lever des troupes dans ses États. Les Carthaginois céderont aux Romains la partie de la Sicile qui leur appartient, et les îles entre la Sicile et l'Italie ; ils rendront les prisonniers sans rançon et payeront 3 mille talents (18 millions de "notre monnaie) dans l'espace de 10 ans. Fin de la le guerre punique.

241-238. Les Carthaginois cherchent à s'indemniser des pertes qu'ils ont faites pendant la première guerre punique en retranchant une partie de leur paie à leurs mercenaires, qui se révoltent et soutiennent une lutte de trois ans et demi, dite guerre inexpiable.

241. Invasion des Étoliens dans le Péloponnèse ; Aratus marche à leur rencontre avec l'armée des Achéens et de leurs alliés ; puis, renonçant à leur livrer bataille, il les laisse passer et renvoie ses alliés. Parmi ces derniers, était Agis IV avec un corps de troupes lacédémonienhes. — Pendant l'absence d'Agis IV, une révolution éclate à Sparte. Léonidas II, son collègue, qu'il avait fait exiler et remplacer par Cléombrote, gendre de Léonidas, est rappelé et rétabli sur le .trône ; lui-même ; peu après son retour, est mis à mort avec toute sa famille. En lui s'éteint la première maison des rois de Sparte ou des Proclides.

Attale, neveu et successeur d'Eumène, commence à Pergame un règne de 44 ans.

A Rome, la formation de deux .nouvelles tribus porte définitivement leur nombre à 35 (31 de la campagne et 4 de la ville).

Aristophane, de Byzance, grammairien, fleurit à Alexandrie.

240. Livius Andronicus fait représenter des pièces de théâtre à Rome, un an avant la naissance du poète En^jus.

239. Démétrius II succède à son père, Antigone Gonatas, sur le trône de Macédoine.

238. Hamilcar Barca passe en Espagne, avec son fils Annibal, âgé de 9 ans.

Les Romains commencent contre les Boïens et les Ligures de la Gaule Cisalpine, en deçà du Pô, une lutte longue et sanglante.

Av. J.-G.

236. Cléomène III succède, à Sparte, à son père Léonidas. Il a épousé la veuve d'Agis IV et reprendra les projets de ce prince. ■ Soumission de la Corse et de la Sardaigne par deux armées consulaires.

235. Le temple de Janus est fermé pour la deuxième fois (la première fois sous Numa).

Cn. Nasvius compose un poëme épique sur la l rc guerre punique.

232. Le tribun C. Flaminïus propose, par une loi agraire, l'établissement de colonies dans le territoire du Picénum, qui confine au pays des Gaulois Sénons. Le sénat s'y oppose et les disputes se rallument entre les deux ordres. En vain le père de Flaminius arrache son fils de la tribune aux harangues ; la loi passe peu après et les colonies sont établies. Cette circonstance provoque les Boïens à prendre de nouveau les armes.

231. Sp. Carvilius donne le premier l'exemple d'un divorce légal.

229. Progrès de la ligue achéenne, qui embrasse presque tous les peuples de la Grèce centrale et du Péloponnèse. Sparte, la Messénie, l'Ëlide et quelques portions de l'Arcadie restent seules en dehors. — Antigone Doson succède en Macédoine à Démétrius, dont le fils Philippe était trop jeune pour régner.

En Espagne, à la mort d'Asdrubal Barca, son gendre, Amilcar, prend le commandement des forces carthaginoises.

228. Teuta, reine d'IUyrie, fait la paix avec les Romains. Ceux-ci occupent une partie de l'Illyrie, et donnent le gouvernement du reste à Démétrius, de Pharos.avec la tutelle du jeune Pinéus, fils de Teuta. Des députés romains sont envoyés aux Achéens et aux Ëtoliens, pour leur faire part des résultats de cette guerre. Ils sont admis par les Corinthiens aux jeux isthmiques. A Athènes, on les initie aux mystères.

227. Lutte malheureuse soutenue contre Cléomène, roi de Sparte, par Aratus, qui voulait contraindre les Lacédémoniens, les Éléens et une partie des Arcadiens à entrer dans la ligue achéenne.

Traité des limites, par lequel les Carthaginois s'engagent à ne pas étendre leurs conquêtes au delà de l'Ëbre et à respecter tous les alliés des Romains. — Fondation de Carthagène par Asdrubal. — Création de deux nouveaux préteurs pour gouverner : 1° la Sicile, première province romaine ; 2° la Corse et la Sardaigne.

225. Cléomène, vainqueur des Achéens en Arcadie, croit pouvoir exécuter les projets d'Agis IV. Il laisse son armée en Arcadie, court à Sparte avec quelques soldats étrangers, fait égorger les éphores, exile 80 des principaux citoyens, et rétablit les institutions de Lycurgue.

Les Boïens et les Insubriens s'allient ensemble contre les Romains et appellent les Gésates, Gaulois Transalpins, à leur secours. La république met sur pied près de 800 000 soldats. Les Gaulois, vainqueurs près de Clusium, dans un premier combat, d'un préteur et de 50 000 Romains, sont exterminés, près de Télamone, par les consuls Attilius Régulus et iEmilius Papus.

Q. Fabius Pictor. le plus ancien historien romain, a écrit en grec.

Mort de Séleucua II Callinicus roi de Syrie ; avènement de Séleucus III, Céraunus.

224. Cléomène demande à ia ligue achéenne, pour prix de la paix et de son accession à la ligue, le titre de généralissime. Aratus s'y oppose et fait passer un décret par lequel les Achéens nomment Antigone, roi des Macédoniens, généralissime de la ligue et s'engagent à lui livrer l'Acrocorinthe. Tremblement de terre à Rhodes. Le colosse est renversé. Av. J.-C.

223. Antigone Doson, malgré la résistance de Cléomène, prend possession de l'isthme de Corinthe. Succès remportés par le consul C. Flaminius sur les Insubriens, au N. du Pô. 222. Cléomène, vaincu à Sellasie par Antigone, se retire en Egypte. Antigone entre à Sparte en vainqueur, abolit toutes les réformes opérées par Cléomène, suspend la royauté, et donne à la ville un gouverneur béotien, nommé Brachillus. Rappelé en Macédoine par une invasion des lllyriens, il quitte le Péloponnèse, après avoir laissé des garnisons à Orchomène et dans l'Acrocorinthe.

Mort de Ptolémée Ëvergète. Avec son fils, Ptolémée Philopator, commence la décadence de l'empire des Lagides. — Ératosthène, de Cyrène, fleurit à Alexandrie. Il est l'auteur d'un système de géographie, basé sur les mathématiques, qui fit autorité dans les écoles durant quatre siècles.

Sélencus Céraunus, roi de Syrie, qui venait de commencer une guerre contre Attale, roi de Pergame, périt assassiné. Son îrère, Antiochus III, lui succède.

Le consul M. Claudius Marcellus tue Viridomare, roi des Gésates, sous les murs de Clastidium, et remporte la victoire sur ce peuple, auxiliaire des Insubriens. Il offre les troisièmes dépouilles opimes. 221. Conquête de l'Istrie par les Romains. 220. Mort d'Antigone Doson, roi de Macédoine. Avènement du jeune Philippe III, son neveu, âgé de 15 ans.

Les Ëtoliens déclarent la guerre aux Messéniens. Ils débarquent en Achaïe, sous les ordres de Scopas et de Dorimaque, traversent le Péloponnèse, pour se rendre dans la Messénie, qu'ils ravagent complètement, et, à leur retour, défont, près de Caphyes, les Achéens, commandés par Aratus. Sur l'invitation des Achéens, Philippe passe dans le Péloponnèse, convoque à Corinthe les députés de la ligue, et déclare la guerre aux Ëtoliens. Commencement de la guerre dite des deux ligues, qui durera 3 ans.

Guerre entre Byzance et Rhodes. Prusias, roi de Bithynie, se prononce pour la seconde. — Guerre entre Mithridate IV, roi de Pont, et la ville de Sinope. 219. Prise de Sagonte, ville alliée des Romains, par Annibal,, après un siège de 8 mois. Les Romains déclarent la guerre aux Carthaginois.

Les Romains, sur un vain prétexte, attaquent Démétrius, de Pharos, et le forcent à sortir d'Jllyrie. Ils imposent un tribut à la partie de l'Illyrie laissée à Pinéus.

Mort de Cléomène à Alexandrie, dans une émeute qu'il avait provoquée contre son hôte, le roi Ptolémée Philopator. Fin de la seconde maison des rois de Sparte ou des Agides. Les Spartiates massacrent les éphores nommés- sous l'influence d'Antigone Doson, et élisent deux rois : Agésipolis, petit-fils de Cléombrote, et Lycurgue. Ce dernier chasse de Sparte son jeune collègue, avec lequel finit la race des Héraclides. Lycurgue se déclare pour les Ëtoliens contre les Achéens et Philippe de Macédoine.

Archagatus, le premier médecin que les Romains aient eu, arrive du Péloponnèse à Rome, où il reçoit le droit de cité et un traitement de la république. Il est expulsé quelque temps après. 218 Philippe de Macédoine prend Thermus, capitale de l'Etolie, et la ruine.

Attale I er, roi de Pergame, soumet avec l'aide des Gaulois, qu'il a fait venir de la Thrace, les villes de Cyme, Smyrne, Phocée, Téos, Colophon, Lemnos, etc.

Ptolémée IV Philopator et Antiochus III se disputent la Célésyrie ou Syrie creuse.

Av. J.-C.

Annibal entre dans les Gaules, il évite de combattre Scipion et passe les Alpes. P. Cornélius Scipion est défait au Tésin par Annibal, qui franchit le Pô et bat Tib. Sempronius à la Trébie. Le nord de l'Italie se donne à Annibal ; il rassemble jusqu'à 90000 soldats. 217 Défaite d'Antiochus III à Raphia ; il perd la Palestine, la Phénicie et la Cœlésyrie qu'il avait enlevées naguères aux Egyptiens.

Les Ëtoliens demandent la paix ; elle leur est accordée, à condition que chaque peuple gardera les conquêtes qu'il a faites pendant la guerre. Fin de la guerre des deux ligues.

Annibal passe l'Apennin et entre en Etrurie. Il traverse les marais de Clusium. Il défait Flaminius, près du lac Trasimène. Le prodictateur Fabius Maximus pourvoit à la défense de Rome ; sa politique de temporisation lui fait donner le surnom de Cunctator.

La religion de Bouddha pénètre en Chine.

Vers cette époque écrit L. C. Alimentus, qui a raconté aux Romains l'époque d'Annibal.

216 Mort d'Hiéron II, roi de Syracuse. Hiéronyme, son petit-fils et son successeur, se déclare pour les Carthaginois.

Antiochus III lutte contre le rebelle Achéus, qui se défendra deux ans dans la ville de Sardes.

Annibal triomphe à Cannes, en Apulie, des Romains commandés par le consul plébéien Térentius Varron et Paul Emile, qui se fait tuer. — Annibal, battu une 1" fois devant Noie par Marcellus, passe l'hiver à Capoue. Il restera encore 12 ans en Italie. — A Rome, on nomme un dictateur, Junius Péra. Le sénateur Fabius Pictor, historien dont nous n'avons plus les écrits, est envoyé à Delphes afin de consulter l'oracle sur les destins de Rome.

215 Victoire du roi Prusias sur les Galates.

Annibal conclut un traité d'alliance offensive et défensive avec Philippe de Macédoine, qui engage avec lui ses alliés les Grecs. — Il est battu une 2e fois devant Noie par Marcellus.

214 Antiochus essaye, mais vainement, de ramener sous sa domination la Parthie et la Bactriane.

A Syracuse, Hiéronyme est assassiné. Hippocrate et Ëpicyde se mettent à la tête du gouvernement de Syracuse. — Rome déclare la guerre à Syracuse, et bientôt le consul M. Marcellus en commence le siège, qui durera 2 ans.

Annibal est repoussé une 3e fois au siège de Noie. Son lieutenant Hannon est défait près de Bénévent, par Sempronius Gracchus, et perd 16000 hommes. — Loi Oppia, qui défendait aux femmes de porter dans leur parure plus d une demi-once d'or, de se vêtir d'une robe de différentes couleurs, de faire usage de voitures à Rome ou dans d'autres villes, et à un mille de là, si ce n'est à l'occasion d'un sacrifice public.

213 Philippe fait emprisonner Aratus. — Cédantaux instances de Démétrius de Pharos, qui s'est réfugié auprès de lui, il se dispose à aller attaquer les Romains en Italie. Il rassemble 120 galères à 2 rangs de rames et débarque sur la côte d'IUyrie. Il s'empare de la ville d'Oricum et assiège Apollonie. Mais, vaincu par le préteur Valérius Laevinus, près de l'embouchure de J'Aoûs, il est contraint de brûler sa flotte et de regagner par terre la Macédoine.

En Chine, l'empereur Chi-Hoang-Ti fait brûler tous les livres que les lettrés ne purent cacher, à l'exception de ceux qui traitaient de médecine et d'agriculture.

212 Les deux frères, Publius et Cornélius Scipion, qui depuis quatre ans luttaient contre les Espagnols et les Carthaginois, sont vaincus et tués près Av. J.-C.


d'Anitorgis par Asdrubal Earca, Magon et Asdrubal Giscon.

En Sicile, le proconsul Marcellus s'empare de Syracuse, défendue par le génie d'Archirnède qui est tué dans le sac de la ville.

211 Expédition d'Antiochus le Grand contre les Parthes, les Bactriens et l'Inde. Cette guerre durera jusqu'en 205. — Lœvinus conclut avec les Ëtoliens un traité d'alliance offensive et défensive, auquel accèdent bientôt Attale, roi de Pergame, les Messéniens, Pleurate, roi d'Illyrie, et enfin Machanidas, tyran de Sparte.

En Italie, les proconsuls Q. Fulvius Flaccus, Appius Claudius Pulcher s'emparent de Capoue. Annibal se retire dans le Brutium.

Le jeune Cornélius Scipion, fils de Publius, à l'âge de 24 ans, est chargé de conduire la guerre d'Espagne.

210 Le jeune Scipion prend Carthagène en un jour. Il respecte l'épouse d'Allucius et la lui faitrendre.

209 Q. Fabius Maxinius prend Tarente.

208 M. Claudius Marcellus est tué, Crispinus, son collègue, est blessé à mort dans une embuscade que leur tend Annibal entre Venouse et Bantia. Les Achéens appellent Philippe de Macédoine contre Machanidas de Sparte et les Ëtoliens, qui sont appuyés par Attale, roi de Pergame, et par la flotte romaine de Sulpicius.

207 Annibal rappelle toutes les troupes qu'il avait jusqu'alors répandues dans l'Italie pour la disputer aux Romains, et les concentre dans le Brutium et la Lucanie ; d'un autre côté, son frère Asdrubal passe les Alpes à la tête de 52 000 hommes. Le sénat forme deux armées, dont l'une devait combattre Asdrubal dans la Cisalpine, l'autre, Annibal dans le sud de l'Italie. M. Livius commande la 1re, et Cl. Néron la 2e. — Asdrubal perd un temps précieux au blocus de Plaisance. Il est bientôt après vaincu et tué sur les bords du fleuve Métaure, en Ombrie, par les deux consuls qui avaient réuni leurs armées.

Antiochus III le Grand dépouille de la Judée Ptolémée Philopator.

2e bataille de Mantinée. Machanidas y est battu et tué par Philopœmen. — Nabis s'empare, à Sparte, de l'autorité souveraine.

Mortdu philosophe stoïcien Chrysippe, de Cilicie, qui avait remplacé Cléanthe, disciple dé Zenon, dans la direction de l'école du Portique.

206 C. Scipion passe d'Espagne en Afrique pour aller gagner à l'alliance romaine Syphax, roi Numide.

205 Fin de la guerre de Macédoine. Philippe fait la paix avec les Romains.

C. Scipion prépare en Sicile son expédition contre l'Afrique carthaginoise. Il a pour préfet de la flotte son ami Lélius, pour questeur Caton. Il prend Locres vainement défendue par Annibal.

Loi Cincia, qui défendait de recevoir de l'argent et des présents pour plaider une cause.

204 Syphax, roi Numide, qui avait épousé la fille d'Asdrubal Giscon, Sophonisbe, passe de nouveau aux Carthaginois, puis dépouille Massinissa, allié des Romains.

Scipior 1 part de Sicile avec 30 000 légionnaires, 50 galères, 400 vaisseaux de charge. Il prend terre en Afrique au cap le Beau. Il assiège Utique. Asdrubal Giscon et Syphax s'avancent sous les murs de cette ville, chacun avec une armée.

203 Scipion brûle les deux camps d'Asdrubal et de Syphax, qui sont une seconde foisvaincus. — Scipion réduit toutes les villes de la domination carthaginoise, et prend Tunis. — Syphax est vaincu et fait prisonnier par Lélius el Massinissa, qui le livrent à Scipion.


Av. J.-C.

Philippe envoie à Annibal un secours de 4000 Macédoniens, et en même temps il déclare la guerre à Attale Ier et aux Rhodiens qui, dans la dernière guerre, ont fourni des secours aux Romains. Il attaque sans succès Pergame, mais gagne sur les Rhodiens la bataille navale de Ladé.

Annibal quitte l'Italie, 16 ans après avoir commencé la guerre.

202 Ptolémée V Epiphane, aidé de l'étolien Scopas, reprend la Judée aux Syriens.

En Grèce, Nabis essaye en vain de prendre Messène, qui est sauvée par Philopœmen. — Philippe est battu par les Rhodiens et par Attale Ier, et perd une grande partie de sa flotte.

Annibal, débarqué à Leptis, s'avance jusqu'à Zama et demande la paix à Scipion, qui la refuse. — Bataille de Zama, à 120 Ml. A l'O. de Carthage.

A Rome, Sext. Ælius Fœtus Catus publie les Notes ou nouvelles formules de droit : droit JElieti.

En Chine, avènement de la 5e dynastie, celle des Han, qui subsiste jusqu'à l'an 220 après J.-C.

201 Scipion impose la paix aux Carthaginois. Ceux-ci ne conserveront rien hors de l'Afrique, livreront leurs vaisseaux, payeront un tribut, rendront la Numidie à Massinissa et ne pourront plus faire la guerre sans le consentement des Romains.

Mort du poète Naevius, à Utique ; il avait été exiléà cause des traits satiriques qu'il avait lancés contre les grands de Rome, surtout les Métellus.

200 Philippe de Macédoine attaque Athènes et ravage l'Attique. Sur la plainte des Athéniens, les Romains lui déclarent la guerre, dont la direction est confiée au consul P. Sulpicius Galba. — La flotte d'Attale et des Rhodiens, après avoir poursuivi Philippe jusqu'en Macédoine, vient mouiller à Égine. Attale se rend à Athènes, où il est accueilli comme le bienfaiteur des Grecs.

Rome commence contre les Gaulois Cisalpins, qui avaient profité de l'invasion d'Ânnibal pour se rendre indépendants, une guerre qui durera 40 ans.


IIe siècle avant Jésus-Christ.

Chute de Corinthe. — Réduction de la Grèce en province romaine. — Décadence des grandes monarchies de l'Orient. — Rome étend ses conquêtes hors de l'Italie et marche à la conquête du monde. — Ruine de Carthage, de Numance. Commencement des troubles civils à Rome. Les Gracques. — Décadence de la poésie grecque. État florissant des études grammaticales et scientifiques. Le grammairien Aristarque et l'astronome Hipparque. — L'historien philosophe Polybe. — A Rome, Térence succède à Plaute sur la scène comique.

199 Les Ëtoliens, à l'instigation de leur stratège Damocrite, s'unissent aux Romains contre Philippe de Macédoine.

Le consul Sulpicius parcourt les provinces illyriennes soumises à Philippe, il le bat sur les bords du Lycus, à Athacus, à Octolophe et s'avance jusqu'au cœur de la Macédoine ; mais le manque de troupes suffisantes et de vivres le force de se retirer.

Massinissa enlève aux Carthaginois une nouvelle province.

198 Antiochus III le Grand fait une 2e fois la conquête de la Syrie et de la Phénicie ; mais il traite bientôt avec les tuteurs du jeune Ptolémée V Epiphane, auquel il promet sa fille Cléopâtre avecles provinces enlevées pour dot. Il laisse aux Juifs, qui l'ont secondé dans cette conquête, leurs lois et les exempte du tribut pour 3 ans.

T. Q. Flamininus aborde en Epire, attaque Philippe, qui s'est retranché sur les bords du fleuve Aoüs, le bat en plusieurs rencontres, le chasse de l'Epire, pénètre avec lui dans la Macédoine et va prendre ses quartiers d'hiver dans la Phocide et Av. J.-C.


dans la Locride. — Dans le même temps, la flotte combinée des Romains, des Rhodiens et d'Attale, commandée par L. Quinctius, s'empare de Chalcis et de l'île d'Eubée ; puis elle mouille au port de Cenchrée, où sa présence décide les Achéens à faire alliance avec les Romains.

197 Attale, revenu malade de Thèbes, meurt à Pergame. Eumène II, l'aîné de ses fils, lui succède. Ce prince renouvelle l'alliance de Rome et obtient l'île d'Égine.

Soulèvement de l'Espagne, qui avait été réduite en province romaine et divisée en Espagne citérieure et ultérieure. Commencement d'une guerre qui durera 70 ans.

Les deux consuls Cornélius Cethégus et Minucius Rufus sont chargés de lutter contre les Ligures, les Boiens et les Insnbriens.

Flamininus fait alliance avec Nabis, tyran de Sparte, avec les Béotiens, et livre à Philippe une bataille décisive près des hauteurs appelées Cynoscéphales.

Fin de la 2e guerre de Macédoine. Philippe obtient la paix ; il renonce à toutes ses possessions et à toutes ses alliances dans la Grèce, brûle sa flotte, et s'engage à ne pas tenir armés plus de 500 soldats ; il livre comme otage son fils Démétrius.

196. T. Quinctius Flamininus proclame aux jeux isthmiques la liberté des Grecs. Dès-lors on compte dans la Grèce seize peuples indépendants, dont aucun n'était assez fort pour résister aux Romains.

Antiochus III le Grand tente de s'emparer des villes et des provinces situées sur les côtes de l'Asie Mineure, et pousse jusqu'en Thrace, où il prend Lysimachie

Annibal quitte Carthage, où il a rétabli la paix et la prospérité, et se retire en Syrie auprès d'Antiochus qu'il excite contre les Romains.

195. Flamininus convêque à Corinthe les députés de la Grèce, et fait décréter par l'assemblée, que la guerre sera déclarée à Nabis, pour le contraindre à rendre la liberté à Argos, dont il s'est emparé pendant la guerre de Macédoine, Le tyran, après une vaine résistance, se soumet aux conditions qui lui sont imposées.

A Rome, consulat de M. Porcius Caton et Valérius Flaccus : émeute de femmes pour obtenir l'abrogation de la loi Oppia contre le luxe.

Campagne de Caton dans l'Espagne citérieure. Il soumet les peuples entre les Pyrénées et l'Ébre. — Campagne de P. Manlius chez les Turdétans qui se soumettent (Espagne ultérieure).

194. A la mort d'Eratosthène, la bibliothèque d'Alexandrie est dirigée par Apollonius de Rhodes, disciple du poète Callimaque et auteur du poème des Argonautes.

Continuation de la guerre contre les Gaulois cisalpins. Le proconsul Valérius Flaccus tue aux Insubres et aux Boïens, près de Milan, 10 000 hommes. Les Insubriens se soumettent.

Flamininus rassemble à Corinthe les députés de la Grèce ; il les exhorte à la concorde, et après avoir retiré les garnisons romaines de l'Acrocorinthe, de Chalcis, d'Erétrie, d'Orée et de Démétriade, il s'embarque pour l'Italie avec son armée.

192. Mariage du jeune Ptolémée Epiphane et de la fille d'Antiochus le Grand. La Cœlésyrie et la Judée sont restituées à l'Egypte. — L'inscription en trois langues (hiéroglyphique, égyptien vulgaire et grec)_ qui fut trouvée à Rosette en 1799 et qui donna à Champollion la clef des hiéroglyphes, est rapportée à cette année.

Les Boïens et les Liguriens font un armement général. A Rome on déclare qu'il y a tumulte. — Massinissa enlève aux Carthaginois la contrée d'Emporia.

Av. J.-C.

192. Guerre entre Nabis, tyran de Sparte, et les Achéens, conduits par leur stratège, Philopœmen. Après la mort de Nabis, tué par les Etoliens, Lacédemone, par les conseils de Philopœmen, entre dans la ligue achéenne.

Le Sénat envoie une ambassade en Grèce pour sonder les dispositions des différents peuples, et ordonne au prêteur M. Baebius de passer en Epire avec son armée.

Les Etoliens font alliance avec Antiochus contre les Romains. Antiochus arrive à Démétriade,dont venaient de s'emparer les Etoliens, avec 10000 fantassins, 500 cavaliers et 6 éléphants. Il s'empare de Chalcis et de l'Eubée, soumet presque toute la Thessalie, puis, forcé par les Romains de se retirer, il va passer l'hiver en Eubée, où il célèbre son mariage avec une jeune fille de Chalcis.

Victoire de Tolède, remportée par Q. Fulvius Nobilior sur les Vectons, les Vaccéens et les Celtibériens confédérés (Espagne citérieure).

191. Philopœmen empêche l'exécution du projet du stratège des Achéens, Diophane, qui, conseillé par Flamininus, voulait livrer Sparte aux Romains. — Les Messéniens et les Eléens entrent dans la ligne achéenne qui comprend alors tout le Péloponnèse.

Campagne de P. Cornélius Scipion Nasica contre les Boïens qui se soumettent.

Antiochus se retranche avec son armée aux Thermopyles. Il y est complètement défait par M. Acilius Glabrion, sous lequel servait comme tribun légionnaire, Porcius Caton, ancien consul. La flotte d'Antiochus est détruite par Eumène et C. Livius Saiinator, qui commandait la flotte romaine. Antiochus se retire en Asie avec le peu de forces qui lui restait.

190. Philopœmen s'oppose à ce que l'on admette dans Sparte les bannis que voulaient y faire rentrer Flamininus, commissaire romain, et le consul Acilius Glabrion.

Le consul L.Cornélius Scipion, frère de l'Africain, qui le suit comme lieutenant, conclut une trêve de six mois avec les Etoliens, et passe en Asie, où il remporte sur Antiochus la bataille de Magnésie, qui termine la guerre de Syrie.

189. Philopœmen, stratège des Achéens, fait rentrer lui-même les bannis dans Sparte.

Le consul M. Fulvius Nobilior achève la soumission des Etoliens, qui obtiennent la paix en s'obligeant à payer 100 talents et à n'avoir d'autres amis ni d'autres ennemis que ceux du peuple romain. — Campagne de Cn. Manlius Vulso contre les Galates, alliés d'Antiochus.

A cette époque, fleurit le poète Ennius, qui accompagnait Fulvius Nobilior en Etolie.

188. Les Lacédcmoniens renoncent à l'alliance des Achéens, et envoient prier Fulvius de venir dans le Péloponnèse recevoir la soumission de leur ville ; les Achéens leur déclarent la guerre. Fulvius se rend alors dans le Péloponnèse, convêque une assemblée générale à Elis, et détermine les deux partis à envoyer à Rome des ambassadeurs, parmi lesquels était Lycortas, père de Polybe. — Philopœmen marche contre Lacédémone et se fait livrer les auteurs de la défection qui sont massacrés. Ensuite, les Achéens, réunis à Tégée, arrêtent que les Lacédémoniens détruiront leurs murailles ; qu'ils aboliront les lois de Lycurgue, rappelleront tous les exilés, et banniront les esclaves affranchis par les tyrans et les mercenaires étrangers qui ont servi dans leurs armées.

Traité de paix entre Antiochus et les Romains. Le roi de Syrie abandonne tout ce qu'il avait dans l'Asie Mineure jusqu'au mont Taurus, et s'engage à payer 15 000 talents aux Romains et 477 à Eumène. Le Sénat donne à Eumène la Av. J.-C.


Mysie, les deux Phrygies, la Lydie, l'Ionie, et Lysimachie en Thrace, et aux Rhodiens la Carie et la Lycie. Il rend aussi la liberté à plusieurs villes grecques.

187. Les Achéens envoient au Sénat romain une seconde députation. — Lycortas est envoyé auprès du roi d'Egypte pour renouveler l'alliance qui existait depuis longtemps entre la famille de ce prince et la ligue achéenne.

Campagne des consuls M. Æmilius Lépidus et C. Flamininus contre les Ligures. Ces deux consuls tracent les voies Flaminienne et Emilienne, qui vont, la première de Rome à Ariminum, la deuxième d'Ariminum à Bologne.

Scipion l'Africain et Scipion l'Asiatique, attaqués per les tribuns Pétilius et par Caton, sont contraints, l'un de s'exiler, l'autre de payer une amende.

Antiochus le Grand périt assassiné par ses sujets, parce qu'il avait pillé le temple de Bélus pour payer le tribut que lui avaient imposé les Romains.

186. Un sénatus-consulte interdit à Rome et dans toute l'Italie la célébration des bacchanales. Premiers combats d'athlètes donnés à Rome par Fulvius, le vainqueur des Etoliens.

185. 2e victoire de Tolède, qui coûte 30 000 hommes aux Celtibériens, aux Lusitaniens et aux Ciipétans confédérés (Espagne citérieure), remportée par Calpurnius et Quintius. 184. Lutte d'Eumène, roi de Pergame, et de Prusias, roi de Bithynie. Intervention des Romains.

Censure de Porcius Caton et de son ami, le sévère Valérius Flaccus.

Mort de Plaute.

183. Les Messéniens, à l'instigation de Dinocrate, se séparent de la ligue achéenne, et marchent contre le bourg de Corone. Philopœmen, alors âgé de soixante-dix ans, et malade de la fièvre, court au-devant des Messéniens, mais accablé par des forces supérieures, il est fait prisonnier et conduit à Messène, où il est enfermé dans un cachot et forcé de boire la ciguë. Lycortas venge sur les Messéniens la mort de Philopœmen et fait faire à ce grand homme de magnifiques funérailles.

Pharnace, roi de Pont, s'empare de Sinope. Les Rhodiens et Eumène adressent leurs plaintes au Sénat.

Mort de Scipion l'Africain, retiré à Liternum, en Campanie.

182. Annibal s'empoisonne chez Prusias, roi de Bithynie, qui allait le livrer à l'envoyé romain Flamininus.

181. Avènement, en Egypte, de Ptolémée Philométor, encore enfant.

Ambassades envoyées à Rome par Eumène, Ariarathe, roi de Cappadoce, Pharnace, roi. de Pont, les bannis de Lacédémone, les Achéens.

Loi Orchia, qui limite le nombre des convives et la dépense des festins.

180. Le Sénat fait transporter dans le Samnium 40 000 Ligures avec leurs femmes et leurs enfants, et partage leur territoire entre des colons.

Soumission par Fulvius Flaccus de la Carpétanie (Espagne citérieure).

179. Philippe de Macédoine meurt de douleur d'avoir fait périr son fils innocent, Démétrius, accusé par Persée.

La loi Villia ou Annalis détermine l'âge où on peut arriver aux charges publiques : vingtsept ans pour la questure ; trente-sept pour l'édilité curule ; quarante pour la préture ; quarantetrois pour le consulat.

Vers ce temps, fleurit le poète comique Cæci-


Av. J.-C.


lius, né en Gaule chez les Insubres, ami d'Ennius, et qui avait été esclave comme Plaute.

178. Posthumius tue 40 000 hommes aux Lusitaniens et aux Vaccéens, et les force à se soumettre. Tib. Semp. Gracchus enlève trois cents villes ou bourgades aux Celtibériens, après les avoir vaincus près de Carabis et de Compléga. Il soumet les Celtibériens, et conclut avec eux un traité dont les clauses sont également précises et équitables. Ariarathe V, roi de Cappadoce, livre son fils en otage aux Romains et leur fournit de l'argent dans leur guerre contre Persée ; ce qui lui mérite le titre d'ami et d'allié de Rome,

177. Les Romains, après une campagne de deux années, soumettent définitivement l'Istrie, dont ils exterminent ou vendent une grande partie des habitants. — Campagne de Tib. Semp. Gracchus contre les Sardes révoltés.

175. Campagne des Romains contre les Ligures, dont une partie sont désarmés.

En Syrie, Séleucus Philopator est assassiné par son ministre Héliodore. A ce moment, son fils Démétrius était parti pour l'Italie, où il devait prendre comme otage la place du frère de Séleucus, Antiochus, que leur père y avait envoyé en 186 ; Antiochus, qui regagnait alors la Syrie, est élevé au trône par l'influence du roi de Pergame. Il a reçu le surnom d'Epiphane.

174. Massinissa enlève à Carthage la province de Tysca et soixante-dix villes. Le sénat romain, pour empêcher les Carthaginois de se joindre à Persée, promet de leur faire justice, mais donne au Numide le temps de s'affermir dans sa nouvelle conquête.

173. Antiochus Epiphane renouvelle les traités d'amitié avec les Romains.

172. Eumène, roi de Pergame, vient à Rome se plaindre des empiétements de Persée. Persée le fait assassiner en Grèce ; le sénat déclare la guerre au roi de Macédoine. Eumène, Ariarathe, Massinissa prennent parti pour les Romains ; Prusias, Antiochus Epiphane, Ptolémée Philométor restent neutres. — Persée perd cinq mois à se justifier à Rome et à demander la paix. Pendant ce temps, les commissaires romains entraînent tous les Grecs dans leur parti.

171. Attaque dirigée contre la Cœlésyrie égyptienne par Antiochus Epiphane.

En Judée, règne une sanglante anarchie, depuis l'époque où le vénérable Onias, auparavant dépouillé de ses fonctions de grand-prêtre par un de ses frères, Jason, qui introduisit à Jérusalem les jeux de la Grèce, a succombé sous les coups de son jeune frère Ménélas.

Persée défait dans un combat de cavalerie, non loin du Pénée, le consul Licinius Crassus, qui perd 22 000 hommes. Il demande la paix qui lui est refusée.

170. Les Epirotes embrassent le parti de Persée. Campagne heureuse de ce prince contre le consul A. Hostilius.

169. Guerre de Ptolémée VI Philométor, avec Antiochus Epiphane, qui s'empare de Memphis et du jeune roi. Ptolémée Evergète II, son frère, gouverne à sa place. Après la retraite d'Antiochus, Ptolémée Philométor et Ptolémée Evergète II, demandent des secours aux Achéens. Les partisans des Romains font repousser cette demande, et décider qu'on enverra seulement des ambassadeurs chargés d'engager les rois à faire la paix. — Le bruit de la mort d'Antiochus s'étant répandu en Judée y excite une grande joie ; ce prince s'avance alors en furieux sur Jérusalem, égorge 40 000 Juifs, en réduit un pareil nombre en esclavage, profane le sanctuaire, et Av. J.-C.


enlève du temple tous les objets consacrés au culte du Seigneur.

Persée se rend maître de la plus grande partie de l'Illyrie. Il cherche à attirer dans son parti. Gentius, roi d'une partie de cette contrée, mais il se prive de cet utile allié par son avarice. — Q. Marcius Philippus, successeur d'A. Hostilius, arrive en Thessalie, pénètre en Macédoine par le mont Olympe et se rend maître des défilés de Tempe et de~s villes voisines.

Caton défend la loi Voconia qui interdisait de nommer une femme pour héritière et de lui laisser des dons plus considérables qu'à son héritier ou à ses héritiers. — Mort du poëte Ennius.

168. Gentius se déclare pour Persée, mais il est fail prisonnier par le préteur Anicius, qui en moins de trente jours s'empare de toute l'illyrie. — Paul Emile arrive en Macédoine et remporte sur Persée la victoire décisive de Pydna. Persée s'enfuil presque seul à Peila, puis à Amphipolis, ou il s'embarque pour Samothrace. Il y est suivi par la flotte romaine, commandée par le préteur Cn. Octavius, auquel il se rend, avec Philippe, son fils aine. — Anicius se rend maître des principales villes de l'Epire, puis divise l'illyrie en trois districts, à chacun desquels il donne un gouvernement particulier, et proclame la liberté des Ulyriens.

Le député de Rome, Popilius Lénas, signifie à Antiochus Epiphane, qui marcbait sur Alexandrie, l'ordre de respecter l'allié du peuple romain. — Antiochus Epiphane se venge de cet affront en ordonnant de nouvelles persécutions contre les Juifs. Il profane le temple de Jérusalem et entre dans le sanctuaire.

A Rome, le censeur Sempronius Gracchus, réunit dans une des quatre tribus urbaines qui ne votent qu'après les autres, les affranchis répandus depuis 304 dans les 4 tribus de la ville.

167. Prusias II, roi de Bithynie, et son fils Nicomède, viennent s'bumilier dans le Sénat. — Le Sénat, pour punir Eumène d'être intervenu entre Rome et Persée, lui défend de venir à Rome. Il agit de même à l'égard des Rhodiens, qui avaient aussi offert leur médiation. Il leur enlève la Lycie, la Carie, Caunus, Stratonicée, soulève contre eux tous leurs voisins, et ne les admet de nouveau à son alliance que quand ils sont épuisés.

Caton, envoyé en Afrique, approuve tacitement la conduite de Massinissa. De retour à Rome, il demande sans cesse au Sénat de ruiner Carthage ; son avis, combattu par Scipion Nasica, l'emporte et Rome n'attend plus qu'une occasion d'attaquer son ancienne rivale.

Paul Emile divise la Macédoine en quatre districts indépendants, dont les habitants ne payeront au peuple romain que la moitié du tribut qu'exigeaient les rois ; mais auxquels il est défendu de communiquer entre eux et avec les Etats voisins. Il ordonne ensuite, sous peine de mort, à tous ceux qui ont rempli quelque charge ou une mission, sous Persée, de quitter la Macédoine et de se rendre en Italie. Un traître vendu aux Romains, Callicrates, alors stratège de la ligue achéenne, est chargé d'exécuter cet ordre et l'accomplit avec une extrême rigueur. — Les principaux citoyens de l'Achaïe, au nombre de plus de mille, accusés d'avoir été, soit ouvertement, soit de cœur, partisans de Persée, reçoivent l'ordre de se rendre en Italie pour y être jugés. Parmi eux, était Polybe, fils de Lycortas, qui deviendra l'ami de Scipion l'Africain. — Paul Emile et Anicius triomphent, le premier, de Persée, le second de Gentius. Ces deux princes sont


Av. J.-C.


envoyés le premier à Albe, où il périt misérablement et le second à Iguvium.

166. En Judée, le prêtre Mathatias prend les armes contre Antiochus Epiphane. Il laisse cinq fils : Jean, Simon, Judas (Machabée), Eléazar, Jonathas. A Rome, Térence fait représenter l’Andrierme.

165 Judas Machabée bat Lysias, général d' Antiochus, et remet les Juifs en possession de la ville et du temple de Jérusalem.

A Rome, représentation de l'Hécyre de Térence.

164 Eumène, roi de Pergame, implore l'appui du sénat romain contre Prusias et les Galates. Mort d'Antiochus Epiphane, roi de Syrie. Il laisse pour héritier un enfant de 9 ans, Antiochus Eupator.

163. Ariarathe V, roi de Cappadoce, renouvelle l'alliance avec le sénat.

Tib. Sempronius Gracchus et M. Juventius Thalna soumettent définitivement les Ligures et les Corses. — Le sénat, pour assurer l'obéissance de la Cisalpine, y avait établi les colonies de Plaisance, Crémone, Bologne, Parme, Modène. Lucques, Aquilée. Il en avait aussi enroyé, dans le même but, à Pollentia, Pisaurum, Saturnie, Gravisca, Pise, dans le Picenum, le pays des Sénonais, la Ligurie, l'Ëtrurie.

Représentation, à Rome, de la comédie de Térence, l’Heautontimorouménos.

162. Le sénat intervient entre Ptolémée Philométor et Ptolémée Ëvergète II ou Physcon, et les décide à un partage ; le plus jeune, Physcon, régnera à Cyrène, l'aîné occupera l'Egypte. Physcon ajoute bientôt à sa part l'île de Cypre.

Scipion Nasica introduit à Rome l'usage des clepsydres ou horloges d'eau.

Mort d'Antiochus Eupator, roi de Syrie. Son jeune fils est mis à mort par Démétrius Soter, fils de Séleucus Philopator, qui s'enfuit de Rome, où il était comme otage depuis 13 ans.

161. Le préteur M. Pomponius, en vertu d'un sénatus-consulte, expulse de Rome les philosophes et les rhéteurs, accusés de corrompre la jeunesse. — Nouvelle loi somptuaire, loi Fannia, contre le luxe de la table. Térence fait représenter l'Eunuque et le Phormion.

160. Judas Machabée recherche l'alliance des Romains. Il succombe peu après en combattant le général syrien Bacchide. Son frère, Jonathas, le remplacera 24 ans.

Mort de Paul Emile. — Térence donne sa comédie des Adelphes.

159. Mort d'Eumène II. Son frère, Attale II, lui succède au trône de Pergame.

157. Le sénat fait rendre son trône à Ariarathe, roi de Cappadoce, dépouillé par une faction qui s'appuyait sur Démétrius, roi de Syrie.

156. Aristarque, le célèbre grammairien, est chargé de l'éducation des fils de Ptolémée Philométor. Guerre entre Prusias, roi de Bithynie, et Attale II Philadelphe. Le premier est soutenu par Mithridate V, roi de Pont, et le deuxième par les Romains.

155. Les Athéniens envoient à Rome comme ambassadeurs, au sujet d'un différend avec les Sicyoniens, trois philosophes : Carnéade, de l'Académie, Diogène, le stoïcien, Critolaûs, le pénpatéticien. Ils initient la jeunesse romaine aux disputes philosophiques de la Grèce.

154. Soumission des Dalmates par les Romains. — Première intervention des Romains dans la Gaule Transalpine, à titre d'alliés de Marseille, qu'ils protègent contre les Oxybiens et les Décéates. — A Rome, fleurit le poëte tragique Pacuvius, ne à Brindes. Il était neveu d'Ennius. Av. J.-C.

153. Les préteurs tyrannisent les Espagnols de la Citérieure, ainsi que les Espagnols de l'Ultérieure. Les Celtibériens se soulèvent.

152. Les Romains reconnaissent pour roi de Syrie l'usurpateur Alexandre Bala, qui se donne pour fils d'Antiochus Ëpiphane. Ce prince s'appuie sur les Juifs.

151. Les exilés grecs, qui étaient à Rome depuis 17 ans, obtiennent, à la demande de Scipion Emilien, fils de Paul Emile et ami de Polybe, la permission de retourner dans leur patrie.

Lutte pénible soutenue par les Romains contre les Espagnols soulevés. La jeunesse romaine refuse de s'enrôler pour l'Espagne ; le jeune Scipion donne alors l'exemple d'aller servir dans ce pays, en s'offrant à partir comme lieutenant des consuls.

150. Les Carthaginois, las de se laisser dépouiller par Massinissa, commencent la guerre qui leur est défendue par les traités conclus avec Rome.

Ptolémée Philométor prononce entre les Juifs et les Samaritains, qui prétendaient que leur temple de Garizim, consacré à Jupiter Hospitalier, devait l'emporter sur celui de Jérusalem. Il donne raison aux Juifs.

Mort du Séleucide Démétrius Soter dans une révolte de ses soldats mercenaires, qui reconnaissent pour roi Alexandre Bala.

En Espagne, le préteur Serv. Galba fait massacrer 30 000 Lusitaniens, auxquels il a accordé une paix perfide.

149. Attale appuie l'usurpation du fils de Prusias, Nicomède, qui arrive au trône de Bithynie par un meurtre.

Mort de Caton. Il avait composé, outre un traité sur l'agriculture, une histoire de Rome divisée en 7 livres et qui contenait de précieux renseignements sur les origines des villes de l'Italie. — Le tribun Calpurnius Pison Frugi fait établir, pour le jugement des crimes de concussion, portés jusqu'alors devant l'assemblée du peuple, un tribunal permanent (quœstio perpétua).

Commencement de la 3e guerre punique. Le sénat romain déclare la guerre aux Carthaginois, comme infracteurs des traités, et envoie contre eux les deux consuls M. Censorinus et M. Manlius. Aidés par une indigne ruse et par leurs partisans à Carthage, les consuls se font livrer toutes les armes du peuple carthaginois, et déclarent ensuite qu'ils veulent détruire Carthage. Les Carthaginois, poussés par le désespoir, organisent alors la défense avec une incroyable énergie. L'armée romaine court trois fois le danger d'être exterminée et n'est sauvée que par les talents de Scipion Emilien, alors tribun des soldats. — Mort de Massinissa, âgé de plus de 90 ans. Son fils, Micipsa, lui succède.

Un aventurier, nommé Andriscus, se fait passer pour un fils naturel de Persée, et est proclamé roi de Macédoine sous le nom de Philippe VI. Il bat le préteur P. Juventius. 148. En Macédoine, Andriscus est battu et fait prisonnier par le préteur Q. Cœcilius Métellus, qui prend le nom de Macédonique.

Le consul Calpurnius Pison continue sans succès le siège de Carthage.

147. Scipion Emilien est élevé au consulat par le peuple avant l'âge, et chargé de la guerre d'Afrique. Il poursuit avec vigueur les opérations du siège. Bientôt il ne reste plus aux Carthaginois que la citadelle et le port. 146. Alexandre Bala, usurpateur du trône de Syrie, et Ptolémée Philométor, qui soutient le prince légitime, Démétrius II, fils de Démétrius Soter, périssent en combattant. — Lutte de 6 années


Av. J.-C.


soutenue par Démétrius II Nicator contre les partisans de la maison Bala et l'ambitieux Diodote Tryphon, Syrien d'Apamée. — Ptolémée Physcon force la veuve de son frère, Cléopâtre, qui était aussi sa sœur, à l'épouser ; il égorge le fils de Philométor et se rend odieux par la licence qu'il permet à ses soldats mercenaires.

Scipion Emilien s'empare du port de Carthage ; et, après une foule de combats particuliers, s'avance jusqu'au pied de la citadelle. 50 000 Carthaginois, réduits aux dernières extrémités, capitulent. Asdrubal se livre lui-même aux Romains. Sa femme s'enferme avec les déserteurs romains dans le temple d'Esculape et se jette avec ses enfants dans un bûcher. Destruction de Carthage. Scipion prend le surnom de second Africain. Formation d'une nouvelle province d'Afrique.

Les querelles perpétuelles des Achéens et des Lacédémoniens amènent une nouvelle intervention romaine. Le sénat déclare la guerre aux Achéens et envoie contre eux le consul Mummius. Métellus le Macédonique, espérant terminer la guerre avant l'arrivée du consul, descend de la Macédoine dans la Grèce centrale. — Le stratège Critolaùs est vaincu par Métellus, près de Scarphée, en Locride, et disparaît dans l'action. Diaaus lui succède, rassemble 14 500 soldats et reçoit de Métellus des propositions qu'il repousse. Il est vaincu par Mummius, successeur de Métellus, près de Leucopétra, à l'isthme de Corinthe, et court à Mégalopolis se donner la mort. Prise et destruction de Corinthe par Mummius. La Grèce est réduite en province sous le nom d'Achaïe.

145. Le consul Q. Fabius Maximus Emilianus, frère de Scipion Emilien, remporte une victoire sur le Lusitanien Viriathe, qui, depuis 4 années, tenait en échec les armées romaines.

144. Diodote Tryphon, qui prétendait au trône de Syrie, fait périr avec ses enfants le chef des Juifs, Jonathas, dont il s'est emparé par trahison. — Le dernier des fils de Mathatias, Simon, est nommé souverain pontife et général par les Juifs. Il expulse de la citadelle de Jérusalem les Syriens. Les Juifs, en reconnaissance de ce bienfait, rendront héréditaire dans sa famille la double autorité qu'il exerce.

143. Établissement, à Rome, de trois tribunaux permanents (quœstiones perpétuæ) pour poursuivre les crimes 1° de majesté ; 2° de brigue ; 3° de péculat, crimes sur lesquels prononçait seule auparavant l'assemblée du peuple.

Campagne du consul Appius Claudius Pulcher contre les Salasses, peuplade des Alpes occidentales.

Ptolémée Physcon s'humilie devant une ambassade romaine conduite par le second Africain, qu'accompagnait le philosophe stoïcien Panétius. Un nouveau Pseudo-Philippe est battu en Macédoine par les Romains. La Macédoine est réduite en province romaine.

142. Campagne du consul Q. Caecilius Métellus contre les Celtibères, et du consul Fabius Maximus Servilianus contre le Lusitanien Viriathe.

141. Viriathe enferme le proconsul Fabius Servilianus dans un défilé et conclut la paix à condition de conserver ses conquêtes. — Le consul Q. Pompéius Rufus est forcé de lever, après d'énormes pertes, le siège de Numance. Il conclut avec les Numantins un traité par lequel il leur laisse toutes leurs forces, à condition qu'ils lui feront d'apparentes soumissions. A Rome, il nie ce traité.

140. Q. Servilius Cœpion succède à son frère, Fabius Servilianus, en Lusitanie. Désespérant de vaincre Viriathe, il le fait assassiner dans sa tente par quelques-uns de ses officiers. Av. J.-C.

139. Loi Gabinia, qui établit l'usage du scrutin secret pour l'élection des magistrats. — Le poète tragique Attius, âgé de 30 ans, et Pacuvius, âgé de 80 ans, font représenter chacun, cette année, une tragédie sur la scène romaine.

Campagne malheureuse de M. Popilius contre les Numantins.

138. le roi de Syrie, Démétrius II Nicator, est fait prisonnier par les Parthes, qui le garderont 10 années. Son frère, Antiochus Sidétès, gouverne le royaume.

A Pergame, mort d'Attale II. Avènement d'Attale III.

Les anciens soldats de Viriathe se soumettent à la domination romaine et bâtissent Valence.

137. Loi Cassia, qui établit le scrutin secret pour les jugements publics prononcés, soit par des juges particuliers, soit par le peuple en corps, contre les grands qui seraient accusés d'attentat envers la république, de brigue, de concussion ou de péculat.

Hostilius Mancinus est enfermé avec son armée dans un défilé, où 4000 Numantins reçoivent sa soumission. Par l'entremise de Tibérius Gracchus, il s'engage, au nom du peuple romain, à ne plus attaquer Numance, et abandonne son camp au vainqueur.

136. D. Junius Brutus fait la conquête du pays des Galléciens et' s'avance jusqu'à l'Océan. — Æmilius, successeur de Mancinus, perd 6000 hommes au siège de Pallantia. Le sénat livre Mancinus aux Numantins qui le refusent.

135. Sous l'empereur Hiao-Wou-Ti commence une guerre entre les Chinois et les Hioung-nou, peuple tartare. Les Hioung-nou, repoussés vers l'occident, rejetteront les Yuë-ti ou Scythes sur les Parthes et les Bactriens.-

En Judée, Simon périt par trahison. Il est égorgé avec deux de ses fils par son gendre, le gouverneur de Jéricho. Jean Hyrcan succède au pouvoir de son père. Nouvelle lutte avec le roi de Syrie, Antiochus Sidétès.

134. Les esclaves de la Sicile se soulèvent contre leurs maîtres romains, sous la conduite du Syrien Eunus. Ils s'emparent d'Enna, d'Agrigente, de Tauroménium, de Messine.

Scipion Émilien, le second Africain, est envoyé contre Numance. Sous ses ordres combattent Jugurtha, neveu du roi de Numidie, Micipsa ; Marius, âgé de 23 ans, et le poëte Lucilius, chevalier, âgé de 16 ans.

133. En Sicile, prise de Messine sur les esclaves par le consul Pison.

Attale III, roi de Pergame, lègue ses biens au peuple romain.

Antiochus Sidétès, pour se concilier le peuple romain, envoie de riches présents à Scipion Émilien.

Prise de Numance par Scipion Emilien, après un siège de 15 mois.

Tribunat de Tibérius Gracchus. Il propose une nouvelle loi agraire par laquelle il laisse aux citoyens riches, détenteurs du domaine public, jusqu'à 750 arpents de terre, et leur accorde une indemnité, payée par le trésor public, pour les domaines qu'ils abandonneront. — Les riches gagnent le tribun Octavius, qui oppose son veto aux propositions de Tibérius ; celui-ci fait destituer son collègue par le peuple, et brise ainsi lui-même l'inviolabilité tribunitienne. La loi agraire est votée. Les riches n'en continuent pas moins leur opposition, et lorsque Tibérius demande le tribunat pour l'année suivante, il succombe le jour des comices tribunitiens dans une sédition dirigée par P. Corn. Scipion Nasica.

Av. J.-C.

132. Le consul Rupilius met fin à la guerre des esclaves en Sicile.

131. Aristonic, qui se prétend issu du sang royal de Pergame, réclame le royaume que les Romains s'attribuaient en vertu du testament d'Attale III.

130. Le consul P. Licinius Crassus, premier grand pontife qui ait été commander une armée hors de l'Italie, est envoyé contre Aristonic, qui le défait et le tue à Leucse.

En Judée, Jean Hyrcan s'empare de Sichem sur les Samaritains et détruit le fameux temple de Garizim.

En Egypte, Ptolémée Physcon, devenu odieux par ses crimes et sa tyrannie, est chassé par le peuple d'Alexandrie.

129. Mort d'Ariarathe V, roi de Cappadoce. Son fils Ariarathe VI lui succède.

Lutte des Parthes contre les Scythes ou Yuë-Ti. Aristonic est vaincu parle consulaire Perpenna, qui le fait prisonnier dans la ville de Stratonice. Manius Aquilius achève, par d'odieux moyens, la conquête du royaume de Pergame, qui est réduit en province (province d'Asie). — Les Romains donnent la Phrygie à Mithridate V, roi de Pont, et la Lycaonie avec la Cilicie au roi de Cappadoce Antiochus Sidétès se donne la mort au moment de tomber entre les mains des Parthes. Son frère Démétrius II Nicator, rendu à la liberté, reprend le gouvernement.

Lutte soutenue par le consul Sempronius Tuditanus contre les Japodes.

Caïus Gracchus, Carbon et Fulvius, nommés triumvirs pour l'exécution de la loi agraire, commencent leurs opérations. Ils distribuent une fraction des terres publiques à une partie du peuple. Le Sénat profite des violences et des injustices dont ils se rendent coupables, ou dont on les accuse, pour suspendre leurs pouvoirs et l'exécution de la loi agraire. Le deuxième Africain qui a appuyé cette mesure est trouvé mort dans son lit.

126. Destruction du royaume de Bactriane par les Yuë-Ti ou Scythes. Ce sont les Indo-Scythes des écrivains grecs et romains.

Caïus, frère de Tibérius Gracchus, est envoyé en Sardaigne comme questeur du consul L. Aurélius.

125. Victoire du consul M. Fulvius Flaccus sur les Ligures Transalpins, qui inquiétaient Marseille.

125. Le roi de Syrie Démétrius Nicator est tué par sa femme Cléopâtre, jalouse de Rodogune, qu'il avait épousée chez les Parthes. Cette même Cléopâtre avait eu de Démétrius deux enfants, Séleucus et Antiochus Grypus. Elle fait périr le premier, mais elle est forcée, peu de temps après, de prendre le poison qu'elle a préparé pour donner la mort au second.

123. Campagne du consul Q. Caecilius Métellus contre les Baléares.

Premier tribunat de Caïus Gracchus. Il fait passer diverses lois, qui ont pour objet de venger son frère, de flatter le peuple et de miner l'autorité du Sénat. 1° Il défend de poursuivre à l'avenir criminellement un citoyen sans un ordre précis du peuple, et sans un jugement capital rendu préalablement ; il ordonne de poursuivre tout magistrat coupable d'avoir banni un citoyen sans observer les formalités ordinaires de la justice. Il ordonne enfin de n'élever à aucune nouvelle charge un magistrat déposé par le peuple. 2° Il confirme la. loi agraire et assigne annuellement des terres aux citoyens les plus pauvres. Il ordonne de leur vendre tous les mois, au-dessous du prix d'achat, une quantité déterminée de grains. Il affecte à leurs besoins la succession d'Attale. Il établit diverses colonies à leur profit. Av. J.-C.


Il ordonne de ne pas les enrôler avant dix-sept ans et de leur fournir des habillements sans diminution de solde.

122. Fondation d'Aix (Aquææ Sextiæ) dans la Gaule Transalpine par le proconsul C. Sextius Calvinus, vainqueur des Salyens et des Allobroges.

Deuxième tribunat de Caïus Gracchus. Il transfère l'exercice de la justice des sénateurs aux chevaliers, et fait du, corps des chevaliers un troisième ordre dans l'État. Il enlève au Sénat et à l'aristocratie une partie de leur influence dans les comices des centuries, en décidant que les centuries tireraient désormais au sort et qu'elles voteraient à chaque assemblée, selon le rang que leur assignerait le hasard. Il accorde enfin aux Latins et à tous les alliés de l'Italie, le droit de cité et le même droit de suffrage qu'aux citoyens romains. Le Sénat oppose à Caïus un autre tribun M. Drusus, qui propose des lois encore plus démocratiques. Caïus se laisse envoyer par le Sénat en Afrique, pour la fondation d'une colonie à Carthage. Ses ennemis profitent de son absence pour ruiner sa popularité.

1,21. Caïus Gracchus échoue dans la poursuite d'un troisième tribunat. Le consul Opimius, son ennemi mortel, abroge plusieurs de ses lois. Caïus entreprend alors de défendre, par la force des armes, et occupe avec ses partisans le mont Aventin. Caïus et Fulvius se donnent la mort. 3000 de leurs partisans sont massacrés. Toutes les lois de Caïus Gracchus seront successivement abolies ou modifiées.

120. Avènement de Mithridate VI Eupator, surnommé le Grand, dans le royaume de Pont.

119. Marius, né à Arpinum, parvient au tribunat.

118. Mort de Micipsa. Il avait associé, dans le partage de son royaume, à ses fils, Adherbal et Hiempsal, son neveu Jugurtha. Celui-ci tue Hiempsal et dépouille Adherbal, qui implore l'appui du Sénat.

Fondation de Narbonne (Narbo-Marcius) par le consul Q. Marcius Rex.

117. Le Sénat envoie une ambassade en Numidie pour rétablir Adherbal.

114. Campagne malheureuse du consul C. Porcius Caton contre les Scordisques, en Thrace.

113. Les Cimbres et les Teutons, venus des bords de la Baltique, anéantissent l'armée du consul Papirius Carbon, près de Norcia.

112. Jugurtha assiège dans Cirtha, malgré la défense du Sénat, Adherbal, qu'il assassine après avoir pris la ville.

111. Le Sénat envoie contre Jugurtha Calpurmus Bestia et Scaurus. Bestia lui vend la paix.

Après une lutte de trois années, Antiochus Grypus est contraint de partager le trône de Syrie avec son frère utérin, fils d'Antiochus Sidétès, Antiochus le Cyzicénien. Ils régneront ensemble 17 ans.

110. Memmius cite Jugurtha à Rome. Baebius, autre tribun, acheté par Jugurtha, lui ordonne de garderie silence. Jugurtha fait assassiner Massiva, le dernier des héritiers légitimes du trône qu'il puisse craindre. Il sort de Rome. On envoie contre lui le consul P. Albinus qui ne fait rien et est remplacé par son frère, le préteur Aulus.

109. Jean Hyrcan détruit Samarie. Commencement de la rivalité des Pharisiens et des Sadducéens. Secte des Esséniens.

Les Cimbres défont en Gaule le consul Silanus. — Continuation de la lutte des Romains contre les Scordisques.

Le préteur Aulus est contraint par Jugurtha de passer sous le joug et de se retirer avec son armée dans la province romaine d'Afrique. Il est rem-


Av. J.-C.


placé par le consul Q. Caecilius Métellus, qui bat Jugurtha dans plusieurs rencontres.

107. En Judée, Aristobule, fils et successeur de Jean Hyrcan, prend le titre de roi.

En Gaule, le consul L. Cassius Longinus est battu par les Gaulois Tigurins de l'Helvétie.

Marius, lieutenant de Métellus, obtient le consulat et la conduite de la guerre contre Jugurtha. Il a comme questeur le jeune noble, Cornélius Sylla.

106. Le consul Q. Servilius Caepion, appuyé par le grand orateur L. Crassus, fait partager les fonctions judiciaires entre l'ordre équestre et l'ordre sénatorial. Six ans après, le tribun Servilius Glaucia fera attribuer de nouveau les jugements aux seuls chevaliers. Naissance de Cicéron, à Arpinum, et de Pompée. Bocchus, roi de Mauritanie, beau-père de Jugurtha, livre ce dernier à Sylla. Fin de la guerre de Numidie. Marius joint une partie de la Numidie à la province romaine d'Afrique, en accorde une autre partie à Bocchus, et partage le reste entre Mandrestal et Hyempsal, descendants illégitimes de Massinissa.

105-104. Servilius Cæpion et Mallius éprouvent à Orange, en combattant les Cimbres, une défaite où Rome perd 80 000 soldats. Marius, élevé successivement à un 2e et à un 3e consulat, est chargé de commander en Gaule. Il exerce ses soldats dans la Narbonnaise.

103. Mort du poëte satirique Lucilius à Naples. Loi Domitia, qui soumet à l'élection par le peuple les fonctions religieuses données jusque-là par cooptation.

102. 2e guerre des esclaves en Sicile. Ils ont pour chefs Salvius et Athénion le Cilicien.

Marius, consul pour la quatrième fois, défait d'abord les Ambrons, ensuite les Teutons, près d'Aix. Ces deux nations sont exterminées sur le champ de bataille. Marius est salué consul pour la 5e fois.

101. Catulus laisse passer les Alpes aux Cimbres, est chassé par eux des bords de l'Adige, et se retranche sur ceux du Pô. Marius, rappelé de la Narbonnaise à Rome, est déclaré généralissime, et va rejoindre Catulus. Bataille de Verceil livrée anx Cimbres : ils sont.vaincus par Marius, Catulus et Sylla. Leur nation périt dans ce combat.

100. Continuation de la guerre des esclaves en Sicile. — Marius obtient un 6e consulat par l'argent et par les intrigues de L. Apuléius Saturninus. Celui-ci, aidé des soldats de Marius, fait assassiner Aulus Nonnius, un des tribuns désignés pour l'année suivante et se fait élire à sa place dans une assemblée tumultueuse. — Le tribun Saturninus agite Rome par une proposition de loi agraire. Opposition de Métellus le Numidique, qui se retire à Rhodes. Excès de Saturninus. Marius est forcé de l'abandonner. Saturninus assiégé dans le Capitule avec ses partisans, se rend et est massacré avec eux par le peuple, en même temps qu'un autre démagogue, le préteur Glaucia.

Ier siècle avant Jésus-Christ.

Rome, devenue la maîtresse du monde, est déchirée par la guerre civile. — Rivalité de Marius et de Sylla. — Guerres contre Mithridate, roi de Pont. — Conjuration de Catilina. — Rivalité de César et de Pompée. — Dictature de César. — Lutte d'Octave et d'Antoine. Bataille dActium. Triomphe d'Octave. Fin de la République romaine et commencement de l'Empire. — Naissance de Jésus-Christ. — État florissant des lettres latines durant cette période. A Rome, l'éloquence atteint à son apogée avec Cicéron, l'histoire avec Tite Live, la poésie avec Virgile (siècle d'Auguste).

99. Le proconsul M. Aquilius met un terme à la guerre des esclaves en Sicile. — Métellus est rappelé d'exil. Marius quitte Rome et se retire en Asie. Av. J.-C.

98. Le célèbre orateur Antoine fait acquitter par son éloquence M. Aquilius, accusé d'avoir pillé la Sicile après la soumission des esclaves révoltés.

Le consul Didius, envoyé dans l'Espagne ultérieure contre les Celtibériens révoltés, emploie 5 ans à pacifier sa province.

97. Un sénatus-consulte défend d'immoler des victimes humaines.

Alexandre Jannée prend et détruit la ville de Gaza.

96. Ptolémée, Apion, roi de la Cyrénaïque, ayant légué ses États au peuple romain, celui-ci impose aux Cyrénéens un léger tribut et leur accorde la liberté.

95. Loi Licinia-Mucia, ayant pour objet d'arrêter les usurpations du droit de citoyen romain.

Séleucus Nicator, fils d'Antiochus Grypus, et Antiochus X Eusèbe, fils d'Antiochus IX, le Cyzicénien, se disputent la Syrie. Depuis ce moment l'histoire des Séleucides n'offre plus qu'un enchaînement de guerres civiles et de querelles de famille sans aucun intérêt pour l'histoire. Les monnaies d'Antiochus IX sont les dernières qui portent les années de l'ère des Séleucides.

93. Les Cappadociens, privés des derniers rejetons de la race royale, détruits par Mithridate, s'adressent pour avoir un roi au Sénat romain, qui leur donne Ariobarzane.

92. Les censeurs M. Domitius Ahénobarbus et Lucius Licinius Crassus tont fermer les écoles des rhéteurs latins.

Les Publicains, pour se venger du vertueux P. Rutilius, lieutenant du proconsul Mucius, qui s'était opposé à leurs exactions en Asie, le font accuser de concussion devant les tribunaux composés de chevaliers, leurs partisans. Rutilius refuse l'appui des orateurs L. Crassus et Marc Antoine, et condamné, il se retire en Asie, où il s'adonne à la philosophie.

Sylla, après sa préture, est chargé de rétablir sur le trône de Cappadoce Ariobarzane, qui venait d'être renversé par le roi d'Arménie, Tigrane, allié du roi de Pont. Il reçoit là une ambassade du roi des Parthes Arsace.

91. Tribunal de M. Livius Drusus qui propose d'établir des colonies sur différents points de l'Italie, de distribuer du blé à bas prix aux citoyens pauvres, d'accorder le droit de cité aux peuples de l'Italie, enfin d'adjoindre aux sénateurs, qui étaient à peine 300, un nombre égal de chevaliers, et de choisir désormais les juges dans l'assemblée ainsi composée. Vive irritation des esprits dans Rome. La ville se partage en deux camps ; les alliés d'un côté, les chevaliers de l'autre. Ceux-ci avaient pour eux l'un des consuls, Marcius Philippus, dont les invectives contre le Sénat amène à la tribune le grand orateur Crassus, qui prononce alors son dernier discours. — Les chevaliers font assassiner Drusus, et imposent au Sénat un décret qui annulait ses lois comme contraires aux prescriptions de la loi Caecilia-Didia, qui statuait que les lois seraient promulguées 3 nundines à l'avance et qu'on ne réunirait pas dans la même loi plusieurs objets distincts. — Loi Varia, proposée par le tribun Varius, qui ordonne des recherches contre tous ceux qui avaient favorisé les alliés et contre tout Italien qui s'immiscerait dans les affaires de Rome.

90. Le refus du droit de cité décide les alliés italiens à prendre les armes contre Rome. Les Marses se mettent à la tête du mouvement, dont le chef fut leur compatriote, Pompédius Silo. Huit peuples, les Picentins, les Vestins, les Marses, les Marrucins, les Péligniens, les Samnites, les Lucaniens et les Apuliens se donnent des otages et concertent un soulèvement général. Ils prennent pour


Av. J.-C.


capitale Corfinium, dans le pays des Péligniens, et lui donnent le nom d'Italica. Commencement de la guerre sociale. — Désastre et mort du consul Rutilius, qui périt avec 8000 hommes, sur le Liris. Marius, qui recueille une partie de l'armée vaincue, n'ose et ne veut tenter rien de sérieux contre Pompédius Silo. Le Sénat profite de quelques succès remportés par L. Julius César pour diviser ses ennemis en accordant le droit de cité d'une manière complète aux Latins et aux alliés (les Ombriens et les Étrusques) restés fidèles.

Mithridate dépouille Nicomède III, roi de Bithynie, qui implore l'appui des Romains, tandis que Tigrane d'Arménie chassait Ariobarzane de la Cappadoce. Le Sénat décrète que les deux rois seront rétablis.

89. Les deux consuls, L. Porcius Caton et C. Pompéius Strabo, sont envoyés contre les Italiens. Le premier est tué chez les Marses. — Sylla remporte la brillante victoire de Noie, en Campanie, et s'empare de Bovianum, dans le Samnium, siège des assemblées générales des alliés ; ces succès lui valent le surnom d'heureux (Félix).

88. Mort de Pompédius Silo, dans une rencontre avec le préteur Métellus. Fin de la guerre sociale. La loi Plautia-Papiria, proposée par les tribuns M. Plautius Silvanus et C. Papirius Carbo, accorde le droit de cité à tous les habitants des villes fédérées qui, dans l'espace de 60 jours, viendraient à Rome donner leurs noms au préteur. Les nouveaux citoyens votèrent à Rome dans des tribus séparées, après les autres. En même temps, le consul Cn. Pompéius Strabo fit rendre la loi Ponipeia, par laquelle les villes de la Gaule Cispadane, restées fidèles à la cause de Rome pendant la guerre sociale, obtinrent le droit de cité ; celles de la Gaule Transpadane eurent le droit du Latium, jus Latii ; c'est-à-dire que les villes de la Gaule Cispadane devinrent des municipes, et celles de la Gaule Transpadane des colonies latines. Sylla obtient, avec le consulat, le commandement de la guerre contre Mithridate. Marius lui ravit ce commandement par les satellites du tribun Sulpicius, qui les appelait son anti-sénat et par la dissémination dans les 35 tribus anciennes des Italiens qui venaient d'obtenir le droit de cité. — De son camp de Noie, Sylla marche sur Rome et s'en empare.

Marius et Sulpicius sont déclarés ennemis de l'État. Sulpicius est tué et sa tête attachée aux rostres. Fuite de Marius, d'abord sur les côtes d'Italie à Minturnes, ensuite sur celles d'Afrique à Cartilage. — Sylla casse tout ce qu'avait fait Sulpicius, rend au Sénat la proposition des lois et rétablit le vote par centuries ; puis, pour se concilier le peuple, il favorise l'élection de Cornélius Cinna, partisan de Marius, comme consul. Celui-ci a pour collègue Caïus Octavius, dévoué à l'aristocratie.

Mithridate envahit de nouveau la Bithynie et la Cappadoce. Il bat Aquilius, commissaire du Sénat en Asie et s'avance jusque dans la Phrygie, la Carie, la Lydie, qui dépendaient des provinces romaines. Il ordonne aux villes grecques d'Asie de massacrer tous les citoyens romains : 80 000 sont égorgés.

87. Sylla débarque en Grèce avec cinq légions, bat Archélaüs, général de Mithridate, et met le siège devant Athènes, tandis qu'il envoie son questeur Lucullus réunir une flotte sur les côtes de l'Egypte et de la Phénicie, pour préparer le passage en Asie.

A Rome, Cinna renouvelle la loi de Sulpicius concernant les alliés, mais Octavius surprend les Italiens accourus à Rome et en tue 10000. — Cinna, chassé de Rome, se retire chez les alliés et rappelle Marius. — Cinna, Marius, Sertonus et Carbon livrent à Octavius, Métellus Pius et Pompée Av. J.-C.


le père une grande bataille sous les murs de Rome, qui se rend aux démocrates. — Proscriptions ordonnées par Marius. Parmi les victimes sont les orateurs Marc Antoine et Crassus.

Philon, chef de l'académie, quitte Athènes et vient s'établir à Rome. Il fut un des maîtres de Cicéron avec le Rhodien Molon, fameux rhéteur. — Plotius Gallus enseigne le premier à Rome la rhétorique latine.

86. Septième consulat de Marius, qui meurt dix-sept jours après de ses excès de table. Il avait pour collègue Cinna. Valérius Flaccus, qui succède à Marius dans le consulat, se fait envoyer contre Mithridate ; il est tué par un de ses officiers, Fimbria, qui s'empare du commandement. Cinna conserve le consulat les deux années suivantes.

Sylla prend Athènes après un siège de dix mois et l'inonde de sang. — Défaites d'Archélaus, en Béotie, à Chéronée et à Orchomène.

85. Succès de Fimbria, en Asie, sur Mithridate.

84. Cinna, consul pour la quatrième fois, est massacré par ses soldats, laissant à la tête du parti marianiste Carbon, Norbanus et Marius le jeune. Carbon reste seul consul. Sylla conclut avec Mithridate la paix de Dardanum, en Troade, par laquelle Mithridate renonce à l'Asie Mineure, livre 80 vaisseaux, licencie ses marins et paye 2 000 talents. Les Romains imposent à la province d'Asie un tribut de 20 000 talents. — Sylla, à son retour, enlevé d'Athènes la bibliothèque d'Apellicon de Téos, qui renfermait plusieurs ouvrages d'Aristote et de Théophraste, encore inconnus, et les envoie Rome.

83. La Syrie, épuisée par les guerres civiles, se donne au roi d'Arménie Tigrane, sous lequel elle commence à goûter un peu de repos.

Sylla, auquel s'étaient joints Métellus Pius, Crassus le Riche, Pompée le fils, alors âgé de 23 ans, Céthégus, Verres et d'autres consulaires, défait en personne, à Canusium en Apulie, le consul Norbanus ; Pompée triomphe de Carbon, qui cependant rentre dans Rome, où il prend possession du consulat avec le fils de Marius. — Le marianiste Sertorius passe en Espagne.

82. Défaite du jeune Marius à Sacriport, dans le Latium. — Les Samnites marchent sur Rome, sous la conduite de Pontius Télésinus. — Bataille sanglante de la Porte-Colline, gagnée par Sylla. — Le jeune Marius se tue dans Préneste, et Carbon est mis à mort par Pompée. — Proscriptions de Sylla, qui durent plusieurs mois et coûtent la vie à 33 consuls, 7 préteurs, 60 édiles, 200 sénateurs et 150 000 citoyens. — Sylla se fait élire dictateur perpétuel, et s'efforce de rétablir l'ancienne constitution par une série de lois Cornéliennes, qui rendent les jugements au Sénat, restreignent le pouvoir des tribuns, enlèventla cité aux Italiens, etc. Il distribue les terres de ses ennemis à 120 000 légionnaires, fonde la ville de Florence en Étrurie.

81. Le rhéteur latin Otacilius Plotus, maître de Pompée, est le premier fils d'affranchi qui ait écrit une histoire du droit.

80. Les Romains s'emparent de Mitylène, la seule ville d'Asie qui fût restée en hostilité avec eux après la paix avec Mithridate. César fit ses premières armes au siège de cette ville. — Cicéron, âgé de 27 ans, plaide pour Sex. Roscius contre Chrysogonus, affranchi de Sylla. Il part ensuite pour Athènes, où il restera trois années.

79. Sylla abdique la dictature. — Cicéron jouit à Athènes du commerce d'Antiochus, philosophe de l'ancienne académie et de Zenon l'épicurien.

78. Mort de Sylla. — Tentative du consul Eniilius Lépidus pour relever le parti populaire. Lutatius Catulus, son collègue, armé par le Sénat d'un


Av. J.-C.


pouvoir discrétionnaire, le défait, avec.'aide de Pompée, au pont Milvius, près de Rome, et à Cosa, en Étrurie, et le chasse de l'Italie. — Le Sénat envoie contre Sertorius, en Espagne, le fils de Métellus le Numidique. — Cicéron parcourt toute la province d'Asie ; il se lie, à Rhodes, avec Apollonius Molon, rhéteur célèbre, et Posidonius, Syrien d'Apamée, disciple du stoïcien Panétius.

77. Cicéron quitte l'Asie et revient à Rome.

Le proconsul P. Servdius est envoyé contre les pirates. Il les combat durant trois années sur les côtes de Cilicie et de Pamphylie et dans les montagnes de l’Isaurie ; il obtient le surnom d'Isauricus.

76. Pompée, simple chevalier, bien qu'il n'ait encore exercé aucune magistrature élective, obtient des pouvoirs consulaires et est adjoint à Métellus pour combattre Sertorius, auquel Perpenna a amené les débris de l'armée da Lépidus.

65. Questure de Cicéron en Cicile. — Le consul C. Aurélius Cotta restitue aux tribuns, qui en avaient été dépouillés par Sylla, le droit de haranguer le peuple et d'aspirer aux charges.

Antiochus l'Asiatique, petit-fils du roi Séleucide Antiochus le Cyzicénien, vient réclamer à Rome la Syrie que gouverne Tigrane, roi d'Arménie.

74. Nicomède, roi de Bithynie, lègue ses Etats au peuple romain. Mithridate alors rompt la paix et envahit la Bithynie et l'Asie romaine. — On envoie contre lui les deux consuls L. Licinius Lucullus et M. Aurélius Cotta. — Mithridate bat Cotta, près de Chalcédoine, mais est enveloppé par Lucullus, à Cyzique, sur la Propontide.

73. Troisième guerre des esclaves. Le Thrace Spartacus s'établit sur le mont Vésuve avec 78 de ses compagnons. Tous les esclaves de la Campanie viennent se joindre à lui. Durant deux années, il tient en échec les généraux romains.

72. Les Chinois détruisent l'empire formé au N. E. de la Sogdiane par les Hioung-Nou.

En Espagne, Perpenna fait assassiner dans un repas Sertorius, mais il est vaincu et pris par Pompée, qui le fait mettre à mort.

Lucullus, qui a mis le siège pendant l'hiver devant Amisus, défait à Cabira, sur le haut Halys, Mithridate, qui se retire en Arménie.

71. Le préteur Marcus Crassus le Riche défait et tue Spartacus sur les bords du Silarus en Lucanie. 40 000 esclaves restent sur la place ; 5000 fuyards se rallient ; Pompée, qui revenait d'Espagne, les taille en pièces et se proclame le sauveur de la république. On lui décerne alors le nom de Grand. Prise d'Amisus par Lucullus.

70. Mort d'Alexandra, veuve d'Alexandre Jannée, qui a gouverné pendant neuf ans la Judée, au nom de ses jeunes fils. — Rivalité politique et religieuse des Pharisiens et des Sadducéens, qui s'appuient les premiers sur Hyrcan II, et les seconds sur Aristobule II. La lutte entre les deux frères amènera l'intervention des Romains.

Le tribunat recouvre son antique influence sous le consulat de M. Crassus et Pompée. — Procès de Verres, qui a exercé trois ans la préture en Sicile. Cicéron et Hortensius. — Le préteur L. Aurélius Cotta, oncle de César, propose une loi qui enlève aux sénateurs l'exercice exclusif des fonctions judiciaires, au partage desquelles sont admis les chevaliers et les tribuns du trésor.

69. Lucullus marche contre Tigrane, roi d'Arménie. Il franchit l'Euphrate, bat Tigrane sous les murs de Tigranocerte et s'empare de cette place. — Le dernier Séleucide, Antiochus XIII l'Asiatique, profite de la défaite de Tigrane pour rentrer en Syrie. — Campagne du consul Q. Caecilius Métellus contre les pirates dans la mer de Crète. Av. J.-C.

68. Prise de Nisibe par Lucullus.

67. Le peuple charge Pompée, par la loi Gàbinia, de purger la Méditerranée des pirates qui affamaient l'Italie. Pompée termine cette guerre en 3 mois et réduit la Cilicie en province romaine. — Questure de César en Espagne.

Révolte des soldats de Lucullus, qui est contraint d'évacuer l'Arménie. Un plébiscite, provoqué par les partisans de Pompée, donne le consul Acilius Glabrion pour successeur à Lucullus. Mithridate reprend la Cappadoce.

66. Pompée obtient le commandement de la guerre contre Mithridate par la loi Manilia, qui fut soutenue par le préteur Cicéron. — Mithridate, vaincu près des sources de l'Euphrate, se réfugie dans le Bosphore cimmérien, où règne son fils Pharnace. — Tigrane fait sa soumission à Pompée, qui lui laisse son royaume moyennant le payement de 6000 talents. Conquête de la Crète par Métellus.

65. Premier complot de Catilina, dans lequel entrent les jeunes Cn. Pison, Crassus et Jules César. Il échoue par la faute de Crassus. — César se rend populaire en relevant les trophées de Marius aux portes du Capitole.

64. Cicéron, candidat au consulat, l'emporte sur six compétiteurs, au nombre desquels était Catilina. Il a pour collègue Antonius, fils de l'orateur Marc Antoine.

Pompée réduit en province romaine la Syrie et la Phénicie.

63. Ariobarzane cède le trône de Cappadoce à son fils Ariobarzane II. — Pompée intervient, en Judée, pour le roi Hyrcan contre son frère Aristobule ; il prend Jérusalem après un siège de 3 mois. — Mithridate, trahi par son fils Pharnace, se donne la mort. Réduction du royaume de Pont en province romaine. Pharnace conserva le Bosphore. Le roi Galate Déjotarus obtint quelque accroissement de territoire. Un certain Attale et Pyleeménès reçurent une partie de la Paphlagonie. Ariobarzane joignit à la Cappadoce la Sophène et la Gordyène.

A Rome, César obtient à l'élection la charge de grand pontife. — Cicéron combat la loi agraire du tribun Rullus, qui voulait que des commissaires, investis pour 5 ans d'un pouvoir absolu, vendissent toutes les terres du domaine public, et qu'avec l'argent provenant de cette vente on achetât en Italie des champs labourables pour distribuer aux pauvres. Il fit aussi rejeter la proposition d'un autre tribun qui demandait la restitution des biens aux fils des proscrits.

Conjuration de Catilina. L'éloquence et l'activité de Cicéron la font échouer. Naissance d'Auguste.

62. Catilina est vaincu et tué par le proconsul Antonius à Pistoia, en Étrurie. Lutte entre César, préteur, et Caton, tribun du peuple, au sujet des propositions tribunitiennes de Métellus Nepos, ennemi de Cicéron et créature de Pompée. — Tentative de sacrilège et d'adultère du jeune patricien Clodius, dans la maison de César, qui répudie sa femme.

61. Entrée triomphale de Pompée à Rome. Discours de Cicéron pour le poëte Archias.

60. Campagne de César, propréteur, contre les Lusitaniens révoltés. Il revient à Rome et sollicite le consulat. — Premier triumvirat entre César, Pompée et Crassus. César obtient le consulat pour l'année suivante.

59. César consul, malgré l'opposition de son collègue Bibulus et d'une partie de l'aristocratie, gagne le peuple par une loi agraire et les chevaliers en réduisant les fermages de l'Asie. Par la


Av. J.-C.


loi Vatinia, due au tribun Vatinius, il se fit adjuger, pour 5 ans, le gouvernement des deux Gaules (cisalpine et transalpine) et de l'Illyrie ; il fit donner à Pompée celui d'Espagne, et à Crassus celui de Syrie. César épouse Calpurnie, fille de Pison, et donne sa fille Julie en mariage à Pompée. — Naissance de l'historien Tite-Live, à Padoue, dans la Gaule transpadane.

58. Le tribun Clodius, instrument des triumvirs, sous le consulat de Pison et de Gabinius, l'un beau-père et l'autre ami de César, fait exiler Cicéron. — Caton est envoyé dans l'île de Cypre pour en prendre possession.

Campagne de César contre les Helvètes, et contre les Suèves que commande Arioviste.

57. Pompée et le tribun Milon font rappeler Cicéron de l'exil.

Campagne de César contre les Belges.

56. Les Scythes, qui avaient soumis l'Inde après la Bactriane, en sont expulsés par Vicramaditya, roi des rives de l'Indus. Peu après, ils se soumettront aux Chinois.

Caton revient de l'île de Cypre.

Campagne de César contre les peuples maritimes de l'Armorique ; soumission des Vénètes.

55. Les triumvirs renouvellent leur alliance dans une conférence à Lucques, en Etrurie. Crassus et Pompée obtiennent le consulat. — La loi du tribun Tréboniùs leur donne pour 5 ans, à Pompée, la province d'Espagne, qu'il fera administrer par ses lieutenants, à Crassus, la Syrie avec la guerre contre les Parthes ; César est prorogé pour 5 ans dans le gouvernement des Gaules. — Pompée fait décider que les juges seront toujours pris dans les trois classes du sénat, de l'ordre équestre, des tribuns du trésor, mais que l'on choisira les plus riches.

Cicéron compose son De Oratore, en 3 livres — Virgile, né à Mantoue, dans la Gaule transpadane, prend la robe virile.

Campagne de César, au delà du Rhin, contre les Germains Usipètes et Tenchthères. Ire expédition en Bretagne.

En Orient, Gabinius rétablit sur le trône d'Egypte Ptolémée XI Aulètes, chassé l'année précédente par les Alexandrins. Ce prince était le fils naturel de Ptolémée Lathyre. Rome avait refusé longtemps de le reconnaître, en vertu d'un testament réel ou supposé de Ptolémée X, qui faisait les Romains héritiers de ses Etats.

54. Préture de Caton. — Cicéron compose son ouvrage De Republica. 2e expédition de César en Bretagne.

Crassus commence la guerre contre les Parthes.

53. Ligue formée par les Carnutes, les Êburons, les Nerviens et les Trévires, sous la conduite d'Ambiorix et d'Indutiomar. Les Gaulois sont vaincus par César.

Crassus périt à Carrhes. Les Parthes envahissent les provinces de Syrie et de Cilicie.

Mort de Julie, femme de Pompée, fille de César.

52. Soulèvement général des populations gauloises du midi et du centre, provoqué par l'arverne Vercingétorix.

51. Mort de Ptolémée Aulètes, laissant deux fils, Ptolémée XII et Ptolémée XIII, et une fille, la fameuse Cléopâtre, qui épouse Ptolémée XII.

Cicéron, proconsul en Cilicie, remporte quelques succès sur les Parthes.

César s'empare d'Alesia, ville du pays des Mandubiens, près des Édues (Côte-d'Or), où s'était enfermé Vercingétorix.

50. César achève la conquête de la Gaule transalpine. Il organise une légion composée de Av. J.-C.


Gaulois, la légion de l'Alouette, qui portait sur le casque, au lieu de l'aigle romaine, l'alouette, emblème national.

Mésintelligence entre César et Pompée. César gagne le tribun Curion. Décret du sénat qui ordonne à César et à Pompée d'envoyer chacun une légion pour faire la guerre aux Parthes. César en envoie deux que le consul Claudius Marcellus livre à Pompée.

Appius Claudius Pulcher et L. Calpurnius Piso Caesoninus, derniers censeurs nommés par le peuple. — Ils chassent du sénat l'historien Salluste. Mort du célèbre orateur Hortensius.

49. Le sénat assigne un jour à César pour licencier ses troupes. Antoine et Cassius, tribuns du peuple, se déclarent pour César, et viennent le trouver avec Curion. — César franchit le Rubicon et s'empare de Rome, que quitte Pompée qui se retire en Epire avec une partie du sénat et le consulaire Cicéron. — César passe en Espagne, où il combat l'armée pompéienne commandée par Afranius, Pétréius et Térentius Varron, savant grammairien et agronome. Prise de Marseille. — De retour à Rome, César exerce onze jours la dictature. Désigné pour le consulat de l'année suivante, avec Servilius Isauricus, il se rend à Brindes, d'où il passe en Epire. Le droit de cité est accordé aux Transpadans.

48. Pompée ne sait pas mettre à profit les lenteurs et les fautes de César devant Dyrrachium, et passe en Thessalie, où il est vaincu à Pharsale. Il se réfugie en Egypte, où il est mis à mort par l'ordre des ministres du jeune Ptolémée XII. — César arrive en Egypte. Guerre d'Alexandrie ; Ptolémée périt noyé dans le Nil. Cléopâtre est placée sur le trône, avec son jeune frère, Ptolémée XIII, pour mari.

47. L'Iduméen Antipater, ministre du roi Hyrcan II, qui avait aidé César dans la guerre d'Alexandrie, reçoit le titre de procurateur de la Judée. — César quitte l'Egypte et marche contre Pharnace, roi du Bosphore Cinimérien ; il le défait à Zéla et annonce au sénat sa victoire par trois mots célèbres : Veni, vidi, vici. — De retour à Rome, il exerce une deuxième fois la dictature. Cicéron se rapproche de César.

46. Expédition de César en Afrique, où il a à combattre Métehus Scipion, beau-père de Pompée, Caton, Afranius, Pétréius et le roi de Mauritanie, Juba. — Victoire de César à Thapsus. — Caton se donne la mort dans Utique. — César établit Salluste, l'historien, gouverneur de la province d'Afrique, et organise la Numidie en province romaine.

César, de retour à Rome, célèbre quatre triomphes, sur les Gaulois, sur l'Egypte, sur le Pont, sur l'Afrique. Il est nommé, par le sénat, dictateur pour 10 ans. Il a en même temps le titre de consul. Il charge l'astronome alexandrin, Sosigène, de réformer le calendrier romain, qui dès lors s'appela calendrier Julien. — Cicéron, qui venait de prononcer ses fameux discours pour Marcellus et pour Ligarius, compose son Brutus y vel de claris oratoribus.

45. Antipater fait travailler au rétablissement des murs de Jérusalem. Le gouvernement de cette ville est confié à Phasaël, son fils aîné, et celui de la Galilée à Hérode, son second fils.

Expédition de César, en Espagne, contre les fils de Pompée, qu'il défait à Munda. Cnéus Pompée, l'aîné, est tué dans cette bataille. Fin de la guerre civile. Deuxième triomphe de César. Dans les fêtes données à Rome, le poëte mimique Labérius, chevalier romain, est contraint de jouer lui-même sur la scène le mime qu'il a composé. — Cicéron écrit son Orator, et plusieurs autres ouvrages :


Av. J.-C.


De finibus bonorum et malorum ; Academicæ quæstiones.

Loi Julia, qui régularise la situation politique des villes de l'Italie. Elle se trouve citée dans une inscription de Padoue (Orelli, n. 3676) sous le titre de Lex Julia municipalis, et dans le Digeste sous le titre de Lex municipalis. Une table de bronze contenant cette loi fut découverte en 1732, et se trouve maintenant à Naples, dans le musée Bourbon. Elle est connue sous le nom de Table d'Héraclée.

44. Cléopâtre, qui a fait périr son frère, le dernier Ptolémée, pour régner seule, vient à Rome. — Mort d'Antipater, père d'Hérode, empoisonné par Malichus, ministre d'Hyrcan et son rival.

César est créé dictateur pour la vie, consul pour dix ans ; il reçoit le titre héréditaire d'Imperator. Antoine donne au 5e mois, Quintilis, où est né César, le nom de Julius (juillet). César projette de relever Corinthe et Carthage ; il se disposait à marcher contre les Parthes, lorsqu'il périt dans le sénat, à 55 ans, frappé de vingt et un coups de poignard (ides de mars, ou 15 mars), au pied de la statue de Pompée. Parmi les assassins étaient Marcus Junius Brutus, fils adoptif de César, Cassius, beau-frère de Brutus, Trébonius, Tullius Cimber, Casca, Décimus Brutus, Métellus. — Lépide, maître de la cavalerie, et Antoine, consul, empêchent l'abrogation des actes de César ; célébration publique de ses funérailles. Les conjurés sont forcés de quitter Rome, où domine Antoine. — Octave, âgé de 18 ans, vient à Rome pour recueillir la succession de César, son oncle. Antoine le traite avec mépris. Octave flatte Cicéron et se concilie les vétérans de César. Antoine veut dépouiller deux des meurtriers de César des provinces que le dictateur lui-même leur avait données, Junius Brutus, de la Macédoine, Décimus Brutus, de la Gaule cisalpine. — 1re Philippique de Cicéron contre Antoine. Il compose les Tusculanes, le De Natura deorum, le De Senectute, le De Officiis.

43. Colonie romaine établie à Lugdunum, au confluent de la Saône et du Rhône, par Munatius Plancus, orateur, disciple de Cicéron. Antoine assiège Décimus Brutus dans Modène ; le sénat, entraîné par Cicéron, le déclare ennemi public et envoie contre lui les deux consuls C Vibius Pansa et A. Hirtius, avec le jeune Octave, comme propréteur. Antoine est défait à la bataille de Modène, et la mort des deux consuls livre à Octave les légions avec le titre d’Imperator. Octave rentre dans Rome et se fait donner le consulat, malgré le sénat qui commençait à le redouter. — Il se rapproche alors d'Antoine et de Lépide et forme avec eux le 2e triumvirat.

Proscriptions. Mort de Cicéron, sacrifié lâchement par Octave à la haine d'Antoine et de Fulvie.

Après la mort de D. Brutus, qui fut le dernier gouverneur de la Gaule cisalpine, fut rendue la loi Rubria, qui régularisait la situation politique des municipes de cette province. Tandis que les municipes de l'Italie possédaient dans toute son étendue la juridiction criminelle et la juridiction civile, les magistrats des municipes de la Gaule cisalpine n'eurent que la juridiction ordinaire, et encore cette juridiction ne s'exerçait que dans les cas où il ne s'agissait pas de plus de 15 000 sesterces ; dans les grands procès, et dans les affaires extraordinaires, c'était au préteur romain à connaître, en vertu de son imperium. Le texte de cette loi fut découvert, en 1760, dans les ruines de Véleia, et se trouve actuellement dans le musée de Parme. Elle est importante en ce que la condition qu'elle fit aux municipes de la Gaule cisalpine fut à peu près celle des municipes du reste de l'empire. Av. J.-C.

En Judée, Hérode venge la mort de son père, Antipater, en faisant assassiner Malichus.

42. Octave et Antoine marchent en Orient contre les meurtriers de César, Brutus et Cassius, qui à la nouvelle du départ d'Octave et d'Antoine s'avancent jusqu'à Philippes en Macédoine. En deux jours, il s'y donne deux batailles. Le premier jour, Brutus vainquit Octave, mais Cassius fut défait par Antoine, et se donna la mort. Le second jour, Brutus fut mis en déroute et se tua en s'écriant : « Vertu, tu n'es qu'un nom. » Il ne reste plus pour soutenir la lutte contre les triumvirs que les flottes de Marcus et de Sextus Pompée, qui dominent dans la Méditerranée.

Hérode, en Judée, se réconcilie avec Hyrcan, qui lui promet sa fille Mariamne, et défait Antigone, fils d'Alexandre, son rival.

41. Antoine passe en Orient, Octave en Italie, où il distribue aux vétérans les terres qui leur avaient été promises ; les biens du père de Virgile sont épargnés. — L. Antonius, consul, frère du triumvir, à l'instigation de Fulvie, sa belle-sœur, prend la défense des Italiens contre Octave. Celui-ci l'affame dans Pérouse, en Étrurie, et l'obligera à se rendre.

Antoine cite à son tribunal, en Cilicie, la reine d'Egypte, Cléopatre, accusée de favoriser le parti républicain vaincu à Philippes, et se prend de passion pour elle. — Hérode se concilie la faveur d'Antoine qui le nomme tétrarque avec son frère Phasaël, mais il est forcé par Pacorus, roi des Parthes, de quitter Jérusalem.

40. Mort de Fulvie. Octave essaye de gagner Sextus Pompée en épousant Scribonia, sœur de Scribonius Libo, beau-père de Sextus. — Alliance de Sextus avec Antoine. Celui-ci vient assiéger Blindes, pendant que Sextus faisait une descente en Italie. Paix de Brindes entre Octave et Antoine conclue par la médiation de L. Cocceius Nerva, d'Asinius Follion et de Mécène. Partage du monde romain. Antoine a l'Orient, Octave l'Occident ; l'Italie reste indivise ; l'Afrique est donnée à Lépide. Enfin Antoine épouse Octavie, sœur d'Octave.

Les Parthes, guidés par Labiénus, ancien lieutenant de César, envahissent la Syrie. Ils font prisonnier Hyrcan et mettent à sa place Antigone. Hérode vient à Rome implorer le secours d'Octave et d'Antoine, et obtient par un décret du sénat le royaume de Judée.

39. Paix de Misène, conclue entre les triumvirs et Sextus Pompée.

Succès de P. Ventidius, lieutenant d'Antoine, sur les Parthes, qu'il chasse de la Syrie.

38. Sosius, lieutenant d'Antoine, détruit en Judée le parti d'Antigone, qui est vaincu, assiégé dans Jérusalem et mis à mort. Hérode, devenu roi de Judée, épouse Mariamne, fille d'Hyrcan, et commence un règne de 40 ans, souillé par des crimes.

Octave répudie Scribonia, qui lui a donné Julie, et enlève à Tibérius Claudius Néron, Livie, mère de Tibère depuis 4 ans, et enceinte de Drusus. — Rupture entre Octave et -Sextus Pompée ; guerre de Sicile. — Mécène recommande Horace à Octave.

Nouveaux succès de Ventidius sur les Parthes. Antoine lui permet de venir triompher à Rome.

37. Entrevue à Tarente d'Antoine et d'Octave, qui se concertent pour combattre Sextus Pompée et pour renouveler le triumvirat. Ils se continuent pour 5 ans dans cette magistrature ; le nom de Lépide est conservé dans l'alliance.

Agrippa, lieutenant d'Octave, consul, lutte contre les Germains.

36. Guerre entre Octave et Sextus Pompée. Lépide


Av. J.-C.


s'empare d'une grande partie de la Sicile. Victoires d'Agrippa sur Sextus Pompée à Myles et à Nauloque. — Démêlés d'Octave et de Lépide au sujet de la Sicile, que celui-ci prétendait garder. Octave gagne les troupes du triumvir, qui est dépouillé de sa dignité et réduit à la charge de souverain pontife.

Antoine fait périr le roi de Cappadoce, Ariarathe VII, et le remplace par Archélaus, petit-fils du général Archélaus que Mithridate avait envoyé en Grèce contre Sylla. — Son expédition malheureuse contre les Parthes. Il revient passer l'hiver auprès de Cléopatre, avec laquelle il commence en Egypte la vie inimitable.

35. Campagne d'Octave contre les Japodes, les Dalmates et les Pannoniens, pendant que ses lieutenants luttent contre les Salasses dans les Alpes occidentales.

34. Mort de l'historien Salluste.

Antoine s'empare par trahison d'Artavasde, roi d'Arménie, le fait charger de chaînes et l'envoie à Alexandrie. Il donne ses États aux enfants de Cléopatre.

33. Edilité d'Agrippa, marquée par de grands travaux : restauration des aqueducs et de la Cloaca maxima ; construction de trois portiques et de la bibliothèque d'Octavie.

Nouvelle expédition d'Antoine contre les Parthes ; il ne dépasse pas la Médie.

32. Antoine envoie en Egypte la bibliothèque de Pergame qui renfermait 200 000 volumes. Il rompt avec le gouvernement de Rome et avec Octave en célébrant à Alexandrie ses triomphes pour ses prétendues victoires sur les Parthes, en partageant aux enfants de Cléopatre les provinces romaines de l'Orient, enfin en répudiant publiquement Octavie.

Octave lit dans le sénat le testament d'Antoine, qui est déclaré ennemi public.

31. Bataille d'Actium : défaite d'Antoine, trahi par Cléopatre. — Mécène gouverne Rome en l'absence d'Octave. — Octave répare les maux causés en Grèce par la présence des armées d'Antoine et établit des colonies militaires en Macédoine. De retour en Italie, il apaise une révolte des vétérans, puis retourne en Orient et apparaît à Samos 30 jours après son départ. Dans cette île et à Rhodes, il règle le sort des monarques de l'Asie. Il confirme à Hérode le titre de roi de Judée.

30. Octave passe en Egypte. Antoine, trompé par Cléopatre, se tue à 53 ans. Cléopatre, désespérant de séduire Octave, se donne la mort, à l'âge de 39 ans. Réduction de l'Egypte en province romaine. Octave nommé pour la gouverner le poëte Gallus, simple chevalier romain, avec le titre de préfet et des attributions purement militaires. La juridiction civile appartenait à d'autres magistrats. Un décret interdit à tout sénateur romain l'entrée de cette province, sans la permission expresse du sénat.

Avant de quitter l'Egypte, Octave fonde Nicopolis à l'endroit où il a vaincu Antoine, et établit les jeux Actiaques. Il passe ensuite en Asie, où il fait cesser les exactions dont elle est victime. — Conjuration du fils de Lépide. — Honneurs rendus par le sénat à Octave. On établit des jeux quinquennaux en son honneur. L'anniversaire de sa naissance sera consacré par des prières publiques, et la tribu, dans laquelle il votait, fut appelée Julia. Le jour de la naissance d'Antoine fut déclaré néfaste et ses statues furent renversées. La puissance tribunitienne est donnée a Octave avec le droit de protéger tous les citoyens qui l'imploraient, et de voter en faveur de l'accusé dans les causes criminelles. Octave, qui était Av. J.-C.


encore en Asie, refusa probablement la puissance tribunitienne et défendit qu'on lui élevât des temples à Rome et en Italie, mais il autorisa l'apothéose de J. César.

29. Retour d'Octave en Italie. Son triple triomphe : pour la, guerre contre lesDalmates, pour Actinm, pour l'Egypte. Le temple de Janus est fermé. Octave se continue 9 ans de suite dans le consulat (de l'année 31 à l'année 23). — Il est décoré du titre &amp ; Imper ator. Ce titre placé, non comme autrefois après, mais avant le nom propre, fait de lui un Empereur et de la république un Empire.

Denys d'Halicarnasse, auteur des Antiquités romaines, prépare les éléments de son ouvrage qu'il écrira en grec.

28. Hérode fait périr sa femme Mariamne, sa bellemère et les deux fils qu'il a eus de Mariamne. César Octave, consul avec Agrippa, fait faire le dénombrement de tous les citoyens de Rome et de tous les sujets de l'empire. — Remplissant les fonctions de censeurs, ils réforment le sénat, l'ordre équestre, les lois et les mœurs. Agrippa fait inscrire, comme censeur, Octave à la tête de la nouvelle liste des sénateurs et le fait proclamer prince du sénat, ce qui lui conférait le droit d'opiner le premier, c'est-à-dire d'entraîner à son avis l'assemblée. — Octave règle que deux anciens préteurs seront chargés, chaque année, de la surveillance du trésor public. Distinction dès lors établie entre le fisc et l'serarium.

27. Octave feint d'abdiquer. Il accepte l'autorité pour 10 ans. Partage des provinces entre l'empereur et le sénat. Octave se réserve celles où résident les légions. Création de la garde prétorienne. Plancus fait donner à Octave le surnom d'Auguste. Sa maison, située sur le mont Palatin, est ornée de lauriers et d'une couronne de chêne pour rappeler qu'il était le perpétuel vainqueur des ennemis de Rome et le sauveur de tous les citoyens. Sextus Pacuvius, tribun, fera décréter que le mois de Sextilis sera désormais nommé Augustus (août). Il visite la Gaule, où quelques mouvements des Aquitains avaient été comprimés par Valérius Messala Corvinus, protecteur du poëte élégiaque Tibulle. — Auguste conserve la division de la Gaule en quatre parties, la Narbonnaise, l'Aquitaine, la Celtique et la Belgique, mais il recule les limites de l'Aquitaine, de la- Garonne à la Loire, et donne à la Celtique le nom de Lugdunaise.

26. Cornélius Gallus, qui s'est rendu coupable d'exactions en Egypte, est rappelé ; accusé dans le sénat, condamné, dépouillé de ses biens, il se donne la mort † — A cette époque fi. Properce et Tibulle.

25. Tandis que ses lieutenants luttent contre les Salasses dans les Alpes, Auguste dirige une expédition contre les Astures et les Cantabres. — Le temple de Janus est fermé pour la deuxième fois depuis la bataille d'Actium. — Messala Corvinus, premier préfet de la ville (Præfectus urbi).

24. Campagne du chevalier iElius Gallus, gouverneur d'Egypte, contre les peuples de l'Arabie Sabéenne, dite Heureuse. — A, cette époque, le géographe Strabon visitait l'Egypte. Virgile, déjà connu par ses Églogues et ses Géorgiques, commence l'Enéide.

23. Après une grave maladie dont il fut atteint en Espagne, Auguste se démet du consulat en faveur de L. Sextius, partisan de Brutus. Le sénat accorde à Auguste la puissance tribuni tienne et le pouvoir proconsulaire pour toute sa vie, la prééminence sur tous les gouverneurs de provinces, et le privilège de proposer une affaire dans chaque assemblée du sénat, lors même qu'il ne serait


Av. J.-C.


pas décoré de la pourpre consulaire. Il ne se fait pas élire consul pendant 17 ans. Il perd son neveu et son gendre Marcellus, âgé de 20 ans, qu'Octavie avait eu d'un premier mariage avant d'épouser Antoine.

22. Conspirations de Fannius Cépion et de Muréna contre la vie d'Auguste. — Plancus et Paulus Lépidus, deux anciens proscrits, sont les derniers censeurs.

Victoire de Caïus Pétronius, préfet d'Egypte, sur Candace, reine d'Ethiopie.

21. Auguste visite la Grèce ; il passe l'hiver à Samos pour régler les affaires de l'Asie.

20. Naissance de Caïus, fils d'Agrippa, et de Julie, fille d'Auguste et veuve de Marcellus. Auguste reste en Asie et passe encore l'hiver à Samos. Il charge le fils de sa femme Livie, Tibère, âgé de 22 ans, d'établir en Arménie un roi dévoué aux Romains, Tigrane, frère et ennemi d'Artabaze. Il accroît le territoire du roi de Cappadoce, Archélaûs, qui règne encore 37 ans. — Les Parthes rendent à Auguste les aigles et les étendards pris sur Crassus.

19. Mort de Virgile à Brindes. Il sera enseveli près de Naples. — Troubles à Rome pour l'élection d'un 2e consul. Auguste prive le peuple de nommer le 2e consul et revêt de la pourpre Q. Lucrétius Vespillo, ancien proscrit. Auguste prend le titre de Préfet des moeurs et de consul à vie. Agrippa achève la soumission des Cantabres.

18. Auguste se fait renouveler l'exercice du pouvoir pour 5 ans, après lesquels il le prendra encore pour cinq, puis pour dix encore, de façon à conserver constamment le pouvoir, sans choquer ouvertement les opinions républicaines des Romains. Il associe Agrippa à la dignité tribunitienne. — Loi Julia contre le célibat. — Mort du poëte Tibulle.

17. Auguste et Agrippa font célébrer avec beaucoup de magnificence les jeux séculaires pour lesquels Horace a composé son Carmen sæculare. — Auguste adopte les deux fils d'Agrippa et de Julie, Lucius et Caïus.

Auguste visite la Gaule. Fondation d'Augustodunum. — Agrippa est reçu par le roi de Judée Hérode, qui a pour principal conseiller Nicolas de Damas, écrivain polygraphe.

15. Campagne des fils de Livie, Tibère et Drusus, contre les peuples de la Rhétie, au nord des Alpes.

13. 1er consulat de Tibère. — Lutte de Drusus contre les Germains sur le Rhin.

12. Mort d'Agrippa, à l'âge de 51 ans, laissant deux fils, Caïus et Lucius César. — Après la mort de Lépide, l'ancien triumvir, Auguste prend le titre de grand pontife.

Les Gaulois élèvent près de Lyon un autel à Auguste comme à un dieu. — Expédition de Drusus contre les Germains. Il s'avance jusque dans l'île des Bataves et ravage le territoire des Sicambres.

11. A Rome, dédicace du temple de Marcellus. — Mort d'Octavie, sœur d'Auguste. — Drusus s'avance jusqu'au Weser, en Germanie. — Son frère Tibère, qui vient d'épouser la veuve de Marcellus et d'Agrippa, Julie, fille d'Auguste, lutte contre les Dalmates et les Pannoniens.

10. Auguste confie au savant grammairien Hygin la direction de la bibliothèque Palatine. — Expédition de Tibère contre les Dalmates. — Victoire de Drusus sur les Cattes. — Naissance de Claude, fils de Drusus, le jour où fut faite la dédicace de j l'autel élevé à Lyon en l'honneur d'Auguste par : les Gaulois. Av. J.-C.

9. Drusus s'avance en Germanie jusqu'à l'Elbe. Il meurt au milieu de ses soldats, à l'âge de 30 ans.

8. Auguste feint une deuxième fois d'abdiquer. Le pouvoir lui est remis pour 10 ans. — Mort de Mécène. — Mort d'Horace.

Tibère remplace son frère Drusus sur le Rhin. — Réduction de la Pannonie.

7. Triomphe de Tibère pour ses victoires sur les Germains. Son 2e consulat.

Denys d'Halicarnasse publie ses Antiquités romaines.

6. Tibère, qui vient de recevoir la puissance tribunitienne pour 5 ans, est jaloux de la faveur dont jouissent les deux fils d'Agrippa, nommés princes de la jeunesse, et quitte l'Italie. Il restera 7 ans à Rhodes.

5. Auguste donne la toge virile à l'aîné de ses petits-fils, Caïus César. — 12e consulat d'Auguste, après un intervalle de 17 ans

3. Loi Furia-Caninia, qui réglait les affranchissements valides sur le nombre d'esclaves ; en tout cas, les affranchissements ne pouvaient excéder le nombre 100.

2. 13e consulat d'Auguste ; son petit-fils Lucius César prend la robe virile. — Le sénat et le peuple romain décernent à Auguste le titre de Père de Patrie. — Auguste bannit sa fille Julie, à cause de ses débauches. — Vers cette époque, division entre deux citoyens obscurs du commandement des gardes prétoriennes qu'Auguste avait jusqu'alors exercé lui-même.

1. Auguste envoie en Orient son petit-fils, Caïus César, pour comprimer les factions de l'Arménie. Paix universelle. 1er dénombrement fait en Judée par Varus, gouverneur de cette province, dénombrement qui, ordonné trois ans auparavant, n'avait pu s'exécuter dans la Judée avant qu'elle eût prêté à Auguste serment de fidélité, serment qu'Hérode fit prêter cette année à ses sujets. — Marie et Joseph se rendent à Bethléem pour se faire inscrire sur les registres de la province. Naissance de Jésus-Christ, le 25 décembre de cette année.

Ier siècle après Jésus-Christ.

Fin du règne d'Auguste. — Les 12 Césars. — Naissance et progrès du Christianisme.


Ap.J.-C.

1. Circoncision du fils de Marie, qui reçoit le nom de Jésus (sauveur). — Adoration des Mages. — Présentation au temple. — Massacre des innocents. — Joseph emmène Jésus et sa mère en Egypte.

Mort du roi Hérode. Ses fils, Archélaüs, Hérode Antipas et Philippe, se partagent ses Etats. Archélaus se rend à Rome pour faire confirmer ce partage par Auguste. — Joseph ramène Jésus et Marie en Judée, et va s'établir à Nazareth.

2. Mort inopinée de Lucius César, second fils d'Agrippa et de Julie. — Tibère obtient de rentrer à Rome, mais il continue d'y vivre en disgrâce.

3. Auguste se fait renouveler ses pouvoirs pour dix ans.

4. Mort de Caïus César, fils aîné d'Agrippa et de Julie, dans une ville de Lycie, à son retour d'Arménie. Auguste adopte Tibère et Agrippa Posthumus, 3e fils d'Agrippa, à la condition que Tibère adoptera Germanicus, fils de M. Cl. Drusus et d'Antonia.

Conspiration de Cinna. — Les Germains menacent la frontière romaine. Tibère est envoyé contre eux. Sous ses ordres était l'historien Velléius Paterculus, qui fera de suite huit campagnes en Germanie.


Ap. J.-C.

Mort d'Asinius Pollion, à l'âge de 80 ans. Orateur et poëte, il a été célébré par Virgile et Horace.

Loi Ælia Sentia défendant d'accorder le droit de cité à tout esclave ayant subi des peines infamantes, même après qu'il aurait été affranchi par son maître.

5. Insurrection contre Rome des Dalmates et des Pannoniens. — A Rome, tremblement de terre, inondation du Tibre, éclipse de soleil, famine.

6. Création de l'impôt du vingtième sur les héritages (lex vicesimæ hereditatum et legatorum). Le produit de cet impôt était consacré à l'entretien des troupes. — Tibère, qui se disposait à marcher contre les Marcomans, tourne ses forces contre les Pannoniens et les Dalmates révoltés. Cette guerre, qui dura 3 ans, occupa 15 légions romaines. Germanicus César s'y distingue.

Auguste, sous le prétexte de mettre un terme au despotisme d'Archélaùs en Judée, le dépouille de ses États, la Samarie, la Judée et l'Idumée, qu'il réunit à la Syrie romaine.

7. Disgrâce et exil d'Agrippa Posthumus dans l'île de Planasie.

8. Soumission de la Pannonie. La guerre continue en Dalmatie.

9. Auguste exile sa petite-fille Julie dans l'île de Tremiti, dans l'Adriatique, et le poète Ovide à Tomes, dans la petite Scythie, sur le littoral du Pont-Euxin. — Mort de Drusus, frère de Tibère.

Loi Pappia-Poppæa, rendue d'après le désir d'Auguste, pour donner plus de force et d'extension à la loi Julia contre les célibataires.

Soumission de la Dalmatie. — Désastre de Quintilius Varus, qui périt avec 3 légions, 3 corps d'auxiliaires, 6 cohortes, sous les coups d'Arminius, chef des Chérusques, dans la forêt de Teutberg, près de la Lippe, où il s'est engagé malgré les avertissements de Ségeste, allié de Rome, dont Arminius a ravi la fille.

10. Tibère est envoyé en Germanie, où Germanicus vient le joindre. Aucune bataille n'est livrée ; on parcourt seulement les pays voisins du Rhin. — Auguste associe Tibère à toutes les prérogatives impériales.

11. Mort de Messala Corvinus, orateur, personnage consulaire, à l'âge de 72 ans, l'un des derniers représentants du parti républicain.

12. Jésus dispute avec les docteurs dans le temple à Jérusalem.

Loi contre les libelles. Leurs auteurs sont déclarés coupables du crime de lèse-majesté. Germanicus contient les Germains. — Naissance de Caïus. Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine.

13. Auguste, pour la 5e fois, se fait renouveler ses pouvoirs pour 10 ans ; il associe de nouveau Tibère à la puissance tribunitienne, et autorise son fils Drusus à être désigné pour le consulat de la troisième année à venir, bien qu'il n'ait pas encore rempli la charge de préteur.

14. Auguste s'associe Tibère en qualité de censeur et fait faire pour la 3e fois le dénombrement de l'empire. C'est dans les dernières années du règne d'Auguste que le conseil du prince (consistorium principis) prend une plus grande importance, au point qu'il efface presque le sénat.

Mort d'Auguste à Noie, en Campanie, à l'âge de 76 ans. Tibère, qui se rendait à l'armée d’Illyrie, est averti par Livie, sa mère. Le peuple apprend en même temps la mort d'Auguste et l'avènement de Tibère.

Le corps d'Auguste rapporté à Rome fut enseveli dans le tombeau qu'il s'était élevé.

Tibère fait assassiner Agrippa Posthumus. — Ap. J.-C.

Apothéose d'Auguste. — Suppression définitive des comices populaires. Désormais les sénatus-consultes remplacent les plébiscites.

Révolte des légions de Pannonie. Tibère envoie son fils Drusus pour l'apaiser. — Révolte des légions de Germanie. Elles offrent l'empire à Germanicus. Générosité de ce prince, qui refuse au péril de ses jours. Il parvient à rétablir l'ordre et profite des bonnes dispositions des troupes pour aller attaquer les Germains.

15. Germanicus poursuit la guerre ; les derniers devoirs sont rendus à Varus et à ses légions sur le champ de bataille de Teutberg. — Défaite d'Arminius ; sa femme est prise ; Inguiomer, oncle d'Arminius et allié des Romains, se déclare contre eux. — Succès de Cécina, lieutenant de Germanicus.

Tibère, jaloux de la gloire de Germanicus, cherche à se concilier l'affection populaire.

16. Germanicus pénètre jusqu'aux rives du Weser ; il défait dans la grande bataille d'Idistavisus, Arminius et Inguiomer. — Nouvelle défaite d'Arminius. — L'armée romaine revient par mer, horrible tempête, perte d'une partie des troupes.

— Tibère rappelle Germanicus et laisse la Germanie en proie à la rivalité de Maroboduus et d'Arminius.

17. Triomphe de Germanicus à Rome. Tibère l'envoie en Orient.

Archélaüs, roi de Cappadoce depuis cinquante ans, est attiré à Rome, puis cité comme criminel ; il meurt de douleur et ses États sont réduits en province romaine. — La Comagène est gouvernée par un préteur. — Douze villes d'Asie sont renversées par un grand tremblement de terre. — Soulèvement de Tacfarinas en Numidie. — Mort d'Ovide à Tomes. — Mort de Tite Live à Padoue.

18. Germanicus règle les affaires d'Arménie et de Cappadoce. — Ses démêlés avec Pison, gouverneur de Syrie. — Il renouvelle l'alliance avec les Parthes. — Séjan, préfet des cohortes prétoriennes, les rassemble toutes dans un camp près de Rome.

19. Germanicus visite l'Egypte. — Drusus sème la discorde en Germanie ; Maroboduus, chassé par les Suèves, vient vivre à Ravenne. — Catualda, roi des Goths riverains de la Vistule, implore Drusus, qui l'envoie à Fréjus.

Arminius est assassiné par ses propres parents. — Germanicus meurt à Antioche, empoisonné, suivant le bruit public, par Pison et Plancine. — Consternation qui se répand à Rome. — Décret du sénat, pour abolir les cérémonies des Juifs et des Égyptiens. — Loi Julia Norbana, par laquelle les esclaves affranchis per epistolam interamicos, ou par d'autres formes encore moins solennelles, ne furent plus admis aux droits des citoyens romains, mais seulement à ceux des Latins envoyés dans les colonies ; d'où vient la dénomination de Latini juniani ou simplement Latini.

20. Agrippine rapporte d'Orient les cendres de Germanicus et demande vengeance à Tibère. — Édit de l'empereur pour comprimer la douleur publique. Pison est accusé, il meurt pendant le procès.

21. Nouvelle révolte de Tacfarinas. — Révolte des Gaulois sous J. Florus de Trêves et J. Sacrovir d'Autun.

22. Tacfarinas déclare à Tibère une guerre éternelle. Il est défait par Blaesus, dernier particulier salué Imperator. — Moït de Junie, nièce de Caton, sœur de Brutus et veuve de Cassius.

23. Faveur de Séjan. Il fait empoisonner Drusus, fils de Tibère, qui ne le soupçonne pas et laisse cette mort sans vengeance.

24. Tacfarinas est défait et tué par P. Dolabella, qui termine ainsi la longue guerre d'Afrique.

Ap. J.-c.

25. Séjan demande en mariage Livie, veuve de Drusus et sœur de Germanicus ; Tibère refuse à son favori. — Condamnation à mort d'Aulus Cremutius Cordus, accusé d'avoir loué Brutus et Cassius dans une histoire qu'il avait composée.

26. Discorde ouverte dans la famille impériale. —

— Agrippine, veuve de Germanicus, demande un mari pour protéger ses enfants. — Séjan l'anime contre Tibère.

Ponce Pilate est nommé gouverneur de la Judée. Soulèvement de la Thrace.

27. Séjan, pour augmenter son crédit, détermine Tibère à se décharger sur lui des soins de l'empire et à se retirer àCaprée. — Tibère se plonge dans la débauche. — Un amphithéâtre s'écroule à Fidènes pendant une représentation. 50 000 personnes sont écrasées ou mutilées.

28. Révolte des Frisons. — Agrippine, fille de Germanicus, depuis mère de Néron, épouse Cn. Domitius Néron.

Mort de Julie, petite-fille d'Auguste.

29. Mort de Livie ou Julia Augusta, mère de Tibère.

30. Jean, retiré dans le désert, commence à baptiser et à prêcher.

Jésus est baptisé par Jean.

Agrippine, veuve de Germanicus, est reléguée dans l'île Pandataria, et Néron, son fils aîné, dans l'île Pontia. — Ce prince meurt cette année.

31. Jean est mis en prison par Hérode-Antipas. Tibère, instruit d'une conspiration formée contre lui par Séjan, le dénonce au sénat, qui le condamne à mort. — Macron lui succède.

Livie ou Livilla, veuve de Drusus, meurt de faim par ordre de Tibère.

32. Décollation de Jean-Baptiste.

33. Drusus, fils de Germanicus, et Agrippine sa mère, ne pouvant supporter les mauvais traitements de Tibère, se laissent mourir de faim.

Tibère marie Drusille et Julie, filles de Germanicus, la première à L. Cassius Longinus, et l'autre à M. Vinicius.

Jésus-Christ est mis en croix pour le salut du genre humain. Sa résurrection ;

Les apôtres reçoivent le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. — Ils commencent à prêcher l'Evangile (Εύαγγέλιον, bonne nouvelle).

Etienne, premier martyr.

34. Le 2e fils d'Hérode, Philippe, qui administrait le N. O. de la Judée, meurt sans enfants ; Tibère réunit ses États à la Syrie. Un seul des héritiers d'Hérode, Antipas, conserve la Galilée et la Pérée, au delà du Jourdain. Il fonde en l'honneur de Tibère la ville de Tibériade.

35. Tibère donne un roi aux Parthes, mécontents d'Artaban. — Ce roi meurt en route. — Tiridate est nommé à sa place. — Conversion de saint Paul.

36. Artatan chasse Tiridate et remonte sur le trône. L'apôtre Pierre fonde l'église d'Antioche.

37. Hérode-Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand par Aristobule, et qui vivait à Rome, avec Bérénice, sa mère, depuis 37 ans, retourne en Judée ; il en revient peu de temps après et est mis en prison par Tibère.

Mort de Tibère. — Avènement de Caïus Caligula, dernier fils de Germanicus et d'Agrippine.

— Il met en liberté Hérode-Agrippa, fils d'Aristobule, et lui donne la Galilée, avec le titre de roi.

La Comagène est rendue à Antiochus, avec une partie de la Cilicie.

Caligula fonde une Académie (athénée) à Lyon et y institue des prix d'éloquence grecque et latine et de poésie ; les vaincus devront effacer avec TEMPS ANCIENS. 119

Ap. J.-C.

leur langue leur œuvre, sinon ils seront jetés dans le Rhône.

Traité de paix conclu avec Artaban, roi des Parthes.

Caligula donne à Tibère, fils de Drusus, l'ordre de se tuer.

Mort d'Antonia, fille de Marc Antoine, bellesœur de Tibère et mère de Germanicus et de Claude. — Naissance de Néron.

38. Tyrannie et folie de Caligula. — Il fait mourir Macron et dissipe les 2700 millions de sesterces (559 419 750 francs) amassés par Tibère.

Il se fait adorer, on lui élève des autels dans l'empire. — Horrible persécution des Juifs à Alexandrie.

39. Caligula fait construire sur la mer, entre Baïes et Pouzzoles, un pont de bateaux couverts de terre.

Il imagine de faire une expédition en Gaule ; il passe le Rhin et annonce à Rome des succès imaginaires.

Hérode-Antipas va à Rome ; il est exilé à Lyon et sa tétrarchie est donnée à Hérode-Agrippa.

40. Caligula simule deux expéditions, l'une eu Germanie, l'autre en Bretagne. Il fait ramasser des coquillages à ses soldats et revient triompher à Rome.

Désordres en Judée et à Alexandrie. — Ambassades d' A pion et de Philon à Rome.

41. Caligula est tué par Chéréas.

Avènement de T. Claude, fils de Drusus et frère de Germanicus.

Origine du Donativum ou droit d'avènement.

Claude nomme Hérode-Agrippa roi de Judée, et donne la Chalcide à son frère Hérode, époux de Bérénice, fille d'Hérode-Agrippa.

Le Bosphore Cimmérien est donné à un descendant de Mithridate.

Naissance de Titus, fils de Vespasien. — Claude rappelle ses deux nièces, Agrippine et Julie, de l'île Pontia, où Caïus les avait reléguées, et leur rend leurs biens. — Jalousie de Messaline contre Julie, qui est renvoyée en exil. — Sénèque est enveloppé dans sa disgrâce et relégué en Corse.

42. Grande famine à Rome. — Camillus Scribonianus tente mais inutilement de soulever la province de Dalmatie. — Cruautés de Messaline. — Construction du port d'Ostie. — Tentative de dessèchement du lac Fucin.

Succès de Suétonius Paulinus et de H. Géta en Afrique. La Mauritanie, désormais soumise, est divisée en deux provinces, la Césarienne et la Tingitane, que gouverneront deux chevaliers romains.

Agrippa s'efforce de gagner l'affection des Juifs. — Il fait décapiter l'apôtre Jacques, frère de Jean l'évangéliste, et fait mettre en prison Pierre, qui est délivré miraculeusement.

Dispersion des apôtres dans les différentes parties de l'univers.

Saint Pierre va en Italie, et, suivant une tradition recueillie par Eusèbe et saint Jérôme, établit à Rome le siège de l'Église catholique ou universelle.

43. La Lycie est ajoutée à la province de Pamphylie. — Claude proscrit, en Gaule, le culte des druides, et fait commencer par Aulus Plautius la conquête de la Grande-Bretagne, foyer du druidisme.

Pomponius Mêla compose, à cette époque, son ouvrage de géographie intitulé : De situ orbis.

44. Mort d'Agrippa, roi de Judée.

Succès de Plautius en Bretagne ; les pays que baigne la Tamise sont déclarés province romaine. Vespasien défail les Bretons et prend l'île de Wight.

Ap. J.-C.

45. Lois de Claude en faveur des esclaves ; il abolit le droit de vie et de mort des maîtres.

46. Conquête de la Médie Atropatène par les Parthes. — La Thrace est réduite en province romaine.

47. Titus délivre son père Vespasien, enveloppé par les Bretons. — Les Chérusques demandent un roi à Claude, qui leur envoie un neveu d'Arminius. Révolte des Germains ; D. Corbulon les soumet. — Aul. Plautius est remplacé, en Bretagne, par P. Ostorius Scapula. — Sixième célébration des jeux séculaires.

48. Claude, ou plutôt Narcisse, fait mourir Messaline et Silius qu'elle avait épousé. — Messaline laissait à Claude Britannicus et Octavie.

Mort d'Hérode, roi de Chalcide.

49. Claude épouse Agrippine, fille de Germanicus et mère de Néron. — Les Juifs sont bannis de Rome. Suétone (Vit. Claud. cap. 25) les confond avec les chrétiens. — Octavie, fille de Claude, est fiancée à Néron.

Les Parthes demandent à Claude un roi du sang de Phraate. — Claude donne la Chalcide à Hérode, fils d'Agrippa.

50. Le premier concile est tenu à Jérusalem, par Paul, Barnabe, Jean, Jacques, et Pierre qui présida.

L'affranchi Parlas détermine Claude à adopter Néron, au détriment de Britannicus, son propre fils. — Sénèque, rappelé de Corse l'année précédente, est chargé de l'éducation de Néron.

Agrippine envoie une colonie de vétérans dans la ville des Ubiens, où elle était née, ville qui s'appela dès lors Colonia Agrippina (Cologne).

Caractacus, chef breton, forme une ligue formidable. — Saint Paul à Athènes.

51. Ostorius Scapula défait les Brigantes, attaque les Silures, bat complètement Caractacus, qu'on lui livre et qu'il envoie à Rome.

Les Parthes envahissent l'Arménie, alors en guerre contre Rhadamiste, fils du roi d'Ibérie.

Burrhus est mis à la tête des prétoriens par les soins d'Agrippine. — Claude persécute avec violence les druides.

52. On décerne à l'indigne Pallas les ornements de la préture. — Révolte des Juifs. — Quadratus la réprime.

Paul prêche le christianisme dans l'aréopage, à Athènes. — Claude augmente les États d'Hérode le Jeune.

53. Néron, âgé de 16 ans, épouse Octavie, fille de Claude.

54. Mort de Claude, âgé de 64 ans. — Burrhus présente Néron aux prétoriens, et, pour la seconde fois, le Donativum fait un empereur.

Crédit d'Agrippine, mère de Néron ; elle fait mourir Junius Silanus, proconsul d'Asie, et l'affranchi Narcisse. — Aristobule, fils d'Hérode, reçoit la Petite-Arménie.

Corbulon chasse les Parthes de l'Arménie.

55. Vologèse, roi des Parthes, traite avec Corbulon. — Néron fait empoisonner Britannicus, fils de Claude. — Agrippine est réduite à une condition privée.

56. Néron commence sa vie de débauches.

57. Loi par laquelle non-seulement les esclaves, mais encore les affranchis d'un maître assassine sont mis à mort.

58. Guerre entre les Romains et les Parthes, au sujet de l'Arménie. — Corbulon brûle la vide d'Artaxata. — Néron enlève Poppée à Othon, qu'il envoie gouverner la Lusitanie. — Incursions des Frisons. — Ligue des Ansibanens ; elle est detruite. 120 CHRONOLOGIE. — TABLES.

Ap. J.-C.

59. Néron fait poignarder sa mère Agrippine par Anicétus, et, dès lors, se livre sans contrainte à toutes ses passions. — Les Juifs font jeter saint Faul en prison.

60. Corbulon prend Tigranocerte et soumet à Rome toute l'Arménie, dont le gouvernement est donné à Tigrane, petit-fils d'Archelaiis, dernier roi de Cappadoce. — Saint Paul est conduit à Rome.

61. Revers des Romains en Bretagne ; formidable insurrection excitée par la reine Boadicée. Suétonius Paulinus répare tout par une grande .victoire sur 80000 Bretons. — Loi Petronia sur les esclaves.

Saint Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, est lapidé. — Arrivée de saint Paul à Rome.

62. Burrhus meurt empoisonné. — Sénèque quitte la cour. — La vertueuse Octavie est répudiée. — Le bouffon Tigellinus est préfet du prétoire. — Mort du poëte satirique Perse.

Vologèse, roi des Partbes, fait tous ses efforts pour rétablir son frère Tiridate en Arménie ; Corbulon secourt Tigrane ; son lieutenant C. Paetus est vaincu par Vologèse.

63. Tiridate est vaincu par Corbulon et conduit dans le camp des Romains, où il met sa couronne aux pieds de la statue de Néron. — Saint Paul est mis en liberté et continue ses prédications.

64. Deux incendies détruisent dix quartiers de Rome. — Néron accuse les chrétiens. — Première persécution.

65. Conspiration de Pison. Elle est découverte. — Mort de Pison, du poëte Lucain et de Sénèque.— Néron tue d'un coup de pied Poppée, qui était enceinte. — .Révolte des Juifs, provoquée par la tyrannie de Gessius Florus, gouverneur de la Ju-

. dée. — Saint Paul revient à Rome.

66. Tiridate vient à Rome recevoir le ^diadème de Néron. — L'Arménie est regardée dès lors comme une province romaine. — Le temple de Janus est ferme.

Saint Paul est décapité et saint Pierre mis en croix, la tête en bas, suivant son désir.

Réduction du Pont Polémoniaque et des Alpes Cottiennes en province romaine.

Les Juifs révoltés choisissent pour chef Josèphe l'historien. — Néron envoie contre eux Vespasien, qui se fait accompagner de son fils Titus. — Voyage de Néron en Grèce.

Les sénateurs Paetus Thraséas etBaréa Soranus, censeurs du gouvernement et des crimes de Néron, sont condamnés à mort par le sénat.

67. Vespasien défait les Juifs en Galilée ; Josèphe, captif, prédit à Vespasien sa future grandeur. — Titus soumet la Galilée. — Simon le Magicien rend Rome témoin de ses impostures.

L'ordre de mourir est envoyé par Néron à l'illustre Corbulon, qui revenait de vaincre les Parthes. — Néron revient à Rome.

68. Révolte de Vindex en Gaule et de Galba en Espagne. Vindex, vaincu par Virginius Rufus, est réduit à se tuer. Néron, abandonné par le préfet du prétoire Nymphidius, et condamné par le sénat, se fait tuer en disant : « Quel grand artiste le monde va perdre ! » Il est le dernier des empereurs appartenant par adoption à la famille de César.

Avènement de Galba. C'est le premier prince élu par les légions hors de l'Italie. Il a 72 ans.

69. Galba défait les légions de Germanie. — Othon, Vitellius et Vespasien sont successivement proclamés par les légions. — Othon s'empare de l'empire et fait mourir Galba et Pison, que Galba venait d'adopter. — Il est vaincu à Bédriac par Valens et Cécina, lieutenants de Vitellius, et se donne la mort — Valens et Cécina sont vaincus,

Ap. J.-C.

à Crémone, par Antonius Primus, qui arrive sous les murs de Rome. — Bataille sanglante. — Défaite des prétoriens. — Mort de Vitellius. — Vespasien est proclamé Auguste et son jeune fils Domitien, César.

Révolte de Civilis, descendant des anciens rois bataves, et du Lingon Sabinus. — La prophétesse Velléda. — Empire gaulois. — Invasion des Daces ; ils sont défaits. — Incendie du Capitule.

70. Arrivée de Vespasien à Rome. Il réprime la révolte de Sabinus. — Dévouement d'Éponine. — Pétilius Céréalis oblige Civilis à traiter, mais les Bataves ne sont plus sujets, mais seulement alliés de Rome. — Destruction de Jérusalem par Titus, après un siège de 7 mois qui coûta la vie à 600 000 Juifs.

71. Triomphe de Titus et de Vespasien. — Le temple de Janus est fermé, le temple de la Paix commencé et le Capitule rebâti.

72. Le peuple asiatique des Alains se jette sur l'empire des Parthes et dévaste la Médie et l'Arménie. Le roi Vologèse implore l'appui des Romains.

73. Rhodes, Samos et les autres îles voisines sont unies en une même province, appelée la province des Iles ou des Cyclades, dont la ville de Rhodes fut la métropole.

75. Helvidius Priscus, sénateur et philosophe stoïcien, est banni, puis condamné à mort. Les philosophes sont chassés de Rome.

76. Naissance d'Hadrien.

77. Pline l'ancien adresse à Titus son Histoire de la nature.

78. Cn. Jul. Agricola gouverne la Bretagne.

79. Julius Sabinus, de Langres, caché depuis 9 ans, est découvert et condamné à mort ; sa femme Eponine veut partager son sort.

Mort de Vespasien. — Avènement de Titus. — Première éruption connue du Vésuve, qui engloutit Herculanum et Pompéi ; le naturaliste Pline l'ancien périt dans cette catastrophe. — Seconde campagne d'Agricola en Bretagne.

80. Agricola soumet les Bretons et joint les embouchures de la Clyde et du Forth par une ligne de forteresses.

Titus achève le Colisée ; les Romains l'appellent les Délices du genre humain. Incendie du Capitole et d'une partie de Rome.

81 . Mort de Titus. — Avènement de son frère Donatien. — Quatrième campagne d'Agricola en Bretagne.

82. Domitien fait quelques ravages sur les terres des Cattes (Hesse).

83. Conquêtes d'Agricola en Bretagne.

84. Agricola défait les Calédoniens commandés par Galgacus et fait le tour de la Bretagne avec sa flotte.

85 Domitien rappelle Agricola. Les Sarmates et les Suèves se jettent sur la Pannonie et défont les Romains.

86- Institution des jeux Capitolins. Les Daces quittent leur pays au nord du bas Danube, pour se jeter' sur la province romaine de Mésie. Domitien commence tontre eux une guerre qui durera 4 ans et finira par une paix honteuse pour les Romains.

92. Les Hiong-Nou ou Huns se divisent en deux branches : une partie reste, au N. E. de la Sogdiane, tributaire de la Chine ; les autres marchent vers l'Occident.

93. Mort d'Agricola.

94. Domitien fait périr Sénécion, Helvidius et Rusticus, chasse de Rome et de l'Italie tous les philosophes et relègue Nerva à Tarente. — Dion TEMPS ANCIENS. 121

Ap. J.-C.

Chrysostome se retire chez les barbares, et le stoïcien Épictète en Épire. — Quintilien compose vers ce temps ses 12 livres sur la Rhétorique.

95. 2e persécution contre les chrétiens à l'occasion de la capitation établie pour la reconstruction du temple de Jupiter Çapitolin qu'ils refusaient de payer. Saint Jean l'Évangéliste est plongé à Rome dans l'huile bouillante, et ensuite relégué dans l'île de Pathmos, au S. 0. de Samos, où il compose son Apocalypse.

96. Domitien, le dernier des douze Césars, périt assassiné par sa femme Domitia Longina, fille de Corbulon, et ses principaux officiers, au moment où il se disposait à les immoler. Avènement de Nerva. Il rappelle les bannis, supprime les accusations de lèse-majesté et défend d'accuser les chrétiens. — Mort du célèbre thaumaturge Apollonius de Tyane.

97. Nerva adopte Trajan, gouverneur de la basse Germanie. — Consulat de l'historien Tacite. — Soulèvement des Prétoriens, qui contraignent Nerva à leur abandonner les meurtriers de Domitien, qu'ils massacrent.

98. Mort de Nerva (janvier). Trajan prend l'empire à Cologne et demeure sur les bords du Rhin et du

Danube. — Tacite écrit son livre sur les mœurs des Germains, et peut-être aussi la Vie d'Agricola.

99. Trajan vient à Rome. Il y entre à pied. Il accepte les titres de Père de la Patrie, de grand pontife et d'Optimus. Il donne à Plotine, sa femme, et à Marcienne, sa sœur, le titre d'Auguste. — Punition des délateurs. — Origine des Institutions alimentaires en faveur des enfants pauvres, de naissance libre, qui étaient entretenus aux frais de l'État pour servir un jour soit dans les armées, soit dans d'autres emplois.

100. Les Lombards quittent les bords de l'Elbe et se dirigent vers le midi de la Germanie. — Mouvements des Vandales, des Saxons, des Thuringiens et des Suèves. — Pline le Jeune inaugure son consulat par le célèbre panégyrique de Trajan.

Mort de l'apôtre saint Jean à Ephèse, où il est revenu après la mort de Domitien. C'est là qu'il a composé son Evangile.

IIe siècle après Jésus-Christ.

Règne des Antonins. — Age d'or de l'empire.

101. Décébale, roi des Daces, qui avait assujetti les Romains à un tribut, est vaincu par Trajan et réduit à demander la paix.

Vers cette époque, le général Pan-Tchao, qui a soumis toutes les provinces à l'occident de la Chine se dispose à attaquer l'empire romain ; les Parthes l'en détournent.

103. Fondation du port de Centumcellee (CivitaVecchia) . — Pline le Jeune est nommé gouverneur du Pont et de la Bithynie.

104. Alliance de Décébale avec les Parthes. — Il soulève les peuples voisins de la Dacie contre les Romains. — Lettre de Pline à Trajan au sujet des chrétiens. Trajan lui répond qu'il ne faut point rechercher les chrétiens, mais que s'ils sont accusés en justice, il faut les punir.

105. Seconde expédition de Trajan contre Décébale. — Il jette un pont sur le Danube et pénètre en Dacie. Décébale, vaincu vers la fin de l'année, se donne la mort ; son pays est réduit en province romaine. — Soumission de l'Arabie Pétrée, par Cornélius Palma.

Origine de la secte religieuse des Gnostiques. 105. Troisième persécution. 107. Trajan, parti d'Italie au mois d'octobre de l'an-

Ap. J.-C.

née précédente, fait son entrée à Antioche au commencement de cette année. Saint Ignace, troisième évêque d'Antioche, est livré aux bêtes à Rome. Réduction de l'Arménie en province romaine. — Trajan donne un roi à l'Albanie, et commence la guerre contre les Parthes.

108. Trajan achève la conquête de l'Arabie Pétrée, commencée par Cornél. Palma 3 ans auparavant. — Il s'empare de Nisibe et d'autres places de la Mésopotamie, ce qui lui fait donner le nom de Parthique, et conclut un traité avec Chosroès, roi des Parthes.

111. Les Suèves et plusieurs autres peuplades du midi de la Germanie forment la confédération des Allemans entre le Rhin, le Mein et le Danube.

114. Érection de la colonne Trajane, sur l'emplacement d'une montagne de 144 pieds, qui est aplanie au niveau du sol. Le fût de la colonne porte un bas-relief, continué en spirale, qui représente tous les faits de la guerre contre les Daces, avec 2500 figures hautes chacune de deux pieds.

115. Tfajan, irrité contre les Parthes qui ont disposé sans son consentement du royaume d'Arménie, entreprend contre eux une deuxième expédition. Il prend Ctésiphon, Séleucie, Suze, et réduit en provinces romaines l'Assyrie et la Mésopotamie.

116. Trajan s'embarque sur le Tigre et visite le golfe Persique. Il soumet quelques villes de l'Arabie. — Révolte des Juifs dans, toutes les provinces de l'empire, surtout en Egypte, à Cyrène et en Chypre. Ils massacrent 200 000 hommes en Egypte et 250 000 en Chypre. — Barbaries inouïes.

En Mésopotamie, Lusius Quiétus défait les Juifs en bataille rangée, apaise la révolte des pays récemment conquis et saccage Edesse.

Marcius Turbo défait les Juifs de Cyrène, qui ne furent pas complètement réprimés. — Trajan donne un roi aux Parthes, il choisit Parthamaspate.

Fondation du port d'Ancône.

Les Scythes ou Yue-Ti, établis au nord de l'Oxus, s'affranchissent de la domination des Chinois. Bientôt ils s'étendront jusqu'à l'Oxus.

117. Trajan fait une expédition en Arabie. — Il assiège Atra sans succès. — Il tombe malade, et, laissant l'armée à Adrien, il se met en route pour l'Italie. — A cette nouvelle, tous les peuples' nouvellement soumis se révoltent. — Les Parthes chassent Parthamaspate et rappellent leur ancien roi Chosroës.

Trajan meurt à Sélinonte (Trajanopolis) .

Avènement d'Adrien, cousin et pupille de Trajan. — Il conclut la paix avec les Parthes, et leur restitue la Mésopotamie et l'Assyrie ; il permet aux Arméniens de se choisir un roi. — L'Euphrate redevient la limite de l'empire. — Il fait couper le pont jeté sur le Danube par Trajan.

118. Adrien arrive d'Orient à Rome par l'Illyrie.

119. Les Sarmates et les Roxolans font une incursion en lUyrie. — Adrien les repousse. — Il fait périr quatre consulaires accusés d'avoir conspiré contre lui. — Il commence à parcourir les provinces pour réformer les abus.

120. Adrien visite les Gaules, il passe en Germanie. *

121. Adrien en Bretagne ; il fait construire un mur de 30 lieues de long, de la baie de Solway à l'embouchure de la Tyne, pour arrêter les incursions des Calédoniens ; revient en Gaule, et fait bâtir à Nîmes un magnifique palais en l'honneur de Plotine, veuve de Trajan. — Il visite l'Espagne.

Naissance de Marc Aurèle.

123. Adrien va en Orient ; il a une conférence avec le roi des Parthes. 122 CHRONOLOGIE. TABLES.

Ap. J.-C

125- Adrien passe l'hiver à Athènes et se fait initier aux mystères d'Eleusis.

126. Adrien revient à Rome par la Sicile. — Quadratus et Aristide font une apologie des chrétiens.

129. Tremblement de terre qui engloutit Nicomédie, Césarée et Nicée.

Adrien se rend en Afrique.

130. Adrien visite de nouveau l'Orient. — Il reçoit magnifiquement les ambassadeurs d'un grand nombre de rois étrangers. — Il va en Egypte.

131. Publication de l'édit perpétuel, rédigé par le jurisconsulte Salvius Julianus, pour servir de règle aux préteurs, dont les édits avaient jusqu'alors varié chaque année. Quelques savants pensent que les dispositions contenues dans l'édit de Salvius Julianus furent étendues aux provinces. L'édit perpétuel peut donc être regardé comme la tentative la plus importante avant Justinien pour introduire de l'unité et de la fixité dans la législation romaine v

132. Adrien en Egypte ; il y perd le célèbre Antinous ; il le déifie. w

Adrien fait relever les murs de Jérusalem, y met une colonie romaine et la ville prend le nom d'/Elia Capitolina.

133. Révolte des Juifs, sous la conduite de Barcochebas (le Fils de l'Étoile) .

Tinnius Rufus combat les Juifs. — 11 en massacre un nombre prodigieux.

134. Julius Sévérus est rappelé de Bretagne pour combattre les Juifs. — Les Juifs prennent jElia Capitolina (Jérusalem). — Sévérus reprend /Elia, qu'il réduit en cendres. — Les Alains ou Massagetes se jettent sur la Médie, l'Arménie et la Cappadoce. Ils sont repoussés par l'historien Flavius Arrianus, gouverneur de la Cappadoce. — Commencement de l'hérésie de Marcion.

135. Prise de Bétheren, place forte près de Jérusalem, après un long siège. — Victoire des Romains ; Barcochébas est pris. — Des Juifs sont transplantés en Espagne.

Adrien, qui résidait depuis plusieurs années à Athènes, achève le temple de Jupiter Olympien, commencé, selon Philostrate, 560 ans auparavant.

Adrien rentre à Rome ; il y reçoit une ambassade de Vologèse, roi d'Arménie, "qui se plaignait de Pharasniane, roi dTbérie.

Adrien adopte Commodus Vérus, qui prend le nom d'iElius Vérus César. — Travaux astronomiques et géographiques de Ptolémée.

136. Adrien fait construire sa magnifique villa de Tibur (Tivoli). — Fin de la guerre des Juifs, durant laquelle 580 000 furent massacrés. Ceux qui survécurent furent pour la plupart vendus au même prix que les chevaux à la foire célèbre de Térébinthe, les autres à Gaza.

137. Adrien défend aux Juifs sous peine de mort d'entrer à Jérusalem. Dispersion totale des Juifs. La colonie romaine d'^Elia Capitolina est rétablie.

138. Vérus César meurt au commencement de l'année. — Adrien adopte T. Antonin,. auquel il fait adopter M. Aurelius Vérus et L. Vérus, fils de Verus César.

Adrien meurt à Baïes. — Ses cendres sont placées dans un vaste mausolée de marbre deParos, qu'il avait fait construire de son vivant ; il fut appelé alors le môle d'Adrien ; c'est aujourd'hui le château Saint-Ange, situé à l'est de Rome.

139. Antonin donne des rois aux Lazes, aux Arméniens et aux Quades.

Marc Aurèle épouse Faustina, fille d'Antonin. 141. Le célèbre astronome Ptolémée fait, le 2 février, sa dernière observation astronomique.

Ap. J..C.

143. Consulat de T. Claud. Atticus Hérodes, éloquent orateur, précepteur de M. Aurèle et de L. Vérus.

144. Révolte des Bri gantes en Bretagne.— Elle est apaisée par Loi. Urbicus, qui fait élever le mur Antonin de la baie deForth à la baie de la Clyde, en réparant celui d'Agricola.

146. Incursions des Alains ; ils sont repoussés.

147. Vers cette époque florissait l'historien Appien. 152. Saint Justin publie sa première apologie et la

présente à l'empereur Antonin qui écrit en Asie pour défendre de persécuter les chrétiens. — Il écrit également en Grèce.

161. Mort d'Antonin le Pieux. — Avènement de Marc Aurèle âgé de quarante ans ; Lucius Vérus est son collègue.

162. Vologèse, roi des Parthes, déclare la guerre aux Romains. — Il ravage la Syrie et la Cappadoce. — Vérus est envoyé pour le combattre ; Priscus, Avidius Cassius, Fronton, Tatien, commandent les troupes. — Ils remportent plusieurs victoires en Arménie, en Syrie, en Médie. — Invasion des Cattes en Germanie et des Chauques en Belgique. — Révoltes en Bretagne.

163. L'Arménie est subjuguée, et Bohème, chassé par Vologèse, est replacé sur le trône. Vers ce temps, commence la 4e persécution contre les chrétiens.

165. Avidius Cassius fait essuyer à Vologèse une grande défaite ; il s'empare de Ctésiphon, d'Édesse, de Babylone. — La ville de Séleucie ouvre ses portes ; Cassius la détruit. — Vologèse demande la paix et cède aux Romains la Mésopotamie et l'Adiabène. Les Marcomans attaquent les frontières de l'empire, après s'être alliés avec les Quades, les Suèves, les Sarmates, les Roxolans, les Alains et les Vandales.

166. Terrible peste qui ravage toutes les provinces ; elle est suivie d'une famine et de tremblements de terre.

Commencement de la guerre des Marcomans. — Les deux empereurs se rendent à Aquilée.

Marc Aurèle établit des relations directes avec les Chinois pour le commerce de la soie, que Rome ne recevait auparavant que par l'intermédiaire des Perses.

Martyre de saint Poly carpe à Smyrne.

167. La plupart des peuples de la confédération formée par les Marcomans repassent le Danube et envoient des députés à Marc Aurèle.

Martyre à Rome de saint Justin, auteur de deux Apologies en faveur des chrétiens, dont l'une est présentée à Marc-Aurèle.

168. Victoire des Romains sur les Marcomans, les Suèves, les Quades et les Sarmates.

169. Mort de Lucius Vérus.

170. Les Marcomans battent les Romains dans deux rencontres ; ils assiègent Aquilée. — Consternation à Rome. — On enrôle des esclaves et des gladiateurs. — On vend pendant deux mois les objets de luxe du palais impérial. — Les Marcomans s'emparent de laPannonie et ravagent la Grèce. — Ils sont forcés d'abandonner la Pannonie et de repasser le Danube.

Troubles en Egypte ; Avidius Cassius les apaise. — Les Maures envahissent l'Espagne ; ils sont repoussés.

171. Victoires de Marc Aurèle sur les Marcomans.

174. Marc Aurèle porte la guerre au delà du Danube ; il se laisse envelopper par les Marcomans et les Quades ; pluie miraculeuse due aux prières de la légion Mélitine ou Fulminante.

175. Les Marcomans sont contraints de demander la paix, ainsi que les Quades. — Ils la violent peu TEMPS ANCIENS. 123

Ap. J.-C.

après, mais Marc Aurèle les défait complètement.

— Les Marcomans se soumettent, ainsi que leurs alliés, sauf les Quades qui restent en armes.

Révolte d'Avidius Cassius, gouverneur de Syrie ; il se fait proclamer empereur, sur le faux bruit de la mort de Marc Aurèle. — Il périt trois mois après de la main d'un de ses soldats, pendant que Marc Aurèle marchait contre lui.

A cette époque écrivait Pausanias, auteur d'un Voyage en Grèce, qui renferme une foule de détails précieux pour la géographie et l'histoire artistique de la Grèce.

176. Marc Aurèle se rend en Orient avec Faustine et son fils Commode. — Mort de Faustine. — Marc Aurèle fait Commode imperator et triomphe avec lui.

177. Les Marcomans et les peuples de Germanie leurs alliés reprennent les armes. — Violence de la quatrième persécution. Martyre de saint Photin, premier évêque de Lyon, et de sainte Blandine.

Destruction de Smyrne par un tremblement de terre. Le célèbre sophiste Aristide, qui avait ouvert à Smyrne une école de rhétorique, écrit à Marc-Aurèle, qui rétablit cette ville.

179. Victoires de Marc Aurèle sur les Marcomans.— Hérésie des Montanistes.

180. Marc Aurèle meurt au milieu de la guerre ou à Sirmium sur la Save, ou à Vindobona sur le Danube. — Son fils Commode lui succède. — Il vend la paix aux Marcomans ; il revient à Rome, où il s'abandonne à tous les excès. — Les Goths des bords de la Baltique sont établis sur la mer Noire et au nord du Danube (Capitol. Vu'. Max. 1 et 4).

181. Les mystères d'Isis s'introduisent à Rome. — Commode s'y fait initier.

Incendie du temple de Sérapis à Alexandrie. Saint Pantène porte le christianisme aux Indes.

183. Les Calédoniens franchissent le mur d'Adrien et ravagent la Bretagne. Ulp. Marcellus les repousse. — Conspiration contre Commode ; elle est découverte. — Exil et mort de Lucille, sœur de Commode. — Haine de ce prince contre le sénat.

— Il exile, puis fait assassiner Crispina sa femme.

184. Défaite des Calédoniens.

186. Pérennis, ministre de l'empereur, est accusé de conspiration. — Il est mis à mort par les soldats.

— Cléandre lui succède.

Les légions' de Bretagne se révoltent ; elles offrent l'empire à Pertinax, qui refuse. — Cl. Albinus bat les Frisons.

Commode combat dans le cirque avec les gladiateurs. — Révolte de Maternus en Gaule et en Espagne. — Pescennius Niger et Sévère le combattent.

187. Maternus a la hardiesse de se rendre seul à Rome pour tuer Commode. — Il est découvert et

. tué. — Incendie du Capitale. 189. Le peuple de Rome se soulève contre Cléandre.

— Commode apaise le tumulte en faisant mettre à mort son ministre.

191. Incendie du temple de la Paix, du temple de Vesta et d'une portion de Rome.

192. Echec essuyé par les Romains de la part des Sarrasins, dont l'histoire parle pour la première fois (Mi. Spart., Vit. Peso. Niger, cap. vu).

Folies de Commode. — Jeux magnifiques à Rome. — Lsetus, Électus et Marcia conspirent contre Commode, qui est empoisonné, puis étranglé par un athlète nommé Narcisse.

Fin du principat et des Antonins. — Le despotisme militaire commence.

193. Pertinax est proclamé empereur par les prétoriens. — Il meurt assassiné, après un règne de trois mois. — Les prétoriens mettent l'empire à l'encan. — Sulpicianus, beau-p ; re de Pertinax, etDidius Julianus, jurisconsulte distingué, se pré-

Ap. J.-C.

sentent. — Il est adjugé au second, au prix de 6250 drachmes pour chaque soldat. — Méconten tement du peuple et des provinces. — Les légions d'Orient proclament Pescennius Niger, celles d'Illyrie Septime Sévère, celles de Bretagne Clodius Albinus. — Septime Sévère se dirige sur Rome.

— Le sénat fait décapiter Didius Julianus. Sévère fait tuer les meurtriers de Pertinax et

casse les prétoriens. — Réorganisation des cohortes prétoriennes, d'après un système nouveau.

Sévère fait déclarer Cl. Albinus César ; il marche contre Niger.

Vers cette époque, Athénée compose un ouvrage rempli de renseignements curieux, intitulé Deipnosophistse ou les sophistes à table.

194. Sévère charge un lieutenant de faire le siège de Byzance et passe en Asie. — Niger est vaincu dans trois batailles, à Cyzique, à Nicée, à Issus ; atteint par les cavaliers de Sévère, il est tué près de l'Euphrate. Ses partisans sont proscrits et Antioche dépouillée de ses privilèges.

195. Sévère passe l'Euphrate, soumet l'Adiabène et l'Osrhoëne qui avaient secoué le joug ; il fait une expédition en Arabie.

196. Prise de Byzance, après ur siège de trois ans.

— Sa destruction complète. — Les lieutenants de Sévère, Lœtus et Probus, font des conquêtes en Mésopotamie.

Ambassade envoyée par Sévère à C. Albinus en Bretagne. — Ce dernier accuse les ambassadeurs d'avoir voulu l'assassiner et se fait proclamer empereur.

Sévère revient d'Orient en Italie. — Albinus passe en Gaule.

Bassien Caracalla, fils de Sévère, est nommé César.

197. Sévère passe les Alpes. — Bataille de Lyon. — Défaite et mort d'Albinus. — Cruautés de Sévère contre les partisans d'Albinus. — Quarante et une familles sénatoriales sont proscrites, et les honneurs divins sont décernés à Commode. — Sévère part avec ses deux fils Caracalla et Géta. — Les Parthes, qui avaient envahi la Mésopotamie, se retirent.

Vers ce temps commence à Rome la 5e persécution contre les chrétiens.

198. Sévère s'empare de Séleucie, de Babylone et de Ctésiphon. — Il abandonne ses conquêtes et revient en Syrie. — Abazare, roi de l'Osrohëne, se soumet. — Caracalla est associé à l'empire.

199. Sévère fait tuer Leetus, auquel il devait la plupart de ses victoires. — Il assiège en vain la ville d'Atra, qui avait favorisé Niger.

IIIe siècle après Jésus-Christ.

Les empereurs syriens. — Anarchie militaire (les 30 tyrans). — Restauration de l'empire par les princes Illyriens. — Fin de l'empire des Parthes. — Commencement de la dynastie des Sassanides. — Décadence des lettres grecques et latines. — Premiers Pères de l'Église grecque et de l'Église latine. — Commencement du néo-platonisme. — État florissant de la jurisprudence romaine (Papinien, Ulpien, Gaius).

201. Sévère parcourt la Palestine et l'Egypte. Vers ce temps, Tertullien écrit son Apologétique.

Le médecin Gallien.

202. Faveur de Plautien. — Martyre de saint Irénée, second évêque de Lyon.

203. Caracalla épouse Fulvia Plautille, fille de Plautien. — Retour de Sévère à Rome.

204. Conspiration de Plautien ; il est massacré. — Plautilla est exilée.

Oppien écrit vers ce temps son poëme sur la pêche.

207. Ravages des Calédoniens en Bretagne. 124 CHRONOLOGIE. — TABLES.

Ap. J.-C.

208. Sévère passe en Bretagne avec ses fils ; soumission de plusieurs tribus.

209. Sévère pénètre jusqu'au nord de l'Ile, mais il perd dans cette expédition 50000 hommes.

210. Construction du mur de Septime Sévère entre le Forth et la Clyde.

Sévère tombe malade à Eboracum (York). — Caracalla attente à la vie de son père.

211. Conspiration de Caracalla. — Mort de Sévère. Avènement de Caracalla et de Géta. — Caracalla

traite avec les Calédoniens, et fait tuer Plautilh sa femme. — Haine mutuelle des deux empereurs.

— Première proposition de partager l'empire. — Caracalla tente de tuer Géta.

212. Caracalla fait massacrer Géti dans les bras de sa mère. — Ses largesses extravagantes pour gagner les prétoriens. — Il fait massacrer près de 20 000 partisans de Géta et le célèbre jurisconsulte Papinien, qui refusait de composer une apologie du meurtre de Géta. — Profusions inouïes.

— Monnaie de cuivre et de plomb couverte d'une feuille d'argent pour les dépenses de l'empire. — L'or et l'argent sont donnés aux Barbares pour les contenir. — Faveur d'Épagathe.

Le droit de cité romaine est accordé à tous les habitants de l'ompire nés libres. Cette concession avait un but moins politique que fiscal. Elle avait pour objet de faire payer par les provinciaux certains impôts que les citoyens romains avaient seuls payés jusqu'alors.

213. Caracalla abhorré à Rome passe en Gaule. — Massacres.

214- Caracalla revient à Rome. — La confédération des Allemans (Usipiens, Bucinobantes, Tenchtères, Cattes et débris des Suèves), dont l'histoire parle pour la première fois, fait des incursions sur les frontières. — Caracalla marche contre les Allemans et achète leur prétendue soumission.

215. Caracalla remporte quelques succès sur les Daces et les Goths ; il passe en Asie. C'est la première fois que l'histoire fait mention des Goths et les identifie avec les Gètes (Spart., Vit CaracaU., cap. x).

216. Caracalla attaque les Parthes sans succès. — Ses troupes sont défaites en Arménie.

Il se rend à Alexandrie et ordonne un massacre général des habitants.

Expédition contre Artaban, roi des Parthes. — Ravage de la Médie.

217. Caracalla meurt assassiné sur la route d'Édesse à Carrhes, par ordre du préfet du prétoire Macrin, qui est proclamé empereur. — Julia Domma, mère de Caracalla, se donne la mort.

Diadumène, fils de Macrin, reçoit le titre de César. — „ Julia Mœsa, sœur de Julia Domma, est exilée à Emèse.

218. Artaban défait Macrin près de Nisibe et lui vend la paix.

Macrin reconnaît Tiridate roi d'Arménie.

Julia Mœsi présente aux légions de Syrie Avitus Bassien, prêtre du dieu Héliogabale, et son petit-fils par sa fille Soœmias, et le fait proclamer empereur sous le nom d'Antonin.

Les prétoriens engagent pour Macrin le combat d'Inimae ; la victoire est longtemps indécise. — Fuite de Macrin. — Intrépidité de Soœmias de Bassien et de son gouverneur Gannys. — Les prétoriens reconnaissent Bassien Héliogabale. — Macrin et son fils sont massacrés.

219. Débauches monstrueuses d'Héliogabale. Il fait tuer Gannys. Il arrive à Rome, institue un sénat de femmes, qui doit délibérer sur les modes et sur les questions d'étiquette. — Profanation de tous les temples. — Célébration du mariage du dieu Ëlagabal avec la déesse As tarte.

Ap. J.-C.

220. Le 25e roi de la famille Han, Hien-Ti, est renversé et remplacé par Thao-lie-Wang, qui fonde la sixième dynastie. Cette dynastie, Tchéou-Han, ne donne que deux empereurs. Démembrement de la Chine en trois royaumes.

221. Héliogabale adopte Alexien, son cousin, qui prend le nom d'Alexandre Sévère, et le nomme César ; mais bientôt il essaye de l'empoisonner. — Révolte des prétoriens. — Héliogabale conserve la vie à force de largesses.

222. Héliogabale essaye de tuer Alexandre Sévère. — Nouvelle révolte des prétoriens. — Héliogabale et sa mère sont massacrés. — Alexandre Sévère proclamé empereur. Il favorise les chrétiens par l'influence de sa mère, Mamea, sœur de Soœmias.

223. Lois et réformes d'Alexandre Sévère.

226. Artaban, dernier roi des Parthes ou dernier des Arsacides, est vaincu dans trois batailles et tué par Artaxerxès, fils de Sassan, qui fonde la seconde monarchie persane et la dynastie des Sassanides, et rétablit exclusivement la religion de Zoroastre ou des Mages. — Artaxerxès -ravage la Mésopotamie ; il est arrêté devant la ville d'Atra.

228. Les prétoriens se soulèvent pour un motif léger et massacrent leur préfet, le célèbre jurisconsulte D. TJlpien, aux pieds même de l'empereur.

Révolte des légions de Mésopotamie et de Syrie.

— Expédition d'Alexandre Sévère contre les Germains. — Expéditions de F. Celsus en Mauritanie et de J. Palmatus en Arménie.

Origène est fait prêtre à Césarée, en Palestine.

229. L'historien Dion Cassius, gouverneur de Pannonie, y rétablit la discipline militaire. A son retour, les prétoriens demandent sa tête à l'empereur, qui le nomme consul.

231. Artaxerxès, roi des Perses, s'avance jusqu'aux frontières de la Syrie et déclare la guerre aux Romains. — Fondation de l'école de Béryte pour l'étude du droit romain.

232. Artaxerxès met le siège devant Nisibe et ravage la Cappadoce.

Alexandre Sévère reçoit à Antioche une ambassade hautaine d'Artaxerxès ; il garde les ambassadeurs et les envoie en Phrygie.

Une légion se mutine ; intrépidité d'Alexandre Sévère ; la légion est licenciée.

233. Alexandre Sévère remporte une grande victoire sur les Perses et met les frontières de la Mésopotamie en sûreté. — On apprend' que les Allemans sont entrés sur les terres de l'empire.

234. Retour d'Alexandre à Rome. — Son triomphe.

— Il se rend en Gaule pour arrêter les incursions des Allemans.

235. Alexandre s'avance jusqu'aux bords du Rhin.

— Le Goth Maximin excite les légions mécontentes d'une sévère discipline et massacre Alexandre Sévère, près de Mayence. — Avènement de Maximin.

Sixième persécution.

Prétendue conspiration du sénateur Magnus ; il est mis à mort avec 4000 complices. — Maximin remporte quelques succès sur les Allemans.

236. Maximin fait une expédition contre les Daces et les Sarmates.

237. L'Afrique se révolte. — Le proconsul Gordien est proclamé empereur, quoique âgé de 80 ans ; il associe à l'empire son fils Yitalien. — Le sénat reconnaît les deux Gordiens et met l'Italie en état de défense.

Les deux Gordiens sont vaincus près de Carthage et mis à mort par Capelîianus, gouverneur de la Mauritanie. — Maximin part de Sirmium. Ap. J.-C.

Le sénat proclame deux autres empereurs, Max. Pupien et D. Cœl. Balbin, et est forcé par le peuple de leur associer comme César le petitfils du vieux Gordien, enfant de 13 ans.

238. Maximin franchit les Alpes Juliennes. — Résistance d'Aquilée. — Sédition de l'armée, découragée par la disette ; Maximin et son fils sont massacrés.

Les Carpi ravagent la Mésie ; les Goths et les Perses menacent les frontières.

Les prétoriens, mécontents d'avoir des empereurs élus par le sénat, égorgent Maxime et Balbin et proclament le jeune Gordien III. Sapor I er succède à Artaxerxès.

240. Révolte de Sabinien en Afrique ; elle est réprimée.

241. Gordien III épouse F. Sabina Tranquillina, fille de Misithée, son précepteur, qu'il nomme préfet du prétoire. — Administration ferme de Misithée.

L'histoire fait pour la première fois (Vopiscus, Vit.Aureliani, cap. vu) mention des Francs ; confédération de peuples entre l'Yssel, l'Escaut, le Rhin et le Mein (Usipiens, Tenchtères, Sicambres, Bructères, Ansibares, Marses, Tubantes, Chamaves, Angrivariens, Cattes et deux autres tribus qui avaient passé le Rhin, dès l'an 200, celle des Saliens, entre l'Escaut et la Meuse, celle des Ripuaires, près de Cologne).

Aurélien, alors tribun de la 6e légion gauloise, bat les Francs près de Mayence.

242. Sapor I", roi des Perses, s'empare de la Mésopotamie et ravage la Syrie.

Gordien fait ouvrir le temple de Janus (c'est probablement la dernière fois qu'on a suivi cet ' antique usage) et part pour l'Orient.

En traversant la Mésie, il défait les Goths et les Sarmates ; en ïhrace, les Alains le mettent en danger.

Les Perses sont battus et Sapor abandonne Antioche, Nisibe, Carrhes, dont il s'était emparé. — Gordien pénètre jusqu'à Ctésiphon.

243. Mort subite de Misithée. L'Arabe Philippe lui succède dans ses fonctions de préfet du prétoire.

244. Gordien remporte une nouvelle victoire sur Sapor. — Philippe excite le mécontentement de l'armée et fait tuer Gordien III au delà de l'Euphrate. Philippe est proclamé empereur ; il déclare son fils César. — Philippe était, dit-on, chrétien. Il conclut la paix avec les Perses et leur cède la Mésopotamie.

Philippe arrive à Rome. — Plotin, philosophe néoplatonicien, né en 205 à Nicopolis (haute Egypte), disciple d'Ammonius Saccas, se fixe à Rome et y ouvre une école de philosophie, où afflua bientôt un immense concours.

245. Philippe repousse les Carpi de la Mésie et les oblige à repasser le Danube.

249. Soulèvement des provinces d'Orient. — Jotapien est proclamé empereur ; il est tué et sa mort met fin aux troubles.

Révolte des légions de Mésie et de Pannonie. Le sénateur Décius, envoyé pour réprimer la sédition, est proclamé empereur par les troupes. Philippe marche contre Décius ; il est vaincu et tué près de Vérone.

Sous Philippe, la religion chrétienne avait fait de grands progrès.

Avènement de Décius ; il déclare son fils César.

250. Septième persécution, une des plus violentes ; le pape Fabien fut la première victime. — Puis Babylas, évêque d'Antioche, et Alexandre, évêque de Jérusalem.

Cniva, roi des Goths, passe le Danube, ravage la Mésie. — Gallus le repousse. Les Goths assiègent Nicopolis. — Décius envoie

Ap. J.-C. son fils en Mésie. Les Goths sont rejetés au delà de l'Hémus ; ils fondent de nouveau sur la Thrace, défont complètement les Romains et ravagent tout le pays.

251. Décius défait les Goths en Pannonie et en Dacie. — Les barbares, réduits aux extrémités, offrent de se retirer aux conditions les plus onéreuses. — Décius refuse tout accommodement. — Les Goths, poussés au désespoir, livrent un combat terrible. — Décius et son fils sont défaits et tués avec un grand nombre de Romains. Gallus, proclamé empereur par les débris des légions, déclare son fils Volusien César, et adopte Hostilien, second fils de Décius. — Le sénat confirme l'élection. — Gallus fait une paix honteuse avec les Goths et promet de leur payer un tribut annuel.

Novatien, antipape. — Origine du schisme des Novatiens ou Féliciens.

Paul, jeune Egyptien, se retire dans les déserts et y fonde la vie monastique ou des anachorètes.

252. Gallus renouvelle les édits de Décius contre les chrétiens. — Martyre de saint Corneille.

Peste venue d'Ethiopie qui se répand dans tout l'empire. — Famine et sécheresse. Toutes les frontières sont menacées. Les Goths, les Carpi, les Burgundes se jettent sur la Mésie et sur la Pannonie ; les Scythes ravagent l'Asie ; les Perses entrent en Syrie et s'emparent d'Antioche.

253. Émilien défait les barbares en Mésie et se fait proclamer empereur. — Gallus et Volusien marchent contre Emilien ; leurs troupes les massacrent à trente-deux milles de Rome et reconnaissent Emilien.

Les légions de Gaule, que Valérien amenait au secours de Gallus, proclament leur général empereur. — Émilien est massacré à Spolète par ses soldats.

Valérien est reconnu empereur ; il s'assecie son fils Gallien.

254. Gallien remporte une victoire sur les Allemans. — Les Goths envahissent la Thrace et la Macédoine, assiègent Thessalonique. — Épouvante des Grecs. — Les murs d'Athènes, en ruines depuis Sylla, sont relevés. — L'isthme de Corinthe est fermé.

256. Les Allemans et les Hérules entrent en Italie, puis les Francs ; Gallien les repousse.

Posthumus bat les Francs qui dévastent la G'aule.

257. Huitième persécution. — Martyre de saint Cyprien, évêque de Carthage.

Aurélien, à la tête des légions dTllyrie et de Thrace, chasse les Goths, les poursuit au delà du Danube et ravage leur pays.

Probus bat les Quades et les Sarmates.

258. Les Goths, repoussés de Thrace, s'emparent du royaume du Bosphore, pillent les côtes du PontEuxin, saccagent Trébizonde, Chalcédoine, Nicée et Apamée.

Valérien va en Orient pour arrêter les progrès des Perses qui s'étaient emparés de l'Arménie et d'une portion de la Syrie. — Cyriades est proclamé empereur à Antioche par Odenat.

259. Valérien commence une campagne brillante et recouvre Antioche.

260. Valérien, attiré dans une position difficile par la trahison de Marcien, est fait prisonnier par Sapor, qui ravage avec cruauté la Syrie, la Cilicie et la Cappadoce.

Les Sarmates envahissent l'Illyrie, les Goths la Pannonie ; les Allemans et les Francs, pousses par les Vandales, les Alains et les Bourguignons, se jettent sur la Gaule et l'Italie.

Gallien, qui était en Gaule, accourt en Italie et chasse les Francs. Ap. J.-C.

Époque des trente Tyrans. On peut regarder Cyriades comme le premier.

Martyre de saint Denys et de ses compagnons en Gaule.

Régillien, gouverneur de Mésie, chasse les Goths et les Sarmates de la Pannonie. — Ingenuus se fait proclamer empereur en Illyrie. — Gallien le défait à Mursa et punit cruellement ses partisans.

La Mésie proclame empereur Régillien, Dace de naissance et descendant du célèbre Décébale.

Labiénus Posthumus, gouverneur des Gaules, est reconnu empereur par la Gaule, l'Espagne et la Bretagne.

Balista, ayant réuni les débris de l'armée de Valérien, marche contre les Perses, les bat en Cilicie et en Lycaonie. — Balista avait été secondé par Odenat de Palmyre, d'abord allié de Sapor, mais irrité depuis de son mépris.

Odenat et Balista contraignent Sapor à passer l'Euphrate.

Odenat prend le titre de roi de Palmyre.

Le christianisme commence à être prêché aux Goths. — Gallien arrête la 8e persécution.

261. Odenat entre en Mésopotamie, bat Sapor près de Ctésiphon et assiège cette ville.

Régillien est tué par ses soldats. — Macrien prend la pourpre en Egypte et Valens en Achaïe. — Macrien envoie Pison contre Valens.

Pison se fait lui-même proclamer empereur en Thessalie.

Les légions de Rhétie proclament Auréolus.

Valens et Pison sont massacrés par les soldats.

Auréolus passe en Italie et se rend maître de Milan. — Gallien propose à Auréolus le partage de la puissance impériale.

Les Goths ravagent la Bithynie et pillent Nicomédie.

262. Les Goths envahissent la Macédoine, assiègent Thessalonique. — Effroi des Grecs. — Macrien arrive en Grèce ; il bat les barbares et marche sur l'Italie ; il est défait et tué en Illyrie par Auréolus.

Une autre bande de Goths avait passé l'Hellespont et ravageait l'Asie Mineure. — Pillage d'Éphèse et de Chalcédoine.

Balista se fait proclamer empereur à Ëmèse.

Emilien prend la pourpre en Egypte.

Gallien entre en Gaule avec Auréolus et Claude, depuis empereur ; Posthumus défait Gallien, puis est défait lui-même. — Auréolus n'achève pas sa victoire.

263. Gallien passe en Orient et massacre les habitants de Byzance.

Sempronius Saturninus prend le titre d'empereur, peut-être dans le Pont ?

Emilien est défait et tué, en Egypte, par Théodore, lieutenant de Gallien.

Siège du Bruchium (quartier d'Alexandrie renfermant le musée et la bibliothèque, réduite à 400000 volumes depuis l'incendie du temps de J. César) ; il est réduit par la famine.

264. Gallien associe Odenat à l'empire ; le titre d'Auguste est donné à Zénobie, sa femme. — L'usurpateur Balista est tué.

Gallien marche contre Posthumus, mais n'obtient pas de succès.

264. Posthumus associe à l'empire Victorinus.

Les Francs passent en Espagne par mer, pillent un grand nombre de villes, saccagent Tarragone et ravagent l'Espagne pendant douze ans. — Quelques Francs passent même en Afrique.

Dynastie chinoise des Tsin. — Elle dure 150 ans.

— C'est la 7e.

265. Soulèvement des Isauriens en Asie Mineure ; leur chef Trébellianus prend le titre d'empereur.

— Il est défait et tué. — Les Isauriens restent indépendants.


Ap. J.-C.

Cornélius Celsus prend la pourpre en Afrique, — Il est bientôt massacré.

Posthumus rejette les Francs au delà du Rhin, délivre la Gaule des barbares et y ramène la paix.

266. Odenat défait Sapor, assiège et prend Ctésiphon.

Les Goths entrent en Asie par le Pont-Euxin, ravagent la Lydie, la Bithynie, la Phrygie, la Cappadoce et la Galatie.

267. Odenat vole au secours de l'Asie Mineure. — Les Goths chargés de butin^se rembarquent à Héraclée. — Odenat meurt à Emèse.

Zénobie, reine de l'Orient et impératrice. — Elle défait Héraclien, envoyé en Orient par Gallien, jaloux des succès d'Odenat.

Ælianus prend le titre d'Empereur à Mayence. — Posthumus le bat et prend Mayence ; mais ayant refusé à ses soldats le pillage de cette ville, il est massacré avec son fils, après avoir régné sept ans en Gaule.

Lollien dispute l'empire à Victorinus, associé de Posthumus. — Il est tué par ses soldats, et Victorinus l'esté seul maître de la Gaule.

Victorinus est assassiné ; son fils lui succède ; mais les Gaulois donnent le titre d'Empereur à Marius, simple armurier, qui est tué trois jours après.

Le sénateur Tétricus est proclamé empereur. — Puissance de Victoria, la mère des légions, mère de Victorinus ; elle avait disposé de l'empire depuis la mort de Posthumus.

Les Goths et les Hérules font une troisième expédition maritime, ravagent la Bithynie, le Pont, assiègent Byzance, traversent le Bosphore, pillent Cyzique, les îles de la mer Egée, descendent dans l'Attique, pillent Athènes, Corinthe, Sparte, Argos, mais ils sont défaits par l'orateur Dexippe ; dévastation générale de la Grèce jusqu'à l'Epire pendant près de deux ans.

Gallien accourt en Illyrie, taille les barbares en pièces ; le chef des Hérules se rend ; il est revêtu de la dignité consulaire, et son armée se met au service de l'empire.

268. Auréolus aspire seul à l'empire. — Gallien passe en Italie, le défait et l'enferme dans Milan. — Gallien est tué dans une fausse alarme.

Claude est proclamé empereur par les meurtriers de Gallien ; Auréolus est défait, pris et tué. Les Allemans et les Suèves envahissent l'Italie ; Claude les bat près du lac de Garda.

Mort de Victoria.

269. Claude II défait 300 000 Goths près de Naïssus ; il poursuit les débris de leur armée jusque dans les montagnes de l'Hémus et submerge 2000 de leurs vaisseaux.

Zénobie fait la conquête de l'Egypte et détruit le Bruchium.

270. Claude II meurt de la peste à Sirmium ; on lui rend des honneurs extraordinaires. C'est le dernier empereur qui ait pris sur les médailles le titre de souverain pontife et de tribun du peuple.

Avènement d'Aurélien, élu par les légions du Danube.

Quintilien, frère de Claude, prend la pourpre à Aquilée ; il se tue dix-sept jours après.

Aurélien termine la guerre avec les Goths par une grande victoire et un traité. Les Allemans défaits en Vindélicie veulent traiter avec Aurélien, qui leur coupait la retraite. — L'empereur refuse tout accommodement ; les Allemans réduits au désespoir franchissent les Alpes et se jettent sur l'Italie.

271. Aurélien atteint les Allemans à Plaisance, il est mis en fuite ; les barbares marchent sur Rome, Aurélien les attaque et les défait à Fano, puis près de Plaisance, et les extermine à Pavie. Ap. J.-C.

Aurélien repousse les Vandales au delà du Danube et en incorpore 2000 dans son armée. ' Antoine se retire dans les déserts de la Thébaïde et devient le patriarche des Cénobites. Aurélien fait fortifier Rome. 272- Aurélien marche contre Zénobie, qu'il défait à Antioche et à Émèse. Siège de Palmyre.

273. Prise de Palmyre. Captivité de Zénobie. Mort au milieu des supplices de son ministre Longin, que l'on croit être l'auteur du traité du Sublime.

Révolte de Palmyre. — Elle est détruite. Ses ruines magnifiques.

Révolte de Firmus en Egypte ; il prend le titre d'empereur, Aurélien le défait et le tue.

Aurélien revient en Europe, passe en Gaule, invité secrètement par Tétricus, qui ne pouvait supporter les insultes de ses troupes. — Bataille de Châlons-sur-Marne, défection de Tétricus, défaite des Gaulois. — Succès sur les Francs.

Triomphe d' Aurélien à Rome. — Administration d' Aurélien, ses réformes.

9e persécution.

274. Il cède la Dacie trajane aux Goths et forme la Dacie aurélienne, dont la capitale fut Sardica.

Naissance de Constantin à Naïssus. Son père Constance défait les Allemans à Windisch. — Probus repousse les Francs ; les prisonniers obtiennent des terres en Gaule.

275. Origine de l'hérésie des Manichéens. Aurélien entreprend une expédition contre les

Perses. Il meurt assassiné près de Byzance par Mnesthée, son secrétaire, accusé de concussion ; Mnesthée est massacré par les soldats. Pendant huit mois, l'élection d'un empereur est renvoyée. des légions au sénat et du sénat aux légions. Grand calme dans tout l'empire. Enfin le sénat proclame Tacite, âgé de 75 ans.

Les Francs, les Bourguignons, les Vandales envahissent la Gaule, et les Goths l'Italie. Les Alains, qu' Aurélien avait engagés à le seconder contre les Perses, entrent en Asie par la Colchide.

276. Expédition de Tacite contre les Alains. Il meurt assassiné. Son frère Florien prend la pourpre. A la nouvelle de la proclamation de Probus il se donne la mort.

277. Probus punit les meurtriers d'Aurélien ; il délivre la Gaule des Bourguignons, des Vandales et des Francs ; il passe le Rhin, poursuit les barbares jusqu'à l'Elbe et impose aux Francs un tribut de 16000 hommes, qui serviront dans les légions. Une grande partie des prisonniers est reléguée sur les côtes du Pont-Euxin. Des Vandales et des Burgundes sont transportés en Bretagne.

278. Probus arrache la Rhétie aux Sarmates et aux Goths ; il force les Isauriens dans leurs montatagnes.

279. Il passe en Illyrie, soumet les Goths, donne des terres aux Bastarnes. Puis il dompte les Blemmyes qui infestaient l'Egypte ; les prisonniers causent à Rome une étrange surprise par leur figure.

Les Francs, relégués sur le Pont-Euxin, forment le projet audacieux de revenir dans leur patrie ; ils s'emparent de quelques vaisseaux, pillent les côtes d'Asie, de la Grèce et de l'Afrique, saccagent Syracuse, franchissent le détroit de Gibraltar, ravagent les côtes d'Espagne et de Gaule et débarquent aux bouches du Rhin.

Varanes II, roi des Perses, envoie des ambassadeurs à Probus.

Julius Saturninus est proclamé empereur à Alexandrie. — Il est vaincu et tué au siège d'Apamée.

Ap. J.-C.

Les Gép*ides et les Vandales reçoivent des terres en Thrace.

280. Révoltes de Proclus en Gaule et de Bonosusen Espagne. — Proclus est proclamé empereur à Cologne ; il est vaincu par Probus et livré par les Francs. — Bonosus livre plusieurs batailles à Probus ; il est défait et tué.

281. Rétablissement de la tranquillité dans tout l'empire ; Probus emploie ses troupes à planter des vignes en Gaule, en Espagne, en Pannonie et en Mésie, et permet aux Bretons (Angleterre) de cultiver leurs vignes, ce qui leur avait été défendu par Domitien.

282. Les soldats employés à des travaux publics se révoltent et massacrent Probus à Sirmium.

Carus, préfet du prétoire, est proclamé par les légions. — Il donne le titre de César à ses fils Carin et Numérien. — Les Sarmates menacent lTllyrie. Carus les met en déroute. — Son expédition en Orient, Numérien l'accompagne et Carin est envoyé en Gaule.

283. Défaite de Varanes II, roi des Perses ; Carus soumet la Mésopotamie, s'empare de Séleucie et de Ctésiphon ; il allait poursuivre ses conquêtes lorsqu'il périt au milieu d'un orage, près du Tigre.

Numérien est salué empereur. — Carin était déjà associé à l'empire. 284 Le préfet du prétoire Aper assassine Numérien pendant son retour en Europe. Dioclétien, comte ou commandant des domestiques ou gardes du palais (cornes domesticorum. — Charge dont l'histoire fait mention pour la première fois en 253), est proclamé par les légions à Chalcédoine. — Il tue lui-même Aper.

Les Perses reprennent la Mésopotamie.

Ere de Dioclétien ou des Martyrs ; elle commence le 29 août 284 de l'ère vulgaire ou 1 er thoth des Égyptiens. — Les chrétiens d'Abyssinie comptent de cette ère leurs années de grâce.

285. Dioclétien passe en Illyrie ; il est battu par Carin à Margus, sur le Danube-, dans la haute Mésie. — Carin meurt assassiné. — Dioclétien reste seul maître de l'empire ; il repousse les Allemans de la Gaule ; ses lieutenants battent lessBretons. — Les Perses menacent les frontières.

286. Dioclétien retourne en Orient ; il associe à l'empire Maximien Hercule, en apprenant,1e soulèvement des Bagaudes en Gaule, sous P. Elien et S. Amandus, qui se font proclamer empereurs.

Maximien défait les Bagaudes, près de Paris, à Saint-Maur. — II fait massacrer la légion Thébéenne, qui était chrétienne.

Varanes II rend ses conquêtes à Dioclétien, qui va combattre les Sarrasins.

287. Dioclétien revient en Pannonie.

Les Allemans, les Burgundes et les Hérules passent le Rhin ; Maximien les met en déroute.

Carausius, à la tête d'une flotte, bat près de Boulogne les Francs et les Saxons, qui commen. cent à infester les mers, puis défait sur terre plusieurs tribus des Francs. .

Carausius n'ayant pas voulu partager le butin, Maximien marche contre lui. Carausius passe en Bretagne et prend le titre d'Empereur. — : Les Francs le reconnaissent, s'emparent de l'Ile des Bataves et pénètrent en Belgique.

288. Les Allemans et les Burgundes font une irruption en Gaule. — Maximien les repousse, passe le Rhin et ravage la Germanie. — Les rois ou chefs Francs, Atec et Genobald, les premiers que nomme l'histoire, demandent la paix. Dioclétien pénètre en Germanie par la Rhétie.

289. Cl. Mamertin prononce à Trêves le panégyrique de Maximien Hercule.

Carausius disperse la flotte de Maximien, qui Ap. J.-C.


cède l'Angleterre à l'usurpateur et ^ui laisse le titre d'Empereur.

Dioclétien remporte une grande victoire sur les Sarmates et les Quades, et passe en Orient pour combattre les Perses.

290. Dioclétien remporte quelques avantages sur les Sarrasins, regagne l'iilyrie, puis l'Italie. — Les deux empereurs passent ensemble plusieurs jours à Milan.

291 . Maximien donne à des tribus des Francs»des terres incultes dans la Gaule, entre la Somme, l'Aisne, la Meuse, laSambre et l'Escaut, à charge de service militaire. Ces terres furent appelées Létiques, et ceux qui les cultivaient Lètes (Leti), à cause du bénéfice dont ils jouissaient.

La guerre s'allume entre les barbares ; les Goths attaquent les Bourguignons, qui sont soutenus par les Alains ; puis les Vandales et lès Gépides.

En Afrique, les Blemmyes ont une guerre sanglante avec les Éthiopiens.

La guerre civile divise les Maures. — Hormisdas se révolte en Perse contre son frère Varanes II.

292. Les Perses entrent en Mésopotamie et menacent la Syrie.

L'empire court les plus grands dangers sur toutes ses frontières.

Cinq nations forment une ligue en Afrique et ravagent les frontières.

Aurélius Julianus est proclamé empereur en Italie, et Achillée à Alexandrie^ en Egypte.

Les deux empereurs Dioclétien et Maximien nomment chacun un César pour leur alléger le fardeau de l'empire. — Dioclétien choisit Maximin Galérius, et Maximien Constance Chlore.

L'empire est divisé en quatre parties : Dioclétien gouverne l'Orient, Maximien l'Italie et l'Afrique, Galère la Grèce, la Thrace et l'Illyrie, Constance Chlore la Gaule, la Bretagne, l'Espagne.

Etablissement de la Tétrarchie. — Entière déférence est due à Dioclétien.

L'usurpateur Julianus était passé en Afrique ; il est soutenu par les Cinq Nations, mais Maximien le défait et le force à se tuer.

Constance s'empare de Boulogne, et Carausius ne peut plus recevoir de secours de la part des Francs. — Galérius fait défricher le pays situé entre le Danube et la Drave.

293. Carausius est assassiné par Àllectus, son ministre, qui lui succède.

Constance attaque les Francs, les chasse de la Batavie et en transporte un très-grand nombre dans l'intérieur de la Gaule, les obligeant à cultiver la terre. .

Constance ravage la Germanie et bâtit des forts sur les frontières. — Il rétablit Autun entièrement ruiné en 269 par Tétricus et par les Bagaudes.

294. Des forteresses sont construites sur les bords du Danube, dans le pays des Sarmates, et entre la Drave et la Save.

295. Galérius réduit complètement les Carpi. — Ils sont transplantés en Pannonie.

296. Constance, après 3 ans de préparatifs, descend en Bretagne. — Allectus est défait et tué. — La Bretagne est reconquise.,

Dioclétien recouvre l'Egypte sur Achillée qui est vaincu sans peine ; il exerce sa cruauté sur les partisans d' Achillée, détruit les villes de Coptos et de Busiris, cède aux Nobates (Nubiens) les pays au delà de la cataracte du Nil, à condition de défendre l'Egypte contre les Blemmyes.

Narsès, roi des Perses, envahit l'Arménie et la Mésopotamie. — Dioclétien se retire en Egypte et appelle Galérius en Syrie.


Ap. J.-C.

297 Galérius est défait par les Perses entre Callinique et Carrhes. — 11 se rend auprès de Dioclétien qui le reçoit avec mépris. Il se met à la tête d'une nouvelle armée, entre en Arménie, s'avance jusqu'à Nisibe et gagne une grande victoire sur Narsès. — Traité de paix ; les Perses cèdent, outre la Mésopotamie, 5 provinces, l'Intérène, la Sophène, l'Arzacène, la Carduène et la Zabdicène. ■ Tiridate est replacé sur le trône d'Arménie. — Le Tigre devient limite de l'empire.

298. Les quatre empereurs fortifient les frontières de l'empire en élevant une ligne de châteaux forts et de camps retranchés.

299. Les Marcomans et les Bastarnes sont défaits, on en transporte dans diverses provinces.

IVe siècle après Jésus-Christ.

Organisation monarchique de l'empire romain. — La Tétrarchie. — ioe et dernière persécution générale contre les chrétiens. — Le christianisme devient la religion dominante dans l'empire. — Fondation de Constantinople. — L'invasion des barbares commence. — Partage définitif de l'empire après Théodose. — De nombreuses hérésies divisent le christianisme.— Savants et éloquents écrits des Pères de l'Église grecque et de l'Église latine. — Décadence de la philosophie païenne.

301. Constance défait les AlLmans à Langres, et en tue 60000.

302. Cherté excessive des vivres dans l'empire. — Ëdit de Dioclétien à ce sujet.

303. Ëdit de Nicomédie. Dixième persécution. — Incendie du palais impérial de Nicomédie attribué aux chrétiens. Cette persécution, la plus sanglante de toutes, dura de 303 à 313. — Quelques soldats de Séleucie proclament empereur leur chef Eugène ; ils sont défaits. — Dioclétien et Maximien avec les deux Césars Constance et Galérius viennent triompher à Rome. — Dioclétien tombe malade à Ravenne.

304. Dioclétien se fait conduire à Nicomédie. — Galérius vient le forcer à abdiquer.

305. Dioclétien abdique à Nicomédie et Maximien à Milan. — Constance et Galère sont proclamés Augustes. — Sévère et Maximin Daïa sont déclarés Césars. — Maximien se retire en Lucanie, et Dioclétien près de Salone. — Constance remporte de nouveaux succès sur les Francs.

306. Constantin s'échappe de Nicomédie, où le retenait l'ombrageux Galère. — Il va rejoindre son père en Gaule. — Expédition de Constance en Bretagne. — Les Pietés sont battus ; c'est pour la première fois que l'histoire parle de ce peuple. — Constance meurt à Eboracum (York). — Constantin est proclamé Auguste par les légions. — Irruption des Francs ; Constantin les défait et prend deux de leurs rois Ascaric et Gaisus, qu'il garde pour être livrés aux bêtes dans le cirque de Trêves. — Passage du Rhin, ravage du pays des Bructères. — Institution des hidi francici en mémoire de ces succès. — Galère n'accorde à Constantin que le titre de César et fait proclamer Sévère Auguste. — Révolte de Maxence, fils de Maximien, à Rome. — Il prend le titre d'Auguste. — Maximien reprend la pourpre.

307. Sévère quitte Milan et marche sur Rome ; une grande partie de ses troupes l'abandonne, il se retire dans Ravenne. — Sévère est défait et pris par Maximien, qui le fait mettre à mort près de Rome. — Maximien passe en Gaule et fait épouser sa fille Fausta à Constantin qu'il déclare Auguste. Galère passe en Italie. — Maxence le repousse. — Maximien cherche à renverser son fils. — Chassé de Rome, il engage Dioclétien à reprendre la pourpre. — Galère donne le titre d'Auguste à Licinius. Ap. J.-C.

308. En Orient, Maximin se fait proclamer Auguste ; Galère le reconnaît. — Six Augustes : Constantin, Maxence, Maximien en Occident ; Galère, Licinius et Maximin Daïa en Orient ; Maximien retourne en Gaule auprès de Constantin. — Il dépose la pourpre pour la seconde fois. — Constantin bat les Francs sur les bords du Rhin. — Maximien se fait proclamer à Arles. — Constantin le fait prisonnier et le traite avec humanité. Les légions d'Afrique proclament empereur leur chef Alexandre.

309. Eumène prononce à Trêves le panégyrique de Constantin.

310. Maximien conspire contre son gendre Constantin.

— Il est réduit à s'étrangler. — Horrible maladie de Galère. — Toute la Confédération des Francs entreprend d'envahir la Gaule sur divers points à la fois. — Constantin les met en déroute.

311. Galère arrête la persécution. — Il meurt en Dacie. — Maximien accourt de l'Orient pour passer en Europe ; Licinius marche contre lui. — Accommodement : Galère garde l'Orient et laisse l'Europe à Licinius. — Les lieutenants de Maxence triomphent en Afrique de l'usurpateur Alexandre.

— Carthage, alors très-florissante, est réduite en cendres et la province ravagée. — Cruautés de Maxence à Rome. — Lutte sanglante entre les soldats et le peuple. — Maxence déclare la guerre à Constantin.

312. Constantin passe les Alpes à la tête de 40000 hommes et se déclare publiquement chrétien, après avoir aperçu dans le ciel, suivant Eusèbe, une croix lumineuse avec cette inscription : hoc signo vinces. — Défaite des troupes ae Maxence à Turin et à Vérone. — Constantin marche sur Rome, Maxence est défait près du pont Milvius. — 11 se noie dans le Tibre. — Abolition de la garde prétorienne. — A son triomphe, Constantin refuse de monter au Capitule et substitue le labarum à l'ancien étendard de l'empire. — Donat, évêque des Cases-Noires, en Numidie, attaque l'élection épiscopale de Cécilien à Carthage, comme ayant été faite par des traditeurs ' ; il entraîne 70 évêques, et fait procéder à une nouvelle ' élection : c'est de là que vient le schisme des donatistes . — Origine du cycle de lTndiction, ou période de 15 ans.

313. Édit de Milan en faveur des chrétiens. — Maximin, qui avait renouvelé la persécution en Orient, donne un rescrit de tolérance, à la demande de Constantin. — Licinius épouse à Milan Constantia, sœur de Constantin. — Mort de Dioclétien. — Nouvelle- invasion des Francs ; Constantin les repousse et ravage le pays au delà du Rhin ; tous les prisonniers sont livrés aux bêtes dans l'amphithéâtre de Trêves. — Licinius est attaqué en Illyrie par Maximin. — Maximin rassemble ses forces en Orient et repasse en Europe ; il est vaincu près d'Andrinople par Licinius. — Licinius fait publier, à INicomédie, redit de Milan, et poursuit Maximin qui s'empoisonne à Tarse et meurt peu après d'une horrible maladie. — Licinius fait mettre à mort tous les p.arents et 'tous les partisans de Maximin.

314. Constantin convoque à Arles un concile général des évêques d'Occident pour apaiser les troubles des Donatistes et reconnaître la validité du baptême donné hors de l'Église catholique. Le droit d'intervention du saint-siége est proclamé dans ce concile. — Licinius favorise la conspiration de Bassien contre Constantin. — Vaincu à Cibalis en Pannonie et à Mardie en Thrace, Licinius

1. On donnait ce nom aux chrétiens accusés d'avoir livré les saintes Écritures pendant la persécution.

Ap. J.-C.

cède à Constantin sept provinces. La paix dura huit ans entre les deux empereurs.

315. Constantin abolit le supplice de la croix. — 11 visite lTllyrie, la Grèce et la Dacie.

316. Constantin parcourt la Gaule. — Loi qui permet ■ à tout le monde d'affranchir ses esclaves dans

l'église, en présence du peuple chrétien et des évêques ou des prêtres, ce qui n'avait pu avoir lieu que devant les préteurs.

317. Constantin et Licinius créent trois Césars : Crispus, Constantin, fils du premier, et Licinius, fils du second.

318. Loi par laquelle Constantin établit la juridiction épiscopale pour les affaires civiles.

319. Loi contre les aruspices. — Arius, prêtre d'Alexandrie, commence à troubler l'Église par ses doctrines hérétiques ; il nie l'unité de substance divine entre les trois personnes de la Trinité, et soutient que la nature du Christ est, non de la même substance que Dieu, mais d'une substance analogue. — Naissance de saint Martin de Tours.

320. Abolition de la loi Papia-Poppsea et de toutes les autres lois contre le célibat. — Crispus, fils de Constantin, bat les Francs.

321. Loi qui prescrit le repos du dimanche . ; — Autre loi qui permet à chacun de laisser à l'Église ce qu'il voudra de son bien.

322. Constantin remporte trois victoires sur les Sarmates, les Goths et les Carpes, passe le Danube, et tue Rausimond, roi des Sarmates. — Célébration des Jeux sarmates. — Nouvelle invasion des Goths : Constantin les poursuit jusque dans les États de Licinius, qui s'en offense comme d'une violation des traités.

323. Seconde guerre civile entre Licinius et Constantin. Licinius, vaincu à Andrinople par Constantin, traite après la défaite de sa flotte par Crispus. Licinius rompt aussitôt le traité ; il est complètement battu à Chalcédoine. Martinien, qu'il avait créé César, est massacré par les vainqueurs.

Constantin relègue Licinius à Thessalonique, et bientôt après le fait étrangler.

Constantin reste seul maître de l'empire. — 11 fait fermer la plupart des temples païens.

324. Changements introduits par Constantin dans la Constitution de l'empire ; séparation des pouvoirs civil et militaire ; nouveau système financier ; nouvelle organisation de l'armée.

325. 2e concile œcuménique de Nicée ; Constantin y assiste. Ce concile présidé, au nom du pape Silvestre, par l'évêque de Cordoue, Osius, assisté de deux prêtres, condamne l'hérésie d'Arius, fixe le dogme catholique par le Symbole dit de Nicée, ainsi que la discipline ecclésiastique dans vingt canons, enfin décide que la Pàque sera célébrée toujours le dimanche qui suit immédiatement le 14e jour delà lune après l'équinoxe du printemps.

Constantin défend par un édit les combats de gladiateurs.

326. Mort tragique de Crispus et de Fausta, femme de Constantin.

328. Guerre contre les Goths. — Construction d'un pont sur le Danube.

329. Constantin agrandit Byzance. — Il passe presque toute l'année sur les bords du Danube.

330. Inauguration de la ville de Constantinople le 11 mai. Elle est déclarée capitale de l'Orient. — Établissement de l'impôt nommé Chrysargyre.

A la mort de saint Alexandre, évêque d'Alexandrie, saint Athanase, un des plus influents docteurs du concile de Nicée lui succède.

331. Naissance de saint Jérôme. — Depuis 331, Ap. J.-C.


pendant 30 années, le siège de la grande église d'Antioche sera occupé par des ariens.

332. Constantin soutient les Sarmates contre les Goths. Son fils, Constantin, en fait pétir plus de 100 000. — Le fils du roi des Goths, Ariane, est envoyé à Rome comme otage.

333. La peste et la famine dépeuplent la Thrace, la Cilicie et la Syrie.

Constantin reçoit des ambassadeurs blemmyes, indiens, éthiopiens et perses.

334. Les Goths ravagent les pays des Sarmates. — Les Sarmates, réduits aux dernières extrémités, arment leurs esclaves et battent les Goths. — Les esclaves se révoltent et chassent les Sarmales qui reçoivent de Constantin des terres en Thrace, en Macédoine et même en Italie. — Les esclaves révoltés prennent le nom de Limigantes.

Dans le concile de Césarée en Palestine, les ariens attaquent avec acharnement saint Athanase, évêque d Alexandrie.

335. Constantin favorise les ariens et exile dans les Gaules le célèbre Athanase, évêque d'Alexandrie. — Partage du gouvernement de l'empire entre le fils et les neveux de Constantin.

336. Mort de l'hérésiarque Arius.

337. Hostilités des Perses ; ils traitent à l'approche de Constantin.

Constantin tombe malade ; il reçoit le baptême des mains d'Eusèbe, évêque de Nicomédie. Mort de Constantin ; il est enterré à Constantinople. Partage de l'empire entre les fils de Constantin ; Constantin II obtient la préfecture des Gaules ; Constant, l'Italie, l'Illyrie occidentale et l'Afrique ; Constance, la Thrace et l'Orient. — Massacre des frères et des neveux de Constantin, à l'exception de Julien et Gallus.

Jules Ier, pape, célèbre par sa magnifique défense d'Athanase au concile de Rome, tenu 5 ans après.

338. Sapor II, roi de Perse, protège en Arménie la faction idolâtre qui chasse l'héritier de Tiridate. Constance oblige Sapor à abandonner le siège de Nisibe. Saint Athanase est rappelé à Alexandrie.

340. Constantin II, mécontent de son partage, réclame à son frère Constant une partie de l'Italie. — Il est vaincu et tué près d'Aquilée. — Constant reste seul maître de l'Occident. — Persécution suscitée en Perse par les Mages contre les chrétiens ; elle dure 40 ans.

341. Les Francs ravagent la Gaule ; Constant remporte une victoire douteuse.

342. Soumission des Francs ; ils reçoivent des chefs du choix de Constant.

Loi sévère contre toute sorte d'idolâtrie. — Constance fortifie Amida sur le Tigre.

343. Constance passe en Bretagne pour arrêter les incursions des Pietés et des Calédoniens.

344. Constance remporte quelques succès sur les Perses.

345. Tremblement de terre qui renverse douze villes de Campanie. — Les Perses s'emparent de l'Adiabène.

346. Constance fait creuser un port à l'embouchure de l'Oronte et rebâtit Séleucie . Second siège de Nisibe par Sapor, il est repoussé.

347. Concile de Sardique, enDardanie, au N. de la Macédoine, composé presque en nombre égal d'évêques d'Occident et d'évêques d'Orient ; saint Athanase y est défendu contre les ariens.

348. Constant et Constance rappellent les évêques exilés sous Constantin par l'influence des ariens. — Bataille sanglante de Singare entre les Romains et les Perses ; les premiers restent maîtres du champ de bataille.


Ap. J.-C.

349. Le sophiste Libanius fait à Nicomédie le panégyrique de Constance et de Constant.

350. Troisième siège de Nisibe. — Pertes énormes des Perses. — La famine et la peste ravagent leur camp. — Ils lèvent le siège de la ville.

Au commencement de l'année, Magnence s'était fait proclamer empereur à Autun et avait envoyé Gaison assassiner Constant au pied des Pyrénées.

Magnence fait déclarer Césars ses deux frères Désiderius et Décentius.

A la nouvelle de la mort de Constant, Vétrannion prend la pourpre en Pannonie, et Popilius Népotien à Rome qu'il remplit de carnage. — Népotien est défait et tué par les troupes de Magnence. Constance part d'Antioche à la tête d'une puissante armée. — Cependant arrivé à Sardique, il feint de reconnaître Vétrannion, qui vient joindre son armée à celle de Constance. — Vétrannion est déposé par les soldats et relégué en Bithynie.

351. Les Perses font quelques incursions. — Constance crée César son cousin Gallus et l'envoie en Orient repousser les Perses.

Constance excite les Francs et les Saxons à envahir la Gaule. — Magnence envoie son frère Décentius sur les bords du Rhin. — Décentius est défait par les barbares.

Magnence, à la tête d'une armée composée surtout de barbares, entre en Pannonie. Prise et destruction de Sciscia sur les bords de la Save. — Siège de Mursa sur la Drave. Bataille de Mursa ; défaite de Magnence ; Constance achète chèrement la victoire.

352. Constance entre en Italie, prend Aquilée, mais est battu près de Pavie par Magnence, qui ne put profiter de cet avantage, ses troupes l'ayant abandonné.

Constance est maître de l'Italie. — L'Afrique, la Sicile, l'Espagne le reconnaissent empereur ; une partie des Gaules se déclare en sa faveur.

Magnence envoie un assassin pour tuer Gallus en Orient et soulève les Juifs.

Gallus ravage la Palestine et détruit plusieurs villes. — Désordres des Juifs en Gaule.

353. Les lieutenants de Constance défont Magnence dans le Dauphiné et le réduisent à se tuer à Lyon. — Constance passe en Gaule et fait mettre à mort un grand nombre de partisans de Magnence. — Il persécute les chrétiens orthodoxes et assemble un concile arien à Arles qui condamne Athanase.

Ravages des barbares en Gaule et des Isauriens en Pamphylie. — Gallus repousse les Isauriens. — Ses cruautés en Syrie.

354. Constance marche contre les Allemans. — Il conclut un traité avec eux.

Gallus excite, par ses cruautés, une révolte à Antioche. — Constance le rappelle en Italie. — Il le fait arrêter à Petavium (Norique) et mettre à mort près de Pola, en Istrie. Constance reste ainsi seul maître de tout l'empire romain.

355. Constance convoque un concile à Milan et relègue le pape Libère en Thrace parce qu'il refuse de condamner Athanase.

Constance envoie ses lieutenants contre les Allemans qui sont défaits.

Intrigues du consul Arbétion pour perdre Sylvain, chef des Francs alliés de l'empire. Sylvain est obligé de se faire proclamer empereur. — Constance reconnaît son innocence trop tard. — Sylvain est assassiné à Cologne par des soldats gagnés par Constance. — Les Francs, les Saxons et les Allemans se jettent sur la Gaule. — Pillage de Cologne. — Les Quades et les Sarmates ravagent la Pannonie. Ap. J.-C.

355. Les Perses envahissent la Mésopotamie et l'Arménie.

Constance crée César son cousin Julien, frère de Gallus, et le nomme gouverneur des Gaules. — Julien épouse Hélène, sœur de Constance, quitte Milan et va passer l'hiver à Vienne, en Gaule.

356. Les Francs assiègent Autun. — Julien les attaque, les bat près d'Auxerre et près de Troyes. — Les Allemans sont défaits près de Strasbourg, et Julien reprend Cologne, dont il relève les murailles ; — il passe ensuite en Rhétie pour soutenir Constance, qui faisait la guerre aux Allemans.

Athanase, d'Alexandrie, et Hilaire, évêque de Poitiers, sont exilés.

357. Julien est assiégé par les Francs et les Allemans dans ses quartiers d'hiver de Sens.

Constance fait un voyage à Rome ; il triomphe de Magnence. — 11 admire pour la première fois l'ancienne capitale de l'empire. — Lois rigoureuses contre les magiciens et les devins. — Combats de gladiateurs défendus.

Les Suèves envahissent la Rhétie, les Quades et les Sarmates la Mésie, et les Perses la Mésopota. mie.

Les Allemans pénètrent jusqu'à Lyon, Julien les taille en pièces et relève les murs de Saverne. Chnodomar et six autres chefs allemans se liguent et passent le Rhin. — Julien remporte sur eux une grande victoire près d'Argentoratum (Strasbourg). — Chnodomar est pris et envoyé à Constance. — Julien ravage le pays le long du Mein, repasse le Rhin, bat quelques Francs qui ravageaient le pays de Reims et vient prendre ses quartiers d'hiver à Lutèce, désigné pour la première fois comme château fortifié des Parisii, déjà par J. César.

358. Constance reçoit à Sirmium une ambassade de Sapor II, qui réclame avec menace l'Arménie et la Mésopotamie.

Il rétablit en corps de nation les Sarmates, chassés 24 ans auparavant par les Limigantes. — Les Limigantes sont taillés en pièces ou noyés dans la Theiss.

Libère est pape de nouveau.

Un tremblement de terre renverse Nicomédie et un grand nombre de villes dans le Pont et dans la Macédoine.

Les Francs Saliens, établis aux bouches de l'Escaut, et les Chamaves, aux bouches du Rhin, sont un obstacle aux approvisionnements de blé que la Bretagne envoyait en Gaule pac le Rhin. — Julien marche contre les Francs Saliens ; surpris, ils s'engagent à défendre les frontières et à fournir un corps de troupes. — Réduction des Cha-' maves. — La navigation du Rhin est libre. — Les Allemans des bords du Necker sont soumis.

359. Les Limigantes reprennent les armes ; on les extermine.

Les Isaures recommencent leurs courses. — Sapor II passe le Tigre, les Romains s'enferment dans Amide. — Sortie héroïque des Gaulois. — Prise d'Amide par Sapor, après avoir perdu 3000C hommes.

Conciles de Rimini et de Séleucie. — L'empereur Constance envoie à Rimini une formule arienne, que le pape et quelques évêques refusent d'accepter. A Séleucie, le débat s'engage entre les ariens purs et les semi-ariens. Saint Hilaire, évêque de Poitiers, alors exilé en Orient, défend à Séleucie le dogme catholique.

4e campagne de Julien contre les Allemans, au delà du Rhin. — Soumission des Attuariens. — Création de la charge de préfet de Constantinople.

360. Sapor II rentre en Mésopotamie, prend Singara et Bezabde sur le Tigre.

Ap. J.-C.

Constance cherche à enrôler des barbares, part pour la Syrie, apprend à Césarée, en Cappadoce, que Julien, a été proclamé empereur, et parcourt

la Mésopotamie sans* rien faire d'important.

Dédicace de l'église Sainte-Sophie, à Constantinople.

Julien envoie Lupicin contre les Pietés et les Calédoniens, distingués pour la première fois par le nom de Scots. — Julien reçoit, de Constance l'ordre d'envoyer en Orient une partie de ses troupes. — Il s'y soumet, mais les légions le proclament empereur.

361. Julien se dirige sur l'Italie ; il bat les Allemans dans la Rhétie, divise son armée en plusieurs corps, traverse rapidement la Germanie, entre en triomphe à Sirmium, s'empare des défilés de Succi, entre l'Illyrie et la Thrace, et reçoit à Naïssus la nouvelle de la mort de Constance .

Sapor II tente de repasser le Tigre. — Constance se rend à Edesse ; ses lieutenants repoussent les Perses. — Constance prend le chemin de l'Occident ; il meurt à Mopsucrène, en Cilicie.

Julien, maître de l'empire, donnera Sallustius la charge de préfet du prétoire. — Édit de tolérance universelle. Tous les évèques bannis pour l'orthodoxie sont rappelés. Julien interdit les écoles profanes aux chrétiens, s'entoure de philosophes et rouvre les temples des faux dieux. Dans ses ouvrages, il poursuit de ses sarcasmes le christianisme.

362. Julien part de Constantinople pour se rendre à Antioche. — Préparatifs de la guerre contre les Perses. — Tremblement de terre. — Famine et peste.

363. Vains efforts de Julien pour relever le temple" de Jérusalem. Prodiges.

Julien écrit son Misopogon contre les habitants d' Antioche. — Il part d'Antioche, traverse la Mésopotamie à la tête de 63 000 hommes, ravage l'Assyrie, attend en vain des secours du roi chrétien d'Arménie, remonte le Tigre, bat les Perses près de Ctésiphon, passe le Tigre, traverse des contrées ravagées par l'ordre de Sapor. — Murmures de l'armée égarée par les guides ; Julien est forcé à la retraite ; harcelé par Sapor, il bat les Perses à Maronga et tombe mortellement blessé dans une seconde victoire ; il n'avait alors que 32 ans. — Sallustius refuse l'empire.

Jovien, chrétien et chef des protecteurs, est proclamé empereur. — Il conclut la paix avec Sapor, cède Nisibe, les cinq provinces transtigritanes et la suprématie sur l'Arménie et ITbérie.

— Le christianisme redevient la religion dominante. — Jovien se prononce contre les ariens et rappelle Athanase. — Lucillien, beau-père de Jovien, est massacré, à Reims, par le corps des Bataves enrôlés dans l'armée.

364. Jovien meurt en Bithynie, après un règne de 8 mois. — Sallustius refuse de nouveau l'empire.

— Valentinien I er est proclamé à Nicée ; il s'associe son frère Valens et lui donne la préfecture d'Orient, se réservant les autres. — Valens établit sa résidence à Constantinople et Valentinien à Milan. — Les barbares menacent les frontières, les Allemans la Gaule et la Rhétie, les Quades la Pannonie, les Pietés et les Scots la Bretagne, et les Maures l'Afrique. — Iniquités et cruautés de Romanus, gouverneur d'Afrique.

365. Le sophiste Thémistius fait à Constantinople le panégyrique de Valens.

Révolte de Procope, parent de Julien ; il est proclamé empereur à Constantinople ; il s'empare de Cyzique et de Nicée.

Les deux empereurs établissent les fonctions de defensor dans les municipes. Le magistrat, investi de ce titre, avait pour mission de défendre le Ap. J.-C.


peuple et surtout les pauvres, contre les exactions des officiers impériaux.

366. Procope est défait et décapité en'Phrygie. — Révolte de Marcellus, parent de Procope ; il s'empire de Chalcédoine, mais est défait et tué. — Valentinien I er passe l'hiver à Paris, pour surveiller de plus près les frontières de la Gaule etde la Bretagne. — Ses troupes sont mises, en déroute par les Allemans. — Jovin répare cette défaite par une grande victoire près de Metz.

367. Valentinien tombe malade à Reims, rétabli, il s'associe son fils Gratien.

Mayence est saccagée par les Allemans. — Les Pietés et les Scots pillent la Bretagne. — Le comte Théodose remplace Jovin à la tête des troupes et repousse les barbares en Bretagne. — Valentinien passe l'hiver à Trêves. — Théodose accourt de Bretagne rejeter au delà duRhin, les Francs et les Saxons. — Une 5e province romaine est créée en Bretagne, la Valentia.

Les Goths, que Procope avait appelés pour le soutenir, sont taillés en pièces ;leur roi, Athanaric, envoie des députes à Valens. — Soulèvement des Isauriens.

L'évêque arien de Constantinople baptise l'empereur Valens, qui s'engage à maintenir l'arianisme.

368. Nicée et plusieurs villes de l'Hellespont sont renversées par un tremblement déterre.

Valentinien remporte une grande victoire sur les Allemans, vers les sources du Necker, et dissipe quelques Francs aux environs de Cologne.

369. Valentinien couvre de forteresses les bords du Rhinjusqu a son embouchure ; les Allemans s'opposent à ces travaux. — Valentinien les contient en restant à Manheim.

Valens franchit le Danube, et défait complètement Athanaric, roi des Goths Thervinges. — Athanaric demande la paix, et, pour la première fois, les Romains la vendent aux barbares, au lieu de l'acheter.

370. Valens favorise les ariens et fait mettre à mort 80 prêtres orthodoxes. — Les Saxons commettent d'horribles ravages en Gaule- Sévérus les taille en pièces près de Cologne. — 80 000 Bourguignons paraissent sur les bords du Rhin. — Le comte Théodose fait une expédition contre les Allemans ; les prisonniers sont envoyés sur les rives du Pô.

371. Campagne de Théodose contre les Maures.

372. Valens se rend à Antioche pour veiller aux mouvements des Perses. — Sapor s'empare du roi d'Arménie par trahison et le fait tuer, puis chasse le roi d'Ibérie de ses États. — Valens envoie une armée contre Sapor, et s'avance lui-même jusqu'au Tigre. — Révolte de Firmus en Afrique.

373. Les Perses sont défaits. — Firmus ravage la province d'Afrique et la Mauritanie, s'empare de Césarée (Alger) et de Rucata. — Le comte Théodose, alors à la tète des Légions de Pannonie, est envoyé en Afrique. — Défaite des alliés de Fir-, mus. — Pillage de Césarée. —Firmus feint de se soumettre. —Théodose taille les Maures en pièces. — Firmus se réfugie dans les montagnes. — Victoire de Théodose., — Firmus s'étrangle. — Soumission des Maures.

374. Valens persécute les philosophes, les magiciens et les astrologues ; les ouvrages qui traitaient de magie et leurs possesseurs sont brûlés. — Saint Chrysostome, alors enfant, courut des dangers pour sa vie pendant ■ cette cruelle persécution. — On fait mourir tous ceux dont les noms commençaient par Théod.

Valens attire le roi d'Arménie à Tarse et le fait lâchement assassiner. — Réclamations de Sapor ;

Ap.J.-C.

Valens entre en accommodement à la nouvelle des invasions des Goths. Les Quades et lesSarinates envahissent lTllyrie.

— Le roi des Quades demande à traiter ; les Romains le massacrent. — Les Quades défont deux légions romaines. — Théodose, dans la suite empereur, bat les Sarmates en Mésie.

375. Valentinien se rend en Illyrie, passe le Danube, ravage le pays des Quades et se dispose à marcher contre les Sarmates, lorsqu'en recevant une députation il meurt d'apoplexie ; ses deux fils, Gratien et Valentinien II, lui succèdent. — Gratien prend les Gaules, l'Espagne et laBretagne ; Valentinienll l'Italie, lTllyrie et l'Afrique.

Les Huns, jusqu'alors inconnus en Europe, subjuguent les Alains, qui habitent les bords du Tanaïs, et envahissent les terres des Ostrogoths, qui se retirent dans le pays entre le Borysthène et le Danube.

376. Le comte Théodose est mis à mort par le défiant Valens. ou, selon d'autres, par Gratien. — Son fils se retire en Espagne.

Valens accorde aux Visigoths des terres en Thrace, à la condition de servir dans les armées romaines. '

L'évêque goth Ulphilas, qui avait été le chef de l'ambassade envoyée par les Visigoths à Valens, embrassa alors l'arianisme et répandit cette doctrine chez ses compatriotes.

377. L'avarice cruelle du comte Lupicin pousse les Visigohts à la révolte. — Leurs juges Fritigern et Ablavivus appellent à leur secours les Ostrogoths et les Alains. — Les généraux romains, Lupicin et Trajan, sont défaits dans deux batailles. — Les Goths sont battus dans une troisième rencontre.

738. Les Goths ravagent la Thrace et la Thessalie, bloquent Constantinople quelquesjours. — Valens marche contre eux et appelle à son secours Gratien, qui fut retardé par une attaque des Allemans qu'il battit près d'Argentaria (Colmar). — Bataille d'Andrinople. — Défaite complète des Romains ; Valens est brûlé dans une chaumière.

Gratien dirige ses forces sur lTllyrie ; 40 000 Germains passent le Rhin et ravagent la Gaule ; Gratien rappelle ses troupes qui, ayant à leur tête Narmien et Mellebaude, roi des Francs, remportent une grande victoire à Argentaria. — Il accourt au secours de Valens, qui livre la bataille d'Andrinople avant son arrivée.

Gratien rappelle le jeune Théodose, qui bat les Sarmates. — La persécution des ariens contre les orthodoxes est arrêtée ; les évêques bannis sont rappelés ; les donatistes condamnés.

Saint Grégoire, de Naziance, qui avait étudié dans les écoles d'Alexandrie, de Césarée et d'Athènes, est élu évêque de Constantinople.

379. Gratien s'associe Théodose, avec le titre d'Auguste, et lui donne l'empire d'Orient. — Édit contre les hérétiques. — Gratien repasse en Gaule.

— Théodose chasse les Goths, les Alains et les Huns, qui, depuis une année, étaient répandus dans la Dacie, lTllyrie et la Thrace, puis vient prendre ses quartiers d'hiver à Thessalonique. — Ariaxercès succède à Sapor II.

380. Maladie de Théodose ; il se fait baptiser. — Célèbre édit de Thessalonique, par lequel tous les suiets de l'empire doivent adhérer à la foi de l'Eglise de Rome. — Nombreuses réformes.

Fritigern fait une irruption en Pannonie, à la tête des Visigoths. — Théodose le met en déroute.

Le pape saint Damase institue le premier des vicaires du saint-siége dans les provinces éloignées de Rome ; le vicaire était comme le chef de tous les évêques de son vicariat.

381. Les églises des ariens sont fermées et on les Ap. J.-C.


chasse de Constantinople. — Athanaric, chassé par une faction des Goths, se réfugie à Constantinople ; il y meurt peu après. Théodose lui fait faire de magnifiques obsèques et s'attache ainsi les principaux chefs des Goths. — Le 3e concile œcuménique, assemblé à Constantinople et présidé par saint Grégoire, condamne tous les hérétiques. Peu après, saint Grégoire, déchu du trône de Constantinople, se retire à Naziance. Ce concile avait accordé aux patriarches de Constantinople les premiers honneurs après l'évêque de Rome.

Les Scyri et les Huns ravagent la Macédoine ; ils sont défaits par Théodose. — Séjour de saint Jérôme à Rome.

382. Les barbares font une irruption en Italie ; Gratien les repousse. — Théodose donne aux Goths des terres en Mésie et en Thrace. — Gratien fait abattre définitivement l'autel de la Victoire, qui touchait à la salle du sénat, à Rome. En même temps, il supprime tous les privilèges et tous les revenus attachés aux temples païens, et les attribue au trésor public. Le sénat lui fait présenter, à ce sujet, une requête par l'orateur Symmaque.

383. Révolte de Maxime en Bretagne ; il est proclamé empereur, passe en Gaule et défait l'armée de Gratien qui se sauve à Lyon, où il meurt assassiné. — Maxime donne le titre d'Auguste à son jeune fils Victor et fait tuer Mellobaude, ancien chef franc, qui commandait les troupes de Gratien. — La Bretagne est livrée aux incursions des Pietés et des Scots. — Théodose reconnaît l'usurpateur Maxime, à condition de ne pas inquiéter Valentinien II ; il venait de déclarer son fils Arcadius Auguste.

384. Théodose fait de nouvelles lois pour abolir définitivement le paganisme, et fait fermer tous les temples de l'Orient et de l'Egypte. — Libanius compose alors sa célèbre harangue en faveur des temples païens. — Loi qui permet à tous les chrétiens d'affranchir leurs esclaves.

Sapor III, roi de Perse depuis un an, envoie une ambassade solennelle à Théodose. — Naissance d'Honorius. . — Symmaque est nommé préfet de Rome. — Saint Augustin professe à Milan.

L'empereur Maxime condamne à mort Priscillien, avec quelques-uns de ses sectateurs. C'est la première fois que l'autorité impériale sévit au nom de l'orthodoxie.

386. Théodose remporte une victoire sur les Ostrogoths. — Il épouse Galla, sœur de Valentinien II.

387. Révolte d'Antioche ; les statues de l'empereur sont brisées. — Irritation de Théodose, qui sévit d'abord avee cruauté, puis accorde un pardon général, grâce à l'intervention de Flavien, évêque d'Antioche, des ermites de Syrie et de saint Jean Chrysostome qui a\ait prononcé au milieu de la consternation des habitants de cette ville quelques-unes de ses admirables homélies.

Maxime passe les Alpes et marche contre Valentinien II qui se réfugie d'abord àAquilée, puis à Thessalonique, implorant le secours de Théodose. — Maxime fait la conquête d'une grande partie de l'Italie.

388. Maxime est reconnu empereur à Rome. — Théodose marche contre lui à la tête d'une armée composée surtout de Goths, de Huns et d'Alains ; il traverse la Pannonie, défait un lieutenant de

Ap. J.-C.

l'usurpateur en passant la Save, remporte une seconde victoire sur Marcellin, frère de Maxime ; celui-ci s'enferme dans Aquilée. — Aquilée est prise et Maxime décapité.

Valentinien II obtient de Théodose tout l'empire d'Occident.

Désordres causés à Constantinople par les ariens ; l'évêque de cette ville périt dans les flammes ; Théodose leur pardonne à la demande d'Arcadius.

389. Théodose va à Rome avec Valentinien II et Honorius. — L. Pacatus Drépanus prononce à cette occasion le panégyrique de Théodose. — Théodose fait tous ses efforts pour abolir le paganisme à Rome. — Après une expédition assez heureuse contre les Francs, Valentinien II traite avec leurs chefs Marcomir et Suénon.

Troubles à Alexandrie entre les païens et les chrétiens. — Théodose fait détruire complètement le temple de Sérapis et un grand nombre de temples de l'Egypte et d'autres provinces de l'empire.

390. Émeute populaire à Thessalonique ; Théodose envoie des troupes qui surprennent les habitants assemblés aux jeux du cirque et en massacrent près de 7000 en 3 heures.

Saint Ambroise excommunie Théodose qui expie sa faute.

391. Loi contre les apostats. — Théodose revient à Constantinople.

392. Symmaque, à la tête d'unedéputation des principales familles de Rome, demande à Valentinien qu'on rende aux temples et à la religion païenne ses privilèges. — Refus de l'empereur.

Le Franc Arbogast, général de l'armée de Valentinien II, fait assassiner ce prince à Vienne dans la Gaule et règne sous le nom du rhéteur Eugène qu'il fait proclamer empereur ; l'Occident le reconnaît, excepté la province d'Afrique.

Il paraît par une loi de Théodose de cette année que les églises jouissaient déjà du droit d'asile.

393. Honorius, second fils de Théodose, est déclaré . Auguste. — Préparatifs de Théodose pour faire la

guerre à Eugène. — Arbogast passe le Rhin près de Cologne, ravage le pays des Bructères, des Chamaves, des Ansivariens et des Cattes. — Eugène autorise le paganisme à Rome. — Les anciens sacrifices sont renouvelés.

394. Théodose quitte sa capitale, force les passages des Alpes et rencontre l'armée d'Eugène au nord d' Aquilée. — Les troupes de Théodose, composées surtout de Goths, d'Arméniens, d'Ibériens et de Sarrasins, commandées par Stilicon, Gaïnas et Aîaric, si célèbre plus tard, taillent en pièces l'armée d'Eugène et â'Arbogast. — Celui-ci se donne la mort et Eugène est massacré par ses propres soldats, aux pieds de Théodose.

Théodose déclare Honorius empereur d'Occident et lui donne Stilicon pour ministre.

Les jeux olympiques cessent d'être célébrés. Il est probable qu'on cessa alors de compter par olympiades. Dans l'Eglise on ne se sert que de l'ère de l'indiction.

395. Mort de Théodose le Grand à Milan. — Saint Ambroise prononce son oraison funèbre.

C'est avec cette année que Ton s'accorde à terminer l'histoire des temps anciens. Nous joindrons donc les 5 dernières années de ce siècle au siècle suivant avec lequel commence le moyen âge.


_______________________

  1. 1. Les importantes découvertes accomplies depuis le commencement de ce siècle dans l'histoire des peuples de l'ancien Orient, avec l'aide des inscriptions en caractères hiéroglyphiques et cunéiformes, ne permettent plus aujourd'hui, même dans les livres les plus élémentaires, de se contenter d'exposer cette partie des annales du genre humain d'après les seuls récits des historiens grecs et romains. Nous avons donc essayé, tout en nous maintenant dans certaines limites, d'initier nos lecteurs aux principaux résultats obtenus par les Champollion, les de Rougé, les de Saulcy, les Manette, les Oppert, les Rawlinson, les Lepsius, les Brugsch, etc. Nous avons mis à profit pour cet objet le petit résumé que M. Félix Robiou, professeur agrégé d'histoire, a publié sous ce titre : Histoire ancienne des peuples de l'Orient mise au niveau des plus récentes découvertes, in-12, 1862-1864. Nous avons emprunté à ce travail presque toute notre chronologie de l'histoire ancienne depuis la création du monde jusqu'aux Olympiades. Quant au reste, nous avons généralement suivi les Fasti Hellenici et Romani de Clinton pour les temps avant J. C, et l’Art de vérifier les dates des Bénédictins pour les temps postérieurs à l'ère chrétienne. Nous devons aussi beaucoup à la Chronologie universelle de M. Ch. Dreyss, publiée chez M. Hachette.
  2. 1. Dans l'impossibilité où en est encore la science d'assigner une date précise aux faits de l'histoire d'Egypte jusqu'à la 18e dynastie, nous avons rassemblé dans cette note quelques indications relatives aux annales de cette contrée jusqu'à l'époque de l'invasion des Pasteurs. Nous trouvons d'abord, dans la 4e dynastie (Memphite), trois princes, Koufou (Chéops), Menkéra (Mycérimus) et Schafra (Chéphrem), qu'Hérodote plaçait à tort après Sésostris le Grand, et qui sont les constructeurs des grandes pyramides, appelées aujourd'hui pyramides de Ghizeh, près de Memphis. Dans la 6e dynastie figure le roi Ra-Meil Papi, dont le nom est inscrit, et dans la haute Egypte, sur les rochers de la vallée de Kosséir, et dans la moyenne Egypte, aux grottes de Scharône, et dans la presqu'île de Sinaï. Depuis la 6e jusqu'à la 11e dynastie (1ère dynastie Thébaine), une très-grande obscurité enveloppe l'histoire d'Egypte, mais cette période n'eut pas une longue durée. La 12e dynastie, qui était issue de Thèbes comme la précédente et comme la 13e, et qui dura plus de deux siècles, fut une époque très-brillante. Sésourtasen Ier, l'auteur du célèbre obélisque d'Héliopolis, et le premier fondateur du temple de Karnak à Thèbes, appartient à cette dynastie. Mais les deux règnes les plus importants furent ceux de iiésourtasen III et d'Aménemha III, fondateur du célèbre labyrinthe. Après la 12e dynastie commence une époque longue et obscure que l'on a quelquefois nommée le moyen Age égyptien, et dont le fait dominant est l'invasion des riyc-sôs ou rois pasteurs. Cette invasion parait avoir eu lieu à la fin de la 13e dynastie. La période comprise entre l'invasion des Pasteurs et leur expulsion est occupée par la 14e dynastie (Xoïte), les 15e et 16e (Thébaines) et la 17e (Pharaons Thebains et rois Pasteurs). M. Mariette a retrouvé à Sân, l'ancienne Tanis ou Avaris, les sphinx de rois appartenant à cette période, et qui, par conséquent, purent être contemporains de l'arrivée des Hébreux en Egypte.
  3. 1. Il parait, d'après les dernières publications de M. Oppert, que la ruine matérielle de Ninive n'a pas absolument coïncidé avec la ruine de la puissance assyrienne par les armes réunies de Cyaxare et de Nabopolassar. Un Sardanapale VII, le Sarac des Grecs, aurait règné après cet événement 19 ans dans Ninive, qui n'aurait été détruite par Cyaxare qu'à la suite d'un second siège.
  4. 1. On a donné à tort à cette bataille le nom de Thimbree, qui se trouve bien plus à l'E.