Bulletin de la société géologique de France/1re série/Tome II/Séance du 9 janvier 1832

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Bulletin de la société géologique de France



Séance du 9 janvier 1832.


M. Cordier occupe le fauteuil.

M. Desnoyers tient la plume comme secrétaire en fonction.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Il est fait hommage à la Société des ouvrages suivans :

1° De la pars de M. de Bonnard, quatre ouvrages dont il est l’auteur ;

A. Essai géognostique sur l’Erzgebirge ou sur les montagnes métallifères de la Saxe. — Un vol. in-8°. Paris, 1816.

B. Notice géognostique sur quelques parties de la Bourgogne. — In-8°, avec 2 planches. Paris, 1825.

C. Sur la constance des faits géognostiques qui accompagnent le gisement du terrain d’Arkose, à l’est du plateau central de la France. — Un vol. in-8° de 106 pages, avec trois planches. Paris, 1828.

D. Mémoire sur les gites de Manganèse de Romanèche (Extrait des Annales des Sciences naturelles ; mars, 1829). ─ In-8°, avec une planche.

2° De la part de M. Graves :

Deux mémoires qu’il a insérés dans l’Annuaire de l’Oise de 1832, et contenant une description géologique générale de deux cantons de ce département :

A. Précis statistique sur le canton d’Estrées-Saint-Denis, arrondissement de Compiègne. — Un vol. in-8° avec une carte. Beauvais, 1832.

B. Précis statistique sur le canton de Froissy, arrondissement de Beauvais. — Un vol. in-8° avec une carte. Beauvais, 1832.

3° De la part de M. Spencer-Smith :

Coup-d’œil historique sur l’Angleterre depuis 1485 jusqu’en 1509. — In-8°. Paris, 1831.

M. le vicomte Héricart-Ferrand fait aussi hommage à la Société, pour chacun, de ses membres, de 570 exemplaires d’une Coupe géognostique du département de l’Oise, destinée à accompagner l’extrait de son mémoire inséré dans le deuxième volume, page 9, du Bulletin de la Société.

M. Virlet fait présent à la Société d’une suite de soixante-cinq échantillons, extraits de la grande collection des roches de la Grèce, déposée au Jardin-des-Plantes, et recueillie penchant l’expédition scientifique de Morée, dirigée par M. le colonel Bory de Saint-Vincent. Ces échantillons sont relatifs à la seule chaîne du Taygète, et se composent de 7 échantillons des roches anciennes de transition ; de 40 de la série talqueuse, comprenant particulièrement des phyllades talqueux, des anagénites, des marbres blancs, verts, rouges et tigrés de diverses couleurs ; et 18 échantillons de la série des marbres et calcaires siliceux, bréchoïdes, à bandes et rognons de phtanite, et qui succèdent aux précédentes formations.

La Société reçoit une lettre de M. Savi, de Pise, qui lui annonce le prochain envoi de ses observations géologiques sur la Toscane.

La Société procède à l’élection du président, qui doit être choisi parmi les quatre vice-présidents en exercice (MM. Alex. Brongniart, Brochant, de Blainville et Constant Prévost).

La pluralité des votes des membres résidans et non résidant se portent sur M. Alexandre Brongniart, qui est proclamé président pour l’année 1832.

Les autres voix ont été données à M. Constant Prévost.

M. Brongniart remercie la Société de cet honneur, et vient occuper le fauteuil.

Sur la proposition du secrétaire en fonction, des remercimens sont votés à M. le président sortant, pour l’intérêt et l’empressement qu’il a mis à présider les travaux de la Société.

M. Cordier annonce, en quittant le fauteuil, que les démarches qu’il a faites pour obtenir l’autorisation royale pour la constitution définitive de la Société, auront incessamment leur effet.

M. Élie de Beaumont, en raison de ses occupations et de ses voyages fréquens, donne sa démission de secrétaire. La Société renvoie au conseil le soin de décider s’il sera pourvu à son remplacement avant l’expiration de deux ans que doivent durer les fonctions des quatre secrétaires et vice-secrétaires.

MM. Deshayes et Desnoyers proposent que l’un des secrétaires soit positivement nommé secrétaire pour l’étranger, suivant l’esprit du règlement. Cette proposition est également renvoyée au conseil.

D’après une proposition faite par M. Boué, et soumise déjà au conseil dans sa séance du 31 octobre 1831, la Société décide que pour la vice-présidence on ne peut pas prendre des membres du bureau.

On procède à l’élection des quatre vice présidents :

MM. Cordier, Defrance,
Arago, De Bonnard,
sont successivement élus et proclamés vice-présidents.

Les autres voix se Sont partagées entre MM. Fleuriau de Bellevue, Duperrey, Delafosse, Walferdin, Bégley et Héricart de Thury.

On procède au remplacement de cinq membres du conseil ; savoir : de M. Coquebert de Montbret, décédé ; de M. Passy, préfet du département de l’Eure ; de M. de Bonnard, nommé à la vice-présidence ; et de MM. Héricart de Thury et Delafosse, écartés par la voie du sort.

MM. Constant Prévost, de Blainville, Brochant de Villiers, Élie de Beaumont et Cartier obtiennent la majorité des suffrages.

La Société décide que les membres du bureau ne pourront être nommés à d’autres fonctions que celles qu’ils remplissent avant l’expiration de leur temps d’exercice.

M. Clément-Mullet, rapporteur de la commission pour l’examen des comptes du trésorier, présente, à la suite du compte des recettes et des dépenses faites pendant l’année 1831, son rapport à la Société. Les conclusions, tendant à l’approbation du compte, sont adoptées. COMPTES des recettes et des dépenses faites pendant l’année 1831, par M. Hardouin Michelin, trésorier de la Société Géologique de France.

RECETTES.

NATURE
des recettes
Budget pour
1831
RECETTES Reste
à recevoir
À déduire
pour décés,
démission, etc.
RESTE DU.
À faire. Effect.
F. C. F. C. F. C. F. F. F.
Art. 1er. Reliquat de 1831 1157 55 1157 55 1157 55
Art. 2. Arriéré de 1830. Droits d’entrée 1000 » 1000 » 440 » 560 160 400
Cot. annuelles 770 » 770 » 350 » 420 120 300
Art. 3. Année 1831. Droits d’entrée 120 » 640 » 500 » 140 140
Cot. annuelles 4410 » 5370 » 1840 » 2530 750 1780
Art. 4. Contrib. une fois payé par M. Sedgwick de Cambridge » » 300 » 300 » » » »
Art. 5. Vente du 1er vol. du Bullet. » » 3 » 3 » » » »
Art. 6. Recette extraordinaire. » » 22 25 22 25 » » »
─────── ─────── ─────── ───── ───── ─────
Totaux 7457 55 9262 80 5612 80 3650 1030 2620


DÉPENSES.

NATURE DES DÉPENSES. BUDGET. DÉPENSE EFFECTUÉ EXCÉDENT ÉCONOMIE
F. C. F. C. F. C.
Art. 1er. Impressions diverses et lithographies 200 163 35 36 65
Art. 2. Bulletin 1140 1039 95 100 5
Art. 3. Mobilier 200 218 5 18 5 » »
Art. 4. Affranchissement, ports de lettres et paq. 250 265 70 15 70 » »
Art. 5. Agent de la Société 400 400 » » » » »
Art. 6. Loyer 1000 1000 » » » » »
Art. 7. chauffage, éclairage 200 138 » » » 62 »
Art. 8. Dépenses diverses 200 249 15 49 15 » »
─────── ───────── ─────── ───────
TOTAUX 3590 3474 20 82 90 198 70


Résultat final.
La recette totale étant de 5,612 fr. 80 c.
La dépense totale de 3,474 20
────────────
Le reste en caisse au 31 décembre 1831 est de 2,138 fr. 60 c.

Y compris 255 fr. provenant de la cotisation Sedgwick.

Fait et présenté le 4 janvier 1832 par le Trésorier soussigné,

H. MICHELIN.


RAPPORT SUR LES COMPTES DU TRÉSORIER.


M. Clément-Mullet, rapporteur.


Les membres de la commission nommée par vous pour l’examen de la gestion de votre trésorier pendant l’année 1831, ont bien voulu me charger de soumettre leur travail à votre approbation, et de vous exposer la position financière de la Société.

Les comptes qui nous ont été présentés sont très-simples et très-faciles à saisir par eux-mêmes ; nous avons cru devoir en faire la vérification en les rapprochant du budget de 1831. Un double motif nous a fait prendre cette marche. C’était d’abord un moyen de constater la prospérité de notre Société ; car un budget s’établissant à l’avance et sur les ressources existantes au moment de sa fixation, si l’actif présumé est ensuite dépassé par l’actif survenu, il y a une amélioration d’état qu’il est intéressant et utile de mettre au jour.

L’autre raison, qui touche de plus près le comptable, c’est qu’il est plus aisé de constater l’exactitude de sa gestion, et de voir s’il y a économie, ou si les crédits ouverts ont été outrepassés, ce dont il est important de s’assurer. Ici, messieurs, nous avons économie et non excédant de dépenses.

Le chapitre de la recette, suivant le compte du trésorier, se compose de six articles. (Voir le compte.)

Les cinq premiers articles ne semblent demander aucune explication ; quant au sixième, indiqué sous le titre vague de recette extraordinaire, il lui faut quelque commentaire pour être bien compris. Notre Bulletin avait été saisi, parce que l’administration des domaines l’ayant confondu avec les journaux ordinaires, elle voyait dans l’absence du timbre une contravention passible d’amende. Une contrainte fut décernée, et votre trésorier s’est empressé de consigner cette amende pour éviter de plus grands frais. Depuis, l’erreur ayant été reconnue, la consignation a été rendue. Telle est l’origine de cet article : la somme ayant été sortie en dépense, elle a dû y rentrer en recette. Je signalerai ici l’obligeance et le zèle apportés dans cette affaire par M. Lajoye, l’un des membres de la Société, qui, par ses démarches réitérées, a pressé, à la direction générale des domaines, l’expédition d’une décision si favorable dans ses conséquences.

L’ensemble de ces six articles donne un total de 9,262 fr. 80 c.
Le budget de 1831 avant fixé la recette à 7,457 55
───────────
Excédant 1,805 fr. 25 c.

Mais, messieurs, ne nous faisons point illusion, la somme de 9,262 fr. 80 c. n’est pas tellement certaine qu’on doive la porter pour sa totalité en avoir, car si nous avons eu nos succès, nous avons en aussi quelques revers. Le décès de quelques membres, la démission de quelques autres ont amené une réduction de 1,030 fr. ; ainsi que l’examen des registres, des démissions et autres pièces justificatives l’ont prouvé.

Cette somme de 9,262 fr. 80 c.
ou bien, après la réduction de la non-valeur 1,030 »
───────────
celle restant de 8,232 80
n’a point été encaissée en totalité ; il a été reçu seulement 5,612 80
───────────
Il reste donc encore à recouvrer 2,620 fr.

Maintenant arrivant à la dépense, nous trouvons qu’elle se compose de huit articles, tous appuyés de quittances et de pièces justificatives.

Voir le tableau de dépense au compte, dont le total est de

3,474 fr. 20 c.

Si, comme nous l’avons fait pour la recette, nous comparons la dépense avec le budget, nous trouvons que quelques articles ont dépassé la fixation, excédant qui s’explique très-bien, soit par les frais d’envoi nécessités par l’accroissement du nombre des membres, soit par les ports des échantillons reçus ou des meubles construits pour caser les collections ; mais en résultat nous avons encore une économie de 1 15 fr. 80 c.

En effet, le crédit ouvert au budget était de 3,590 fr. » c.
La dépense réelle a été de 3,474 20
───────────
Somme pareille à celle qui vient d’être dite 115 fr. 80 c.
───────────
Actuellement, balançant la recette qui s’élève à 5,612 fr. 80 c.
Avec la dépense qui est de 3,474 20
───────────
Il reste en caisse 2,138 60
Ajoutant ce que doivent les reliquataires 2,620 »
───────────
Nous trouvons que l’actif financier de la Société s’élève à 4,758 fr. 60

Vous avez sans doute été étonnés, messieurs, et vos commissaires l’ont été aussi, de voir, à la fin de la deuxième année de l’existence de la Société, un arriéré aussi considérable. Il serait pénible et désagréable de vous signaler les retardataires. Nous avons cru devoir consigner au procès-verbal l’invitation faite au trésorier d’employer tous les moyens que les réglemens mettent en son pouvoir pour presser le recouvrement de ce qui est encore dû.

Le compte que nous examinons nous fait voir que la Société est dans un état florissant, tant sous le rapport des finances que sous le rapport du nombre de ses membres ; en effet, l’an dernier nous comptions 141 membres ; cette année nous en comptons 160, malgré l’influence fâcheuse qu’a dû exercer sur les esprits l’état de vague et d’incertitude des affaires politiques.

Une collection précieuse pour la science commence à se former ; des envois déjà assez nombreux d’échantillons vous ont été faits et nous en font espérer d’autres. Il nous est donc permis, messieurs, de nous confier à un avenir de plus en plus satisfaisant. L’utilité de la Société de mieux eu mieux comprise, elle s’élèvera à cet état désirable qui lui permettra de faire tout le bien que se sont propose ses Fondateurs.

Je termine en vous proposant, messieurs, au nom de la commission, d’approuver purement et simplement sa décision, qui déclare M. Michelin, trésorier de la Société, quitte et libéré de sa gestion de l’année mil huit cent trente-un.

J.-J. Clément-Mullet,
Rapporteur.

M. le trésorier dépose, au nom du conseil, le projet de budget pour 1832. La discussion en est renvoyée à la prochaine séance.