Carnet de guerre d’Alton Dondeyne

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Alton Dondeyne a 28 ans lors de la mobilisation. Tout d’abord affecté au 362e RI, il participe aux campagnes les plus périlleuses du conflit : Alsace, Artois, Meuse, Somme, Yser, Verdun. Il est fait prisonnier le 1er août 1916 à Vaux Régnier (Meuse) et envoyé à Darmstadt en Allemagne où il restera jusqu’à l’armistice. De retour chez lui, il couche ses souvenirs sur papier et devient vice-président de la section de l’Union Nationale des Combattants de Liévin (quelques-uns de ses discours prononcés lors d’assemblées générales sont retranscrits en fin de carnet).



Mémoires de
la Guerre 14-18
par Dondeyne


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Mémoires et impressions
d’un combattant de la Grande Guerre


1914-1918


Par Dondeyne Alton





Meuse — Yser — Somme — Artois — Alsace — Verdun !





Je veux faire ici, un résumé rapide de ma campagne, et de ma vie pendant ces quatre années de guerre, indiquer les choses qui me laissèrent le plus de souvenir, bien des anecdocques qui pourrait être palpitantes seront probablement oubliés, mais je ne parlerez que des principaux passages, sans chercher a en altérer ou a déformer l’idée et l’impression au jour le jour.

Ce n’est que choses vue, vécues et véridiques et dont l’impression suit le cours des circonstances au cours de cette grande tragédie.

A. Dondeyne

Départ de Cambrai, le 5 août 1914 du 362ème Rt d’infanterie dont je fais partie, le régiment des sans guêtres, me faisant rappeler nos soldats de 1789, cela me donnait déjà l’illusion que nous n’étions pas prêt, l’un le pantalon a plis, d’autres le bas du pantalon liés avec les lacets de leurs souliers, ect !

Après la Présentation du Drapeau et la bénédiction du Régiment par l’évêque de Cambrai, nous embarquâmes, notre régiment était formé à l’effectif de quatres bataillons ; après trente-deux heures de chemin de fer, nous descendîmes aux portes de Verdun la nuit.

De suite, nous avons pris la direction de « Ornes », après avoir fait environ dix kilomètres, l’on nous fit coucher dans un bois sur place tout équipés et sac au dos.

Le lendemain, nous nous sommes rapprochés a deux kilomètres de « Ornes », ou nous avons cantonné quelques jours dans un bois, de cette endroit nous vimes passer quatre-vingts milles hommes de troupes se dirigeant vers le Luxembourg. Ayant subi, le lendemain un orage épouvantable noyés jusqu’au os, nous sommes allés une trentaine d’hommes chercher de l’eau et de l’eau de vie à « Ornes », pendant que l’on se ravitaillaient d’un côté du village, des patrouilles de Hulans se ravitaillaient de l’autre côté. Ensuite marches et contre-marches chaque jour, ou nous ne faissions pas moins de 40 a 45 kilomètres sans savoir ou nous devions aller, nous vimes de loin le combat sur Longwy et la chute d’un Zeppelin dans le bois de Badonvillers nous fit une diversion, et enfin notre premier jour de combat fut le 24 août a Etain (Meuse), nous n’étions pas en force, une section devait représenter une compagnie, c’était déjà la lutte de un contre quatre, et nous n’avions pas d’artillerie, mais nous nous étions couvert sous une avalange d’obus prussien.

Quel déluge ! d’artillerie ennemie ! Ce qui fait que nous avons du rétrograder vers le soir, les Boches sûr de leur nombre s’avancaient en masse, colonne par quatre et pas de Parade. Le jour même ils occupaient Etain.

Le lendemain renforcé par le 240ème, on les délogea a notre tour de la ville d’Etain ; puis marche de quatre heures du matin a minuit, pour renforcer vers Montfaucon, et quel chaleur ! des hommes restent en route, mort d’insolation et de fatigues. Nous faisons notre troizième combat au dessus de Montfaucon (Argonne) le 1er Septembre Quel joli mouvement ! Quel apparat ! mais bien inutile avec la guerre actuelle, nous marchions à l’attaque bayonnette au canon, sept régiments de front et déployés, comme a la manœuvre, nous avancions contre les boches invisibles et fûmes reçus par les mitrailleuses tenus en embuscade cachés dans les blés a cinquante mètres de distance.

Ce fut un sauve qui peut ! une balle me coupe la lêvre inférieure et me déchire la joue gauche. Première blessure. Pendant ce temps, nos troupes s’étaients jetés dans les bois a proximité a droite et a gauche, et je me trouvai un moment entre les feux ennemies et les notres, j’ai dû pour échapper a la mort me jeter dans le fossé qui longe la lisière du bois et avec de l’eau jusqu’au cou, faire environ 300 mètres, ensuite je traversai un champ et une route battus par les balles et obus allemands. Enfin tout trempé j’arrive a l’ambulance et de la transporter sur Montfaucon, pris le lendemain par les Allemands, auquel nous avions fait une défense énergique, le sang coulant dans les rues. De ma compagnie, tout nos chefs étaient tombés resté seul le sergent-major pour commander, mais nous avions pendant douze jours a deux divisions renforcés, maintenues toute l’armée du Komprinz. Tant qu’a moi, évacué le 2 septembre a 1 h du matin, nous avons pris le train a Clermont en Argonne, dans lequel je suis resté soixante-douze heures pour arriver a l’hopital de Bayonne (B. P.), pendant ce temps mes vêtements avait séché sur moi. Mais Bayonne me fit oublier ces misères, nous fumes recus a bras ouverts par les habitants et par des acclamations frénétiques, qui nous fit avoir les larmes d’émotion.

Bien soigné a l’hopital et de bonne constitution je fus retapé en vingts jours, mais non complètement guéri. Je retournai au dépot a Aubusson (Creuse). Renvoyé sur le front le 25 octobre en Belgique avec un détachement de milles hommes sur l’Yser. À cette époque, les boches faisaients des tentatives répétés et violent pour passer l’Yser, afin de venir sur Dunkerque et Calais ; mais rien a faire, quoique inférieure en nombres, coûte que coûte, nous devions maintenir.

Nous avons maintenus !

Après avoir descendu a Furnes (Quartier général du roi des Belges) nous fûmes transporter en octobre a Nieuport car il fallait faire vite !

Nous formions un B[ataill]on volant, et nous devions nous rendre sur tout les points ou il fallait du renfort de Nieuport à Dixmude. Dixmude ! ou six milles fusilliers marins ont maintenu quarante-cinq milles Allemand, la droite de Dixmude et ainsi de suite en descendant l’Yser jusque Ypres. Quel fournaise !! Que de terribles mêlées ! Que de combats sanglants et atroces !

L’imagination est impuissante a concevoir, ce que furent les combats sur l’Yser ! Je ne sais vraiment pas par ou commencer pour expliquer cette tragédie infernale ! Car ce ne fut, qu’un combat sans fin, deux mois durant jour et nuit sans répit, sans relâches, attaques, contre-attaques l’une sur l’autre. Quel boucherie ! les Allemands attaquant par masse a perte de vue en profondeur, des soldats verdâtres, et encore et toujours, une nuées, un bélier qui assomme !

Pauvre insensé ! malheureux troupeaux s’avancants en brûtes ; ils sont couchés en masse là bas ! dans les Flandres, perdus, noyés, enlizés, fauchés !

Combien des yeux, sont fermés pour toujours ? Nos inimitables 75 par feux de rafales, faisaient dans leurs rangs des troués sanglantes ; … et parfois débordée par la vague mouvante alors chez nous, vaillamment et brâvant la Mort fantassins, chasseurs, zouaves, tirailleurs dans un mélange de toute les armes, et d’un élan sublime ! On les repoussaient quand même !! Nos pertes furent parfois élevés, mais chez eux vue leur masse, leurs pertes était kollosal ! Il me restera toujours de cette région des Flandres une vision d’horreur et de désolation… !!

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L’on se rendra compte, de ce que fut notre misère en Belgique, que dès notre arrivée nous fimes quatorze jours de tranchées sans être relevés, nous n’avions en fait de tranchées que la berge du canal de l’Yser, il faisait froid, et surtout passer les nuits près de l’eau, il fallait le matin, enlever les glaçons après nos vêtements, et la pente de la berge, nous donner une mauvaise position il fallait a chaque instants se cramponner, se recroquevillait pour ne pas glisser dans la boue.

Nous fimes une attaque le douzième jour qui échoua, nous avions soif. Ah ! la soif, terrible souffrance ! nous avons eu soif bien souvent et cela est terrible ; pas d’eau aux environs, il était impossible de résister a la soif et nous buvions alors de l’eau du canal, si on peut appeler cela de l’eau ? de la boue, ou l’on faisaient ses besoins naturels, ou l’on rejetait les restants de nourriture, ou il y avait des cadavres en putréfaction et malgré tout, nous buvions de cette eau nauséabonde, enfin, nos zouaves avaient progressé et fait des éléments de tranchées en avant ; il en est restaient malheureusement beaucoup couché pour toujours encore dans la position du travail pour commencer les tranchées, couché sur le ventre, le sac devant, la pelle-bêche a la main, quelque uns avait a peine enlevès une ou deux pelles de terre.

Ah ! ceux qui sont venus et viendront par la suite et qui trouveronts les tranchées toute faites, ne pourront se douter des sacrifiés ; mais ceux qui les ont commencés a cinquante ou soizante mètres de l’ennemi ; ceux là resteronts des brâves ignorés ! Cà et là les larges culottes rouge des zouaves jetés une tristesse infini !…

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Nous avons ainsi occupés des tranchées de premiére ligne et cela huits et dix jours durant, tranchées activement faites, et naturellement pas d’abri, pas moyen de se coucher, d’ailleurs nous n’avions pas le temps, fusillade, toujours sans arrêt, grand mouvement de troupes de part et d’autres, attaques, contre-attaques, tentatives d’attaques ect : enfin un long combat de deux mois comme je le disais plus loin, le plus souvent nous faisions quatre jours, en 1ère ligne, quatre jours en seconde et quatre jours en 3ème et après en réserve au plus près continuellement sous les obus et ne pouvions jamais nous déchausser.

Le 10 novembre, nous avons subi une violente attaque qui nous causa un grave échec, mon bataillon étaients en première ligne, nous avions a notre gauche les tirailleurs car il y avait outre notre division, qui s’appelle la Division de fer, la Division Marocaine.

Donc après un violent bombardement de nos tranchées toute la nuit, et dans laquelle je fus enseveli deux fois sans aucun mal, mais abasourdi, fou, énervé abruti, j’étais a peine dégager de la deuzième fois ; le dernier coup de canon venait d’être tiré, le jour pointait, nous vimes les Boches montaient sur leurs tranchées, s’élancaient a l’assaut.

Attention les gas ! criai-je, nous faisions un feux d’enfer mais notre artillerie, par un coup du sort manquait de munition, puis notre aile gauche ayant cédé l’on se trouvait pris par un tir de flanc, puis des ordres ayant étaients mal exécutés ect : bientot la panique s’ensuivit, et je me trouvais seul dans la tranchées alors que les boches enjambait nos fils de fer et que je m’entêtait a tirer après un grand diable de Boche qui s’amenait sur moi en ricanant et zigzagant, puis voyant ma dernière cartouche mangée (cela dura un éclair, quelques secondes) je me jetai en arrière de la tranchées, et a découvert courant comme un furieux, je me lançait tête en avant dans la deuzième tranchée, croyant que la deuzième tranchées allait soutenir, mais non personne, si, deux dormeurs encore enveloppés dans leurs couvertures, je leur donnai un grand coup de pied, un grognement seulement me répondit. Furieux, je lançait le mot de « Cambronne » et sautai encore dehors de cette tranchées et a la Grâce de Dieu !

Malgré les balles et la mitraille, je me précipitait vers le canal, sans plus m’occuper ni de tranchées, ni de boyaux, ayant vu en courant, les boyaux encombrait de soldats qui se génaient l’un l’autre, en voulant se sauver par des boyaux trop étroits, et sans aucun doute embarrassé de blessés, ce fut d’ailleurs leurs pertes, un grand nombre ayant étaients faits prisonniers dans les boyaux.

Je continuer a courir, tant que ca peut, il était temps, a peine venai-je de franchir la passerelle du canal, qu’une mitrailleuse boche était déjà installé sur la berge ; naturellement la passerelle fut sauté derrière moi.

Ouf ! Comment ai-je pu me tirer d’un enfer semblable ?

C’est inoui ! des milliers de balles bourdonnaient a mes oreilles sans arrêt, ce n’est pas croyable d’échapper a une chose semblable, enfin je me tâtai, tout va bien, pas de bobo, une petite maisonnette se trouve devant moi a cent mètres, je m’y dirige afin de me reposer un instant et reprendre mon souffle, quand arrivai a moitié-chemin. Brou ! bing ! une marmitte l’anéantit ! je me félicitait de n’avoir pas était trop vite.

Pendant ce temps nos territoriaux et autres troupes de réserve, maintenait sur la berge.

Néanmoins, sous la poussés énorme de l’ennemi une partie réussit quand même a traversé le canal, un bataillon environ, qui se maintinrent et se fortifièrent dans une grande ferme.

Le total de cette horrible journée avait couté a notre division quatre mille hommes, tués, blessés et un grand nombre de prisonniers. Ma Compagnie réduite a trente hommes, nous faisions rassemblement dans la cour d’une ferme, a peine avait-on fini de compter, qu’un obus tombe au milieu de la cour, qui nous tue quatre hommes, nous ne restions plus que vingts-six.(effectif le plus bas que j’aurais vu au cours de cette guerre) et dans quel état, pâle, terreux, défaits, démoralisé, brisé de fatigue, des yeux ou une lueur de mort avait passé ! Plusieurs avaient perdus leurs képis ou leurs équipements et même leurs fusils, puis instinctivement, spontanément, nous nous embrassâmes a tour de rôle, c’était émotionnant et sublime !

Je ne puis en parler sans verser des pleurs Ce sont des journées qu’on oublie pas !!…

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Enfin ! un sergent qui nous restait, pris le commandement des débris de la Compagnie, et nous allâmes quatre kilomètres en arrière, nous reposer, nous reformer.

Une grange en arrière des lignes, ou étaients transportés nos blessés, fut bombardé, au troizième obus atteint en plein la grange et pris feu, cette grange rempli de paille, et servant aussi de dépot de munitions ne fit qu’une flambée, les munitions éclatant de tout coté, et le feu fut si intense, qu’il fut impossible de sauver nos blessés, le drame dura huit à dix minutes et nos malheureux blessés au nombre de soizante furent retrouvés carbonisé, un seul réussit à sauter hors de la grange, mais est mort le lendemain de ses affreuses brûlures.

Enfin ! nous restions huits jours a l’arrière, et fûmes renforcer par la classe 1914.

Pauvre classe 1914, elle n’a pas existé ! huits jours plus tard, ceux qui n’étaients pas tués ou blessés avaients les pieds gelés, on n’en trouvait plus dix dans le bataillon qui avaient su résister a cette dure vie.

Donc renforcé, comme je l’ai dit plus haut, nous allons en réserve près de la première ligne en alerte, et avons assisté a un fait d’armes sublime de nos (Joyeux). Ah ! nos Joyeux ! nos Bal-d’Af- ! Gloire a eux ! Ce sont les premiers soldats du monde !!

Plusieurs attaques sans succés avaient eu lieu contre la ferme fortifié, que les Allemands tenaient depuis leur attaque du dix sur l’autre rive de l’Yser. On fit appel a trois cents joyeux volontaires pour enlever cette maudite ferme s’étant débarrassé de tout ce qui pouvait les géner, ne gardant que leurs armes. Ils s’élancent, bayonnette au canon ! mais sans tirer un coup de fusil.

Ah ! les Brâves !

En Avant !

A la fourchette, et en chantant la Marseillaise !

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Eux ! on enlevé la ferme ; le bataillon allemand mis en déroute, l’acier seul ! travaillaient. Ceux qui ne purent se sauver étaient embroché sans rémission par nos joyeux, pas de prisonniers sauf un ! presqu’un gamin, qui fut ramené dans nos lignes a cause de sa jeunesse. De nos Joyeux quelque-uns a peine revinrent ! ........ mais le travail était fait.

Comme nous n’avions pas eu a intervenir, nous descendîmes le lendemain plus sur le droite, nous arrivons dans un village rasé, la ruine, plus une maison debout,

La malheureuse Belgique est bien dévastée !! Nous passâmes quelque temps à l’Yserne, ainsi qu’a Zuyttcoke[1], nous descendimes ainsi l’Yser, en laissant a notre gauche la fameuse maison du passeur (dont les journeaux on tant parlé[2]) inutile donc que j’en parle, n’y ayant pas assisté sinon que de loin ! nous voici arrivés a Boésinghe est : le fait saillant ? l’eau ? tout ces terrains inondés pour les Allemans, l’étaient aussi pour nous, l’on pataugeait toujours dans l’eau jusqu’au genou, après vingts quatres heures de tranchée nous ne formions plus que des blocs de boue, toujours froid, boisson froide et manger froid le plus souvent mélangé de boue, tout ce qu’on touchait, tout ce qu’on mangeait, on trouvait de la boue toujours, sur tout et partout, et avec cà sous une canonnade violente continuelle ; Alors, j’ai souffert moralement, le cafard me prenait sans nouvelles des miens. Quand la fin de cette affreuse guerre ?

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Nous sommes venus sur Ypres, les premiers jours de décembre, relevé les Anglais qui avaient rejetés les boches de la ville. Je dois dire, qu’avant de quitter l’Yserne, j’ai eu l’occasion, de sauver un artilleur observateur enseveli dans une cave et grièvement blessés dans les ruines de cette maison violemment bombardé par la grosse artillerie, j’ai était félicité par le lieutenant commandant de ma compagnie, avec promesse de distinction mais… ? cela est tombé a l’eau dont d’ailleurs, je n’en n’ai jamais plus fait mention.

A Ypres ! le front forme le fer a cheval, et nous nous trouvions tout à fait en pointe, a un fortin, en cas de flanchement d’une aile ! nous étions enveloppés ; aussi les boches faisait-il attaques sur attaques, afin de percer notre flanc mais peine perdue, malgré leur fureur, ! malgré leur masse, malgré leurs pertes de vies humaines, ils ne purent y parvenir.

Ypres ne devait jamais plus être repris par les boches. Les Allemands ont perdu a cette endroit des masses d’hommes, des cadavres nombreux couvrait le terrain, non seulement ont repoussé toutes leurs attaques, mais nous harcelions l’ennemi en faisant des attaques nombreuses et répétés par petits paquets, c’était des combats sans arrêt de jour comme de nuit.

A un endroit, nous étions a trente mètres de l’Ennemi. Malheur ! a ceux qui se trouvait blessés entre les deux tranchées ! s’il ne pouvait revenir de ses propres moyens, ! ils étaient condamnés a périr là, de souffrance, de fièvre et de faim ! ; les boches nous empéchant d’aller chercher les blessés.

J’en ai vu plusieurs ainsi qu’il a fallut abandonner a leur triste sort, tandis que nous avions le cœur torturé de leurs plaintes et lamentations, quelquefois on les voyez encore remuer après trois et quatre jours. Grâce ! au secours ! a boire ! et rien a faire la fusillade continuer implacable de part et d’autre. Combien ? de fois ai-je entendu ? ce cri douloureux.

Maman ! Oh ! ce cri ! Maman !

Maman ! le dernier mot du moribond.

Maman ! dans ce mot sonne toute la vie passée toutes les tendresses perdus !

Maman ! !
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Fâce a un fortin, un fossé nous servait de tranchées,

pas de fil de fer devant, rien pour retarder l’ennemi, aussi fallait-il maintenir une très grande vigilance, pour éviter les surprises.

Le peu de terrain devant nous, était rempli de cadavres allemand en décomposition, a notre gauche se trouvait une habitation complétement en ruines, seul : un chat… ne voulant pas quitter ce que fut la demeure de ses maitres continuer à miauler au milieu des décombres se nichant sous quelques pannes, chose bizarre ? Malgré les balles et les obus, ce chat ne fut jamais atteint, alors que cochons et chevaux gisaient là en décomposition depuis longtemps ! avec ci et là des cadav[re]s de boches, quel scène d’attachement ! de voir ce chat restant malgré tout sur les ruines attendant je ne sais quoi ? peut être un problématique retour de ses maîtres ?

Après avoir passé six jours a cette endroit dangereux, nous allâmes en deuzième ligne se reposer dans des « Cagniats » mais que nous trouvâmes plein d’eau, pour éviter cela, moi et un copain nous avons préféré descendre cent mètres plus loin, dans une maison a moitié détruite, nous nous couchâmes sur un sommier poser a terre, la première nuit se passa bien, mais le lendemain a peine venions de nous coucher qu’un 77 après avoir traversé deux murs, le percutant vint se loger sous le sommier même, moi et le camarade fimes un bond et tournions comme deux oiseaux en cage et la poussière aussitôt dissipée, nous sautâmes par un pan de mur, encore une fois, nous l’avions échappés belle !!

Quatre jours plus tard, n’étans plus que des bonshommes de boue ambulant, nous allâmes en repos a Ypres dans les caves du pensionnat communal. Ypres était constamment bombardé par les boches de rage de ne pouvoir reprendre la ville, aussi les plus grosses marmittes étaients destinées pour les plus jolis batiment de la ville, tel que les Halles, Hotel de ville ect. Ces jolis monuments de fine sculpture ancienne qui faisait l’orgueil de la ville, ne sont plus déjà que des ruines.

J’en reviens au fortin de tout a l’heure ; fortifiés, blindés, garni de mitrailleuse, nous donna beaucoup de mal, qu’on en songe que douze attaques échouèrent et qu’il fallait a la fin, se résoudre a faire sauter a la mine.

Enfin ! fin décembre, alors que tant de camarades étaients tombés ou évacués pour rhumatismes, pieds gelés, bronchites ect : je fus atteint aussi a mon tour de dissempterie, cela durera quelques jours pensais-je ? je restais encore quatre jours aux tranchées, Pitkam — Languemarck[3], puis fûmes relevés pour aller en repos, en quittant le secteur une balle m’effleura la hanche. Ce n’était rien, mais je dus être évacuée pour ma dysenterie, devenant de plus en plus faible et dans un état de très grande dépression, je quittai la malheureuse Belgique le 25 décembre 1914 en laissant derrière moi, l’incendie et la Haine ! et l’abominable carnage, me faisant de tristes réflexions, sur la cruauté et la méchanceté des hommes……… tandis que je m’en aller vers le calme et le repos.

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Diriger sur l’hopital de Montfort-sur-Mer

(Ille et Vilaine) je conserverai un agréable souvenir de la facon dont je fus traitér, ou je passais trois semaines heureuse, me semblant transporter dans un autre monde, loin des crimes et des ruines !

Puis nanti, d’une permission de huits jours, mais sans nouvelles des êtres qui me sont chers, loin de ma famille et de mon pays envahi, il ne me rester qu’une ressource aller a Paris, a l’œuvre de la Croix-Rouge et a ce propos, je dois féliciter et remercier chaudement ces nobles dâmes de la Croix-Rouge, ainsi que toutes les œuvres crées pour l’assistance aux soldats sans asile. Nourri abondamment, et loger dans une chambre de luxe d’un hotel chic, je passais quelques jours assez agréablement puis nanti d’un énorme paquet, comprenant linge de rechange et vêtements chauds, je regagnai mon dépôt a Aubusson (Creuse) ou je restais jusqu’au 8 mars 1915, a cette date nous partimes une Cie pour former un nouveau régiment le 413ème d’Inf[ante]rie pour faire parti d’un corps expédi[ti]onnaire et nous rendre aux Dardanelles !

Le régiment formé a St Germain-Lembron (Puy de Dôme) nous partimes le 1er Avril pour la Boisse (Ain) pour rejoindre la Division, l’on croyait partir aux Dardanelles, lorsque contre-ordre est venu, et sommes partis le 13 Avril pour la Somme, prendre les tranchées a Cappy, Fontaine-Cappy, Suzanne Lihons ect : secteur trés calme, parfois nous faisions échanges de journeaux avec les boches, qui nous passait le journal des (Pays envahis) « La Gazette des Ardennes » contre le « Petit Parisien » ou le « Matin »

[en travers dans la marge] Affecté 413e 9e brigade secteur postal 198

26 mai :

Déclaration de Guerre de l’Italie a l’Autriche, nous l’avons fait savoir aux Boches par des pancartes installés au dessus de nos tranchées et par les cris de Vive l’Italie !

28 juin :

Repos à Bayonvillers.

Retour au tranchées a Cappy :

Nous repoussont une attaques allemande et contre attaquant aussitot nous gagnons une tranchés et les entonnoirs des mines que les boches venait de faire sauter furent rapidement occupés par nous et lorsque les boches sont arrivés, ils sont tombés sur nos bayonnettes.

Pour le 14 juillet les boches nous font l’honneur dés la veille de commencer le bal, nous sommes aux premières loges ! Bombardement de crapouillots, accompagnés du canon, avec abeilles sifflantes, concours d’aviation tous les jours, poursuites, virages sur l’aile avec auréole de Scrapnelles, le soir illuminations de fusés, feux de bengale, ect !

Seulement ce sont des feux d’artifice qui durent longtemps, et ne ce font pas sans casse.

Le 26 août, il se passa un incident comique ; dix heures du soir, une demi compagnie est de faction tandis que l’autre se repose, il fait calme, a peine quelque coups de fusil de temps en temps, nous montions bonne garde, lorsque le Commandant de Cie vint faire un tour aux tranchées, quand il crut apercevoir un drapeau ou une pancarte planté a 50 mètres devant, cela fut cause d’une alerte, toute la Cie fut sur pied et fit prevenir mitrailleurs et artillerie, le C[ommandan]t de Cie demande même une Cie de renfort, bref ! tout fut sens dessus dessous, plus les gradés regardèrent, plus ils avaient la conviction qu’on avait planté là quelque chose, et que nous n’avions rien entendu venir, ! Enfin tout le monde est sur le qui-vive ! lorsque résolu a tirer la chose au clair, je me propose au lieutenant C[ommandan]t de la Cie pour aller voir ce que c’était est si possible rapporter l’objet en litige. Le lieutenant refusa d’abord, puis enfin se décida mais a condition qu’une patrouille de quatre hommes et un caporal me suivait à distance.

J’enlevai tout ce qui pouvait me géner, ne gardans que mon fusil chargé et sautai au dessus de la tranchées puis je partis en rampant, je traversai notre double réseau de fil de fer, et avec mille précautions je m’approchai près de l’objet en question, arrivai là je ne pus m’empécher de partir d’un éclat de rire, ce qui me valut une rafale de balles de la tranchées ennemie, je fis le mort quelques minutes, puis lorsque tout fut calmé je revint en rampant, ce qui nous avait mis tant d’anxiété, n’était qu’une superbe tige de betteraves montées, dont les graines se balancant au grés de la brise, ! avait fait croire a une pancarte, de retour a la tranchée ce fut un rire général et le lieutenant après avoir reconnu sa méprise, étant revenu avec mon trophée ne fut pas le dernier a rire, et le plus heureux furent les copains qui purent retourner se coucher tranquillement

5 septembre :

Étant au travail a faire un boyau, une balle m’a contourné le cou, et probablement a bout de souffle ! s’est posé délicatement sur mon épaule. Caresse de la mort ou caprice d’une balle allemande ? Nous quittons ce bon secteur de la Somme, nous allons en Artois, nous allons prendre l’offensive générale. Marchons pour le grand coup de balai, et que nous puissions en finir et retrouver un peu de bonheur, ne faut-il pas espérer ? le bonheur est partout.

Il est dans la famille, auprès du feu qui chante
Dans l’amour dont on vit, dans l’art qui nous enchante
Dans le souvenir triste et doux, de la gaieté
Dans le simple devoir, simplement accepté.

25 septembre :

L’offensive est engagée, nous venons en renfort prés d’Arras, l’attaque nous coûte et échoue, nous redescendons en autobus sur Aix-Noulette, l’attaque a progressé sur Calonne-Lievin, nous traversons des kilométres de boyaux boches, et des cadavres partout et on tue, et on sac, les combats font fureur. Contre attaque furieuse des boches, sans souci des pertes

6 octobre :

La nuit fut terrible pour nous, tout mon régiment est en ligne, avec les trente-deux mitrailleuse de la brigade, nous repoussont sept attaques de la fameuse Garde Impériale ; Ouf ! si on a eu chaud. Le cabaret rouge, le bois en « H » furent le théatre de violents combats.

Notre offensive générale a échoué, mais nous devons tenir nos gains et la lutte continue violente. Mon régiment va a Souchez, au fortin, pendant que la brigade coloniale de notre division emporte le Mont de Vimy.

Grand Dieu ! que le fortin de Souchez fut terrible a tenir, nous étions vu de partout et pris de flanc par la fusillade, notre première journée a cette endroit nous coûta déjà dix-huit morts et vingt-six blessés. Quel horreur !

Une torpille tombe sur un abri, le démoli et bouche l’entrée, trente hommes sont là dedans impossible de les sauver, pour toute oraison funêbre, on met une croix a l’entrée et s’est fini. Chacun pour soi, impossible de rien faire pour les camarades, on est fou, sourd, abruti, c’est l’enfer, le feu et le sang !

Voila trois jours que nous sommes là, ca se calme un peu mais il pleut, il pleut, il fait une boue ! C’est la relève, il n’y a plus de boyaux, c’est un sauve qui peut général, que chacun se débrouille, rassemblement au petit jour a Ablain St Nazaire, et c’est une course éperdue a travers balles et mitrailles, la pluie et le vent, a chaque instant l’ennemi lance des fusées.

Vlan ! en vitesse on s’allonge dans la boue et on repart le plus rapidement possible, on fait ce manège dix fois, quinze fois, quel existence !

Enfin on arrive au rassemblement par un, par deux, par quatre, d’autres viendront parfois le lendemain, triste secteur !

Repos de quatre jours à Petit-Servin. Il pleut toujours, le secteur de Souchez n’est plus qu’un lac de boue.

Nous retournons a ce fortin terrible, il y a tellement de la boue que ça nous rentre par la ceinture du pantalon, il faut deux heures pour faire un kilomètres. Le lendemain de notre arrivée au tranchées, un 210 tombe a l’entrée de notre « Gagna ». Un homme est décapité, un autre est tué par la chute d’une poutre un troizième qui était a l’entrée et a reçu l’obus sur lui est pulvériser, on a retrouver qu’une paume de la main et quatre doigts, c’est tout ce restait d’un garçon de vingt et un an, et cinqs blessés.

A la relève, sur terrain ferme il y a une moyenne de 80 centimètre a un mètre de boue et toujours la pluie, on prend mille précautions pour ne pas être enseveli vivant dans cette mer de boue, cependant deux hommes de la Compagnie tombent dans un trou d’obus, ou une ancienne tranchée allemande et disparaissent dans la boue, et sont ensevelis avec armes et bagages, c’est leur tombeau a ces malheureux ! Triste mort ! !

Repos a Petit-Servin.

Et il pleut toujours.

Après quatre jours, nous remontons encore a ce maudit fortin.

Un camarade qui me fait remarquer que les mines de chez nous Billy-Montigny et Courrières travaillent et frappé d’une balle en plein front, il a laissé sa femme et son enfant a Courrières, il est mort en regardant son pays ! Les Allemands nous envoient un nouvel engin ! La torpille long de 1 m 20 environ ! Le premier s’amène doucement en faisant frou-frou, et fait un éclatement formidable, le second tombe sur un abri a notre droite et tue six coloniaux.

Vivement la fuite de ce champ de boue et de cadavres ! Enfin c’est la relève final, voila deux mois que nous sommes dans ce maudit secteur de l’Artois, le plus mauvais secteur de France nous dit le général d’Urbal dans ses compliments ! Je m’en tire encore cette fois, avec un petit éclat d’obus dans le majeur de la main droite mais que de secousses Grand Dieu !

Nous sommes fort déprimé, notre section nous sommes encore douze hommes sur soizante-quatre. Nous allons en repos a Ramicourt.

30 novembre

Depuis le 25 Septembre jusqu’au 30 Novembre, nous sommes dans ce secteur de boue, nous avons bien gagné le repos. Nous embarquons le 3 décembre, pour aller dans les Vosges, puis mon bataillon vient en caserne a Remiremont.

Nous assistons a l’arrivée de 1.200 prisonniers boches puis a l’HarmanwillerKopf[4], et pendant quinze jours, nous servirons de gardien a ces indésirables qui feront des tranchées d’exercice.

Nous assistons aussi à la visite du Duc de Gonnauht[5] (Anglais) qui vient décorer le Général de Villaret du grand cordon de St Georges.

Ouvrez le ban ! ect ! ect !

Enfin nous avons eu le bonheur de passer la Noêl et le jour de l’an ici, puis le 8 janvier nous embarquons pour Belfort.

De Belfort par la route. Marche !

Cantonnement a Auxelles Bas.

Marche et cantonnement et remarche en route pour l’Alsace.

Arrivée a Peffeterouse[6].

8 jours de repos.

Nous sommes a deux kilomètres de la Suisse.

Puis nous prenons les tranchées dans ce secteur d’Alsace, Largisen[7]— Seppois ect., secteur très calme et bien tranquille, ou nous avons bonne vie et bon cantonnement, nous logeons dans les maisons des civils évacués, nous avons bon lit, bon drap, bon feu, ect ! et bon pinard ! Ce bon pinard ! Rêve du Poilu ! Donc tout va bien dans ce coin, et rien d’interressant a signaler jusqu’au 23 février, date ou je parts en permission de détente.

3 mars 1916

Ma permission expirant ce jour, je parts rejoindre mon corps en Alsace en passant par Paris-Dijon et Belfort, mais avec ces attaques insensés des Allemands contre Verdun, retrouverais-je mon régiment a Lartgissen ou je l’ai laissée ?

Avec cette activité actuelle sur tous les fronts, espérons que la guerre finira bientôt !

7 mars 1916

Je passe par Paris, et pendant que des hommes s’entretue on voit surtout des embusqués, encore ! des femmes et jeunes filles faire la coquette, là-bas ! on se tue. Ici, c’est l’insouciance, l’amusement et la débauche. Je quitte Paris écœuré.

8 mars :
J’arrive a Belfort, la vie du soldat recommence. Il fait très froid, je couche dans la gare en attendant la correspondance.

Puis je rejoint ma compagnie au cantonnement de Peffterausen[8] (Haûte Alsace), voila donc ma permission terminée, et elle n’a pas était rose. Quel Malheur ! de ne pouvoir voir les siens ! Je suis navré, dégoutée, j’en arrive a souhaiter qu’une balle bien placée, me délivre de cette existence malheureuse, et d’autre part je me raccroche désespérément a la vie, pour ma femme, mon enfant, ma chère maman ! Que de souffrance morale doivent-ils aussi subir sous la botte allemande ?

L’industrie principale de ce pays est l’horlogerie, principalement la montre, tous les habitants travaillaient a cet objet a domicile, j’ai remarqué aussi que ce pays est riche, les habitants paraissent aisés, les maisons sont jolis, propres et surtout bien meublés, pour être juste, disont que les ouvriers ici vivaient heureux.

Nous montons aux tranchées a huits heures du soir, il fait un joli clair de lune. et nous sommes dans un bois, ou nous avons une jolie position, nous sommes sur une crête, comme les Allemands d’ailleurs a deux cents mètres en face, une petite vallée nous sépare, ainsi qu’un petit ruisseau, qu’on appelle la « Largue », ce coin est très poêtique, le beau temps renaît, les oiseaux chante, secteur tranquille, nous sommes placée a l’est de Seppois-le-haut, la tranchée n’est pas continue, ce qui fait que la nuit, on place des sentinelles a découvert.

16 mars :

On envoie au Allemands, une centaine de bombes a aillettes, crapouillots de cents kilogs, Ah ! l’éclatement terrible de ces engins, on voit des arbres entier prochetés a plus de dix mètres de haut, nous mêmes sommes tout secoués par l’effroyable éclatement, recevez Messieurs les boches ! Des membres, des troncs humains font la voltige, les arbres sont balancés comme de vulgaires fêtus.

Enfin la nuit, fut tout l’opposé, calme plat, clair de Lune, a l’aurore, c’est le chant des oiseaux, ils nous font un concert sentimental, la nature est riante, c’est doux, enivrant, on fait des rêves rose.

Ah ! qu’il fait bon par moments de vivre !

Pourquoi ce terrible drâme a Verdun !

Pourquoi ? tant de victimes ?

Voilà ! Dix neuf mois de guerre, et je suis toujours là bien portant, sortirai-je indemne ?

18 mars :

Un homme de mon escouade se fait tuer d’une balle en plein front !

Le temps continue d’être beau, la nature suit son cours, comme si rien n’était.

Quel joli temps !

19 mars :

Décidément le secteur deviendrais-t-il mauvais ? Les après-midi, il y a maintenant bombardement furieux, avec lancement de notre part de ces énormes crapouillots de cents kilogs, nous sommes aux premières loges, et nous regardons les tranchées d’en fâce, point de mire des crapouillots. C’est fantastique ! C’est monstrueux ! C’est une horreur ! Rien ne resiste a ces engins meurtriers, tout s’arrache, tout se fracasse dans un bruit d’enfer. C’est effrayant ! Quel atrocité sans nom ! Nous qui sommes a deux cents mètres ou tombe ces engins, nous sommes suffoqués, ébranlés par l’explosion de ces projectiles, qu’est-ce que ca doit-être dans les tranchées allemandes ?

Pourquoi donc ? inventer tant d’horribles engins pour mourir déchiquetés, en bouillie ?

Nous sommes relevés à 7 heures du soir et restons en réserve, mon escouade sert d’agents de liaison jusque « Seppois » secteur tenus par les coloniaux de notre division.

Mon escouade de coureurs, moi chef de liaison, je n’ai rien a faire, me voila pour trois jours tranquilles seulement une ronde de temps en temps a mes postes jusques Seppois entiérement détruit.

Dans la cagna ou je suis, nous avons d’énormes rats pour nous tenir compagnie, ca pullulent, ainsi que les « totos », les poux en masse, pour se passer le temps on fait la chasse aux totos et l’on se gratte, on se gratte.

20 mars :

A la suite d’une corvée hier soir, nous étions égarés et l’on se dirigeaient vers les Allemands. heureusement qu’une torpille éclatant prés de nous, nous rappellent a la réalité.

On ne saurait croire, comme c’est difficile la nuit de se retrouver a travers ces boyaux, trous d’obus, tranchée, ect. !

Aujourd’hui a notre gauche, le 43e Colonial attaque, attaque partielles et locale.

Alors que nos après-midi sont maintenant mouvementés, les nuits sont si tranquilles que lors qu’on entend un coup de fusil isolé ca vous paraît un crime

Cette solitude est charmante…… et angoissante, et dans ce calme des ténèbres… l’on se prend a rêver……

A réver a tous ceux qui nous sont chers, a revivre sa vie, le film de sa vie nous repasse devant les yeux, depuis l’enfance jusqu’a ce jour ; l’on revoie tous les instants de bonheur ! le bonheur de l’adolescence, doux moments de la vie ineffacables ! la joie d’aimer…… et de souffrir ! ! Voila ce que l’on pense, dans le calme de chaque nuit Comme on s’apercois qu’il est doux d’aimer ! Comme on voudrait encore aimer davantage si possible ! et l’on se corrige encore pour rendre plus heureux ceux qu’on aime ! Ah ! vivre… vivre encore ; pour rendre plus heureuse l’aimée…… ! Vivre……, aimer de toute son âme…… et mourir… !

Ainsi court mes pensées, en fumant ma pipe devant la « cagna » a 9 heures du soir, une multitude de rats, vont et viennent, courant de ci-de là, se livrent a leurs ébats en poussants de petits cris joyeux ; ce moquant certes du fléau qui détruit l’humanité.

Sont-ils heureux ces animaux ?

Sommes nous moins qu’eux ?

L’homme est bien peu de choses sur terre !

Malgré tant de tueries, rien n’arrête la marche du monde.

21 mars :

Sommes relevés a huits heures soir par la 11e compagnie et reprenons nos cantonnements a Peffterausen.

Sommes nous en Guerre ?…

On nous lit un rapport exorbitant ! Remarques sur la tenue, l’hygiène, le salut, ect. : comme a des bleus, un tas de choses vraiment inutiles, on nous embête avec des niaiseries. A quoi, ? passent-ils leur temps, ? ceux qui on charge de nous commandés ?

Est-ce que les Poilus de 1789 qui marchaient en sabots et en guenilles, ? n’ont pas remporté la victoire ! ? Alors ?

22 mars

Repos et nettoyages.

23 mars

R.A.S.

24 mars

Nous sommes toujours bien tranquilles en repos a Peffterausen, et l’on fait de bonnes nuits dans les « plumards » abandonné par les habitants, malheureusement je crois, que ca ne va plus durer longtemps !

27 mars :

Il se fait du mouvement, on change notre N° de secteur postal, on s’attend à partir d’un moment a l’autre !

Nous montons pourtant aux tranchées ce soir, le temps est merveilleux.

30 mars :

Nos trois jours de tranchées sont terminées, nous allons quitter le secteur, ou allons-nous ?

A Verdun ! A Salonique ! ?

Nous quittons a onze heures du soir les tranchées directement et nous marchons toute la nuit.

31 mars :

Nous arrivons ce matin a Courcelles et cantonnont.

1er avril :

Repos.

2 avril :

Départ, et arrivons le soir a Foussemane[9] a 700 mètres de la frontière suisse, temps superbe mais qui nous fait suer et avaler de la poussière.

3 avril :

Re… départ, « sur la route remplit de poussière »[10] trente kilomètres ! Quel chaleur !, et on sue, la marche est pénible, des trainards reste sur la route. Un homme meurt de fatigue ou d’insolation. Cantonnement a Auxelles-Bas (Territoire de Belfort, Haut-Rhin).

4 avril :

Nous allons embarquer a Belfort, ce soir a 6 heures, décidément ou allons-nous ?

Mystère ?

On fait la nuit blanche, sur les quais de la gare et touchons des vivres de réserve ! Il est 7 heures du matin lorsque on embarque enfin. Nous sommes empilés comme des harengs, dans les wagons a bestiaux, ce qui nous donnent des positions fatiguantes.

Nous passons par Lure, Vesoul et nous débarquons a 3 h du matin le 6 Avril a Revigny (Meuse). Nous n’avons donc pas quittée la zône des armées et ce qui ne fait aucun doute, nous voilà engagé pour la bataille de Verdun ! D’ici quelques jours, nous entrerons dans la carrière ! Pardon ! Dans la fournaise !

Revigny, c’est le patelin, ou a était descendu un Zeppelin, quelques temps auparavant. Nous allons cantonner a Remancour[11], a 3 kilomètres de Sermaize détruit a la bataille de la Marne. Remancourt est a moitié détruit aussi, la mauvaise vie va recommencer pour nous. Les cantonnements vont être durs a trouver dans ces pays toujours pleins de troupes !

Nous sommes bien fatigués, car nous n’avons pas eu de repos complet depuis notre départ des tranchées d’Alsace et maintenant que nous voila parti pour la Grande action ! De quoi demain sera-t-il fait ??

7 avril :

Nous sommes toute une compagnie logée dans une grange immense, naturellement comme cantonnement ça laisse a désirer, heureusement on connaît le système « D » ; j’ai découvert un petit coin, ou avec un lit en planches et de la paille a volonté j’ai dormi comme un bienheureux.

8 avril :

Notre brigade la 309ème est actuellement commandé par le général Guénot de Montbelliard[12]. Matin et soir, nous faisons des exercices d’attaques, simulacre de prise de tranchées ect : Qu’est ce a quo ! comme dit le Marseillais. Je crois que nous n’y coupons pas pour attaquer a Verdun !

On donne l’ordre a l’instant, de se tenir prêt a partir pour cinqs heures du soir. Mais…… nous partons a 7 heures du matin.

9 avril :

Après une marche de six kilomètre, on prend les autobus, et nous voila partis pour… Verdun ! Que de mouvement partout. Tout le long de la route, c’est un va et vient continuels, d’autobus et camion ect ! Un véritable cordon sans fin d’autobus, qui monte et qui descendent sans arrêt, jour et nuit. C’est fantastique réellement, et on s’apercoit qu’il se joue ici un grand coup ; un effort sans pareil. Nous descendons des camions a deux heures et demie a Souilly, ou se tient un immense camp d’aviation. Comme nous faisons une halte de deux heures, j’en profite pour visiter notre aviation, et j’ai la chance d’assister au départ de l’aviateur Navarre[13].

Nous partons vers le fort des Roseliers, cette marche me parait longue et pénible, je suis mal dispos, malgré la chaleur, j’ai froid ! J’ai la fièvre, et n’ai pas mangé de la journée, aussi c’est complètement fourbu, que nous arrivons au Camp des Romains dans un bois aux premières lignes d’artillerie.

Cette fois, notre artillerie, ne manque pas de munitions, ca tire de partout et de toutes pièces. L’artillerie ennemie, n’arrive pas a répondre. Je crois que nous avons le dessus.

Bravo ! !

Le temps est beau, quelques aéros ennemis essaie de venir voir ce qui se passe ! mais imppossible, nos artilleurs les couvre d’obus et sont obligés de faire demi-tour, ca va je vois que les boches on afaire a forte partie.

11 avril :

Quel vacarme ! Cette nuit l’artillerie n’a pas cesser de tonner, on se croirait sur un volcan, des pièces de tout calibres crachent de partout. C’est qu’a notre gauche les attaques et contre attaques font fureur, même plusieurs fois de jour comme de nuit, nous avons ici une artillerie lourde dont on fait le plus grand éloge.

Une pièce de marine près de nous, tire sur la gare d’Etain a 22 kilomêtres. et on nous promet l’arrivée prochaine de quelques pièces unique au monde ! quelque 400 sortant du Creusot, qui feront la pige aux 420 Allemands. Nous partons aux tranchées ce soir a 9 h 45. J’apprends que les boches par suite d’une furieuse attaque on réussi a gravir de moitié les pentes du Mort-Homme, et qu’ils avaient pour cela employés trois corps d’Armée, et se sont fait abimer atrocement.

Pauvres Insensés ! Malheureux fanatiques ! Marcher a la mort, pour votre tyran !

Notre artillerie tire d’une facon épouvantable ! Crachez mitraille, sur ces boches damnés ! Le bombardement est tellement violent, que nous devons bouchez nos oreilles.

C’est a devenir fou !

Ce n’est plus le cerveau humain qui réfléchit C’est la bête, c’est la démence !

12 avril :

Nous voilas donc affectés a l’Armée de Verdun et nous sommes pour le moment au secteur tranquille de Watronville.

C’est le calme auprès de la grande tragédie qui se joue a notre gauche, et dont nous sommes témoins jour et nuit des grands combats qui se font là bas vers Vaux-Douaumont.

Nous n’avons ici ni tranchée, ni boyau, et comme c’est assez tranquille, nous prenons la garde la nuit en terrain découvert, avec un simple réseau de fil de fer, il va falloir se mettre au travail.

13 avril :

Vers onze heures hier soir, étant au travail, nous avons reçu une rafale d’obus, des mulets qui amenait le ravitaillement sont restés impassible sous le feu, comme si rien n’était.

Braves bêtes !

14 avril :

Voila 24 heures qui pleut sans interruption, nos batteries ont bombardé aux obus axphissiants[14].

18 avril :

Un peu de calme. Depuis que nous sommes dans ce secteur, nous faisons deux heures de garde la nuit, et le reste de la nuit a travailler, malheureusement nous n’avons pas encore eu de beau temps, dans ces plaines marécageuse de la Voêvre[15], nous avons de l’eau jusqu’au chevilles, et avec ca des nouveaux et jeunes officiers très rosses.

20 avril :

Le morale doit baisser dans l’armée adverse ? Chaque jour des soldats allemands se livrent, par un par deux, par six, dans la nuit d’avant hier même, il s’en est présenté un groupe de quinze mais la sentinelle méfiante et perdant son sang-froid, a tiré dans l’tas, ce qui fait que pris de peur, un grand nombre ont décampé, six seulement sont restés, on s’attend a des visites semblables chaque nuit.

Naturellement, ils sont tous des Alsaciens ou des Lorrains, ! fourbes et hypocrites, tous les mêmes ces boches ! Je parte en patrouille, tout est tranquille. R.A.S.

22 avril :

Toujours mauvais temps. Que d’eau !

La 1ère Cie a attaqué cette nuit, pour prendre les petits postes du bois de la Chabotte, en face de nous, nous restons en soutien.

Après un bombardement de 10 h a minuit, la Cie d’attaque se lance a l’assaut, mais ne trouve rien devant eux, les Allemands ayant fait replier leurs petits postes. La compagnie est revenu sans pertes, sauf deux hommes qui ont du s’égarer dans le bois.

Le Président de la République, vient visiter l’état-major de notre division, au fort des Roseliers.

Nous sommes relevés cette nuit, après douze jours de tranchées, et nous allons en repos aux péniches sur la Meuse.

Quel temps, Grand Dieu !

Ca pleut toujours et s’est couverts de boue que nous arrivons à 5 heures du matin aux péniches aménager pour notre cantonnement, il y a peut-être plus de 100 péniches, qui servent a cet usage, trois péniches par Compagnie.

Je suis sur le "Gilbert", mais que nous sommes sales.

Quel misère ! que de souffrances l’on endure ? !

Que de nettoyages a faire ?

Et il faut un rude coffre, pour résister a toutes ses intempéries

Nous sommes trempés, crottés commes des barbets !

24 avril :

Repos

26 avril :

Un homme a la mer !

Un Poilu est tombé dans la Meuse ce matin, on a réussi a le repêcher avec une perche.

27 avril :

Exercices : 2 heures matin et soir, de gros obus boches viennent tomber derrière nous sur des convois supposés probablement ? car leur objective c’est la route !

L’Allemagne s’affaiblit ? A partir de ce jour, on parle de nous diminuer notre ration de pain de 100 grammes ?

Par suite du bombardement par pièces a longue portée des Allemands ; ils nous ont incendiés deux grands depôts de fusées éclairantes ; et supprimé une partie de la route aux convois.

28 avril :

Tiens, tiens ! les aviateurs boches, lancent des circulaires, ou est écrit :

Heureux ceux qui verront le 2 mai !

Que veulent-ils dirent ainsi ?

Que pensent-ils faires ?

Ou est-ce encore du bluff ?

Enfin on verra, plus rien ne nous étonne maintenant, et puis on est endurci ; et si la Mort doit venir,

On la regardera bien en fâce !!

29 avril :

Ce matin, une escadrilles d’avions ennemis, est venue bombarder nos cantonnements, trois bombes sont tombés prés des bateaux ou nous sommes, aucun dégats, par contre, nos artilleurs ont descendu un avion ennemies. Bravo ! la D.C.A.

Ce matin, nous sommes allés aux douches a Dieu s/Meuse, nous avons un exposé au quartier d’état-major du corps d’armée.

Un obus de 420 allemand, non éclaté, qui avait tombé sur le fort des Roseliers aprés avoir traversé trois mètres de béton et cinqs mètres de terre. Le maréchal des logis artificier qui s’est offert pour le désarmer, fut décoré de la médaille militaire.

Quel joli presse-papier !

30 avril :

Temps magnifique, ce matin l’escadrille allemande est revenu a la même heure qu’hier, pour bombarder la fois ferrée[16] sans atteindre leur but.

5 mai :

Malheur de malheur ! Misère et malédiction ! Quand donc sortirons-nous, de toutes ces épreuves ? Voila : que j’apprends que les Allemands ont fait évacuer les habitants de mon pays, donc ma femme serait partis aussi, ! le peu d’espoir qui me restait de retrouver chez moi, quelques bibelots, surtout quelques souvenirs est anéanti !

Voila donc ma petite famille errante, sans feu ni lieu, sans asile, et peut-être sans pain !

Triste, triste, ce sera donc toujours les mêmes qui souffrent et qui pleure… ! !

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Nous partons en ligne a quatre heures du soir. Nous avons étaients témoins sur la route d’un beau fait d’une belle bravoure !

Nous passions près d’une « Saucisse » ballon d’observation lorsque subitement par suite d’une violente bourrasque, le câble s’est brisée, et le vent entrainait le ballon dans la direction des Allemands. Quand tout à coup ! nous vimes l’observateur se jeter franchement en bas de la nacelle… !

Ce fut un Ah ! de stupéfaction par toute la troupe, mais heureusement aussitot le parachute se déclancha, ! et nous vimes l’officier descendre doucement a terre.

C’est admirable de bravoure, se jeter ainsi de quelques huits-cents-mêtres de hauteur.

On signale plusieurs exploits semblables, car vingts de nos « Saucisse » ont étaient désemparés au même moment, et huits observateurs ont atterri en parachute dans nos lignes.

6 mai :

Nous prenons les tranchées a Chatillon sous les côtes. La commune est complétement détruite, et cependant les Allemands continue de bombarder chaque jour avec des 210.

Allons ! nous avons ramené la pluie avec nous en 1ère ligne.

Il pleut :

Ca continue

Ca pleut toujours, nous allons encore être dans un bel état !

Toujours de trés violents bombardements sur notre gauche.

11 mai :

Les poux, les poux, Ah ! la saleté de vermine, c’est une invasion, impossible de se reposer, j’ai pas dormi quatre heures depuis dix jours.

Maudits « totos ». !

Ca vient, on ne s’est comment, et plus on en tue, plus il y en a.

Ah ! saleté de bestiole !

Est-ce que se serait le plus mauvais souvenir que j’emporterai de la Guerre ?

13 mai :

Nous quittons les 1ères lignes, et prenons position en soutien de 1ère ligne a « Vercore » côte 279.

Pendant combien de temps, pensent-ils nous laisser dans cette galère ?

Nous sommes dans un fortin.

……… et la pluie tombait toujours………

Cette nuit je fais encore patrouille, nous rentrons tremper jusqu’au os.

Ici nous ne faisons qu’un repas par jour, a trois ou quatre heures du matin, on avale tout d’un coup, pendant que c’est encore un peu chaud, viandes, légumes, vin, café et « gniolle » et on reste la journée sans manger. Quel vie !

16 mai :

Nous sommes relevés ce soir a onze heures, nous allons cantonnner a cinqs kilométres en arrière coucher sous les toits de tentes, ce qui fait qu’on ne voit pas la différence, si on est au repos ou en 1ère ligne, et puis ce qui est démoralisant c’est que depuis que nous sommes dans ce secteur on ne voit jamais aucune habitation, aucun civil, aucun « bistro », nous vivons comme des loups.

Nous allons au camps du Remblay, en plein bois et comme cantonnement « Néant ».

Il faut travailler toute la nuit, a monter les toiles et tentes, a se faire une « Cagna ».

Voila ce qu’on peut appeler du repos ?

Dans ce maudit secteur, on ne voit que tranchées et bois, et bois et tranchées, c’est toujours la même chose.

18 mai :

Bombardements furieux et sans arrêt de la nuit du coté du Mort-homme.

Que se passe-t-il encore là bàs ?

Réveil a 3 h 30 pour le travail, jusque 7 heures soir, voila notre repos, aux tranchées on travaille, en repos, on fatigue ! « A toi Courteline ». Nous faisons un boyau sous bois, nous avons étaient aperçu dès le premier jour par les avions, aussi toute la journée, il nous font l’honneur d’un bombardement.

Heureusement cà tombe, trop loin, ou trop court, et comme on n’y fait plus attention on continue a travailler la terre, comme des terrassiers de métier et demain les Allemands mettront dans leur communiqué :

« Nous avons dispersés des travailleurs ennemis »

22 mai :

Le bombardement fait toujours rage dans la région, Avocourt, Mort-Homme et Douaumont.

La Mort passe !

Les cadavres continue a s’amonceler !

A l’instant une lettre d’un cousin, me signale deux de ses frères tués… !

Pauvre chair a canon, que nous sommes !

24 mai :

Le bombardement continue avec plus d’intensité. La terre tremble, le ciel est en feu, un roulement atroce déchire nos oreilles. C’est l’enfer de Dante déchaînées. Il est impossible aux civils de pouvoir s’imaginer tant d’atrocitées ! On en constate l’épouvante, en sachant que nos pièces de « 75 » seulement, n’ont qu’un rayon de 25 mètres a faucher, les pièces se touchent.

26 mai :

Temps abominable, et ca pleut, et malgré ca on travaille cette nuit de 7 h soir à 3 h du matin. La nuit est tellement noir, qu’on ne voie même pas a nos pieds pour terrasser, nous rentrons crottés comme des barbets, transi.

Ce boyau est repèré par l’artillerie ennemie qui tire toute la nuit, nous avons un tué et trois blessés.

Le travail de nuit est pénible, par un temps semblable, la marche est lente et difficile, on butte à des pierres, a des petits monticules, a des racines, des culs d’arbres, parfois on tombe dans des trous pleins d’eau.

Que d’énervements !

28 mai :

Nous montons en réserve de 1ère ligne ce soir.

2 juin :

Nous sommes bombardés aujourd’hui, principalement par des 105, leurs obus sont fait maintenant je ne sais de quelle matière ! mais les éclats sont presque toujours en taillant très mince et coupent comme des rasoirs, afin de faire de plus grâves blessures.

C’est la guerre des civilisés ! c’est la « Kulture » ! Que de victimes, que de sang ! que de boue ! Pourquoi faut-il que le génie humain est créé ces engins, ? pour faire des hommes de la chair a paté.

7 juin :

Les Allemands s’acharnent de plus en plus sur Verdun, pas à pas, ils avancent quand même aux prix d’horribles pertes, et la situation devient critique, ils s’useront, et nous aussi, nos pertes aussi sont énormes.

L’Armée Française et Allemande vont-ils s’épuisaient dans ce combat dans fin et sans nom. ?

La râce Française d’ailleurs disparaît petit à petit si ca continue, la France deviendra le pays le plus cosmopolite, ce sera bientôt un peuple mitigée de Russes, de Canadiens, d’Australiens, d’Anglais d’Hindous, Marocains, Serbes, Belges, Italiens, Portugais, que sais-je encore ? ?

Le vrai Français de râce va devenir difficile a trouver. !

8 juin :

La pression ennemie sur Verdun, continue, un bataillon du 40ème est cernée dans le fort de Veaux[17]. Il faut croire que le danger est imminent, car on nous fait travailler cette nuit, a faire des fortifications par un temps abominable, triste mois de juin, il pleut toujours, la situation est critique, toute la nuit, on travaille la pluie sur le dos, les pieds dans l’eau.

Le civil ne pourra jamais se figurer la vie du soldat en 1ère ligne, les misères du Poilu au front.

Pour nous encourager, on nous lit : un ordre du jour du Général Nivelle :

« Le Kaiser a donné l’ordre de prendre Verdun ! Il faut que pour le 15 juin, le drapeau allemand flotte sur la ville ? »

Aussi faut-il précipiter les travaux de défense. Je doute que les Allemands y arrivent !

Mais aussi que d’énormes sacrifices encores a faire ? Quel tuerie ! ! c’est a croire que nous y passerons tous les uns après les autres. ?

9 juin :

Les Allemands on pris le fort de Veaux.

On annonce que les Russes ont pris l’offensive avec succés, que les Italiens repoussent les Autrichiens, que les Anglais aussi vont prendre l’offensive ! Les forces alliés commencent a se faire sentir. Je vois les Bulgares dans une triste position !

Cette fois, la fin est-elle proche ? Et quand les Allemands verront l’inévitable, peut-être se résouderont-ils a faire une paix de sagesse.


Quel temps ! Grand Dieu ! Ca pleut a outrance, on se croirait plutot en décembre, c’est pitié de voir les hommes partir au travail pour toute la nuit par ce temps de chien !

Que d’eau, que d’eau !

Aussi j’ai la veine cette nuit, de ne pas marcher mais cela a manqué de me porter malheur. Alors que j’étais couchée, un obus est tombée au mur de la « Cagna », jute a hauteur et l’endroit ou j’avais la tête, heureusement que le mur de pierre un mètre d’épaisseur a résister. Cela a sauvé ma vie, mais j’ai fait un joli saut et ca ma couper l’envie de dormir.

Ah ! le repos du Poilu !

9 juin :

Pour ne pas changer, ca pleut de plus en plus fort, decidément le ciel s’en mêle aussi !

Qu’avons nous fait, pour être si malheureux ?

10 juin :

Sommes relevés ce jour, cantonnement au bois de « L’Abéol », pour ne pas changer dans un bois.

12 juin :

Repos, donc travail cette nuit, et la pluie tombait toujours……

La guerre aurait-elle aussi dérangé la nature ?

Oh ! triste mois de juin.

Offensive générale :

13 juin :

Ca y est ! Ordre de jour du général Joffre. L’offensive sur tous les fronts est déclanchée ! ! Offensive générale de tout les Alliés, ! Avec nos forces réunies, peut-être arriverons-nous a quelque chose cette fois ?

Je crois que le plus gros effort sera fait par les Anglais, et que dans notre secteur, nous avons pour mission de maintenir le plus d’ennemis possible.

Cette fois, est-ce le bon coup ? ?
Alla ; jacta, Est !
Le sort en est jeté !
Adieu a tous
et
Vive la France ! !

21 juin :

Nous montons en premières lignes ce soir, le temps est beau, continuera-t-il ? Ce soir vers 7 heures 30, on faisaient la sieste a la lisière du bois, en attendant le départ aux tranchés, nous regardions le bombardement monstrueux que faisait les Boches depuis la veille sur Douaumont-Veaux, quand tout a coup nous vimes a l’horizon, comme une nuée de moineaux ! une bande compact et a grande hauteur ! !

Qu’est-ce que c’est ? ?

Peu à peu, nous constatons que c’est des avions ! qui se dirigent sur notre camps.

Est-ce des notres ?

Horreur ! c’est des Boches, comment ont-ils pu passer les lignes si nombreux ?

Toute l’escadrille s’amène au dessus du camps, tout le monde est en émoi. !

Au même instant passent un convoi automobile chargeait de munitions.

Que va-t-il se passer, ? Gare la casse !

Nous n’avons pas le temps de la réflexion toute l’escadrille déployée en fourragère, lance leurs bombes.

Ah ! l’affreuse minute !

L’angoisse la plus profonde se peignait sur tous les visages, nous avons compté 32 appareils.

Quand ces oiseaux meurtriers furent passés, nous nous précipitames, pour voir les dégats.

Nous avions huits tués, 25 blessés et une quinzaine de chevaux d’abattu !

Si les Boches avait su exatement ce qu’ils y avait dans le camps ! Quel horrible carnage, ils auraient pu accomplir !

L’émoi passait, nos artilleurs canonnèrent copieusement les aéros ennemis, les forcerent a se débander, mais malheureusement trop tard, les oiseaux meurtriers avaient accompli leur œuvre de Mort !

Ah ! Que la Guerre est cruelle !

Nul part, l’on est a l’abri.

La mort vous guette tout les centièmes de secondes toujour et partout.

Nous partons aux tranchées ce soir a 8 h 45 pour prendre position a l’ouvrage de "Vercou".

Que de fatigue, dans ces maudits boyaus, on se tord les pieds, on s’arrache les bras et les musettes dans ces boyaux trop étroit, on étouffe !

22 juin :

Le bombardement continue effroyable.

23 juin :

Région Douaumont, Veaux, Thiaumont, Tavannes, bombardement d’une extrême densité, par gros obus de 130 et 305 autrichiens, les 210 et 420 font un carnage épouvantable.

Triste — triste !

Le temps est remis au beau, aussi les avions font de nombreuses reconnaissances, les Boches ont fait d’énormes progrès en aviation, et c’est souvent par escadrilles de quinze, vingts et trente qu’on les voie apparaître

Oiseaux sinistres, de meurtre et d’épouvante. ! !

24 juin :

Après trois jours de bombardements, les Boches ont attaqué hier soir vers huits heures, les Boches se servaient de nos propres fusées, indiquant d’allonger le tir, nos artilleurs furent sujets de la méprise, et allongèrent le tir, dans ces conditions, nos artilleurs firent le jeu des Allemands sans le savoir, et l’attaque réussi, nous perdions l’ouvrage de Thiaumont et Fleury. Voila une ruse de guerre, pas mal réussi.

Peu a peu l’ennemi progresse, avec des pertes énormes il est vrai, mais s’acharnent quand même et fait de ce secteur un véritable enfer !

Guerre de bourreaux, et d’extermination !

26 juin :

Les Allemands par les attaques acharnées du 22 et 23 sur Fleury et Souville, malgré le peu de terrain qu’ils ont gagné, nous mette dans une situation bien critique ! encore une ou deux poussées dans ce genre, et Verdun tombe, car nous avons la Meuse a dos, il serait grand temps qu’une diversion intervienne, pour leur enlever l’envie ou les moyens de continuer ici.

Allons les Anglais ?
A vous l’honneur ! !
On attend !…

28 juin :

Après un bombardement de vingts-quatre heures nos troupes ont repris l’ouvrage de Thiaumont et chassé les ennemis de Fleury

Allons cette fois, les Anglais on commencé. L’offensive est près sur tout les fronts, les Anglais ont mis le temps a se préparer, aussi nous espérons que ca va barder

Un prédicateur, nous promet la Paix pour septembre, quel bonheur !

Courage et patience, il est possible que les Boches voyant la partie perdu, demande une Paix conciliable !

31 juin :

La journées va être magnifique…, il est quatre heures du matin, et neuf « Drachen » boches sont deja en l’air ainsi qu’une trentaine d’avions. Attention. ! ! au coup de bélier !

Combien de morts ; auront nous aujourd’hui a déplorer ? ?

2 juillet :

Temps superbe, aussi il y a t’il activité d’aviation. A 7 h 35 ce matin, nous voyons un combat entre un avion-canon et deux avions de chasse Français contre douze avions boches, nous suivions le combat avec anxiété ! Notre avion-canon fut cerné un moment ; cependant il parvint a se dégager et a regagner l’intérieur de nos lignes, un avion boches en faisait autant mais paraissait sérieusement ébranlé.

3 juillet :

Allons ; l’offensive marche partout.

Ici nous devons tenir et nous tiendrons !

Verdun ! c’est le tombeau de l’Armée allemande.

5 juillet :

J’ai le cafard, j’ai l’horrible cafard !

Quand allons-nous quitter ce secteur ?

Pauvre Alton, comme tu es malheureux ! Comme je m’ennuie, vivement l’arrière, que je puisse boire du vin, encore du vin, pour m’étourdir, pour oublier mon affreux chagrin pour me faire une diversion, car je me sens devenir fou !

Quel vie, quel boue ! comme on s’arrange.

9 juillet :

Nous sommes relevés cette nuit, nous allons cantonner trois kilomètres plus loin, et pour ne pas changer dans un bois, avec nos vulgaires toiles de tentes comme abri.

10 juillet :

Notre artillerie crache furieusement depuis 48 heures, que va-t-il se passer encore ?

11 juillet :

C’est ca pardi ! Les Boches ont attaqué est pris Fleury, les voila a quatre kilomètres de Verdun.

La poussée lente et sanglante continue.

14 juillet :

A l’occassion de la fête nationale, nous avons un menu épatant, bœuf roti, pommes rissolée, jambon et haricots vert, 1/2 litre de vin, 1 bouteille de champagne a quatre, petits beurre, café, cigares.

15 juillet :

Voila bien l’Armée ! Voila plusieurs fois que je fais une demande pour rentrer dans l’aviation moi mécanicien, c’est un instituteur qu’on envoie.

A titre de mémoire, je faisais partie du 6ème Corps au début de la campagne sous les ordres du général Sarrail.

De Maud’huy en Belgique, et Balfourier.

De Castelnau sur la Somme, puis de Pétain.

De D’Urbal en Artois.

De Villaret en Alsace.

Pétain et Nivelle a Verdun IIe Armée.

21 juillet :

Nous partons de Clair Cotes[18] « Belrupt » a 6 h matin pour cantonner aux péniches, demain étape de 28 kilomètres.

Allons-nous dans la Somme, ou reviendrons-nous a Verdun ? !

Marche pénible, chaleur accablante, le sac est bien lourd ; enfin nous voici arrivée au cantonnement a Neuville-en-Verdunois, 22 Juillet.

28 juillet :

Notre repos est terminé, départ demain matin a 6 h 45 en autobus, nous devons attaquer, Bois Fumin et la Laufée.

Advienne que pourra, ! On fera son devoir jusqu’au bout ! !

29 juillet :

Départ : a 6 h 45 en autobus, nous débarquons a Soully[19], et de là nous allons a pied a Belrupt.

31 juillet :

Nous allons prendre position, départ a 5 heures du soir après avoir reçu la bénédiction de l’aumonier. Nous devons attaquer le 1er août a midi sans bombardement, par surprise.

Tout les caporaux ont touché les fanions blancs pour faire les signaux a l’artillerie.

Un petit frisson nous caresse le long de l’échine, bien……… !

Ce n’est pas la première fois, mais on a beau faire le malin, ca vous fait tout de même quelque chose ! ! Et la bénédiction de l’aumonier, nous parait encore plus triste ! Nous partons chargé comme des mules, avec quatre jours de vivres, trois litres d’eau, 200 cartouches, des grenades, fusées, grenades a fusil, ect :

Nous n’avons aucune liaison avec l’arrière, aucun secours a attendre.

Les blessés devront rester sur place et nous sommes a cette endroit pris en feu d’enfilade de tout coté par l’artillerie.

Allea, jacta, est !
et que le destin s’accomplisse ! !


1er août 1916
Prisonnier

Sur le parcours déjà, nous sommes pris sous un bombardement d’obus asphixiants, il nous faut mettre les masques, enfin nous arrivons a l’endroit qui nous est assignés a une heure du matin, après bien des tatonnements dans la nuit, éclairée a toute instant par les fusées et rafales d’artillerie, nous sommes enfin parvenus a nous caser plutot mal dans des trous de marmites.

Nous étions à l’interjontion des Bois Fumin — La Laufée, il est bien entendu qu’en fait de bois, ils n’existent plus que par imagination car il n’y a plus un seul tronc d’arbres, ou d’arbustes, tout est fauché, ravagée, émietter, bouleverser par les obus, ce n’est que trous et bosses, un amas de racines, de fusils, d’équipement déchiqueté, nul ne saurait dire les millions d’obus tombé a cette endroit.

Nous sommes en face du Fort de Veaux occupée par les Allemands, et qui n’est plus que décombres également ; et l’ennemi est là comme nous dans des trous d’obus, a 50 ou 100 mêtres ? On ne sait exactement.

Enfin nous étions a l’endroit le plus dangereux de Verdun, et nous attendons le moment d’attaquer, mais dés notre arrivée, les Allemands on recommencer leur feux d’enfer, et pour notre première nuit du 30 au 31 juillet, déclanchèrent plusieurs simulacre d’attaque.

Fussillade et tirs de barrage, eurent lieu toute la nuit ; puis sur le matin, ils commencèrent un bombardement d’assommoir de gros calibres (210) et c’est ainsi qu’après un bombardement intense de trente heures, les boches nous attaquent. Nous devions attaqué a midi, ils ont prévenu notre attaque, en nous attaquant eux-mêmes a neuf heures du matin le 1er Août.

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Nous étions fiévreux, sous ce bombardement terrible notre artillerie avait peu répondu, nous n’avions pas su manger depuis notre arrivée, nous mourrions de soif ; lorsque je sortis la tête du trou d’obus, un avion boche survolé nos positions a très faible hauteur, et tire avec sa mitrailleuse dans ma direction.

Je prévins les camarades que quelque chose d’anormal se passait, et en effet a cet instant les Boches avancaient sous leurs propre bombardement qui n’avaient pas ralenti, et eurent même des tués par leur artillerie.

Alerte. ! ! Mon escouade se préparant au combat, notre chef de section, le S/Lieutenant Gros, vint se joindre a nous.

On vit les Boches s’avancaients, noirs comme des Sénégalais, avec leur casque de guerre, en forme de chaudron, leur donnaients un air terrifiant. Ils avancaient confiants, croyant que tout avait étaients balayés par leur artillerie. ! Nous étions huits, dans notre trou d’obus, dès qu’ils furent a cinquantes mètres, nous sautâmes tous comme des diables a ressorts, et tirames plusieurs rafales de coups de fusils. Les Boches surpris, marquèrent un temps d’arrêt mais au même instant, un feu de fusil-mitrailleur on couchè quatre des nôtres, et plusieurs grenades éclatérent a proximité, je me retrouve, cherchant une issue pour me replier, impossible !

Les Allemands venaient de tous cotés, nous étions entouré, les deuzièmes lignes avaient étaients enlevés avant nous, nous ne pouvions plus résister Ils sont là ! a trente mêtres, vingts métres…… nous ne sommes que quatre… ! Voyans que notre sacrifice serait inutile notre chef de section jette son révolver en l’air et nous mettions bas les armes.

Nous étions prisonniers. !

Nous, nous étions bien défendu, sur huits hommes quatre étaients tombés.

Nous avions les larmes aux yeux de rage et d’impuissance, mais nous ne pouvions rien contre la fatalité.

Nous étions « fait » par le 88ème Bavarois. Loust ! Loust ! sur ce cri, et sur l’injonction des premiers qui grenade en main, fusil de l’autre, nous faisaient le geste de passer derrière eux, nous partîmes.

Nous avons pu voir alors que les Boches s’avancaient en trois vagues.

1ère vague : Les grenadiers et fusilliers-mitrailleurs.

2ème vague : Les mitrailleurs, et pétroleurs, les lanceurs de liquides enflammés.

La troizième vague, en soutien d’infanterie et un cordon de brancardiers

C’est la « Kulture » qui passent !
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Nous trébuchions de trous en trous d’obus, nous butions sur les cadavres, et des ossements humains et des crânes ravagée par le temps, abandonné là on ne sait depuis combien de mois ! Et nous arrivames bientot a la 1ère ligne de soutien ennemie, a la voie ferré du petit "Tortillard" meusien.

Là, nous fumes reçu sans traces de haine il faut bien l’avouer, c’était a celui qui nous donnerait du café, ou des cigarettes. Nous continuames notre route, j’usqu’au poste de commandement, et nous avons pu constater a notre grand étonnement. ! Que l’ennemi n’avait aucun moyen de défense.

La fameuse organisation Boche, se trouve t’elle en cette endroit en défaut ? Pas une tranchée, pas un boyau, pas un seul réseau de fil de fer. ! Est-ce un défaut a la fameuse cuirasse. ? Nivelle ; le sait-il ?

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Enfin, nous fûmes rassemblés au poste de Ct, environ trois cents prisonniers, un mélange du 413ème, du 414ème, du 41ème Colonial et des noirs qu’on avait joints a notre division pour l’attaquer et qui se trouvaient tout hébétés de se trouver là. On nous fit remettre, toutes nos correspondances puis en route pour le poste de commandement de la Division.

Nous étions maintenant des non-combattants, Mais ; Hélas !! nos souffrances n’étaient pas terminés. Sur notre chemin, nous vîmes des prisonniers russes, travaillant sous nos coups de canon.

Puis, après que le général allemand nous eus passaient en revue, nous repartions sous la garde de quelques artilleries ; à l’arrière. Nous étions encore tout fiévreux, et à chaque source que nous trouvions sur la route, nous nous arrêtions pour boire des litres et des litres d’eau d’une seule traite.

Maintenant, l’artillerie française, semblant tout à coup, pris de folie furieuse, faisaient derrière nous, un « Sabbat Infernal ».

Parfois, nous nous retournions, semblant jeter un dernier regard, vers nos camarades restaient là-bas ! Vers nos morts, et nos blessés gémissant et râlant sur le lieu du carnage ! Un dernier regard d’adieu a la France !!

Nous voila partis, pour la terre d’exil ! A six heures du soir, nous arrivames sans doute au Quartier du Corps d’Armée, on nous parqua dans un pré, entouré de fil de fer, ou on nous servit le café, et nous fimes connaissance avec le fameux Pain K.K. pain noir ressemblant au pain de cheval de chez nous. La première bouchée ; j’ai dû le mastiquer, le retourner, le machonner pendants vingts minutes, puis après force gesticulation, je parvins enfin a l’avaler.

« Je recommande tout particulièrement, ce pain aux nourrissons, pour la formation des dents.»

Nous sommes questionnés par quelques officiers notamment par un jeune lieutenant arrogant et ivre comme trente-six Polonais qui nous dit : que la France était une Grande Nation, mais employer des vilains cochons noirs en désignant les nègres qui se trouvaient parmi nous.

Après une heure de pause, escorter maintenant par les Hulans, nous voilas partis cette fois par la route, et après une marche d’environ quinze kilomètres, nous arrivames a Piennes pour passer la nuit.

2 août :

Départ a neuf heures du matin, nous avons cette fois pour escorte des Hussards de la Mort, nous sommes toujours en France envahie, et dans les villes que nous traversons, nous voyons les maisons transformer en écurie pour la cavalerie Boche, rien n’est respecté, ici une armoire a glace sert de garde-flanc, là un piano sert de mangeoire, ect : Nous arrivons a Landres (Meurthe et Moselle) ou nous sommes parqués dans l’Église.

Nous arrivons a communiquer avec les quelques civils habitant encore la commune, et nous apprenons de la bouche même de la Mère de la victime, le crime odieux qu’on commit les « Barbares » a leur arrivée dans la commune en 1914.

Cette femme qui nous parle, institutrice de la commune, et son Mari furent ligottés sur une chaise, et durent assister, témoins impuissant au martyre de leur jeune fille âgée de 17 ans, qui fut devant eux violenter par neuf de ces brûtes, leurs passions bestiales et criminelles assouvis les boches barricadèrent toutes les issues, et tentèrent de mettre le feu a la maison. C’est a force de soins que ces gens on pu sauvé leur enfant, qui fut malade six mois durant. Nous la voyons le matin, nous apportais soit du lait ou du café, ne se doutant pas que nous sommes au courant par sa Mère du crime odieux qu’elle a subie.

Nous voyons aussi que des rangées entières de maisons ont étaients incendiait a la main par ces « Barbares » sans rimes, ni raisons.

4 août :

De nouveaux prisonniers Français arrivent ici nous rejoindre, et nous sommes heureux d’apprendre par eux, que dans une contre-attaque, le terrain perdu avait était repris, et coincidance bizarre, les boches qui nous avaients pris n’étaient pas retournée dans leurs lignes, et se trouvait eux-même prisonniers des Français. Voilà ! qui nous console un peu.

9 août :

Nous partons, pour embarquer a Autun-Le-Roman[20] a midi, on voudrait bien rentrer en Allemagne, dans l’espoir d’être mieux nourri car depuis notre capture, nous n’avons eu que du pain et de l’eau. Notre espoir est déçu, nous restons dans la zone des Armées, nous débarquons a Harricourt(Ardennes) et partons a pied a Fossé a 7 kilomètres, nous restons là une centaine, cantonner dans une ferme entouré de fil de fer barbelés de quatre mètres de haut.

Nous faisons partie du camp de Wahn, nous dit-on, mais en réalité, nous sommes un détachement en représailles derrière le front Allemand. Espérons ne pas être trop longtemps ici, car nous avons faim,

Nous remplacons ici des Russes, qui nous ont laissé comme souvenir… des puces ! Nous ne pouvons pas encore écrire, le matin nous avons un café de gland, sans sucre naturellement, une soupe a midi, de l’eau bouilli, ou nage quelques morceaux de choux-navets, le soir de l’eau bouilli avec une mixture quelconque genre farine et un morceau de pain K.K grand comme la main pour vingts-quatre heures. A ce régime, nous allons devenir famélique, puis travail toute la journée dans la culture et dans les bois, quelque soit le temps, et comme païe 35 pfennig soit sept sous par jour et deux cigarettes.

20 Août :

A cause du dimanche, on travaille jusque 1 heure. La population des pays envahie, est magnifique comme tenue et comme moral. Ils ont toujours confiance, et espère la délivrance prochaine. Brâves gens !

Pourtant, chaque matin, les civils, femmes, enfants et vieillards sont rassemblés comme nous par un caporal Boche, et doivent comme nous travailler toute la journée sans ménagements, et de plus sont comme nous les premières victimes du blocus depuis le début de l’invasion septembre 1914. Il n’on plus connu la viande, et bien d’autres chose encore de première nécessité.

Heureusement que la population civile est ravitaillé au stricte nécessaire en payant pour le comité Hispano-Américain.

24 août :

Nous sommes tous vaccinés, au sein gauche contre le Koléra.

Que de vaccination, Grand Dieu !

C’est ici comme chez nous, on vaccine a tous bout de champs

30 août :

Nos troupes parait-il auraient avancaient en Argonne, car l’on entend les coups de canon plus rapproché, on apprend parfois quelques tuyaux. !

La Roumanie a déclarée la guerre à l’Autriche. Pourvu que cela fasse finir la guerre plus vite !

Est-ce un bon présage ? Pour nous, le bombardement est très violent dans ces parages, et depuis quelques temps, les Boches parraissent faire des tranchées activement par ici… ? ?

Ah ! Qu’on serait heureux de voir les Francais arrivait. ! Comme on reprendrait vivement les armes, pour chasser ces brûtes.

1er septembre :

Voila, un mois que je suis prisonnier, j’en ai plein l’dos de ces barbares, qui pour une peccadille nous caresse a coups de crosse.

Je plains amèrement ceux qui sont en captivité depuis le début.

6 septembre :

On souffre du blocus, le soldat Boche aussi, le pain manque, mais le soldat Allemand, l’automate subit tout sans se plaindre.

Je me suis rendu compte souvent en parlant avec les gardiens, que tout les Allemands, font le plus grand honneur, a l’Armée francaise, surtout notre infanterie, ils en parle avec un sentiment de crainte et d’admiration !

Ah ! L’infanterie francaise !, Gout, gout. Anglais et Italiens passables, mais les Russes quantité négligables, certains soldats m’ont dit qu’en faisant une patrouille sur le front russe une escouade ramenaient une centaine de Russes prisonniers.

Et puis, les Allemands on tous la conviction que nous ferons bientot une entente franco-allemande pour flanquer une « pile » aux Anglais

Leur Rêves. !

Pourtant, ils ne font rien pour gagner notre estime, ces gens là on une mentalité étonnante et bizarre, ou ils sont plats et mielleux, ou ils sont brutals comme tout.

12 septembre :

Il se fait dans ces parages, d’importants mouvements de troupes. !

16 septembre :

La faim, nous tenaille, on mange tout ce qu’on peut trouver, carottes, choux-râves, betteraves escargots, champignons, on en est réduit a la mendicité, et a ramassé les mégots

Triste vie… ! !

Puis les travaux des champs, vont être terminés et il n’y aura plus rien a rapiner.

Que va-t’on devenir ? ?

Et nous qui croyait toucher du pain du gouvernement francais, comme les journaux ont parlé ?

Il est vrai que les Boches, nous tiennent ici en « présumé disparu ».

17 septembre :

L’artillerie paraît calme depuis quelques jours sur Verdun et l’Argonne, il est vrai qu’il y a tant a faire actuellement sur la Somme.

Allons-nous partir bientôt d’ici ?

Il serait préférable pour nous d’aller bientot dans un camp régulier.

20 septembre :

Nous savons que notre offensive sur la Somme continue, et que si nous n’avancons pas beaucoup nous faisons un mal terrible a l’armée allemande. Aucun répit, il parait que c’est épouvantable. Les Boches qui en reviennent en parle avec effroi ! !

23 septembre :

Ca y est, il n’y a plus rien a trouver, la récolte, n’a pas donner ce que désirer l’Empire, aussi tout le monde en est-il réduit a une nourriture de famine. La ration du soldat boche est diminué aussi. Par ordre de l’Empire, les lundis seront jours sans légumes, ni pommes de terre, ni graisse, de l’eau salé, et un peu de farine pour tout potage. La graisse est un luxe, la viande aussi, c’est l’Allemagne bientot affamé, et le peuple allemand fanatique subit tout sans murmurer.

L’Empereur, c’est leur Dieu !

Le blocus, n’est pas un vain mot, et nos journeaux sur ce point, n’exagère rien, mais aussi, est-ce que l’Empire va attendre que tout le monde meure de faim… ?

C’est nous prisonniers, les premiers qui on compatie. Nous avons une faim atroce. !

On mange les pelures de pommes de terre que l’on peut encore trouver, on va en cachette voler le manger dans l’auge des cochons !

Décidément, vont ils nous laissaient mourir de faim, de misères et de privations. ??

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Mendiants, nous sommes devenus, parfois l’on rencontre des soldats allemands, il y en a encore qui ont bon cœur, mais bien souvent ils ne peuvent rien nous donner, ils n’on pas pour eux.

Ah ! vivement la fuite !

J’ai faim et j’ai l’cafard, et ca manque de tabac, on ramasse bien les mégots, mais sont tellement rares. !

1er octobre :

Les Boches font ramasser les marrons sauvages pour en tirer de l’huile

Ou est l’heureux temps de la petite famille ? ou la gaiété, et la chanson jaillissait des lèvres, heureux de vivre… ! Je commence a croire que ce bon temps ne reviendras jamais plus. !

Maintenant, c’est la souffrance et le ventre creux

Que d’évasion plus ou moins baroque j’ai déjà formé ? mais aucune chance de succès ne se présente.

Nous avons faim, et ce qui est curieux, dans toute nos conversations entre camarades, l’on ne parle que de manger, c’est a celui qui rappelle ses petits plats favoris… Les nuits on songe de repas plantureux… Hélas !

Au réveil nous avons le ventre encore plus creux.

Pauvre insensée ! !

Le cerveau deviendra-t’il malade ?

Par moments je suis pris d’une hilarité bruyante sans rime, ni raison, ou tout d’un coup je suis pris d’un morne abbattement. Pauvre cerveau ! Moments de faiblesse ! Parfois on se laisserait tomber complètement, mais des surseaut d’énergie et de concience, nous font reprendre courage encore. J’aurai connu la noire misère

Malheureuse existence !

3 octobre :

Nous travaillons actuellement aux terrassements et a la fondation d’une scierie mécanique dans le domaine du Comte de Belval, et ces Messieurs ne se gênent pas a abattre pour leurs besoins.

Voila octobre écoulée, et aucune décision militaire encore intervenu !

Pour combien de temps encore, sommes nous prisonniers ? nous qui espérions ne faire que six mois de captivité ?

2 novembre :

Quoique nous soyons ici, bien souvent molestés, il y a des petits camps voisins ou c’est encore pire. Pour une futilité, en surplus de la prison, on applique le poteau de torture, deux heures par jour au piquet de supplice, c’est un fort poteau figée en terre au milieu de la cour, là, on amène le prisonnier nue jusque la ceinture, quelque soit les intempéries, on le soulève de terre d’environ 50 centimètres, pour ne prendre d’appui d’aucune façon, puis on lui attache les pieds et les mains au poteau, le poids entrainant le corps en avant, la position est des plus cruelles, et comme suprême ironie, sa gamelle de soupe est placée a terre devant lui, avec la torture morale est physique, c’est la torture de la faim. Suivant la force musculaire du patient, au bout de trois-quarts d’heures, une heure, voire une heure et demie, les nerfs se détendent la tête tombe sur le coté, le malheureux est sans connaissance ! …

Alors, les Barbares s’approchent enlèvent les liens, et laisse tomber ce corps inerte et l’abandonne jusqu’a ce qu’il revienne a lui.

C’est la Kulture… !
C’est le Deuschland-Über-Alles… !

N’est-ce pas ! mes camarades du camp de Nouart !

4 novembre :

Nous réparons la route de Stenay a Vouziers. Le Komprinz passant en auto, nous jette des cigarettes.

10 novembre :

C’est aujourd’hui mon anniversaire de naissance … loin des miens… trente ans et ma vie brisée ! Trente ans et avoir faim, ce qui devrait être la fleur de l’âge, je suis là sans plus de force qu’un convalescent.

Trente ans ! et avoir femme et enfants a qui manque peut-être le nécessaire !

Triste et abominable guerre… !

15 novembre :

Nous partons sous peu, dans un camp régulier, tant mieux, nous recevrons peut-être des nouvelles et des colis ? pour nous suralimenter un peu, on en a tant besoin.

18 novembre :

Ca y est, nous partons pour l’Allemagne, on quitte Fossé a 9 heures du matin par un froid sibérien et verglas, dix-sept kilomêtres a faire mais la malchance nous poursuit, au bout d’une heure de marche, nous avons la pluie pour le reste de la journée, et c’est trempé, gelé que nous arrivons a Stenay, ou on nous enferme dans les combles d’une caserne pour y passer la nuit, tel que nous sommes, sans feu, sans linge de rechange, sans couverture, transi ! Nous avons du passer la nuit, a grelotter a frapper du pied.

Lamentable troupeau… !

Des journées semblables, nous enlèvent un grand morceau de notre vie.

Suis-je donc, tant vieilli ? que des personnes aujourd’hui me donnait quarante ans… ? ?

19 novembre :

Départ de Stenay a 10 heures, et nous embarquons, le temps s’est remis au beau, nos effets pourront sécher sur nous, nous sommes une colonne d’environ mille prisonniers.


Arrivée des affamés au Camps



20 novembre :

Nous descendons a Giessen (Allemagne) a dix heures du matin, et en route pour le camp. Hourra ! ! Oui ! Mais nous avons sauté une journée sans toucher notre morceau de pain, enfin je crois que ca ira mieux ici, les prisonniers touchant en plus de leur pain K.K. deux kilogs de biscuits par semaine.

Giessen est une jolie ville toute neuve, et le camp est installé a la sortie de la ville a 3 kilomètres.

21 novembre :

Nous avons touché trente biscuits, et du pain, offert par les anciens du camp, aux nouveaux arrivés. Bravo ! ! Les anciens, ils se cotisent, et donnent de leur ration pour nous les affamés ! !

À présent nous toucherons nos deux kilogs de biscuits par semaine.

Nous, nous considérons relativement heureux ici depuis que je suis prisonnier, c’est la première fois que j’ai pu manger a ma faim.

Malheureusement dans le nombre que nous sommes, il y en a qui n’on pas eu la force de caractère de se maintenir. Dans la journée du 23, deux hommes sont morts, un pour avoir mangé ses trente biscuits sans arrêt, l’autre pour avoir manger un fond de boite de conserve, trouvée sur le tas d’ordure, est mort empoisonné.

25 novembre :

Organisation de notre arrivée, nettoyages, douches et vaccination… ! encore ! Les Anglais ici sont heureux, ils recoivent surtout des colis en abondance… les veinards… !

Ces heureux Anglais !

26 novembre :

Grâce aux anciens prisonniers, nous mangeons tous les jours a peu près a notre faim. C’est une jolie preuve de solidarité entre prisonniers. !

2 décembre :

Nous restons affectés définitivement au camp de Giessen. Comme les anciens vivent presque exclusivement avec leur colis, nous avons toujours du rabiot de soupe de l’ordinaire.

Il est vrai que la soupe du camps !… hum ! La soupe pour milles hommes revient a six francs. Beaucoup d’eau, un peu de farine et ca y est !

8 décembre :

Toujours revaccination… ! Et nous ne sommes plus ici pour longtemps, il va falloir partir en détachement au travail.

12 décembre :

Le chancelier a déclarés au Reichtagt a 2 h cette après midi, qu’il venait d’offrir des propositions de paix a tout les belligérants !

Dimanche 24 :

Veille de Noël, a cette occasion, il y aura viande a midi. La compagnie a touché six kilogs de viande pour 800 hommes

Noêl ! me rappelle d’agréables soirées familiales passées !… Hélas !

Noêl ! Pourquoi m’apporte-tu pas la Paix ?

Et la joie dans les foyers ? ?

Noêl ! nous réunit par le cœur et la pensées, Courage les miens !

Je n’ai plus qu’un but, vous revoir et être près de vous pour toujours. ! !

30 décembre :

Voila l’année écoulée, est rien, toujours rien, ! Depuis le 1er août que je suis prisonnier, aucune lettre, aucun colis.

Encore une année, qui se termine dans le marastre ! Nous allons commencer 1917, cette année sera-t-elle la bonne ?

Dès minuit, les Anglais font une sarabande infernale et en monome parcourt les baraques en chantant « Tripperary », ce qui réveille les plus forts dormeurs.

Aussi ça pleut des injures,

A la Porte !
Aux Polochons !

Bonne année, la ferme !

Et ainsi de suite pendant dix minutes.

Puis tout rentre dans l’ordre, on entend les cloches de la ville sonner sans arrêt.

Que cette année, nous amène la Paix ! Car si l’on jette un coup d’œil en arrière, on apercoit que Douleur et Deuil ! !


Sombres Années ! !




1917



1er janvier


Cette année sera-t’elle la bonne ?

Oui : j’y crois fermement, que cette années nous amènera la paix.

La Paix et la Victoire… !

J’ai confiance.

2 janvier

Je suis désignée, avec soixante-dix de mes camarades pour aller travailler en kommando. Nous partons cette après-midi, de la gare de Giessen a 3 h 30, nous allons a « Altena » (Wesphalie) dans une usine métallurgique (Etablissement Basse et Selve), arrivée a 10 h du soir. Nous avons un dortoir, formé avec des lits de camps et un coté d’armoire pour deux, l’impression n’est pas des plus mauvaise, nous ne serons pas seul, il y a déjà ici cent-cinquante prisonniers, la nourriture est a peu de chose près, celle de camps, et 300 grammes de pain K. K. par jour. Les hommes gagnent 95 pfénings et les Caporaux 1M. 50

3 janvier :

Nous avons commencé à travailler à une heure, il y a très peu d’ouvriers à l’usine, des vieillards, des infirmes, quelques permissionnaires et des femmes.

Ca manque d’hommes.

Les femmes sont habillés en homme, ceux qui travaillent aux gares et aux usines portent tous le vêtement masculin complet avec casquettes, molletières, ect :

Hum !… si la situation ne serait pas si triste, on serait porté à rire, c’est plutot libertin, ca rappelle les maisons closes, et les "Claudine" de Willy !

Cela ne dit rien de bon pour la morale, de plus j’ai deja remarquer que beaucoup sont éthéromane.

La nourriture reste toujours, un bien grand problême pour l’Allemagne, les civils n’ont pas plus à manger que nous, il manque de tout et on ne trouve plus rien.

Le manque de cuivre se fait sentir, il passent a la fonderie de la monnaie russe et japonaise, des boutons de portes, des poignées de fenêtres, des agrafes de corset jusque des ustensiles de médecine, tout ce qui est cuivre est sacrifié ; malheureusement une grande partie d’appareils proviennent des usines du nord de la France, tout est bon, il démolirait un établissement entier pour en extraire la moindre partie de cuivre, robinets, tuyautage, batterie de cuisine, tout passe a la fonderie pour en faire des munitions.

Altena, ville de 16 a 18 milles habitants est encaissé entre des montagnes, au pied de l’usine, passe la rivière la « Lenne » la même qui passe a l’usine Krupp, c’est dans cette partie de l’Allemagne que se trouve le plus d’usine métallurgique et mines de houille.

7 janvier :

Quel heureux homme je suis aujourd’hui. Je recois enfin !… des nouvelles de ma femme et mes enfants, les premières nouvelles depuis 28 mois. Enfin ! Quel soulagement !

11 janvier :

Manque de main d’oeuvre, les Boches manquent de charbon, les usines secondaires et l’éclairage des villes est supprimé par intermittence.

Pas de charbon, pas de pommes de terre, et c’est toujours comme partout, le pauvre « Populo » le dindon de la farce.

2 février :

Il fait un froid de loup ; 23° au dessous de zéro. A peine met-on le nez dehors que les moustaches gêlent instantanément

Le 3 février, nous avons jusque 25 degrés de froid.

C’est la Sibérie !

8 février :

Un tuyau ! On apprend que les relations sont rompus entre l’Amérique et l’Allemagne. Est-ce encore, une nation de plus dans la mélée ?

13 février :

Un prisonnier a était frappé par des ouvriers civils aussi avons-nous protestés comme un seul homme et par solidarité pour notre camarade, a la « pause » de quatre heures, nous n’avons repris le travail, qu’après avoir réclamé au directeur, et cela, malgré les menaces des sentinelles, qui avaient chargés leurs fusils et mis bayonnette au canon, pas un de nous n’a bronché, et devant notre attitude énergique, satisfaction nous fut accordé, les ouvriers furent sévèrement blamés, et comme a titre d’avertissement, une heure plus tard deux prisonniers s’évadaient, un Belge et un Français. Pourvu qu’ils puissent réussir !

13 février :

Nos malheureux copains, qui s’étaient évadés avant-hier, ont étaient repris, et ramenés au commando cette après-midi : ils furent passaient a tabac par le « felvebel » (sergent) qui les as battus comme plâtre, a grands coups de cravache puis exposés dans la cour face au mur en garde a vous pendant quatre heures.

18 février :

Enfin ! après sept mois d’attente, je recois mon premier colis, pourvu que je n’attende pas encore sept mois après le deuzième !

5 mars :

On est surpris que nos correspondances n’arrivent pas ! J’ai apercu aujourd’hui les sentinelles qui déchiraient nos cartes-correspondances, que nous avions écrit dans la journée.

Canailles !!

15 mars :

La misère devient de plus en plus grande, au point que les civils, en sont devenus a mendier aux prisonniers, c’est le renversement des rôles.

18 mars :

Changement de gouvernement en Russie, devenue république ! Puisse cela en devenir autant en Allemagne, et dans les monarchie avoisinante ! Puisse-t’il se former si possible, les États-Unis d’Europe pour le plus grand bien du continent !

20 mars :

Les Boches, commencent leur recul sur le front ouest et comme ils ont fait en entrant, ils brûlent et saccagent tout en se retirant.

On s’apercoit toujours nous ; prisonniers lorsque ca va mal sur le front pour les Boches, comme actuellement, ils ne cherchent qu’a nous humilier et a nous embêter par des petites misères ridicules, tout nos colis sont ouvert et fouillés, les boîtes de conserves ouvertes ect : aussi au lieu d’arrêter les évasions, ils se multiplie (trois depuis huits jours).

Ah ! vivement le retour en France !

Quel beau jour ! Quel soulagement !

Les malheureux civils des pays envahis manque souvent de pain. Que de douleur pour une mère lorsque l’enfant demande une tartine, de faire cette réponse : Mon chéri, tu sais bien que la ration de pain, nous as encore était diminué ? Mon cœur s’arrache de me voir là, impuissant. Les enfants des pays envahis se souviendront longtemps de cette guerre, et des Boches avec leur rationnement de famine ! Pauvres chérubins !

24 mars :

Le manque de combustible se fait sentir partout, plus de la moitié des fours sont arrétez jusque dans les usines de munitions.

Depuis bientot deux mois, il devient impossible de trouver du tabac, ca manque de tout.

4 avril :

Je m’ennuie énormément, depuis trois mois je n’ai plus aucune correspondance avec ma femme. J’ai le cafard ! On ne peut vraiment avoir le cœur content deux jours de suite. L’inquiétude me tourmente !

La nourriture est exécrable, ils parviennent encore a nous faire a manger, avec des balayures, de la paille et un peu de betteraves, nourriture que les cochons chez nous ne voudraient pas manger.

Je ne suis décidément pas veinard, les lettres et colis ne me connaissent pas, il y en a qui sans être nécessiteux, ni des régions envahie, recoivent quantité de colis de leur Comité départemental Le Comité du Pas de Calais est ingrat, voila bientot neuf mois que je suis prisonnier, et j’ai pas encore reçu un seul de leur colis. Ah ! misère !

Ai-je attendu neuf mois pour répondre a la mobilisation ?

15 avril :

Des blessés arrivent ici a l’hopital, les débris des divisions allemandes anéantit a Arras par l’offensive anglaise.

18 avril :

J’apprend avec satisfaction que Liévin (Pas-de-Calais) est reconquis, les Anglais continue leur avance. Mais ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’envisage les combats livrés dans la région de mon domicile ! Ils me semble voir les miens obligés a chaque instant de se blottir dans un coin de la cave, et vivre des transes continuelles. Pauvres chéris ! !

Je travaille actuellement au sommet d’une colline a vider des berlines de terres et démolitions

Parfois, je me plait a comtempler vers l’ouest. Par là, ! c’est le bonheur !, l’aimée ! les chérubins ! la Maman chérie !

Là bas ; c’est la France ! !

19 avril :

Des deux kilogs de biscuits que la France nous envoie, le felvebel nous rationne à cinqs biscuits par jour. Résultat : double évasion cette nuit et cela va continuer ! Drôles de gens !

Les Boches ont une mentalité stupide, croit-il que c’est avec du vinaigre qu’on attrape les mouches ? Beaucoup de colis nous parviennent soulagés d’une partie de leur contenu.

Ces gens que je ne connaissais pas avant la guerre maintenant que j’ai pu juger leur manière de faire, je les déteste et les haïs.


L’Amérique entre dans la lutte, et tout les états rompe leurs relations avec l’Allemagne. Voila a quoi, aura abouti le militarisme Prussien et un gouvernement autocrate sans scrupules.

24 avril :

On parle d’une manifestation monstre qui aurait eu lieu a Berlin, la troupe aurait tiré, on parle de huits cents manifestants tués et blessés à Berlin ainsi que Mayence, grêves et émeutes.

Les Allemands veulent prendre les prisonniers russes dans un piège ! Ils ont donné aux Russes des feuilles en leur demandant de signer, s’ils sont pour ou contre la révolution de leur pays ? Ceux qui signerent la feuille passent retourner au camp ou il leur sera fait un traitement de faveur ect. : On voit l’astuce des boches, cherchant des complices parmi les prisonniers, comme ils ont tenté pour les Mahométans, ou la brigade irlandaise de récente mémoire ?

Tous les moyens leurs paraissent bons.

6 mai :

J’apprends avec plaisir que toute ma famille est maintenant rapatriée en France.

7 mai :

Le beau temps est revenu, une activité fiévreuse règne en ce moment en Allemagne, les usines de munitions marche a outrance, la culture fait rage, tout les prisonniers cultivateurs doivent travailler la terre, on voit que les Allemands veulent faire fructifier la terre le plus possible, tout cela fait prévoir, qu’ils ne veut pas encore céder facilement, et cherche a faire la doublure, mais quel rationnement méticuleux ?

12 mai :

Les Boches chantent victoire, pour avoir parvenu a arrêter l’offensive franco-anglaise. Espérons qu’ils déchanteront bientôt ! Attendons !

Les Boches font grand bruit aussi, au sujet de leur 6ème emprunt de guerre qui vient d’être couvert. Mais c’est la main forcée, car dans toute les usines, a tous les salariés, on retient d’office sur les appointements pour l’emprunt. Tout est militarisé.

22 mai :

Une tragique émeute a éclaté dans un commando a une trentaine de kilomètres d’ici, par suite de mauvais traitements, les Français se sont révoltés. Le poste : soit huits sentinelles auraient étaient tués ou blessés, ainsi qu’un certain nombre de civils. C’est grâve ! Combien de prisonniers ne reverront plus la France ?

Que d’humiliations auront-nous a subir du contre-coup, déjà aujourd’hui notre chef de commando, est d’une râge folle et a tout bouleversé dans nos chambres. Quand reverrons-nous la France ? ?

23 mai :

Aux dernières nouvelles : 16 Français auraient étaients tués au cours de l’émeute signalée plus haut.

24 mai :

Un Russe ayant prétexté, ne pouvoir travailler ayant le pied gauche fortement enflé (blessure de guerre) fut passé a tabac et piqué a coups de pointe de poignard.

30 mai :

Réveil en sursaut dans la nuit a 2 h 1/2. Coups de feu, cris, bousculade ! Une triple tentative d’évasion échouée, le felvebel sans doute averti par quelques lâches, faisait le guet, et a la première effraction de la porte, tira plusieurs coups de révolver a travers la porte, et nos trois évadés furent repris et passé a tabac a coups de barre de fer par le Poste, un a échappé a la mort par miracle, une balle lui a labouré l’os frontal. Triste nuit ! Depuis plus rien ici nous appartient, nous devons remettre les clefs de nos caisses ou valises au Poste et des fouilles ont lieu chaque jour

Juin :

Rien d’interressant, sinon que les rigueurs sont de plus en plus arbitraire surtout pour les Français.

Notre grande offensive de printemps a encore échoué. Qu’importe ayont confiance quand même ! Ah ! Quand l’effondrement prochain de l’édifice germanique !

Juillet 14 :

Un sous-officier de notre chambre, ayant fait quelques jubilations patriotiques et crier Vive La France ! recoit trois coups de pointe de sabre du felvebel, de plus huits jours plus tard il est envoyé dans un détachement de représailles, nous apprendrons plus tard au mois de mai 1918, que ce malheureux est mort de la tuberculose. Oui ! Messieurs les Boches mais le manque de nourriture, et les mauvais traitements que vous lui avez infligée, y sont pour une grande part responsable.

18 juillet :

Le chancelier allemand, l’homme aux chiffons de papier est renversé.

12 août :

Débris, balayures, papiers, culs de bouteilles tout est rachetés par les municipalités, les orties pour faire des épinards et du coton. Les orties sont payés 48 mark les cents kilogs.

Tous les deux jours, on nous donne des orties a manger.

Plus de chaussures, une planchette de bois, maintenues par deux courroies a la cheville, voila, la nouvelle chaussure nationale allemande ! Plus aucune matière, ni denrées n’est trouvable. Une paire de chaussures vaut 120 mark, un complet pour hommes de 600 a 800 mark, la misère s’agrave, encore un peu de patience, c’est a nos gounements[21] de ne pas lâcher.

Septembre :

La dêbacle chez les Russes, ils abandonnent leurs positions sans combattre, ce n’est plus une défaillance, c’est une lâcheté, les Russes on perdu jusqu’au sentiment de l’honneur ! Par leur inconcience et leur trahison, ils sallongent la guerre et toutes ces conséquences !

Septembre 28 :

J’ai était a l’enterrement d’un prisonnier mort des suites de privations et de tuberculose, des couronnes furent offertes par les Français et Anglais, environ 200 prisonniers assistés aux obsèques ainsi qu’une députation de boches en armes.

30 Septembre :

Grande fête patriotique en Bochée a l’occasion du 70ème anniversaire du maréchal Hindenburg !

10 octobre :

La situation ne change pas beaucoup, les Allemands avancent en Russie, les Anglais en Flandre.

Mais aucune décision ne viendra cette année !

30 octobre :

Patratac… ! Après la débacle russes, voici la débacle italienne, trahisons ! ! Mais aussi pourquoi, avoir laissé l’immunité diplomatique au Vatican ? ?

10 décembre :

Chez les Russes, c’est l’armitisce, et peut être la paix ! Pauvre nation ! Donc le bilan de fin d’année peut se résumer ainsi, armitise et trahison des Russes qui entraine la Roumanie, prochainement paix séparée ? Scandales en France, affaires Bolo, Malry, Humbert, Caillaux ect : que sais-je encore ? et j’en oublie, voila ou nous en sommes, est-ce une déconfiture ? ou une épuration ? Allons Clemenceau ! A toi, le coup de balai… ! !

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1918
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16 janvier

Par suite de la fonte des neiges, et de fortes pluies la rivière "Lenne" a débordé, l’inondation commence a huits heures du matin, a cinqs heures du soir certaine maison d’Altena avaient de l’eau jusqu’au premier étage, dans la nuit l’eau commença a se retirer et le lendemain l’inondation était terminé.

27 janvier :

Anniversaire de l’Empereur, cette journée fut triste et monotone, aucun cortège, aucune sortie, on sent un malaise général. L’Empereur est à son déclin, et a perdu beaucoup de sa popularité.

Fin janvier :

De grandes manifestations ouvrières ont lieu contre la guerre, mais surtout contre la rareté des vivres, dans les grandes villes d’Allemagne, Berlin, Francfort, Hambourg, et Mayence sont en effervescence.

Fin février :

On nous bourre le crâne chez nous ? soit… ! Mais au pays des marcks je crois que l’on bat le record, il ne se passe pas de semaines, sans qu’ils paraissent quelques dépèches sensationnels ! Le peuple jubile aujourd’hui, pour retomber dans le néant le lendemain… ce qui n’empèche pas le Populo de mordre a pleines dents à la fausse dépèche suivante ?

Et ces par ces moyens qu’une minorité intelligente conduit la Grande Masse imbécile ! ! !

Fin Mai :

Les Boches ont criée par dessus les toits, qu’ils voulaient une paix sans annexion ? On le voit d’après la paix russe, ils accaparent la moitié de l’Empire, le Kaiser prend la couronne de Courlande, la Lithuanie, ect. Paix sans annexion ! Quel mystification ! La nation russe est honteusement roulé, et pour nous… ? est-il possible de parler de paix dans ces conditions ? ?

Je vois la situation en noir, surtout l’impossibilité de se refaire une vie ! Il me semble perde peu a peu de mon énergie, de ma volonté. Bizarre ! moi, qui la pipe au bec, crânait devant la mort, vais-je flancher devant la vie ?

Fin juillet :

La grippe espagnole rêgne en Allemagne. Les hommes tombent comme des mouches. En deux jours, nous avons quatre-vingts malades dans notre détachement, a tour de rôle des hommes tombent subitement, en évanouissements. Dans ma chambre, sur vingts-huits, il y a vingts-trois malades, heureusement, aucun cas grave et en quelques jours les malades sont rétablis.

Octobre :

Le prix du tabac actuellement, et de cents marcks le kilog, et…… introuvable. Les pommes de table, grosse comme des noix 3 M. 20 le kilog. Les oignons deux Marks 40. Le vin, et un petit vin du Rhin. 12 à 14 marck la bouteille, tout est d’un prix exorbitants.

Les Centraux prennent la danse, c’est le commencement de la dêbacle !

La Bulgarie épuisée fait la paix séparée. La Turquie presqu’anéanti va la suivre bientôt, et les Allemands reculent toujours sur notre front :

A Berlin : Grand dissentiments politiques et émeutes. Leur demande de paix, plusieurs fois renouveler de suite prouve un grand abattement.

Cette fin d’année sera très bonne pour nous ! Il me semble déjà entrevoir a l’horizon l’ère nouvelle qui se lêve !

15 octobre :

Le Nord et le Pas-de-Calais est libérée !

Avant peu, ce sera la France toute entière !

Bravo ! Foch ! Bravo ! Clemenceau !

Vive la France !

L’Allemagne est aux abois. ! Je vais bientôt ; pouvoir revoir ma femme tant aimée. Tant pis ! la ruine et la misère ! La misère est douce, quand on est deux pour la partager. Qu’importe les quatre planches du lit de camp. ! Cela semblera de l’acajou. !

Le morceau de pain semblera bien meilleur a partager avec ceux qu’on aime ; l’envie de vivre plus joyeuse…… quand il y a la tendresses ; la tendresses et l’Amour ! C’est la loi divine, c’est la loi du cœur !

Début de novembre :

Les événements se précipitent d’une facon vertigineuse.

Paix avec la Bulgarie, la Turquie, l’Autriche.

République en Bulgarie, et en Autriche.

Et allez-donc, il y a du bon !

En Allemagne, Révolution !

C’est l’Armitice bientôt, et la paix très proche.

9 novembre :

Cà y est ? Fuite de l’Empereur et du Komprinz. C’est le gouvernement provisoire installée en Allemagne, et bientot la République !

Remarquant en passant ; que la Révolution est un chef-d’oeuvre d’organisation.

Le changement de régime se fait dans le calme et avec un ordre parfait.

Les militaires sont désarmés, et les insignes de l’Empire enlevés, tout travail est arrêtée aujourd’hui pour fêter la République.

C’est la Paix !

Vive l’évolution sociale ! !

Mais malgré cà, nous prisonniers,

Nous n’oublierons jamais ! !

11 novembre :

Nous apprenons que l’Armitice a était signé a onze heures ce matin, aussi sur l’ordre qui nous est donné d’aller travailler demain nous refusons catégoriquement ! Ce fut des discussions avec le poste, des démélés avec la direction de l’usine, ect : bref ! Il nous fut répondu qu’on nous ferait marcher avec l’aide des mitrailleuse. Et en effet, des mitrailleuse furent appelés. Alors, nous demandames a avoir une entrevue avec le Conseil des Ouvriers et Soldats(Comité Révolutionnaire), l’entrevue fut accordée, des délégués du C.O.S. furent appelés, et après discussion nous donnèrent gain de cause et nous ne devions plus travailler. Hourra ! Nous avons jubiler, nous prisonniers car cette fois, nous avions vaincu les Boches.

13 novembre :

Départ d’Altena a 3 h 30, nous repartons tous au camp de Giessen, arrivée au Camp le 14 a 1 h du matin, nous sommes dans les premiers arrivée au camp, nous aurons donc le bonheur de former les premiers convois. Nous sommes ici très bien nourris, des vivres de réserve du Comité de secours francais et des biscuits a volonté. Adieu pain K.K. ! Les prisonniers rêgnent en maîtres, les corvées sont faites par les sentinelles boches. Nous sommes vainqueurs et nous prenons un peu de notre revanche.

On démolit les barricades pour faire du feu, en colonnes on fait des manifestation patriotiques dans les grandes allées du camp, pendant que les sentinelles boches nettoye les ruisseaux et nous regardent béat !

Départ d’un convoi de 1.200 hommes dont je fais parti le 24 novembre a 7 heures du soir. Nous traversons la ville, drapeau et musique en tête, et chantant la Marseillaise !

A la Gare, on forme le cercle, on envoie balder les Boches qui viennent nous mendier un biscuits, puis en pleine place de la Gare, c’est la France qui rêgne. C’est la Marseillaise ! et c’est la Liberté ! et au moment d’embarquer, on entend qu’un cri :

Vive la France ! !


Le 25 novembre a cinqs heure du soir, nous arrivons à Sarrebourg, première ville que nous rencontrons occupée par les Français (1er de ligne). L’émotion est a son paroxisme, a la descente du train, toutes les sentinelles francaise en gare, doivent subir nos embrassades, n’est-ce pas la France, que nous retrouvons en eux ? en ces brâves poilus !

Nous fimes une promenade d’une heure en ville. Sarrebourg est une grande et belle ville, l’animation est intense, le tramway marche, les magasins très luxueux sont ouverts, des patrouilles de cavalerie francaise parcourent les rues, nous allons jusqu’a la caserne ou est cantonné la 1ère de ligne, nous y voyons là une centaine de chevaux boches presque mourant d’inanition, et une quarantaine d’auto abandonné, et aussi des boches prisonniers pris les armes a la main dans la ville.

Nous reprenons notre train a 9 heures ce même jour, nous passons a Forbach, ou nous entendons une joyeuse et glorieuse musique francaise. C’est un bataillon du 233ème qui fait son entrée en ville, au son entrainant d’une fanfare guerrière.

Oh ! ce clairon ; au son net et clair !

Comme il nous rappelle nos souvenirs.

Notre douce France ! Chaque nôte retentit dans nos cœurs comme un souffle d’allégresse !

Le 26 au matin, nous sommes a Metz, nous entrons en gare, en même temps que le train spécial du maréchal Foch.

Nous sommes en France ! Nos peines sont terminées, c’est le salut ! c’est la Liberté !

Vive la France !!




FIN
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A. Dondeyne













Montbrison
10/01/19

« Omission au 1er août 1916. » Blessé d’un éclat de grenade à la nuque au moment de la capture. Blessure légère.




À ceux qui font Bravo !


 
Avez-vous vu, des morts, couchés dans l’herbe verte
Des cœurs apparaissant par la poitrine ouverte
Des blessés s’accrochant aux fils de fer tordus ?
Des membres déchirés, et des crânes fendus ?
Avez-vous vu des corps transpercés par les balles
Avez-vous des mourants entendu les longs râles
Comme un soupir errant, se perdre dans le soir ?
Vous qui faites : bravo ! si vous aviez pu voir
Comme nous l’avons vu cet horrible spectacle
Ô ! si vous aviez vu la mort épouvantable
S’acharner chaque jour à faucher l’innocent
Si vous aviez vu, l’eau teinte par tant de sang
Si vous aviez subi, l’averse de mitraille
Si vous aviez senti la morsure du fer
Si vous aviez vécu cinq ans dans cet enfer
À moins que vous n’ayez un cœur dur de panthère
Hélas ! j’en suis certain, vous maudiriez la Guerre


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A. Provost 11 Novembre


xxxxxxxxxxxÀ l’effroyable bombardement
a succédé un silence tragique ; c’est l’instant
suprême de l’assaut. Chacun sait qu’il va
apporter sa tête, sa poitrine, son corps tout
entier aux fusils braqués d’avance, aux obus,
aux grenades accumulés et surtout à l’implacable
mitrailleuse.

Les soldats sont prêts aux suprêmes sacrifices
Leurs pensées, rapide, va vers ceux qu’ils
ont laissés là-bas, ceux pour qui ils ont
vécu et pour qui ils vont mourir, peut être
ils revoient, tout a la fois, et pourtant avec
une netteté étrange, les vieux parents….
les enfants… les grands bœufs……… la vieille
maison natale……… Puis brusquement, la
terrible réalité les saisit et ils s’élancent vers
le carnage et vers la mort……………………


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Soir de bataille

 
Sous un large soleil d’été, de l’aube au soir,
Sans relâge[22], fauchant les blés, brisant les vignes,
Longs murs d’hommes, ils ont poussé leurs sombres lignes,
Et là, par blocs entiers, ils se sont laissés choir.

Puis ils se sont rués en étreintes féroces,
Le souffle au souffle uni, l’œil de haine chargé ;
Le fer d’un sang fiévreux à l’aise s’est gorgé ;
La cervelle a jailli sous la lourdeur des crosses.

Victorieux, vaincus, fantassins, cavaliers ;
Les voici, maintenant, blêmes, muets, farouches,
Les poings fermés, serrant les dents et les yeux louches,
Dans la mort furieuse étendus par milliers…,

Ô boucherie, ô soif du meurtre, acharnement
Horrible ! Odeur des morts qui suffoques et navres,
Soyez maudits devant ces cents-mille cadavres
Et la stupide horreur de cette égorgement !

 
Mais, sous l’ardent soleil ou sur la plaine noire,
Si, heurtant de leur cœur la gueule du canon,
Ils sont morts, Liberté, ces braves, en ton nom,
Béni soit le sang pur qui fume vers ta gloire !

Leconte De Lisle


« Par milliers, dans ce grand cimetière, Pâtres et laboureurs, sans linceul et sans bière, Tous frappés par devant, se couchèrent un soir… Ils avaient accompli saintement leur devoir."

(André Lemoyne)


La Guerre tuera l’humanité, si l’humanité ne tue pas la Guerre.

(Lavisse)


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Hommages aux morts


Tous ont rivalisé de courage, d’ardeur, et d’abnégation ; tous sont dignes de vivre éternellement dans la mémoire de leurs concitoyens. Ils ont versé leur sang pour une cause sublime : le salut de la patrie et l’avenir de l’humanité ; et s’ils sont morts avant d’avoir connu la victoire finale, ils ont eu du moins la consolation de l’avoir pressentie et préparée. Au moment, où frappés d’une balle ou d’un éclat d’obus, ils ont vu approcher la mort — la mort sereine et glorieuse qui accompagne les drapeaux aux combats —, ils ont eu, dans une minute d’émotion suprême, un tendre souvenir pour ceux ou celles qu’ils aimaient : ils ont eu aussi, n’en doutons pas une fidèle pensée pour la France à laquelle ils donnaient leur vie et qu’ils ont entrevue maîtrisant les armées allemandes, se relevant de leurs ses blessures et se consacrant de nouveau, dans une paix féconde, aux travaux dont l’a détournée l’agression de l’ennemi. Avant même que se fussent complètement réalisées leurs espérances, ils ont pu, en mourant, se dire que jamais cette France n’avait brillé parmi les nations d’un éclat plus pur que jamais elle n’avait mieux mérité l’admiration du genre humain, et que fille de tant de siècles, héritière d’une si haute renommée elle avait encore trouvé dans l’héroïsme de ses soldats un surcroît de grandeur et de beauté.

Raymond Poincaré


Discours prononcé par Dondeyne Alton
au Banquet du 11 Novembre 1935



Messieurs, Chers Camarades,

Si je me suis permis de demander la parole, c’est parce que nous sommes ici entre anciens Frères d’armes, car je n’ai rien d’un orateur, et d’avance, je demande toute votre indulgence.

Dans des réunions comme celle-ci, et dans le but de raffermir toujours davantage nos liens de camaraderie, et aussi parce que le Français a une certaine tendance a oublier assez facilement.

J’estime qu’il est bon, qu’il serait bon que de temps a autre, et des voix plus qualifiés que la mienne, viennent nous entretenir de quelques passages du Front. Autrement dit "Ranimer la Flamme, du Souvenir" !

Si vous le permettez, je vous dirai aujourd’hui quelques mots seulements de la mémorable bataille de l’Yser, Oh ! soyez tranquille, je serai bref et j’aurai soin de n’aborder qu’un point de vue générale.

Je vous ramène donc, mes chers camarades a 21 ans en arrière, en pleine bataille de l’Yser aux jours tellement critiques d’octobre 1914 et surtout de la deuzième quinzaine d’octobre qu’il fallu immédiatement prélevé milles hommes dans les hopitaux, parmi les blessés les plus valides, dont je faisais partie.

Pour former, un bataillon volant du 162ème RGT d’infanterie, et avec ce modeste renfort nous désirions soutenir les débris de la vaillante armée Belge, et soulager ceux qui luttaient un contre dix, qui devaient tenir 24 heures et qui ont tenu dix jours, nos tenaces et héroïques fusilliers-marins.

Sans aucune transition, et au pas de gymnastique, il fallu immédiatement reprendre contact avec l’ennemi. c’est d’abord les Dunes de Nieuport, Dixmude, Lombardzile, St Jacques Cappel, Langemark, Ypres ! et j’en oublie.

En changeant d’emplacements, presques tous les jours pour faire croire qu’il y avait du monde, et constamment, sans répit, par petits paquets, ils fallaient attaquer section par section, pour obéir aux ordres du Général Joffre, ils fallaient grignoter l’armée Allemande.

Il fallait voir, ces hommes reprendre le collier dans les marais de l’Yser, dont presque tous, portaient encore le pansement saignant des premières blessures.

Et au cours des attaques et des contre-attaques dont je vous fais grâce des détails, que vous connaissez tous, dans ces mouvements de recul et d’avance, de va et vient, en pleine tuerie, en plein mic-mac des combats, il arrivait parfois de voir tout a coup a coté de soi, un zouave, un tirailleur, un soldat Belge, un joyeux, un goumier, et cette poignée d’hommes livrés a eux-mêmes, qui serrez les rangs d’instinct, dons les cadres étaient décimés, sans chefs, sans guides, sans commandements, chargez ensemble avec l’énergie du désespoir, de toutes leurs volontés d’eux-mêmes jusqu’au suprême sacrifice !

C’est avec tous ces dévouements obscurs, et combien de rester obscurs ?

C’est avec tous ces dévouements obscurs, et particuliers sous la courageuse présence et la fière attitude du roi Albert, que la Belgique, put enfin maintenir inviolé un modeste lambeau de son territoire.

Et ceci, mes chers amis, pour vous faire toucher du doigt, si je peux m’exprimer ainsi, ce que peut l’union des hommes de bonne volonté.

C’est chacun de vous, camarades, c’est vous tous ! qui a tout instants, sur toutes les parties du front, et au delà des mers avaients accompli, les mêmes dévouements, et accepté les mêmes sacrifices.

C’est avec une union totale, que nous sommes parvenus a ébranlé, et a culbuté l’infernale machine de guerre allemande. Et certains grands chefs Allemands, et hobereaux Prussiens (ces gens qui ont le génie du mal) qui avaients préparé la guerre depuis si longtemps, et dans tous les détails, pour camoufler l’erreur de leurs mathématiques, ont peut-être crier au miracles !

Il n’y a pas eu de miracles. Mais ils n’avaient pas compter, sur l’âme du soldat de France.

Qui d’entre-nous, n’a pas parfois entendu dans les tréfonds de lui-même, comme les échos lointains, de quelques fragments de la Marche de Sambre et Meuse ?

Ils n’avaient pas compter, sur l’âme Française, forgeait par tant de siècles d’histoire ! Ils n’avaients pas compter, sur les soldats de l’An II, sur l’âme de ceux de 1792 et 93, qui revenaient en nous au cri de Justice et Liberté ! Arrières les barbares !

Ils n’avaient pas compter, sur l’âme des soldats de France, ceux de 14-18 ! morts, se vengeaient encore au cri

Debout ! les Morts… !

Avec cette âme là, camarades, la France est toujours Debout !

Avec cette âme là, ils ne faut pas désespérer, a la condition cependant c’est de rester, unis et forts.

Forts, avec des gens de mauvaise foi il n’y a que cela, qui peut nous éviter le retour et l’horreur d’une autre guerre en tout cas, nous ne voulons plus être les dupes, comme en 1914.

Unis pour exiger, et soutenir un gouvernement, propre, loyal et honnête est passer au tamis.

Unis entre-nous, anciens combattants de toutes les sociétés de France et de Navarre pour que le pays, n’oublie pas trop facilement le sacrifice de ses enfants ! et pour cela sachons d’abord et surtout rester Français !

Et j’en termine, mes chers Camarades en vous disant ; Rassemblement au Drapeau de L’U.N.C. et chapeaux bas ! devant les Anciens Combattants

C’est pour cela, que je sonne le ralliement au Drapeau de l’U.N.C., car si nous n’y prenons garde, nous serons bientôt ramenait au dernier rang de la vie sociale, on nous mettra au rancart dans le cabinet de débarras, aux indifférents ayant quelque chose dans la poitrine, c’est a nous de leur dire, mais regardez ceux qui ont souffert pour vous et a qui vous devait d’être encore Français, Regardez-les ! défiler, ces mutilés, ces gueules cassées, ces manchots, ces aveugles, ces béquillards ! Saluez ! ces débris de gloire, couvrez les du drapeau tricolore, et du chant de la Marseillaise ! et chapeaux bas ! devant les Anciens Combattants !


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Liévin 1935
A. Dondeyne



Le 23 Mars 1936

Dondeyne Alton fut désignée pour représenter la Section U.N.C de Liévin a la cérémonie, de ranimer la Flamme sur la tombe du Soldat inconnu.

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Le rassemblement se fait sous les Drapeaux réunis, face a l’Arc de Triomphe Sur un geste du gardien de la Flamme l’on se met en marche, les drapeaux se forment en cercle autour de la tombe. Garde a Vous ! le tambour résonne, les drapeaux s’inclinents, le silence s’établit, un frisson parcourt la foule puis le gardien de la Flamme, remet a notre président Mr Devillers, l’épée symbolique. Mr Devillers fait le geste indiqué, secoue les cendres, la flamme monte, rougeoie, s’élève activante, et comme dans une vision fugitive, l’on aperçoie tout le front de la mer aux Vosges, les combats dans la boue, les poilus courbant le dos sous la mitraille, les cadavres dans les barbelés, les attaques impétueuses de tout les soldats de la République, s’élançant contre la barbarie, pour sauver la Liberté, tous ses soldats du Droit, dont le monde entier a reconnu le dévouement pour la civilisation, pour la France, pour la République ! ! Puis derrière la flamme, surgit tout a coup comme sortant du tombeau un cadavre, un fantôme, le Poilu, le Sauveur, il monte, il grandit il grandit encore, un géant, sa taille dépasse la hauteur de la Flamme il atteint les voûtes de l’Arc de Triomphe sa capote est déchiré, sanglante, il est couvert de boue, il me semble apercevoir sur les cartouchières la boue crayeuse de l’Argonne, l’argile de la Somme, la glue de l’Artois, sur l’équipement au cuir brulé par l’hypérite… mais oui de la terre de Verdun, a la place du cœur, je vois luire en lettres de feu — Françe ! Mon regard porte plus haut, je vois ces orbites creuses, puis sa tête semble tourner lentement vers l’Est, et le bras tendu, il semble clamer par dessus les têtes de ses anciens frères d’armes

Regardez !
Prenez Garde !
Restez unis !!
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Le temps de reprendre la position normale, le fantôme a disparu, la Flamme lentement descend par cascades comme a regret. Un silence poignant vous serre le cœur, comme dans un étau, une griffe invisible vous serra la gorge, un roulement de tambour !

C’est fini !

Comme si nous sortions d’un songe les survivants se regardent, et s’en vont lentement, sans un mot, le cœur a parlé pour tous.

Les paroles sont superflu, et ferait surgir des pleurs. L’émotion nous suffoquent.

nous descendons cette avenue des Champs Elisées, jetons derrière nous un dernier regard en arrière, tout un passé d’héroïsme, de gloire et de grandeur pour la Patrie. Et là-bas, dans l’horizon qui sombre s’estompe l’Arc de Triomphe.

Auréole de gloire et d’immortalité !

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·


France, n’oublie jamais, les sacrifices de tes enfants !!


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Le 24 Mars 1936
A. Dondeyne


Allocution prononcée le 14 Février 1937 a l’assemblée générale de l’U.N.C. Liévin


Mes chers camarades

Vous avez du voir, ou du moins, certains d’entre vous l’on vue, que nous avions fait placarder des affiches, au nom de la Confédération Nationale des A. C. de tous les groupements anciens combattants affiliés a la confédération nationale, forte de ses 3 millions 800 milles membres faisant un « Appel au Pays » !

Il y a quelques semaines, la situation était des plus grâves, il était temps de se ressaisir, de faire appel au pays, mettre fin aux querelles intestines. A l’axe vertical Rome-Berlin nous devons surtout opposer l’axe de tous les Français, de tous les Républicains car nous sommes le dernier rempart de la civilisation et de la démocratie. Parce que nous sommes, contre toutes les dictatures !

A la politique du poing fermé, nous préférons celle de la main ouverte, a la division, nous préférons l’union.

A la haine, nous préférons la concorde et la concorde Léon Blum, l’a dit lui même, c’est la définition du mot patrie. La concorde, c’est la paix ! Déjà aux appels répétés des anciens combattants une évolution s’est faite, le calme intérieure est revenue, les trublions sont arrivés a une meilleure compréhension. Nul, ne contestera je crois, que nous avons notre mot a dire ! Même nous devons être les premiers a avoir notre mot a dire.

Nous vous appelons au grand rassemblement francais, parce qu’il n’y a plus une faute a commettre, parce que nous sommes contre la guerre, et surtout la guerre fratricide. La paix intérieure, conditionne la paix extérieure.

Plus que jamais la France doit être uni devant les dangers extérieurs, et j’emprunte a la Voix du Combattant que tout le monde peut lire, et devraient lire, les chiffres suivants, qui valent mieux que toutes les paroles. L’Allemagne peut jeter sur nous, a tout instant, avant toute déclaration de guerre 2.390.000 hommes, alors que la France ne dispose que de 530.000 hommes, en attendant l’arrivée de l’armée de notre Afrique du Nord et la mobilisation. C’est chiffres, chers camarades, sont livrés a votre méditation. ! Eh ! bien, malgré cette énorme différence d’effectifs, je reste encore persuadés quand a moi, que l’Allemagne ne nous attaquera pas, si nous formons bloc, si nous sommes Uni et indivisible.

Unis comme au front ! C’est pour cela, que tout les A. C. ayant connu les horreurs de la guerre, ne veulent plus les connaitre ni pour eux, ni pour leurs fils et demande a tous les Francais sans distinctions d’opinions de rester unis, pour notre sécurité, pour notre République, pour nos libertés, et parce que nous voulons que tous les Français, soients des frères !

A. Dondeyne



Vice-Président de l’U.N.C.
Section de Liévin


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Vœux, transmis, au Congrès Départemental de l’U.N.C. Boulogne 1936.
(sur la demande de Dondeyne Alton, l’auteur de ce vœux.)



Vœux que la modeste retraite de l’ancien combattant soit réversible sur le tête de sa femme.


[Verticalement, dans la marge gauche :] Adopté au Congrès de Calais le 16 Mai 1937


Considérant que beaucoup d’anciens combattants meurent prématurément, laissans pour la plupart leurs dignes compagnes, dans le plus grand dénuement, il serait de toute justice que la petite retraite des A.C. leurs soients acquise, après la mort de leurs maris. Les femmes des A.C. ont servi, et souffert pour sauver la patrie ! Nous avons vu la femme conduire la charrue, ceux qui travaillaient a l’usine, qui devaient trimer pour en l’absence du mari, entretenir le foyer, élever les bambins qui ont connu aussi, les misères de la guerre et toujours dans l’angoisse de recevoir la fatale nouvelle ? Qui devaient se restreindre, se sous-alimenter pour envoyer a l’époux sur le front, quelques colis, et aussi parfois, malgré la dureté des temps, quelques argents, et que dirent des femmes des pays envahis, manquant de tout, privés du nécessaire a l’alimentation, sans nouvelle du chef de famille, sans nouvelles de France, dans l’inquiétude de chaque jour, et aussi parfois sous les bombardements, obligés de vivre avec une promiscuité dangereuse, dans l’éternel danger enfin dû à la guerre. Ces femmes ont aussi dans la mesure de leurs moyens servi le pays. La France s’honorerait en accordant a l’épouse du Ct, après la mort de celui-ci la continuité de la retraite, il est logique que le digne compagne du Ct, le soutien moral de celui-ci, ne soit pas condamnée à mourir de faim, après la mort de celui qui a sauvé le pays !

A. Dondeyne





Banquet du 11 Novembre 1937



Allocution du Vice-Président



Chers Camarades

Puisque notre dévoué Président, au labeur duquel je suis toujours fier de rendre hommage, et je profite encore de l’occasion aujourd’hui. Puisque notre dévoué Président dis-je vient de me passer la parole, nous allons donc reprendre si vous le voulez bien la série de nos petites histoires du front, je m’excuse tout d’abord si je n’ai pas a vous développer un sujet aussi émouvant qu’au banquet de 1935, mais pour une fois, je veux me montrer spirituel en vous disant une petite histoire assez plaisante, authentique et touchante dans sa simplicité. En 1935, je vous ai clamé la gloire des hommes, permettez-moi aujourd’hui de verser un peu de gloire sur ma modeste auxiliaire à quatre pattes.




C’était en Juillet 1916, ma compagnie, la 9ème du 413 était placé aux avant-postes, dans les caves des maisons détruites de Vacherauville[23]. Devant nous, une plaine, nous n’avions ni boyaux, ni tranchées, ni barbelés, rien : en cas d’attaque, c’était le corps à corps immédiate. La nuit, nous placions quelques guetteurs à plat ventre sur le terrain découvert, notre petit secteur était relativement calme, surtout auprès du drame effrayant qui se jouait en ce moment-là a notre gauche, aux Mort-homme et la côte 304, dont le roulement d’artillerie, l’éclatement des obus, formait un incendie continue, le 2ème jour que nous étions là, la 3ème nuit plutot, vers une heure du matin, voilà les muletiers, qui nous amènent le ravitaillement, il y avait là une demi-douzaines de ces petits bourricots haut comme trois crêpes, qui se suivaient a la file indienne, et qui nous amenaient les munitions, les boules de pain, la tambouille, et ce qui nous intéresser le plus le pinard et la gniole. Hé ! Les Gars ! chacun s’empresse, avec les bouteillons, les gamelles, les bidons, et les quarts ! Les quarts, soi-dit en passant parfois tellement culloté, qu’on arrive plus a en définir la couleur, qui servait a touts usages, et qui était l’arme la plus indispensable du poilu ! Bref ! l’on commençait a décharger le 1er bourricots, quand voila les Boches, « vraiment ces gens là, ne peuvent jamais nous laisser tranquilles ». Quand voila les boches, qui nous envoies une rafale d’obus.

Immédiatement, tout le monde replonge dans les caves, y compris les muletiers laissans-là les bourricots en « carafes » ! La rafale qui devient bientôt, un petit bombardement, accompagné de tac-tac-tac de fusées éclairantes, et de tout le tintamarre qui s’en suit, dura peut-être une dizaine de minutes ? qui semblait pour nous un « éternum ». Et dans les caves, l’on entendait que récriminations, et c’est bien là ou l’on reconnaît le tempérament Français. « Ca y est, les bourricots vont être bousillés, l’tonneau de pinard va être crever, ils vont s’débiner dans les lignes Boches avec la tambouille, on va encore se mettre la tringle encore 24 heures a claquer du bec ! » ect., ect. Quand les boches arrêtèrent leur distribution, nous voila tout de même reparti, en évitant le moindre bruit, et sans grande conviction d’ailleurs, a l’emplacement des bourricots.

Eh ! bien ! mes amis, quel surprise ! Aucun des bourricots, n’avaient était touchés, pas un n’avait bougé d’un pas. Ils étaients restés là, en lignes d’escouades par un, et en maintenant les distances comme a la parade ! se fichant autant des obus boches que d’apprendre la mort de Guillaume-deux ou la chute de leurs premiers poils.

Et ce qui nous fit le plus grand plaisir en parfait égoïste que nous sommes, c’est que le pinard et la gnôle était intacts. Eh ! bien ! mes amis, depuis ce temps là j’en suis encore a me demander, si nous n’avons pas manquer a notre devoir, envers ces braves bêtes, et lorsque par hazard, j’en rencontre un sur mon chemin, je suis presque tenté de lui donner un coup de chapeau ! On aurait dû, tout au moins édifier un monuement a la gloire des bourricots de ravitaillement. qui inconsciemment sans doute, et sans le savoir, furent des héros !


A. Dondeyne


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Discours du Banquet du 11 novembre 1938



20 ans après.


Vingt ans viennent de s’écouler ; depuis que le clairon de l’armistice a retenti, mettant fin a l’atroce tuerie, a l’abominable chaos a la grande souffrance, a la grande misère de plusieurs millions d’hommes.

L’allégresse sortent des cœurs, la joie éclate partout, la raison triomphe enfin sur la bestialité des hommes.

Il a suffi d’un coup de clairon, tant attendu par tous ces hommes qui depuis 4 ans, vivaient dans l’horreur du carnage ; tous ces hommes ; de la Marne, de l’Yser, de l’Artois, de Champagne, de Verdun !

Et qui parfois avaient connu les dernières limites de la résistance humaine.

Il a suffi d’un coup de clairon.

Et alors ce fut comme un renouveau, une nouvelle vie, a recommencer pour tous.

Il a suffi d’un coup de clairon.

Dans l’esprit de chacun, nous avions fait la dernière des guerres ?

Nos quinze-cents-mille morts, étendus sur toute la longueur du front, avaient donner leur vie pour que ce soit la dernière !

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Et que voyons-nous vingt après. ? Cette hideuse calamité, s’acharne en Espagne, en Extrême Orient ; elle est a notre porte et nous en avons senti passer le souffle il y a quelques semaines a peine. Et nous, les boueux des tranchées, Qu’avons nous fait pour garantir la Paix. ?

Il y bien de notre faute, a nous combattants Francais comme des combattants alliés ; comme de nos adversaires eux-mêmes, si nous sommes toujours dans cet état d’alerte ; si les combattants dès l’armistice avaient pris les leviers de commande, nous ne serions pas a nouveau a nous regarder en chien de fayence, a supprimer le beurre pour des canons, a s’armer a outrance, a refourbir les armes alors qu’on les avaient tous lachers ces armes, d’un même cœur et sans regret et même leur complet « Abrami » a 52 fr[24]. Nous ne serions pas des quémandeurs, si nous avions étaient les teneurs ! C’est nous qui avons sauvé le pays, et non les politiciens de l’arrière, et de toute acabit, qui trouvent encore le moyen vingts après, de nous laisser dans l’pétrin. Et l’on ne verrait pas comme dans certaine commune que vous connaissez bien, les combattants subir les manœuvres de la dictature rouge, pour les faire défiler derrière les drapeaux révolutionnaires !

L’erreur date de vingts ans ; si les combattants unis dans la souffrance, étaient restés dans la paix unis comme au front, il me semble que nous aurions eu, une tranquillité plus grande.

Parce que, les vrais de vrais, en avaient marre parce qu’ils s’étaient rendus compte de la fatalité de la guerre : et on s’en apercoit encore une fois aujourd’hui. Mais, devant notre indifférence, des politiciens d’un côté, une idéologie néfaste de l’autre ; et voilà vingts après, l’Europe encore en bascules sur ces bases

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Maintenant, nous les vieux, les survivants, attention ! ; nos rangs deviennent clairsemés ; des centaines de milliers de combattants sont morts depuis la guerre ; et chaque jour enlève quelques-uns de nos camarades. Nous devons encore avoir une ambition pourtant celle de garantir les jeunes qui nous suivent ; et avoir a cœur de leur laisser une France propre, honnête et laborieuse.

Pour cela, serrons les rangs dans nos groupements respectifs, et en particuliér le plus nombreux possible autour du Drapeau de l’U.N.C. qui a toujours pour devise

Unis comme au Front !

Formons le dernier carré[25] ! et coude a coude, pour faire entendre notre voix, et celle de nos morts !

Arrière la guerre !
Arrière la guerre !

Ce fléau de l’humanité ! pour qui les yeux des mères ne devraient plus jamais pleurer

A. Dondeyne


11 Novembre 1938


Vice-Président de l’U.N.C.
Section de Liévin




Assemblée générale du 26 Mars 1939




Allocution du Vice-Président




Camarades

Vous venez d’entendre les explications que viens de vous donnez, notre dévoué président le camarade Roger.

Vous allez prendre dans quelques instant une décision importante ? il s’agit de savoir, si nous allons a la déchéance ou si nous allons relever la tête ?

Le 11 novembre ; doit être l’apanage des anciens combattants, et des Francais 100%. Nous ne voulons pas connaitre ce jour là, aucune couleur politique, par contre ; nous ne voulons pas servir de moujicks ni de terrain d’épreuves comme l’Espagne. Et puis ; tout de même ; c’est nous qui avons sauvé le pays, et non tous ces politiques de l’arrière et de tout acabit qui ce sont abattus sur la France après la guerre, et qui trouvent encore le moyen vingts après, de nous laisser dans le pétrin ! Nous ne voulons plus surtout de 11 Nbre comme l’année dernière, ni subir les manœuvres de la dictature rouge, pour nous faire défiler derrière les drapeaux révolutionnaires. Le 11 Nbre restera une journée francaise et nationale, et par votre voix nous l’exigeons.

Nous, nous devons, nous anciens combattants au relèvement moral de la nation ! Nous le devons, aux respects de nos morts, qui sont tombés pour le drapeau tricolore.

Nous le devons a la mémoire, et par un pieux et fervent hommage, a tous nos malheureux camarades, connus et inconnus dons d’on les ossements par millions entrelacés et fraternellement unis repose dans les vastes ossuaires de Douaumont de Lorette et ailleurs, et qui peut-être se demande, ce que font les survivants Nous le devons pour le prestige de la génération, qui nous suit, afin de leur permettre, a l’honneur de leur père, de leur frère, de maintenir toujours bien haut le flambeau ! C’est notre devoir, pour la reconnaissance de la France au dehors, el et elle en a besoin, plus que jamais.

Il le faut particulièrement dans les heures troublantes que nous vivons, nous devons tous nous grouper sous les plis du même drapeau, il ne doit pas plus y avoir qu’un seul parti, celui du salut de la nation !

Il le faut pour que la France vive en paix et en liberté, dans une république une et indivisible.

Et pour la patrie !!


A. Dondeyne
VERDUN !



« On ne passe pas »




1er couplet

Un aigle noir, a planer sur la ville.
Il a juré, d’être victorieux.
De tous côtés, les corbeaux se faufilent
Dans les sillons, et dans les chemins creux.
Mais tout-à-coup, le coq gaulois claironnent
Cocoriko ! Debout petits soldats,
Le soleil luit partout le canon gronde.
Jeunes héros ! voici le grand combat. !


Refrain

Et Verdun la victorieuse
Pousse un cri, qui porte là-bas.
Les échos débordent la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas.
Plus de morgue, plus d’arrogance.
Fuyez barbares et laquais.
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais !


2ème couplet

Les ennemis s’avancant avec rage,
Énorme flot d’un océan,
Semant la mort, partout sur son passage,
Ivres de bruit, de carnage et de sang !
Ils vont passer ?… quand relevant la tête,
Un officier dans un suprême effort,
Quoique mourant, crie « a la bayonnette » !
Hardi les gars, debout… debout les morts !


au refrain


3ème et dernier couplet

Mais nos enfants, dans un élan sublime
Se sont dressés, et bientôt l’aigle noir,
La rage au cœur, impuissant en son crime,
Voit disparaître son suprême espoir.
Les vils corbeaux devant l’âme Française
Tombent sanglants, dans les derniers combats
Pendant que nous chantons la Marseillaise,
Les assassin fuient devant nos soldats.


au refrain


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La Marseillaise




1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire, est arrivé.
Contre-nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé,
L’étendard sanglant est levé.
Entendez-vous dans ces campagnes
Mugir, ces féroces soldats.
Ils viennent jusque dans vos bras,
Égorger vos fils, vos compagnes.

Aux Armes ! Citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !


Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (Bis)
Français ! pour nous, Ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditez
De rendre à l’antique esclavage !


Aux Armes ! citoyens


Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi, dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées,
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !


au refrain : Aux Armes ! citoyens.


4ème couplet

Tremblez, tyrans ! et vous perfides,
L’opprobre de tous les partis !
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix ! (bis)
Tout est prêt, pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Contre vous, tout prêt a se battre !


Aux Armes !


5ème couplet

Français en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups.
Épargnez ces tristes victimes
A regret s’armant contre nous ; (bis)
Mais ce despote sanguinaire,
Mais les complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui sans pitiés
Déchirent le sein de leur mère…


Aux Armes ! citoyens !


6ème couplet

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs.
Liberté-liberté chérie,
Combat avec tes défenseurs,
Combat avec tes défenseurs.
Sous nos drapeaux, de la victoire
Accoure à tes mâles accents ;
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe, et notre gloire !

Aux Armes ! citoyens !
Formez vos bataillons
Marchons, marchons,
Qu’un sang, impur,
Abreuve nos sillons !


7ème couplet

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus.
Nous y trouverons leur poussière
Et les traces de leurs vertus,
Et les traces de leurs vertus.
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger…, ou de les suivre !

Aux Armes ! citoyens !
Formez vos bataillons
Marchons, marchons,
Qu’un sang, impur,
Abreuve nos sillons !

Steren-Laurel.svg




Carnet de guerre d'Alton Dondeyne (page 174 crop).jpg
Petits poèmes de guerre


La fin du Deuschland-Über-Alles !




Oui, les Poilus francais, feront voir a ces canailles,
Comment, nous comprenons, Deuschland-Über-Alles,
L’Allemagne au-dessus de tout. Oui,
Des plus sinistres voleurs et de bandits.

Deuschland-Über-Alles, chantez sinistres pantins,
Envoyez a la mort, vos soldats mannequins.
L’Allemagne, au-dessus de tout, ? horreur !
Nation d’incendiaires et de voleurs.

Deuschland-Über-Alles, bombarder les églises,
Les enfants innocents et les hospices.
L’Allemagne au-dessus de tout, des non-civilisés
Qui fait d’un traité, un chiffon de papier.

Deuschland-Über-Alles, vous avez fini de chantez
Car les Poilus de France avec les Alliés
Feront qu’un jour, pour la Justice et la Liberté,
Que Deuschland-Über-Alles, disparaît.



Le secteur de Souchez.
xxxxxxxxxx(sur l’air les Ponts de Paris)


1er couplet :

Rongez par la misère
Au fond d’une tranchée
On voit des militaires
Sommeillant affamés
Sans pain, ni vin, et sans bidoche
Ils attendent l’arrivée des boches
Bientôt la nuit, le sergent dit
Prenez les pelles et les pioches


Refrain

Voilà l’obscurité
Faut aller travailler
Seulement vingt mètres de boyau à faire
Et la pelle a la main
Mais sans beaucoup d’entrain
On prend la direction des boyaux
Avec la pluie sur l’dos.


2e couplet :

Du coté de la Souchez
Ou l’on a avancé,
On place des fils de fers,
En avant des tranchées.
Si dans la nuit, on fait du bruit,
On nous chasse, a coups de fusils,
L’outil en mains, on r’brousse chemin,
En r’mettant la corvée au lend’main


Refrain

Et c’est couvert de boue
Que l’on rentre dans son trou.
Et c’est là que sans boire, ni manger,
On va dormir avec les pieds gelés.
Le lendemain matin,
V’là qu’on entend soudain,
Un coup d’canon, qui nous dit les Amis,
La guerre n’est pas fini.


3e couplet :

Quel est ce bruit sinistre,
Quel est ce craquement,
C’est l’toit d’notre édifice
Qui s’écroule subitement.
C’es p’tits abris, si vite construits,
On étaient détrempés par la pluie.
Pour s’abriter, faut r’commencer,
Et toute cette terre, faudra l’enl’ver.


Refrain

On a faillit la d’dans
Etre enterré vivant.
Sac et bidons, sont enfouis dans la terre.
Ah ! quel fourbi, quel métier, quel misère.
Si l’on signait la Paix,
Vite on oublierai
Les mauvais jours passaient dans les tranchées
En avant de Souchez.



Là bàs… !!


Une jeune femme anxieuse, un enfant d’un an,

Ces deux êtres chers, laissaient a l’abandon.
Pour défendre la Patrie ! le mari fut appelé.
Adieu ! le bonheur… ; ils durent se séparer,
Quelle cruelle destinée ! Quelle affreux déchirement !
Et maintenant l’homme vole ; bayonnette au canon
Crachez mitraille ! crachez les canons,
Crachez la mort, dans nos bataillons.
On crie, on tue, on s’élance, rien n’arrette,
L’homme est sans raison, furieux comme une bête.
A travers ce carnage, de morts et de blessés,
Soudain ! est apparu… l’image des chers aimés…

La bataille est fini, et l’homme fourbu, sanglant,
Pense a l’apparition sainte, a la femme a l’enfant !

Elle est là bàs… l’aimée ; dans l’attente fiévreuse !
En cachant ses pleurs, dans une douleur affreuse,
Et l’enfant dans ses bras… lui parlant de son père.

Reviendras-t-il… ? Quand même… ! Elle espère… ?!

Et le combattant, que soutient l’espérance

Malgré les fatigues, la misère, la souffrance,
Dans le fond des tranchées, forgeant douces chimères,
Il oublie, un instant, les horreurs de la guerre.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
Il oublie tout ; n’ayant plus qu’un songe… !

Il a laissé là bàs… ! une femme, un petit ange !
Et les revoirs…, les consoler… quel joie infini.
Espérons que viendra… ! peut-être ce jour béni !

Car les yeux rêveurs… l’enfant dans les bras,
Elle l’attend… !

Là bàs… !


Dondeyne


Janvier 1915



Dans la tranchée.

C’est la tranchée…

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Au-dessus de nous, partout, ça crépitte ou ça roule par longues rafales ou par coups séparés. Le sombre et flamboyant orage ne cesse jamais, jamais. Depuis plus de quinze mois, depuis cinq-cents jours, en ce lieu du monde où nous sommes, la fusillade et le bombardement ne se sont pas arrêtés du matin au soir et du soir au matin.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Plus que les charges qui ressemblent a des revues, plus que les batailles visibles déployés comme des oriflammes, plus même que les corps a corps où l’on se démène en criant,

Cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigüs. C’est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l’argent, ni le chant de coq du clairon au soleil !

Henri Barbusse.



La Madelon


1er couplet.

Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là bàs, a deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couvert de lierres
« Aux Toulourous » c’est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon.
Comme son vin, son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon.
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n’est que Madelon mais pour nous, c’est l’amour.


Refrain

Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle, on frole son jupon,
Et chacun lui raconte une histoire,
Une histoire a sa façon.
La Madelon, pour nous n’est pas sévère,
Quand on lui prend la taille ou le menton,
Elle rit, c’est tout l’mal qu’ell’sait faire.
Madelon, Madelon, Madelon !


2e couplet

Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l’on épousera,
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu’on lui dise
Ce qu’on fera quand la classe rentrera.
En comptant les jours, on soupire,
Et quand le temps nous semble long,
Tout ce qu’on ne peut pas lui dire,
On va le dire à Madelon.
On l’embrasse dans les coins, elle dit : Veux-tu finir…
On s’figure que c’est l’autre, ça nous fait bien plaisir.

(au refrain)


3e couplet

Un caporal, en képi de fantaisie
S’en fut trouver Madelon, un beau matin,
Et fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie.
Et qu’il venait, lui demander sa main.
La Madelon, pas bête en somme,
Lui répondit en souriant,
Et pourquoi prendrais-je un seul homme
Quand j’aime tout un régiment.
Tes amis vont venir. Tu n’auras pas ma main.
J’en ai bien trop besoin pour leur verser du vin.

(au refrain)

  1. Pour Zuidkote, nom flamand occidental et néerlandais de la commune française de Zuydcoote.
  2. L’éclusier et batelier Hendrik Geeraert.
  3. Comprendre Pitgam et Langemark
  4. Lire HartmannswillerKopf
  5. Comprendre Connaught. Photographie de l’entrevue sur Gallica.
  6. Comprendre Pfetterhouse
  7. Largitzen
  8. Comprendre Pfetterhausen
  9. Foussemagne (territoire de Belfort)
  10. Expression lexicale sur une carte postale de régiment. Lot 27 — SUR LA ROUTE REMPLIE DE POUSSIÈRE… LE BATAILLON DE FER DE BAR-SUR-AUBE (en deux vues) G.L. vente aux enchères Boisseau Pomez, 5 Mars
  11. Comprendre Remennecourt
  12. Guy René Roger Guéneau (1859-1930)
  13. Jean Navarre (1895-1919)
  14. Comprendre asphyxiants
  15. Comprendre Woëvre.
  16. Comprendre voie ferrée
  17. Vaux
  18. Comprendre Claire-Côte
  19. Comprendre Souilly.
  20. Comprendre Audun-le-Roman en Meurthe et Moselle.
  21. Lire gouvernements.
  22. Lire relâche
  23. Dans la Meuse
  24. Costume civil offert aux soldats démobilisés
  25. Allusion à la bataille de Waterloo.